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Iran : La semaine en images n°200
20.12.2011

Depuis des mois, le régime des mollahs est confronté à un boycott permanent de ses manifestations officielles par un nombre écrasant des Pasdaran. Cela était apparu quand les dirigeants multipliaient les provocations militaires pour entraîner Washington dans une escalade afin qu’il recule par peur d’une fermeture du détroit d’Ormuz et abandonne ses sanctions.

Les Pasdaran qui connaissent l’état catastrophique de l’économie iranienne, notamment son manque de kérosène qui l’empêche de projeter une guerre, étaient alors dans un rôle modérateur. Par ailleurs, étant donné que Washington sanctionne les mollahs pour les forcer à se modérer et d’ouvrir la porte à ses pions islamistes pour aller vers un régime islamique pro-américain agissant dans le sens de ses intérêts régionaux, on pouvait imaginer que les Pasdaran oeuvraient pour Washington.

L’intention de ces Pasdaran s’est clarifiée le 15 mars 2011 quand ils ont refusé de réprimer une manifestation nocturne commémorant la fête anti-islamique du feu et la naissance de Reza Shah, le fondateur de la monarchie laïque et patriote des Pahlavi. Il est devenu clair qu’ils n’avaient pas agi pour modérer le régime afin de le sauver ou pour aider les islamistes bons teints made in Washington, mais qu’ils avaient en fait rompu avec le régime et avec la révolution islamique que le peuple iranien considère comme une erreur historique.

Au lendemain de cette nuit épique du 15 mars 2010, la bourse de Téhéran a chuté, mais en revanche l’or et le dollar sont montés en flèche. Les associés du régime avaient conclu que les jours du régime étaient comptés, ils se dépêchaient de bazarder leurs avoirs pour convertir leur fortune afin de pouvoir la sortir par virements ou dans leurs valises.

Le régime s’est alors retrouvé avec un autre front de scission interne. Il devait faire baisser les prix afin de dissimuler cette nouvelle agitation centrifuge. Il a augmenté les volumes d’or et de dollar vendus par la Banque Centrale aux agents de changes pour crever l’abcès de la demande. Mais d’autres boycotts très emblématiques ont rappelé le penchant des Pasdaran pour un changement de régime et ont provoqué de nouvelles ruées vers l’or et vers le dollar. Le régime a alors inventé une histoire de fraude bancaire pour menacer les acheteurs paniqués des pires punitions, mais ils n’ont pas reculé. Il y a renoncé. Il a été confronté à d’autres crises. Les hausses répétitives et spectaculaires de prix qui sont devenues les indicateurs de l’affaiblissement de la foi de ses associés en son avenir. Comme précédemment, le régime continuait d’intervenir ponctuellement, mais en retard : il a assisté à la diminution du nombre de ses partisans. Il a compris qu’il devait intervenir avant chaque boycott.

En octobre dernier, avant un important boycott, le régime a diminué les volumes habituels d’or et de dollar vendus aux agents de change pour endormir ces marchés. La pénurie a fait craindre une faillite de la Banque Centrale. Le régime a dû rétablir l’approvisionnement, mais les associés du régime ont préféré acheter par avance en bourse des pièces d’or livrables dans les prochains mois. Le niveau très élevé de la demande sur ce marché a provoqué une hausse des prix sur les pièces qui n’existent pas encore. La perspective de ces prix très élevés a incité les gens à accélérer leurs achats d’or et de dollar au Bazar. Les prix ont augmenté. Pris dans l’engrenage, le régime a monté ses taux pour limiter l’impact des hausses, mais il a ainsi encouragé les hausses, bref il a été dépassé dans sa première tentative de mesures préventives. Il devait revoir sa copie.

