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Iran : La semaine en images n°233
07.08.2012

Résumé de la situation (+ un inventaire des diverses réponses du régime aux sanctions et leurs effets) | Il y a une semaine, les habitants de la ville de Neyshabur ont manifesté aux cris de « Mort à la république Islamique », les habitants de Téhéran ont attaqué et molesté des miliciens chargés de faire respecter le port du foulard. Mais aucun Pasdaran ou Bassidjis n’est intervenu. Les Pasdaran et les Bassidjis ont laissé faire, apportant implicitement leur soutien à un changement de régime. Les dirigeants sont restés bouches bées et ont convaincus leurs derniers compagnons qu’ils n’étaient pas à la hauteur des problèmes...

En fait, cela fait 3 ans que des centaines de milliers de Pasdaran, de Bassidjis, de militaires, des dizaines de milliers de Bazaris et de mollahs de base boycottent toutes les manifestations officielles du régime. Ces actifs d’origine populaire du régime lui ont tourné le dos car ils n’ont pas les mêmes intérêts vitaux que leurs dirigeants.

Ces Pasdaran, Bassidjis... entrés dans la vie active près de dix ans après la révolution, ont hérité de la révolution sans l’avoir voulue. Ils sont arrivés à un moment où la révolution avait ruiné toute la prospérité acquise grâce aux Pahlavi et détruit des millions vie dans une guerre idéologique. Ils ont rejoint le régime par intérêt économique : pour échapper à la misère dans une économie dominée de façon mafieuse par les mollahs et leurs familles.
Les mollahs (historiquement pro-britanniques) ont accédé au pouvoir en 1979 en aidant les pions islamistes de Washington à renverser le Shah, puis en éliminant ces derniers du jeu via des assassinats puis par la diabolisation des Etats-unis et enfin par la rupture des relations diplomatiques avec ce pays.

Les Etats-Unis ont très peu apprécié car ils cherchaient certes à renverser le Shah qui avait porté préjudice à leur puissance pétrolière en créant l’OPEP et se positionnant comme un non alignés et cherchant à créer de nouvelles alliances régionales indépendantes, mais plus encore, les Américains cherchaient depuis les années 50 à installer une république islamique remuante en Iran pour constituer avec la Turquie, l’Afghanistan et le Pakistan (à re-islamiser par leurs soins), une Ceinture Verte (islamiste) au sud de l’Asie Centrale pour agiter cette région musulmane et la conquérir avec ses islamistes afin de démanteler l’Union Soviétique et la Chine, mais aussi happer ses réserves pétrolières en tant que bon sauveur et ainsi dépasser les Britanniques et leur ravir après 80 ans de lutte le leadership du marché pétrolier [1] pour devenir maître du prix du baril, maître du destin d’autres grands consommateurs qui cherchent à dépasser sa puissance économique.

Les mollahs ont contrecarré ce vaste plan pour empêcher les Américains de menacer la suprématie centenaire de leurs protecteurs britanniques sur le marché mondial du pétrole. Washington a immédiatement commencé une guerre d’usure économique contre les mollahs pour les affaiblir graduellement et provoquer des pénuries alimentaires afin que le risque d’un soulèvement populaire les force à revenir en arrière en acceptant le rétablissement des relations diplomatiques, puis le retour de ses pions dans le jeu et enfin un transfert des pouvoirs en leurs mains via une révolution de couleur (de préférence Verte en référence à l’islam et au projet de la Ceinture Verte).

Les « mollahs » ont été épaulés par les Britanniques et les autres adversaires économiques de Washington pour tenir bon et ont refusé de céder car ils avaient beaucoup à perdre à savoir leurs fortunes et sans doute la vie. Mais les Etats-Unis ont été plus forts, la Grande-Bretagne ainsi que les partenaires européens du régime en étant officiellement ses alliés ne pouvaient pas le contrer ouvertement et les autres amis du régime ne faisaient pas le poids devant les Etats-Unis, le régime devait trouver une réplique ou une politique pour neutraliser les sanctions par ses propres moyens. Dans les années 80, Rafsandjani, demi-frère de Khomeiny, patron des services secrets des Pasdaran et maître d’oeuvre des opérations pour chasser les pions de Washington a utilisé le terrorisme anti-américain au Liban pour négocier une paix avec Washington, mais sans y parvenir.

Par la suite, dans les années 90, Rafsandjani a obtenu la présidence du régime, la présidence de l’Assemblée des Experts (chargée de choisir le guide) et s’est octroyé les pleins pouvoirs en modifiant la constitution pour transférer les principaux pouvoirs du Guide au Conseil de Discernement qu’il venait de créer. Il a alors eu les mains totalement libres pour tenter de nouvelles négociations avec les Américains. Mais n’offrant rien à ses interlocuteurs et utilisant sans cesse le terrorisme, il a été soupçonné de vouloir les épuiser dans des négociations sans fin : il a fini par agacer Washington qui a encouragé l’Allemagne à le sanctionner directement par un mandat d’arrêt international pour son rôle dans la tuerie de Mykonos.

Rafsandjani ne pouvait plus voyager : il a dû renoncer à son mandat présidentiel. Il a confié la présidence à Khatami, un de ses anciens collaborateurs chargé d’éliminer les opposants, pour simuler un apaisement afin d’amadouer Washington. Dans ce jeu, Khatami a accepté de jouer la carte des négociations sans fin avant de faire quelques concessions contraires aux intérêts du régime sous la menace des sanctions. Rafsandjani, le maître plénipotentiaire du régime, a alors sorti Ahmadinejad (un autre de ses collaborateurs des services secrets) pour remettre en cause les concessions de Khatami et recommencer de nouvelles négociations sans fin tout en évoquant la menace d’une grande guerre régionale et la menace de la fermeture d’Ormuz pour faire reculer Washington par la possibilité d’une longue pénurie pétrolière mondiale. Cette nouvelle mouture de la guerre d’usure diplomatique de Rafsandjani n’a pas réussi à éliminer les sanctions, mais encore a permis à Washington de prendre comme prétexte la dangerosité du régime pour adopter de nouvelles sanctions et menacer l’Iran de frappes lourdes contre tous ses centres industriels. Rafsandjani n’a cessé de jouer le dialogue stérile et il a ainsi convaincu tous les serviteurs du régime comme les Pasdaran (les jeunes engagés par intérêt ou les anciens qui ont connu la guerre) qu’il n’était pas l’homme de la situation et qu’en plus il allait les mener vers une nouvelle guerre et le néant. Ils devaient sortir de ce régime pour leurs propres intérêts ou sortir le régime d’Iran.Mais l’armée des Pasdaran (Sepâh Pasdaran) a une structure cloisonnée comme des services secrets, les gens ne se connaissent pas pour former des complots, il a été plus simple de prendre ses distances que d’agir contre le régime. L’adoption en 2007 de nouvelles sanctions bancaires privant le pays de ses dernières ressources en devises a été un déclic. Dès 2008, des Pasdaran, des Bassidjis, mais aussi des Bazaris et des membres du clergé ont diminué leur participation aux manifestations officielles symboliquement importantes comme la Journée de Qods, ou la commémoration de la prise de l’ambassade américaine.

Le régime était alors de facto réduit à ses 130 hauts dirigeants du Conseil de Discernement ou de l’Assemblée des Experts, quelques milliers de hauts responsables administratifs, ses 300 députés, une centaine de hauts commandants de Pasdaran qui jouissent de revenus commerciaux, quelques milliers d’hommes d’affaires issus des clans au pouvoir et enfin ses hommes de main, soit en tout environ 20,000 personnes.Le régime était fragilisé, mais pas immédiatement menacé en raison de la structure cloisonnée du Sepâh. La seule menace possible pouvait venir des anciens combattants de la guerre Iran-Irak capables de former des groupes d’action. Avant qu’il puisse y parvenir, la caste dirigeante en particulier Rafsandjani devait agir.

En juin 2009, Rafsandjani a pris l’idée d’une révolution de couleur souhaitée par Washington pour un simulacre nommé Mouvement Vert sous la direction de son ami ultra Khomeyniste Moussavi, membre du Conseil de Discernement, hostile à tout dialogue, pour donner une légitimité démocratique absolue au régime et son incapacité fondamentale de compromis avec Washington. Mais le peuple autorisé à manifester a dévié de la ligne souhaitée par Rafsandjani : il est massivement descendu dans les rues avec des slogans hostiles au régime… On parlait alors d’un ralliement des Pasdaran à cette contre-révolution, mais cela n’a pas eu lieu car Washington, hostile à l’action résolument anti islamique de cette action et l’Europe (partenaire du régime) n’ont pas soutenu le peuple iranien. Ils ont plutôt laissé le régime rétablir l’ordre avec ses hommes de main et des rumeurs anxiogènes de répression sanglantes. Par la suite, Washington a inventé ses propres verts pour infiltrer le projet mal ficelé de Rafsandjani et aussi pour ne laisser aucune chance à une autre contre-révolution.

