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Iran : Battlefield UK !
01.12.2011

Quand on parle de nouvelles sanctions, les mollahs cherchent l’escalade afin que le risque d’une guerre nuisible au transit pétrolier fasse reculer Washington. Ce dernier ignore les provocations des mollahs pour rester dans sa logique de guerre d’usure économique afin d’affaiblir les mollahs et les forcer à céder le pouvoir à ses pions islamiques. Cette semaine, la provocation a été l’invasion de l’ambassade de la Grande-Bretagne !

Londres a promis des « conséquences graves » (termes utilisés par les Américains pour évoquer des frappes punitives). Mais les Britanniques sont les alliés historiques des mollahs. Ils sont également parmi les plus importants partenaires du régime via leur ex-protectorat des Emirats (UEA) [1] et surtout via la compagnie pétrolière Vitol basée en Suisse qui en juin dernier a repris ses livraisons d’essence vers l’Iran. Les Britanniques ont intérêt à provoquer une escalade pour faire cesser les sanctions contre leurs protégés. Washington a subodoré un piège monté par les mollahs et les Britanniques pour l’entraîner dans l’escalade afin de le faire reculer. Il est resté d’un flegme britannique ! Plusieurs détails du récit diffusé par la BBC laissent d’ailleurs supposer qu’il s’agissait d’un coup monté. Révélations .



Hier, tous les médias étaient enflammés : « avec la complicité de dizaines de policiers, des centaines d’étudiants islamiques du Bassidj avaient escaladé le mur de l’ambassade britannique et cassé des vitres pour pénétrer dans les locaux afin de prendre les diplomates en otage et s’emparer des ordinateurs et des dossiers contenant des informations ultra-secrètes ».

Le premier élément qui nous a surpris est que deux jours plutôt, le régime, qui essuie des vagues de boycotts de ses manifestations de la part de ses miliciens, ses fonctionnaires, ses policiers et ses associés économiques, n’avait pas pu trouver 30 jeunes miliciens pour le rassemblement clôturant la Semaine du Bassidj. Là, on parlait de « centaines d’assaillants » ! Cela semblait impossible. Nous avons donc décidé de trouver toutes les images de cette invasion pour comprendre, nous avons vu qu’il y avait 50 assaillants, mais nous sommes également tombés sur quelques photos énormes !

Photo 1 | On parlait de l’escalade du portail. Les assaillants avaient cassé les vitres pour pénétrer dans les locaux et s’emparer des documents et des ordinateurs. Sur cette vidéo du régime reprise par FR3, on les voit sur une toiture placée à côté des fenêtres en train de jeter des ordinateurs sur la chaussée située quelques mètres plus bas.

© WWW.IRAN-RESIST.ORG


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Mais cela est tout simplement impossible comme le montre cette image de l’IRNA, la principale agence de presse du régime : les fenêtres de l’ambassade sont infranchissables grâce à de solides barreaux métalliques et parfois même des mini poteaux carrés métalliques installés derrière les vitres !

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C’est pourquoi on parle de la pénétration dans les locaux sans voir des images montrant cet instant ou encore l’intérieur des locaux. Ce point essentiel remet en cause tout le reste, c’est-à-dire la prise d’otages ou la mainmise sur des ordinateurs ou des documents ultra-secrets et leur destruction.

Photo 2 | D’ailleurs, cette autre photo de la principale agence de presse du régime nous montre un éparpillement de « documents ultra-secrets britanniques » alors que les fenêtres sont intactes.

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Sur cette autre vidéo diffusée par BFM, on voit les barreaux des fenêtres, mais aussi un type caché derrière un pilier en train de distribuer des papiers alors même que le préposé au cassage des fenêtres inviolables (« par où seraient entrés les assaillants ») est en train de s’acquitter de sa mission superficielle.

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Il eut fallu attendre que les vitres aient été cassées, mais visiblement le scénario a été exécuté par des gens un peu limités. En revanche, ce qui est certain est qu’il ne s’agissait pas de « documents ultra-secrets trouvés à l’intérieur des locaux » puisque que l’on ne pouvait pas y pénétrer.

Il s’agissait, sans doute, de simples papiers avec des textes en anglais car à aucun moment, aucun manifestant n’a montré leurs contenus aux journalistes et aux photographes présents.

