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Iran : La semaine en images n°132
30.08.2010

Au cours de la semaine dernière, le principal sujet traité dans les médias iraniens a été l’entrée en vigueur de la suppression des prix subventionnés, mesure qui annonce des hausses d’au moins 500% sur tous les produits de base. Cette hausse est liée aux sanctions : le régime manque de devises, il ne peut pas approvisionner le marché, il a commencé à réduire le pouvoir d’achat des Iraniens en augmentant les prix, mais il doit passer à une vitesse très supérieure pour brider définitivement la consommation dans l’espoir d’écarter les risques de pénurie et d’émeutes, voire de soulèvement. La mesure risque cependant de provoquer ce qu’il veut éviter, d’où la nécessité de préparer longuement le terrain, mais aussi la nécessité de donner l’image d’un régime fort capable de résister à un autre soulèvement. C’est pourquoi les mollahs ont cessé leur guéguerre qui est censée donner l’illusion d’un débat démocratique diversifié. Supposant l’inefficacité de ces mesures, le régime a aussi ressorti Karroubi de la naphtaline : ce faux opposant intérieur a appelé à un rassemblement pour placer les contestataires sous la bannière d’un partisan du régime. Bref, le régime se prépare au pire. En cette semaine décisive où tout indique un possible retour de la contestation, on n’a guère entendu les Occidentaux en particulier les Américains sur le sujet. Ces derniers ont parlé d’autres sujets comme pendant le premier soulèvement iranien pendant l’été 2009 : l’affaire d’une lapidation qui a été suspendue, il y a 3 semaines, l’affaire d’un footballeur qui a mangé pendant le mois de Ramadan, un bébé tigre dans une valise. Lamentable.



Les mollahs sont dans une situation extrême. Depuis des années, Washington les sanctionne afin de les forcer à dialoguer pour parvenir à une entente car il a besoin d’un allié islamiste, reconnu dans ce domaine, pour agiter les musulmans de l’Asie Centrale contre la Chine et la Russie. C’est une nécessité géopolitique qui l’oblige à éviter des sanctions fatales à ce régime. Il doit l’affaiblir sans le renverser. Il a choisi de les priver de devises pour perturber l’approvisionnement du marché intérieur afin qu’ils reculent par peur de possibles émeutes en cas de pénurie.

Mais les mollahs ne peuvent pas accepter car l’entente proposée par les Etats-Unis les obligerait à partager leur pouvoir avec les pions islamistes pro-américains. Ils risquent de perdre le contrôle des secteurs-clefs pour leur propre sécurité comme la police ou la justice… L’entente proposée est une mort différée. N’ayant pas le choix, il a décidé d’aller à la confrontation, en limitant les risques de pénurie.

Solutions anti-pénurie | En 2007, sa première mesure a été de casser la consommation en supprimant les prix subventionnés qui ont été mis en place (à l’instar des régimes communistes) pour permettre aux Iraniens de consommer sans qu’on leur accorde de bons salaires. Mais un test effectué avec une annonce de libération des prix de l’essence a montré des possibilités d’émeutes. Il a alors tenté de réduire ses dépenses en devises pour limiter le manque de devises donc des pénuries : il a supprimé les distributions gratuites de produits achetés à l’étranger. Cette mesure a été insuffisante, mais elle a néanmoins été une grande erreur tactique car sans le savoir le régime a supprimé la chose qui retenait les gens à ses côtés. En supprimant ces aides que les Iraniens craignaient de perdre, il les a libérés de leur crainte ou de leur engagement. Cela a été un facteur décisif pour le soulèvement de l’été 2009. On était alors loin de ces journées enflammées, ne sachant que faire pour endiguer son manque de devises, le régime a tenté de ponctionner les Bazaris avec un impôt s’élevant à 62% de leur bénéfice. Ils ont fait grève : il a retiré le projet, mais il a secrètement ponctionné leurs comptes bancaires, avant d’annoncer une faillite des banques pour dissimuler ce larcin. Il a alors perdu la confiance du Bazar. Pour la regagner, il leur a promis l’ouverture de plusieurs banques étrangères à Téhéran, ils attendent encore.

