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Rohani a repris le slogan de Khomeiny :
Israël doit disparaître !

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En marge de la Journée de Qods, journée dédiée par la République islamique à la lutte pour anéantir Israël, Rohani a répété le slogan de base de Khomeiny ("Israël doit disparaître"), en y ajoutant une phrase de son cru ("Israël est une vieille blessure sur le corps du monde musulman"). Ce genre d’intervention délibérément provocateur est apparu quand la participation populaire et interne à cette manifestation a commencé à baisser.

Avant Rohani, Ahmadinejad avait tenu à peu près le même discours en parlant de « tumeur cancéreuse » et avant lui, en 1998, le soi-disant modéré Khatami avait comparé « l’Etat terroriste et raciste » d’Israël à la « Peste noire » !

Les Occidentaux qui ont des hauts intérêts en Iran avaient dans ces cas précédents parlé de « propos prêtés au président iranien ». On a revu le même formule pour Rohani. Voici la preuve par images, que Rohani a bel et bien repris à son compte le projet de destruction d’Israël selon la tradition établie par ses prédécesseurs.


02.08.2013

Iran : La semaine en images n°257

intro de base pour comprendre la situation,
mise à jour chaque semaine avec de nouveaux éléments après ce module [+].
Cette semaine, une nouvelle analyse inédite des événements de la semaine précédente.
En rouge : les éléments qui, cette semaine, ont été d’actualité.

Le signe § donne droit à des tiroirs d’infos.

Origines de la crise. En 1979, les mollahs, alliés historiques de Britanniques et exclus du jeu par la dynastie progressiste des Pahlavi, ont pu revenir dans l’arène politique quand les Américains ont décidé de renverser le Shah (coupable d’avoir créé l’OPEP) pour installer à sa place leurs pions « islamo-fédéralistes » de NEHZAT AZADI (Mouvement pour la Liberté) et sa branche armée, l’OMPI (pions tous issus du parti islamo-nationaliste de JEBHEH MELLI d’obédience britannique).

Ce projet appelé Ceinture Verte (en réf. à l’Islam) devait provoquer une vague islamiste déstabilisatrice en Asie Centrale, au Moyen-Orient et en Afrique, afin d’éliminer les zones d’influence des Soviétiques, mais aussi des Britanniques et permettre l’implantation des compagnies pétrolières américaines.

Les Britanniques se sont empressés de s’associer aux Américains pour inclure dans le jeu leurs pions iraniens à savoir les mollahs influents, les clans féodaux, les Bazaris et leurs nervis, les cadres du TOUDEH et de JEBHEH MELLI avec la ferme intention de les utiliser pour évincer les pions de Washington.

Ce coup d’Etat interne a été réalisé par Rafsandjani, le demi-frère et fondé de pouvoir de Khomeiny, par assassinat les pions de Washington, mais aussi par l’attaque contre l’ambassade américaine.

En échange de ce service inestimable, Rafsandjani a été autorisé d’écarter des mollahs plus hauts placés comme Montazeri ou encore Morteza Mottahari, (le beau-père et protecteur d’Ali Larijani), l’idéologue de la doctrine de la Tutelle du clergé sur le pouvoir.

En écartant tous les rivaux, Rafsandjani a pu pour accéder à tous les postes clefs notamment le ministère de l’intérieur, les services secrets des Pasdaran ou encore le ministère de guerre. Il est devenu le patron non officiel du régime et de tous les bons business (pétrole, automobile, alimentation).

En réponse au coup anti-américain des mollahs, Washington a alors commencé à sanctionner leur régime pour provoquer des pénuries et un risque de soulèvement pour forcer ses dirigeants (Rafsandjani et ses complices) à accepter un apaisement, puis la normalisation des relations pour qu’il puisse revenir en Iran avec ses pions et reprendre le pouvoir via des élections libres (ou une révolution de couleur).

Rafsandjani et ses complices se sont alors lancés dans des actions terroristes anti-américaines et ont aussi tissé des liens économiques forts avec les Etats Européens pour acheter leur protection diplomatique.

Ce choix diplomatiquement clientéliste, mais aussi les larcins des mollahs et la guerre contre Saddam ont rapidement ruiné le pays. Les ouvriers ont perdu leurs emplois, les Bazaris qui vivaient de la vente des produits nationaux ont été ruinés. La devise iranienne qui est proche du Franc a commencé à chuter vertigineusement. Beaucoup de jeunes Pasdaran contactaient Reza Pahlavi pour exprimer leurs regrets de tout ce qui avait été perdu par leur faute. La révolution islamique a très vite perdu ses enfants et très vite, le régime s’est retrouvé en danger.

Mais ce régime (divisé au sommet, ruiné et contesté à la base) n’est pas tombé car Washington n’a jamais aidé les opposants, le peuple et les dissidents de peur que le système islamique nécessaire à ses projets régionaux ne disparaisse. Depuis Washington a souvent laissé ses partenaires stratégiques contourner ses sanctions quand il estimait que ces sanctions pouvaient entraîner la chute du régime islamique.

En agissant ainsi, Washington a rallongé l’agonie du régime et a amplifié la dissidence ou encore les querelles internes entre Rafsandjani et tous ceux (comme les frères Larijani) qu’il avait écarté du pouvoir.

En 1989, Rafsandjani s’est senti en danger car son demi-frère et protecteur Khomeiny était mourant. Il a alors trafiqué le testament de Khomeiny, doublant les 86 ayatollahs du Conseil des Experts de la Tutelle, chargés du choix du successeur, afin de désigner son ami Khamenei comme le grand Tuteur islamique du régime. Khamenei a été un parfait pion car dès son arrivée au pouvoir suprême, il a modifié la constitution pour donner ses pleins pouvoirs politiques au Conseil de Discernement de l’Intérêt du Régime (CDIR), créé par Rafsandjani. Cet organe est ainsi devenu un gouvernement plénipotentiaire et permanent du régime et son patron Rafsandjani est devenu officiellement le patron politique du régime.

Ce véritable coup d’Etat a été possible grâce à la complicité du président du Conseil constitutionnel, Jannati, et le 1er ministre de l’époque, Moussavi (cousin de Khamenei). Ces deux là ont été récompensés chacun par un siège permanent au sein du Conseil de Discernement, gouvernement plénipotentiaire et permanent du régime. Ce système a toujours eu un point faible : un changement du Guide sous l’instigation du Conseil (collégial) des Experts de la Tutelle. Rafsandjani s’est empressé de prendre la direction de ce Conseil pour contrôler ses 86 membres privés par lui d’accès à toutes les bonnes business du régime.

Mais l’incapacité de Rafsandjani à mettre fin aux sanctions et surtout l’adoption des premières sanctions pétrolières pour des attentats qu’il avait ordonnés pouvaient pousser ses adversaires à l’éliminer pour avoir la paix. Pour ne pas sauter, Rafsandjani a agi sur deux plans : il a divisé ses rivaux en achetant la loyauté des Larijani (qui avait le plus grand réseau après lui) en leur offrant des postes clefs et un siège au Conseil de Discernement. Rafsandjani a aussi mis en scène un simulacre d’ouverture animé Khatami et de (faux) opposants issus de la milice islamiste des universités et de vieux militants bon teints du parti pro-britannique de JEBHEH MELLI pour engager Washington dans la coopération afin de l’éloigner des sanctions.

Washington s’est fâché et a évoqué la "menace nucléaire et balistique des mollahs" pour durcir ses sanctions.

Le régime aurait pu mettre fin au risque de nouvelles sanctions car il n’a jamais eu le moindre missile capable de menacer ses voisins, ni même le savoir faire pour finir la centrale nucléaire civile de Bouchehr, laissée inachevée après la révolution. Mais le régime et Rafsandjani en personne n’ont cessé de lancer des slogans anxiogènes sur sa capacité de devenir une puissance nucléaire en très peu de temps. Il espérait faire peur à Washington et le contraindre à capituler sur toute la ligne.

Mais cette attitude a seulement permis à Washington d’annoncer plus de sanctions et même éventuellement des frappes militaires. Rafsandjani a paniqué, il a repris les négociations en oubliant ses interminables manoeuvres dilatoires pour accepter l’Accord de Paris sur le gel des activités nucléaires : engageant de facto le régime sur la voie de l’apaisement tant attendu par Washington.

Critiqué pour avoir renoncé à l’arme des menaces, garante de l’intégrité du régime, il devait faire marche arrière pour ne pas sauter. Il a remis en cause l’Accord de Paris en remplaçant l’« officiellement modéré Khatami » par l’officiellement non modéré Ahmadinejad pour tenter de faire reculer Washington avec toutes sortes de menaces. Il a aussi offert la direction des négociations nucléaires à Ali Larijani, adepte d’une politique de fermeture. Il calmait ainsi un rival en l’intégrant dans son jeu.

Mais Washington a utilisé la fermeture de Larijani et les menaces d’Ahmadinejad pour renforcer ses pressions. En 2007, il a réussi à impliquer le Conseil de Sécurité de l’ONU pour faire cautionner ses futures sanctions. En 2008, il a ainsi adopté les premières sanctions bancaires réduisant les revenus en devises du régime. On a assisté à d’importants boycotts des manifestations officielles par les de Pasdaran de base, les Bazaris ou des mollahs de base. Les dissidents prenaient leur distance. Pour la première fois, le régime et ses dirigeants étaient en danger. Pour limiter le risque d’une pénurie déstabilisatrice comme le souhaite Washington, la caste dirigeante du Conseil de Discernement a décidé de supprimer les Prix subventionnés pour brider la consommation pour ménager les stocks du régime et aussi pour habituer les Iraniens à vivre de très peu et diminuer ainsi le risque de soulèvement provoqué par la faim. Mais par peur d’une émeute générale, le régime a d’abord gelé les salaires de ses employés les mieux payés, les agents sécuritaires, ces derniers ont été très déçus et ont aussi pris leur distance avec le régime.

Avec cette rupture, le régime était menacé en cas d’un soulèvement. Rafsandjani a songé à la nécessité d’une éventuelle négociation avec Washington pour pouvoir quitter le pays avant la chute du régime : il a alors exclu son rival Ali Larijani du poste clef de négociateur nucléaire lui donnant accès au dialogue direct avec les Américains !

Mais pour ne pas l’avoir contre lui, il lui a attribué une victoire électorale pour lui donner la direction de la majorité législative : un titre et une tribune plus qu’un vrai pouvoir car le Parlement n’a aucun rôle décisionnaire, il suit les directives du Conseil de Discernement.

Ali Larijani a alors révélé via la presse la corruption du clan Rafsandjani, de ses alliés, mais aussi de certains membres du Conseil de Experts afin de les éliminer tous et devenir celui qui négocie la fin du régime pour bénéficier des mêmes garanties. Rafsandjani et ses alliés se sont ligués pour éliminer son principal lieutenant Ali Kordan afin de le discréditer et limiter son action. Larijani a dû battre en retraite pour ne pas tomber en même temps.

En juin 2009, Rafsandjani qui restait menacé par les sanctions, par le risque de pénuries et d’émeutes, par la dissidence interne ou encore par les dossiers d’Ali Larijani, a tenté de sauver le régime et surtout sa peau avec une fausse révolution de couleur nommée le Mouvement VERT sous la direction du très anti-américain Moussavi ! Mais le peuple a agi avec bon sens, il n’est pas tombé dans le panneau et a profité de l’occasion pour crier sa haine du régime. Les Pasdaran ne sont guère intervenus pour réprimer cette contre-révolution. Le régime a failli tomber, mais il a été sauvé grâce à Obama et les alliés de Washington qui ont refusé toute aide à cette contre-révolution.

Rafsandjani, affaibli par l’échec monumental de son plan, pouvait enfin être démis de ses fonctions : il a cédé la direction du pouvoir judiciaire à Sadegh Larijani, le frère cadet d’Ali Larijani pour diviser ses rivaux et avant que les Larijani puissent virer ses pions comme le procureur Ejéi, il a tenté de relancer sa nouvelle fausse opposition avec de nouveaux slogans plus patriotiques et de nouveaux animateurs dont ses propres enfants Mehdi et Faezeh (initialement connus pour leurs corruption) !. Mais le peuple n’a jamais été trompé, il a sans cesse boycotté le Mouvement Vert.

In fine, en juin 2010, au bout d’un an d’insuccès, Rafsandjani a été désavoué par les gros bonnets du régime (écartés du pouvoir) : Rafsandjani a tout d’un coup disparu et Larijani a commencé à s’occuper des activités qu’il menait au sein du Conseil de Discernement. Mais les gros bonnets du régime n’ont pas osé officialiser Larijani par peur qu’il ne les élimine facilement avec ses dossiers compromettants. Larijani n’a donc pas pu virer les pions de Rafsandjani pour nommer les siens et devenir le patron afin de bénéficier des meilleures garanties de sécurité en cas de la chute du régime. Rafsandjani a gardé son influence grâce au gouvernement formé par ses pions. De fait, en juin 2010, le régime est devenu bicéphale.

Ali Larijani devait écarter les ministres issus du clan Rafsandjani : il a commencé à parler de leur corruption et à multiplier les procès à leur encontre pour les renverser afin de s’asseoir à la table des négociations et obtenir sa part de garanties de sécurité. Rafsandjani a alors accéléré ses démarches pour parvenir à un accord avec Washington. En agissant ainsi, Rafsandjani et Larijani ont démontré qu’ils ne songeaient qu’à leurs intérêts personnels : ils ont déçu leurs derniers collaborateurs et ont encouragé les ruptures.

En mars 2011, le peuple a de nouveau manifesté à l’occasion de l’anniversaire de naissance Reza Shah Pahlavi, le fondateur de l’Iran moderne et laïque ; et encore une fois, les officiers des Pasdaran n’ont pas chargé. Ils se sont même montrés très amicaux avec les manifestants. Ils ont ainsi montré qu’ils souhaitaient aussi une contre-révolution.

Les derniers collaborateurs du régime, déçus par leurs chefs et paniqués par la rupture des Pasdaran, se sont mis à convertir leurs avoirs en OR ou en dollar pour pouvoir quitter le pays avant qu’ils soient sacrifiés par leurs chefs puis tués par le peuple. Le dollar n’a cessé d’augmenter malgré des baisses de prix imposées arbitrairement par la Banque Centrale Iranienne (BCI). Ces achats de dollars ont ruiné le régime et réduit ses chances de survie. Ali Larijani a accentué sa guerre pour le contrôle du siège éjectable, Rafsandjani a mis les bouchées doubles pour parvenir à un accord avec Washington. Les Chefs Pasdaran, largués par les jeunes officiers susceptibles de souffrir par ce marché ont lâché leur mentor historique Rafsandjani et se sont implicitement alignés sur Larijani.

En Juillet 2012, Washington est parvenu à forcer l’Europe à rompre ses relations protectrices avec le régime pour agiter Rafsandjani, Larijani et les candidats à la fuite.. Le régime a menacé de fermer le détroit d’Ormuz, mais n’a pu tenir cette promesse : ses partenaires ont été convaincus qu’il avait toujours bluffé : ils se sont précipités pour acheter des dollars. Le régime, en manque de divises, n’a pas approvisionné le marché. Les gens du régime ont conclu à une faillite de la BCI. Ils se sont mis à stocker des aliments. Le pays a été confronté à une importante pénurie alimentaire. Le peuple excédé a manifesté contre le régime avec le slogan de Mort à la république islamique.

Les deux dirigeants se sont réunis pour combattre la ruée vers l’or et le dollar qui vidait leurs réserves de capitaux. Ils ont à plusieurs reprises incendié le Bazar pour vider le marché. Ils ont aussi ponctionné les comptes bancaires des gens pour compenser leurs pertes. Ils ont également accusé les acheteurs de blanchiment d’argent pour les menacer d’expropriation et de pendaison. Puis ils ont bloqué les comptes en devises. Enfin, ils ont fermé tous les agents de change privés, le réseau de transfert interbancaire et enfin ils ont multiplié par 3 le prix de billets d’avion pour limiter les voyages à l’étranger. Mais ils n’ont pas pu contraindre leur partenaires paniqués à renoncer à leur envie de fuir, ils ont au contraire encouragé les ruptures et la fuite.

Les deux dirigeants ont également sans cesse promis des actions de répression et des manoeuvres militaires ou paramilitaires pour rassurer leurs collaborateurs sur leurs capacités ou pour les intimider, mais ils n’ont jamais pu montrer les renforts promis : il est devenu de plus en plus évident qu’ils n’avaient plus aucun appui au sein des forces armées et du peuple.

En seulement 3 mois (Juillet-Août-Septembre), il est devenu clair que le régime était fichu. Rafsandjani a alors multiplié les efforts pour contacter Washington. Larijani a alors accusé Rafsandjani de corruptions. Les Chefs Pasdaran ont surenchéri pour le contraindre à abandonné la partie. Rafsandjani a fait revenir ses enfants (Mehdi et Faezeh) et les a laissés comme gages entre les mains du pouvoir judiciaire des Larijani pour les rassurer que son pion Ahmadinejad attendu à NY à l’occasion de l’AG de l’ONU ne négocierait pas avec les Américains. Mais il a sacrifié ses enfants en proposant via Ahmadinejad une ouverture à Washington. Une forte panique interne et une forte réaction négative de Londres ont contraint Rafsandjani à renoncer.

Fin octobre, Washington a tenté un deal avec Rafsandjani en demandant à l’Argentine de suspendre les accusations contre Rafsandjani dans l’attentat d’Amia. Larijani était pris par surprise. Les Chefs Pasdaran, qui peuvent hériter de la responsabilité de l’attentat d’Amia, ont alors enchaîné les menaces contre Washington pour bloquer le deal et les marchandages à venir. Le régime est passé de 2 clans à 3 clans.

Les Chefs Pasdaran ont d’abord tenté de former un clan à part entière avec le ayatollahs écartés par Rafsandjani avant de s’approcher de Larijani. Washington n’a pas daigné dialoguer avec Larijani après cette coalition, il a préféré garder Rafsandjani comme interlocuteur. Washington a ainsi prouvé qu’il ne visait pas une entente, mais entendait utiliser les faiblesses de Rafsandjani pour le forcer à céder à ses attentes. Vue la vulnérabilité de Rafsandjani, il ne pouvait que céder à Washington, c’est-à-dire ouvrir les portes de la forteresse en échange de quelques garanties de sécurité pour lui même. La panique a gagné les subalternes qui redoutent la vengeance des pions de Washington.

Cette situation pouvait engendrer une rupture massive et une adhésion soudaine et massive à la contre-révolution. Larijani et Rafsandjani, en phase d’être éliminés se sont rapprochés et ils ont uni leur force pour inventer la figure de Sattar Beheshti, (faux) opposant interne "mort sous la torture" afin de pouvoir infiltrer les autres faux opposants dans la contestation et contenir tout risque de débordement contre-révolutionnaire.

Mais le peuple n’a pas donné de crédit à cette option pro-régime et les collaborateurs de base ont jugé très risqué de miser sur la recette ratée du Mouvement Vert. Sans ce joker, le régime était perdu. Rafsandjani a accusé les Pasdaran et les frères Larijani du meurtre de l’opposant factice Sattar Beheshti pour entraîner leur chute et éliminer leurs menaces !

Larijani a alors accentué ses accusations contre les ministres (issus du clan Rafsandjani) pour retirer le vote de confiance du Parlement au gouvernement et entraîner sa chute. Rafsandjani a neutralisé ce projet par une intervention de son super pion, le Guide. Puis, il a pris une décision incroyable : il a demandé à ses faux opposants de crier "Mort à la Révolution Islamique" pour s’approcher de l’opposition avec une solution de réconciliation nationale de type Khmers rouges pour avoir la vie sauve (en se disant qu’avec ce choix il pouvait garantir les intérêts pétroliers de nombreux pays comme la Grande-Bretagne et ainsi protéger ses avoirs financiers dans ces pays.

Ce revirement pragmatique n’a provoqué aucune agitation : les derniers collaborateurs du régime y trouvaient leur compte, mais pas Ali Larijani car ses frères ont piloté les répressions du grand soulèvement de l’été 2009. Ali Larijani a encore reparlé de la révocation du président. Les Pasdaran qui avaient d’abord bien accueilli la proposition pragmatique d’une réconciliation nationale ont aussi renouvelé leurs menaces anti-américaines pour s’approcher de Larijani au cas où il emporterait la partie. Par ailleurs, le commandant en chef des Pasdaran et les Chefs Pasdaran des forces de l’ordre (Police, Bassidj...) dont les noms sont associés à la répression se sont carrément alignés dans une opposition farouche à ce changement de régime qui pourraient les conduire à la potence.

Les motivations différentes à l’intérieur des Pasdaran ont divisé ce nouveau clan apparu sur la scène politique. Le régime est devenu un archipel de mini-clans divisés, aux intérêts opposées. Tous ces mini-clans étant tous dépourvus de militants actifs, aucun n’a pu s’imposer aux deux autres. Tous ont quand même essayé de mobiliser les membres de leurs clans ou des subalternes pour avoir le dessus. Dans ce jeu, Rafsandjani qui a le plus grand réseau, a gagné la première manche en étalant ses pions des services secrets. Larijani a alors menacé Rafsandjani de traîner son fils Mehdi devant la justice pour corruption et trahison (ce qui revient à l’accuser indirectement). Les Chefs Pasdaran ont annoncé des manœuvres dans le détroit d’Ormuz pour montrer qu’ils pouvaient bloquer tous les dialogues à venir afin que l’on ne les oublient pas dans les marchandages qui paraissent imminents au vue de la situation désastreuse du régime.

Cette agitation des dirigeants pour la préservation de leurs intérêts a de nouveaux paniqué leurs collaborateurs de base, ils ont repris leur achats du dollar, avant de s’orienter vers l’or quand le dollar a manqué ! Le régime a seulement censuré les infos économiques pour cacher la panique de sa base puis il a relâché Tabarzadi, le faux opposant vétéran de l’ère Khatami pour qu’il puisse s’incruster dans le soulèvement qu’il redoute.

Au cours de deux dernières semaines, le régime devait célébrer la journée de soutien à sa doctrine et organiser des prières collectives en mémoire des grandes figures d’Islam et du Chiisme. Tous ses évènements ont été boycottés à 100% par le peuple et les derniers serviteurs du régime. La panique et l’envie de fuite des subalternes a refait surface. Les Larijani en charge du pouvoir judiciaire ont évoqué des arrestations de revendeurs d’or et de dollars au lieu de s’en prendre aux acheteurs. Ils ont ainsi admis qu’ils avaient peur de pousser à bout les collaborateurs paniqués et provoquer une rupture massive susceptible d’entraîner la chute de leur régime. Le pouvoir a aussi parlé d’une pollution mortelle pour fermer les lieux publics afin de vider tout lieux propices à l’émergence d’une agitation ! Ces choix laissaient entrevoir que le régime ne pouvait pas résorber la crise : il était condamné à perdre ses forces et à s’effondrer.

Enfin de la semaine dernière, la persistance de la crise de confiance et de panique des responsables subalternes a poussé tous les adversaires de Rafsandjani à oublier leurs réserves et d’attaquer sur les plans. Les Larijani et les Chefs Pasdaran ont accusé Ahmadinejad de vouloir provoqué une agitation par l’adoption de la seconde phase du plan de rigueur anti-sanctions afin de permettre l’émergence d’une agitation contre-révolutionnaire. Les Larijani ont accusé Rafsandjani de promouvoir un changement de régime en se prononçant en faveur d’élections libres. Ali Rezaï ex-patron des Pasdaran, longtemps allié de Rafsandjani, mais qui a récemment rompu avec lui a publié un article l’accusant implicitement d’avoir détourné des fonds pour les sortir du pays puis les Larijani et le Chef des forces de l’ordre ont aussi annoncé la création d’un nouvel organe de répression de corruption pour court-circuiter ses réseaux de protection interne. Ils ont aussi accusé ses amis, les responsables des services secrets, d’être les agents actifs de la corruption.

Washington avait fait libérer des otages du régime détenus par des forces soi-disant libres de la Syrie et avait offert un dialogue directe à Salehi, le ministre des affaires étrangères du régime (issu du clan Rafsandjani). Ce dernier n’avait pas donné de suite, mais avait utilisé le contact pour se présenter comme incontournable. Un grand centre commercial de Rafsandjani avait alors brûlé et les Larijani avaient alors annoncé la mise en accusation de son fils Mehdi ouvrant la voie à un procès qui pourrait l’accuser et le couler. Rafsandjani était resté sans voix ! Il était paru comme fini. Son ex-allié Asgar-Owladi avait tenté de lui voler certains de ses pions comme Moussavi, Karroubi et Hassan Khomeiny, Rafsandjani avait aussi constaté la fuite d’Ahmadinejad et aussi la rupture de son grand allié historique, Mesbah Yazdi !

Ainsi, en fin de la semaine dernière, Rafsandjani a été déstabilisé par une coalition formée des Larijani, des Chefs Pasdaran, ainsi que la partie Motalefeh, jadis représentant le Bazar. Mais les Chefs Pasdaran, les maillons forts de cette chaîne, n’avait pas pu organiser un grand rassemblement en leur faveur pour légitimer leur pouvoir. Ils avaient alors tenté de redresser leur image en annonçant un grand rassemblement pour rendre hommage à Mahomet et à Hassan, le 2nd Emam chiite dont on devait pleurer la mort à ce moment. Après un nouvel échec, Jannati chargé ce jour de la prière de vendredi avait injurié Rafsandjani avant d’annoncer une grande manifestation pour convaincre les Chefs Pasdaran de le considérer comme un ami utile ! Cette demande avait également échoué.

Cette semaine, le régime devait débuter par des prières collectives en mémoire d’Emam Reza mort (empoisonné) en martyr (en fait, mort d’une indigestion de raisin). La mobilisation a été nulle. Ce boycott a rappelé l’isolement et la vulnérabilité du régime. Ses médias ont sans cesse diffusé de images d’archives pour nier cet l’isolement et vulnérabilité. Par ailleurs, Rafsandjani a enfin riposté. Larijani a répliqué par l’annonce du démarrage prochain du procès de Mehdi !

Washington qui ne veut la chute du régime islamique s’est empressé d’envoyer des négociateurs en Iran en espérant que la perspective du chute entraînerait les mollahs à négocier voire même à accepter un apaisement, mais Rafsandjani qui contrôle les organes de négociations n’a pas donné de suite car il n’y croit plus et ses adversaires qui ne contrôlent rien et ne gagnent rien n’ont également montré aucun intérêt à ces négociations. Mais se doutant tous que Washington accentuerait ses sanctions, ils ont multiplié les diversions pour occuper l’opinion et retarder une nouvelle panique. Ils ont aussi multiplié les mensonges et les slogans pour minimiser ou nier leur vulnérabilité sur tous les plans. L’archipel des mini-clans divisés des mollahs a vécu une semaine difficile. Voici la chronique d’une semaine de peur et de ruses pour éviter une nouvelle crise sans nul doute fatale.


24.01.2013

Iran : La semaine en images n°256

intro de base pour comprendre la situation,
mise à jour chaque semaine avec de nouveaux éléments après ce module [+].
Avec une nouvelle analyse inédite des événements de la semaine précédente.
En rouge : les éléments qui, cette semaine, ont été d’actualité.

Le signe § donne droit à des tiroirs d’infos.

Origines de la crise. En 1979, les mollahs, alliés historiques de Britanniques et exclus du jeu par la dynastie progressiste des Pahlavi, ont pu revenir dans l’arène politique quand les Américains ont décidé de renverser le Shah (coupable entre autre d’avoir créé l’OPEP) pour installer à sa place leurs pions islamo-fédéralistes de NEHZAT AZADI (Mouvement pour la Liberté) et sa branche armée, l’OMPI (pions tous issus du parti islamo-nationaliste de JEBHEH MELLI d’obédience britannique).

Ce projet appelé Ceinture Verte (en réf. à l’Islam) devait provoquer une vague islamiste déstabilisatrice en Asie Centrale, au Moyen-Orient et en Afrique, afin d’éliminer les zones d’influence des Soviétiques, mais aussi des Britanniques et permettre l’implantation des compagnies pétrolières américaines.

Les Britanniques se sont empressés de s’associer aux Américains pour inclure leurs pions iraniens à savoir les mollahs influents, les clans féodaux, les Bazaris et leurs nervis, les cadres du TOUDEH et de JEBHEH MELLI avec la ferme intention de les utiliser pour évincer les pions de Washington.

Ce coup d’Etat interne a été réalisé par Rafsandjani, le demi-frère et fondé de pouvoir de Khomeiny, par assassinat les pions de Washington, mais aussi par l’attaque contre l’ambassade américaine.

En échange de ce service inestimable, Rafsandjani a été autorisé d’écarter des mollahs plus hauts placés comme Montazeri ou encore Morteza Mottahari, (le beau-père et protecteur d’Ali Larijani), l’idéologue de la Tutelle du clergé sur le pouvoir.

Rafsandjani a ainsi pu pour accéder à tous les postes clefs comme le ministère de l’intérieur, les services secrets des Pasdaran ou encore le ministère de guerre qui ont fait de lui le patron non officiel du régime et de tous les bons business (pétrole, automobile, alimentation). Rafsandjani est ainsi devenu le patron occulte du régime au détriment de nombreux membres influents du clergé.

En réponse à son coup anti-américain, Washington a alors commencé à sanctionner le régime pour provoquer des pénuries et un risque de soulèvement pour forcer les dirigeants (Rafsandjani et ses complices) à accepter un apaisement, puis la normalisation des relations pour qu’il puisse revenir en Iran avec ses pions et reprendre le pouvoir via des élections libres (une révolution de couleur).

Rafsandjani et ses complices se sont alors lancés dans des actions terroristes anti-américains et ont aussi tissé des liens économiques forts avec les Etats Européens pour acheter leur protection diplomatique.

Ce choix diplomatiquement clientéliste, mais aussi les larcins des mollahs et la guerre contre Saddam ont rapidement ruiné le pays. Les ouvriers ont perdu leurs emplois, les Bazaris qui vivaient de la vente des produits nationaux ont été ruinés. La devise iranienne qui est proche du Franc a commencé à chuter vertigineusement.. Beaucoup de jeunes Pasdaran contactaient Reza Pahlavi pour exprimer leurs regrets de tout ce qui avait été perdu par leur faute. La révolution islamique a très vite perdu ses enfants et très vite, le régime s’est retrouvé en danger.

Mais ce régime (divisé au sommet, ruinée et contesté à la base) n’est pas tombé car Washington n’a jamais aidé les opposants, le peuple et les dissidents de peur que le système islamique nécessaire à ses projets régionaux ne disparaisse. Depuis Washington a souvent laissé ses partenaires stratégiques contourner ses sanctions quand il estimait que ces sanctions pouvaient entraîner la chute du régime islamique.