Il y a deux semaines, le régime s’attendait au boycott général des deuils chiites d’Achoura, un boycott qui révélait l’absence de toute base populaire capable de sauver le régime, il a levé les limites imposées aux hommes d’affaires pour l’achat des dollars officiel très bon marché à la Banque centrale pour vider le marché libre de ses plus gros clients. Dans le même genre, il avait aussi annoncé qu’il soldait des pièces d’or à la Banque Centrale à -20% du prix du marché libre. Et enfin, il avait fixé l’acompte garantissant l’achat de pièces d’or livrable en février au-dessus du plus haut tarif atteint par cette pièce car il ne veut aucun facteur aggravant le marché de l’or en ce mois où il doit y faire face à un boycott décisif de l’anniversaire révolution islamique.

La solde partielle du dollar a stoppé la progression du billet vert. L’extravagant acompte exigé pour l’achat de pièce en bourse a bloqué ce marché, mais le solde de pièces d’or n’a pas eu le succès escompté car l’offre quotidienne de la banque centrale se limite à cinq petites pièces d’un poids maximal de 200 gr. Il a alors parlé de soldes de lingots d’or de 1 à 12 kg à la Banque Kargoshaï sous-ensemble de la grande Banque Melli qui organise normalement ce genre de ventes. Le régime s’ouvrait les veines pour éviter la fièvre !

L’annonce de ces soldes suicidaires a entraîné les acheteurs devant la banque Kargoshaï et l’on n’a pas assisté à une crise le mercredi 7 et jeudi 8 décembre après le boycott massif et national d’Ashoura qui signifiait tout de même que le régime n’avait plus aucune base pour trouver des alliés de terrain.

Cette semaine, le régime n’avait plus aucune manifestation programmée donc aucun risque d’être boycotté et de connaître une nouvelle crise. Samedi, il a supprimé les soldes invraisemblables des lingots de 12 kilos qui nous semblait un suicide. Les associés du régime qui comptaient sur cette vente pour quitter le régime qui a perdu toute possibilité de se maintenir ont fusé vers la bourse : on a assisté à une vente massive d’actions des industries de base, l’argent a été investi dans le dollar et dans l’achat de pièces livrables dans les prochains mois notamment en février. Le régime était en crise. Le régime devait réagir. Il n’a pas été à la hauteur. Voici la somme de ses actions et de ses erreurs.



Ce samedi 10 décembre (19 Azar) | La bourse était en effervescence : le volume des transactions en hausse et les actions en chute libre. On se retrouvait dans la même situation qu’en mars 2011 au moment du ralliement des Pasdaran à un changement de régime. D’ailleurs, le régime a réagi de la même manière : il a parlé d’une embellie de transactions à la bourse ! Ce qui indiquait que le boycott d’Ashoura était un nouveau 15 mars. Il ne pouvait que nier la crise pour éviter qu’elle ne panique tous ses autres collaborateurs.

Mais ce samedi 10 décembre (19 Azar), le régime a commis une erreur : comme dans tous les moments de crise, ses dirigeants ont quitté la scène. Ils agissent ainsi pour éviter d’être pris à partie et pour se réunir pour réfléchir, mais ils évitent le vide en confiant la scène politique à des seconds couteaux qui inaugurent des expositions, des conférences ou des équipements pour montrer que l’Etat n’a pas abdiqué. Là, il ne se passait rien. On ne voyait personne. Ils étaient dépassés.

En début d’après-midi, une première idée est sortie de leurs cerveaux paniqués : ils ont proposé le rétablissement des « lettres de crédits illimités en rials, supprimées après la fraude bancaire. » Le message était n’achetez pas de l’or et du dollar, nous vous offrons des prêts illimités en Rial, monnaie qui ne vaut plus rien depuis la révolution islamique.

L’annonce était d’autant plus ridicule que normalement le régime avait supprimé des lettres de crédit en dollars. Il était clair qu’il souffrait des achats massifs de dollars par ses associés pleins aux as.

Alors que tout allait très mal, le fabricant chinois de composants de matériaux de télécommunications Huawei, un des grands partenaires économiques du régime a annoncé qu’il se retirait du marché iranien en raison d’une situation défavorable.

Dimanche 11 décembre (20 Azar), les associés du régime continuaient à vendre leurs actions pour acheter de l’or et des dollars. L’indice boursier des valeurs est devenu négatif !