Rafsandjani qui avait failli renverser le régime était sur la sellette, il a dû céder la précieuse direction du pouvoir judiciaire à la famille Larijani qui le considère comme un ennemi car il a supprimé leur protecteur, l’ayatollah Mottahari, au motif qu’il était plus qualifié que lui pour diriger le pays. En cédant le pouvoir judiciaire à Sadegh Larijani, Rafsandjani a préservé la direction du régime. Il a alors mis en place une paupérisation forcée des ménages pour limiter la consommation et habituer les Iraniens à vivre en pénurie afin de neutraliser le principal effet des sanctions, puis il a repris avec plus vigueur les provocations d’Ahmadinejad et des tentatives pour relancer le Mouvement Vert n’hésitant pas à flirter avec des slogans de plus en plus politiquement incorrects. Enfin de compte, il n’a pas réussi à provoquer une escalade ni à attirer le peuple dans la rue, mais sa paupérisation a provoqué la rupture des Pasdaran haut gradés touchés par le mesure.

Au bout d’un an, en juin 2010, les autres hauts dirigeants ont estimé qu’il piétinait, n’avait aucune solution pour contrer les sanctions et avait même intensifié le mécontentement interne. Rafsandjani est alors disparu de la scène politique et Ali Larijani a pris le relais de ses devoirs officiels dans le cadre de la présidence du Conseil de Discernement. Mais Rafsandjani a gardé ce titre afin que le désarroi du régime ne soit pas révélé au grand jour. Par la suite en 2011, il a aussi perdu le contrôle de l’Assemblée des Experts. Il a cependant continué à intriguer dans l’ombre grâce à son pion Ahmadinejad et ses ministres, issu également de son clan.

Les Larijani, nouveaux patrons du régime, devaient trouver des solutions pour sauver le régime, mais ont continué les solutions utilisées par Rafsandjani dont notamment la paupérisation forcée imaginée en dernier lieu pour habituer les Iraniens à la pénurie ! Ils n’avaient aucune idée originale. De plus, ils ont surtout utilisé le pouvoir judiciaire pour régler des comptes avec Rafsandjani ou pour éliminer ses pions du jeu, notamment les ministres et les responsables administratifs chargés des négociations avec Washington à un moment où il est devenu évident qu’il n’y avait aucune autre solution que de marchander des garanties de sécurité en échange d’un transfert rapide des pouvoirs vers les pions islamistes de Washington.

Dans ce contexte difficile, le peuple a pu exprimer son hostilité au régime grâce à la passivité complice des Pasdaran en célébrant le 15 mars 2011 l’anniversaire de Reza Shah Pahlavi (père du Shah), vénéré pour sa laïcisation et la modernisation des structures du pays qui ont arraché le pays à sa torpeur. Pour les dirigeants et les derniers compagnons, les Pasdaran avaient choisi la contre-révolution et le retour à l’ère Pahlavi. Les hommes d’affaires du régime ont paniqué car le peuple pouvait désormais renverser le régime et s’en prendre à eux. Les dirigeants fragilisés pouvaient négocier une fuite sécurisée avec les Américains et les laisser seuls face au peuple. Ils ont commencé à brader leurs actions et leurs biens immobiliers pour acheter de l’or et des dollars afin de quitter le pays au plus vite.

Larijani a ouvert un procès pour fraude visant les hommes d’affaires agités et a promis des peines de mort, mais il n’a jamais pu les appliquer de peur de provoquer un plus grand désordre. Il a ainsi montré son incapacité à gérer la crise. Pire encore, il a inclus les pions politiques de Rafsandjani dans le procès pour fraude pour les éliminer et nommer ses pions à leur place pour avoir un accès prioritaire aux marchandage admettant de facto qu’il jugeait la fin proche. Son effort pour privilégier son clan au lieu du régime tout entier a montré qu’il n’avait rien d’un sauveur et il était comme les autres dirigeants du régime. Les sans grades restés aux côtés du régime ont compris qu’ils seraient finalement sacrifiés. Ils devaient rompre aussi avant la chute du régime. On a remarqué une nouvelle baisse du nombre des participants aux événements officiels et la disparition de plus de 260 des 290 députés du régime. La nervosité de Larijani pour prendre le contrôle des négociations et les nouvelles ruptures provoquées par ce comportement indélicat ont convaincu Washington qu’il devait durcir ses sanctions et donner l’impression de vouloir en finir avec le régime pour semer la zizanie entre les chefs et au sein de leurs derniers compagnons.

Washington a utilisé la menace de remaniement des notations AAA pour pousser les Européens à annoncer un embargo sur l’achat du pétrole iranien à partir du 1er juillet 2012. Ces derniers ont accepté car ils ont surtout des contrats d’exploitation et possèdent de facto 100 % et rétrocèdent à l’Iran 1/3 de la production pour sa consommation interne, tiers que le régime vend à ses clients asiatiques et à de rares occasions à ses mêmes exploitants pour arrondir ses fins de mois. Il n’y avait que très peu de barils vendus par l’Iran. Leur embargo n’allait pas bouleverser la situation du régime ou leurs propres avoirs pétroliers en Iran. L’annonce a cependant dérangé le régime car l’Europe pouvait arrêter l’exploitation des puits, provoquant une vague de chômage dans le secteur pétrolier. L’Europe était par ailleurs le plus prestigieux fournisseur du régime et surtout un excellent partenaire pour bloquer mollement mais efficacement les sanctions américaines en se disant attachée à une action onusienne commune avec les Chinois et les Russes. Le régime allait perdre une alliée politiquement correcte et pouvait même entrer en conflit avec elle. Il pouvait se retrouver engagé dans une escalade susceptible de forcer les Européens à annoncer de nouvelles sanctions ou à appliquer les sanctions qu’ils n’appliquent jamais. Le régime était face à une possible déferlante de contrariétés qui pouvait démoraliser tous ses derniers compagnons, provoquer leur fuite et accélérer son effondrement. Le régime a accepté le dialogue pour permettre aux Européens de geler leur embargo dérangeant.

La première rencontre programmée en juin dernier à Bagdad, a eu lieu au moment d’une nouvelle crise apparue après deux boycotts consécutifs, l’un confirmant la rupture des Pasdaran et l’autre confirmant l’inexistence d’une opposition interne capable de contrôler un soulèvement. Pour les derniers compagnons du régime, la situation était désespérée, lors de la rencontre, leurs dirigeants pouvaient céder en échangeant des garanties de sécurité (la vie sauve) contre un rapprochement permettant le transfert des pouvoirs vers les pions de Washington. Ceux de la base pouvaient être sacrifiés : il y a eu une rupture massive des cadres administratifs : presque personne n’a assisté aux nombreuses manifestations qui devaient alors avoir lieu en mémoire de Khomeiny.

Pour amplifier le malaise, Washington a évoqué la possibilité d’un embargo maritime et aérien de l’Iran. Le régime était condamné, insolvable et désavoué. La Chine qui lui achète 35% de ses barils a trouvé un prétexte administratif pour annoncer l’arrêt de ses achats pétroliers après le 1er juillet 2012 ! Après cette date, les Indiens (alliés de Washington) qui achètent près de 20% des barils iraniens ont dit la même chose. Le régime n’allait pas perdre un peu de ses revenus avec le retrait des Européens, mais au moins 55% de ses revenus !