Les Bazaris étant à sec, le régime est alors revenu à sa première idée : la suppression des prix subventionnés. Cette solution étant trop risquée, puisque les Américains cherchaient à mettre en place un régime islamiste soi-disant plus démocratique, le régime a pensé organiser sa propre révolution de couleur Verte en faveur de deux de ses plus hauts dirigeants : Karroubi et Moussavi qui siègent au Conseil de Discernement, la plus haute instance de décision du régime. On peut parler d’une nouvelle erreur tactique car pour cette révolution d’opérette, le régime a autorisé le peuple à manifester. La chose a dégénéré en un vrai soulèvement que le régime a eu du mal à mater car les jeunes miliciens qui avaient également souffert de la suppression des aides en nature ont refusé de participer à la répression.

Ce soulèvement protégé par la milice a provoqué une vague de demandes de départ en retraite chez les Pasdaran appelés à remplacer les bassidjis défaillants. L’ensemble de ces évènements a incité le régime à retarder la mesure trop risquée de la libération des prix. Il a alors reçu un soutien inattendu : Washington, qui avait refusé tout soutien au peuple, a autorisé certains de ses alliés à injecter des dollars dans l’économie iranienne ou à livrer des produits de base comme l’essence pour éviter la chute du régime.

Vers la rupture | Grâce à ces apports, le régime a pu écarter encore sa grande mesure à risques, mais étant néanmoins dans l’obligation de refuser toute entente, il l’a remplacée par une petite hausse progressive calquée sur le taux de l’inflation qui avoisine les 60% pour brider modérément la consommation en attendant le moment propice pour mettre en place sa grande mesure très risquée. La petite mesure de remplacement qui était supposée être plus douce a, en peu de temps, privé le Bazar de la majorité de ses clients. Voici des images des Bazars de Kermân et de Qom au cours de la semaine dernière.
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Dans le contexte d’une hausse plus forte, le Bazar a alors perdu tout espoir en une reprise de la consommation avec les mollahs au pouvoir et avec les contentieux des deux dernières années, il est de facto devenu un adversaire de leurs choix jusqu’au-boutistes. Il leur a d’ailleurs adressé son avertissement par une longue grève de 20 jours. Téhéran n’a pas assoupli ses positions comme le lui demandaient les Bazaris car il avait alors un dernier très grand « allié » : les Etats-Unis. Ce dernier a refusé tout soutien à la grève du Bazar, mais il a choisi cet instant de fragilisation du régime pour demander à ses alliés « autorisés à commercer avec les mollahs » de cesser leurs activités. Téhéran a réagi après le troisième communiqué concernant la division par 4 des livraisons d’essence en provenance de la Turquie.

Ayant perdu tous ses alliés, le régime s’est vu arrivé sur la dernière ligne droite finale. Il a alors multiplié par 12 les factures d’électricité comme un test pour mesurer le degré d’irritabilité du peuple. En l’absence d’émeutes, il a annoncé la très prochaine entrée en vigueur de la suppression des subventions. Cette mesure étant cependant très sensible, le régime a commencé à mettre en scène une unité nationale pour se montrer prêt à affronter toute agitation et il a également baissé d’un ton pour donner l’impression d’une ouverture afin de ne pas encourager ces nouveaux ennemis de l’intérieur à se lancer dans des actions sociales susceptibles de le renverser. Il entend retarder le point de rupture pour se préparer à son plus grand défi.

Il a alors mené des efforts sur les 3 fronts : l’apaisement pour calmer les adversaires extérieurs et l’effort de la mise en scène d’unité et aussi des efforts pour préparer les Iraniens à la hausse des prix.

Samedi 21 août : le mandat qui tue | La semaine a commencé avec cette préparation mentale sur le projet central : la hausse fracassante des prix. Les semaines précédentes, le régime avait publié des articles où l’on évoquait de petites hausses, mais il a tout d’un coup changé de ton pour évoquer les pourcentages plus importants. Par exemple concernant le prix du pain, il y a 15 jours, le régime affirmait qu’il vendait la farine à 6 cents de dollar le kilo aux boulangers alors qu’il l’achète 60 fois plus cher à l’étranger, mais il laissait entendre que la hausse de la farine ne changerait pas le prix du pain car tous les boulangers n’achetaient pas toute leur farine à ce prix subventionné. Ce qui était cafouilleux et irréaliste. Au cours de la semaine dernière, il a changé de discours pour affirmer que le prix du pain allait être multiplié par 200 ou par 300 car il faudrait aussi prendre en compte les hausses de l’eau et de l’électricité !