En agissant ainsi, Washington a rallongé l’agonie du régime et a amplifié la dissidence ou encore les querelles internes entre Rafsandjani et tous ceux (comme les frères Larijani) qu’il avait écarté du pouvoir.

En 1989, Rafsandjani s’est senti en danger car son demi-frère et protecteur Khomeiny était mourant. Il a alors trafiqué son testament pour écarter les mollahs méritants et avantager son ami Khamenei. Ce pion a, dès son arrivée au pouvoir suprême, modifié la constitution pour donner les pleins pouvoirs au Conseil de Discernement, organe créé par Rafsandjani. Rafsandjani est ainsi officiellement devenu le patron permanent du régime. Il a inclus dans ce gouvernement permanent du régime le président du Conseil constitutionnel, Jannati, et le 1er ministre de l’époque, Moussavi (cousin de Khamenei), qui avaient donné leur accord à ce coup d’Etat interne (contre le reste du clergé).

Mais l’incapacité de Rafsandjani à mettre fin aux sanctions et surtout l’adoption des premières sanctions pétrolières ou des mandats d’arrêts internationaux le visant personnellement ont remis néanmoins en cause sa survie politique.

Pour ne pas sauter, Rafsandjani a agi sur deux plans : il a divisé ses rivaux en achetant la loyauté des Larijani par l’octroi des postes clefs et des sièges au Conseil de Discernement. Rafsandjani a aussi mis en scène un simulacre d’ouverture animé Khatami et de (faux) opposants issus de la milice islamiste des universités et de vieux militants bon teints du parti pro-britannique de Jebheh Melli pour engager Washington dans la coopération afin de l’éloigner des sanctions.

Washington s’est fâché et a évoqué la "menace nucléaire et balistique des mollahs" pour durcir ses sanctions.

Le régime aurait pu mettre fin au risque de nouvelles sanctions car il n’a jamais eu le moindre missile capable de menacer ses voisins, ni même le savoir faire pour finir la centrale nucléaire civile de Bouchehr, laissée inachevée après la révolution. Mais le régime et Rafsandjani en personne n’ont cessé de lancer des slogans anxiogènes sur sa capacité de devenir une puissance nucléaire en très peu de temps. Il espérait faire peur à Washington et le contraindre à capituler sur toute la ligne.

Mais cette attitude a seulement permis à Washington d’annoncer plus de sanctions et même éventuellement des frappes militaires. Rafsandjani a paniqué : il a accepté l’Accord de Paris sur le gel des activités nucléaires engageant le régime sur la voie de l’apaisement tant attendu par Washington, mais de peur de sauter, il a remis en cause l’accord en offrant la direction des négociations nucléaires à Ali Larijani et en en remplaçant l’« officiellement modéré Khatami » par l’officiellement non modéré Ahmadinejad pour tenter de faire reculer Washington avec toutes sortes de menaces.

Mais Washington a utilisé ces menaces pour renforcer ses pressions. En 2007, il a réussi à impliquer le Conseil de Sécurité de l’ONU pour faire cautionner ses futures sanctions. En 2008, il a ainsi adopté les premières sanctions bancaires réduisant les revenus en devises du régime. On a assisté à d’importants boycotts des manifestations officielles par les de Pasdaran de base, les Bazaris ou des mollahs de base. Les dissidents prenaient leur distance. Pour la première fois, le régime et ses dirigeants étaient en danger. Pour limiter le risque dune pénurie déstabilisatrice comme le souhaite Washington, la caste dirigeante du Conseil de Discernement a décidé de supprimer les Prix subventionnés pour brider la consommation pour ménager les stocks du régime et aussi pour habituer les Iraniens à vivre de très peu et diminuer ainsi le risque de soulèvement provoqué par la faim. Mais par peur d’une émeute générale, le régime a d’abord gelé les salaires de ses employés les mieux payés : les agents sécuritaires : ces derniers ont été très déçus et ont aussi pris leur distance avec le régime.

Avec cette rupture, le régime était menacé en cas d’un soulèvement. Rafsandjani a songé à la nécessité d’une éventuelle négociation avec Washington pour pouvoir quitter le pays avant la chute du régime : il a alors exclu son rival Ali Larijani du poste clef de négociateur nucléaire lui donnant accès au dialogue direct avec les Américains !

Mais pour ne pas l’avoir contre lui, il lui a attribué une victoire électorale pour lui donner la direction de la majorité législative : un titre et une tribune plus qu’un vrai pouvoir car le Parlement n’a aucun rôle décisionnaire, il suit les directives du Conseil de Discernement.

Ali Larijani a alors révélé la corruption du clan Rafsandjani et de ses alliés afin de les éliminer tous et devenir celui qui négocie la fin du régime pour bénéficier des mêmes garanties. Rafsandjani et ses alliés se sont ligués pour discréditer et éliminer Kordan, le principal lieutenant d’Ali Larijani. Ce dernier a dû battre en retraite pour ne pas tomber en même temps.

En juin 2009, Rafsandjani qui restait menacé par les sanctions, par le risque de pénuries et d’émeutes, par la dissidence interne ou encore par les dossiers d’Ali Larijani, a tenté de sauver le régime et surtout sa peau avec une fausse révolution de couleur nommée le Mouvement VERT sous la direction du très anti-américain Moussavi ! Mais le peuple a agi avec bon sens, il n’est pas tombé dans le panneau et a profité de l’occasion pour crier sa haine du régime. Les Pasdaran ne sont guère intervenus pour réprimer cette contre-révolution. Le régime a failli tomber, mais il a été sauvé grâce à Obama et les alliés de Washington qui ont refusé toute aide à cette contre-révolution.

Rafsandjani, affaibli par l’échec monumental de son plan, pouvait enfin être démis de ses fonctions : il a cédé la direction du pouvoir judiciaire à Sadegh Larijani, le frère cadet d’Ali Larijani pour diviser ses rivaux, mais avant que les Larijani puissent virer ses pions comme le procureur Ejéi, il a tenté de relancer sa nouvelle fausse opposition avec de nouveaux slogans plus patriotiques et de nouveaux animateurs dont ses propres enfants Mehdi et Faezeh (initialement connus pour leurs corruption) !. Mais le peuple n’a jamais été trompé, il a sans cesse boycotté le Mouvement Vert.

In fine, en juin 2010, au bout d’un an d’insuccès, Rafsandjani a tout d’un coup disparu et Larijani a commencé à s’occuper des activités qu’il menait au sein du Conseil de Discernement. Rafsandjani qui avait perdu le soutien et la confiance de ses pairs avait été discrètement remplacé par Larijani, mais les gros bonnets du régime n’ont pas osé officialiser ce dernier par peur qu’il ne les élimine facilement avec ses dossiers compromettants. Larijani n’a donc pas pu virer les pions de Rafsandjani pour nommer les siens et devenir le patron afin de bénéficier des meilleures garanties de sécurité en cas de la chute du régime. Rafsandjani a gardé son influence grâce au gouvernement formé par ses pions. De fait, en juin 2010, le régime est devenu bicéphale. .

Ali Larijani devait écarter les ministres issus du clan Rafsandjani : il a commencé à parler de leur corruption et à multiplier les procès à leur encontre pour les renverser afin de s’asseoir à la table des négociations et obtenir sa part de garanties de sécurité. Rafsandjani a aussi accéléré ses démarches pour parvenir à un accord avec Washington. En agissant ainsi, Rafsandjani et Larijani privilégiaient leurs propres intérêts personnels au lieu de trouver un compromis global pour sauver leurs associés et collaborateurs. Ce comportement méprisant a encouragé l’envie de fuite de leurs derniers collaborateurs.

En mars 2011, le peuple a de nouveau manifesté à l’occasion de l’anniversaire de naissance Reza Shah Pahlavi, le fondateur de l’Iran moderne et laïque et encore une fois, les officiers des Pasdaran n’ont pas chargé. Ils se sont même montrés très amicaux avec les manifestants. Ils ont ainsi montré qu’ils souhaitaient aussi une contre-révolution.

Les derniers collaborateurs du régime, déçus par leurs chefs et paniqués par la rupture des Pasdaran, se sont mis à convertir leurs avoirs en or ou en dollar pour pouvoir quitter le pays avant qu’ils soient sacrifiés par leurs chefs puis tués par le peuple. Le dollar n’a cessé d’augmenter malgré des baisses de prix imposées arbitrairement par la Banque Centrale Iranienne (BCI). Ces achats de dollars ont ruiné le régime et réduit ses chances de survie. Ali Larijani a accentué sa guerre pour le contrôle du siège éjectable, Rafsandjani a mis les bouchées doubles pour parvenir à un accord avec Washington. Les Commandants des Pasdaran susceptibles de souffrir par cette transaction ont lâché leur mentor historique Rafsandjani et se sont alignés sur Larijani.

Washington a apprécié cette fracture interne et a décidé de renforcer ses pressions sur le régime pour paniquer tous les groupes au pouvoir. Il a forcé l’Europe à rompre ses relations protectrices avec le régime. .

En Juillet 2012, l’Europe a effectivement coupé les ponts avec le régime. Le régime a menacé de fermer le détroit d’Ormuz, mais n’a pu tenir cette promesse : ses partenaires ont été convaincus qu’il n’avait plus le moyen de rester au pouvoir : ils ont paniqué et se sont précipités pour acheter des dollars. Le régime en manque de divises n’a pas approvisionné le marché. Les gens du régime ont conclu à une faillite de la BCI. Ils se sont mis à stocker des aliments. Le pays a été confronté à une importante pénurie alimentaire. Le peuple excédé a manifesté contre le régime avec le slogan de Mort à la république islamique.

Les deux dirigeants se sont réunis pour combattre la ruée vers l’or et le dollar qui vidait leurs réserves de capitaux. Ils ont à plusieurs reprises incendié le Bazar pour dissuader les agents de change. Ils ont ponctionné les comptes bancaires des gens pour compenser leurs pertes. Ils ont aussi accusé les acheteurs de blanchiment d’argent pour les menacer d’expropriation et de pendaison. Ils ont bloqué les comptes en devises. Puis dernièrement, ils ont fermé tous les agents de change privés, le réseau de transfert interbancaire et enfin ils ont multiplié par 3 le prix de billets d’avion pour limiter les voyages à l’étranger. Mais ils n’ont pas pu contraindre leur partenaires paniqués à renoncer à leur envie de fuir.

Les deux dirigeants ont également sans cesse promis des actions de répression et des manoeuvres militaires ou paramilitaires pour rassurer leurs collaborateurs sur ses capacités ou pour les intimider, mais il n’a jamais pu tenir sa parole : au fil des promesses non tenues, il est devenu très évident qu’ils n’avaient plus aucun appui au sein des forces armées.

En seulement 3 mois (Juillet-Août-Septembre), il est devenu clair que le régime était fichu. Rafsandjani a alors multiplié les efforts pour contacter Washington. Larijani a accentué ses accusations contre Rafsandjani lui-même. Les Commandants des Pasdaran ont surenchéri. Rafsandjani a fait revenir ses enfants (Mehdi et Faezeh) et les a laissés comme gages entre les mains du pouvoir judiciaire des Larijani pour les rassurer que son pion Ahmadinejad attendu à NY à l’occasion de l’AG de l’ONU ne négocierait pas avec les Américains. Mais il a sacrifié ses enfants en proposant via Ahmadinejad une ouverture à Washington. Une forte panique interne et une forte réaction négative de Londres ont contraint Rafsandjani à renoncer.

Fin octobre, Washington a tenté un deal avec Rafsandjani en demandant à l’Argentine de blanchir Rafsandjani dans l’attentat d’Amia. Larijani était pris par surprise. Les Commandants des Pasdaran, qui peuvent hériter de la responsabilité de l’attentat d’Amia, ont alors enchaîné les menaces contre Washington pour bloquer le deal et les marchandages à venir. Le régime est passé de 2 clans à 3 clans.

Les Commandants des Pasdaran ont d’abord tenté de former un clan à part entière avant de s’approcher de Larijani, mais Washington n’a pas daigné dialoguer avec Larijani car il n’a rien de très grave à lui reprocher et ne peut l’intimider correctement pour l’amener à se soumettre.

Par ce choix de Washington excluait Larijani du jeu, mais il désignait aussi Rafsandjani comme un maillon faible utile à ses objectifs. Rafsandjani pouvait être certain qu’il n’obtiendrait jamais de garanties sérieuses de Washington. Cette situation pouvait engendrer une rupture massive et une adhésion soudaine et massive à la contre-révolution. Larijani et Rafsandjani, en phase d’être éliminés par des tiers, se sont rapprochés et ils ont uni leur force pour inventer la figure de Sattar Beheshti, (faux) opposant interne "mort sous la torture", pour mobiliser le peuple derrière la fausse opposition interne afin de pouvoir contenir tout risque de soulèvement contre-révolutionnaire.

Mais le peuple n’a pas donné de crédit à cette option pro-régime et les collaborateurs de base ont jugé très risqué de miser sur la recette ratée du Mouvement Vert. Sans ce joker, le régime était perdu. Rafsandjani a accusé les Pasdaran et les frères Larijani du meurtre de l’opposant factice Sattar Beheshti !

Larijani a accentué ses accusations contre les ministres (issus du clan Rafsandjani) pour retirer le vote de confiance du Parlement au gouvernement et entraîner sa chute. Rafsandjani a neutralisé ce projet par une intervention de son super pion : le Guide (le tuteur du régime). Puis, il a pris une décision incroyable : il a demandé à ses faux opposants de crier "Mort à la Révolution Islamique" pour s’approcher de l’opposition avec une solution de réconciliation nationale de type Khmers rouges pour avoir la vie sauve. Il pouvait aussi barrer la route aux Américains et préserver les intérêts britanniques afin de préserver ses avoirs dans ces pays.

Ce revirement pragmatique très rusé, survenu il y a 1 mois, n’a provoqué aucune agitation : les derniers collaborateurs du régime y trouvaient leur compte, mais pas Ali Larijani car ses frères ont piloté les répressions du grand soulèvement de l’été 2009. Ali Larijani a encore reparlé de la révocation du président. Les Pasdaran qui avaient d’abord bien accueilli la proposition pragmatique d’une réconciliation nationale ont aussi renouvelé leurs menaces anti-américaines pour s’approcher de Larijani au cas où il emporterait la partie.

Cependant, ces clans étant tous dépourvus de militants actifs, aucun n’a pu s’imposer aux deux autres. Tous ont quand même essayé de mobiliser les membres de leurs clans ou des subalternes pour avoir le dessus. Dans ce jeu, Rafsandjani qui a le plus grand réseau, a gagné la première manche en étalant ses pions des services secrets. Larijani a menacé Rafsandjani de traîner son Mehdi devant la justice pour corruption et trahison (ce qui revient à l’accuser indirectement). Les Chefs Pasdaran ont annoncé des manœuvres dans le détroit d’Ormuz pour montrer qu’ils pouvaient bloquer tous les dialogues à venir afin que l’on ne les oublient pas dans les marchandages qui paraissent imminents au vue de la situation désastreuse du régime. Cette agitation des dirigeants pour la préservation de leurs intérêts a paniqué leurs collaborateurs de base, ils ont repris leur achats du dollar, avant de s’orienter vers l’or quand le dollar a manqué !

Il y a deux semaines, face à cette crise, le régime a seulement censuré les infos économiques pour cacher la panique de sa base puis il a relâché Tabarzadi, son meilleur faux opposant pour qu’il puisse s’incruster dans le soulèvement qu’il redoute. Il a prouvé qu’il jugeait la situation explosive.

La semaine dernière, le régime devait célébrer la journée de soutien au système en place et organiser des deuils rituels en mémoire des saints fondateurs du chiisme. Les deux événements ont été boycottés à 100% par le peuple et les derniers serviteurs du régime. La panique a refait surface. Les dirigeants paniqués ont parlé d’une pollution mortelle pour fermer les lieux publics afin de vider tout lieux propice à l’émergence d’une agitation ! Pour calmer l’agitation de leur associés paniqués, les Larijani en charge du pouvoir judiciaire ont évoqué des arrestations de revendeurs d’or et de dollars au lieu de s’en prendre aux acheteurs. Ils ont ainsi admis qu’ils avaient peur de pousser à bout les collaborateurs paniqués et provoquer une rupture massive susceptible d’entraîner la chute de leur régime. Les Larijani ont ainsi avoué qu’il n’y avait pas solution pour résorber la crise : leur régime était condamné à perdre ses forces et à s’effondrer. Ce constat de fatalité a amplifié la crise et a encouragé chaque clan à oublier ses réserves et tout tenter pour s’emparer des commandes afin de bénéficier du droit de marchander sa fuite.

Cette semaine, le régime, affaibli par ses échecs, a vécu à l’heure de la crise interne. Ses partenaires alarmés par les preuves de sa perte de légitimité, ont continué à chercher de l’or ou des dollars. Ses dirigeants ont aussi été plus que jamais préoccupés par la perspective de leur chute et la nécessité d’obtenir des garanties américaines à obtenir pour partir en toute sécurité car ils s’attendaient à de nouveaux boycotts le mardi 8 janvier à l’occasion de la commémoration du 1er révolte révolutionnaire en faveur de Khomeiny puis le vendredi 11 et le samedi 12 à l’occasion des prières prévues pour la mort de Mahomet, Hassan et Emam Reza. Ils ont multiplié les diversions et les ruses pour cacher ces boycotts qui confirmaient l’approche de leur chute et se sont aussi combattus avec plus de férocité à l’approche de cette échéance finale. Leur confrontation a donné lieu à un clash sans précédent.

On a ainsi une semaine bien plus étouffante et opaque que l’air de Téhéran selon le régime. Mais les images de la semaine nous aideront à voir plus clair dans ce brouillard souhaité par le régime pour cacher son agonie...


16.01.2013

Iran : La semaine en images n°254
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intro de base pour comprendre la situation,
mise à jour chaque semaine avec de nouveaux éléments après ce module [+].
Avec une nouvelle analyse inédite des événements de la semaine précédente.
En rouge : les éléments qui, cette semaine, ont été d’actualité.

Le signe § donne droit à des tiroirs d’infos.

Origines de la crise. Il y a 33 ans, en 1979, les mollahs, alliés historiques de Britanniques et exclus du jeu par la dynastie progressiste des Pahlavi, ont pu revenir dans l’arène politique quand les Américains ont décidé de renverser le Shah (coupable entre autre d’avoir modernisé le pays, stabiliser la région et aussi d’avoir créer l’OPEP) avec l’intention d’installer à sa place leurs pions islamo-fédéralistes de NEHZAT AZADI (Mouvement pour la liberté). Ces pions étaient d’ex-pions britanniques du parti islamo-nationaliste JEBHEH MELLI qui sous la direction de Mossadegh avaient quitté le camp britannique pour joindre le camp américain.

Le projet appelé Arc de Crise allait mettre fin à 100 ans de domination britannique du marché pétrolier mondial. Les Britanniques ont demandé à leurs pions encore fidèles à savoir les mollahs influents, les Bazaris et leurs nervis, les cadres du TOUDEH et de JEBHEH MELLI d’intervenir pour évincer les pions de Washington et prendre le pouvoir dans le nouveau régime islamique. Ce coup d’Etat interne a été réalisé par Rafsandjani, le demi-frère et fondé de pouvoir de Khomeiny, en assassinant les pions religieux de Washington, puis en coupant le cordon ombilical entre Washington et la révolution islamique par l’attaque des "étudiants islamiques" contre l’ambassade américaine et la prise en otage des diplomates américains.

En échange de ces bons et loyaux services, Rafsandjani a été autorisé d’écarter des mollahs plus hauts placés comme Mottahari (le beau-père et protecteur d’Ali Larijani), mais aussi d’autres pions de Londres comme ceux de TOUDEH et de JEBHEH MELLI. ainsi Rafsandjani a pu accéder à tous les postes clefs comme le ministère de l’intérieur, les services secrets des Pasdaran ou encore le ministère de guerre qui ont fait de lui le patron non officiel du régime et de tous les bons business (pétrole, automobile, le secteur alimentaire). Avec le soutien des jeunes mollahs ambitieux et évidement le soutien tacite des Britanniques, Rafsandjani a aussi été chargé de diaboliser les Etats-Unis pour ne laisser aucune chance de retour à ses pions.

L’Etat américain a alors commencé à sanctionner le régime pour provoquer des pénuries et un risque de soulèvement pour forcer Rafsandjani et ses complices à changer de politique, d’accepter un apaisement, puis la normalisation des relations pour qu’il puisse revenir en Iran avec ses pions et reprendre le pouvoir via une révolution de couleur.

Rafsandjani et ses complices ont alors accentué les actions terroristes contre les intérêts américains. Ils ont aussi sacrifié la production nationale pour importer tout d’Europe afin d’acheter la protection diplomatique des Européens. Cela et la guerre contre Saddam ont rapidement ruiné le pays et sa force de production : les ouvriers ont perdu leurs emplois, les Bazaris qui vivaient de la vente des produits nationaux ont été ruinés. Le pays était aussi en guerre. Beaucoup de jeunes Pasdaran contactaient Reza Pahlavi pour exprimer leurs regrets de tout ce qui avait été perdu par leur faute. La révolution islamique a très vite perdu ses enfants et très vite, le régime s’est retrouvé en ruiné et en danger.

Mais le régime n’est pas tombé car Washington n’a jamais aidé les opposants, le peuple et les dissidents de peur que le système islamique nécessaire à ses projets régionaux ne disparaisse. Depuis Washington a souvent laissé ses partenaires stratégiques contourner ses sanctions quand il estimait qu’elles peuvent dépasser leur objectif et entraîner la chute du régime islamique qu’il veut récupérer.

En agissant ainsi, Washington a rallongé l’agonie du régime et a amplifié la dissidence ou encore les querelles internes entre Rafsandjani et tous ceux qu’il avait été écartés du pouvoir notamment le clan Larijani. Rafsandjani s’est senti en danger. Il pouvait sauter à la mort de son demi-frère Khomeiny. Il devait écarter définitivement ses rivaux et officialiser sa main mise sur les postes clefs du régime. il a alors trafiqué le testament de Khomeiny pour faire désigner comme son successeur un de ses propres amis : Khamenei, mollah de mauvaise réputation qui n’avait aucune chance d’accéder à ce poste. En échange, Khamenei a imposé une révision immédiate de la constitution pour transférer la presque totalité des pouvoirs politiques du Guide au Conseil de Discernement, organe d’arbitrage créé et dirigé par Rafsandjani. Le Conseil de Discernement est ainsi devenu un organe plénipotentiaire et Rafsandjani est devenu le patron permanent du régime. Le président du Conseil constitutionnel, Jannati, et le 1er ministre de l’époque, Moussavi (cousin de Khamenei), ont donné leur accord et reçu en échange des sièges au Conseil de Discernement.

Mais l’incapacité de Rafsandjani à mettre fin aux sanctions a remis néanmoins en cause sa survie malgré la puissance du clan qu’il avait créé. Des mandats d’arrêts internationaux le visant ont donné de l’espoir à ses rivaux comme les Frères Larijani. Pour ne pas sauter, il a acheté leur loyauté en leur octroyant des sièges au Conseil de Discernement ou encore des postes clefs politiques ou économiques

Après cela, Rafsandjani a tenté de mettre fin aux sanctions par une fausse modération et faux apaisement sous la direction de Khatami, un ex-responsable d’assassinat des opposants exilés recyclé en doux agneau. Pour réussir, le régime a simulé une libéralisation politique avec des étudiants appartenant à la sinistre la milice universitaire réunis au sein d’un parti faussement pro-Mossadegh (pro-américain) nommé JEBHEH DEMOCRATIC (Front démocratique). Washington n’a pas été dupé. Le régime a fait mine de malmener Tabarzadi, le chef du parti JEBHEH DEMOCRATIC. Shirin Ebadi, membre de JEBHEH MELLI (pro-Britannique) et Nasrine Sotoudeh - une des représentants du régime à cour internationale- ont été recyclées en avocates humanistes pour réanimer le jeu. Finalement Washington s’est même fâché et en 2000, il a évoqué la "menace nucléaire des mollahs" dans Iran Non-proliferation Act pour les sanctionner encore plus durement. In fine, la modération a amené le régime à accepter une ouverture avec Washington..

Après l’échec du projet de la fausse dissidence et du faux apaisement, Rafsandjani était encore en difficulté. Pour demeurer au pouvoir, il a offert la direction des négociations nucléaires à Larijani pour mener une politique nucléaire dure. Rafsandjani a également remplacé le « modéré Khatami » par Ahmadinejad, un autre ex employé de ses services secrets. Il l’a entouré des pires racailles des services secrets (comme Mottaki, Najjar, Vahidi) pour tenter de faire reculer Washington avec toutes sortes de menaces.

Mais Washington a utilisé ces menaces pour renforcer ses sanctions et même parler de frappes préventives. ! En 2007 quand Washington a impliqué le Conseil de Sécurité de l’ONU pour cautionner ses sanctions et ses menaces de frappes, la dissidence interne s’est amplifiée : on a assisté à d’importants boycotts des manifestations officielles par les de Pasdaran de base, les Bazaris ou des mollahs de base.

En 2008, après l’adoption des premières sanctions bancaires, Rafsandjani, ses complices et ses adversaires unifiés au sein du Conseil de Discernement ont décidé la Suppression des Prix subventionnés pour limiter le pouvoir d’achat des Iraniens (brider la consommation) afin de préserver les stocks et aussi habituer les Iraniens à vivre de très peu pour diminuer le risque de soulèvement provoqué par la faim. Mais par peur d’une émeute générale, le régime a d’abord gelé les salaires de ses propres employés les mieux payés, les agents sécuritaires : ces derniers ont été très déçus et ont aussi pris leur distance avec le régime.

Cette nouvelle rupture était terrible. Le régime était menacé en cas d’un soulèvement. Rafsandjani devait songer à une éventuelle négociation avec Washington pour pouvoir quitter le pays avant la chute du régime : il a alors exclu Ali Larijani du poste clef de négociateur nucléaire lui donnant accès au dialogue avec les Américains. Mais pour ne pas l’avoir contre lui, il lui a attribué une victoire électorale pour lui donner la direction de la majorité législative (la chefferie du Parlement) : un titre et une tribune plus qu’un vrai pouvoir car le Parlement n’a aucun rôle décisionnaire dans le système actuel ; il ne fait que suivre les avis du Conseil de Discernement.

Ali Larijani a alors révélé par l’intermédiaire de l’un de ses pions au sein du Pouvoir Judiciaire la corruption du clans Rafsandjani et des clans alliés afin de les éliminer tous et devenir celui qui négocie la fin du régime pour bénéficier des mêmes garanties.

Rafsandjani s’est vu menacé par les sanctions, le risque de pénuries et d’émeutes, la dissidence interne ou encore par les dossiers d’Ali Larijani : en juin 2009, il a tenté de sauver le régime et surtout sa situation avec le Mouvement VERT, une fausse révolution de couleur de l’Islam, partisane de la ligne (anti-américaine) de Khomeiny, mené par son ami Moussavi et ses pions (les étudiants islamiques preneurs d’otages de l’ambassade américaine). Mais le peuple a agi avec bon sens, il n’est pas tombé dans le panneau et a profité de l’occasion pour crier sa haine du régime. Les Pasdaran ne sont guère intervenus pour réprimer cette contre-révolution. Le régime a failli tomber, mais il a été sauvé grâce à Obama qui a refusé toute aide à la cette contre-révolution.

Rafsandjani, affaibli par l’échec de son plan audacieux, a dû céder le Pouvoir Judiciaire à Sadegh Larijani, le frère cadet d’Ali Larijani. Rafsandjani offrait plus de pouvoirs aux Larijani, mais avec un risque limité car le maître des accusations, procureur Ejéi (un ex-patron des services secrets) était un de ses pions et par ailleurs, le tribunal spécifique au clergé ou encore l’inspection générale interne étaient dirigés par ses pions. Rafsandjani devait cependant faire vite avant que les Larijani nomment leurs pions. Il a alors tenté de duper le peuple avec de nouveaux slogans et en faisant passer d’ex-agents secrets enrôlés dans le ministères des affaires étrangères et aussi ses enfants Mehdi et Faezeh pour des opposants.

Mais en juin 2010, au bout d’un an d’insuccès, Rafsandjani a dû s’éclipser et Larijani a commencé à s’occuper des activités qu’il menait au sein du régime. Rafsandjani qui avait perdu le soutien et la confiance de ses pairs avait été discrètement remplacé par Larijani, mais les gros bonnets du régime n’ont pas osé officialiser ce dernier par peur qu’il ne les élimine avec ses dossiers compromettants. Larijani n’a donc pas pu virer les pions de Rafsandjani pour nommer ses pions et devenir le patron du régime afin de bénéficier des meilleures garanties de sécurité. Rafsandjani a gardé son influence grâce au gouvernement formé par ses pions. De fait, en juin 2010, le régime est devenu bicéphale.

Ali Larijani devait écarter les ministres issus du clan Rafsandjani : il a commencé à parler de leur corruption et à multiplier les procès à leur encontre pour les renverser afin de s’asseoir à la table des négociations et obtenir sa part de garanties de sécurité. Rafsandjani a alors accéléré ses démarches pour parvenir à un accord avec Washington. En agissant ainsi, Rafsandjani et Larijani privilégiaient leurs propres intérêts personnels au lieu de trouver un compromis global pour sauver leurs associés et collaborateurs. Ce comportement méprisant a encouragé l’envie de fuite de leurs derniers collaborateurs.

En mars 2011, le peuple a de nouveau manifesté à l’occasion de l’anniversaire de naissance Reza Shah Pahlavi, le fondateur de l’Iran moderne et laïque et encore une fois, les Pasdaran n’ont pas chargé. Ils se sont même montrés très amicaux avec les manifestants. Ils ont ainsi montré qu’ils souhaitaient aussi une contre-révolution.

Les derniers collaborateurs du régime, déçus par leurs chefs et paniqués par la rupture des Pasdaran, se sont mis à convertir leurs avoirs en or ou en dollar pour pouvoir quitter le pays avant qu’ils soient tués par le peuple ou sacrifiés par leurs chefs. Le dollar n’a cessé d’augmenter malgré des baisses de prix imposées arbitrairement par la Banque Centrale Iranienne (BCI). Ces achats de dollars ont ruiné le régime et réduit ses chances de survie. Ali Larijani a accentué leur guerre pour le contrôle du siège éjectable, Rafsandjani a mis les bouchées doubles pour parvenir à un accord avec Washington. Les Commandants des Pasdaran susceptibles de souffrir par cette transaction ont lâché leur mentor historique Rafsandjani et se sont alignés sur Larijani. Washington a décidé de forcer l’Europe de rompre ses relations protectrices pour aggraver la situation ambiante afin les divisions internes et la panique de la base.