Le régime, qui est face une très grande crise interne, a décidé d’intimider ses associés paniqués. Il a sorti du placard l’ex-tortionnaire, le mollah Mostafa Pour-Mohammadi, actuel directeur de l’inspection générale de la lutte anti-corruption. On le sort quand les choses vont mal, mais il n’annonce aucune arrestation ou punitions exemplaires et fortes car tout le monde sait que le régime exploserait s’il se mettait à trucider les siens. Cette fois, le régime a seulement soigné son image (au centre) pour lui donner une allure plus effrayante.
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Le même jour, le régime a annoncé qu’il avait amputé les pieds et les mains de deux voleurs de banque dans l’enceinte de la prison Adel-Abad de Shiraz. Il a également annoncé une pendaison publique à Shar-kord et le début d’une campagne de pendaisons collectives à Kermân. Cette combinaison de news effrayantes n’a pas calmé les acheteurs et le régime a remis Mostafa Pour-Mohammadi au placard.

Le régime a alors laissé le volcan de la bourse suivre son explosion et s’est mis à donner des gages de bienveillance aux plus démunis ou encore à sa base et à ses derniers fidèles qui sont les derniers remparts.

Chose impensable, il s’est soudain rappelé qu’il avait des zones insalubres en Iran. Il a expédié des mollahs bienveillant comme ici dans la périphérie de Qom pour promettre des embellissements. Ce fut une occasion de voir des endroits que le régime cache.
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Comme on le voit, seulement les enfants que les caméras amusent sont venus à la rencontre de l’émissaire de la bienveillance du régime. Aucun adulte n’est venu le saluer ou lui demander quelque chose car dans ces zones, personne ne croit le régime. Il est trop tard pour panser les plaies.

Dimanche 11 décembre (20 Azar), très isolé, le régime a également tendu la main vers la base. Son choix s’est fixé sur la terrible milice universitaire nommée Bureau de Consolidation de l’Unité entre l’université et les écoles coraniques, car elle a été le dernier sous-ensemble des Pasdaran à prendre ses distances. On peut parler d’un acte désespéré car il y a un an, il restait une cinquantaine de membres fidèles au régime. Il y a deux mois en octobre, il en restait une vingtaine. Puis dernièrement, le 7 décembre, lors de leur journée, appelée Journée de l’Etudiant, il ne restait plus personne.

Pour tâter discrètement le terrain, le régime a mis en avant une invitation de son responsable des droits de l’homme Javad Larijani pour un rassemblement célébrant la Journée de l’Etudiant. C’est un message codé.

Javad Larijani est le frère d’Ali Larijnai, le patron du régime. L’invitation venait donc du patron du régime. Par ailleurs, il y a une référence aux droits de l’homme à la sauce du régime car pendant des années, le régime sélectionnait les membres très doués de cette milice, il prétendait les malmener pour les victimiser, de soi-disant défenseurs iraniens des droits de l’homme les défendaient et demandaient leur extraction du pays. Ces faux opposants recevaient alors leur passeport et quittaient l’Iran pour aller infiltrer l’opposition en exil. Certains d’entre eux ont même reçu des prix internationaux pour leur courage et leur engagement en faveur des droits de l’homme. Ils ont même obtenu des jobs très importants et bien rémunérés en Occident. En lançant cette invitation par son responsable des droits de l’homme, le régime leur rappelait les combines du passé.
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Comme on le voit, il y avait seulement une vingtaine de jeunes, c’est-à-dire ceux qui étaient là en octobre dernier avant les derniers boycotts spectaculaires des Pasdaran. Le régime a rempli la salle comme il pouvait avec des collaborateurs du responsable iranien des droits de l’homme et quelques femmes voilées. On peut parler d’un échec pour cette première tentative de consolidation de l’édifice fissuré.

Ce dimanche 11 décembre (20 Azar), l’ambiance était plombée. Après un flottement, le régime a retrouvé ses habitudes, pour montrer qu’il maîtrisait la situation, il est revenu à sa méthode de simulation de la normalité avec des inaugurations officielles par ses ministres ou hauts responsables.

