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Iran : Derrière les murs,
la crise...


06.11.2021

Les mollahs vont reprendre les négociations et relâcher leur enrichissement nucléaire anxiogène ou pas ? Nous pensons qu’il n’en sera rien, car arrivés au pouvoir illégitimement, leur seule assurance vie est la menace qui fait peser sur le Moyen-Orient et l’accès à ses réserves pétrolières. Ils acceptent de temps à autre, la reprise des négociations pour alléger leur isolement et leurs sanctions qui aggravent leur impopularité et mettent à mal leur relation avec leurs rares alliés intérieurs.



Rappelons que la révolution islamique a été un projet des démocrates américains pour éliminer le Shah, concepteur de l’OPEP et artisan du rapprochement israélo-égyptien, artisan de la paix et l’essor du Moyen-Orient, afin d’éradiquer ses projets ambitieux, par conséquent, déstabiliser tout le Moyen-Orient ainsi que l’Asie Centrale soviétique et chinoise afin de s’emparer de leurs territoires et disposer de leurs richesses pétrolières illimitées et faciles à extraire. Cela devait leur permettre de s’émanciper de leur dépendance énergétique aux Anglais. Mais pour réussir, ils avaient besoin des mollahs, agents historiques des Anglais.

Les mollahs ont participé à la révolution et ses massacres qui ont effrayé les Iraniens, puis ils ont éliminé un par un les agents de Washington pour s’emparer du pouvoir.

Les démocrates et leurs alter ego pseudo républicains (RINO) ont tenté de récupérer leur république islamique en déployant des accusations limitées et des sanctions à géométrie variable contre les mollahs pour les contraindre à plier, mais en remettant sans cesse à zéro le curseur des accusations (notamment en changeant de cibles, passant du terrorisme, au balistique, puis au nucléaire, sans les relier ensemble) afin de ne pas diaboliser leur projet islamiste et de fait, d’entraîner fatalement la chute irréversible d’un régime très impopulaire dès son avènement et sans cesse davantage parmi ses plus humbles partisans intégristes en raison de sa corruption.

Les Anglais ont alors diplomatiquement et économiquement soutenu les mollahs (parfois avec des scénarii anglophobes populaires en Iran), mais en 2012, ils ont finalement déchanté et se sont fâchés quand les mollahs ont vu leur salut dans une entente avec Washington. Les Anglais ont aussi commencé à sanctionner les mollahs avant de concocter l’Accord sur le nucléaire de Vienne en 2015 (JCPOA) avec les Russes, les Chinois et surtout les Français rendant impossible toute entente particulière entre les mollahs et les démocrates (en laissant à ces derniers juste un droit de retour unilatéral aux sanctions ou Snapback-Trigger).

Les mollahs, privés d’entente et dominés par toutes les grandes puissances, ont alors sans cesse essayé de provoquer des crises majeures régionales et pétrolières pour les forcer à les laisser tranquilles. Cette fuite en avant n’a pas été validée par leurs miliciens. Beaucoup ont rejoint le peuple en provoquant une situation insurrectionnelle en Iran [1].

Le peuple rassuré par la passivité affichée par miliciens au quotidien (même si le régime prétend le contraire) agit chaque jour depuis un an : les ouvriers des secteurs clefs comme le pétrole, les transports et les industries lourdes sont en grève depuis 6 mois [2]. Les instituteurs sont en quasi grève en manifestant un jour sur deux dans tout le pays [3]. Les hackers du régime ont récemment rejoint la fronde en provoquant une panne gênante de distribution d’essence le jour de l’anniversaire du Shah [4], qui est désormais très populaire en raison de son œuvre, sa vision géopolitique, et aussi la pertinence de ses prévisions sur les projets des mollahs.

Nous avions alors prédit que ces hackers patriotes et rebelles allaient frapper le régime le 31 octobre, date de l’anniversaire du surprenant Prince Reza Pahlavi  [5], qui est vu par tous les patriotes comme le seul recours pour parvenir à une démocratie patriote en Iran.

Nous ne nous sommes pas trompés, car les hackers iraniens ont encore bloqué la distribution de l’essence dans tout le pays le 31 octobre !

© IRAN-RESIST.ORG


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La fois précédente, les prix de certains produits alimentaires avaient augmenté de 60 %, cette fois, la panique a engendré 40 % de hausse pour certains produits alimentaires comme les pâtes, les mollahs ont dû admettre un taux d’inflation de 60 % qui allait s’aggraver. En réalité, il est de plus de 100 % par an [6]. Par ailleurs, on a vu apparaître un marché noir de carburant où le prix du litre était le double du prix courant.