Sous la pression de Washington, l’Europe a coupé les ponts en juillet 2012. La panique interne et les ruées vers le dollar sont montée en flèche. Très vite, les pénuries se sont amplifiées. Le peuple excédé a manifesté contre le régime avec des slogans hostiles. Les deux dirigeants se sont réunis pour combattre la ruée vers l’or et le dollar qui vidait leurs réserves de capitaux. Ils ont à plusieurs reprises incendié le Bazar pour dissuader les agents de change, ils ont accusé les acheteurs de blanchiment d’argent pour les menacer d’expropriation et de pendaison. Ils ont ponctionné les comptes bancaires des gens pour compenser leurs pertes. Ils ont supprimé les bureaux d’émigration, bloqué les comptes en devises. Puis dernièrement, ils ont fermé tous les agents de change privés, le réseau de transfert interbancaire et enfin ils ont multiplié par 3 le prix de billets d’avion pour limiter les voyage à l’étranger.

Les deux dirigeants ont également sans cesse promis des actions de répression et des manoeuvres militaires ou paramilitaires pour rassurer leurs collaborateurs sur ses capacités ou pour les intimider, mais il n’a jamais pu tenir sa parole : au fil des promesses non tenues, il est devenu très évident qu’ils n’avaient plus aucun appui au sein des forces armées.

En seulement 3 mois (Juillet-Août-Septembre), il est devenu clair que le régime était fichu. Rafsandjani devait passer l’action. Larijani a accentué ses accusations contre Rafsandjani lui-même. Les Commandants des Pasdaran ont surenchéri. Rafsandjani a fait revenir ses enfants (Mehdi et Faezeh) et les a laissé comme gages entre les mains du pouvoir judiciaire des Larijani pour les rassurer que son pion Ahmadinejad attendu à NY à l’occasion de l’AG de l’ONU ne négocierait pas avec les Américains. Mais il a sacrifié ses enfants en proposant une ouverture à Washington.

Début octobre, Washington a tenté un deal avec Rafsandjani en demandant à l’Argentine de blanchir Rafsandjani dans l’attentat d’Amia. Larijani était pris par surprise. Les Commandants des Pasdaran, qui peuvent hériter de la responsabilité de l’attentat d’Amia, ont alors enchaîné les menaces contre Washington pour bloquer le deal et les marchandages à venir. Le régime est passé de 2 clans à 3 clans.

Les Commandants des Pasdaran ont d’abord tenté de former un clan à part entière avant de s’approcher de Larijani mais Washington n’a pas daigné dialoguer avec Larijani car il n’a rien de très grave à lui reprocher et ne peut l’intimider correctement pour l’amener à se soumettre.

Ce choix de Washington a exclu Larijani du jeu, mais il a aussi désigné Rafsandjani comme un maillon faible utile à Washington. Les Pasdaran ont alors lâché Larijani pour devenir des électrons libres au sein du régime en agonie. Le pouvoir était éclaté et aucun clan n’avait les moyens pour s’imposer. Les gens de la base ont paniqué. Les deux dirigeants rivaux se sont rapprochés et ils ont uni leur force pour inventer la figure de Sattar Beheshti, (faux) opposant interne "mort sous la torture", pour mobiliser le peuple derrière la fausse opposition interne afin de pouvoir contenir tout risque de soulèvement.

Mais le peuple n’a pas donné de crédit à cette option pro-régime et les collaborateurs de base ont jugé très risqué de miser sur la recette ratée du Mouvement Vert. Sans ce joker, le régime était perdu. Rafsandjani a accusé les Pasdaran et les frères Larijani du meurtre de cet opposant factice. Larijani a accentué ses accusations contre Ahmadinejad pour lui retirer le vote de confiance du Parlement, le renverser et prendre sa place via des élections présidentielles anticipées. Rafsandjani a fait bouger sa pièce maîtresse à savoir le Guide pour désavouer la révocation d’Ahmadinejad. Puis, Rafsandjani a pris une décision incroyable : il a demandé à ses faux opposants de crier "Mort à la Révolution Islamique" pour s’approcher de l’opposition avec une solution de réconciliation nationale de type Khmers rouges pour avoir la vie sauve. Il pouvait aussi barrer la route aux Américains et préserver les intérêts de leurs adversaires afin de préserver ses avoirs dans ces pays.

Ce revirement pragmatique très rusé, survenu il y a 3 semaines, n’a provoqué aucune agitation : la base y trouvait son compte, mais pas Ali Larijani car ses frères ont piloté les répressions du grand soulèvement de l’été 2009. Ali Larijani a reparlé de la révocation du président. Les Pasdaran qui avaient d’abord bien accueilli la proposition pragmatique d’une réconciliation nationale ont aussi renouvelé leurs menaces anti-américaines pour s’approcher de Larijani au cas où il emporterait la partie.

Ainsi la proposition intéressante d’une réconciliation nationale s’est retrouvée menacée par deux des trois clans qui partagent le pouvoir. Mais ces clans étant tous dépourvus de militants actifs, aucun de deux camps (pour ou contre l’arrangement) n’a pu s’imposer. Rafsandjani, Larijani et les chefs Pasdaran, ont tenté de trouver des alliés pour imposer leur position. La semaine dernière, Rafsandjani a pu démontré qu’il avait encore le plus grand réseau et des alliés les plus efficaces ou plus dangereux à ses côtés. Les Russes ont également montré leur soutien à son projet susceptible de contrer le retour des pions de Washington.

Larijani devait s’avouer vaincu ou tenter d’arrêter Rafsandjani en accusant officiellement son fils Mehdi. Mais cela allait nécessairement entraîner une mise en accusation de Rafsandjani lui-même et engendrer une grande agitation susceptible de provoquer une grande panique voire l’explosion du système. Larijani ne pouvait pas prendre ce risque (ne serait-ce que pour éviter d’être remis en question par ses pairs). Larijani s’est vu contraint d’abandonner la partie en cessant de défier Rafsandjani et en libérant (discrètement) son fils Mehdi ! Mais, il s’est vite ravisé et a repris ses attaques contre le clan Rafsandjani.

Cette semaine, Rafsandjani a riposté. Larijani a sans cesse frappé les pions de Rafsandjani à tous les niveaux. Nous avons eu droit à une semaine saignante. La base qui n’apprécie guère cette guerre interne a paniqué et elle a repris ses achats d’or et de dollar.

Le régime se disloquant d’en haut et d’en bas redoutait que le peuple s’en mêle : il a tenté le dialogue, mais aussi la menace pour amadouer Washington. Le régime a également relâché Tabarzadi, son meilleur faux opposant, pour qu’il puisse s’incruster dans le soulèvement qu’il redoute. Washington a également eu peur pour le système qu’il a jadis créé, il a suivi le régime dans ses délires.

Face à cette peur, Le régime a également relâché Tabarzadi, son meilleur faux opposant, pour qu’il puisse s’incruster dans le soulèvement qu’il redoute. Voici le récit et les images d’une semaine enragée.


03.01.2013

Iran : La semaine en images n°246

intro de base pour comprendre la situation,
mise à jour chaque semaine :
avec une nouvelle analyse inédite des événements de la semaine précédente.
En rouge : les éléments qui, cette semaine, ont été d’actualité.

Origines de la crise. Il y a 33 ans, en 1979, les mollahs, alliés historiques de Britanniques et exclus du jeu par la dynastie progressiste des Pahlavi, ont pu revenir dans l’arène politique quand les Américains ont décidé de renverser le Shah (coupable entre autre d’avoir modernise le pays, stabiliser la région et aussi d’avoir créer l’OPEP) avec l’intention d’installer à sa place leurs islamistes (dont l’OMPI) pour déstabiliser la région et la remodeler selon leurs intérêts pétroliers. Le projet appelé Arc de Crise devait faire de l’Iran un foyer d’agitation islamiste pour soulever l’Asie Centrale contre la Russie et la faire basculer dans le camps américain permettant à Washington de devenir la première puissance pétrolière au monde. Cela allait mettre fin à 100 ans de domination du marché pétrolier par les Britanniques : les mollahs pro-britanniques ont participé au projet pour évincer les pions de Washington, dévoyer le projet et aussi accaparer le pouvoir. Ce coup d’état interne a été réalisé par Rafsandjani, le demi-frère et fondé de pouvoir de Khomeiny en assassinant les pions religieux de Washington et surtout en coupant le cordon ombilical entre Washington et la révolution islamique par l’attaque des étudiants islamiques contre l’ambassade américaine et la prise en otage des diplomates américains . En échange, de ces services et cette Seconde révolution islamique, Rafsandjani a été autorisé à écarter des mollahs plus hauts placés comme Mottahari (le protecteur des Larijani) pour accéder à tous les postes clefs comme le ministère de l’intérieur, les services secrets des Pasdaran ou encore le ministère de guerre qui ont fait de lui le patron non officiel du régime et de tous les bons business (pétrole, automobile, le secteur alimentaire). Avec quelques autres mollahs ambitieux et le soutien tacite des Britanniques, Rafsandjani a aussi verrouillé le système en diabolisant les Etats-Unis et en attaquant ses intérêts et ses alliés régionaux pour ne laisser aucune chance de retour aux pions américains.

L’Etat américain a alors commencé à sanctionner les mollahs pour provoquer des pénuries et un risque de soulèvement pour forcer Rafsandjani et ses complices à cesser leur diabolisation, d’accepter un apaisement, puis la normalisation des relations pour qu’il puisse revenir en Iran avec ses pions et reprendre le pouvoir via une révolution de couleur.

Rafsandjani et ses complices ont alors accentué les actions terroristes contre les intérêts américains et ont décidé de sacrifier la production nationale pour importer tout d’Europe afin d’acheter la protection diplomatique des Européens. Cela et la guerre contre Saddam ont rapidement ruiné le pays et sa force de production : les ouvriers ont perdu leurs emplois, les Bazaris qui vivaient de la vente des produits nationaux ont été ruinés. Le pays était aussi en guerre. Beaucoup de jeunes Pasdaran contactaient Reza Pahlavi pour exprimer leurs regrets de tout ce qui avait été perdu par leur faute. La révolution islamique a très vite perdu ses enfants et très vite, le régime s’est retrouvé en danger. Mais il n’est pas tombé car Washington n’a jamais aidé les opposants, le peuple et les dissidents de peur que le modèle islamique nécessaire à ses projets régionaux ne disparaisse.

Par ailleurs non seulement Washington n’a jamais aidé les opposants, mais encore, il a souvent laissé un grand nombre de ses partenaires stratégiques contourner ses sanctions pour adoucir leur effet quand il estimait qu’elles pouvaient dépasser leur objectif et entraîner la chute du régime islamique qu’il veut récupérer.

Mais en agissant ainsi, Washington a rallongé l’agonie du régime et a amplifié l’opposition et la dissidence, ce qui a affaibli la position de Rafsandjani, le patron de facto du régime, parmi ses adversaires internes. Pour se maintenir, Rafsandjani a toujours cherché à étendre son pouvoir. En, 1989, à la mort de Khomeiny, il a trafiqué son testament pour officialiser sa mainmise sur le régime et a obtenu les pleins pouvoir à la tête d’un organe nommé le Conseil de Discernement, mais la poursuite des sanctions, le visant personnellement (comme le mandat d’arrêt pour l’attentat de l’Amia) et son incapacité à les neutraliser l’ont amené à partager le pouvoir avec des adversaires (comme les frères Larijani) pour acheter leur loyauté.

Rafsandjani a alors tenté un faux apaisement via Khatami, un ex-responsable d’assassinats des opposants exilés, mais il n’a pas pu amadouer Washington. Il l’a alors remplacé par un autre ex-responsable des services secrets nommé Ahmadinejad et l’a entouré des pires racailles des services secrets (comme Mottaki, Najjar, Vahidi) pour tenter de faire reculer Washington avec toute sorte de menaces. Mais Washington a utilisé ces menaces pour renforcer ses sanctions !

Mais en 2007 quand Washington a impliqué le Conseil de Sécurité de l’ONU pour généraliser les sanctions et s’est mis à évoquer très régulièrement la possibilité de frappes militaires, la dissidence interne s’est amplifiée : on a assisté à d’importants boycotts des manifestations officielles par les de Pasdaran de base, les Bazaris ou des mollahs de base. Rafsandjani a compris que le régime était lâché par ses serviteurs. Le régime était menacé d’effondrement. Rafsandjani devait songer à une éventuelle négociation avec Washington pour pouvoir quitter le pays avant la chute du régime : il a alors exclu Ali Larijani du poste clef de négociateur nucléaire lui donnant accès au dialogue avec les Américains pour prendre en main ce poste. Larijani ne s’écartait pas : Rafsandjani devait lui donner un poste clef. Via a les élections factices du régime, il lui a offert la direction de la majorité législative (la chefferie du Parlement) : un titre et une tribune plus qu’un vrai pouvoir car le Parlement n’a aucun rôle décisionnaire dans le système actuel. Ali Larijani a alors révélé par l’intermédiaire de l’un de ses pions la corruption de Rafsandjani et de ses alliés afin de les éliminer du jeu et devenir celui qui négocie la fin du régime pour bénéficier des mêmes garanties.

Rafsandjani s’est vu menacé par les sanctions, les menaces américaines, la dissidence interne et les dossiers d’Ali Larijani : en juin 2009, il a tenté de sauver sa situation avec le Mouvement Vert, une fausse révolution de couleur, partisane de la ligne de Khomeiny, menée par ses ex-amis (les étudiants islamiques preneurs d’otages de l’ambassade américaine pour donner une nouvelle légitimité à son clan. Mais le peuple a profité de l’occasion pour crier sa haine du régime et les Pasdaran ne sont guère intervenus pour réprimer cette contre-révolution. Rafsandjani a dû offrir le Pouvoir Judiciaire à Sadegh Larijani, le frère cadet d’Ali Larijani, pour acheter leur loyauté afin de poursuivre ses plans. Rafsandjani offrait plus de pouvoir à ses ennemis, mais avec un risque limité car le procureur Ejéi, maître des accusations, était un de ses pions et par ailleurs, l’inspection générale interne était dirigée par son pion Pour-Mohammadi. Il devait cependant faire vite avant que les Larijani nomment leurs pions. Rafsandjani a alors tenté de duper le peuple avec de nouveaux slogans moins mièvres et en faisant passer d’ex-agents secrets enrôlés dans le ministères des affaires étrangères, mais aussi ses enfants Mehdi et Faezeh pour des opposants. Mais après un an d’échecs, il a dû s’éclipser laissant officieusement ses pouvoirs à Ali Larijani. On peut dire que Rafsandjani a perdu le soutien de ses pairs et qu’il a été débarqué du pouvoir par eux et Larijani qui avait des dossiers contre tout le monde a pu obtenir sa place du chef occulte du régime. Mais ses gens n’ont pas osé officialiser la passation du pouvoir car il avait peur de Larijani et de ses dossiers compromettants. De fait, il n’y a pas eu d’épuration interne, Rafsandjani est resté influant car il gardait des pions au pouvoir en particulier Ahmadinejad et ses ministres, tous issus des services secrets des Pasdaran qu’il avait jadis dirigés. Ainsi, en juin 2010, le pouvoir est devenu bicéphale, complètement divisé.

Larijani a alors commencé à mettre en place des procès contre les enfants de Rafsandjani pour l’atteindre moralement et des procès contre Ahmadinejad et ses ministres chargés des négociations pour démanteler son équipe afin de permettre à son propre équipe de prendre la place. Cette entreprise de sape a reçu le soutien tacite de tous ceux qui étaient exclus du pouvoir et des bons business par Rafsandjani.

En mars 2011, la fête du Feu, une grande fête persane interdite par le régime depuis toujours, coïncidait avec l’anniversaire de Reza Shah, le fondateur d’Iran laïque. Le régime a menacé le peuple des pires répressions s’il bougeait. Le peuple a passé outre ces menaces montrant son rejet de l’Islam et son souhait d’une contre-révolution. Les Pasdaran ont laissé faire, affichant ainsi leur soutien à la contre-révolution. Cette action exemplaire a réduit le régime à ses 200 dirigeants, près de 15,000 responsables régionaux, 800 hommes d’affaires et 6000 nervis.

Le Régime a tenté de rétablir l’ordre en cessant de payer les Pasdaran, en assassinant des meneurs d’hommes ou en incendiant le Bazar à plusieurs reprises sans parvenir à soumettre les dissidents qui étaient à l’origine de ses malheurs.

Le Régime était fragilisé, il pouvait chuter dans le sang et ses dirigeants devaient songer à accepter l’offre de Washington pour céder le pouvoir afin d’échapper à une fin terrible. Les cadres et les hommes d’affaires du régime qui allaient être sacrifiés dans le deal ont paniqué : les cadres du régime ont commencé à rompre et les hommes d’affaires du régime ont commencé à brader leurs biens pour acheter de l’or et des dollars afin de quitter le pays avant la débandade de leur dirigeants. La demande du dollar a fait augmenter le prix de la devise américaine sur le marché libre. Le taux du dollar est devenu l’indicateur de la chute de la confiance des derniers compagnons du Régime en leur avenir.

Ces ruptures et ces retraits de devises ont affaibli davantage le Régime. Larijani a alors accentué ses efforts pour écarter au plus vite Rafsandjani afin de contrôler le jeu des marchandages avec Washington. Il a ainsi admis la vulnérabilité du Régime, ce qui a créé une nouvelle source d’agitation interne.

En juillet 2012, Washington a imposé aux Européens de cesser leurs relations protectrices pour amener Larijani à accélérer sa guerre contre Rafsandjani afin de provoquer de nouvelles fracture au sein du régime.. il y a de nouvelles ruptures (les députés, puis les juges). Les Chinois ont estimé que le régime était fichu : prudemment, ils ont annoncé la diminution leurs investissements, puis ont suspendu leurs achats pétroliers. La peur de la banqueroute économique et de pénuries a envahi tout le monde provoquant une nouvelle grande ruée vers le dollar, mais aussi une ruée vers les produits alimentaires. Le pays tout entier a basculé dans la révolte avec une grande manifestation contre le Régime à Neyshabur, puis des appels à la grève générale au Bazar et plusieurs attaques contre la police des moeurs, dernière milice encore fidèle au Régime… Les Pasdaran ne sont pas intervenus, confirmant ainsi leur adhésion à la contre-révolution.

Le Régime a fait appel à ses 6000 nervis de base pour rassurer ses derniers compagnons. Mais il n’a pu mobiliser que 250 individus qui au fil du temps n’osent même plus sortir dans la rue et soutiennent le régime en se réunissant uniquement sur des sites sécurisés. De nouveaux boycotts internes de grands événements politiques, militaires et religieux ont alors confirmé la rupture des millions de Pasdaran, mais aussi des Bazaris ou encore les 80,000 mollahs de base ! Les associés du régime ont alors repris leurs achats de dollars pour quitter le pays au plus vite.

Rafsandjani a aussi paniqué : il a donné des signes de vouloir négocier rapidement avec Washington. Larijani a renforcé les accusations contre ses plus proches lieutenants (nommés à des postes clefs pour le protéger contre toute action judiciaire). Mais il n’a pas réussi à le calmer. Les commandants des Pasdaran (qui sont en place grâce à lui mais pourraient être sacrifiés dans le deal à venir) ont rejoint le concert des accusations. Rafsandjani a senti qu’il devait saisir toutes les occasions. Le voyage d’Ahmadinejad à NY pour l’Assemblée Générale de l’ONU était une occasion en or. Larijani a fait mine de vouloir l’arrêter. Les Pasdaran ont formulé d’autres accusations de corruption pour le dissuader de sceller une entente en échange de quelques garanties pour lui-même. Afin de les rassurer sur sa loyauté et laisser son pion partir à N-Y, Rafsandjani a rapatrié ses enfants Mehdi et Faezeh, laissant les Larijani les arrêter : il les a mis en gage. Mais contre toute attente, dès son arrivée à NY, son pion Ahmdinejad s’est montré très charmant avec les Américains en leur proposant lors d’une interview télévisée la possibilité d’une normalisation des relations bilatérales ! Rafsandjani avait sacrifié ses enfants. Il devait estimer que le régime était fichu. La panique a de nouveau gagné tous les derniers compagnons du Régime : on a assisté à une folle ruée vers le dollar : en quelques heures, le dollar est remonté de 70% dépassant les 4000 Tomans.

Les Larijani ont placé Mehdi en isolement pour faire pression sur Rafsandjani. Rafsandjani a continué et il a ainsi déçu de nombreux proches par son cynisme. Ses amis ex-preneurs d’otages ou terroristes ont constaté qu’il pourrait facilement les sacrifier. Les Britanniques, alliés trahis, ont aussi demandé des sanctions supplémentaires pour intimider le Régime. Rafsandjani a dû reculer en faisant désavouer indirectement l’ouverture proposée par Ahmadinejad. Mais la panique a persisté car elle n’est pas seulement due à l’envie de fuite des dirigeants, mais à ce qui provoque cette envie, c’est-à-dire, la vulnérabilité du régime.. Le régime était de facto condamné. Rafsandjani devait continuer ses efforts pour assurer ses intérêts au-delà du régime. Pour cela, il avait besoin de tous alliés disponibles. Il a décidé de sauver son fils pour rassurer ses fils spirituels. Il a alors a chargé Ahmadinejad de visiter la prison Evine de Téhéran au prétexte d’un rapport sur l’état des prisons. Les Larijani ont refusé la demande et ont même utilisé ce refus pour malmener le clan Rafsandjani et mettre en valeur son déclin. Rafsandjani a lâché prise, mais il a vu qu’il devait conclure rapidement une entente avec Washington avant que les Larijani trouvent le moyen de le mettre hors service.

Dans la foulée (il y a un mois), le Régime devait organiser de nombreux manoeuvres et défilés pour la « Semaine des Forces de l’Ordre ». Craignant un nouveau boycott des Pasdaran, il redoutait une nouvelle panique ou un début d’exode de ses associés avec leurs fortunes reconverties en dollar. Ses dirigeants (des deux clans) ont cru judicieux de bloquer tous les comptes en devises. Cette mesure a encouragé ses compagnons à acheter davantage de devises, mais aussi de revenir à l’achat de pièces d’or. Le dollar et l’or ont atteint des sommets. Le régime a proféré des menaces à l’encontre des acheteurs qualifiés d’agitateurs financiers, mais en l’absence de troupes fidèles à ses côtés, il n’a pas pu les intimider. Il a alors incendié le Bazar pour forcer les revendeurs Bazaris d’arrêter les ventes. Bazar ! Les Bazaris, malmenés et ruinés par le régime depuis des années, ont baissé les grilles pour commencer une grève paralysante.

Sur les images de manifestations des Bazaris, on ne voyait aucun policier ou milicien fidèle au régime. Chacun a vu que le régime (et ses dirigeants) étaient dépassés et seuls. Ses compagnons ont aussi rompu les amarres et ont attaqué les banques pour libérer les devises bloqués sur leur compte. Le régime s’est ainsi retrouvé avec deux actions explosives susceptibles de précipiter sa chute. Il a tenté de contenir ces menaces en annonçant de grands rassemblements autour du Guide dans la région de Khorâssân du Nord, mais les Pasdaran de cette région ont boudé le Guide. Le régime a diffusé des images de foules, mais il y avait de nombreuses déformations visuelles et en plus, on n’y voyait aucun bain de foule. Il s’agissait d’images d’archives trafiquées. Personne n’a cru aux annonces de la popularité du régime. La crise de l’or et du dollar a persisté.

Il y a deux semaines, dans ce contexte particulièrement défavorable, l’Europe devait annoncer de nouvelles sanctions contre le régime. Le régime a menacé de pendre les agitateurs du marché du dollar. Mais malgré cette menace et la fermeture du Bazar, le dollar a augmenté encore de 30%. Le régime, encore une fois dépassé, a alors annoncé la tenue de trois jours de manœuvres époustouflantes au cœur même de Téhéran avec 15,000 combattants de sa nouvelle milice anti-émeute. Mais on n’a rien vu d’époustouflante, juste des images d’archives et une soixantaine de miliciens sous-équipés s’agitant à l’intérieur des casernes.

La tension interne est monté d’un cran car dans la foulée, le régime craignait le boycott de la fête de Sacrifice. Il a alors eu un malheur supplémentaire : 26 écolières, issues des familles fidèles au régime sont mort au retour d’une opération de propagande mettant en scène la popularité du régime. Le régime a eu peur de perdre le soutien de sa base des derniers fidèles. Il a cru bon de leur promettre un système de rationnement en cas de pénurie et il a aussi demandé à ses riches d’être plus solidaire : tout le monde a conclu qu’il était au bord de la faillite et de pénurie : il y a une ruée vers le stockage des principaux produits de grandes consommations en particulier d’essence que le pays a déjà rationné, les pompes ont été mis à sec et le pays a été confronté à une grosse pénurie d’essence. Le pays pouvait basculer dans l’agitation. Les Larijani devaient vite prendre le contrôle du régime et des négociations finales avec Washington pour pouvoir fuir en toute sécurité et avec leur fortune.

C’est pourquoi les frères Larijani et leurs pions ont reparlé de la demande de visiter les prisons, la qualifiant de manœuvres médiatiques pour cacher la responsabilité d’Ahmadinejad dans la crise économique actuelle avant d’évoquer le retrait du vote de confiance du Parlement. Cette guerre interne commencée par les Larijani pouvait encourager les ruptures internes à des échelons plus bas au moment du boycott très significatif de la fête de Sacrifice : les 200 autres petits clans représentés par le Conseil des Experts ont condamné l’initiative des Parlementaires. Puis, pour rassurer la base paniquée, la direction esseulée des Pasdaran a annoncé la tenue des plus grandes manœuvres de tous les temps dans les jours à venir à l’ouest du pays…

Après le mouchage sans chichi du clan Larijani, le clan Rafsandjani s’est senti protégé et s’est lancé dans des attaques contre ses adversaires. Par ce comportement, il a confirmé que la chute du régime était proche. Ce qui a découragé la base : même les 200 à 300 nervis de base ont boycotté la prière publique de la fête de Sacrifice. Par ailleurs, le nombre de responsables participant à la prière officielle est passé de 150 à 25 personnes.

Après ce boycott, les Larijani ont repris leurs efforts pour renverser Ahmadinejad. Les anciens et les Britanniques n’ont pas pu calmer la crise !

Mais cette semaine, le régime ultra affaibli, ultra divisé et ultra boycotté de toute part était face à une avalanche de défis insurmontables. Selon son programme officiel, il devait organiser une semaine de manifestations et rassemblements politiques, artistiques et paramilitaires pour rappeler l’engagement des jeunes écoliers en sa faveur de la milice Bassidj pour célébrer en début de la semaine suivante l’anniversaire de la prise d’ambassade américaine par les inspirateurs de cette milice, les étudiants islamiques. Par ailleurs, le régime devait montrer des belles images de la grande manoeuvre promise la semaine dernière. Enfin, en raison de concordance du calendrier islamique, le régime devait multiplier manifestations et rassemblements politiques, artistiques et paramilitaires pour en fin de cette semaine la fête chiite de Ghadir, la petite sœur de la fête de Sacrifice ! Tout pouvait dérailler.

Les dirigeants devaient trouver des compromis et être présents au premier rang pour éviter l’explosion de leurs dernières troupes. Or, ils ont peur de s’exposer ! Il y a un an, dans la même situation, le régime avait remplacé la « Semaine de Bassidj des Ecoliers » et ses manifestations à risques par une Exposition internationale d’agences de presse et des dizaines de conférences de presse très polémiques et offensives de ses divers responsables pour mettre en scène un régime solide et offensif.

Cette semaine, les dirigeants du régime devaient rejouer la même comédie pour limiter le nombre des manifestations et donc les risques d’être dévalorisé ou même sérieusement bousculé lors d’une confrontation avec une foule remuante. Cependant, il y avait des manifestations rituelles et incontournables dont l’hommage du 8 Abân (29 octobre) au Shahid (Martyr) Fahmideh, un jeune volontaire tué sur le front et montré en exemple de dévotion. La cérémonie doit donner le départ de la Semaine de Bassidj des Ecoliers. A cette occasion et d’autres rassemblements improvisés, on a constaté qu’ils étaient de plus en plus seuls. Ils ont alors oublié leurs fameuses manoeuvres. Washington a été alarmé. Pour montrer sa disponibilité à leur accorder des garanties de sécurité, il a demandé aux Argentins à trouver un compromis sur l’affaire Amia qui exposent les principaux dirigeants du régime à une poursuite pour le crime non prescriptible de terrorisme. Israël n’a rien critiqué car il n’est qu’un pion dans le jeu américain, mais par chance, ce dialogue indisposait les compagnons du régime et les mollahs eux-mêmes ont dû y mettre fin.

Dès lors, les dirigeants du régime ont jugé qu’il était préférable de changer de programme officiel pour dissimuler leur faiblesse afin de calmer les inquiétudes de leurs compagnons pour éviter de se retrouver en position de rater une incroyable garantie de sécurité ! Ghadir n’a pas eu lieu et à sa place, le régime a organisé avec 24 heures d’avance l’anniversaire de la prise de l’ambassade ! Aucun des grands ayatollahs n’a protesté ces manipulations utiles. Voici le récit et les images d’une semaine de manipulations, de boycotts et de frayeurs pour les mollahs et leurs derniers serviteurs désenchantés.


05.11.2012

Iran : La semaine en images n°245

intro de base pour comprendre la situation,
mise à jour chaque semaine :
avec une nouvelle analyse inédite des événements de la semaine précédente.
En rouge : les éléments qui, cette semaine, ont été d’actualité.

Origines de la crise. Il y a 33 ans, en 1979, les mollahs, alliés historiques de Britanniques et exclus du jeu par la dynastie progressiste des Pahlavi, ont pu revenir dans l’arène politique quand les Américains ont décidé de renverser le Shah (coupable entre autre d’avoir modernise le pays, stabiliser la région et aussi d’avoir créer l’OPEP) avec l’intention d’installer à sa place leurs islamistes (dont l’OMPI) pour déstabiliser la région et la remodeler selon leurs intérêts pétroliers. Le projet appelé Arc de Crise devait faire de l’Iran un foyer d’agitation islamiste pour soulever l’Asie Centrale contre la Russie et la faire basculer dans le camps américain permettant à Washington de devenir la première puissance pétrolière au monde. Cela allait mettre fin à 100 ans de domination du marché pétrolier par les Britanniques : les mollahs pro-britanniques ont participé au projet pour évincer les pions de Washington, dévoyer le projet et aussi accaparer le pouvoir. Ce coup a été réalisé grâce à Rafsandjani, le demi-frère et fondé de pouvoir de Khomeiny. En échange, il a pu écarter des mollahs plus hauts placés comme Mottahari (le protecteur des Larijani) pour accéder à tous les postes clefs comme le ministère de l’intérieur, les services secrets (des Pasdaran) ou encore le ministère de guerre qui ont fait de lui le patron non officiel du régime et de tous les bons business (pétrole, automobile, le secteur alimentaire). Avec quelques autres mollahs ambitieux et le soutien tacite des Britanniques, Rafsandjani a rapidement verrouillé le système en diabolisant les Etats-Unis et en attaquant à ses intérêts pour ne laisser aucune chance de retour aux pions américains.