Le régime a connu une importante panique financière. Larijani a tiré des missiles pour faire reculer les Américains avec la menace d’une fermeture d’Ormuz, mais Washington a esquivé avant d’annoncer encore de nouvelles sanctions amplifiant le sentiment d’inefficacité du régime. Ses derniers compagnons ont encore paniqué. Leur ruée vers le dollar a fait monter le billet vert en flèche de plus de 150 % . En peu de temps, on n’en trouvait plus. Le régime qui n’a plus de réserves n’a pas réinjecté plus de dollar sur le marché pour calmer la panique, il a préféré étouffer la flambée par manque de carburants. Mais en agissant ainsi il a laissé supposer qu’il était en faillite et ne pourrait plus assurer l’approvisionnement du marché intérieur iranien. Ses derniers compagnons ont pris d’assaut les magasins de distribution des produits alimentaires pour faire des réserves. En quelques heures, on ne trouvait plus de poulet, produit importé et cher réservé aux 5% de la population qui échappe à la pauvreté. Mais la crise a aussi affecté la masse imposante des démunis qui se nourrissent des abats de poulet. Pour calmer la panique des acheteurs nantis, le régime a augmenté la distribution de poulet, pour calmer la demande plus imposante d’abats nécessitant beaucoup plus de poulets, le régime a parlé d’une maladie touchant les abats de poulet. Larijani à l’origine de ce désordre s’est caché ! Rafsandjani a profité de son absence pour parler par l’intermédiaire du ministre la défense qui est un de ses pions les plus dévoués de la préparation du pays pour fermer le détroit d’Ormuz. Les Britanniques ont tenté d’aider l’escalade souhaitée par le régime en affirmant que ce dernier avait aussi acquis le savoir faire nucléaire militaire depuis 2008. Washington a esquivé, mais il a puni le régime et son allié britannique en sanctionnant 22 de ses 85 cargos pétroliers évoluant sous un pavillon britannique, diminuant les derniers revenus en devises du régime de 50% (car les 85 cargos ne sont tous en livraison en même temps).

Rafsandjani qui était à l’origine de cette nouvelle mauvaise évolution a eu peur d’être encore plus déchu et perdre aussi quelques parcelles de son empire financier où le monopole sur le pistache lui apporte annuellement 700 millions dollars. Rafsandjani a vite diffusé via ses pions verts la rumeur qu’il négociait avec les Américains et il était presque parvenu à un accord éliminant tout soutien américain aux opposants en particulier à Reza Pahlavi, vu par les Iraniens comme le seul recours pour débarrasser le pays de cette fausse révolution qui lui a été imposée par les grandes puissances pétrolières.

La rumeur rassurante de Rafsandjani qui le posait aussi en sauveur du régime n’a pas vraiment convaincu ses compères et les derniers compagnons du régime. Cette rumeur était également contraire à l’actuelle tactique américaine de démoralisation des troupes du régime, Washington a prouvé l’absence de négociations et d’accord en rétablissant ses menaces en publiant la liste de tous les cargos du régime pour montrer qu’il pouvait les arraisonner d’un seul coup et assécher toutes les sources de devises du régime pour le plonger dans une pénurie immédiate. La ruée vers le poulet s’est accentuée. La demande d’abats a aussi montée chez les démunis. Le début du Ramadan et l’absence de prière collective derrière le Guide a rappelé la rupture des Pasdaran et la possibilité d’une action. Une semaine après le début de cette 1ère pénurie provoquée par la panique des amis du régime, les gens d’en bas et les gens d’en haut ont défilé ensemble dans les rues d’une ville iranienne en scandant « Mort à la république I... » et aucun Pasdaran ou Bassidjis n’est intervenu. Le pays sans timonier avait basculé dans la pénurie et la contestation. Les dirigeants ont préféré faire le sourd face à l’union improbable du peuple et de ses serviteurs !

Ali Larijani qui était resté caché au moment de la manifestation hostile au régime a profité du silence des autres et surtout du silence de Rafsandjani pour annoncer la création du QG pour contenir la colère du peuple et pour demander à demi mot les pleins pouvoirs pour diriger et permettre à ce QG de sauver le régime. Pour sonder l’accueil à sa proposition, il a organisé une commémoration pour le 20e anniversaire de la mort de son père alors que ce dernier a disparu en hiver et non en été. Aucun des gros bonnets du régime n’est venu à la commémoration, il a été désavoué pour obtenir les pleins pouvoirs au vu de son bilan désastreux et sans doute en raison des erreurs commises par Rafsandjani quand il avait les pleins pouvoirs. La peur de l’échec du régime a amplifié la peur de la pénurie alimentaire, la demande de poulets a augmenté.

Le régime a tenté de rassurer les siens en annonçant des rassemblements officiels pour le Ramadan, une diffusant des discours forts de soutien à la résistance anti-américaine et enfin en annonçant de gigantesques manifestations de jeunes étudiants intégristes partout en Iran pour insinuer qu’il avait des réserves pour se défendre. Mais il n’y a eu qu’une centaine individus souvent âgés à Téhéran et une trentaine de manifestants très âgés à Ispahan. Le peuple a constaté que le régime mentait. La crise ne pouvait que devenir plus forte après ces mensonges.

Cette semaine, Ali Larijani, le patron du régime, devait revoir sa copie. Il s’est montré hésitant. Il a manqué d’audace ou d’idée neuve pour marquer son autorité. Tous les gens qui avaient des reproches à lui faire se sont manifestés. Il s’est retrouvé face à une situation inédite de crise très aiguë. Il a mis en orbite de vielles fausses querelles internes pour détourner les attentions de la vraie crise en cours. Il a aussi rempli ses médias d’annonces de rassemblements réunissant des courants ou des personnalités opposés pour insinuer l’existence d’une direction unie. Il y avait de la contradiction entre toutes ses vieilles recettes de propagande utilisées en même temps. La variété des solutions évoquait l’insuccès des efforts. Les choix étaient inadaptés et la direction imprécise. Rafsandjani a profité du manque de perspicacité de son adversaire pour tenter un come-back qui a déclenché une riposte violente de Larijani. Voici le récit très intéressant d’une semaine hors norme marquée par des efforts contradictoires, incessants et infructueux d’un régime divisé, à bout de souffle, à bout d’idées ne sachant par quel moyen dissimuler ses malaises et les signes avant-coureurs de son effondrement.



Au cours de la semaine dernière, le principal échec du régime a été l’apparition d’une unité populaire spontanée avec les forces de l’ordre pour manifester bruyamment contre le régime. Cela avait prouvé que le régime était seul.

Par ailleurs, pour la seconde fois en un mois, des passants se sont ligués à Téhéran pour attaquer et molester une patrouille d’Ershad (« bonne conduite morale ») qui avait arrêté une fille pour avoir mal mis son foulard. Les miliciens s’étaient enfuis. Cela avait montré le manque de capacité de représailles du régime et le nombre bien réduit de troupes fidèles.

Le boycott des mosquées pendant les premiers jours du Ramadan (Ramezân selon les Iraniens) avait à nouveau confirmé la perte d’autorité du régime.

La panique interne générée par ces problèmes avait augmenté la demande obsessionnelle de poulet. Le régime avait limité à 2 le nombre de poulet par client pour répondre à la demande, amplifiant la certitude qu’il ne pouvait pas approvisionner le marché et que l’on allait vers de nouvelles manifestations hostiles provoquées par la faim et exposant le régime à la chute.

Le régime avait alors tenté de rassurer les siens en annonçant des manifestations faisant état de l’existence de réserves intégristes capables de le défendre, mais il n’avait pas été à la hauteur.

Pour rassurer ses compagnons, le régime devait effacer au fur et à mesure toutes les choses qui les avaient fait paniquer. Il devait restaurer son image autoritaire avec les moyens du bord. Il devait dissiper le sentiment d’isolement et de perte de contrôle. Il devait donner l’impression que le Ramadan est un succès. Et enfin, il devait surtout mettre fin à la psychose de la pénurie

En priorité avant le début de la semaine, il a annoncé le ratio surprenant de 10 poulets par client dans tous les magasins d’Etat au prix de 5200 Tomans le kilo au lieu des 4700 tomans qu’il avait essayé de tenir la semaine dernière. Il n’existe assurément aucune personne capable d’acheter 10 poulets par jour même en cas de panique ne serait-ce que parce qu’il aurait du mal à les transporter. Le régime a tablé sur une annonce trop généreuse de type buffet à volonté pour rassurer à fond tout le monde, tout en étant sûr qu’il n’aurait pas à satisfaire la demande. Il a cependant augmenté ses propres prix de 10% alors qu’il s’était engagé à revenir au prix d’avant la crise qui était de 2700 tomans. Mais avec sa hausse, il a entériné une hausse de presque 100 % pour le poulet depuis le début de la crise, restant implacablement dans sa logique de baisse de pouvoir d’achat pour limiter les risques de pénuries.