Pour montrer que vraiment tout allait bien sur le long terme, il a médiatisé l’inauguration officielle du centre de comptabilisation des bulletins de votes des futures élections législatives de mars 2012 ! Il aurait dû distribuer des masques de farces et attrapes à son ministre de l’intérieur et aux journalistes présents car personne ne semble croire qu’il y aura un lendemain.
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Un peu plus tard, constatant que la base n’était pas branchée sur les infos de la bourse, le régime a fini cette interminable journée en évoquant un rassemblement sur le thème de la prise théâtrale de l’ambassade britannique pour insinuer qu’il avait effectivement des troupes. Les images de ce grand rassemblement présidé par le milicien Ghassemi résument ce qu’il en est vraiment des forces du régime.
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En fin de la journée, une importante usine d’acier a explosé. On a fait état de dizaines d’ouvriers brûlés vifs. On pouvait craindre qu’ils décèdent car le régime a laissé mourir le secteur des secours car il n’était pas rentable. Il y a moins de 200 ambulances en Iran. Chaque année, des milliers de victimes d’accidents de la route meurent faute d’ambulances ou fautes de lits ou encore parce qu’ils n’ont pas les moyens de payer les frais d’hospitalisation. Etant donné que sous le Shah, les Iraniens bénéficiaient des meilleurs hôpitaux totalement gratuits et que ce régime a vendu autant de pétrole que les Pahlavi et les Qadjar réunis, ses dirigeants n’ont pas d’excuses. C’est pourquoi ils ne rendent visite à aucune victime de peur d’être insulté par leurs familles. Cette fois, le régime a annoncé que « les ouvriers n’étaient pas iraniens »
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Lundi 12 décembre (21 Azar) | La bourse était encore agitée et le régime a rencontré un autre problème. Le 21 Azar est un grand jour historique pour les Iraniens. En décembre 1946, le Shah alors jeune monarque très isolé sur l’échiquier du pouvoir a réussi à motiver les troupes pour secourir la région de l’Azerbaïdjan contre les communistes qui l’avaient annexée au profit et avec l’aide des Soviétiques. Le jeune roi avait suivi des cours de pilotage pour pouvoir survoler la région afin de reconnaître le terrain, signaler l’emplacement des canons ennemis, mais également pour motiver les habitants de la région pour les inciter à se révolter contre les usurpateurs pour aider l’armée nationale à libérer leur pays.
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Les habitants de l’Azerbaïdjan, terre des Mèdes et de Zoroastre, un des berceaux de la civilisation iranienne, avaient été sensibles à la demande de ce jeune dirigeant et s’étaient soulevé et avaient libéré les grandes villes avant même que les troupes n’y pénètrent.

Tous les Iraniens, sauf les cryptocommunistes, chérissent cette journée de 21 Azar, jour de la libération de l’Azerbaïdjan, symbole de l’unité nationale. Mais les mollahs ont supprimé cette journée de leur calendrier car le Shah a été le maître d’œuvre de cette libération. Cette journée tombait vraiment mal à ce moment car il est certain que ce lundi, tous les Iraniens ont eu une pensée pour lui et son sens aigu du patriotisme ou encore sa gestion économique (y compris la gratuité des soins de santé).

En premier, le régime a tenté de détourner le peuple de ces pensées qui l’agacent en parlant du succès de ses soldes de pièces d’or : elles permettaient de gagner le salaire d’un mois en une nuit grâce à la revente des pièces bon marché à prix fort au Bazar. Cela permettait aussi de parler de l’agitation autour de l’or pour attribuer la flambée de l’or à la bourse et la hausse du dollar à cette recrudescence des ventes sauvages.

Cela ne pouvait convaincre personne car à la base, personne ne peut se projeter dans ce schéma parce que la pièce soldée est à 540000 Tomans soit le double du salaire moyen d’un fonctionnaire bien payé. De plus, il faut vraiment être idiot pour imaginer que les gens riches puissent acheter des pièces dorées dans la rue à de parfaits inconnus qui ont une tête de pauvre. A notre sens, avec ces chiffres, le régime a dû déprimer les gens en cette journée encrée dans un passé bien différent.

