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Iran : La semaine en images n°207
07.02.2012

Au cours des derniers mois, les Pasdaran ont sans cesse désavoué le régime par le boycott massif de ses manifestations officielles. Cette rupture qui vulnérabilise le régime a provoqué une vague de panique chez les hommes d’affaires du régime : ils se sont mis à vendre leurs biens et acheter de l’or ou des dollars afin de quitter le pays avec leur fortune avant la chute du régime pour ne pas couler avec lui. Pour arrêter la fuite de ces partenaires, qui l’affaiblit davantage, le régime devait montrer qu’il dispose encore des réserves en termes de partisans populaires prêts à le défendre.

Il y a un mois, alors que Reza Pahlavi avait appelé la communauté internationale à aider le peuple iranien à renverser le régime, le régime n’a réussi à mobiliser aucun Iranien pour la Journée du soutien au Guide. Il est devenu clair que le régime n’avait pas les réserves nécessaires pour se sortir d’affaire. Dans la foulée, le peuple et les Pasdaran ainsi que les membres du clergé ont rappelé leur rejet par le boycott de grandes fêtes religieuses islamiques ou chiites. La panique des associés du régime a été amplifiée davantage.

Ce rejet du régime par le peuple et la panique interne des associés du régime ont été ignorés par les Américains car ils ne veulent pas la fin du régime islamique, mais le transfert des pouvoirs des mollahs vers leurs propres pions islamistes afin de disposer d’un levier pour agiter l’Asie Centrale et la soulever contre la Chine. Les Américains ont même été effrayés par l’éventualité d’un succès du peuple : ils ont fait parvenir quelques milliards de dollars aux mollahs pour combler le trou provoqué par la demande d’or et de dollar et empêcher une faillite bancaire interne susceptible de balayer le régime, ils ont oublié les propos sur les violations des droits de l’homme en Iran et ont parlé de la possibilité d’une entente globale. Ils ont encore proposé le dialogue qui est la première étape pour aller vers la passation des pouvoirs.

Cette offre a davantage paniqué les hommes d’affaires du régime car toute entente irano-américaine se fera à leur insu. Ils ont accéléré leur achat pour fuir le pays avant une telle éventualité, aggravant la santé fragile de l’économie iranienne. Les dirigeants du régime ont dû parler de leur progrès dans le nucléaire militaire et de la fermeture de détroit d’Ormuz pour montrer leur fermeture à tout compromis afin de rassurer leurs associés turbulents qu’ils n’allaient pas les sacrifier dans une entente avec les Américains. L’administration Obama a été obligée d’évoquer de nouvelles sanctions financières.

Ces sanctions affaiblissant le régime devaient être annoncées la semaine dernière. Le régime s’attendait à une nouvelle panique de ses associés qui sont pressés de quitter le navire avant qu’il ne coule sous le poids des sanctions et de son impopularité. Il a tenté d’empêcher la panique en affirmant que des milliers de Pasdaran s’étaient rassemblés en sa faveur à l’occasion des prières pour la mort du prophète Mahomet. Mais les tenues des gens vus sur les images n’étaient pas en adéquation avec le froid qui s’était abattu sur l’Iran : il s’agissait d’images d’archives. Le régime a seulement réussi à prouver qu’il était très isolé. Il est devenu certain qu’il serait boycotté le jour anniversaire de la révolution (le 11 février prochain), ce qui ne peut qu’obliger les Américains à soutenir le désir de changement du peuple.

La crainte que la situation ne s’aggrave dans trois semaines a relevé le niveau de la panique : on a assisté à une incroyable ruée vers l’or et le dollar qui a fait montrer les prix de ces deux produits à des niveaux jamais atteints et ce malgré la restriction d’accès au dollar ou des menaces de pendaison à l’encontre des vendeurs et des acheteurs.

Cette semaine débutait la période de célébration de la révolution islamique avec l’anniversaire du retour en Iran de Khomeiny le mercredi 1er février (12 Bahman). Le régime entrait clairement dans une zone de turbulence car, selon ses propres règles, les Pasdaran doivent être présents à tous les niveaux surtout pour l’anniversaire du retour de Khomeiny. Il allait connaître un boycott très dévalorisant : la semaine allait être un rappel de leur rupture et la confirmation de sa faiblesse. Se sentant en danger, le régime a multiplié les buzz pour détourner l’attention du peuple de son isolement, il a également multiplié les slogans agressifs pour se montrer puissant alors qu’il perd pied. Les Occidentaux qui ne veulent pas la fin de l’islamisme qui divise et affaiblit cette région très riche ont aidé les mollahs en ignorant le boycott du peuple et des Pasdaran et en ne prêtant d’attention qu’aux buzz et aux provocations creuses du régime.