L’Etat américain a alors commencé à sanctionner les mollahs pour provoquer des pénuries et un risque de soulèvement pour forcer Rafsandjani et ses complices à cesser leur diabolisation, d’accepter un apaisement, puis la normalisation des relations pour qu’il puisse revenir en Iran avec ses pions et reprendre le pouvoir via une révolution de couleur.

Rafsandjani et ses complices ont alors accentué les actions terroristes contre les intérêts américains et ont décidé de sacrifier la production nationale pour importer tout d’Europe afin d’acheter la protection diplomatique des Européens. Cela et la guerre contre Saddam ont rapidement ruiné le pays et sa force de production : les ouvriers ont perdu leurs emplois, les Bazaris qui vivaient de la vente des produits nationaux ont été ruinés. Le pays était aussi en guerre. Beaucoup de jeunes Pasdaran contactaient Reza Pahlavi pour exprimer leurs regrets de tout ce qui avait été perdu par leur faute. La révolution islamique a très vite perdu ses enfants et très vite, le régime s’est retrouvé en danger. Mais il n’est pas tombé car Washington n’a jamais aidé les opposants, le peuple et les dissidents de peur que le modèle islamique nécessaire à ses projets régionaux ne disparaisse.

Par ailleurs non seulement Washington n’a jamais aidé les opposants, mais encore, il a souvent laissé un grand nombre de ses partenaires stratégiques contourner ses sanctions pour adoucir leur effet quand il estimait qu’elles pouvaient dépasser leur objectif et entraîner la chute du régime islamique qu’il veut récupérer.

Mais en agissant ainsi, Washington a rallongé l’agonie du régime et a amplifié l’opposition et la dissidence, ce qui a affaibli la position de Rafsandjani, le patron de facto du régime, parmi ses adversaires internes. Pour se maintenir, Rafsandjani a toujours cherché à étendre son pouvoir. Il a pu officialiser sa mainmise sur le régime en s’arrangeant pour obtenir les pleins pouvoirs en 1989, via le Conseil de Discernement, mais la poursuite des sanctions et son incapacité à les neutraliser l’ont amené à partager le pouvoir avec des adversaires comme les frères Larijani pour acheter leur loyauté.

En 2007 quand Washington a impliqué le Conseil de Sécurité pour généraliser les sanctions et s’est mis à évoquer très régulièrement la possibilité de frappes militaires, la dissidence interne s’est amplifiée. On a assisté à une forte de baisse de participation aux manifestations officielles. Rafsandjani a compris que le régime était lâché par ses serviteurs. Il a alors exclu Ali Larijani du poste clef de négociateur nucléaire lui donnant accès au dialogue avec les Américains pour être le seul à négocier la fin du régime afin d’être celui qui obtient les meilleures garanties de sécurité assurant sa vie et sa fortune au-delà du régime. Ali Larijani a alors révélé par l’intermédiaire de l’un de ses pions la corruption de Rafsandjani et de ses alliés afin de les éliminer du jeu et devenir celui qui négocie la fin du régime pour bénéficier des mêmes garanties.

Rafsandjani s’est vu menacé par les sanctions, les menaces américaines, la dissidence interne et les dossiers d’Ali Larijani : en juin 2009, il a tenté de sauver sa situation avec le Mouvement Vert, une fausse révolution de couleur, partisane de la ligne de Khomeiny, pour donner une nouvelle légitimité à son clan. Mais le peuple a profité de l’occasion pour crier sa haine du régime et les Pasdaran ne sont guère intervenus pour réprimer cette contre-révolution. Rafsandjani a dû offrir le Pouvoir Judiciaire à Sadegh Larijani (un des frères d’Ali Larijani) pour acheter leur loyauté afin de poursuivre des plans. Il a alors tenté de duper le peuple en faisant passer ses enfants Mehdi et Faezeh pour des dissidents. Mais après un an d’échecs, il a dû s’éclipser laissant officieusement ses pouvoirs à Ali Larijani. On peut dire que Rafsandjani a perdu le soutien de ses pairs et qu’il a été débarqué du pouvoir par eux et Larijani qui avait des dossiers contre tout le monde a pu obtenir sa place de Premier-ministre occulte. Mais ses gens n’ont pas osé officialiser la passation du pouvoir car il avait peur de Larijani et de ses dossiers compromettants. De fait, il n’y a pas eu d’épuration interne, Rafsandjani est resté influant car il gardait des pions au pouvoir en particulier Ahmadinejad et ses ministres, tous issus des services secrets des Pasdaran qu’il avait jadis dirigés. Ainsi, en juin 2010, le pouvoir est devenu bi-céphale, complètement divisé.

Larijani a alors commencé à mettre en place des procès contre les enfants de Rafsandjani pour l’atteindre moralement et des procès contre Ahmadinejad et ses ministres chargés des négociations pour démanteler son équipe afin de permettre à son propre équipe de prendre la place. Cette entreprise de sape a reçu le soutien tacite de tous ceux qui étaient exclus du pouvoir et des bons business par Rafsandjani.

En mars 2011, la fête du Feu, une grande fête persane interdite par le régime depuis toujours coïncidait avec l’anniversaire de Reza Shah, le fondateur d’Iran laïque. Le régime a menacé le peuple des pires répression s’il bougeait. Le peuple a passé outre ces menaces montrant son rejet de l’Islam et son souhait d’une contre-révolution. Les Pasdaran ont laissé faire affichant ainsi leur soutien à la contre-révolution. Cette action exemplaire a réduit le régime à ses 200 dirigeants, près de 15,000 responsables régionaux, 800 hommes d’affaires et 6000 nervis.

Le Régime a tenté de rétablir l’ordre en cessant de payer les Pasdaran, en assassinant des meneurs d’hommes ou en incendiant le Bazar à plusieurs reprises sans parvenir à soumettre les dissidents qui étaient à l’origine de ses malheurs.

Le Régime était fragilisé, il pouvait chuter dans le sang et ses dirigeants devaient songer à accepter l’offre de Washington pour céder le pouvoir afin d’échapper à une fin terrible. Les cadres et les hommes d’affaires du régime qui allaient être sacrifiés dans le deal ont paniqué : les cadres du régime ont commencé à rompre et les hommes d’affaires du régime ont commencé à brader leurs biens pour acheter de l’or et des dollars afin de quitter le pays avant la débandade de leur dirigeants. La demande du dollar a fait augmenter le prix de la devise américaine sur le marché libre. Le taux du dollar est devenu l’indicateur de la chute de la confiance des derniers compagnons du Régime en leur avenir.

Ces ruptures et ces retraits de devises ont affaibli davantage le Régime. Larijani a alors accentué ses efforts pour écarter au plus vite Rafsandjani afin de contrôler le jeu des marchandages avec Washington. Il a ainsi admis la vulnérabilité du Régime, ce qui a créé une nouvelle source d’agitation interne.

En juillet 2012, Washington a imposé aux Européens de cesser leurs relations protectrices pour amener Larijani à accélérer sa guerre contre Rafsandjani afin de provoquer de nouvelles fracture au sein du régime.. il y a de nouvelles ruptures (les députés, puis les juges). Les Chinois ont estimé que le régime était fichu : prudemment, ils ont annoncé la diminution leurs investissements, puis ont suspendu leurs achats pétroliers. La peur de la banqueroute économique et de pénuries a envahi tout le monde provoquant une nouvelle grande ruée vers le dollar, mais aussi une ruée vers les produits alimentaires. Le pays tout entier a basculé dans la révolte avec une grande manifestation contre le Régime à Neyshabur, puis des appels à la grève générale au Bazar et plusieurs attaques contre la police des moeurs, dernière milice encore fidèle au Régime… Les Pasdaran ne sont pas intervenus, confirmant ainsi leur adhésion à la contre-révolution.

Le Régime a fait appel à ses 6000 nervis de base pour rassurer ses derniers compagnons. Mais il n’a pu mobiliser que 250 individus qui au fil du temps n’osent même plus sortir dans la rue et soutiennent le régime en se réunissant uniquement sur des sites sécurisés. De nouveaux boycotts internes de grands événements politiques, militaires et religieux ont alors confirmé la rupture des millions de Pasdaran, mais aussi des Bazaris ou encore les 80,000 mollahs de base ! Les associés du régime ont alors repris leurs achats de dollars pour quitter le pays au plus vite.

Rafsandjani a aussi paniqué : il a donné des signes de vouloir négocier rapidement avec Washington. Larijani a renforcé les accusations contre ses plus proches lieutenants (nommés à des postes clefs pour le protéger contre toute action judiciaire). Mais il n’a pas réussi à le calmer. Les commandants des Pasdaran (qui sont en place grâce à lui mais pourraient être sacrifiés dans le deal à venir, ont rejoint le concert des accusations. Rafsandjani a senti qu’il devait saisir toutes les occasions. Le voyage d’Ahmadinejad à NY pour l’Assemblée Générale de l’ONU était une occasion en or. Larijani a fait mine de vouloir l’arrêter. Les Pasdaran ont formulé d’autres accusations de corruption pour le dissuader de sceller une entente en échange de quelques garanties pour lui-même. Afin de les rassurer sur sa loyauté et laisser son pion partir à N-Y, Rafsandjani a rapatrié ses enfants Mehdi et Faezeh, laissant les Larijani les arrêter : il les a mis en gage. Mais contre toute attente, dès son arrivée à NY, son pion Ahmdinejad s’est montré très charmant avec les Américains en leur proposant lors d’une interview télévisée la possibilité d’une normalisation des relations bilatérales ! Rafsandjani avait sacrifié ses enfants. Il devait estimer que le régime était fichu. La panique a de nouveau gagné tous les derniers compagnons du Régime : on a assisté à une folle ruée vers le dollar : en quelques heures, le dollar est remonté de 70% dépassant les 4000 Tomans.

Les Larijani ont placé Mehdi Rafsandjani en isolement. Les Britanniques, alliés trahis, ont demandé des sanctions supplémentaires pour intimider le Régime. Rafsandjani a dû reculer en faisant désavouer indirectement l’ouverture proposée par Ahmadinejad. Mais la panique a persisté car elle n’est pas seulement due à l’envie de fuite des dirigeants, mais à ce qui provoque cette envie, c’est-à-dire, la vulnérabilité du régime..

Dans la foulée (il y a trois semaines), le Régime devait organiser de nombreux manoeuvres et défilés pour la « Semaine des Forces de l’Ordre ». Craignant un nouveau boycott des Pasdaran, il redoutait une nouvelle panique ou un début d’exode de ses associés avec leurs fortunes reconverties en dollar. Il a cru judicieux de bloquer tous les comptes en devises. Cette mesure a encouragé ses compagnons à acheter davantage de devises, mais aussi de revenir à l’achat de pièces d’or. Le dollar et l’or ont atteint des sommets. Le régime a proféré des menaces à l’encontre des acheteurs qualifiés d’agitateurs financiers, mais en l’absence de troupes fidèles à ses côtés, il n’a pas pu les intimider. Il a alors incendié le Bazar pour forcer les revendeurs Bazaris d’arrêter les ventes. Bazar ! Les Bazaris, malmenés et ruinés par le régime depuis des années, ont baissé les grilles pour commencer une grève paralysante.

Sur les images de manifestations des Bazaris, on ne voyait aucun policier ou milicien fidèle au régime. Chacun a vu que le régime était dépassé et seul. Ses compagnons ont aussi rompu les amarres et ont attaqué les banques pour libérer les devises bloqués sur leur compte. Le régime s’est ainsi retrouvé avec deux actions explosives susceptibles de précipiter sa chute. Il a tenté de contenir ces menaces en annonçant de grands rassemblements autour du Guide dans la région de Khorâssân du Nord, mais les images été fausses. Personne n’a cru à ses annonces. La crise de l’or et du dollar a persisté.

Il y a une semaine, dans ce contexte particulièrement défavorable, l’Europe devait annoncer de nouvelles sanctions contre le régime. Le procureur général du régime a menacé de pendre les agitateurs du marché du dollar. Mais malgré cette menace et la fermeture du Bazar, le dollar a augmenté encore de 30% malgré. Le régime, encore une fois dépassé, a alors annoncé la tenue de trois jours de manœuvres époustouflantes au cœur même de Téhéran avec 15,000 combattants de sa nouvelle milice anti-émeute. Mais on n’a rien vu d’époustouflante, mais des images d’archives et une soixantaine de miliciens sous-équipés s’agitant à l’intérieur des casernes.

Cette semaine encore, la situation pouvait s’aggraver d’une part en raison de l’échec de ces manoeuvres qui étaient censées sauver le régime, mais encore, en raison du boycott prévisible et humiliant des rituels et de la grande prière publique pour la fête de Sacrifice (Aïd al-Adha ou Aīd al-Kabīr pour les Arabes). Ali Larijani, le patron de facto des affaires intérieures, a agi en patron de médias : il a décidé de détourner l’attention de l’opinion en oubliant de parler de tout ce qui se rapporte à la fête de Sacrifice, en réduisant les sorties officielles et en multipliant des affaires bruyantes autour du sulfureux Ahmadinejad.

Larijani affaiblissait au passage le clan Rafsandjani, ce qui a relancé la guerre interne entre les deux clans. La base n’a pas aimée et a manifesté sa panique d’une manière fort inattendue. Les dirigeants n’ont pas su s’entendre pour rassurer leurs compagnons. Leur manque de discernement leur a valu de nouvelles ruptures et le boycott absolu des rituels et de la grande prière de la fête de Sacrifice. Voici les images d’une nouvelle semaine très remplie, intense et chaotique qui a confirmé les problèmes internes du régime, mais aussi son très grand isolement et son immense impopularité.


31.10.2012

Iran : La semaine en images n°243

intro de base pour comprendre la situation,
mise à jour chaque semaine :
avec une nouvelle analyse inédite des événements de la semaine précédente.
En rouge : les éléments qui, cette semaine, ont été d’actualité.

Le signe § donne droit à des tiroirs d’infos.

Origines de la crise. Il y a 33 ans, en 1979, les mollahs, alliés historiques de Britanniques et exclus du jeu par la dynastie progressiste des Pahlavi, ont pu revenir dans l’arène politique quand les Américains ont décidé de renverser le Shah (coupable d’avoir créer l’OPEP) avec l’intention d’installer à sa place leurs islamistes (dont l’OMPI) pour déstabiliser la région et la remodeler selon leurs intérêts pétroliers. Le projet appelé Arc de Crise allait mettre fin à 100 ans de domination du marché pétrolier par les Britanniques. Les mollahs pro-britanniques ont participé au projet pour évincer les pions de Washington. Ils ont aussi verrouillé le système en diabolisant les Etats-Unis.

L’Etat américain a alors commencé à sanctionner les mollahs pour provoquer des pénuries et un risque de soulèvement pour les amener à cesser leur diabolisation et d’accepter un apaisement, puis la normalisation des relations pour qu’il puisse revenir en Iran avec ses pions et reprendre le pouvoir via une révolution de couleur.

Ce plan n'a pas bien fonctionné car Washington avait toujours peur que le régime islamique chute car il n'a jamais aidé les opposants laïques, le peuple ou des milliers de miliciens effarés par le régime qui ont cessé de le soutenir en boycottant très rapidement ses manifestations officielles ou en nouant des contacts avec le fils aîné du Shah d'Iran, le prince Reza Pahlavi, souvenir d'un régime modéré qui avait oeuvré pour la grandeur du pays et le confort de ses habitants. Le plan d'affaiblissement et d'intimidation des mollahs a également échoué car Washington a souvent laissé de nombreux partenaires contourner les sanctions pour adoucir leur effet quand il estimait qu'elles pouvaient dépasser leur objectif et entraîner la chute du régime islamique qu'il veut récupérer. Mais en agissant ainsi, Washington a rallongé l'agonie du régime et a amplifié l'opposition et la dissidence. Rafsandjani, le patron de facto du régime, a été de nombreuses fois mise en difficulté : pour se maintenir, il a dû partager le pouvoir avec des rivaux comme Larijani avant de le priver de tout accès aux négociations avec Washington pour être certains de bénéficier de garanties de sécurité afin d'assurer assurer sa survie et sa fortune au-delà du régime. Cela a poussé Larijani vouloir éliminer Rafsandjani et ses vrais alliés en révélant les secrets de leur enrichissement par toute sorte de corruption. Ce coup d'Etat a été avorté, mais il a révélé Larijani comme un fou furieux prêt à tout. § 1.


Plan d'affaiblissement et d'intimidation du régime des mollahs & les évolutions de la guerre entre Rafsandjani et Larijani. En 1979, selon Washington, les choses devaient aller très vite car les mollahs avaient terriblement désorganisé et affaibli l’économie iranienne en tuant les élites, en s’appropriant les grandes industries et la compagnie iranienne de pétrole. Il y avait aussi une guerre interne au sein de la caste dirigeante : Ali Akbar Hashemi-Rafsandjani-Bahremani alias Rafsandjani (le demi-frère et fondé de pouvoir de Khomeiny), avait pris le ministère de l’intérieur et les services secrets pour éliminer les adversaires politique ou économiques (comme les grands ayatollahs dirigeants le clergé, son propre beau-frère Montazéri, le patron de la loge maçonnique du clergé ou entre l'ayatollah Mottahari, le beau-père de Larijani). Le Régime était économiquement affaibli et politiquement très divisé.

Mais beaucoup de mollahs de bas niveau et de nervis bénéficiaient des éliminations de Rafsandjani. Ils ont accepté son appétit et sont devenus ses alliés. Ces adversaires ont dû aussi l'accepter comme leur «parrain». Devenu le patron de facto du régime, conformément aux attentes des Britanniques et dans ses propres intérêts, il s'est mis à utiliser le terrorisme islamique pour refouler toute tentative d’apaisement. il a utilisé la menace de fermeture du détroit pétrolier d’Ormuz et d’une guerre régionale pour intimider Washington et il a créé d’un front européen anti-sanction par l’importation massive de produits européens à prix d’or grâce aux réserves de dollars accumulées par le Shah. Les Britanniques ont relancé leur économie et l’Iran a perdu ses richesses. Le choix du terrorisme, mais aussi la guerre contre l’Irak, a vite fait montrer le prix des protections diplomatiques achetés à coup de contrats auprès des Européens. En peu de temps, ces choix irresponsables ont ruiné le pays et détruit la production iranienne, désorganisant l’économie intérieure, provoquant un chômage et une pauvreté irrépressibles y compris au Bazar (qui a toujours commercialisé la production iranienne). En cherchant à préserver leurs pouvoirs, les mollahs, les affairistes et les nervis liés à Rafsandjani ont, en fait, généré un grand front interne de mécontents parmi leurs propres subalternes (ceux d’en bas ou ceux qui devaient à cette époque monter au front).

En fait, Rafsandjani et ses complices n’ont cessé de ruiner le pays et augmenter le malaise interne. Rafsandjani s’est aussi retrouvé en difficulté. En 1989, Khomeiny était mourant : Rafsandjani pouvait sauter car d’un point de vu clérical, il n’avait aucun poids. Peu avant la mort de Khomeiny, a créé un organe nommé Conseil de Discernement. Puis après la mort de Khomeiny, grâce à ses relations familiales, il a trafiqué son testament pour nommer comme prochain guide un de ses pions nommé Khamenei. Dès son accession au pouvoir suprême, ce dernier a modifié la constitution pour transférer les pouvoirs exécutif et législatif au Conseil de Discernement, c’est-à-dire à Rafsandjani. En offrant des sièges à ses gros bonnets de l’époque, ce dernier a obtenu leur accord pour ce coup d'Etat interne.

A ce moment, les trésors cumulés par le Shah étaient épuisés, Rafsandjani et ses nouveaux complices pouvaient perdre le pouvoir illégalement obtenu. Rafsandjani a composé avec ses adversaires politiques notamment Ali Larijani qui disposait d’un clan a ainsi obtenu la direction des médias du régime et du Hezbollah. Rafsandjani a aussi baissé le taux officiel du dollar pour acheter le soutien des mollahs-affairistes pour s’approprier le marché intérieur, ce qui encore plus défavorisé les Bazaris traditionnels (aujourd’hui dans la rue).

Rafsandjani a aussi joué la carte de l’apaisement diplomatique avec son ami Khatami (un de ses ex-agents des services secrets des Pasdaran). Enfin, il a relancé la politique de monnayage des protections en vendant des contrats d’exploitations pétrolières à très bas prix à un nombre grandissant de pays notamment via ses propres sociétés pétrolières dirigées notamment par son fils Mehdi !

Cette fuite en avant a totalement ruiné le pays sans neutraliser les sanctions. La fausse modération de Khatami a également énervé les Américains. Ils ont parlé de la menace nucléaire pour augmenter ses sanctions. Rafsandjani était à nouveau en difficulté : il a partagé certains monopoles avec des rivaux économiques. Larijani a obtenu la direction des négociations nucléaires avec Washington, mais aussi le droit de nommer ses lieutenants à des vice-présidences clefs dans le pétrole, le commerce extérieur ou le ministère de l'intérieur. En revanche, Rafsandjani a demandé et obtenu de Khamenei le contrôle du pouvoir judiciaire pour se protéger contre les nouveaux venus. Enfin pour parvenir à gagner la partie contre les Américains, il a mis en place Ahmadinejad (un autre de ses ex-agents de renseignement), pour radicaliser ses menaces. Mais cela aussi n’a pas sauvé le Régime. Washington a renforcé ses sanctions et s'est mis à évoquer des frappes punitives.

1ères Ruptures des subalternes.Dès l’apparition de la grande disparité entre le peuple et les dirigeants, un grand mécontentement interne était rapidement apparu chez les miliciens de base : ces gens ont vite lâché le régime en cessant de participer aux manifestations officielles. Très rapidement, le régime a instauré le licenciement pour les fonctionnaires ou l’expulsion pour les étudiants pour enrayer ce boycott interne, mais avec la montée du chômage et la nécessité de chacun d’avoir plusieurs jobs pour survivre, la menace licenciement a perdu de sa force. Le régime a dû attirer les gens dans ses manifs avec la promesse de distribution d’aides alimentaires sur place. A cette époque, les Pasdaran vétérans de la guerre Iran-Irak ont commencé à contacter Reza Pahlavi, le symbole d’un Régime qui avait propulsé l’Iran vers de grandes réussites. Le Régime a remplacé ces dissidents par des jeunes issus des familles pauvres. Il a ainsi gagné quelques années de délais, mais les nouveaux venus ont été rapidement confrontés à la réalité que l’avenir était compromis avec des terroristes affairistes au pouvoir. Mais la milice des Pasdaran a une structure cloisonnée comme des services secrets et le Régime avait ses clans, aucune action n’était possible.

En 2007 quand, Washington et ses alliés ont commencé à évoquer très régulièrement l’option militaire, les mécontents devaient agir. Dans ce pays très sécuritaire et, par peur de représailles les dissidents ont fait le choix tactique de boycotter le Régime pour l’isoler et se repérer. Au même moment, les Bazaris et les mollahs de base ruinés par les mauvais choix du Régime l’ont également lâché. Le Régime a riposté en cessant de payer les Pasdaran, en assassinant des meneurs d’hommes ou en incendiant le Bazar à plusieurs reprises sans parvenir à casser ce boycott.

Avec ces ruptures de facto dès 2008,, le Régime a été rapidement réduit à ses 200 dirigeants, près de 15,000 responsables régionaux, 700 hommes d’affaires et 6000 nervis. Le Régime était fragilisé, il pouvait chuter dans le sang et ses dirigeants et membres pouvaient tout perdre : leur fortune, mais aussi la vie. Rafsandjani et ses amis devaient envisager de négocier avec les Américains pour quitter paisiblement le pouvoir en échanges de garanties de sécurité pour eux-mêmes. Rafsandjani a alors démis Larijani de ses fonctions de négociateurs nucléaires pour avoir le monopole des marchandages avec les Américains afin d’être sûr d’obtenir les meilleures garanties pour sauver sa propre tête et sa propre fortune.

Pour bénéficier des mêmes avantages exclusifs, Larijani a décidé de renverser Rafsandjani et ses alliés en révélant les détails de leur corruption. Rafsandjani et les grands noms du clergé éclaboussés par cette affaires ont neutralisé Larijani en éliminant son plus important lieutenant (Ali Kordan). Rafsandjani a ainsi réduit le réseau déjà très limité de Larijani, mais ce dernier restait intouchable et dangereux grâce à ses dossiers sur tout le monde. Larijani pouvait aussi bénéficier du soutien politique de ses adversaires. Il pouvait créer une coalition pour le virer. Rafsandjani devait agir vite avant qu’il ne s’en serve pour trouver des alliés contre lui.

Rafsandjani a alors tenté de sauver le régime et sa peau avec une fausse révolution de couleur, le Mouvement Vert (en référence à l’islam). Ce projet réalisé avec l’aide de la BBC a échoué car le peuple a profité de l’occasion pour contester le régime et les Pasdaran ou Bassidjis de base ont massivement laissé faire la contestation, montrant de facto leur adhésion à la contre-révolution. Le régime a été dévalorisé, réduit à ses dirigeants et des collaborateurs trop impliqués dans la répression ou les larcins qui n’ont pas d’avenir après sa chute. Le régime s’est maintenu grâce à l’absence de soutien de Washington aux opposants et grâce à la rediffusion par la principale chaîne américaine en persan de ses rumeurs intimidantes de répression sanglante.

Rafsandjani qui avait tout de même failli renverser le régime était personnellement menacé par ses pairs : pour rester en place, il devait composer avec eux : il a cédé le pouvoir judiciaire (le pouvoir des arrestations) au clan Larijani (offrant ainsi à ses adversaires le droit d’arrêter ses projets pour éviter d’autres dérapages). Esseulé et limité dans son action, Rafsandjani a attribué des rôles d’opposants voire de dissidents à sa fille Faezeh, puis à son fils Mehdi, avant de les sortir du pays pour agir à sa place et sans limite pour relancer le jeu. Il a ainsi pris de nouveaux risques (déstabilisant pour le régime), mais sans parvenir à ses fins. Finalement au bout d’un an d’échecs, il a dû s’éclipser.Il a dû rapatrier sa fille Faezeh et l’offrir en gage au pouvoir judiciaire pour sauver sa propre tête. Ali Larijani a pu obtenir la direction du régime grâce à ses dossiers judiciaires sur ses pairs, mais il n’a pas été officialisé par eux de peur qu’il ne devienne trop fort. Il n’a donc pas pu éliminer les pions de Rafsandjani. C’est pourquoi depuis cette promotion officieuse, sa grande préoccupation a été d’utiliser ses dossiers et le pouvoir judiciaire pour intimider Rafsandjani ou éliminer ses pions négociateurs. Les derniers compagnons du Régime ont constaté que leur nouveau chef et ses lieutenants, comme les précédents, ne songeaient pas à défendre leur droit.

En mars 2011, les Pasdaran ont laissé le peuple célébrer l’anniversaire de Reza Shah, le fondateur de l’Iran moderne et laïque. Les cadres et hommes d’affaires ou encore les nervis du régime ont estimé qu’ils étaient fichus et que leurs dirigeants pouvaient à tout moment demander des garanties de sécurité pour eux-mêmes afin de partir avant une contre-révolution sanglante. Beaucoup des nervis et de cadres du régime ont pris leur distance et ont rejoint le camp du boycott et les hommes d’affaires du Régime ont commencé à brader leurs avoirs pour acheter de l’or et des dollars et quitter le pays. La demande du dollar a fait augmenter le prix de la devise américaine sur le marché libre. Le taux du dollar est devenu l’indicateur de la chute de la confiance des derniers compagnons du Régime en leur avenir.

Ces retraits de devises et la rupture des cadres (notamment les députés) ont affaibli davantage le Régime. Larijani a alors accentué ses efforts pour écarter au plus vite Rafsandjani afin de contrôler les marchandages avec Washington. Il a ainsi admis la vulnérabilité du Régime, ce qui a créé une nouvelle source d’agitation interne.

En juillet 2012, Washington a imposé aux Européens de cesser leurs relations protectrices et a parlé d’embargo total pour agiter Larijani, la panique interne afin d’épuiser le moral général du Régime.. Le Régime était économiquement condamné. Les Chinois ont prudemment annoncé la diminution de leurs investissements, puis la suspension de leurs achats pétroliers privant le Régime de 50% de ses revenus. La peur de la banqueroute économique et de pénuries a alors provoqué une nouvelle grande ruée vers le dollar. Le régime n’a pas injecté de dollar sur le marché. Les derniers compagnons du régime (les hommes d’affaires et ses collaborateurs insolvables) ont conclu à la faillite de la Banque centrale Iranienne (BCI). Il y a une peur panique de pénurie car le pays ne produit plus rien depuis des années. Ils ont paniqué : ils se sont rués vers les magasins d’alimentation. Le pays tout entier a basculé dans la pénurie. Les plus démunis ont laissé éclater leurs rancoeurs et ont basculé dans la révolte avec une grande manifestation contre le Régime à Neyshabur, puis des appels à la grève générale au Bazar et plusieurs attaques contre la police des moeurs, dernière milice encore fidèle au Régime… Les Pasdaran ne sont pas intervenus, confirmant ainsi leur adhésion à la contre-révolution.

Le Régime a fait appel à ses 6000 nervis de base pour rassurer ses derniers compagnons. Mais il n’a pu mobiliser que 250 individus qui au fil du temps n’osent même plus sortir dans la rue et soutiennent le régime en se réunissant uniquement sur des sites sécurisés. Le régime n’avait plus les moyens de se défendre ou rassurer ses derniers compagnons. De nouveaux boycotts internes de grands événements officiels ont confirmé l’isolement du régime et ont donné lieu à des nouvelles paniques internes : ses associés ont repris leurs achats de dollars pour quitter le pays au plus vite. Rafsandjani a alors donné des signes de vouloir négocier avec Washington. Il pouvait le faire au moment où Ahmadinejad allait se trouver à NY (pour l’Assemblée Générale de l’ONU). Pour empêcher le clan Rafsandjani, Larijani n’a pas arrêté ses éléments car cela risque d’entraîner des remous fatals au régime. Il a tenté de les intimider en réactualisant les procès les visant. Par ailleurs, les commandants des Pasdaran (qui sont tous en place grâce à Rafsandjani), mais qui pourraient être sacrifiés par lui l’ont lâché en l’accusant indirectement de corruption.