Un peu plus tard, le régime a annoncé une rencontre entre les députés et le Guide chez ce dernier pour évoquer la grandeur de la « journée de 9 Dey (19 janvier) », une date instaurée en 2009 pour célébrer l’attachement du peuple au Guide suprême ! Il était visiblement obsédé par l’autre anniversaire. Mais il envoyait aussi un message à ses partisans pour les rassurer.
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Cependant, l’absence de ce genre d’annonces pendant les jours suivants laisse quand même supposer qu’il s’exprimait en étant obsédé par cette journée dédiée à la popularité de son ennemi.

Le reste de la journée, quand le régime s’est mis à agiter la figure de son héros Khomeiny en parlant avec deux mois d’avance des réunions de préparation des Festivals célébrant son retour révolutionnaire en Iran, il est devenu clair qu’il était obsédé par la popularité de ce Roi qu’il ne cesse de dénigrer. L’ombre ce cet ennemi qu’il ne peut pas tuer a empêché le régime de se concentrer.

Mardi 13 décembre (22 Azar) | Le régime n’a plus publié d’article sur la bourse, mais il a commencé à publier plus d’une dizaine de news sur l’or et le dollar avec des prix contradictoires. C’est ce qu’il fait quand il veut évoquer de l’agitation sur le marché mais veut aussi perturber la vision sur les prix en cours. La raison était qu’en 24 heures, le dollar était passé de 1345 tomans à 1365 tomans. En continuant sur la même allure, il devait dépasser son dernier record actuel qui est de 1375 tomans.

Dans le lot de news produits pour étourdir les gens, le régime a encore utilisé l’effervescence due aux soldes de pièces d’or dans ses banques. Pour bien ancrer cette idée à laquelle personne ne croit, il a publié un reportage sur cette effervescence. On a vu mieux.

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Le contexte étant houleux, il s’est lancé dans la médiatisation d’événements qui ont le fond de sa communication pour simuler une certaine normalité. Le premier événement du genre a été l’inauguration d’une exposition technologique par son ministre de la défense, le milicien Vahidi. Cet ex-n°2 du terrorisme du régime est l’un des animateurs habituels des opérations de diversion. Le décor et les objets exposés montrent que le régime avait improvisé cette mise en scène.
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Le régime a aussi mis en avant un nouveau projet de conférence sur son soutien aux Révolutions Arabes. Cela a été annoncé par Vélayati, l’éminence grise du régime qui est aussi l’un des animateurs habituels des opérations de diversion. Ce membre du Conseil de Discernement, le vrai centre de pouvoir du régime, est toujours partant pour aider ses complices. Cela ne demande même aucune préparation : une affiche, une table, un micro et sa gueule d’épicier véreux et le tour est joué.
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Mais pour être juste, on peut dire que le régime patinait à vide car il ne faisait rien qui puisse stopper la montée du dollar et surtout la flambée de la pièce livrable en février qui a atteint la somme hallucinante de 850,000 tomans et peut dépasser le seuil psychologique d’1,000,000 tomans (le double du prix actuel de la pièce) au moment où le régime doit faire face au boycott presque fatal de l’anniversaire de la révolution islamique.

Mercredi 14 décembre (23 Azar) | Washington qui veut contrôler ce régime islamique né de la première révolution islamique a comme d’habitude expédié un de ses larbins arabes en Iran. Cette fois-ci, il s’agissait du mollah Seyed Omar Hakim, l’actuel chef du Conseil Suprême de la Révolution Islamique en Irak, parti islamiste fondé par son Abdel-Aziz Hakim avec l’aide des mollahs à l’époque de Khomeiny. Washington ne pouvait pas mieux choisir. Mais Téhéran ne peut pas accepter la main tenue par Washington car tout apaisement passe par un partage des pouvoirs et le sacrifice de certains. L’émissaire de Washington a d’abord rencontré Ali Larijani, le patron du régime. On sent une certaine froideur dans le contact.