Voici néanmoins des images qui prouvent la lente chute du régime, images qui continuent à paniquer ses associés du régime et à accélérer sa chute.



Un mauvais début… | Il y a une semaine, la vedette de l’actu a été la panique monstrueuse des associés du régime sous l’effet combiné de nouvelles sanctions et de deux boycotts unanimes qui ont rappelé la vulnérabilité économique et politique du régime.

Samedi 28 janvier 2012 (8 Bahman 1390), après une semaine d’agitation sur le marché du dollar, on a frisé la peur panique d’une vaste pénurie, quand Washington a parlé d’un blocage de cargaison de céréales juste au moment où certains produits arrivent à manquer car le régime ne peut plus en importer sous l’effet de la baisse de ses réserves en dollars.

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Cette image est remontée jusqu’à nous après une semaine. C’est fort impressionnant. La journée a également été marquée par de nouvelles hausses pour l’or et pour le dollar. On imagine la peur des mollahs.

Par ailleurs, les inspecteurs de l’AIEA étaient attendus en Iran. Ils pouvaient poser des questions et ainsi lancer le processus pour de nouvelles sanctions. Le régime devait prendre les mesures pour empêcher la spirale de la hausse. Une des premières mesures décidées a été de rester très discret sur la date d’arrivée des inspecteurs de l’AIEA, la durée de leur séjour et leur programme d’inspection.

Pour la crise elle-même, le régime a d’abord promis une prime par la Banque Centrale iranienne à quiconque dénoncerait un « cambiste refusant de vendre le dollar au prix officiel de 1250 tomans encourageant le recours au marché noir. »

Par ailleurs, le marché du dollar étant clandestin et même hermétique depuis la fermeture forcée des sites et des blogs financiers, la première mesure du régime a été de bloquer la spirale de la panique en annonçant un prix très bas pour le dollar libre 1750 tomans au lieu de 3200 tomans. Le régime a également réduit la communication sur le prix de l’or dont la vente est libre. Il a aussi annoncé un prix plus bas que ses propres chiffres de la semaine dernière.

Après avoir ainsi réduit l’impact médiatique de la crise sur l’opinion, le régime s’est attelé à diffuser des nouvelles susceptibles de le montrer fort sur le plan intérieur, autrement dit sur le plan sécuritaire. Étant alors certain qu’il allait vers un boycott très dévalorisant lors de l’anniversaire du retour de Khomeiny en Iran, qu’il pourrait éventuellement être privé de diffusion d’images d’archives par la faute d’une météo très défavorable, le régime a surtout tâché de préparer le terrain pour limiter la visibilité de ce boycott en désorientant ou en amusant l’opinion.

Dimanche 29 janvier 2012 (9 Bahman 1390), nous avons vu un large panel des artifices du régime pour désorienter ou amuser l’opinion.

Tout d’abord, le régime avait convié à Téhéran quelque 500 représentants de différents groupes islamistes du Moyen-Orient et d’Asie Centrale pour un long séminaire sur le rôle de la jeunesse dans l’éveil de l’Islam afin d’avoir sous la main de quoi remplir les salles et les rassemblements en remplacement de ceux qui le boudent. Ils étaient tôt dans la matinée dans une grande salle de la tour panoramique Milad pour mettre en avant le soutien à ce régime.

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Toujours dans la matinée, le régime a également simulé l’existence de partisans en mettant en avant l’engagement des anonymes en sa faveur au travers une distribution de prix aux citoyens modèles par le chef de la police de Téhéran. Il s’agissait de faire croire qu’il avait des amis délateurs un peu partout. Les images de cet événement sont loin du message sous-entendu par le régime car les citoyens modèles anonymes qui sont censés sauver le régime sont très âgés et bien peu nombreux.

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Ces citoyens modèles ne montrent par ailleurs aucune joie à être distingués. Ce qui peut laisser supposer que le régime a contraint ces personnes âgées à se prêter à son jeu de terreur car il manquait de volontaires pour jouer le jeu. Parmi eux nous avons reconnu en 2nde position à partir de gauche, le père d’un Pasdaran qui a vraisemblablement été éliminé par le régime lui-même pour sa dissidence. Cet homme (le père) de la réticence vis-à-vis des dirigeants lors de leurs visites chez lui. Dans son cas aussi on peut supposer qu’il a été forcé à participer.