Samedi 27 Juillet 2012 (7 Mordad 1391 – 8 Ramezân), les médias ont annoncé que la consommation de poulet était en hausse ! Le plan du régime n’avait pas fonctionné. La panique était encore vivace. Le régime visiblement dépassé a annoncé de nouvelles hausses dans la semaine. Mais il n’y a plus eu d’article ou de reportage à ce sujet. La situation pouvait redevenir critique. Le régime devait absolument restaurer l’image de son autorité policière pour éviter de nouvelles manifestations et surtout une nouvelle attaque contre les derniers miliciens fidèles officiant dans les patrouilles d’Ershad.

Le choix du régime a été sans commentaire : Ahmadinejad, notre zinzin officiel, l’homme chargé de jouer les extrémistes, a critiqué ces patrouilles en demandant leur démantèlement ! Le régime ne pouvait mieux avouer son incapacité à restaurer son autorité et assurer la sécurité de ses derniers miliciens fidèles.

Pour ne pas avoir l’air dépassé, le régime a annoncé qu’il avait identifié tous les gens ayant insulté anonymement la religion sur FaceBook, mais il n’a annoncé aucune arrestation de peur que la poursuite de ces « insultes » ne révèle encore une fausse annonce.

Complètement incapable de jouer sur le tableau de l’autorité ou de faire respecter le port du voile ou du foulard, le régime a tenté de sauver la face en annonçant que ses spécialistes du port correct du Hijab allaient présenter à la 20e Exposition internationale du Coran un Manteau-voile, spécialement créé pour les femmes pieuses mais chic des nouvelles sociétés islamiques du Moyen-Orient. L’annonce était bien ficelée, mais il n’y avait pratiquement personne à la 20e Exposition internationale du Coran et parmi eux aucune femme n’a daigné aller sur le stand du Manteau-voile. Le régime brassait du vent.

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Au premier jour de la nouvelle semaine, la situation n’était pas brillante. Pour montrer la popularité du Ramadan, le régime a organisé une Expo-distribution urbaine de goûtues pâtisseries comestibles lors de l’Eftar, c’est-à-dire le repas de Ramadan. Malgré l’offre variée et une animation musicale pour intéresser les passants, le régime n’a trouvé personne pour poser avec ses vendeuses voilées. Finalement, l’un des musiciens a dû poser avec un enfant pour simuler le succès de l’Exposition des pâtisseries fines du régime.

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Enfin, le régime a tenté de sauver la face en annonçant des reportages photographiques sur le succès des Eftars organisés par ses soins dans les mosquées de Machhad. On s’attendait à un banquet géant sur le site du mausolée de l’Imam Reza, la plus grande mosquée du monde, mais le régime a été plus réaliste dans ses choix et a montré un vif succès d’un Eftar organisé dans une mosquée de quartier...

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La cour est censée contenir 200 personnes, mais il y a de la triche car les convives du fond n’ont pas d’ombre portée comme leurs camarades du premier plan. La raison est que le régime n’a plus depuis très longtemps l’apport des jeunes graphistes doués et par ailleurs, on ne peut toujours penser à tous les détails.

Plus concrètement à propos de l’image, régime n’avait même pas pu remplir cette petite mosquée avec ses propres fidèles à Machhad ! Ce qui veut dire que personne parmi les derniers compagnons du régime ne veut être vu à ses côtés par peur d’être pris à partie et molesté comme les miliciens d’Ershad !

La semaine dernière, en l’absence de foule dans les mosquées, le régime avait annoncé sa préférence pour les Réunions Intimes avec le Coran où quelques dizaines de croyants récitent ensemble des prières. Il avait alors montré des mosquées de provinces remplies d’enfants, à défaut d’avoir les adultes. Cette semaine, il a échoué également dans ce domaine comme le montre ce seul reportage réalisé sur le succès des réunions d’intimité, à Sâri dans le nord de l’Iran et en présence d’un mollah islamiste venu d’Egypte ! Le gars n’en croit pas ses yeux du manque de succès de la soirée organisée en son honneur.

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En fin de compte pour simuler un succès du Ramadan, le régime s’est tourné vers les 10,000 SDF de Téhéran, mais eux aussi malgré la faim n’ont pas accepté de manger à sa table.

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A l’autre bout du monde, s’ouvrait les Jeux olympiques de Londres. Le régime avait annoncé une équipe de 58 athlètes. Au cours de la semaine dernière, nous avions constaté une baisse de ce nombre. Le régime a zappé le défilé de son équipe car il n’y avait pas 58 individus, mais une vingtaines de personnes ! Signe de la perte de son autorité sur ses collaborateurs médiatiques et richement payés.

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En résumé, en cette première journée après une semaine agitée, le régime a raté toutes ses tentatives pour rassurer ses associés. Le régime devait changer d’approche et se lancer dans de nouvelles propagandes.

Dimanche 28 Juillet 2012 (8 Mordad 1391 – 9 Ramezân), la journée a commencé très mal car l’association des vendeurs de viandes blanches a dénoncé l’agression physique des producteurs de volailles dans le sud et l’est du pays par le régime pour les obliger à baisser leur prix et vendre à perte leurs poulets au régime pour que ce dernier puisse assurer l’approvisionnement à moindre frais.

L’association des vendeurs de viandes blanches a annoncé une grève de vente illimitée à partir de mercredi jusqu’à la fin de la crise dans les points de ventes des Bazars de Téhéran, Ispahan, Machhad, Chiraz, Tabriz, Ahwaz... L’action montrait par ailleurs la baisse de la capacité d’intimidation du régime.

Le Bazar pouvait basculer dans la contestation. Sa grève en 1978 avait été un des facteurs du succès de la révolution islamique. Le régime était face à une redoutable menace ! Il avait connu une longue grève du Bazar en 2010. Pour détourner l’attention, le pouvoir judiciaire des frères Larijani avait inventé l’affaire Sakineh qui, un mois plus tard, a failli lui échapper et déboucher sur des sanctions axées sur les droits de l’homme (mais Washington a évité cette radicalisation car il ne doit pas diaboliser l’islam intégriste qu’il veut exploiter pour agiter l’Asie Centrale).

La grève avait duré 40 jours, mais le peuple n’était pas présent dans le jeu. Le régime n’était tout de même pas parvenu à casser la grève. Il avait finalement contraint les Bazaris à reculer en incendiant plusieurs souks à plusieurs reprises et en menaçant d’incendier les souks les plus prestigieux comme celui des marchands de tapis.

Dans cette journée, les céréaliers ont aussi dénoncé des pressions du régime pour qu’ils lui vendent leur blé à perte. Ils ont annoncé qu’ils avaient refusé de plier, préférant les vendre aux producteurs de volailles. Les tribus nomades ont en revanche dénoncé que le régime leur vendait désormais la farine beaucoup plus chère que dans les villes. Le régime était contesté par des va nu pied sans défense qui s’organisaient entre eux ! Il était clair qu’on ne le craignait plus.

L’association des gérants de silos à grain ont manifesté contre le régime pour n’avoir pas tenu ses engagements et les avoir poussé à la faillite. Il y a eu aussi une manifestation de milliers d’instituteurs que le régime refuse de titulariser après 8 à 15 ans d’ancienneté, et également une manifestation des opérateurs de téléphonie. Tous les gens qui avaient des reproches contre le régime semblaient libres de se manifester. Pour finir cette série noire en beauté, 13 directeurs du centre d’aides aux céréaliers ont démissionné dans une annonce publique pour dénoncer la rigidité du régime !

Des manifestations, des démissions et surtout la grève générale des producteurs de volailles et la possible grève de solidarité des Bazaris : le régime n’avait plus aucune autorité après les attaques contre ses patrouilles et sa décision de les démanteler au lieu de les renforcer ou d’annoncer des représailles. Le crise de poulet allait s’amplifier et déboucher sur des manifestations peut-être fatales.

Le régime a annoncé qu’il allait baisser le prix de poulet de 5200 tomans à 5000 tomans le kilo pour des achats illimités alors que les gens ne veulent pas acheter des camions de poulets et n’en achètent pas "par envie de poulet", mais par anxiété. Le régime était en panique après l’annonces de grèves susceptibles de faire basculer le Bazar dans la contestation et n’avait pas les idées claires pour gérer la crise à venir.

En l’absence d’une solution pour gérer la crise, le régime s’est lancé à corps perdu dans des annonces médiatiques sensationnelles pour détourner l’attention du peuple de la crise qui se préparait.