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Cette envoi d’émissaire qui signifie que Washington craint la chute du régime ne pouvait pas rassurer les associés économiques du régime qui partagent cet avis. Le dollar a continué sa progression : il a égalé son record de 1375 tomans.

Les médias du régime ont commencé à parler d’un risque élevé d’un mega-tremblement de terre à Téhéran. C’est un argument de base évoqué pour vider la ville quand il réagit de manière hostile avec le régime.

Le régime a également annoncé que son président avait déplacé des milliers de gens dans les rues à Yassuj, une région tribale connue pour la combativité de ses hommes. Le régime a diffusé de nombreuses images. Il y a un problème dans ce lot. Sur les images au sol, le soleil est à gauche de l’image sur la vue aérienne du même endroit, le soleil est à droite. Ce qui veut dire que le régime a fait un cocktail d’images d’archives dans cette région. Par ailleurs, il n’y a pas le même nombre d’autos dans les deux cas cités. Vous pouvez cliquer puis zoomer sur les images encadrées de gris pour les agrandir afin de mieux voir leurs détails.
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De plus, sur les images au sol, c’est le capharnaüm de collage avec des gens placés à des niveaux différents, des gens incrustés dans les autos… Le régime a aussi diffusé une belle image d’Ahmadinejad saluant la foule. Selon l’éclairage sur la foule, le soleil est à droite de l’image, le président devrait donc être éclairé comme d’ailleurs la paroi de sa tribune, mais il est tout gris et à contre jour.

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Ce genre de news ne vaut rien.
Cela n’a d’ailleurs pas fait baisser le dollar. Bien au contraire…

Jeudi 15 décembre (24 Azar) | Le dollar est monté à 1384 tomans. Le seul réconfort était que le lendemain, jour de repos hebdomadaire, il n’y aurait pas de hausses.

Le régime a tenté de profiter de ce battement pour afficher son unité interne. Il a demandé aux membres de la milice universitaire qui avaient répondu positivement à son appel de se réunir. Pas terrible.

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Le régime a alors lancé un appel à ses nombreux ayatollahs dpour se montrer à l’occasion du centenaire de la mort d’un des porteurs de la flamme islamiste au XIXe siècle : Mohammad-Kazem Khorassani. Il suffit de compter les points blancs. Il n’y avait pas à se réjouir.

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L’émissaire de Washington a prolongé son séjour pour rencontrer l’ex-chef du régime, Rafsandjani, mais, il n’y a pas eu non plus de déclaration à la presse. Monsieur Hakim est rentré chez lui aussi discrètement qu’il était venu. Pas terrible.

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Samedi 18 décembre (27 Azar) | A la reprise des achats, le dollar commence souvent en dessous du tarif de la semaine précédente : ce samedi, il a démarré à 1384 tomans. Le régime s’est mis à évoquer le retour de la pollution cancérigène à Téhéran. L’argument de la pollution mortelle est apparu quand il voulait que les gens restent chez eux pour ne pas constater l’absence des Bassidjis à ses côtés au moment du Boycott de la semaine du Bassidj par ces miliciens en 2010. Il avait aussi parlé de cette pollution pour dissimuler la rupture de la milice universitaire en 2010. A présent, il cherche à inciter les acheteurs à rester chez eux !

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Mais en regardant tout la série, il nous a semblé que le régime avait utilisé la brume matinale comme pollution. Tous les médias officiels se sont alors mis dire la ville pullule de bêtes féroces importées par des riches mais relâchées dans la nature car elles coûtent cher à leurs maîtres. En fait, un même lionceau a été photographié dans différents décors.

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Les associés du régime (qui songent à quitter le pays) ne sont donc pas restés chez eux. Ils en auraient même fait autant s’il y avait eu des lions à gogo à chaque carrefour. La demande a été si forte que le prix du billet vert est passé de 1384 à 1450 tomans. Les associés paniqués du régime semblent avoir mangé du lion !