Par ailleurs dans la même tranche horaire, le régime a également parlé du début d’une grande exposition graphique en l’honneur de la révolution islamique afin d’insinuer que la révolution islamique restait populaire. Les images vont à l’encontre de l’insinuation : au premier jour, seulement trois personnes ont été vues à l’expo. Les œuvres sont également du n’importe quoi : aucun artiste ne semble avoir envoyé des œuvres pour l’expo.

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Enfin ce dimanche matin, le porte-parole du Parlement islamique, Ali Larijani, qui est par ailleurs l’actuel patron politique du régime, avait été convié en Indonésie pour la conférence annuelle des chefs de Parlement de pays musulmans. Larijani a parlé d’un voyage en Indonésie sans évoquer le motif initial du voyage afin de laisser supposer qu’il allait chercher des alliés pour contrer les sanctions américaines. Il partait au moment où arrivaient les inspecteurs de l’AIEA, le buzz autour de sa mission anti-sanctions était un moyen pour contrer l’arrivée anxiogène des inspecteurs.

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À midi, le régime a annoncé un programme très chargé de la cérémonie d’ouverture du Festival du film qu’il organise en l’honneur de la révolution islamique en raison la présence d’un grand nombre d’invités ! Mais la mine défaite des organisateurs laissa supposer qu’ils bluffaient comme pour l’exposition graphique qui avait raté son objectif dans la matinée.

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En début d’après-midi, on a signalé 10% de hausse pour la pièce en or. Le régime n’avait pas pu convaincre ses associés avec ses manifestants importés, ses fausses annonces de popularité de la révolution : pour ses hommes d’affaires, il était toujours le même régime faible : très vulnérable face au peuple et très vulnérable face aux pressions de Washington.

Le régime devait dissiper cette image sans être taxé de mythomanie : Mehrdad Emadi-Moghadam, qui se dit le conseiller économique de l’Europe sur les affaires iraniennes, a donné une interview pour affirmer que le régime avait encore des dizaines de milliards d’euros de réserves dans plusieurs banques européennes. L’annonce n’a pas eu d’effet sur le moral des troupes. Des rumeurs ont commencé à évoquer la hausse du dollar sur le marché noir. Le régime a annoncé qu’il disposait d’un « missile de type Cruise » appelé Fajr pour relancer la polémique de sa guerre pétrolière afin de détourner l’attention de l’opinion de sa crise interne. Washington n’a pas relevé l’info. Sa provocation est tombée à l’eau.

Ce dimanche, le régime devait impérativement trouver mieux que l’analyse rassurante d’un lobbyiste ou mieux que 500 figurants étrangers pour passer sans problème dans moins de trois jours, le mercredi 1er février, le cap de la journée à risques de l’anniversaire du retour en Iran de Khomeiny voué à un boycott certain et fort dévalorisant.

L’espace médiatique a été envahi par un nombre invraisemblable d’intéressants matchs de foot pour occuper les médias, le temps de chercher une solution.

Lundi 30 janvier (10 Bahman… J-2 du boycott de l’anniversaire du retour de Khomeiny), le marché noir du dollar devait être très agité car le régime a abandonné le prix bas de 1750 pour évoquer par des rumeurs le prix plus élevés de 2300 tomans qui a été le dernier record admis par ses médias. Il y a de l’urgence dans l’air : le régime a annoncé l’arrestation de l’un de ses hommes d’affaires pour spéculation foncière !

Or, la spéculation foncière est le point commun de tous ses associés économiques qui achètent des dollars ou de l’or pour fuir le régime avant sa chute. L’arrestation visait donc le groupe tout entier. Cependant, le régime n’a pas publié le nom de l’homme arrêté et n’a rien dit qui puisse l’identifier, ce qui laisse supposer qu’il s’agissait d’une annonce fictive pour lancer un avertissement aux hommes d’affaires tentés par la rupture. Le régime avait visiblement peur de couper le pont.

Cette attaque molle n’a pas calmé les ardeurs des hommes d’affaires tentés par la fuite, le régime a diffusé des images d’une vaste foule de Pasdaran rassemblée en l’honneur de l’ayatollah Dast-Gheyb, un des compagnons de Khomeiny, décédé la veille à Chiraz. Ce fidèle du régime avait récemment participé au Mouvement Vert, la fausse opposition créée pour s’incruster dans le soulèvement du peuple iranien contre le régime. L’image montrait un soutien massif des Pasdaran au régime et à l’opposition interne.