1- Le régime dirigé par Larijani a reparlé de la fausse querelle entre Ahmadinejad et Larijani à propos de la nomination du juge Mortazavi à la direction d’un sous-ensemble du ministère des affaires sociales. Initialement, Larijani avait utilisé le nom de Mortazavi car il est connu du public en raison de son implication dans des affaires de torture, de viol et de meurtre. Son nom garanti un buzz médiatique. L’affaire de sa nomination controversée avait servi de buzz en avril dernier pour occuper l’opinion et la détourner du boycott par les Pasdaran et par le clergé des journées commémorant Fâtemeh, la fille martyr de Mahomet. Par la suite, on avait parlé d’un consensus à propos de sa nomination.

Alors que Larijani était en difficulté face à une grève qu’il ne pouvait pas empêcher, son premier réflexe d’ancien patron des propagandes audiovisuelles du régime a été de hanter les esprits avec le nom effrayant de Mortazavi pour détourner l’attention de l’opinion, mais le fait est qu’il ne s’adresse plus à l’opinion publique mais à ses propres compagnons qui connaissent bien ses recettes. Il devait trouver mieux, il a en fait renouvelé les buzz :

2- Larijani a payé de sa personne. Son frère Sadegh Larijani, chef du pouvoir judiciaire, a annoncé la plus extrême sévérité dans l’étude des accusations de corruption à l’encontre de leur frère, Javad, responsable des droits de l’homme du régime au sein du Pouvoir Judiciaire !

3- Le clan Rafsandjani a apporté sa pierre au buzz nécessaire au régime en faisant annoncer par le Mouvement Vert que Khatami tous les signes faisait état de la réalisation de son plus doux souhait : la prochaine libération des chefs du Mouvement Vert. Or, depuis le début du Mouvement Vert, dans le jeu de rôles décidé par Rafsandjani, Khatami avait été extérieur à ce jeu et mis en réserve pour des missions d’urgence internationales. Il était un peu sous utilisé, mais la situation était urgente pour le régime, mais aussi pour Rafsandjani. Il tentait de se racheter et aussi de se relancer.

4- Dans le cadre des diversions, le bureau de communication de la présidence a annoncé la publication d’un livre écrit par Ahmadinejad sur 5 siècles de l’histoire de la poésie persane, complété par un livret contenant ses propres poèmes. Cette annonce était la plus drôle, mais nous n’avons pas pu trouver ce livre assurément étonnant.

5- On a annoncé l’arrestation des bloggeurs pro-Ahmadinejad ! Ce buzz était franchement étonnant car la question est pourquoi Ahmadinejad aurait-il demandé à la police d’arrêter ses partisans. Le régime ne savait plus quoi inventer pour occuper les gens et les détourner de la grève possible du Bazar.

6- Le régime n’arrivait pas à intéresser ses compagnons avec des annonces farfelues. Il a annoncé la limitation de vente de devises pour tous les voyageurs y compris les pèlerins du Hadj. Cette annonce qui évoque un manque de devises a été l’annonce qui a le plus retenu l’attention des gens.
Le régime a compris qu’il devait rester dans le réel pour happer l’intérêt de ses derniers compagnons. Mais il devait cependant se montrer positif et rassurant, c’est-à-dire propagandiste, mais pas trop quand même.

Walid Moualem, le ministre des affaires étrangères de Syrie était alors en Iran. Le régime n’a guère évoqué cette présence car cela pouvait contrarier ses derniers compagnons très éprouvés par les sanctions américaines. L’émissaire de Damas a eu droit à des photos mais vraiment aucun commentaire dans la presse.

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Pour rassurer sa base, le régime a même évoqué la présence de sa marine dans le golfe d’Aden pour combattre les pirates aux côtés des navires américains, aidant ces derniers à de nombreuses reprises.

Pour rétablir une image plus méchante, le régime a également annoncé une nouvelle manifestation en défense des musulmans Birmans, mais avec tous ses partisans intégristes pour insinuer qu’il avait des frappes à ses côtés. Les images n’ont pas été à la hauteur de l’annonce.

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7- Un peu plus tard, les médias ont annoncé que le régime allait créer un team d’observateurs pour scruter les annonces de sanctions pour les étudier à fond pour imaginer des plans pour les neutraliser dès leur application. Cette annonce été une mauvaise idée car elle donnait l’impression que le régime venait de se réveiller après 33 ans de sanctions !

Après tous ces mauvais choix, Ali Larijani est revenu à son idée de la semaine dernière qui ne lui avait pas permis d’obtenir les pleins pouvoirs. A défaut du soutien qui lui a été refusé, les médias ont annoncé qu’« Ahmadinejad et son gouvernement » (donc le clan Rafsandjani)« avaient invité Ali Larijani et tous les députés » (officiellement hostiles à l’action présidentielle) à un Eftar amical pour insister sur leur envie de marcher à ses côtés pour sauver le régime.

Mais cette réunion a eu lieu au Parlement et non au siège du Gouvernement, ce qui révèle que l’initiative venait de Larijani. On voit d’ailleurs Ahmadinejad saluer Haddad-Adel et Bahonar, les deux grands lieutenants de Larijani à son arrivée. Larijani manque sur la photo, il est arrivé un peu plus tard pour se placer au dessus des autres et il a parlé en premier.

Pour nous, le point le plus important de cette union allait être ses images. Elles ne nous ont pas déçus : la somme des membres du gouvernement, de tous les députés et aussi des journalistes ou des cameramen est égale à une cinquantaine de personnes alors qu’elle devrait être supérieure à 300 : en cherchant à simuler le rapprochement attendu par la base, le régime a dévoilé la rupture massive des députés ! Il a par la suite tenté de rattraper cette erreur en développant tout en tas de récits et d’anecdotes à propos de cette rencontre notamment sur le menu qui ne comportait pas de poulet.

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Un peu plus tard, les médias ont annoncé « la visite tardive de centaines de chefs d’entreprises innovantes chez le Guide » où ce dernier a balayé devant une salle enthousiaste du revers de sa seule main valide les problèmes et les crises pour annoncer que « le pays se portait bien et avançait allègrement ! »

En annonçant la visite des centaines de chefs d’entreprises innovantes, le régime a mis en avant un soutien massif des PME qui est bien plus important que le soutien des députés. Mais l’Iran ne possède pas des centaines de PME innovantes et par ailleurs les PME iraniennes sont sinistrés depuis au moins deux ans. Là aussi, on devait vérifier les photos.

La photo vue de haut montrait 220 personnes entre les 4 colonnes centrales de la salle de prière du Guide alors que la surface entre ces colonnes contient depuis des années au maximum 120 personnes (6 rangés de 20 personnes). Le régime a chargé cette photo pour suggérer le soutien des PME. C’est une grande photo vous pouvez cliquer dessus pour l’agrandir et constater que les gens se chevauchent parfois.

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Sur cette autre photo, on voit deux surfaces de 220 (120) pers.

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Mais sur celle-ci, il y a d’abord les gens placés devant le Guide dont des responsables, des mollahs ou des costauds sécuritaires du régime. Ce groupe a 6 rangées. Le dernier rang de ce groupe est aligné sur la seconde rangée de colonnes formant la surface centrale de la salle de prière.

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Derrière ce dernier rang, on voit 3 rangées de personnes assises sur des chaises à une certaine distance de cette surface. Dans cette configuration, il y a un groupe de 120 personnes majoritairement issus du régime et 40 personnes assises sur des chaises à une longue distance du Guide.

Il y a d’ailleurs eu des photos montrant les personnes assises sur des chaises, mais il n’y a eu aucune photo montrant les gens assis au milieu !

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Pour nous, le régime a placé tout a fond environ 40 chefs des PME que l’on voit en portraits groupés et semblent bien dubitatifs devant le discours plein de slogans positifs du Guide. Et le régime a placé devant eux ses agents administratifs ou sécuritaires.

Etant donné que l’on imagine assez mal un patron de PME attaquer le Guide, le groupe n’a pas une fonction protectrice, mais semble avoir été utilisé comme figurants pour simuler un soutien massif des PME au régime.

Le régime a déployé des trésors de mise en scène et de prise de vue à une heure tardive pour suggérer discrètement le soutien de 440 entrepreneurs à ses côtés.

Pour des gens qui découvriraient la salle de prière du Guide cela peut passer, mais nous ne pouvons imaginer que les derniers compagnons du régime qui connaissent cette salle et ses capacités aient gobé ce mensonge.

Dans la nuit, un grand souk historique du Bazar de Téhéran a pris feu sans aucune raison, provoquant d’importants dégâts matériels, selon les médias officiels ! Les pompiers qui arrivaient souvent en retard et en nombre insuffisant dans le cas du Bazar au moment de ses grèves sont intervenus assez massivement et très rapidement.