Parallèlement à ces annonces qui vacillent entre test et vérité, le régime a aussi commencé un autre test.

Explication | Le projet de la libération des prix s’appelle l’objectivation des allocations car on prétend supprimer l’attribution des aides à tous les Iraniens y compris les riches afin de ne les accorder qu’aux pauvres. Il a de ce fait était accompagné par une enquête nationale pour recenser les pauvres. L’enquête a prouvé que 90% des Iraniens y avaient droit. Le régime avait alors changé les critères avant de baisser le montant de cette aide à 15 dollars par mois et par personne ! Ce qui est bon pour acheter un paquet de chewing-gum car le niveau du seuil de pauvreté est à au moins 300 dollars de revenus par mois par personne. Puis il a exigé que les bénéficiaires ouvrent un compte bancaire pour leur verser leur allocation ce qui est un acte dissuasif car des millions d’Iraniens n’ont pas de compte et les banques ne leur en ouvrent pas car ils n’ont pas de revenu. Sa dernière trouvaille datant du samedi dernier a été d’exiger un mandat accordé par les bénéficiaires à l’Etat l’autorisant à ponctionner leurs comptes au cas où on découvrirait qu’ils ont été trop payés ! Étant donné que les aides se font en argent iranien dévalorisé depuis la révolution, des billets imprimés à l’infini, il s’agit là d’un autre test pour mesurer le degré d’irritabilité des Iraniens pour fixer le niveau des hausses. Ce bout de papier évoqué le samedi, premier jour de la semaine, sur un fond de multiplication des prix du pain par 200, a mis la semaine sous le signe de débats populaires sur cette hausse, une manière pour le régime de plonger les Iraniens (y compris les Bazaris) dans le bain afin de les tester.
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Dimanche 22 août | Après ce début fracassant qui n’a provoqué aucune émeute, le régime s’est attaqué à ces 2 mesures d’accompagnement de la hausse à venir : le soi-disant apaisement avec l’étranger (pour éviter l’agitation au Bazar ou chez les miliciens défaillants) et la mise en scène de l’unité interne qui est une autre réponse à ce même problème.

L’apaisement militaire | Il y a 10 jours, au lancement de ce plan de la dernière ligne droite, la première mesure de cet apaisement de façade avait été l’annonce du Guide sur la possibilité d’un dialogue avec les Etats-Unis. Puis, le régime est allé plus loin en minimisant les progrès militaires qu’il devait annoncer dans le cadre de ses provocations quand il n’avait pas perdu la complaisance de Washington. Cette semaine, il est allé encore plus loin en supprimant toute menace militaire vis-à-vis d’Israël ou les pays Arabes lors de la journée de la présentation de nouvelles armes : le drone Karrar et les vedettes rapides qui doivent parader dans le détroit d’Ormuz. Le régime est devenu tout doux en espérant un mot amical de l’étranger capable de rassurer ces ex-alliés intérieurs.

Dans cet effort détourné, le régime a encore une fois minimisé les capacités des armes présentées. Par exemple, le drone Karrar est en fait une cible volante MQM 107 achetée par le Chah pour l’entraînement des forces aériennes iraniennes qui était à l’époque la 5e puissance non atomique du monde. Karrar est de fait un missile très agile. Le régime n’a pas évoqué cette agilité qui en fait un missile très intéressant, mais le régime a parlé d’un drone de combat qui est une prétention ridicule car il n’a pas de satellite militaire pour le guider.
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Dans le même genre d’auto sabotage de ses propres prétentions passées, il n’a donné aucune publicité à l’inauguration de l’usine de fabrication de ses vedettes rapides par son ministre de la défense, Vahidi, terroriste internationalement recherché qui a une dégaine de Kéké.
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Lundi 23 août | Après le soi-disant apaisement, le régime a mis en scène des rencontres amicales entre ceux du régime qui se disent des adversaires politiques pour simuler un débat démocratique interne. La première rencontre amicale a mis en scène Ahmadinejad et Larijani.