Dans la foulée, les Pasdaran de base ont boycotté les défilés de la « Défense sacrée de la révolution islamique » par la Pasdaran, ils ont rappelé leur rupture. La panique interne a refait surface : en trois jours, le dollar est remonté de 90% en dépassant 3400 Tomans. Le régime était plus fragilisé que jamais. Rafsandjani ne pouvait que songer à négocier sa fuite. Ses adversaires ont renforcé leurs accusations : afin de les calmer, Rafsandjani a accepté de faire revenir son fils Mehdi en Iran pendant la présence de pion Ahmadinejad à N-Y. Il a ainsi pu avoir les mains libres : à NY, Ahmdinejad s’est montré très charmant avec les Américains en leur proposant lors d’une interview télévisée l’opportunité d’une normalisation des relations bilatérales ! Rafsandjani estimait que le régime était fichu. La panique a de nouveau gagné les derniers compagnons du Régime : on a assisté à une folle ruée vers le dollar qui selon notre estimation a propulsé la devise américaine au-delà de 4000 Tomans.

Rafsandjani a alors a reculé en faisant dénoncer l’ouverture proposée par Ahmadinejad. Mais la crise a persisté car elle n’est pas seulement due à l’envie de fuite des dirigeants, mais à ce que provoque cette envie, c’est-à-dire, la vulnérabilité du régime. Pour calmer la panique le régime devait se montrer fort. Il a alors annoncé de grands rassemblements de Pasdaran, mais les photos de ces événements ont révélé la présence de seulement 100 combattants, par ailleurs assez vieux.

Dans la foulée, la semaine dernière, le Régime devait organiser de nombreuse manoeuvres et défilés pour la « Semaine des Forces de l’Ordre ». Craignant un nouveau boycott confirmant sa vulnérabilité, pour s’épargner une nouvelle panique, le régime a bloqué tous les comptes en devises pour retenir ses serviteur ou les dissuader d’acheter des dollars et étaler à la vue de tous leur malaise. Cette mesure a encouragé ses compagnons à acheter davantage. Le dollar a atteint des sommets. Le régime a proféré des menaces, mais en l’absence de troupes fidèles à ses côtés, il n’a pas pu intimider les compagnons affolés. Incapable de faire pression sur les siens pour geler la hausse, le régime s’est attaqué aux revendeurs Bazaris en incendiant une importante section du Bazar ! Les Bazaris, malmenés et ruinés par le régime, ont baissé les grilles pour commencer une grève paralysante. Les compagnons du régime ainsi privé de dollars ont attaqué les banques pour libérer les devises bloqués sur leur compte.

La semaine dernière, le régime s’est ainsi retrouvé avec deux actions explosives susceptibles de précipiter sa chute. Il avait alors diffusé de fausses vidéos insinuant une répression musclée pour calmer la fronde et dissuader le peuple d’y adhérer. Puis, il avait débloqué les comptes en devise pour calmer la rage de ses amis intéressés.

Les Européens qui profitent des cadeaux pétroliers du régime avait détourné leur regard de la fronde et Washington a carrément proposé une réconciliation aux mollahs ce qui a indigné les Iraniens et poussé d’autres Bazaris à rejoindre la grève et la fronde.

Cette semaine, le régime s’est retrouvé encore plus en difficulté. Il est resté sur le même registre avec la diffusion de rumeurs de grèves cassées, de répression sourde ou bien d’importantes manifestations en sa faveur. Mais les images de ses initiatives n’ont jamais été à la hauteur des annonces. Le régime a surtout mis en valeur sa faiblesse numérique. Il a dû sans cesse modifier ses approches pour effacer de mauvaises impressions laissées par ses ratages... Voici les images d’une semaine de désinformation et d’autosuggestion ratées pour le régime BDR des mollahs !


17.10.2012

Iran : La semaine en images n°236

Topo Générale. Il y a 33 ans, en 1979, les mollahs, alliés historiques de Britanniques et exclus du jeu par la dynastie progressiste des Pahlavi, ont pu revenir dans l’arène politique quand les Américains ont décidé de renverser le Shah (coupable d’avoir créer l’OPEP) et installer à sa place leurs islamistes pour déstabiliser la région et la remodeler selon leurs intérêts pétroliers. Par ce véritable coup d’Etat pétrolier, Washington allait mettre fin à 100 ans de domination du marché pétrolier par les Britanniques. Les mollahs probritanniques ont participé au projet pour évincer les pions de Washington. Ils ont aussi verrouillé le système en diabolisant les Etats-Unis.

L’Etat américain a alors commencé à sanctionner les mollahs pour provoquer des pénuries et un risque de soulèvement pour les amener à cesser leur diabolisation, à lui ouvrir leur porte pour qu’il puisse revenir en Iran avec ses pions et reprendre le pouvoir via une révolution de couleur. Pour Washington, les choses devaient aller très vite car les mollahs avaient terriblement désorganisé et affaibli l’économie iranienne en s’appropriant les grandes industries et aussi en partageant la compagnie iranienne de pétrole en plusieurs petites sociétés semi privées destiner à récupérer ses revenus… Il y avait aussi une guerre interne au sein de la caste dirigeante : Rafsandjani (le demi-frère et fondé de pouvoir de Khomeiny), avait pris le ministère de l’intérieur et les services secrets, pour éliminer les adversaires et étendre sa domination politique et économique. Le régime était affaibli et divisé.

Mais les mollahs ont agi comme des maffieux, ils ont accepté Rafsandjani comme leur parrain et l’ont soutenu ses deux choix pour neutraliser l’ouverture et aussi neutraliser les sanctions. Pour neutraliser l’ouverture, Rafsandjani a opté pour l’entretien des foyers d’hostilité : prises d’otages au Liban, attentats anti-américains et anti-israéliens, soutiens aux groupes hostiles aux Etats-Unis, menaces de guerre régionale. Pour neutraliser les sanctions, Rafsandjani a opté pour la menace de fermeture du détroit pétrolier d’Ormuz et la création d’un front d’alliés anti-sanctions fidélisés par l’importation massive de leurs surplus à prix d’or ce qui a ruiné le pays et détruit la production iranienne, provoquant un chômage et une pauvreté irrépressibles. Quand toutes les réserves cumulées par le Shah ont été épuisées, pour continuer cette politique de monnayage des protections, Rafsandjani (devenu grâce à la présidence du Conseil de Discernement le patron officiel du régime) était en difficulté. Il a baissé le taux officiel du dollar pour acheter le soutien des autres mollahs-affairistes. Il a joué la carte de l’apaisement avec son ami Khatami. Mais il a profité de l’apaisement pour entretenir les foyers d’hostilité en surarmant le Hezbollah. Enfin, il a relancé la politique de monnayage des protections en vendant des contrats d’exploitations pétrolières à très bas prix à un nombre grandissant de pays notamment via ses propres sociétés pétrolières ! Ces mesures clientélistes et d'autres mesures ont ruiné le pays et ont provoqué la rupture progressive de divers serviteurs du régime…
Ces choix ruineux n’ont pas neutralisé les sanctions. La fausse modération de Khatami a également énervé Washington. Il a parlé de la menace nucléaire pour augmenter ses sanctions. Rafsandjani avait échoué. Pour se maintenir et préserver sa fortune, il a offert des postes clefs à son ennemi Larijani et pour réussir, il a mis en place Ahmadinejad pour radicaliser ses menaces. Il a imprimé des billets privés pour ses amis affairistes (nouveaux Bazaris) et a complété la politique de monnayage des protections par la mise en vente de 50% des grandes entreprises iraniennes aux étrangers !
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Ruptures de résistance. Dès l’apparition de la grande disparité entre le peuple et les dirigeants, un grand mécontentement interne est rapidement apparu chez les Pasdaran vétérans de la guerre Iran-Irak. Le régime les a remplacés par des jeunes issus des familles pauvres. Il a ainsi gagné 10 ans, mais ceux-là ont aussi vu que l’avenir était compromis avec ces terroristes affairistes. Mais la milice des Pasdaran a une structure cloisonnée comme des services secrets et le régime avait ses clans, aucune action n’était possible. Cependant quand en 2007, Washington a commencé à évoquer le bombardement de l’Iran, les mécontents devaient agir. Pour éviter les cloisonnements, ils ont fait le choix tactique de boycotter le régime pour l’isoler et se repérer. Au même moment, les Bazaris et les mollahs de base ruinés par les mauvais choix du régime l’ont également lâché. Le régime a riposté en cessant de payer les Pasdaran, en assassinant des meneurs d’hommes ou en incendiant le Bazar sans parvenir à casser ce boycott.

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2008-2011 : Isolement et zizanie et Guerre interne. Dès 2008, le régime a ainsi été rapidement réduit à ses 200 dirigeants, près de 15,000 responsables régionaux, 700 hommes d’affaires et 6000 nervis. Le régime pouvait chuter dans le sang. Il devait envisager de négocier avec les Américains pour obtenir des garanties de sécurité en échange d’un transfert rapide des pouvoirs vers leurs pions. Rafsandjani, le patron du régime, n’a pas pensé pour tout le régime car il a démis Larijani de ses fonctions de négociateurs nucléaires pour avoir le monopole des marchandages avec les Américains afin d’être sûr d’obtenir les meilleures garanties pour sauver sa tête, mais aussi sa fortune (et peut-être des proches alliés). Pour bénéficier de ces avantages exclusifs, Larijani a décidé de prendre le pouvoir par tous les moyens allant même jusqu’à révéler les détails de la corruption de Rafsandjani et de ses vieux alliés pour les écarter. Rafsandjani a neutralisé Larijani en éliminant son plus important, mais Larijani restait une menace avec ses dossiers sur tout le monde. Rafsandjani devait agir vite avant qu’il ne s’en serve pour trouver des alliés contre lui.

Rafsandjani devait faire fort. Il a eu l’idée folle de sauver le régime avec une fausse révolution de couleur, le Mouvement Vert (en référence à l’Islam). Ce projet a raté car le peuple a utilisé l’occasion de manifester pour scander des slogans hostiles au régime. Le régime a été en danger. Larijani a pu, grâce à ses dossiers, obtenir d’abord le Pouvoir Judiciaire puis la direction politique du régime, mais il n’a pas été officialisé car il fait peur. Il n’a donc pas pu éliminer les pions de Rafsandjani. C’est pourquoi depuis cette promotion non officielle, sa grande préoccupation a été d’utiliser le pouvoir judiciaire pour intimider Rafsandjani ou éliminer ses pions négociateurs. Les derniers compagnons du régime ont constaté que leur nouveau chef et ses lieutenants ne songeaient pas à défendre leur droit. Les précédents ne valaient pas mieux. Les derniers compagnons du régime devaient songer à leurs propres avenir : le régime a été confronté une nouvelle baisse de participation à ces manifestations. En mars 2011, une nouvelle grande manifestation hostiles au régime protégée par la passivité des Pasdaran a convaincu tout le monde que ces derniers avaient changé de bord.

En 2012, Washington a forcé les Européens de rompre les relations protectrices et a annoncé des mesures complémentaires lourdes pour paniquer Larijani, le pousser à s’agiter pour ses intérêts afin de déprimer davantage les derniers fidèles du régime. Le régime était condamné. Les Chinois ont prudemment suspendu leur achat pétrolier, privant le régime de 50% de ses revenus en dollar. La peur de la banqueroute et des pénuries a alors provoqué une ruée vers les denrées alimentaires et le pays (qui ne produit plus rien depuis des années) a vite basculé la pénurie et la révolte. Les gens excédés ont manifesté contre le régime ou ont attaqué les miliciens de la police des moeurs, derniers agents encore fidèles au régime. Les Pasdaran ne sont pas intervenus, confirmant leur hostilité au régime.

Le régime devait alors organiser des manifestations avec ses 6000 nervis fanatiques autour de ses chefs ou dans les rues pour rassurer ses derniers compagnons et il n’a jamais pu dépasser le nombre de 200 à 250 manifestants. Dans la foulée, l’insuccès total du Ramadan a confirmé la chute du nombre de ses partisans.

Washington devait augmenter sa pression pour amplifier la crise interne, mais puisqu’il ne veut pas renverser le régime, il ne pouvait pas insister sur le nucléaire et mettre en oeuvre l’embargo annoncé. Il a décidé de privilégier la pression psychologique. Ses alliés syriens ont annoncé la capture de 48 Pasdaran en Syrie puis l’exécution de 3 d’entre eux. Washington voulait déprimer les dirigeants, mais l’opération n’a donné lieu à aucune manifestation en Iran et a permis de constater que le régime avait perdu ses 250 derniers fanatiques. Ces derniers se sont en fait rassemblés le lendemain chez le Guide prouvant qu’ils étaient présents, mais n’osaient pas sortir au grand jour : un séisme politique pour le régime sécuritaire des mollahs.

Dans ces conditions, la semaine dernière, le régime devait nécessairement rassembler le maximum du monde pour la journée anti-israélienne de Qods qui a lieu le dernier vendredi du Ramadan ou par sa propagande et une bonne mise en scène laisser supposer un grand rassemblement. Rafsandjani avait occupé le terrain médiatique pour montrer l’incapacité de son adversaire.

Alors que l’on allait connaître une nouvelle semaine de guerre interne et de propagande, un terrible tremblement de terre a dévasté le nord-ouest du pays endommageant 530,000 habitations et faisant au moins 16,000 morts. Les mollahs ont tous ignoré cette tragédie pour rester concentrer sur leur guerre ou leur propagande ! Mais la nouvelle a circulé grâce au téléphone portable, des bénévoles se sont dépêchés d’y aller en sachant que les mollahs affairistes n’ont jamais investi dans les secours. Le régime devait se concentrer sur les secours, il s’est montré rétif en revenant sans cesse sur sa propagande. Les photos ont révélé une baisse de participation à ses manifestations intermédiaires, il avait visiblement perdu des partisans par son mépris pour les victimes dans ce pays sismique où chacun est exposé à un mort violent par un tremblement de terre.

Pour récupérer ses fanatiques déçus, à la veille de la journée de Qods, le Guide s’est rendu dans la région sinistrée et a affirmé que toutes les victimes étaient satisfaits par les secours d’une qualité exemplaire. Mais il a vite été révélé qu’il était allé dans un seul village avec son propre public et n’avait pas rencontré les victimes. De nombreuses vidéos amateurs ont également remis en causse sa sincérité en diffusant des témoignages de victimes sur l’absence de tout secours d’Etat. Après ces révélations, la journée de Qods n’a réuni que 200 à 250 personnes sur un circuit fermé et sécurisé sur un tronçon urbain de Téhéran. Les hauts responsables du régime comme l’ayatollah Sadeghi ou Jaafari, le commandant en chef des Pasdaran, ont dû se déplacer sur cette zone sécurisée en renfort tant la participation était en régression après le mépris des dirigeants pour les victimes du tremblement de terre.

Cette semaine, le régime avait un programme difficile car comme tous les pays musulmans, il devait organiser des prières publiques dans toutes les rues du pays à l’occasion d’Eyd-é FETR ou la fin du Ramadan.

Le régime avait un programme difficile. Outre son incapacité à organiser un tel événement avec de rares partisans, le régime devait se montrer discret pour faire oublier qu’il avait donné la priorité à sa guerre interne et à sa propagande, il devait aussi être présent aux côtés des victimes pour se faire pardonner. Et enfin, vendredi, il devait aller à la table des négociations pour obtenir un accord réduisant les sanctions sans pour autant accorder la moindre ouverture aux Américains.

Il y avait matière à échouer et amplifier la déception interne de ses tout derniers partisans. Le régime devait se montrer prudent et inventif pour simuler un succès en terme de secours, de la mobilisation ou aux négociations nucléaires afin de rassurer les siens. Il a échoué sur tous les plans. Voici les images d’une longue semaine pleine de défis ratés pour le régime épuisé des mollahs.


31.08.2012

Iran : La semaine en images n°227

(Terrible) Etat des lieux en juin 2012. Le régime des mollahs est boycotté depuis près de 3 ans par les Pasdaran, les Bassidjis, les militaires, les Bazaris et les mollahs de base car ces actifs populaires du régime n’ont pas les mêmes intérêts vitaux que leurs dirigeants.

Les actuels dirigeants, les mollahs, ont pris au pouvoir 1979 en aidant les pions de Washington à renverser le Shah, puis en éliminant ces derniers du jeu notamment par la diabolisation officielle de l’Amérique. Les mollahs ont ainsi privé Washington de ses projets de déstabilisation régionale : depuis, l’Etat américain tente d’affaiblir graduellement l’économie iranienne pour provoquer des pénuries et générer un risque de soulèvement afin de forcer les mollahs à adoucir leur position pour que ses pions puissent revenir en Iran et prendre le pouvoir de l’intérieur. Pour garder le pouvoir, les mollahs doivent refuser tout apaisement quelles que soient les sanctions et les menaces qui pèsent sur les Iraniens d’où la rupture des actifs issus du peuple, les Pasdaran, les Bassidjis, les militaires, les Bazaris et les mollahs de base…

C’est ainsi que ces gens n’ont guère aidé Rafsandjani, alors le patron du régime, à organiser une fausse révolution de couleur, le Mouvement Vert, en faveur de l’islamiste Moussavi pour se donner une nouvelle légitimité. Puis quand le peuple autorisé à manifester a pris le contrôle des rues, ils n’ont guère aidé le régime à réprimer le soulèvement. Le régime a fait appel à ses agents sécuritaires au passé sale (que nous appelons les insolvables) pour réprimer le peuple. Le régime a été sauvé par ses agents insolvables, mais aussi par l’absence de soutien Washington à cette contre-révolution. Cela a plongé le peuple dans l’amertume, il a sans cesse boycotté toutes les relances du Mouvement Vert et s’est mis en quête d’une date symbolique pour signifier sa rupture avec le régime islamique. Cette date a été le 15 mars 2010, l’anniversaire de Reza Shah Pahlavi, vénéré par le peuple pour son patriotisme, sa modernisation et sa laïcisation du pays. Le régime a appelé tous les composants à empêcher cette fête contestataire. Les Pasdaran, les Bassidjis, les militaires, les Bazaris et les mollahs de base qui avaient laissé tomber le régime (pendant son projet de fausse révolution) ont laissé le peuple manifester massivement ! Ils ont ainsi rompu clairement avec le régime pour rejoindre les opposants.

Cette rupture, des Pasdaran en particulier, a réduit le régime à ses hauts dirigeants, ses responsables subalternes, ses agents sécuritaires insolvables et les hommes d’affaires issus du pouvoir. Rafsandjani a dû céder la direction du régime à son ennemi Larijani. La direction est devenue diffuse. Dans ce qu’il restait du régime, les hommes d’affaires ont estimé que leur propre situation était doublement critique car d’une part, le peuple pouvait renverser le régime et les lyncher et d’autre part, les dirigeants fragilisés pouvaient négocier une fuite sécurisée avec les Américains et les laisser seuls face au peuple. Ils ont commencé à brader leurs avoirs pour acheter de l’or et des dollars afin de quitter le pays au plus vite. Le régime alors dirigé par Ali Larijani et son frère Sadegh chef du pouvoir judiciaire a d’abord tenté de rassurer les paniqués en évoquant l’existence de partisans intégristes animés par une forte ferveur islamique, en évoquant le recrutement de nouveau Pasdaran ou en affirmant que le Mouvement Vert (l’invention ratée de Rafsandjani), pouvait dévoyer un soulèvement hostile ! En l’absence de preuves de ce qu’il affirmait, la panique a perduré. Les Larijani ont alors fermé les bureaux d’immigration et ont ouvert un procès de fraude bancaire et d’atteinte à la sécurité d’Etat pour intimider les hommes d’affaires remuants.

Etant donné que personne au sein du régime ne veut perdre le pouvoir, tous les dirigeants devaient trouver un moyen d’échapper aux sanctions. Rafsandjani a proposé la reprise du dialogue et des concessions passagères, les autres ont accepté, mais uniquement pour obtenir un gel de facto des sanctions afin d’avoir le temps de signer quelques contrats et relancer l’économie. Leurs jeux et leurs différences ont vite fatigué Washington, il a poussé ses alliés européens à annoncer un embargo sur l’achat du pétrole iranien à partir du 1er juillet 2012 pour amplifier les pénuries existantes et le risque de soulèvement afin de forcer les mollahs à adoucir enfin leur position. Les dirigeants du régime étaient devant deux choix : ils devaient plier face à Washington ou tenir bon sous les sanctions et aller vers un effondrement interne suivi d’une révolution.

Le régime était condamné dans tous les cas, les Chinois ont commencé à réduire leur implication sur le marché iranien. Les dirigeants n’avaient plus d’échappatoire, leur seule solution viable était de plier et de négocier des garanties pour eux-mêmes en marge des négociations nucléaires et des rencontres officielles internationales avant que n’arrive la fin. Mais ils n’auront pas tous fait ce choix car tous n’ont pas accès aux marchandages : les 3 postes clefs permettant de voyager (le conseil iranien de sécurité, le ministère des affaires étrangères et la présidence de la république) sont dirigés par des membres du clan de Rafsandjani, l’ex-patron politique du régime. Ils avaient peur de favoriser ce dernier et de lui permettre d’avoir le loisir d’obtenir les meilleures garanties pour lui-même. Ils craignaient aussi devoir payer pour le droit d’obtenir les mêmes garanties.

Parmi tous ces dirigeants, le plus malheureux était Ali Larijani, actuel patron de la politique intérieure du régime et ennemi éternel de Rafsandjani. Il allait être exclu du marchandage et peut être accusé à la place de Rafsandjani et ses lieutenants ! Il s’est donc opposé au dialogue qu’il ne pouvait contrôler. Puis, avec son frère Sadegh Larijani, qui contrôle le pouvoir judiciaire, il a accusé de corruption les trois pions de Rafsandjani pour les sortir et les remplacer par ses propres lieutenants. Ces accusations ont reçu le soutien tacite de tous ceux qui allaient être sacrifiés par Rafsandjani. Le régime est ainsi entré dans une guerre entre ses plus hauts responsables. Cette guerre contraire aux intérêts du régime dans sa globalité a choqué les collaborateurs subalternes : ils ont pleinement réalisé que leurs dirigeants ne pensaient qu’à eux-mêmes. Presque tous les responsables subalternes ont alors pris leur distance avec le régime en boycottant massivement toutes les nombreuses manifestations pour la quinzaine d’hommage à Khomeiny à l’occasion de la commémoration de sa mort et son entrée en politique. Ces boycotts n’ont guère calmé les dirigeants : encore plus isolés et plus, proches de la fin, ils ont alors accentué leur lutte pour les sièges de négociations !

La semaine dernière, c’était l’anniversaire du Mouvement Vert, la fausse révolution qui devait donner une nouvelle légitimité au régime, mais a failli le renverser. Alors que le régime est condamné, les deux parties en lutte pour le contrôle des sièges de négociations ont néanmoins réuni leur force afin de relancer ce joker pour rassurer et récupérer les derniers collaborateurs qui ont commencé à s’éloigner. Le régime réunifié devait attirer les Iraniens dans la rue alors qu’ils boycottent le Mouvement Vert depuis l’échec de leur tentative de contre-révolution. Le régime réunifié a multiplié le prix du pain par 12 pour révolter les Iraniens. Mais les Iraniens ont été conscients que leur action pouvait profiter au régime mourant, ils n’ont pas bougé. Les composants fidèles au régime n’ont pas bougé pour relancer ce joker. Le régime a annoncé un nouveau joker : une tournée d’Ahmadinejad chez ses amis sud-américains pour contourner les sanctions, mais il avoua ainsi que sa situation économique était catastrophique. La panique a gagné ses hommes d’affaires.

Les dirigeants étaient seuls, en faillite, dans un environnement agité et donc voués à une chute certaine : l’unité retrouvée a explosé, chacun a redoublé d’efforts pour garder ou prendre la direction des négociations qui peut lui donner la priorité pour marchander les meilleures garanties pour lui-même. Le Clan Larijani a montré qu’il cherchait à établir le lien entre les ministres accusés de fraude et Rafsandjani en personne. Ce dernier a dû lâcher certains de ses lieutenants devenus trop compromettants provoquant la panique dans son propre camp. Ahmadinejad a notamment promis de faire des révélations fracassantes. Le clan Rafsandjani allait vers l’explosion ! Larijani a décidé d’en profiter, mais en cherchant à se mettre en avant, il a révélé qu’il avait très peu de monde autour de lui. Puisqu’il arrive à malmener le clan adverse, il est devenu évident qu’il y avait très peu de monde encore impliqué dans les affaires internes du régime. La panique financière a redoublé. Les deux clans ont alors appelé les meilleurs serviteurs de révolution islamique (c’est-à-dire les insolvables) à manifester ! Il s’agissait de les unir pour les convaincre qu’il y avait encore un espoir. Le camp Larijani a mobilisé 60 hommes à Natanz pour un enterrement de martyrs, le camp Rafsandjani a mobilisé 10 hommes et 5 femmes pour une marche pro-voile à Téhéran. Presque tout le monde avait lâché le régime, par dégoût pour ses dirigeants traîtres ou par peur de s’afficher avec un régime fini. Les dirigeants étaient en tous cas face à une rupture totale.

Cette semaine, le régime devait célébrer porter le deuil du 7e saint du chiisme et surtout célébrer dans la foulée, l’anniversaire de la révélation de l’islam à Mahomet, la naissance même de l’Islam ! Ces deux événements de portées différentes ont été boycottés par le peuple et les Pasdaran au cours de ces dernières années. Le peuple et les Pasdaran ont au même moment montré aussi leur attachement à la culture non-islamique iranienne. Dans le contexte actuel, le régime redoutait un boycott plus fort et ne pouvait prendre le risque d’aller tester aussi ses derniers partisans en rupture.

Cette semaine, le lundi 18 et mardi 19 juin, le régime devait aussi aller à Moscou pour des négociations sur le nucléaire auxquelles participent les Américains. Alors que le régime désavoué par des jeunes actifs, boycotté par les siens, sanctionné par Washington et ses partenaires, lâché par les Chinois, il était possible Rafsandjani ordonne à ses pions de commencer des marchandages avec les Américains (échangeant un compromis nucléaire, des infos sur le Hezbollah et quelques collègues contre des garanties pour les membres de ce clan). Larijani devait trouver un moyen pour forcer Rafsandjani à ne rien tenter dans cette situation désespérée. Rafsandjani devait aussi trouver un moyen pour neutraliser Larijani avant qu’il bouge. Voici la chronique en images d’une semaine à risques, une semaine explosive.


03.07.2012

Iran : La semaine en images n°219

Il y a trois semaines, le peuple, les Bazaris ainsi que les Pasdaran et les Bassidjis avaient boycotté la première période de deuil collectif en mémoire de Fatemeh, la fille de Mahomet morte en martyr selon les chiites. Par ce geste délibérément irrespectueux vis-à-vis l’islam, ils avaient rappelé leur hostilité au régime et envers une religion qui les mènent vers le néant. Le boycott avait rappelé l’isolement des dirigeants islamiques. Ces derniers avaient alors multiplié les buzz pour détourner l’attention des Iraniens de la portée de leur propre geste de contestation.

Des pluies torrentielles et une importante inondation avaient alors attiré l’attention sur Qom, ville associée à Fatemeh : chacun avait remarqué le boycott car les mosquées qui devaient selon la tradition organiser des nuits de prières et de complaintes restaient immanquablement vides. Les responsables qui ne pouvaient pas simuler des rassemblements devant et dedans les mosquées avec les rues inondées avaient renoncé à diffuser des images d’archives. Ils s’étaient alors cachés avant de revenir tardivement après la fin du mauvais temps avec des images d’archives de rassemblements pendant la période d’Achoura alors que les deux rituels sont différents : lors d’Achoura, les gens défilent dans les rues en se frappant, mais on n’agit pas ainsi pour célébrer la mémoire de Fatemeh.

Cette semaine, dès lundi soir et pendant 3 nuits, le régime devait organiser la deuxième période de deuil collectif en mémoire de Fatemeh. Puisque la semaine dernière, le régime avait été boycotté très fortement lors de la « journée de l’Armée » et qu’il n’avait pas pu trouver des gens pour défiler déguisés en militaire, il était certain qu’il allait vers un boycott plus fort et très visible. Le ciel était aussi pluvieux partout en Iran surtout dans les villes religieuses comme Mashad. Le régime devait multiplier les ramdams médiatico-politiques, mais il ne pouvait pas diffuser n’importe quelles images d’archives !

Le régime a compensé ce manque d’images fortes par des annonces de fortes participations des jeunes aux Journées en mémoire de Fatemeh. Il devait cependant diffuser des images : il a privilégié les lumières tamisées, mais on y voit quand même que la participation était presque nulle et que les rares participants n’étaient pas des jeunes.

Cette semaine, le régime devait aussi célébrer l’échec de la mission héliportée de libération des otages américains comme une victoire divine, mais nul ne s’est déplacé pour la fête. Il a donc subi deux échecs et a encore une fois touché le fond. Voici des images qui nous montrent l’ampleur de la défaite et l’état du régime agonisant des mollahs.


30.04.2012

Iran : La semaine en images n°215

Il y a une semaine, c’était Norouz, le nouvel an iranien, que le régime rejette, mais n’a jamais pu abolir. C’était là une occasion de contester le régime islamique. Les Iraniens l’ont saisie en envahissant les grandes mosquées de chaque ville avec les symboles de Norouz, sauf à Mashad car Guide pour son discours du nouvel an. Dans cette ville, le mausolée d’Imam Reza qui compte des dizaines de mosquées a été boycotté par le peuple. Ces actions spectaculaires qui contestent le régime n’auraient pas été possibles si celui-ci n’avait pas perdu le soutien des Pasdaran. Ce Norouz, les Iraniens ont pu constater la rupture des Pasdaran de base avec le régime et l’isolement de ce dernier.

Le régime devait organiser un grand rassemblement religieux pour nier cet isolement, mais il n’y est pas parvenu à l’occasion de la 1ère Prière de Vendredi de la nouvelle année. Le nombre des participants a même fondu comme si les collaborateurs du régime admettaient que les rassemblements pour Norouz étaient les prémices d’un soulèvement.

Cette semaine, le régime a tenté d’organiser des manifestations liées à Norouz pour rassembler le peuple sous sa bannière, il n’y est pas arrivé. Supposant que son échec pouvait provoquer une nouvelle fonte de ses troupes, de nouvelles ruptures internes, il a bloqué les canaux d’émigration pour retenir ses partisans à ses côtés.

La contestation de Norouz n’a pas seulement alarmé les mollahs, mais aussi Washington qui a jadis aidé la révolution islamique et aujourd’hui ne cherche pas à renverser ce régime, mais à remplacer ses dirigeants par ses propres pions islamistes. Washington a laissé échapper des confidences de spécialistes de renseignements sur « l’absence d’un danger immédiat du programme nucléaire iranien ». On a également vu des publications de grands « spécialistes de relations internationales » sur la nécessité d’un compromis la république islamique. Enfin selon un schéma déjà-vu et bien rôdé, quelques-uns parmi des grands alliés de Washington comme l’Inde et le Japon ont refusé d’appliquer les dernières sanctions promulguées par Washington.