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Il s’agit d’un photomontage car dans sa hâte de simuler un soutien rassurant des Pasdaran à une solution interne, le régime a supprimé par erreur de grands arbres que l’on voit sur cette autre image du rassemblement en mémoire de l’ayatollah disparu.

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Nous avons vu la supercherie sur ces deux images. Les amis paniqués du régime ont leurs propres sources. En mentant sur le nombre des gens présents pour accompagner cet ayatollah très actif, le régime a surtout rappelé son manque de partisans : il a amplifié la panique de ses hommes d’affaires : ils ont intensifié leurs achats pour accélérer leur fuite : l’or a fait un nouveau bond en avant !

Le régime a tenté de changer de sujet en focalisant les médias sur une visite de ses invités étrangers chez le guide avec un message d’engagement à le défendre au prix de leur vie, mais personne ne peut croire que ces gens iraient se tuer pour un régime fini !

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Le régime a également tenté de focaliser l’attention sur Ali Larijani, mais ce coup de projecteur a révélé un voyage de routine où le patron du régime était ignoré par ses pairs, boudé par les représentants des autres pays et était réduit à serrer les mains de ses propres employés pour donner l’impression qu’il était courtisé !

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Ce lundi 30 janvier (10 Bahman… J-2 du boycott de l’anniversaire du retour de Khomeiny), le régime avait été surpris par la vivacité de ses hommes d’affaires, de plus en plus décidés à fuir. Il avait tenté de les rassurer du soutien des Pasdaran avec une fausse info, il avait échoué. Il cherchait à changer de sujet pour ne pas s’enfoncer davantage, mais il ne trouvait pas une branche pour s’accrocher.

Les Américains ont conclu que le régime était en difficulté. Étant donné qu’ils ont besoin d’un régime islamique pour agiter la région, ils devaient intervenir pour éviter qu’il ne s’enfonce. Ils ont tenté de limiter leur propre pression à son encontre via l’AIEA en annonçant que selon leurs services, il avait besoin d’au moins 3 ans d’efforts pour fabriquer une première bombe nucléaire s’il prenait une décision dans ce sens aujourd’hui tout en précisant que selon leurs investigations, cette décision n’était pas encore prise. C’est là en fait, la position officielle de la CIA depuis 2009 pour éviter d’aller vers des sanctions trop fortes susceptibles de renverser le régime au lieu de l’affaiblir.

L’intervention de Washington a annulé l’adoption de nouvelles et vraies sanctions après la visite de l’AIEA, quel que soit le rapport des inspecteurs, mais la bombe en sursis a de facto légitimé les sanctions existantes qui condamnent le régime. Cette prolongation de la durée des sanctions allaient encourager les associés du régime à convertir plus rapidement leur fortune en devises ou en or pour précipiter leur fuite.

Mardi 31 janvier (11 Bahman… J-1 du boycott de l’anniversaire du retour de Khomeiny), l’or a augmenté : les associés du régime avaient, comme prévu, intensifié leur achat pour précipiter leur fuite du régime condamné des mollahs.

Il s’est également mis à neiger dans tout le pays : étant donné qu’il n’a jamais neigé vigoureusement pendant cette période de festivités en l’honneur de la révolution islamique, le régime allait être privé de la diffusion d’images d’archives pour évoquer une belle mobilisation en sa faveur pour l’anniversaire du retour en Iran de Khomeiny.

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Le régime était dépité : il a annoncé des arrestations « parmi les trafiquants de devises », c’est-à-dire les gens qui achètent. Puis le chef du pouvoir judiciaire, Sadegh Larijani, a qualifié l’agitation du dollar à un « coup monté contre le régime » et a évoqué encore une fois la « possibilité d’ordonner des pendaisons pour punir les agitateurs financiers. »

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La journée devait être marquée par des pèlerinages des pontifes du régime sur le tombeau de Khomeiny, ils devaient se succéder autour de son sarcophage blindé. Les visages étaient moroses.

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On a vu la même ambiance d’enterrement lors de la réunion annuelle des prédicateurs. Le nombre des participants étant par ailleurs en chute libre, le régime a tenté de créer une diversion avec un enfant prédicateur qui s’est endormi pendant la cérémonie !

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L’ambiance était également plombée lors de la visite d’Abdallah Remazan, le chef du Jihad Islamique, chez le guide car en cas d’un rejet de la révolution par le peuple (qui est en principe chiite), le régime ne peut se dire le patron des chiites et Abdallah devrait alors renoncer à son amitié tarifée !