Dans la scénarisation des jeux de rôle du régime, ils se disent des chefs de files de deux courants conservateurs issus des Pasdaran. Mais en fait cela est idiot car Larijani est un membre du Conseil de Discernement, organe plénipotentiaire qui décide de toutes les politiques du régime dans tous les domaines. Il veut même remplacer l’actuel président de ce conseil, Rafsandjani pour devenir le patron politique du régime. Il est de ce fait bien supérieur à Ahmadinejad. Larijani a par ailleurs des ayatollahs dans sa famille dont le patron du judicaire, ce qui n’est pas le cas de l’autre.
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Lundi 23 août : la danse des parrains | Après la rencontre entre les deux soi-disant rivaux issus des Pasdaran, le régime a mis en scène une belle rencontre entre Rafsandjani, le patron politique du régime qui a été reçu par plusieurs ayatollahs ou apprentis ayatollahs qui ont prié derrière lui. Cela veut dire qu’ils l’acceptent comme un homme fiable. L’image est importante car sous la direction de Larijani, de nombreux religieux ont, ces derniers temps, contesté la fiabilité religieuse du patron en l’accusant d’instrumentaliser des lois coraniques pour s’enrichir. En priant derrière lui : le régime a fermé ce chapitre. Ce qui montre que dans les vraies querelles au sein de la mafia interne, on peut faire la paix quand le système est en danger.
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Mardi 24 août : un contre-coup | Les Américains qui attendaient un ramollissement du régime suite à leur augmentation des pressions ont lancé un autre avertissement aux mollahs en les éjectant du projet du gazoduc Nabucco, un des projets cadeaux pour saluer une éventuelle acceptation de l’entente que les mollahs refusent. Cette éviction ne peut pas être considérée comme un coup dur économique car le régime n’avait montré une envie d’y participer, mais l’annonce a été le signe que le régime n’était pas dans une phase d’apaisement avec les Occidentaux. Téhéran a immédiatement mis en scène l’inauguration du chantier du gazoduc Iran-Pakistan-Inde dont la réalisation dépend de Washington pour donner l’impression inverse.
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Mardi 24 août : mesure d’urgence | Ce jour-là, il y a un vrai événement inédit en Iran : l’affaire Oriflame. Des agents des Pasdaran ont investi le siège d’une entreprise de cosmétique suédoise qui fait près de 55 millions de dollars de bénéfice par mois en accusant les responsables d’avoir monté une escroquerie pyramidale. Ils ont annoncé que les avoirs de l’entreprise étaient placés sous leur responsabilité. Le régime qui manque de devises a ainsi renoué avec l’attaque des magots des Bazaris. Cette version « dernière ligne droite » de l’attaque des fonds privés du secteur commercial a eu lieu le jour où deux directeurs régionaux, un Suédois et vraisemblablement une Indienne, étaient présents et pouvaient devenir des otages de qualité. La direction suédoise a compris le binz car certains de ses responsables iraniens recrutés à l’étranger avaient déjà été arrêtés en janvier dernier. La direction suédoise a engagé des négociations avec ces maffieux des Pasdaran qui sont spécialistes d’offres que l’on ne peut pas refuser. Les Suédois n’ont vraisemblablement pas été très compréhensibles puisque le régime a publié des photos d’objets saisis dans les bureaux faisant Etat d’un usage de drogue ou d’activités liées à la prostitution afin de laisser supposer que les otages risquaient la pendaison.
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Etant donné que l’accusation est abracadabrante, deux jours plus tard, Téhéran a annoncé la saisie des stocks d’Oriflame. Le régime a également organisé une manifestation spontanée des victimes de cette société devant son siège demandant des mesures fortes. Le même jour, l’agence Fars a publié un article rappelant que selon la loi, la peine de mort était requise pour les fondateurs de vente pyramidale. Affaire à suivre...
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L’envers du décor | Cette semaine qui a été marquée par des préparatifs ne s’est pas déroulée selon les vœux du régime. Nous n’avons trouvé aucune image montrant les dirigeants avec le peuple ou avec les miliciens en tenue qui sont chargés de sa sécurité. Le régime a manqué de troupes populaires et s’est contenté de petites réunions autour de ces représentants : ici on voit le Guide avec les poètes du régime. Puis, on voit Larijani avec les étudiants islamiques d’Iran.
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Le boycott | Depuis longtemps, les photographes iraniens qui sont membres de la milice populaire, désormais coupée du régime, apportent chaque semaine des images de la rupture entre le pouvoir et le peuple. Un des éléments de cette rupture est le rejet de l’islam par les Iraniens en raison du dégoût inspiré par les mollahs. Les gens sont devenus islamophobes ou anti-religieux, les plus croyants ont changé de religion. Il est cependant difficile d’illustrer ce rejet car on vit dans un pays islamique où ce genre de comportement est puni par la mort ou des dizaines de coups de fouet ce qui revient au même.