Israël a également mis en veilleuse ses menaces d’attaque. Des grands spécialistes israéliens de renseignement ont mis leurs compatriotes en garde contre le « danger d’une guerre contre l’Iran ». On a même entendu parler d’une « déclaration israélienne d’amour à l’Iran » (donc au régime) sur FaceBook !

Mais, malgré ses difficultés internes, le régime n’a pas saisi la main tendue par Washington car il considère le dialogue comme un moyen pour les Américains et leurs pions de revenir en Iran pour prendre le pouvoir de l’intérieur. Par ailleurs, le moindre échange avec Washington inquiète ses derniers fidèles qui craignent d’être sacrifiés dans le deal, c’est pourquoi le régime a même lancé des pics en direction de Washington et d’Israël !

Cette réponse doublement négative de Téhéran a mis Washington dans l’embarras, il ne pouvait pas continuer à parler d’ouverture et de dialogue bien qu’il le faut pour éviter d’affaiblir le régime islamique qu’il veut préserver.

Au cours de la semaine passée, Washington a changé d’approche pour sauver le régime tout en sauvant la face : il a encore parlé de dialogue, mais tout en évoquant le « soutien du peuple américain à une frappe préventive ». On a également eu droit à une réplique israélienne de cette menace sous la forme d’un « sondage israélien très favorable à la guerre ». Mais, la Turquie qui est le pays clef pour l’attaque américaine ou israélienne est intervenue pour apporter son soutien aux mollahs !

Alors que le régime va mal et ne tient qu’un un fil, Washington a ainsi écarté toutes menaces de sanctions ou de frappes du régime islamique qu’il veut préserver et transférer à ses pions. Cela ne doit pas décourager les Iraniens car le régime reste le même : faible, haï, isolé, déconnecté de ses troupes et de la rue. Les images de la semaine confirment ce constat d’un régime qui se désagrège.


02.04.2012

Iran : La semaine en images n°209

La semaine dernière, le régime des mollahs devait préparer la célébration le 33e anniversaire de la révolution islamique. Les Pasdaran qui boycottent les manifestations officielles depuis près de 18 mois ont boycotté toutes les manifestations intermédiaires de la décade précédant l’anniversaire et ce samedi 11 février, ils se sont encore une fois rangés au côté du peuple en boycottant l’anniversaire de la révolution islamique. Dans le précédent numéro de la semaine en image, nous avons vu que le régime a été obligé de publier des photos d’archives pour nier ce boycott.

Il y a un an, le 11 février 2011, le régime avait été boycotté de la même manière par les Pasdaran. La situation était alors inédite : il avait craint que l’absence remarquable des Pasdaran à ses côtés n’incite le peuple à se soulever.

L’opposition officielle, appelée le Mouvement Vert, qui est dirigée par de hauts responsables du régime, avait alors lancé un appel à la mobilisation (pour le 14 février) pour incruster les collaborateurs du régime dans le soulèvement qui paraissait inévitable afin de dévoyer le mouvement ou servir d’issue de secours au régime. L’intrusion de cette opposition factice et profiteuse avait incité le peuple à rester chez lui. La journée du 14 février 2011 avait été un échec pour le seul joker politique des mollahs. Tous les médias du régime avaient tenté de nier cet autre boycott pour sauver le Mouvement Vert qui pourrait être la seule issue de secours pour eux. Ils ont même inventé des héros et des martyrs pour cette journée du 14 février (25 Bahman) au cours de laquelle, il ne s’était rien passé.

De ce fait, un an après, ce mardi 14 février 2012 (25 Bahman 1390), l’opposition officielle devait réunir ses partisans en mémoire de ces martyrs factices. Le régime et son opposition factice craignaient qu’il ne se passe rien. Il ne s’est rien passé. D’avis général, cela a anéanti la possibilité d’une porte de secours pour les collaborateurs du régime. Comme l’année précédente, les médias du régime ont tenté de nier cet autre boycott…

Le boycott des manifestations préliminaires de la révolution avait paniqué les hommes d’affaires du régime (issus des clans du pouvoir) : malgré la présence de faux acheteurs ou faux vendeurs mouchards sur le marché noir, ils avaient repris leurs achats d’or et de dollars pour pouvoir quitter le pays avec leur fortune avant que le régime qui les protège ne tombe. Le dollar était reparti à la hausse. Le boycott de la révolution a accéléré le mouvement. Le boycott de l’opposition officielle a davantage accéléré l’agitation sur le marché noir malgré l’annonce d’arrestation, d’expropriation ou même de condamnation à mort à l’encontre des acheteurs et des intermédiaires.

Précédemment, le régime avait également inventé une invraisemblable affaire de fraude bancaire de 3,5 milliards de dollars pour accuser les riches qui sortent leur argent du pays. Il avait alors parlé de 32 suspects et avait même annoncé 5 condamnations à mort quand les achats d’or et de dollar avaient atteint des sommets, mais avec un certain flou puisqu’il n’avait fourni aucun nom. Cette semaine, il a annoncé le début du procès des 32 corrompus en révélant enfin leur visage (pour les noms, il faut attendre) ! Mais le régime n’a pas seulement sorti la matraque pour arrêter ses collaborateurs paniqués, il a aussi évoqué deux grandes réussites économiques dans le domaine énergétique pour tenter de les séduire avec des promesses de rentrée d’argent.

On a ainsi connu une semaine surréaliste avec une fausse opposition s’inventant des faux partisans, des fausses réussites, de faux espoirs, mais un vrai procès contre les amis du régime. C’est un signe que les deux boycotts que le régime a subis ont profondément semé le désordre dans son fonctionnement. Voici le récit en images de la face sombre d’une nouvelle semaine de déconvenues et de difficultés pour le régime des mollahs.


19.02.2012

Iran : La semaine en images n°208

La semaine dernière, le régime devait célébrer en grandes pompes le retour de Khomeiny en Iran, le premier événement de la décade des festivités de la révolution islamique. Les Pasdaran qui boycottent les manifestations officielles depuis plus d’un an avait déjà boycotté cette fête l’année dernière. La semaine dernière, ils ont réédité cet exploit. Le régime a acquis la certitude que les autres événements de la décade en particulier la grande manifestation finale du 11 février seront difficiles à réaliser.

En fait, le régime a raté de nombreux rendez-vous prévus au programme officiel très chargé de cette semaine. Il a été boycotté de manière permanente à chacune des manifestations prévues ! Cela a provoqué une crise interne à tous les niveaux y compris au sein du Conseil de Discernement, organe qui agit comme un conseil d’administration et constitue le véritable gouvernement du régime.

En règle générale, dans ce genre de cas, le régime provoque des crises ou des polémiques pour détourner l’attention du peuple et en parallèle, il utilise des images d’archives pour prétendre que tout va bien pour ne pas provoquer la panique parmi ses derniers fidèles. Les détails et la forme des images diffusées révèlent le degré de la gravité de la situation.

Dans ce numéro 208 de la semaine en images, nous parlerons de ces détails, mais aussi d’une chose plus essentielle : ce qui était prévu au programme et n’a pas pu avoir lieu faute de participants et la crise interne au sommet de l’Etat. Voici des images d’une nouvelle semaine de recul pour le régime des mollahs.


14.02.2012

Iran : La semaine en images n°207

Au cours des derniers mois, les Pasdaran ont sans cesse désavoué le régime par le boycott massif de ses manifestations officielles. Cette rupture qui vulnérabilise le régime a provoqué une vague de panique chez les hommes d’affaires du régime : ils se sont mis à vendre leurs biens et acheter de l’or ou des dollars afin de quitter le pays avec leur fortune avant la chute du régime pour ne pas couler avec lui. Pour arrêter la fuite de ces partenaires, qui l’affaiblit davantage, le régime devait montrer qu’il dispose encore des réserves en termes de partisans populaires prêts à le défendre.

Il y a un mois, alors que Reza Pahlavi avait appelé la communauté internationale à aider le peuple iranien à renverser le régime, le régime n’a réussi à mobiliser aucun Iranien pour la Journée du soutien au Guide. Il est devenu clair que le régime n’avait pas les réserves nécessaires pour se sortir d’affaire. Dans la foulée, le peuple et les Pasdaran ainsi que les membres du clergé ont rappelé leur rejet par le boycott de grandes fêtes religieuses islamiques ou chiites. La panique des associés du régime a été amplifiée davantage.

Ce rejet du régime par le peuple et la panique interne des associés du régime ont été ignorés par les Américains car ils ne veulent pas la fin du régime islamique, mais le transfert des pouvoirs des mollahs vers leurs propres pions islamistes afin de disposer d’un levier pour agiter l’Asie Centrale et la soulever contre la Chine. Les Américains ont même été effrayés par l’éventualité d’un succès du peuple : ils ont fait parvenir quelques milliards de dollars aux mollahs pour combler le trou provoqué par la demande d’or et de dollar et empêcher une faillite bancaire interne susceptible de balayer le régime, ils ont oublié les propos sur les violations des droits de l’homme en Iran et ont parlé de la possibilité d’une entente globale. Ils ont encore proposé le dialogue qui est la première étape pour aller vers la passation des pouvoirs.

Cette offre a davantage paniqué les hommes d’affaires du régime car toute entente irano-américaine se fera à leur insu. Ils ont accéléré leur achat pour fuir le pays avant une telle éventualité, aggravant la santé fragile de l’économie iranienne. Les dirigeants du régime ont dû parler de leur progrès dans le nucléaire militaire et de la fermeture de détroit d’Ormuz pour montrer leur fermeture à tout compromis afin de rassurer leurs associés turbulents qu’ils n’allaient pas les sacrifier dans une entente avec les Américains. L’administration Obama a été obligée d’évoquer de nouvelles sanctions financières.

Ces sanctions affaiblissant le régime devaient être annoncées la semaine dernière. Le régime s’attendait à une nouvelle panique de ses associés qui sont pressés de quitter le navire avant qu’il ne coule sous le poids des sanctions et de son impopularité. Il a tenté d’empêcher la panique en affirmant que des milliers de Pasdaran s’étaient rassemblés en sa faveur à l’occasion des prières pour la mort du prophète Mahomet. Mais les tenues des gens vus sur les images n’étaient pas en adéquation avec le froid qui s’était abattu sur l’Iran : il s’agissait d’images d’archives. Le régime a seulement réussi à prouver qu’il était très isolé. Il est devenu certain qu’il serait boycotté le jour anniversaire de la révolution (le 11 février prochain), ce qui ne peut qu’obliger les Américains à soutenir le désir de changement du peuple.

La crainte que la situation ne s’aggrave dans trois semaines a relevé le niveau de la panique : on a assisté à une incroyable ruée vers l’or et le dollar qui a fait montrer les prix de ces deux produits à des niveaux jamais atteints et ce malgré la restriction d’accès au dollar ou des menaces de pendaison à l’encontre des vendeurs et des acheteurs.

Cette semaine débutait la période de célébration de la révolution islamique avec l’anniversaire du retour en Iran de Khomeiny le mercredi 1er février (12 Bahman). Le régime entrait clairement dans une zone de turbulence car, selon ses propres règles, les Pasdaran doivent être présents à tous les niveaux surtout pour l’anniversaire du retour de Khomeiny. Il allait connaître un boycott très dévalorisant : la semaine allait être un rappel de leur rupture et la confirmation de sa faiblesse. Se sentant en danger, le régime a multiplié les buzz pour détourner l’attention du peuple de son isolement, il a également multiplié les slogans agressifs pour se montrer puissant alors qu’il perd pied. Les Occidentaux qui ne veulent pas la fin de l’islamisme qui divise et affaiblit cette région très riche ont aidé les mollahs en ignorant le boycott du peuple et des Pasdaran et en ne prêtant d’attention qu’aux buzz et aux provocations creuses du régime.

Voici néanmoins des images qui prouvent la lente chute du régime, images qui continuent à paniquer ses associés du régime et à accélérer sa chute.


07.02.2012

Iran : La semaine en images n°204

Il y a deux semaines, le vendredi 30 décembre, au moment où Reza Pahlavi a lancé un appel à la communauté internationale pour aider les Iraniens à se débarrasser du régime islamique en traînant son chef spirituel devant la cour pénale internationale, les officiers des Pasdaran ont unanimement boycotté la journée de soutien au Guide.

Les officiers des Pasdaran qui ont commencé leur rupture dès 2008 en boycottant de manière régulière les manifestations politiques et religieuses du régime ont ainsi exprimé leur soutien à un changement radical de régime et à l’adoption du modèle laïque défendu par Reza Pahlavi. Leurs précédents boycotts qui isolaient et affaiblissaient les dirigeants avaient paniqué les hommes d’affaires du régime : ils s’étaient mis à liquider leurs avoirs pour acheter de l’or et du dollar afin de pouvoir fuir le pays avant que la chute du régime n’entraîne leur perte. Cette fois, le soutien explicite des Pasdaran à un changement de régime a davantage paniqué les associés du régime : ils se sont encore plus massivement mis à vendre leurs actions pour acheter de l’or et des dollars. Le régime qui manque de devises en raison des sanctions pétrolières américaines de 1997 a été incapable d’augmenter son offre quotidienne de 120 millions de dollars. Le manque de dollar a fait monter son prix de 10% par jour (soi 1,2% par heure), il a rapidement atteint 2000 tomans soit le double du prix officiel pratiqué par la Banque Centrale Iranienne donnant du régime l’image d’un système en faillite où la seule devise est chacun pour soi !

Par le passé, les dirigeants du régime avaient menacé les acheteurs et les agents de change de poursuites judiciaires au prétexte de s’adonner à la spéculation qui est interdite par la charia, mais ils n’ont jamais osé mettre leurs menaces à exécution de peur d’encourager l’envie de fuite chez ses associés affairistes paniqués. Les dirigeants du régime étaient dépassés. Leur seule action a été de parler de fermeture du détroit d’Ormuz pour détourner les attentions de l’envie de fuite de ses derniers collaborateurs.

On n’a alors guère entendu les Américains dénoncer une manœuvre et évoquer la chute prochaine du régime islamique car contrairement aux idées reçues, Washington ne veut pas la fin du régime islamique, mais le transfert des pouvoirs à ses pions afin de disposer d’un allié islamiste naturellement agitateur pour soulever l’Asie Centrale contre les Chinois. Les Américains ont même envoyé vers les mollahs l’un de leurs plus importants alliés stratégiques de la région, la Turquie, avec une offre de 15 milliards de dollars d’investissement pour renflouer leur régime afin d’empêcher la chute de l’islamisme en Iran.

L’offre de Washington est arrivée mardi dernier. Mercredi, le régime a augmenté son offre quotidienne de 120 millions de dollars à ½ milliard de dollars et a promis de satisfaire convenablement la demande en offrant des quantités illimitées de dollars au prix raisonnable de 1400 tomans. Il espérait calmer les inquiétudes pour faire chuter la demande afin d’obtenir une baisse naturelle du dollar voire un retour au prix officiel. Mais le dollar à 1400 tomans a dopé la demande : on a enregistré 17% de hausse en trois heures soit 5,5% par heure (4 fois plus de hausse que la semaine dernière). Le dollar bon marché avait fait quadrupler la demande. Jeudi, le régime a cessé toute information sur le sujet. Il est revenu à une politique d’intimidation avec la pendaison publique de trois voleurs de banque en référence à ceux qui vident sans vergogne ses réserves alors qu’il manque tragiquement de devises.

Cette semaine, le régime avait un programme officiel difficile. Le lundi 9 janvier, il devait organiser la commémoration de la 1ère révolte des partisans de la révolution islamique en 1979. Il craignait un boycott rappelant le rejet de la révolution islamique et confirmant son manque de partisans.

Par ailleurs, le vendredi 13 et le samedi 14 janvier, le régime devait aussi organiser Arbaeyn, la fin des deuils d’Achoura en mémoire d’Hossein, tombé en martyr pour la défense du chiisme. Etant donné qu’Achoura avait été massivement boycotté par tous les Iraniens y compris les membres du clergé, le régime s’attendait à un bis rappelant à chacun qu’il n’avait personne pour le défendre même par ferveur religieuse.

Avec ces deux rappels de sa faiblesse et sa vulnérabilité, le régime s’attendait à une amplification de la terreur de ses hommes d’affaires. Il allait revivre la crise de la semaine dernière avec des hausses plus importantes pour le dollar.

La semaine dernière, le régime avait mis en avant la fermeture d’Ormuz pour focaliser les débats sur le risque d’une intervention afin de détourner le peuple de ses problèmes internes, cette fois, pour focaliser le peuple sur le risque d’une intervention, il a évoqué sa volonté d’amplifier sa capacité d’enrichissement d’uranium à 20% sur le site de Fordo près de Qom.

Washington, qui rappelons-le ne veut pas renverser le régime, n’a fait aucun commentaire fort à ce sujet afin d’éviter des sanctions qui entraîneraient à coup sûr la perte du régime islamique qu’il veut préserver et transférer à ses pions. Washington a même sauvé des marins iraniens prisonniers de pirates du mer d’Oman pour apaiser la situation et aussi pour rappeler au régime ses limites en matière d’interventions navales. Washington qui avait fait pression sur les Européens pour évoquer des sanctions superficielles leur a demandé de se calmer. La note de la France a été baissée, d’autres baisses de notes ont été évoquées pour justifier un report des sanctions européennes. Le Japon bon larbin de Washington est aussi revenu sur son annonce de cesser les achats pétroliers en Iran.

La situation préoccupante du régime a amené Washington à modérer ses pressions alors que le régime qui avait besoin d’un ramdam pour qu’on l’attaque et qu’il détourne ainsi l’opinion iranienne de l’envie de fuite de ses collaborateurs, a tout tenté pour provoquer un conflit avant le lundi 9 janvier, date à laquelle on allait assister à une nouvelle crise du dollar en raison d’un boycott confirmant la rupture des Gardiens de la révolution islamique avec la révolution islamique !

Les images que nous avons dénichées montrent que le régime a éliminé l’un des responsables de son programme d’enrichissement pour occuper l’opinion au moment où le dollar était très en hausse et qu’il ne trouvait pas le moyen de provoquer un conflit avec Washington pour obtenir une crise et ainsi détourner l’attention de l’opinion de l’envie de fuite de ses associés. Le régime s’est saigné lui-même pour que l’on ne remarque pas qu’il a la fièvre !

Voici un ensemble d’images surprenantes montrant un régime fini et désespérée qui s’accroche, gesticule, se débat, qui menace et qui tue les dissidents faisant le vide autour de lui au grand désespoir des Européens et des Américains qui font tout pour le préserver. Voici les images d’une chute fatale qui peut libérer l’Iran et le Maghreb islamisé de force par Washington si les deux parties ne trouvent pas un terrain d’entente. Il y a eu des tentatives cette semaine qui n’ont rien donné.
Regardez, il y a des vents contraire, mais aussi de l’espoir !


17.01.2012

Iran : La semaine en images n°202

Contexte général | Il y a trois semaines, le régime devait célébrer Achoura, un des événements fondateurs du chiisme. La participation a été inférieure à 200 personnes dans tout le pays. Le régime ne pouvait plus prétendre avoir des réserves pour compenser la rupture des Pasdaran que l’on ne voit plus à ses côtés dans les manifestations officielles. Le boycott d’Achoura a montré que le régime et ses dirigeants étaient isolés et donc très vulnérables. Ce boycott a terrorisé les divers collaborateurs du régime. Parmi eux, les associés économiques du régime ont intensifié la vente de leurs avoirs et leurs achats de pièces d’or et de dollars pour pouvoir fuir à tout moment si les choses allaient plus mal.

Le régime devait se montrer fort pour les rassurer afin de mettre fin à cette crise, mais il s’est mis à manipuler les quantités et les prix d’or et du dollar disponibles sur le marché au lieu pour étouffer la crise. Ce choix montrait qu’il n’avait pas les moyens de rassurer ses associés, la panique s’est amplifiée, la demande de l’or et du dollar aussi, ce qui a fait monter encore les prix.

Les Européens, qui contrôlent près de la moitié des barils produits en Iran via des contrats buy-back [1], ont commencé à remettre en cause des sanctions déjà annoncées en prétextant un refus de l’Italie !

Washington n’a alors aucunement protesté car il ne sanctionne pas les mollahs pour renverser leur république islamique, mais pour les forcer à céder les rênes de cette république agitatrice à ses pions afin d’utiliser l’islam pour soulever l’Asie Centrale contre la Chine qui domine ses ressources d’hydrocarbures.

Et puisque l’actuelle agitation interne peut entraîner la chute du régime, Washington a même dépêché un émissaire à Téhéran pour proposer aux dirigeants sa solution miraculeuse d’un transfert doux via une révolution de couleur qui donnera une couleur démocratique à l’islam.

Mais puisque c’est quand même la fin de l’exercice du pouvoir pour ses associés du régime, ces derniers n’ont pas aimé l’initiative de Washington. La crainte d’un compromis à haut niveau qui les sacrifierait les a même poussés à accélérer et intensifier leurs achats d’or et de devises en particulier le dollar. La demande a propulsé le dollar au niveau record de 1400 tomans.

Au même moment, Reza Pahlavi a réuni un large panel d’opposants pour demander un procès du chef spirituel du régime, Ali Khamenei, devant la CPI. Mais puisque le régime ne va pas remettre son chef à la CPI, la demande est en fait celle d’un soutien occidental à un soulèvement populaire. L’Europe qui va perdre ses contrats pétroliers a tout d’un coup oublié son amour de la liberté. De même, Washington n’a nullement prêté d’attention à la demande.

Mais trois jours après l’annonce, en début de la semaine dernière, les chaînes politiques iraniennes ont été submergées de soutiens venus d’Iran. Ce qui démontra que le peuple était favorable à Reza Pahlavi et prêt à se soulever. On n’a alors assisté à aucune manifestation de soutien au Guide du côté des Pasdaran. Ces derniers ont rappelé leur rupture avec le régime. La panique a regagné les associés du régime. En fin de semaine dernière, le dollar a progressé de 17,7% pour atteindre un nouveau record de 1630 tomans ! Le régime a fermé les agents de change pour cacher la crise !

Mais cette semaine, par un malheureux hasard de calendrier, juste après ces marques d’hostilité populaire vis-à-vis du Guide, le vendredi 30 décembre, le régime devait célébrer la journée de Soutien du Peuple au Guide ! Le régime était certain que le peuple et les Pasdaran ne seraient pas au rendez-vous et qu’en conséquence, la panique gagnerait davantage du terrain. Cela pouvait entraîner ses associés à changer de camps, cela pouvait provoquer des ruptures chez des dirigeants intermédiaires…

Il y avait beaucoup de menaces potentielles en suspension. Le principal dirigeant politique, Ali Larijani était critiqué sur le plan interne. Il ne pouvait indéfiniment prendre des mesurettes économiques très discutables comme la fermeture des agents de change. Larijani devait agir en chef politique voire en soldat pour rassurer les derniers fidèles sinon il risquait de perdre son poste.

Venant de la direction des médias du régime, depuis toujours face à la menace des boycotts ou des sanctions qui peuvent déstabiliser le régime, Larijani privilégie la diversion médiatique : une action médiatique forte pour détourner l’attention de l’opinion. Mais il lui fallait aussi agir en soldat pour défendre le régime et ses collaborateurs pour les inciter à ne pas déserter. Il a mêlé les deux pour annoncer que le premier jour de la semaine, samedi 24 décembre, le régime allait commencer « 10 jours de manœuvres pour démontrer sa capacité à fermer le détroit d’Ormuz », ce qui était un geste rassurant de soldat, mais aussi un moyen pour occuper les Iraniens afin que personne ne s’occupe de la Journée de Soutien au Guide qui allait être boycottée.

Larijani croyait avoir trouvé la solution. Mais les associés du régime ont assimilé l’annonce à une déclaration de guerre à l’Occident tout entier, craignant que cela n’entraîne des sanctions les empêchant de sortir leurs dollars du pays, ils ont intensifié leurs achats. Le dollar qui était tombé à 1400 tomans grâce à la fermeture forcée du marché est reparti en hausse.

Ce samedi, le régime a reporté les manœuvres militaires annoncées. Mais il était trop tard, il s’est retrouvé avec une nouvelle crise visible bien avant le boycott de la journée de Soutien du Peuple au Guide. Le régime était à nouveau sous pression et en alerte rouge. Voici les images d’une semaine de crises et d’efforts pour en sortir. C’est un inventaire du peu que le régime a en réserve pour se tirer d’affaire.


04.01.2012

Iran : La semaine en images n°199

Les semaines dernières, le régime a été confronté à un boycott permanent de toutes ses manifestations officielles par les Pasdaran et un boycott populaire des événements religieux : il est devenu clair qu’il n’avait plus aucune légitimité, ni aucun soutien. Après chaque boycott, ses associés économiques, convaincus de sa vulnérabilité, se sont précipités vers le Bazar pour acheter massivement et en dehors de toute contrainte officielle de l’or et du dollar afin de préparer leur fuite. L’or et le dollar ont sans cesse augmenté et leur hausse est devenu synonyme de la baisse de la cote du régime.

Pour redresser la barre, la caste dirigeante devait démontrer qu’elle pouvait demeurer au pouvoir et assurer les intérêts de ses collaborateurs. Son premier choix a été de cibler la principale menace : les sanctions américaines qui empêchent la signature de nouveaux contrats pétroliers pour l’affaiblir afin de le forcer à céder le pouvoir aux pions islamistes de Washington. Le régime a cherché l’escalade avec Washington en évoquant des tirs de missiles pour mettre en avant sa capacité de fermer le détroit d’Ormuz afin d’inverser les menaces et le contraindre à abandonner ses sanctions doublement pénalisantes. Washington a comme d’habitude esquivé pour garder ses sanctions destinées à affaiblir le régime et le forcer à céder le pouvoir à ses pions. Les associés du régime ont été davantage démoralisés. Ils ont amplifié leurs achats.

Le régime a renoncé à sa politique d’escalade et a tenté d’intimider ses associés ou les intermédiaires du marché. Mais il ne pouvait pas aller trop loin de peur de précipiter sa chute. C’est pourquoi, il s’est réfugié dans une propagande évoquant l’existence de réserves de partisans en province. Cette propagande a été anéantie par de nouveaux boycotts des Pasdaran et le rejet d’autres événements religieux par tous les Iraniens. La panique a été à son comble : les prix de l’or et du dollar ont battu tous les records.

Il y a une semaine, débutait le mois de Moharram qui doit être marqué par 10 jours de ferveur religieuse et de mortifications publiques dans tout le pays. Les points culminants de cette décade sont les 9e et 10e jours appelés Tassoua et Achoura. Ces journées essentielles pour les chiites ont été boycottées l’année dernière. Le régime redoutait 10 autres jours de boycotts confirmant son isolement.

Après cela, le régime pouvait s’attendre au boycott de la Journée de l’Etudiant organisée par l’opposition officielle : il allait alors perdre la possibilité d’incruster ses pions dans la contestation pour sauver quelques têtes. Cela pouvait entraîner de nouvelles ruptures.

La situation était très risquée. Le régime devait agir. Il a mis en place des mesures préventives paralysant les intermédiaires du marché (revendeurs d’or ou agents de change). Le prix de l’or est tombé de 17%, le dollar a été stabilisé. Le régime s’est alors lancé dans le projet d’invasion et de saccage de l’ambassade britannique par des étudiants islamiques. La Grande-Bretagne était choquée par cette agression et exigeait à demi-mot une frappe pour punir les mollahs.

En scrutant l’image, nous n’avons pas constaté la présence des centaines de jeunes islamistes vus par les Britanniques. En revanche, nous avons constaté que les papiers présentés par les Britanniques comme étant des documents volés à l’intérieur de leur ambassade avaient été distribués par les « étudiants islamiques » avant même que ces derniers ne pénètrent dans les bâtiments. Par ailleurs, ces gens ne pouvaient pas envahir en masse les lieux en faisant sauter un cadenas car le type de porte blindée qui équipe l’ambassade est fermé par un système magnétique à codes et non par un cadenas. Ces étudiants ne pouvaient entrer qu’en ayant les codes. L’affaire avait été montée avec le concours des Britanniques, alliés historiques du clergé chiite iranien, qui aimeraient aussi voir la fin des sanctions destinées à virer des partenaires qui bloquent l’accès américain à l’Asie Centrale. C’est pourquoi ni Washington ni les Européens n’ont accepté l’escalade souhaitée par Téhéran et promue par Londres et ont puni ce montage en annonçant de nouvelles sanctions financières contre le régime.

Les associés du régime n’ont guère aimé car les sanctions financières les empêchent de sortir leur fortune d’Iran : il leur fallait accélérer leurs achats de l’or et du dollar. La demande a été si forte que l’or est remonté de 17%, à son niveau du début de la semaine. Le dollar est aussi reparti à la hausse.

Au début de cette semaine, le régime était doublement malheureux car en dehors de l’échec de sa politique anti-sanctions, il avait donné le maximum (une semaine avant Achoura) et se retrouvait à court d’agitations fortes pour détourner les regards du boycott qui avait lieu et allait devenir plus visible dès le lundi 5 décembre avec son incapacité à organiser dignement les journées de flagellations sanglantes et publiques de Tassoua et d’Achoura. La situation était encore une fois très risquée.

Le régime a commencé par faire état de cas de flagellations par ci ou par là pour insinuer que le peuple ne boycottait pas l’Islam. Mais il n’a pas su présenter les images authentifiant ces annonces. Il a alors improvisé une nouvelle tentative d’escalade grâce à la capture d’un drone américain. Cela n’a rien donné, il a été obligé d’improviser des rassemblements religieux. Le régime a traversé cette semaine en improvisant, il est souvent resté dans le flou car il n’avait aucun atout dans ce remix de la semaine dernière. Voici les images d’une semaine en clair-obscur pour camoufler des problèmes de plus en plus ingérables.


12.12.2011

Iran : La semaine en images n°198

La semaine dernière a été marquée par le boycott massif des rassemblements de la Semaine du Bassidj par les centaines de milliers de membres de cette milice populaire chargée du maintien de l’ordre et de la lutte anti-émeutes. Le régime n’a jamais pu dépasser le seuil de 300 personnes pour ses rassemblements. L’absence de mobilisation a également rappelé à chacun que le régime avait également perdu l’adhésion de ses autres collaborateurs comme les Pasdaran ou les mollahs de base.