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Mardi 31 janvier (11 Bahman… J-1 du boycott de l’anniversaire du retour de Khomeiny), après la neige, il a beaucoup plu à Téhéran, la capitale a été inondée comme d’habitude, puis la température a chuté, la ville a été défigurée par les plaques de gel. Le régime ne pouvait pas utiliser d’images d’archives pour nier le boycott de l’anniversaire du retour de Khomeiny en Iran.

Mercredi 1er Février (12 Bahman… anniversaire du retour de Khomeiny en 1979) | Le régime était certain du boycott, mais la grande difficulté était que cet anniversaire se fête selon un rituel précis et compliqué : le régime devait en principe trouver des artifices pour simuler chaque étape.
En premier, le régime fait d’abord retentir la sonnerie dans les écoles. Il l’a fait.

En deuxième, les enfants doivent se rassembler dans les cours pour chanter les louanges de Khomeiny. Les enfants de son village natal doivent se réunir dans sa maison natale. Les écoliers de Téhéran doivent se réunir à l’aéroport pour applaudir son effigie et renouveler l’accueil réservé par leurs parents à Khomeiny en 1979. Cette étape incontournable et difficile à mettre en œuvre a été zappée comme l’année dernière faute de participants !

Après les enfants, en 3ème, des centaines de motards des Pasdaran doivent défiler dans les rues sous les applaudissements des gens avant d’arriver au cimetière de Behesht Zahra. En 2010, le régime avait remplacé le rituel par un défilé de vieilles automobiles pour faire oublier le manque de motards.

Cette année, le régime a changé de rituels : il a réuni 40 jeunes officiers à l’aéroport pour saluer un Khomeiny en carton découpé. Puis des centaines de blogs de faux opposants se sont mis à rire de cette mise en scène grossière, multipliant les quolibets sur le découpage ou la descente des marches pour focaliser l’attention sur la forme au lieu du fond qui était bien évidemment plus grave car pour la première fois, la célébration du retour réunissait moins de 50 personnes ! Pratiquement personne n’a parlé d’une mobilisation proche du zéro.

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Grâce à cette opération de diversion et la collaboration de nombreux faux opposants, le régime a également détourné l’attention du nombre très bas de motards présents ce jour.

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Les discussions interminables et superficielles sur l’aspect du carton découpé de Khomeiny ont permis au régime de faire oublier un boycott qui a désorganisé ses plans ! Il n’y a eu personne pour signaler l’absence des gros bonnets du régime à l’anniversaire du retour de Khomeiny.

En l’absence d’un esprit vif remettant en cause sa supercherie, le régime avait les mains libres pour changer cyniquement le rituel de base selon ses convenances.

Ainsi puisque le « rassemblement des gros bonnets et des commandants des Pasdaran » ne pouvait avoir lieu en raison du boycott des Pasdaran, il a été supprimé ou plutôt modifié : le régime a affirmé que, « selon la tradition, le "peuple" s’était réuni sur les lieux pour jeter des fleurs vers l’emplacement où était assis Khomeiny pour faire son discours ! »

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Au passage, le régime a aussi introduit un rituel inédit pour utiliser les gens qu’il contrôle encore : un petit rassemblement autour du tombeau de Khomeiny. Leur nombre étant en régression, il a forcé les représentants des religions à se joindre à ses derniers fidèles.

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Pour justifier l’absence des gros bonnets, au cas où il aurait eu une critique, le régime a choisi de programmer pour ce jour férié la remise par Ahmadinejad du dossier de son budget pour l’année prochaine aux parlementaires !

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Il y avait ainsi d’un côté, ce spectacle du régime au travail et de l’autre le peuple rendant hommage dans son coin à Khomeiny. Le régime a presque annulé l’anniversaire boycotté pour anéantir le boycott.

Cette polémique superficielle sur la mise en scène a également permis au régime de détourner l’attention de la baisse de participation de ses collaborateurs au Festival de Fajr qui s’est déroulé sans tapis rouge et dans une petite salle.

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Par ailleurs, depuis des années, le régime terminait la journée par un show musical grandiloquent qui a été supprimé faute de participants, mais sans peine grâce à la polémique qui occupait l’opinion. Le régime a en fait détourné les attentions notamment des jeunes d’un boycott unanime et fort dévalorisant en se moquant lui-même de son fondateur. C’est une véritable leçon de pragmatisme : ce régime est bien plus malin que l’on ne l’imagine.