Le seul indice visible de ce rejet est le boycott des mosquées. Ce boycott saute plus aux yeux en ce mois de Ramadan où les « musulmans » doivent fréquenter les lieux de culte avec assiduité. Le boycott est désormais si important que les gens ne vont plus aux mosquées pour le casse-croûte nocturne offert- par les mollahs. Nous le faisions remarquer : le fait a été reconnu par le régime, mais il l’a attribué au succès des séries télévisées religieuses ! En désespoir de cause, le régime s’est reporté sur les orphelins pour un dîner qui devait être photographié par l’agence IRNA pour montrer l’adhésion des jeunes avec le régime. Les jeunes n’ont pas répondu à cette invitation. Le régime n’a finalement trouvé que des orphelins d’un certain âge !
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Le boycott religieux a pris de telles proportions que le régime vient d’annuler les 3 nuits de prière de gratitude (Ghadr) qui chaque année a lieu dans le mausolée de Khomeiny.

Anti-ramadan | Le boycott religieux ne se résume pas au boycott des mosquées : on signale de plus en plus de gens qui mangent en plein jour et de préférence à proximité des policiers pendant ce mois de Ramadan. Le site d’info des Pasdaran s’est récemment plaint du manque de zèle des policiers à arrêter les auteurs de ces comportements anti-régime. Le fait étant sévèrement puni, on ne dispose pas de photos à ce propos.

La raison de ce genre de prise de risque est évidemment la connaissance d’une rupture entre la milice et la pouvoir. La raison du comportement est le rejet d’un régime dont le bilan n’est que la désolation : les quartiers pauvres oubliés, les budgets détournés et les projets bâclés qui provoquent la mort tous les jours, les eaux usées qui envahissent les quartiers pauvres, l’augmentation du nombre des drogués en raison de la participation des Pasdaran à ce marché très lucratif
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Prises de risques | Le bilan du régime est désastreux, les gens le défient sans cesse et il doit bientôt se lancer dans une mesure explosive de libération des prix. On peut dire que les mollahs marchent sur des braises. Leur prochain problème est le boycott prévisible le 3 septembre de la journée de Qods qui célèbre la guerre du Hezbollah contre Israël.

Téhéran doit cependant attirer les jeunes dans la rue pour ne pas perdre la face devant ses admirateurs de la rue arabe. Pour contrer ce boycott et attirer le peuple dans la rue, le régime prétend que les ennemis du régime veulent profiter de cette journée pour manifester !

Par « ennemis », le régime évoque les monarchistes qui sont très populaires en Iran. Pour mettre les jeunes en confiance, un clip monarchisant a été concocté par le régime : une voix off récite des vers d’une chanson patriotique du chanteur monarchiste Sattar pour inviter les jeunes à se mobiliser pour cette journée (islamiste).

En prévision à cette mobilisation qu’il veut et qu’il redoute, le régime a sorti le vieux Karroubi dans le rôle du chef de l’opposition pour placer la contestation à venir sous la bannière de ce partisan du régime. Le Mouvement Vert (révolution d’opérette) qui accompagne ces efforts du régime a concocté pour sa part une affiche mêlant la lutte pour l’Iran à la lutte pour la Palestine afin d’islamiser l’éventuelle manifestation anti-régime. Pitoyable.