L’inexistence de « documents ultra-secrets » explique le récit de leur destruction au lieu de leur exposition sur un site d’Internet pour nuire aux Britanniques.

Mais étant donné que tous les Iraniens connaissent les liens entre les mollahs et les Britanniques, l’impression était qu’il s’agissait d’une mise en scène, ce détail sur le contenu des « documents ultra-secrets » a dû poser un problème. L’agence IRNA a dû publier tardivement le détail de l’un de ces documents volés. Sur l’image, on voit un demi-A4 avec un tampon de l’ambassade britannique, mais en l’agrandissant, on voit qu’il s’agit du bordereau administratif sur les pièces à fournir pour le mariage en Grande-Bretagne !

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Dans le prochain numéro de la Semaine en Images, nous reviendrons sur d’autres photos de cette journée notamment les images censées faire croire que le régime a des partisans fanatiques au sein des Pasdaran. Mais en dehors de ces images parfois très drôles, un troisième détail affaiblit le récit.

Cette ambassade soi-disant envahie a une porte arrière que personne ne surveillait car le but n’était pas d’attraper des otages ou des documents.

Il s’agissait uniquement de faire du bruit, faire monter une psychose chez les Européens présents en Iran afin que les esprits d’échauffent, abondent dans le sens de frappes suggérées par Londres afin que les mollahs obtiennent cette escalade qu’ils souhaitent pour parler de la fermeture du détroit d’Ormuz et inverser le chantage pour obtenir la fin des sanctions.

Ce n’est pas la première fois que les Britanniques manipulent ainsi l’opinion. On se souvient de la ridicule prise d’otage des « marines » de la frégate britannique HMS-Cornwal par des quelques miliciens sur un zodiaque, affaire résolue « suite à un dialogue apaisé de Londres avec Téhéran ». On était alors au tout début de la mise en œuvre des sanctions bancaires américaines et il s’agissait alors de promouvoir le dialogue à la place de la confrontation.

Mais depuis que les sanctions ont vidé les réserves du régime et que ce dernier a été abandonné par ses alliés intérieurs, très régulièrement, les médias britanniques font des révélations sur la bombe nucléaire iranienne en 2012, sur les missiles intercontinentaux iraniens ou sur leurs progrès nucléaires hors du commun afin que les mollahs obtiennent cette escalade qu’ils souhaitent pour parler de la fermeture du détroit d’Ormuz et inverser le chantage pour obtenir la fin des sanctions.

Si cet activisme ne trouve pas d’écho dans les médias car on ne lave pas son linge sale en public, les autres Etats membres de l’OTAN en particulier les Etats-Unis ne sont pas dupes et ne donnent aucune suite aux révélations faites par les Britanniques.

Cette fois, la France et l’Allemagne se sont contentées d’une simple indignation. Washington a été plus vague encore. En l’absence des effets souhaités, Londres a parlé d’évacuation de ses diplomates pour relancer la psychose des invasions d’ambassades. Seule la Norvège, qui via Statoil est également un grand partenaire pétrolier du régime, a joué le jeu en évacuant momentanément ses diplomates d’Iran pour faire monter la psychose. Mais on peut dire que le projet n’a pas marché car les mollahs eux-mêmes ont abandonné ce show.

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Mais les intérêts en jeu pour les mollahs et les Britanniques sont énormes . Téhéran doit neutraliser les sanctions pour stopper la fuite de ses associés économiques et aussi prétendre qu’il a des troupes de fanatiques pour intimider le peuple.

De leur côté, les Britanniques doivent empêcher la mainmise américaine sur le pétrole iranien et aussi sur l’Iran car les Américains pourraient aussi s’emparer de l’Asie Centrale au détriment de BP, de Shell et de Dragon Oil qui donnent un bon contrôle à la Grande-Bretagne.

C’est pourquoi on peut tabler sur d’autres coups montés du même genre par les deux compères et leurs 50 étudiants d’un certain âge et peu doués pour la mise en scène.
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en savoir plus sur le même sujet :
- Iran : 2011-2012, deux années bien tumultueuses pour les mollahs
- (3 Février 2011)


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[1Echanges commerciaux entre l’Iran et la Grande-Bretagne

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