Ces boycotts ont confirmé l’affaiblissement et la vulnérabilité du régime. Comme au cours des mois derniers, après chaque boycott, les associés du régime ont paniqué et se sont mis à acheter de l’or et des dollars pour pouvoir faire leurs valises et prendre la fuite. La demande et le nombre limité de dollars ont fait montrer cette devise à 1370 Tomans soit 25% de plus que les cours officiels. Le régime n’a pas annoncé de chiffre pour l’or, mais en recoupant les infos, on pourrait affirmer que l’or a atteint les 690,000 tomans, un record absolu depuis le début du cycle des boycotts des Pasdaran. On peut même parler d’un record important car une semaine plus tôt, au nom de la lutte anti-fraude (prétexte inventé pour attaquer ses associés paniqués), le régime avait bloqué 3 millions de comptes bancaires anonymes par lesquels transitaient les achats de dollars pour tarir la source qui alimentait les achats.

Bref, la semaine dernière, le régime a touché le fond et ce malgré ses efforts pour intimider ses associés ou entraver leurs achats. In fine pour restaurer son autorité, il a annoncé la tenue de plusieurs rassemblements de 50,000 bassidjis à Téhéran, il comptait diffuser des photos d’archives. Or, la date de la semaine du Bassij est fixée par rapport au calendrier lunaire arabe et cette semaine est depuis peu en automne, pendant les années fastes du régime, elle tombait pendant la saison chaude. Cette année, le régime a joué de malchance avec un temps morose et de la neige. Il n’avait pas d’images de bassidjis sous la neige : il a dû compter sur les partisans dont il dispose qui sont peu nombreux et majoritairement âgés. Ce rassemblement raté est devenu l’indicateur de la faiblesse et la vulnérabilité du régime. Le dollar et l’or ont continué leur hausse. La semaine s’est terminée sur l’annonce de deux condamnations à mort dans le dossier des fraudeurs financiers !

Cette semaine, le régime a durci le ton car il redoutait une nouvelle confirmation du rejet du peuple dès dimanche, avec le boycott de commémoration publique des saints chiites au démarrage du mois de Moharram. La semaine suivante, il pouvait toucher le fond les 6 et 7 décembre avec le boycott d’Achoura, la dernière et principale journée publique des saints chiites confirmant le rejet de l’islam et aussi avec le boycott de la Journée de l’Etudiant organisée par l’opposition officielle qui confirmerait aussi le rejet de cette opposition factice.

Bref le régime allait vers une puissante crise à partir du mercredi 7 décembre. Ce mardi (29 novembre), une semaine exactement avant cette tempête, il a annoncé l’invasion de l’ambassade britannique par des centaines d’étudiants portant les drapeaux emblématiques des islamistes fanatiques chiites… Le régime entendait neutraliser les boycotts qu’il redoutait.

Par ailleurs, il pouvait provoquer un conflit avec l’Occident pour évoquer sa capacité militaire de nuire au transit pétrolier afin de retourner la situation en sa faveur… Un coup de maître !

Mais Washington est resté zen ! il n’a pris aucune position notamment parce que la Grande-Bretagne est un proche allié du régime, souvent épinglé par Washington : il a tout intérêt à le voir réussir à se libérer des sanctions. Face à l’esquive américaine, Londres a été obligé de surenchérir pour pousser les pays européens à aller vers le conflit. Il n’a pas eu gain de cause car les Européens ont évoqué de nouvelles sanctions au lieu de frappes qu’elle suggérait à demi mot. Tout cela a confirmé la gravité de la situation du régime. Ses collaborateurs ont continué à éviter ses manifestations officielles, ses associés se sont montrés plus agités… In fine, le régime a encore perdu des collaborateurs ! Les images de la semaine nous montreront cette réalité en parallèle avec l’invasion qui devait donner des couleurs au régime agonisant.


06.12.2011

Iran : La semaine en images n°197

Indispensable rappel des faits et événements des semaines précédentes pour comprendre une semaine très palpitante | Au cours des derniers mois, les jeunes Pasdaran ont sans cesse boycotté les manifestations officielles politiques ou religieuses, mais aussi la participation à des actions répressives et intimidantes. Le régime est devenu de facto vulnérable face au peuple. Les associés économiques, membres des clans au pouvoir, qui selon une récente information serait 810 individus, ont estimé que les jours du régime étaient comptés. Ils se sont mis à vendre leurs actions pour acheter de l’or et des dollars. Cela vidait les réserves bancaires du régime. Cette frénésie est par ailleurs devenue l’indicateur du manque de confiance en l’avenir du régime et a commencé à provoquer la rupture d’autres collaborateurs. Le régime devait mettre fin à cette crise polymorphe.

Dans un réflexe pavlovien, le régime a d’abord annoncé des pendaisons collectives pour mettre en scène sa force afin de rassurer ses associés qu’il a le moyen de rester au pouvoir. Mais chaque nouveau boycott des Pasdaran contredisait cette soi-disant puissance. Les achats d’or et de dollars se sont accélérés. Le régime a alors inventé un scénario de Coup d’Etat des Pasdaran-Trafiquants pour insinuer qu’il pouvait arrêter et pendre les miliciens boycotteurs. Mais le risque d’un clash ouvert précipitant sa chute a amplifié la panique de ses associés. Le régime a dû arrêter ce scénario. Il a alors inventé une histoire de fraude bancaire de ses 810 associés économiques et a parlé de pendaisons pour atteinte à la sécurité nationale afin de les intimider.

Cette solution à l’emporte-pièce a démontré la détresse du régime : ses associés économiques ont été convaincus qu’il était dépassé et ont accéléré leurs achats. Les nervis du régime qui seront seuls au premier rang en cas de soulèvement ont réalisé qu’ils défendaient un régime condamné : ils ont commencé à prendre leur distance avec le régime. Le boycott du Ramadan par le peuple et le boycott la journée de Qods par les Pasdaran a convaincu chacun des collaborateurs du régime que le système était fichu. Puis le régime a été confronté au boycott de la Semaine de la Défense de la Révolution. C’était, il y deux mois.

Selon des informations parues cette semaine, les Américains, qui ne cherchent pas la fin du régime islamique, mais l’arrivée de leurs pions à la tête de ce régime auraient écrit aux mollahs deux lettres signées par Obama pour proposer la reprise du dialogue. C’est dans la foulée de cette correspondance qu’un émissaire du régime, Ahmad Rezaï, le fils d’un des plus haut personnages du régime, a quitté le pays pour se rendre à Dubaï. En 1998, il avait été au centre d’autres tractations irano-américaines pour un rapprochement basé sur un soi-disant coup d’Etat des Pasdaran et la mise à l’écart des personnes sanctionnées par Washington. Il semble que les mollahs cherchaient un rapprochement avec les pions islamiques de Washington dans le sens de leur intérêt commun avant que les jeunes Pasdaran devenus laïques parviennent à déstabiliser le régime avec un boycott massif de la semaine du Bassidj comme en 2010 et 2009.

Il est important de rappeler que ce boycott massif de la semaine du Bassidj n’était pas une supposition car le boycott des Pasdaran a commencé au sein des Bassidjis au point que le régime a démantelé leurs brigades et désarmé les jeunes en 2009. Le régime a gardé la semaine du Bassidj car le mot signifie l’engagement volontaire et populaire dans la résistance contre les ennemis de la révolution islamique et il ne voulait pas paraître plus seul qu’il n’est. Le régime et les Américains devaient se dépêcher !

Selon des informations officielles du régime, Ahmad Rezaï faisait sans cesse des allées et venues en Iran ou discutait tous les jours avec les gens de « sa famille ». Il travaillait donc durement pour parvenir à un résultat.

Mais il y a dix jours, Ahmad Rezaï a été trouvé mort dans sa chambre dans des conditions qui laissent supposer un meurtre. Il nous est paru évident que les seuls bénéficiaires étaient les Pasdaran en rupture avec le régime. Peut-être, ont-ils été aidés par les Britanniques qui ne peuvent pas accepter que les mollahs passent dans le camp américain. Ils ont déjà agi de manière très hostile envers le régime quand ce dernier a commencé à dialoguer avec Washington.

Deux jours après l’élimination de son intermédiaire Ahmad Rezaï, le régime a reçu un nouveau coup avec l’absence de près de 93% des jeunes officiers au défilé annuel de leur fin d’étude devant le Guide et l’Etat major des Pasdaran. Le régime allait recevoir le coup de grâce avec le boycott massif de la semaine du Bassidj. Une bombe a explosé décimant de nombreux officiers des Pasdaran. Les circonstances douteuses de l’explosion portent à croire qu’il s’agissait d’un coup monté pour éliminer des éléments actifs du groupe des Pasdaran en rupture avec le régime islamique. Cette bombe a aussi focalisé les attentions et détourné les regards du boycott de la semaine du Bassidj.

Deux jours plus tard après des funérailles bâclées, le régime organisait des fêtes, on distribuait des gâteaux ! La réponse ne s’est pas faite entendre : une des plus grandes mosquées du nord de l’Iran a brûlé sans qu’interviennent les pompiers qui font partie des Pasdaran. La police est également restée passive ainsi que la population. Le groupe des Pasdaran dissidents a démontré qu’il avait les moyens de partir en guerre contre les centres d’intérêts du régime avec le concours de la population en dehors du calendrier des manifestations. Le régime a seulement nié les faits malgré la publication de photos sur ses propres sites !

La semaine dernière, nous avons donc assistés aux premiers actes de guerre entre les mollahs et les jeunes Pasdaran. Par le passé, chaque boycott de la part des jeunes Pasdaran avait été suivi d’une panique chez les associés du régime, le déclenchement des hostilités aurait dû provoquer un vrai tsunami de panique. Les Pasdaran qui ont agi misaient peut-être sur cette panique, mais cela n’a pas eu lieu car au lendemain de l’attentat qui a décimés leurs figures charismatiques, le régime avait confisqué près de 3 millions de comptes bancaires utilisés par ses 810 associés économiques pour leurs achats de dollars. En l’absence de cash, le régime espérait aussi en finir avec la hausse des prix de l’or et du dollar qui est devenue l’indicateur de son affaiblissement. Mais ses associés spoliés ont commencé à vendre massivement des actions pour compenser la perte : la bourse a enregistré une baisse de son index par la chute des actions, en revanche, les 810 associés en rupture ont pu trouver des ressources pour continuer leurs achats. L’or et le dollar, malgré la baisse des ressources, ont vu leur prix rester à leur haut niveau.

Cette semaine, le régime devait neutraliser cette résistance de ses associés en rupture, mais aussi s’occuper des Pasdaran qui avaient détruit une mosquée, symbole du système en place. Leur capacité de destruction étant prouvée, le régime devait éviter de les énerver, mais il devait montrer sa propre puissance de résistance.

Etant donné que conformément au programme officiel, on était en pleine Semaine du Bassidj et de résistance aux ennemis, le régime devait neutraliser ses adversaires en mettant en avant le soutien des jeunes Bassidjis qui incarnent sa résistance. Le régime ne pouvait pas y couper et était de facto face à un défi impossible.

Après de vains échecs pour convaincre l’opinion que tout se déroulait bien, comme la semaine dernière, le régime a choisi la diversion médiatique. Mais cette fois, il n’a pas fait exploser une bombe (peut-être qu’il redoute la riposte des Pasdaran). Il a mis en scène une fausse crise politique basée sur l’interdiction du journal Etémad pour faire oublier son incapacité à organiser les événements programmés et aussi pour faire oublier les faits graves de la semaine dernière.

Le journal Etémad appartient à Karroubi, le faux opposant interne, membre du 1er cercle du pouvoir : le régime espérait également le relancer à un moment où un soulèvement devient possible. Mais la mayonnaise n’a pas pris, il a été obligé de lancer une autre fausse crise politique basée sur l’interdiction d’un autre journal ! Par ailleurs, pour des raisons électorales, Obama a été obligé d’adopter de nouvelles sanctions bancaires contre le régime. Cela a déplu aux associés du régime qui ont besoin de sortir le dollar du pays, on a assisté à une nouvelle vente massive d’actions et une reprise forte des achats. Le régime a été surpris, il devait réagir : il espérait diffuser des images d’archives de Bassidjis paradant dans les rues, mais il s’est mis à neiger et il n’a pas d’images de Bassidjis sous la neige. Il a dû composer avec ce qu’il avait sous la main. Voici les images d’une semaine bien mouvementée et pleine de rebondissements et d’échecs pour le régime agonisant des mollahs.


29.11.2011

Iran : La semaine en images n°194

Au cours des dernières semaines, après le boycott des manifestations officielles et militaires par les jeunes Pasdaran (issus du peuple), les associés économiques du régime, les Âghâ-zâdeh (littéralement fils des maîtres) ont paniqué : ils ont commencé à augmenter leurs achats de pièces d’or, de lingots et de dollars. Ces achats ont fait augmenter les prix de ces produits. La hausse de l’or et du dollar a augmenté le sentiment d’instabilité du régime. Le régime était affaibli par la confirmation de la rupture de ses défenseurs et aussi par l’envie de rupture de ses collaborateurs économiques.

Le régime devait calmer la crise, mais il ne pouvait pas satisfaire la demande car d’une part, il s’agit d’échanger de précieuses devises contre la monnaie iranienne qui ne vaut rien et d’autre part, s’il satisfait la demande, ses associés n’auraient plus de raison de demeurer à ses côtés. Il irait vers l’effondrement. Il a alors inventé une affaire de fraude bancaire et de corruption et a annoncé des arrestations dans les milieux d’affaires pour intimider acheteurs… Il a aussi programmé des pendaisons publiques dans les villes les plus agitées… Mais il est resté dans l’intimidation car toute confrontation entraînerait l’effondrement du système.

Sachant qu’il ne pourrait pas entrer en conflit contre ses associés, le régime a finalement diminué fortement la distribution de pièces en or aux marchands d’or et aussi la distribution de devises à ses 601 agents de changes officiels pour geler la crise et la priver de toute visibilité tout en sauvegardant ses réserves en devises. Cette gestion défensive de la crise a fait diminuer les prix de 5%, mais le manque de devises a donné l’impression d’une banqueroute et a amplifié la panique. En l’absence de pièce d’or et de devises en quantité suffisante, les associés paniqués se sont alors orientés vers l’achat à la bourse de pièces d’or livrables dans 3 à 9 mois, le prix des pièces à venir ont alors augmenté de 18% !

La semaine dernière, la panique a été encore amplifiée suite à l’adoption de nouvelles sanctions européennes car elles peuvent accélérer le mécontentement et provoquer des émeutes alors que le régime n’a plus de défenseurs. La demande a fait exploser les prix malgré les restrictions imposées à la distribution aux revendeurs. Les prix pouvaient paniquer les vieux nervis qui restent aux côtés du régime. Conscient du danger que serait leur rupture, le régime n’a alors rien trouvé de mieux que de nier l’existence de la crise en annonçant des prix moins élevés sur le marché libre ou encore en simulant une situation économique normale voire favorable en évoquant de nombreuses rencontres avec des investisseurs étrangers à l’occasion de plusieurs expositions industrielles. Le dispositif a tenu 3 jours et a volé en éclats quand les prix ont commencé à coller aux taux atteints avant les récentes restrictions.

La révélation des augmentations tenues secrètes a démontré que le régime était dépassé et bien impuissant face à ses associés économiques. Il a alors oublié sa politique de négation de la crise et a commencé une politique de gestion de la crise en diffusant peu à peu les nouvelles de hausse…

Cette semaine, la crise des associés du régime a été amplifiée pour un nouveau motif : l’incapacité prévisible du régime à forcer les écoliers à participer, selon l’usage, aux diverses manifestations de la commémoration de la prise de l’ambassade américaine en 1979.

Le marché a été très nerveux. Le régime a dû accélérer l’allure de ses réajustements. Le cumul important des annonces officielles de reconnaissance des hausses a été vu comme une preuve supplémentaire de son dépassement. C’est pourquoi chaque reconnaissance d’une hausse par le régime a été suivie de nouvelles demandes d’or et de dollars et a entraîné une nouvelle hausse ! Cette semaine, le régime a sans cesse couru après l’info et ses associés paniqués tout en essayant de tricher quand cela était possible. Voici les images d’une semaine de folie, confuse et riche en toutes sortes de manœuvres !


07.11.2011

Iran : La semaine en images n°191

Au cours des derniers mois, les Pasdaran, les Bassidjis et les militaires oont sans cesse boycotté les rassemblements ou événements officiels en l’honneur du régime, son fondateur, ses héros et même en l’honneur de l’islam. Chaque boycott a été suivi par un mouvement de panique chez les partenaires du régime : ils se sont, à chaque fois, mis à acheter de l’or ou des dollars pour préparer leur fuite en cas d’une action hostile des miliciens en rupture avec le régime.

Le régime a ainsi été confronté à deux mouvements d’affaiblissement. Il a décidé de punir les miliciens dissidents et mettre en avant sa capacité de répression pour rassurer ses partenaires encore fidèles. Cela n’a pas été suffisant : il a été obligé de menacer les partenaires paniqués, mais sans provoquer leur fuite. Il avait alors incendié le Bazar qui n’est pas leur centre d’affaires, mais un centre vulnérable. Cela n’a pas rassuré ses partenaires paniqués et a en plus provoqué une grève au Bazar qui perdure depuis deux mois.

Finalement, après d’autres boycotts de la part des Pasdaran, le régime a inventé une affaire de fraude bancaire pour attaquer les partenaires paniqués devenus incontrôlables qui par leur agitation peuvent précipiter sa chute. Il a aussi mis en valeur sa capacité de répression et l’existence de réserves de partisans chez les plus défavorisés pour rassurer les partenaires encore fidèles. Mais à chaque fois, il n’avait aucune photo susceptible de prouver ses annonces. Les partenaires du régime ont continué à acheter des dollars au point que cette devise n’a cessé d’augmenter malgré la multiplication par 30 de l’offre de la banque centrale pour brider des hausses hebdomadaires de 15%. Il y a deux semaines, la hausse malgré l’augmentation de l’offre, a atteint les 30%.

On était alors à la veille d’une enième panique en raison du boycott prévisible de la « Semaine d’hommages aux Forces de l’Ordre », le régime n’a alors pas trouvé mieux que de retirer le dollar du marché pour diminuer la visibilité de la panique ou d’annoncer une vingtaine d’arrestations chez ses partenaires paniqués pour intimider les partenaires affolés. Il avait aussi multiplié les annonces quasi quotidiennes de pendaisons collectives dans toutes les provinces pour rassurer les mêmes partenaires quant à sa force de frappe nationale et donc les moyens suffisants pour demeurer au pouvoir. Ces opérations défensives n’avaient pas convaincu ses partenaires paniqués : en l’absence de dollar, ils s’étaient mis à acheter des pièces d’or notamment à Ispahan. En réponse, le régime avait programmé des pendaisons à Ispahan. La pendaison qui était un moyen de rassurer ses partenaires est ainsi devenue un moyen d’intimider ces derniers.

L’utilisation de la pendaison pour intimider les siens a amplifié les craintes de ses partenaires. Ils ont continué à acheter de l’or dans des proportions très importantes. Le régime avait alors déployé les retraités de son camp pour simuler la création d’une nouvelle force coercitive de 31,000 membres. L’absence de photos authentifiant ce nombre impressionnant avait mis en évidence qu’il mentait. La crise est devenue plus forte.

Cette semaine, le régime avait encore à son programme quelques jours consacrés à la « Semaine d’hommages aux Forces de l’Ordre » donc encore un problème de boycott et de crise due à la confirmation de sa vulnérabilité. Il devait aussi organiser partout en Iran et plus particulièrement à Machad, l’anniversaire de l’Imam Reza, la grande figure locale du chiisme. Mais au vu du boycott des mosquées pendant le Ramadan surtout à Machad, il n’était guère optimiste. La pression était double.

Dans ce contexte globalement négatif pour sa légitimité politique et religieuse, samedi (le premier jour de la semaine en Iran), le régime a commencé la semaine sur une attaque avec l’annonce de 4 pendaisons publiques à Ispahan, seconde capitale iranienne de panique post-boycott. Il était donc certain qu’il allait être boycotté et désavoué, il était incapable d’éviter le boycott, il cherchait à limiter ses effets. Mais ce nouveau cas d’utilisation de la pendaison contre ses partenaires paniqués a érigé tous ses partenaires ou serviteurs en ennemis. C’est pourquoi, le même jour, personne n’a aidé le régime à organiser sa version de la journée internationale de l’enfance mettant l’accent sur le soutien de leurs enfants aux commandos cagoulés chargés d’éliminer toutes menaces contre le régime. Les hommes cagoulés, derniers espoirs du régime, et le régime qu’ils représentent se sont retrouvés bien seuls.

Cette semaine a donc commencé par une défaite qui a montré au régime sa dépendance à ses derniers partenaires. La pression est montée d’un cran. Le régime a reculé. Il a levé le pied sur les pendaisons et a déplacé les pendaisons publiques programmées à Ispahan vers une petite ville de la banlieue de cette ville pour diminuer leur visibilité sans perdre la face. Puisqu’il lui fallait se réconcilier avec ses partenaires, il a aussi mis la sourdine sur l’affaire des fraudes. Mais dans le même temps, il devait rassurer les siens sur sa capacité répressive : les commandants qui lui restent fidèles et l’unité des dirigeants. Enfin, il a également programmé des voyages officiels pour le Guide alors qu’il évite de sortir par la peur que lui inspire la rue sans l’apport protecteur des Pasdaran. Ce choix a augmenté l’anxiété du régime. Bref, cette semaine, il était bien sous pression, entre la nécessité d’être prudent et la nécessité de prendre des risques.

Washington qui fait pression sur les mollahs pour qu’ils transfèrent leurs pouvoirs vers ses pions a jugé le moment opportun d’augmenter la pression (avec l’affaire de l’attentat) pour les secouer. Les mollahs ne pouvaient pas prendre le risque de s’enflammer alors que chacun connaît leur manque de puissance suite à la rupture des Pasdaran. Ils sont donc restés zen avec un minimum d’agressivité pour ne pas paraître dépassés donc encore une fois dans un équilibre incertain entre la prudence et la prises de risque. On peut donc parler d’une sale semaine chez les mollahs paniqués. Ce long numéro 191 de la semaine en images vous montre en détail cette semaine tortueuse et bien pénible pour les mollahs.


17.10.2011

Iran : La semaine en images n°188

Au cours du dernier mois, lors du Ramadan, les mosquées iraniennes sont restées totalement vides alors que le régime dispose officiellement de 500,000 Pasdaran ou Bassidjis, 80,000 membres engagés dans le clergé. Les mosquées vides sont devenues la preuve que le peuple tout entier rejette le système islamique, le régime se résume désormais à ses 130 dirigeants, les 20,000 membres de leurs familles qui monopolisent les affaires et un nombre restreint d’agents de terrain (pas assez pour surveiller les 130 membres de la caste dirigeante et leurs associés tout en remplissant les mosquées pour sauver les apparences).

Le boycott des mosquées a permis de révéler la vulnérabilité du régime. Ses (20,000) associés affairistes ont commencé à prendre leur distance. Ils pouvaient fuir le pays, aller vers le peuple ou encore pactiser avec Washington qui sanctionne le pays depuis des années pour obtenir un transfert des pouvoirs vers ses propres pions islamistes.

Face à cette triple menace, la caste dirigeante a d’abord choisi de faire des annonces sécuritaires pour intimider ses adversaires et rassurer ses associés. Mais l’absence de déploiement du peu d’agents dont il dispose a fait tomber à l’eau sa propagande. La caste dirigeante a arrêté cette propagande et s’est mise à menacer Washington d’une guerre régionale contre ses alliés pour l’amener à reculer afin d’éliminer une des menaces qui pèsent sur elle. Washington a esquivé les provocations pour rester dans sa logique de guerre d’usure économique. La caste dirigeante a dû arrêter ses provocations pour ne pas mettre en valeur son impuissance à résoudre ses problèmes de cette manière.

Il y a deux semaines, elle a alors décidé d’organiser une agitation politique sur un thème écologique fédérateur pour prendre la direction du soulèvement désormais possible tout en infiltrant l’opposition naissante pour reconnaître et éliminer ses meneurs. Le peuple a boycotté cette agitation téléguidée. Le régime est alors revenu à la provocation guerrière, mais la chute d’un avion avait remis en cause sa capacité de frappe.

En conséquence, la semaine dernière, la caste dirigeante s’est repliée sur le thème sécuritaire avec l’annonce effrayante de plusieurs pendaisons collectives et une pendaison publique (une manière d’augmenter la pression sans devoir déployer des troupes qu’il ne commande plus).

La semaine dernière, la caste dirigeante avait également annoncé l’organisation d’une conférence islamiste à Téhéran pour mettre aussi en valeur ses liens avec des mouvements islamistes régionaux afin d’insinuer une forte capacité d’action déstabilisante régionale. Enfin, elle avait aussi annoncé l’organisation de rassemblements insinuant l’existence de réserves de partisans à tous niveaux, en particulier chez les civils de province ou au sein de l’armée et des Pasdaran. Les images de la semaine dernière nous ont montré l’infondé de ces annonces.

Cette semaine, le jeudi 22 septembre, le régime devait célébrer la journée de l’armée. Il était clair qu’on allait voir le manque d’engagement en sa faveur, ses insinuations rassurantes allaient tomber à l’eau et ses associés allaient encore paniquer.

Par ailleurs, un opposant lié à Washington, « Oghab Iran » ou Aigle de l’Iran, avait appelé le peuple à se soulever le vendredi 23 septembre à 19 heures pour parvenir à chasser une partie des dirigeants et former un « nouveau gouvernement » (forcément islamique). La proposition ne pouvait pas plaire au peuple, mais elle était assez claire pour encourager le plus grand nombre possible des associés du régime à changer de camps. Cette proposition pouvait encourager des désistements et entraîner un effondrement interne.

De fait, cette semaine, le grand souci du régime était, encore une fois, ses derniers alliés paniqués, ses maillons faibles qui sont tentés par la fuite ou le changement de camp. En réponse, le régime devait se montrer plus intimidant ou plus complaisant. Il a privilégié une voie médiane basée sur des annonces, comme des « pendaisons publiques applaudies par la foule de ses sympathisants », pour insinuer l’existence de réserves de sympathisants civils tout aussi bien en province qu’à Téhéran, afin de rassurer ses alliés et démoraliser ses adversaires. Les images de la semaine nous révéleront l’infondé de ces insinuations et mettront en valeur le contraire.


25.09.2011

Iran : La semaine en images n°185

Cette semaine finissait le mois de Ramadan qui a été marqué par le boycott massif des mosquées et des rassemblements officiels par le peuple, un mois qui a clairement démontré la chute de la popularité de l’Islam en Iran, mais aussi l’isolement de la caste dirigeante. Ce double rejet et le manque de mesures punitives par le régime ont paniqué ses derniers partisans. Ils se sont mis à s’éloigner du régime et à acheter des devises ou de l’or pour préparer leur fuite. Pour apaiser leurs craintes, le régime devait se montrer fort : il a fait de nombreuses annonces d’arrestations, mais personne n’y a cru car il ne déployait pas ses soi-disant forces dans les rues.

Il y a une semaine, le vendredi 26 août, à l’occasion de la Journée de Qods, le régime comptait rassurer et motiver ses partisans paniqués et il comptait démoraliser ou démotiver le peuple en diffusant une avalanche d’images des manifestations des années précédentes, mais un ciel gris a contrarié ses plans.

Cette semaine, le calvaire des mollahs a continué en pire car au moment de l’Aïd Fetr, des pluies torrentielles se sont abattues sur Téhéran, le transformant en piscine géante, les privant de l’usage des lieux publics et de la diffusion des dizaines de photos de rassemblements religieux ensoleillés qu’ils ont en stock. Pas de panique, d’un commun accord, les mollahs ont décrété que leurs experts n’avaient pas vu la nouvelle lune, il fallait donc l’attendre (ou plutôt qu’un ciel plus estival et des rues plus sèches pour pouvoir diffuser des images d’archives). Le régime a avoué qu’il n’attendait rien du peuple ou de ses derniers serviteurs.

Commença alors une longue attente : les mollahs avaient un œil rivé sur le ciel trop gris, un autre œil sur les rues trop inondées, un troisième œil sur la base paniquée, un quatrième sur le marché de l’or… La semaine a été placée sous le signe de l’inquiétude et de l’attentisme, un mélange de peur et de prudence qui a forcé les mollahs à limiter les sorties. Voici les images d’une semaine orageuse d’avaries tout aussi bien météorologiques que politiques... Un vrai régal !


04.09.2011

Iran : La semaine en images n°184

Au cours des dernières semaines, tout particulièrement à l’occasion du Ramadan, les mosquées devaient être pleines, mais elles sont restées vides. Le peuple iranien, mais aussi le personnel du régime (près de 500,000 Pasdaran et 80,000 membres du clergé) ainsi que des dizaines de milliers de Bazaris avaient boycotté les mosquées. Ce mois qui devait rappeler la religiosité des Iraniens et par conséquent leur attachement au système islamique, a démontré leur rejet de l’islam et du régime des mollahs. Le boycott a rappelé l’isolement de la caste dirigeante. Les Businessmen issus du régime ont conclu que ce dernier ne pouvait plus assurer sa survie et leurs intérêts. Ils ont commencé à prendre leur distance pour ne pas couler avec le régime. La caste dirigeante qui a mis l’accent sur ses capacités sécuritaires pour les rassurer, mais en l’absence d’un déploiement policier dans les rues, personne n’a cru le régime.

Lors de la 3e semaine du Ramadan, le régime a intensifié sa propagande sécuritaire et a misé sur le retour rassurant de la vieille garde afin de remplir les mosquées à partir du 19e jour du Ramadan (le vendredi 19 août) pour les 3 Nuits de Gratitude célébrant l’inspiration du Coran à Mahomet, puis pour les nuits de deuil à l’occasion de l’anniversaire de l’assassinat d’Ali, le fondateur du chiisme.

Mais encore une fois, en l’absence d’un déploiement policier dans les rues, le régime n’a pas su intimider le peuple ou inciter les siens à se mobiliser lors de la première des 3 Nuits de Gratitude, la mobilisation a été inférieure à 1000 personnes dans tout l’Iran. La troisième semaine s’est terminée sur une note très déprimante. Les dirigeants n’ont pas osé s’exposer dans les mosquées.

La très faible mobilisation de la première Nuit de Gratitude annonçait également un boycott des rassemblements programmés lors de la quatrième semaine du Ramadan dont la Journée de Qods qui au dernier vendredi du Ramadan doit marquer l’attachement du peuple au régime à travers son adhésion à son projet de destruction d’Israël. Le régime ne pouvait rien espérer car en 2010, les Iraniens ainsi que les Pasdaran, le clergé et les Bazaris avaient massivement boycotté cette journée de Qods.

La semaine a commencé sous le signe de la peur. Le régime a annulé les commémorations avant de changer d’avis et se focaliser sur une propagande religieuse imaginative insinuant une forte mobilisation voire le débordement des mosquées. Ce qui l’a amené à maquiller les images prises avec le peu de partisans qui lui reste.