Hâdi Mir-Afzali, l’adjoint de l’une des trois compagnies envoyées sur place a annoncé que « les pompiers intervenant en grand nombre avaient pu arrêter le feu assez rapidement après la destruction de seulement trois très grands magasins. Il a déploré « la vétusté des lieux et l’existence de nombreux grands réservoirs d’essence dans les dépôts... » Mais il n’y a eu aucun reportage sur cet incendie et les dépôts à risque. Connaissant le mode opératoire du régime pour intimider les Bazaris en grève ; pour nous, le régime leur a lancé un petit avertissement pour qu’ils ne s’avisent pas d’entrer dans une grève générale susceptible de le renverser.

Le recours à l’incendie a rétroactivement prouvé la gravité de la menace contre le régime et aussi l’inefficacité de ce qui avait été entrepris y compris les initiatives de rassemblements évoquant l’invraisemblable unité des dirigeants ou le soutien des PME (ruinées par ce même régime).

Encore plus tard, un autre fait a défrayé les chroniques : la publication sur Youtube des extraits d’une émission de la télévision du régime sur « le récit des amours de Mahomet avec ses neufs épouses », émission où un mollah évoquait les coucheries plutôt salaces du saint homme mais aussi, les intrigues de l’une d’elles pour casser l’harmonie amoureuse du saint homme avec Ayesheh, son épouse de 8 ans ! Le régime était sans doute encore en difficulté pour tenter de retenir l’attention des gens avec du sexe !

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On aura vraiment tout vu, lu ou entendu dans les médias officiels lors de cette journée pour détourner l’attention des derniers compagnons du régime d’une possible grève de Bazar.

Lundi 29 Juillet 2012 (9 Mordad 1391 – 10 Ramezân), le régime avait encore sur les bras la menace de grève des marchands de viandes blanches. Il devait continuer ses diversions médiatiques.

Washington avait alors tenté d’amplifier la panique interne en révélant via Haaretz et un récit très compliqué l’existence de plans américains très précis pour attaquer l’Iran ! Le régime ne savait que faire car il devait se montrer prudent.

Les Britanniques ont volé à son secours en affirmant dans un article paru dans le très sérieux The Economist que les chercheurs iraniens étaient parvenus depuis 2008, « à créer un béton ultra-hautes performances nommé DUCTal contenant des granulats quartzifères et des fibres polymériques qui lui confèrent une résistance 7 fois supérieure au meilleur béton à hautes performances.

Selon the Economist, le Pentagone sait que le régime a utilisé ce béton pour la construction des parois de tous ses sites nucléaires ! Grâce à ses écrans ultra, le régime peut arrêter sur une distance de moins de 8 mètres les derniers modèles de bombes ultra perforantes américaines comme le MOP qui peuvent traverser 60 mètres de béton à hautes performances. » Le régime n’y avait pas pensé, mais il a apprécié l’article permettant de se dire à l’abri des bombes, et encore plus efficacement à l’abri des menaces de frappes qui sèment la zizanie parmi ses derniers alliés internes.

Rafsandjani que l’on n’avait guère entendu depuis ses bourdes a profité des petites nouvelles erreurs de Larijani pour annoncer qu’il avait demandé et obtenu le droit de reprendre sa fonction de responsable intermittent de la Prière de Vendredi à Téhéran pour le prêche de la Journée de Qods. Il pouvait se placer au dessus de Larijani et le sermonner avant de proposer le dialogue avec Washington ou une guerre totale pour revenir en force dans le jeu. L’accord des vieux ayatollahs à son retour était un reproche vif à sa gestion. Larijani s’est senti en danger.

Larijani qui venait d’être fraîchement débarrassé de la menace américaine et devait se concentrer sur des buzz pour occuper durablement l’attention des compagnons du régime pour qu’ils ne remarquent pas la grève très pénalisante des marchands de volailles, a oublié cette mission d’intérêt général pour attaquer Rafsandjani afin de sauver sa propre peau !

Précédemment, dans une situation similaire, Larijani avait accusé indirectement Mohsen Rezaï, le n°2 du Discernement, le meilleur allié de Rafsandjani et les deux plus importants lieutenants de Rafsandjani (Pour-mohammadi – chef de l’inspection générale du régime) et Shahroudi (ex chef du pouvoir judiciaire) de complicité avec le principal accusé du procès de fraude bancaire sur une dénonciation de cet accusé. Rafsandjani avait reculé. Mais par la suite, il avait sorti l’affaire de corruption foncière de la famille Larijani pour obliger les Larijani à clore le dossier de la Fraude bancaire qui mettait son clan en danger. Les Larijani avaient annoncé la fin du procès, mais après avoir décidé de jouer la carte du procès, ils pouvaient relancer le procès de la fraude en impliquant les proches de Rafsandjani.

Cette fois, Larijani s’est mis à attaquer Rafsandjani sous tous les angles possibles en même temps afin qu’il ne puisse pas riposter.

1- Larijani a diffusé des critiques accusant Ahmadinejad (son copain de la veille) d’être à l’origine des problèmes économiques comme la pénurie de poulet. Larijani niait ainsi l’impact des sanctions et ses propres lacunes tout en déstabilisant le clan Rafsandjani.

2- L’agence FARS dirigée par le commandement des Pasdaran est allée dans le sens d’Ali Larijani, ex officier des Pasdaran, en révélant que la banque Parsian, appartenant à Rafsandjani, était si riche qu’elle allait verser 800 millions de tomans de primes de fin d’année à 5 directeurs !

3- L’agence FARS a également réclamé à Sadegh Larijani l’application de la peine de prison que le Pouvoir Judiciaire avait annoncée plutôt contre la fille de Rafsandjani !

4- L’agence FARS a annoncé détenir des documents établissant que Khatami avait participé en tenue civile à des réunions oeuvrant contre le régime !

5- Et enfin, le pouvoir judiciaire a annoncé les sentences dans le procès pour Fraude bancaire : de nombreuses condamnations à 25 ans ferme, deux perpétuités et enfin 4 condamnations à mort, mais il n’a pas donné les noms de ces 4 condamnés à mort. Or, ce procès avait un seul grand coupable qui avait été informé de sa sentence et avait alors « dénoncé ses 3 complices » proches de Rafsandjani « pour ne pas payer seul les crimes que l’on lui reprochait ».

Larijani a en quelque sorte réactualisé son attaque contre le plus important allié et les deux plus importants lieutenants de Rafsandjani.La fille de ce dernier avait aussi été menacée. Sa fortune avait été menacée. Il devait nécessairement reculer.

Cette massive attaque a rappelé à tous les derniers compagnons du régime que l’intérêt général n’était jamais respecté par les gros deux gros bonnets : Rafsandjani faisait sans cesse des croches pieds à Larijani et ce dernier p... les plombs régulièrement en menaçant de tuer tout le monde. Les intérêts personnels des deux chefs passaient toujours avant l’intérêt commun.La panique et l’anxiété interne a augmenté, on a signalé des pénuries pour d’autres produits alimentaires notamment l’oignon dont se nourrissaient les ouvriers bâtisseurs des pyramides et se mange cru comme un excellent aliment énergétique, a augmenté de 300% en quelques heures !

Larijani a riposté à la panique en déployant les derniers policiers fidèles à savoir 30 motards anti-émeutes dans un carrefour passant de Téhéran. Il a aussi annoncé l’existence d’une troupe d’élite de Pasdaran nommé Saberine dont l’excellence égalait les commandos de choc de l’armée anglaise. Puis il a relancé le buzz de Mortazavi par un arrêté l’invitant à quitter son poste et le refus de ce dernier de s’y soumettre, une agitation factice pour changer de cap dans la lutte contre Rafsandjani au cas où ce dernier renonçait à son come-back.

Rafsandjani n’a rien dit. Mais son pion Ejei, le procureur général du régime, a annoncé qu’il n’était pas question d’écouter Khatami et de libérer Moussavi et Karroubi.Il y avait un petit profil bas, mais pas une annonce de capitulation.

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Larijani mais aussi les derniers compagnons du régime étaient dans l’indécision.Le régime était divisé et en guerre interne alors qu’il était menacé par le peuple ou les Pasdaran dissidents.

A l’extérieur, le peuple et les Pasdaran continuaient à boycotter le Ramadan forçant le régime réduire encore et encore la taille des sites photographiés pour signaler la popularité du Ramadan. Ainsi un reportage à ce sujet à Qom a délaissé les grandes mosquées de cette ville pour une mosquée de la taille d’une maisonnette !