Jeudi 2 Février (13 Bahman) | Le régime a continué à développer la polémique sur la mise en scène ridicule de la veille pour bien détourner l’attention du méga boycott qu’il avait subi. Il a ainsi continué à influencer les jeunes qui pourraient le renverser.

Cependant si le régime a pu influencer les jeunes, on peut supposer que son artifice n’a pas pu dissimuler le boycott à ses associés et qu’il a été secoué par une nouvelle panique et de nouvelles hausses pour l’or et pour le dollar car ce même jeudi, la BCI a annoncé une possible pénurie de pièces en or et de dollar d’ici Norouz (le 22 mars prochain) si les choses allaient à la même allure. Sadegh Larijani, le chef du pouvoir judiciaire, a ajouté l’interdiction de sortir du pays les devises ou les pièces acquises ces derniers mois, la confiscation de devises acquises illégalement et même dans certains cas la peine de mort pour « ceux qui mettent en péril la sécurité du régime. »

Mais c’est là des menaces que le régime ne peut pas exécuter par peur d’accélérer l’envie de fuite chez ses associés. Le régime devait revenir à son objectif qui est de se montrer fort pour rassurer et retenir les gens paniqués. Cela passe par la propagande et donc forcément le recours à des images d’archives. La possibilité de recours à de telles images a été réduite par une importante et surprenante chute de neige dans le nord du pays ainsi que des températures beaucoup plus basses que les normales saisonnières à Ispahan, Mashad ou Tabriz.

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Téhéran a été épargné : il y a seulement plu très légèrement, il n’y a eu aucune inondation.

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On pouvait espérer du soleil. La voie était ouverte. Le régime a saisi l’occasion pour annoncer une grandiose Prière du Vendredi sous la direction de Khamenei pour célébrer l’anniversaire de la révolution islamique.

Vendredi 3 Février (14 Bahman) | Le régime a commencé à diffuser des images d’une mobilisation hors pair. Il y a deux soucis : le ciel est d’un bleu absolu alors que ce vendredi il y avait du soleil, mais aussi des nuages. Par ailleurs, les gens sont en T-shirt, on voit même une petite fille pied nus alors que la température allait de -2° à 9h à +3° à midi mais avec un vent de vent 26 à 35 km/h qui une température ressentie de l’ordre de -2 à -6° ! Avec les températures actuelles, vous avez de bons critères pour imaginer qu’il est impossible de se balader en T-shirt par un temps pareil.

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Le régime avait mieux soigné le discours en mettant l’accent sur la violence terroriste et sa volonté de riposte, exactement comme la bande sonore d’un film d’horreur : pour donner plus de poids aux images, mais aussi pour accaparer l’attention afin que l’on ne regarde pas de trop près les images.

Autre effet sonore ou effet spécial, le régime a parlé d’un « nouveau satellite augmentant ses capacités balistiques » alors qu’il s’agit d’un satellite civil d’une durée de seulement 2 mois qui a été placée en orbite basse de 250 à 370 mètres, bien loin de l’altitude de 20,000 mètres requise pour les satellites militaires couplés avec les missiles balistiques !

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Par la suite, dernier effet spécial, la presse du régime est venue marteler et annoncer aux médias étrangers qu’il s’agissait du « discours pour l’anniversaire de la révolution islamique ! »

Le régime a ainsi fêté par avance l’anniversaire par une mobilisation factice et fort médiatisée pour masquer aux yeux des Occidentaux la débandade qui l’attend le 11 février prochain. Les Occidentaux qui ne veulent pas la fin de ce régime infernal ont sans cesse répété la formulation trouvée par le régime sans noter un instant que l’anniversaire de la révolution est le samedi 11 février !

En parallèle, avec ce jeu de dupes, le régime a également ravivé le Mouvement Vert qui a appelé le peuple à manifester afin de pouvoir incruster ses pions dans le jeu si le boycott du 11 Février entraînait un soulèvement. Rafsandjani, ex-patron du régime concepteur de cette fausse opposition, a été écarté des jeux officiels pour pouvoir rejouer son rôle d’opposant…

Le régime déploie des trésors d’ingéniosités pour cacher son isolement et les Etats occidentaux font leur possible pour l’aider. Mais au fond, il ressemble à l’image en carton qu’il a produite pour distraire les Iraniens : il tombera si les gens qui le portent sur place se retirent du jeu ! Donc malgré la méchanceté du régime et de ses amis occidentaux, les jeux ne sont pas faits. Loin de là !