Les mollahs ont aussi profité de la situation pour augmenter officiellement leur propre prix pour retarder l’épuisement de leurs stocks de carburants (produits qu’ils ne produisent pas et qu’ils devaient importer même avant la grève générale du secteur pétrolier).

Cette décision pragmatique a aggravé la panique et a eu pour résultat de nouveaux krachs boursiers, c’est-à-dire des ventes d’actions pour acheter des dollars ou de l’or. Les ventes ont augmenté de 42% par rapport à la veille ! La bourse a enregistré son plus bas niveau depuis 5 mois ! L’indice général a chuté de 13% en taux réel non manipulé. Les mollahs ont un moment songé à fermer la bourse au prétexte que son directeur n’avait pas payé le loyer de l’immeuble, mais ils ont finalement démenti la fermeture et ont seulement augmenté le taux du dollar et de l’or.

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Loin de Téhéran, le prince Reza Pahlavi, batteur à ses heures perdues, a salué la rébellion patriote contre la forteresse du régime par son T-shirt de l’opéra rock des Pink Floyd composé en 1978, par hasard au début des émeutes islamistes en Iran et qui a été réalisé avec des scènes de guerres apocalyptiques alors que Khomeiny venait d’en donner l’ordre en entrant en guerre contre l’Irak et l’Occident. Les Pink Floyd ont peut-être été influencés par les malheurs d’Iran, mais pour ceux de la génération de la révolution (celle du prince), ce film a compté et nous a inspirés pour refuser la passivité.

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Rappelons que le film avait été démoli à sa sortie par la BBC (la chaîne de révolution islamique) et la presse démocrate pour qu’il ne puisse pas déteindre sur le projet islamique américano-britannique en cours. Aujourd’hui encore, aucun critique ne relie ce film à des événements évoquant des dérives totalitaires.

En revanche, cette semaine, les conseillers des mollahs ont bien compris l’importance de la référence : il y avait là un message adressé aux briques du régime, mais aussi à ses marteaux pour qu’ils se retournent contre lui. Les mollahs l’on pris très au sérieux car ils ont rassuré les leurs en acceptant la reprise du dialogue, en laissant supposer que tout irait mieux, car ils pourront enfin à nouveau exporter du pétrole.

Or, cela ne se peut avec la grève générale de tous les ouvriers pétroliers iraniens qui réclament des mois de salaires en retard et la multiplication de leur salaire par 10 (pour ne pas être sous le seuil de pauvreté).

Deux jours plus tard, les mollahs ont eu un nouveau message fort : l’annonce du prochain retour victorieux de Trump [7] et ses partisans dans un an car les républicains soutenus par ce dernier ont créé des surprises et les membres de la majorité républicaine qui avaient lâché Trump ont craint pour leur siège et se sont ralliés à la position de ce dernier en annonçant qu’ils annuleraient toute entente entre les mollahs et Biden.

Biden [8] a mis la pression aux mollahs en faisant mine d’intercepter un de leur cargo pétrolier de leur stock flottant. Nouvelle panique en Iran. Pour rassurer les leurs, les mollahs ont ravivé leur chantage par l’annonce d’avoir doublé leur stock d’uranium hautement enrichi !

Cependant, Biden n’a pas sursauté, car il veut un deal et sait que l’uranium des mollahs n’est pas de qualité militaire. Par ailleurs, ils n’ont pas la technologie pour fabriquer une tête nucléaire ou un missile qui pourrait la transporter. Ils n’ont pas par ailleurs de satellite militaire pour guider leur missile et le garder à l’abri des missiles antimissiles [9]. Enfin, ils n’ont aucune DCA digne de ce nom et leur supposé premier tir nucléaire sera le dernier chantage de leur régime.

Mais cette fuite en avant avec des bluffs de plus en plus anxiogènes expose l’Iran à de terribles frappes qui pourraient provoquer des milliers de morts. Ce danger que les mollahs font peser sur l’Iran mais aussi leurs proches, surtout leurs rares miliciens fidèles, pourrait entraîner la rupture de ces derniers et donner lieu à coup d’État en faveur d’un changement de régime.

En résumé, les mollahs, assiégés par le peuple, des ennemis étrangers et des paniques en chaîne qui se succèdent parmi leurs derniers soutiens, jouent avec le feu à l’abri d’un mur qui a perdu beaucoup de briques. Ils doivent se rendre ou périr. Biden pourrait les aider encore mais pas pour longtemps. Les murs qui emprisonnent l’Iran sont voués à la casse. Tous les Iraniens le savent.