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Un autre reportage sur la popularité du Ramadan évoquait des rassemblements fervent dans le parc Laleh, mais on a vu un pauvre mollah entouré de quelques enfants dans une pièce qui peut être n’importe où ou encore des gens assis dans le noir sur des chaises sur un site inconnu...

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L’agence Mehr a également diffusé des photos montrant des marchands ambulants de fruits dans la ville alors que les gens doivent rester à jeûn évoquant pudiquement le non respect de la règle de base par la population, sans doute la raison principale pour la désactivation des patrouilles d’Ershad.

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Le régime était en crise à tous les niveaux. Ali Larjani a tenté de cacher cette déchéance avec de l’agitation autour de l’affaire Mortazavi et il a tenté de détourner l’attention des observateurs étrangers en annonçant le boycott du Festival de Venise par le régime. Les Occidentaux qui ne souhaitent pas la chute du régime ont bondi sur cette nouvelle, oubliant la crise de poulet et en déplorant mélancoliquement l’absence des cinéastes comme Panahi qui voyagent avec des passeports fournis par le régime, mais font semblant d’être des opposants pour vendre des films où l’on n’a jamais vu la misère et la contestation mais la vie normale comme étant le reflet de la société iranienne.

On pourrait dire bon débarras, mais nous pensons plutôt que ces cinéastes ont aussi lâché le régime car cette année, il n’y a eu aucun Eftar avec ces mercenaires médiatiques du régime. Il s’agissait donc d’un Buzz doublement utile.

Mardi 30 Juillet 2012 (10 Mordad 1391 – 11 Ramezân) a également donné des maux de tête aux dirigeants du régime et leurs derniers compagnons. Les retraités, que l’on dit les mieux lotis en Iran, ont profité de l’absence évidente d’une capacité répressive chez le régime pour publier un compte-rendu sur ce qu’ils gagnaient sous le Shah et le pouvoir d’achat à cette époque et ce qu’il gagne et dépense actuellement, pour signaler une division par 5 de leur pouvoir d’achat afin de réclamer des pensions décentes au moins égales au niveau du seuil de pauvreté.

Autre mauvaise nouvelle : dans une ville du centre du pays, un jeune s’est immolé en plein jour devant la mairie en essayant de prendre dans ses bras le maire de la ville pour l’emporter avec lui. Ce récit évoquant le désespoir de la jeunesse iranienne a attristé et révolté tout l’Iran. [2]

Le régime était face à un peuple enragé. Il devait se montrer fort pour contenir cette rage. Il s’est lancé dans des annonces faisant état de sa puissance dans tous les domaines : il a rappelé qu’il allait imposer le voile à la place du foulard dans toutes entreprises publiques et privées.

Précédemment le régime avait évoqué l’identification des gens ayant insulté l’Islam sur FaceBook, il a annoncé qu’ils étaient en prison depuis 2 mois et pouvaient risquer la peine de mort !

Le régime a également annoncé la rencontre d’Asgar-Owladi, un important membre du Conseil de Discernement et membre de la puissante chambre de commerce de Téhéran, avec le 1er ministre chinois et un accord verbal sur l’exportation des produits non pétroliers susceptibles d’apporter annuellement 40 milliards de dollars au pays ! Le régime a également nié l’impact des sanctions en annonçant l’ouverture de deux raffineries dans le complexe Shahid Tondgouyan, équipements dont on n’avait jamais entendu parler. C’était la journée des bonnes nouvelles.

Par l’intermédiaire du général des Pasdaran Jazayéri, le n°2 du commandement des Pasdaran, le régime a également annoncé qu’il aidait la Syrie à résister et dans ce cadre, n’hésiterait pas à fermer le détroit d’Ormuz !

Le régime revenait à la provocation, il devait se sentir en danger. Il tentait de provoquer une crise militaire dans l’espoir de faire capituler les Américains. Sa situation économique et sécuritaire étaient donc critiques. La panique interne est repartie : le dollar est reparti en hausse, la demande de poulet est repartie à la hausse, on a aussi signalé la pénurie de fruits et de légumes ! Ces problèmes ont contredit toutes les bonnes nouvelles du matin.

Washington a jugé le moment opportun pour augmenter l’anxiété des dirigeants pour les amener à Capituler. Il a annoncé que ses sénateurs étudieraient mercredi de nouvelles propositions de sanctions ! Dans le même temps, un tribunal new-yorkais a également jugé le régime des mollahs coupable de l’attaque des Twin Towers et l’a condamné à verser 6 milliards de dollars de dommages et intérêts aux victimes de cet attentat.

Le responsable de la Banque Centra Iranienne a reconnu que le régime était « victime d’une guerre économique ! »

Ali Larijani ne pouvait pas dire de nouveaux mensonges pour redonner de l’espoir. Il pouvait cependant cesser sa guerre contre le clan Rafsandjani pour rassurer un peu les derniers compagnons du régime. Mais un jour plus tôt, il avait incendié Rafsandjani et son pion Ahmadinejad, il ne pouvait pas s’afficher avec eux. Larijani a fait appel à un autre pion de Rafsandjani, le maire de Téhéran Ghalibaf : on a annoncé un Eftar réunissant Ghalibaf et les 30 membres du conseil dans les salons d’honneur de l’ancien Parlement aux côtés de Larijani et des députés iraniens.

Mais tous les membres du Conseil municipal n’ont pas accepté l’invitation.

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Par ailleurs, les photos de la rencontre souhaitée par Ali Larijani ont encore montré un groupe peu nombreux, confirmant encore la rupture de la majorité des députés. On a également constaté que les participants étaient déprimés. Le régime a exposé la perte de confiance de ses dirigeants en leur avenir.

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Pour mieux démoraliser ces dirigeants démoralisés, Washington a précisé que ses nouvelles sanctions seront pétrolières !

Mercredi 1er août 2012 (11 Mordad 1391 – 12 Ramezân), le régime se sentait battu. Il avait beaucoup braillé sans rien obtenir sinon que donner l’impression d’être impuissant et paniquer les siens.

Larijani a décidé de calmer le jeu. Le ministre des affaires étrangères de la république islamique a annoncé que le pays était dirigé par des gens raisonnables, conscients que le détroit d’Ormuz était aussi utile pour eux et de fait ils ne prendraient jamais la décision de la fermer. Le propos est devenu raisonnable sur le plan intérieur où un des intellectuels du régime, Zibakalam, a parlé de la nécessité d’un candidat présidentiel d’union nationale pour un gouvernement d’union nationale.

Le régime devenu raisonnable a aussi lancé une invitation très polie au président islamiste d’Egypte qui par alliance avec Washington refuse de les rencontrer. Il lui a demandé sans aucune forme de slogans agités d’honorer de sa présence la réunion des non alignés en septembre prochain à Téhéran.

Ahmadinejad et son gouvernement se sont aussi montrés raisonnables en évitant tout propos agités. La photo du conseil des ministres nous montrent cependant la même déprime que l’on vu chez Larijani et ses invités.

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Ce changement de ton ou silence mou n’a pas calmé la panique du désespoir interne. Selon les sources officielles, le dollar est resté très élevé, par peur, on n’a pas donné son chiffre, mais ont a parlé de taux non contrôlables dans les échanges privés. Le régime a oublié son attitude raisonnable pour annoncer de trois nouvelles arrestations pour fraude bancaire !

Le régime a aussi annoncé une nouvelle manifestation intégriste à Shiraz en faveur des musulmans birmans… Sur la 2nde photo, on ne voit personne derrière les enfants, mais sur la 3e photo, il y a 200 personnes derrière eux. Mais même avec ses gens ajoutés gauchement par Photoshop (avec une mauvaise déformation de la perspective), c’était un pschitt de plus pour le régime.

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Le régime devait trouver mieux. Il est assez doué pour la provocation contradictoire. Il est revenu sur une de ses propres annonces : la semaine dernière, le régime avait signalé une attaque par virus informatique contre le centre d’enrichissement de Natanz. Washington avait alors affirmé avoir attaqué et détruit des centaines de ses centrifugeuses par un virus informatique. Le régime n’avait rien dit en pensant qu’il y gagnait à se poser en victime du terrorisme et à paraître moins dangereux pour éviter de nouvelles sanctions. Il a aussi trop exagéré sa force nucléaire, il était heureux de se débarrasser de ses centrifugeuses imaginaires.