En fin de semaine, lors de la journée de Qods, le régime a eu un malheur supplémentaire : le ciel était gris et pluvieux alors que le soleil brille à ce moment de l’année : il ne pouvait pas utiliser les images d’archives des années fastes du début de la révolution quand il bénéficiait du soutien des Pasdaran. Il a été amené à faire d’autres maquillages grossiers des images dont il disposait.

Voici les images d’une semaine cafouilleuse marquée par de petites tricheries pour dissimuler de très grands problèmes, images qui évoquent les limites du régime, images qui vont déprimer davantage ses derniers partisans.


29.08.2011

Iran : La semaine en images n°176

Il y a une semaine, les dirigeants du régime se battaient pour le pouvoir alors que le pays va vers le néant. Leurs derniers partisans ont paniqué. Cette semaine, les dirigeants du régime devaient célébrer la révélation de l’islam à Mahomet, un événement essentiel pour leur idéologie. Faisant face à un boycott permanent des manifestations officielles de la part des Pasdaran, ils ont eu peur que leur guerre n’encourage leurs derniers partisans à les laisser tomber. Ils se sont vite réconciliés ! Cela a entraîné une situation illogique et ridicule. Se doutant de l’échec de ce rattrapage et redoutant effectivement un plus grand boycott, preuve de leur vulnérabilité, les dirigeants ont dû organiser des événements symboliques ; tirer des missiles ou faire des discours discours tonitruants pour insinuer le soutien du peuple et des Pasdaran afin de se donner l’image d’un régime populaire et puissant qui ne craint rien ni personne.

La semaine en images n°176 nous montrent les nombreuses étapes de cette semaine agitée et cynique, mais aussi ses nombreux échecs dus à l’absence de la moindre mobilisation populaire : preuve que le régime a manqué son virage et qu’en niant lourdement la réalité de sa vulnérabilité, il a contribué à amplifier le boycott qu’il voulait éviter : la désaffection qui l’entraîne vers sa chute finale.


03.07.2011

Iran : la semaine en images n°172

Cette semaine (S22), les mollahs devaient rassembler partout en Iran le maximum d’Iraniens pour la commémoration de la disparition de Khomeiny et surtout sur le site de son vaste mausolée qui compte des centaines de milliers de mètres carrés. C’était là une mission impossible. Comme les héros de la série du même nom, les mollahs ont tenté de compenser l’infériorité numérique par des artifices en tout genre que nous avons le plaisir de vous présenter dans cette 172ème édition de la "semaine en images". Voici la semaine 22, vitrine de l’intelligence des mollahs, mais aussi un nouvel aperçu de leurs difficultés qui relèvent leurs chances de survie au niveau d’une mission impossible. Vous pouvez cliquer & zoomer sur les images pour les agrandir.


05.06.2011

Iran : La semaine en images n°171

Cette semaine, le mardi 25 mai, le régime devait commémorer la libération de la ville de Khorramchahr, le plus grand port du pays avant la révolution. C’est un anniversaire difficile car la région pétrolière de Khouzestan où se trouve cette ville a été oubliée par le régime bien qu’elle soit à l’origine du principal revenu en devise du régime.

Dans le même temps, cette semaine, Washington devait annoncer de nouvelles sanctions énergétiques contre les mollahs.

Les mollahs ont annoncé l’inauguration d’une nouvelle raffinerie dans la région de Khouzestan le lundi 24 mai pour calmer les habitants de cette région tout en neutralisant les effets démoralisants des sanctions prévues. Le projet (qui selon nous a été inventé à la hâte) a explosé pendant l’inauguration. On a cru à un attentat avant de s’apercevoir tardivement qu’il s’agissait d’un accident dû à la grève des ingénieurs, ce que l’opposition attend depuis toujours. Mais personne n’a pu s’étendre sur le sujet car 2h après l’explosion, le lundi à 10h55, les médias du régime ont basculé sur la mort du célébrissime footballeur en retraite Nasser Hejazi à la suite d’un cancer des poumons alors que cet homme avait annoncé sa guérison complète quelques mois plus tôt. Vu que personne n’a signalé ce détail dans les médias remarquablement dociles du régime, on peut supposer une manipulation.

En fait, pour échapper à deux grands problèmes, le régime avait pensé à une inauguration miracle. Son projet a explosé, on a vu qu’il avait de graves problèmes dans le secteur pétrolier, il a tenté de détourner les attentions avec la mort d’une idole. La semaine a tourné autour de cette mort.

Mais le régime a poussé le vice jusqu’à annoncer l’appartenance du défunt à sa fausse opposition islamiste, le Mouvement Vert, pour régénérer au passage cette entité agonisante. Comme nous le verrons sur les images, dans la confusion, il a commis des erreurs. Nous avons connu une semaine bien houleuse, pleine de surprises et manipulations.


29.05.2011

Iran : la semaine en images n°156

Cette semaine, on était dans la seconde partie du programme de la célébration de l’anniversaire de la révolution islamique. Traditionnellement, le régime doit organiser des manifestations culturelles, la journée de l’armée de l’air avec des défilés et des rassemblements politico-militaires et enfin, le 11 février, anniversaire de la révolution islamique, il doit organiser des grands rassemblements publics sur les plus grandes places de chaque ville.

Ces évènements n’ont pas eu lieu car le régime a perdu ses partisans depuis qu’il refuse tout compromis quelles que soient les sanctions pesant sur l’économie iranienne. Face à la pénurie de participants à ses « manifestations », le régime a eu recours à des diversions médiatiques, il a également puisé dans les images d’archives pour dissimuler sa vulnérabilité. Grâce aux images de la semaine, nous verrons l’étendue de cet isolement et les solutions préconisées par le régime. Voici les images d’un régime en sursis.
Vous pouvez cliquer puis zoomer sur les images pour les agrandir une ou deux fois.


13.02.2011

Iran : Les mollahs trahis par le rose !

Depuis plus d’un an, le régime ne parvient pas à mobiliser les Iraniens. Il fêtait hier le 32ème anniversaire de la révolution islamique. Nous avions annoncé un échec en terme de mobilisation. Il a annoncé une forte mobilisation nationale dont plusieurs centaines de milliers de personnes à Téhéran. Les Etats européens ont confirmé ces déclarations ; nous avons la preuve du contraire en images.


12.02.2011

Iran : La semaine en images n°155

Au début de cette semaine, le mardi 1er février, le régime célébrait en grande pompe l’anniversaire du retour de Khomeiny en Iran en 1979. Etant donné que ce retour est qualifié de Fajr qui veut dire aube en arabe, le même jour, il devait lancer la décade de Fajr, dix jours de festivités culturelles avant la célébration de l’anniversaire de la révolution le vendredi 11 février.

Mais fait inédit dans l’histoire du régime : ces célébrations n’ont pas pu avoir lieu et la Décade de Fajr n’a pas pu démarrer le 1er février en raison d’une absence de mobilisation populaire. Voici le récit et les images d’une semaine bénie. (vous pouvez cliquer puis zoomer sur les images pour les agrandir une ou deux fois)


06.02.2011

Iran : La semaine en images n°150

Au cours des mois et des semaines passés, nous vous avons exposé les images attestant d’une baisse continuelle du nombre des partisans du régime, en particulier les miliciens qui étaient chargés de la répression, mais aussi de l’animation de la fausse opposition, le Mouvement Vert, qui doit donner une couleur démocratique à l’islamisme et au refus de d’apaisement avec l’Occident.

Le régime a perdu leur soutien après sa décision de limiter le pouvoir d’achat général pour habituer les Iraniens à vivre à l’heure de la pénurie afin de limiter le choc d’une pénurie soudaine.

Lâché par cette base indispensable pour sa sécurité alors que le mécontentement couve, dernièrement, le régime s’est mis à évoquer la pollution de l’air pour annuler les manifestations impossibles à organiser, mais aussi pour inciter le peuple à ne pas sortir afin d’éliminer les témoins de son isolement. Par la suite, sa fausse opposition, le Mouvement Vert, qui est boycotté depuis des mois, a parlé de pluies acides et de pollution cancérigène non pas pour garder les témoins de son insuccès à distance, mais pour tétaniser les esprits et faire passer au second plan les manifestations vouées à l’échec.

Cette semaine, on a de nouveau entendu parler de cette pollution foudroyante car le jeudi 30 décembre (9 Dey), le régime devait organiser une manifestation officielle : la Journée de soutien du Peuple au Guide !

Or, il y a deux semaines, après les échecs répétés pour mobiliser ses miliciens, sous l’impulsion de son nouveau patron Larijani, le régime a dû de nouveau augmenter les prix encore plus pour renforcer son plan de pénurie organisée pour échapper à la pénurie subie. Cela a détourné les Iraniens des transports en commun jugés trop coûteux. Tout le monde s’est mis à la marche à pied. La pollution a diminué !

On en a même la preuve car pour nier ce boycott, le régime a dû multiplier les reportages faisant état du succès des transports en commun. Ces reportages ne montraient aucun signe de pollution de l’air : manque de visibilité ou usage de masque. De fait, en évoquant une pollution inexistante, le régime a surtout convaincu les Iraniens qu’il n’avait pas pu recruter de nouveaux miliciens et qu’il était toujours en voie d’affaiblissement.

Cela a autorisé un grand nombre de commerçants notamment les boulangers à ne pas appliquer son plan de rigueur. Le régime s’est fait une raison en affirmant qu’ils n’avaient pas augmenté leurs prix car ils utilisaient encore les stocks de farine achetés au prix subventionné alors que le prix du pain aurait dû augmenter en raison de la hausse du coût général de la vie pour permettre à ces commerçants de vivre et de consommer ! Le régime était face à une contestation de son autorité. Il aurait alors dû montrer les dents, mais il n’a rien fait. Ses dirigeants ont également fuit le contact avec la foule ou la presse pour éviter d’avouer leur défaite.

On peut parler d’un repli tactique. Les images des évènements organisés par le régime pendant cette semaine laissent entrevoir un malaise plus profond.


03.01.2011

Iran : La semaine en images n°147

La semaine a été très chargée. Mardi (3ème jour de la semaine en Iran), la fausse république des mollahs devait organiser en grande pompe la manifestation estudiantine pour mettre en valeur sa fausse opposition interne, dirigée par Moussavi, un membre à vie du Conseil de Discernement, organe qui décide toutes les politiques du régime dans tous les domaines ! On n’a guère vu les 300,000 étudiants iraniens manifester en faveur de cette fausse opposition. Le régime n’a pas pu les remplacer par des miliciens en civil car ces derniers l’ont lâché depuis plus de 18 mois. Il a donc mis en œuvre des diversions médiatiques pour cacher cette nouvelle défaite.

En cette semaine de difficultés politiques, le lundi et le mardi, la fausse république des mollahs avait rendez-vous avec les Occidentaux qui la sanctionnent pour la presser de modérer ses positions afin de devenir un partenaire viable. Il est allé à ce rendez-vous pour s’éviter un renforcement des sanctions qui pourrait amplifier ses problèmes tout en sachant qu’il ne peut pas se modérer car cela est contraire à ses intérêts axés notamment sur l’activisme islamique en dehors du pays.

En fin de semaine, le Jeudi 9 décembre, la fausse république des mollahs devait relever le défi d’organiser une manifestation en mémoire de Montazéri, un vieux mollah réac présenté comme un modéré par sa fausse opposition. Il s’attendait à un nouveau boycott. Et enfin, le 10 décembre, il devait affronter la journée mondiale des droits de l’homme. Il en a résulté une semaine compliquée et mouvementée ponctuée de manœuvres bizarres, de subterfuges, de profil bas sur l’islamisme et de dénis des réalités face à des rendez-vous incontournables, une semaine riche en fantaisies médiatiques.


12.12.2010

Iran : Un boycott unanime de la Journée islamiste de l’Etudiant (vidéos)

Avant-hier, nous avons signalé que face à la difficulté pour organiser dignement la Journée de l’Etudiant qui est une date pour affirmer l’engagement islamiste des universités, le régime et sa soi-disant opposition, le Mouvement Vert, avaient commencé dès dimanche à évoquer une forte pollution de l’air comme un obstacle majeur aux rassemblements. Hier, tous les médias du régime ont dès le matin commencé un important battage médiatique sur une nouvelle forme plus pernicieuse de pollution, ce qui était le signe d’une très faible mobilisation. Les vraies données météorologiques ainsi que les images que nous vous proposons le confirment : Personne n’a daigné célébrer la journée islamiste du 7 décembre !


07.12.2010

Iran : La semaine en images n°142

Il y a un mois, le Bazar de Téhéran s’est lancé pour la seconde fois cette année dans une très longue grève hostile aux mollahs. Cette grève a paralysé des secteur-clefs de l’économie comme la spéculation, la construction ou encore la confection… Le régime a tenté de la casser, mais il n’y est pas parvenu. Cela a confirmé l’absence de soutien de ses miliciens, une absence déjà remarquée tout au long de l’année pendant les grandes manifestations emblématiques du régime. La grève du Bazar a remis en cause l’autorité et la capacité de répression du régime. De peur que cela n’encourage le peuple à le contester, le régime s’est lancé dans des mises en scènes axées sur la force et la fidélité de ses miliciens pour intimider les Iraniens ou du moins les démoraliser. Cette semaine, le régime s’est montré plus méchant car il devait selon sa tradition organiser un grand défilé de ses « miliciens fidèles » pour l’anniversaire de la prise d’otages des diplomates américains. (vous pouvez cliquer puis zoomer sur les images pour les agrandir une ou deux fois)


07.11.2010

Iran : La semaine en images n°136

Depuis trois mois, le régime a collectionné les gadins car il n’a pas réussi une seule fois à mobiliser un de ses alliés populaires à savoir la milice, le bazar ou le clergé lors de ses diverses manifestations officielles. Ce boycott est le résultat des sanctions car les mollahs refusent d’envisager un apaisement avec Washington car cela les obligerait à partager le pouvoir avec des pions de Washington à travers un processus de révolution de velours. Le peuple voit qu’il est en train d’être sacrifié sur l’autel des intérêts personnels des dirigeants. La semaine dernière, la tension est montée encore d’un cran car le régime devait commémorer le mercredi 22 septembre, le trentième anniversaire de la guerre Iran-Irak, une guerre qui a ruiné le pays et fait plus d’1 million de morts car les mollahs avaient refusé tout compromis. Par ailleurs, le lendemain de cette date pénible, le régime devait selon la tradition célébrer la rentrée des classes alors que la hausse vertigineuse des prix de fournitures scolaires a forcé près de 30% des parents à renoncer à inscrire leurs enfants. Il y avait un cumul de ressentiments négatifs vis-à-vis du régime. Se sentant très menacé, ce dernier a annoncé sa disposition à négocier avec les Six, mais dans le même temps, il a tenu des propos très insultants vis-à-vis des Américains afin que ces négociations ne soient en aucune façon une étape vers un apaisement avec Washington. Les Américains qui ont toujours sanctionné les mollahs pour les amener à accepter cet apaisement ont été interloqués et n’ont pas sauté de joie sur l’offre de négociations qui ne leur sert à rien. Content de cette trouvaille, le régime ne cesse de répéter son envie de dialogue tout en titillant Washington sur les sujets qui fâchent. C’est une évolution intéressante, c’est pourquoi nous vous proposons un rappel de ces stratégies défectueuses avant d’exposer les images de la semaine pour finir sur une conclusion décoiffante suggérée par ces mêmes images.


27.09.2010

Iran : La semaine en images n°135

__le contexte actuel__| Il y a deux semaines, les miliciens du Bassidj, les Pasdaran de base ainsi que les Bazaris ont comme le peuple boycotté la Journée de Qods qui doit être la vitrine de l’islamisme du régime, la vitrine du soutien au Hezbollah qui au retour doit garantir le soutien de la rue arabe aux mollahs. Par leur boycott, les Iraniens ont mis en danger le régime dont la seule force de dissuasion est le soutien de la rue arabe à ses agitations via le Hezbollah ou le Hamas. Ce boycott résulte de la décision du régime de supprimer les prix subventionnés, c’est-à-dire les produits vendus à perte, pour faire des économies afin de garder des devises en réserve pour continuer à refuser tout compromis avec les Américains. Avec le boycott de la journée de Qods, Téhéran a réalisé qu’il était très menacé, mais il n’a pas reculé car un compromis avec Washington équivaut à un transfert de tous les pouvoirs vers des pions iraniens des Etats-Unis, une sorte de capitulation dans laquelle les mollahs se retrouveront encore plus menacés. Ils ont alors tenté de provoquer une crise avec Washington pour que ce dernier recule et abandonne ses sanctions par peur d’une guerre perturbant l’approvisionnement pétrolier de l’Occident.

Les Américains qui ont besoin d’une entente avec les mollahs pour contrôler la région ont fui l’escalade souhaitée par Téhéran, mais ils ont tenté de le pousser à la capitulation en demandant à la Turquie de cesser ses livraisons de carburant et de fermer discrètement toutes les banques d’affaires iraniennes. En choisissant de rester sur sa ligne de refus de compromis, le régime a écopé d’un nouveau boycott encore plus important lors de la fête de fin du Ramadan. Le régime a alors reconsidéré sa position car pour la masse musulmane, il est « officiellement » arrivé au pouvoir grâce à une révolution du peuple : il tire sa légitimité de la rue. Le boycott de la rue équivaut à la perte d’une légitimité qui lui assure le soutien de l’Ouma. Il fallait récupérer le coup : le régime a décidé de séduire la rue tout en continuant à provoquer les Etats-Unis pour arriver à une escalade pour faire reculer ces derniers.

__cette semaine__| Le boycott d’un événement islamique par les Iraniens a alerté les Etats-Unis : ils ont craint la chute de ce régime dont ils ont besoin pour contrôler les musulmans. C’est pourquoi alors que Téhéran cherchait l’escalade, ils ont tout d’un coup cessé de demander de nouvelles sanctions. Pour permettre aux mollahs de rassurer le peuple : la docile Turquie a annoncé qu’elle avait envie d’étendre ses relations commerciales avec Téhéran. La Grande-Bretagne qui est l’alliée des mollahs (canal historique) est aussi intervenue en leur livrant le Cylindre de Cyrus pour permettre au régime de séduire le peuple avec une exposition axée sur le respect de l’identité dans laquelle se reconnaît le peuple.

La semaine était modelée pour permettre aux mollahs de séduire la rue et éviter le soulèvement. Cela devait lui permettre de renforcer son autorité sur les forces qui se sont détachées pour ne pas perdre avec eux les derniers éléments encore fidèles comme les miliciens de l’armée de Qods ou ceux de la milice universitaire (l’ENA du régime).

Un fait inattendu a gâché cette semaine de séduction autoritaire : la menace lancée le 10 septembre par le pasteur Jones de brûler des Corans ! L’annonce a enflammé le monde islamique, mais il ne s’est rien passé en Iran ! Personne n’est venu spontanément dans les rues ! On a alors perdu le signal du régime ! La semaine de séduction a changé du tout au tout ! Le régime a, d’une part, tenté d’exister dans l’espace news avec autre chose pour faire diversion et d’autre part, il a couru sans succès après une manifestation de masse à Téhéran contre l’inattendu Mister Jones. On avait connu cela pendant la guerre de Gaza, les manifs de soutien avaient déjà été boycottées par le peuple, le clergé et la milice. À cette occasion, le régime avait fini par y parvenir au bout d’une semaine en faisant venir des figurants de partout, cette fois-ci il y est aussi parvenu péniblement en fin de semaine, 8 jours après les faits. __La preuve en images.__


19.09.2010

Iran : La semaine en images n°134

Il y a dix jours, le vendredi 3 septembre, le régime des mollahs organisait la Journée de Qods qui célèbre la victoire (promise) des musulmans sur les juifs et la prise (prochaine) de Jérusalem. C’est une journée fondamentale pour les mollahs car elle marque les liens entre leur régime et les milices islamistes arabes qu’ils financent. Ces milices sont la garantie de la puissance de nuisance régionale du régime. Pour préserver cette force, le régime devait mobiliser le plus largement possible afin de montrer l’engagement des Iraniens avec ces milices arabes. Mais la mobilisation a été nulle car depuis longtemps le régime a perdu le soutien de ses alliés intérieurs, la milice et le Bazar, qui lui reprochent de les sacrifier pour ne pas accepter de compromis avec les Américains. Pourtant pour les récupérer d’une manière générale et en particulier pour les mobiliser pour cette Journée de Qods, le régime avait assoupli d’une manière étonnante l’ensemble de ses positions vis-à-vis des Etats-Unis en cessant toute provocation ou menace et en évoquant à tout bout de champ sa volonté de dialogue au point de perdre la face devant ses milices de la rue arabe.

L’échec cuisant de la mobilisation après 1 mois de souplesse absolue a convaincu le régime qu’il avait définitivement perdu toute chance de reconstituer cette base. il s’est retrouvé dans une position délicate car l’été dernier quand le peuple s’est soulevé, la milice est restée inactive, mais le Bazar qui est un faiseur historique de révolution n’avait pas suivi le mouvement. A présent, il pourrait suivre et créer les conditions d’un changement de régime souhaité par tous.

Le régime a alors pris trois décisions complémentaires que nous verrons en images. La première a été de retourner à sa politique de refus de dialogue puisqu’il n’y a aucun espoir de séduire le Bazar. La seconde décision a été de punir le Bazar qui est la force la plus décisive dans cette équation et la troisième et dernière décision et sans doute la plus intéressante, a été d’annuler un certain nombre de mesures limitant le pouvoir d’achat pour apaiser la colère générale.


12.09.2010

Iran : La semaine en images n°133

Cette semaine, le régime des mollahs a continué d’affirmer son refus de tout compromis nucléaire. Les Etats-Unis ont augmenté leurs pressions économiques sur le régime notamment en demandant au Japon de réduire ses échanges commerciaux avec Téhéran et en demandant à la Turquie de diminuer encore ses livraisons d’essence à l’Iran. La situation économique du pays s’en est trouvée plus mal provoquant une instabilité qui pousse le régime à procéder à des pendaisons massives. A une exception près dont nous parlerons plus bas, on n’a rien vu sur ces sujets par les médias occidentaux. Ces derniers sont restés focalisés sur Sakineh, la femme condamnée à la lapidation. Pour les Iraniens, les Etats Occidentaux, qui n’ont jamais caché leur intention de parvenir à une entente avec ce régime, utilisent Sakineh pour accaparer l’attention de leurs citoyens afin qu’ils ne s’intéressent pas à la situation économique et politique de l’Iran et ne se mobilisent pas pour aider un changement de régime. Nous avons une nouvelle preuve de ce choix quand, à la fin de la semaine pendant la journée de Qods, le régime a échoué dans sa tentative de mobiliser le peuple sous sa bannière ou sous la bannière de la fausse opposition interne, le Mouvement vert. Aucun media occidental n’a parlé de cet échec : ils ont même évoqué une bonne mobilisation dans les deux cas. Nous avons la preuve du contraire en images et bien plus dans ce 133e numéro de la semaine en images placée sous le signe de ruptures et d’incertitudes pour le régime des mollahs.


06.09.2010

Iran : Karroubi, le martyr répétitif !

Il y a deux jours, les médias ont rapporté que Mehdi Karroubi, « chef de l’opposition iranienne », avait été malmené par les bassidjis. Puis, hier, on a dit que sa maison avait été saccagée. Il est important de rappeler que Karroubi est partisan du régime et défend l’ensemble de ses politiques, il n’est de ce fait pas un opposant, mais un membre haut placé du pouvoir présenté comme un opposant pour simuler l’existence d’une lutte interne en faveur de la démocratie. Mais étant du même avis que le pouvoir, Karroubi n’a pas une vraie actualité politique. Son actualité se résume à des rumeurs d’attaques physiques contre sa personne. Ainsi, tout au long de l’année dernière, on avait également parlé des attaques contre lui, son auto ou sa maison.


03.09.2010

Iran : La semaine en images n°120

D’habitude l’actualité iranienne concerne le nucléaire : le régime est prié d’accepter un compromis, il se lance alors dans des provocations militaires, sous-entend une guerre pétrolière ou une guerre palestinienne, car il ne peut pas accepter de compromis avec l’Occident, cela lui coûterait le soutien de la rue arabe. Cette semaine, cette rue arabe qui compte sur les mollahs était justement en ébullition suite à l’attaque de l’armée israélienne contre la Flottille. On aurait dû donc avoir droit à une semaine palestinienne haute en couleur, mais on n’a guère entendu les mollahs ce qui a pleinement profité aux Turcs que l’on peut soupçonner d’un coup monté (un incident prévisible) pour prendre le leadership de la rue arabe. Si le régime ne s’est pas battu pour garder ce leadership, c’est parce que les Iraniens ne sont pas pro Palestiniens et par conséquent ils ne sont pas descendus en masse dans les rues comme les Turcs, les Pakistanais pour manifester leur solidarité. A l’épreuve du réel, le régime a perdu sa couronne. Ce ne fut pas la seule déconvenue de la semaine puisqu’il devait célébrer également la journée commémorative de la disparition de Khomeiny ainsi que la première révolte islamiste de ce dernier en 1964 et les deux jours ont été des fiascos sans nom en termes de mobilisation. Si l’on devait donner un nom à ce n° 120 de la semaine en images, l’on pourrait parler de la semaine des désenchantements !


06.06.2010

Iran : La semaine en images n°104

Voilà deux ans que nous regardons l’actualité iranienne par l’œil des photographes des agences iraniennes. Ces photos officielles sont pour une grande part des images de grandes qualités faites par des Iraniens nés après la révolution et critiques à son égard parce qu’issus des classes moyennes prospères avant la révolution et aujourd’hui à 85% sous le seuil de pauvreté. Ces photographes font un travail nécessaire sans jamais avoir l’honneur de figurer à un quelconque palmarès. A côté de ces images du réel, il y a aussi des photos trafiquées pour redorer l’image du régime. En cette semaine de la commémoration du 31ème anniversaire d’une révolution qui a détruit un pays richissime, la production photographique est à l’image de notre constat.


14.02.2010

Iran : Le 11 février, une journée de déprime (photos)

À l’occasion du 31ème anniversaires de la révolution islamique, le régime avait sans cesse annoncé une marée humaine en faveur de ses choix politiques. Le Mouvement Vert qui lui dispute la direction idéologique de la révolution islamique avait pour sa part évoqué une mobilisation encore plus forte, une seconde révolution islamique pour sauver les principes de Khomeiny. Les images issues de leurs propres sites sont explicites : la mobilisation a été nulle dans les deux cas : 5000 manifestants pro régime, 100 manifestants pro verts. Les Iraniens ont en fait boycotté la REVOLUTION ISLAMIQUE dans ses deux versions.


12.02.2010

Iran : La semaine en images n°103

Le régime fête actuellement la décade de Fajr (aube en arabe) avec des évènements qui commémorent la période allant du 1er février 1979, date du retour en Iran de Khomeiny, au 11 février 1979, date de la rédition de l’état major de l’armée impériale via une lettre dont l’authenticité est aujourd’hui remise en cause. La décade a été marquée par des discours, des manifestations ou des affrontements qui ont conduit à la victoire des révolutionnaires, mais vu le bilan désastreux de la révolution, les responsables actuels ne s’étalent pas trop sur ces évènements. On ne voit pas non plus les mollahs de l’époque se pavaner en public. Aujourd’hui, la décade est une corvée marquée par des évènements de substitution comme la journée de la conquête spatiale. Les images de cette semaine nous mènent au cœur de cette corvée qui pèse sur le régime, mais aussi sur les Iraniens qui se rappellent avec amertume leur soutien à la révolution ou leur indifférence face au changement de régime.


07.02.2010

Iran : La semaine en images n° 52

Le 52e numéro de la semaine en images (1 an déjà) est consacré presque entièrement à une version off du principal événement de la semaine : la grande manifestation du 30e anniversaire de la révolution islamique.


15.02.2009

L’Iran a massivement boycotté l’anniversaire de la révolution

C’est un cuisant échec pour le régime des mollahs : moins de 15,000 personnes se sont déplacées à Téhéran pour aller écouter le discours du trentième anniversaire de la révolution islamique !


10.02.2009

Iran : Faible mobilisation prévue pour le 10 février

Alors que la France s’apprête à fêter dignement la victoire de la révolution islamique par une journée entière d’émissions « objectives » sur Arte, à Téhéran les mollahs tremblent à l’idée d’une journée placée sous le signe du boycott. Les chefs des trois pouvoirs se sont succédés à la télévision de la république islamique d’Iran pour quémander une participation populaire massive.


10.02.2009

Iran : La semaine en images n°51

La semaine dernière, le régime a préparé fiévreusement la célébration du retour en Iran de Khomeiny et puis rien : point d’imposants cortèges officiels, point de miliciens en grand nombre, aucune foule en liesse et surtout aucune façade fleurie même dans le bazar, ce fief historique du clergé qui a fourni les sous et les manifestants pour la révolution islamique. Même, le bazar est fâché avec le régime ! L’Iran entier a boudé Khomeiny et son régime. Cette semaine, l’on a même atteint le pic du désintéressement : il n’y a eu aucun événement ou manif en rapport avec les dix jours qui ont précédé la victoire de Khomeiny.


08.02.2009

Iran : La semaine en images n°43

Cette semaine, le régime vivait à l’heure des commémorations. Il y a eu d’une part beaucoup de bruit autour d’un rassemblement estudiantin soi-disant agité et de l’autre part la Journée de Qods, journée d’appel à la destruction d’Israël et reprise de Jérusalem (dit Qods par les mollahs). Ces deux évènements ont été deux fiascos. Explications en images.


14.12.2008

Iran : La semaine en images n°38

L’événement de la semaine a été Obama dont l’élection a surpris les mollahs. La surprise a fait place à la déception après ses premières déclarations : le nouvel élu a évoqué son refus de composer avec le programme nucléaire iranien et le soutien au Hezbollah, deux attitudes synonymes d’une poursuite des sanctions adoptées par Bush et des offres de dialogue sous condition de rompre avec le nucléaire et le Hezbollah. Cette diplomatie rigoureuse avait sous Bush un aspect inconnu du public : des contacts secrets qui reprendront aussi, mais sans doute sans la participation d’un homme politique du régime des mollahs qui se disait l’Obama de l’Iran. Cet homme est Ali Larijani.


09.11.2008

Iran : Photos instructives de la manif anti-US à Téhéran

Selon Siavash Ghazi, le reporter vedette de l’AFP-Iran, des milliers de jeunes Iraniens ont manifesté sous la pluie et dans le froid devant l’ancienne ambassade américaine à Téhéran pour commémorer le 29e anniversaire de la prise du bâtiment par des étudiants islamistes. La dépêche évoque des slogans et des banderoles hostiles, laissant entendre que la jeunesse plébisciterait cette prise d’otages. Les images nuancent cette dépêche très pro-régime concoctée par ce complice médiatique des mollahs.


04.11.2008



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