Dans ce contexte où le dollar lui échappait encore et on lui annonçait l’adoption imminente de nouvelles sanctions, le régime a démenti cette attaque informatique américaine. Il a ainsi laissé supposer qu’il allait à nouveau se lancer dans des annonces nucléaires anxiogènes pour provoquer une escalade en espérant faire capituler Washington avec la menace latente d’une guerre régionale.

Mais le régime a été surpris car pour la première fois depuis longtemps, Washington n’a pas esquivé : Leon Panetta, le ministre américain de la défense, a dit lors d’une visite de routine à Jérusalem qu’en cas de l’échec du dialogue et de l’apaisement, ce régime devrait se préparer à la guerre.

Le régime est resté sans voix car ce genre d’annonces peut faire exploser la panique et donner des envies de fuite à tous ses derniers compagnons. Dans la nuit, le régime a décidé de prétendre qu’il n’y avait aucune forme d’inquiétude en Iran. Il a annoncé un Eftar avec des vieux cinéastes et a montré d’illustres inconnus particulièrement heureux dans un pays ruiné où les retraités crient leur misère sur tous les toits !

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Jeudi 2 août 2012 (12 Mordad 1391 – 13 Ramezân), la journée après l’annonce froide d’une guerre américaine a commencé par une forte hausse du dollar faisant état d’une ruée interne vers le billet vert, signe de la chute de confiance des derniers compagnons du régime en son avenir. Le régime était proche de la fin. Larijani a pensé que la date de négociation avec Washington s’approchait. Ne pouvant y assister en tant que président du Parlement, il s’est mis en action pour demander un changement de constitution afin de supprimer rapidement le poste de président et instaurer un régime parlementaire où il serait le chef de l’Etat et donc le maître des négociations pour obtenir les meilleures garanties vitales et financières pour lui-même et sa famille.

Ces efforts de Larijani dans le sens de ses intérêts personnels qui présagent une nouvelle guerre interne contraire aux intérêts du plus grand nombre a amplifié l’anxiété interne et la peur d’un effondrement suivi de pénuries et toutes sortes de violence. On a signalé le début de pénurie pour des produits laitiers, pénurie suivie de fortes hausses de prix dans ce domaine. Les gens stockaient visiblement de tout chacun selon ses moyens.

Face à la crise du dollar, la BCI a répandu la rumeur de faux billets verts pour calmer les achats, mais cela n’a pas marché. Washington pouvait annoncer de nouvelles sanctions pour amener les mollahs à plier et céder le pays à ses pions. Les Britanniques ont paniqué, leur agent Catherine Ashton a annoncé que Téhéran avait accepté de dialoguer afin de bloquer Washington. Les mollahs ont aussi confirmé cet accord qui n’était pas visible dans leur attitude de la semaine. Washington a dénoncé des travaux de nettoyage du site nucléaire de Parchin pour pouvoir adopter ses sanctions malgré l’effort des Britanniques pour sauver les mollahs.

Le régime était sur tous les fronts, il n’avait pas besoin d’une contestation populaire. il a tenté encore d’affirmer l’existence d’une base de fervents en annonçant de grands rassemblements de prière un peu partout et surtout à Téhéran, mais il n’y a eu qu’un seul reportage très décevant montrant l’isolement du régime. Les rares gens présents baissent aussi la tête ou tournent la tête pour ne pas être reconnus comme étant des amis du régime en chute libre.

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Vendredi 3 août 2012 (13 Mordad 1391 – 14 Ramezân), Jaafari, le commandant des Pasdaran a parlé d’une situation gravissime. Le député de la région d’Ardabil où 13 responsables de l’agriculture avaient donné leur démission a dit que l’agriculture iranienne avait fait faillite en raison d’un déficit de l’économie. Le président de la chambre de commerce de Téhéran et de l’Iran a dit que tous les indicateurs étaient dans le rouge. Le régime devait décréter un état d’urgence et nommer de nouveaux responsables économiques à même de contrer les attaques de la guerre d’usure économique de Washington.

Le président islamiste d’Egypte, nouvelle star dans le cœur des islamistes de la région, a décliné l’invitation des mollahs, ex stars de la même discipline !

Les patrouilles d’Ershad ont annoncé que partout les gens transgressaient la loi imposant le jeûne et mangeaient devant eux pour les narguer.

Un responsable de sécurité dans l’ouest du pays a annoncé qu’il n’arrivait plus à ramasser les paraboles ou à faire respecter le port du voile.

Une importante section d’une raffinerie du sud a brûlé faute de l’intervention des pompiers. Le régime était face à une déferlante de contestation de toutes sortes.

Dans le sermon de la prière de Vendredi, face à des dirigeants et hauts responsables de la sécurité aux mines défaites (comme Ahmadi-Mogham, le chef amaigri et déprimé de la police - photo 1), l’ayatollah Jannati a déclaré que le régime était désormais en guerre !

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En guerre oui, mais sans soldats pour se défendre ! Des étudiants islamistes étrangers ont été appelés au secours pour remplir la salle (on les voit avec leurs écouteurs de traductions pour comprendre le discours de Jannati).

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Pour remonter le moral des troupes, les chefs des Pasdaran et des Bassidjis ont appelé à une mobilisation générale au mausolée de Khomeiny, mais n’ont pas pu dépasser le nombre de 25 combattants et ont dû remplir la salle avec des enfants et leurs pères déguisés en combattant avec un foulard palestinien, des femmes ou encore des fillettes affublées de la même preuve de courage guerrier !

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Samedi 4 août 2012 (14 Mordad 1391 – 15 Ramezân), Ahmadinejad a annoncé qu’il fallait mieux libérer le droit du port ou pas du voile ! Qu’il était interdit d’interdire ! Pas mal !

La BCI a annoncé qu’il s’alignerait sur le prix du marché. La rue a pris le pouvoir sur le régime.

Enfin très récemment, les faux opposants du Mouvement Vert installés en Europe avaient pour démoraliser le peuple et rebouster les derniers compagnons du régime évoqué « des pourparlers entre Rafsandjani et les Américains pour neutraliser l’opposition laïque menée par Reza Pahlavi ».

Au lendemain de l’aveu de la défaite du régime sur le plan sécuritaire, ces agents de propagande du régime ont publié une seconde lettre pour annoncer « qu’en raison de l’échec évident de l’opposition laïque menée par Reza Pahlavi à générer une contestation, Rafsandjani était parvenu à un accord avec les Américains ». Ils ont appelé à un soutien sans faille à Mousavi (le Khomeyniste) !

Le régime essaie tout pour désamorcer la bombe contestataire humaine iranienne. Mais la réalité est que la contestation est partout et le régime dispose d’une petite centaine de combattants, qui semblent bien anxieux comme leurs chefs quand on agrandit les photos. La fête ne fait que commencer.

[1La guerre anglo-américaine pour le leadership du marché pétrolier mondial. Les Anglais ont pu établir leur suprématie du marché pétrolier grâce à leur mainmise sur la Birmanie, le Caucase, puis en éliminant les Américains du contrat de Kirkuk en début du XXe siècle et en découpant l’Empire Ottoman en pays arabo-pétroliers vassalisés, en monopolisant le pétrole iranien et s’octroyant la quasi-totalité du pétrole africain. Les Américains ont été bien loin avec le contrat d’exclusivité sur l’Arabie Saoudite et leur très grosse consommation, les plaçant parmi les pays consommateurs et non des pays exportateurs.Ils sont entrés en guerre contre l’empire pétrolier britannique dès leur défaite dans le dossier Iraki Petroleum (le pétrole de Kirkuk). Ils ont soutenu en douce Mossadegh pour qu’il puisse annuler le contrat d’exclusivité des Anglais, mais ils l’ont lâché pour soutenir les anglais afin d’avoir une part du nouveau contrat. Ils ont désorganisé l’empire pétrolier anglais en incitant Saddam à attaquer Le Koweït proche des Anglais puis en s’installant dans le golfe Persique pour s’octroyer d’autres pays inventés par les Anglais comme le Qatar. Ils ont refait leur retard en envahissant l’Irak, les anglais ont limité la casse en participant à l’opération. Les Américains ont aussi attaqué l’Afghanistan pour ouvrir un couloir d’accès vers l’Asie Centrale, les Anglais ont encore participé à l’aventure de la libération pour avoir leur part et ainsi préserver leur avance. Washington a aussi mis la pression sur la Birmanie avant d’y enter grâce à l’excellente Aung San Suu Kyi qui a été sanctifiée par le prix Nobel, une distinction financée par les compagnies pétrolières Nobel et Statoil. Washington a aussi libéré l’Afrique du Sud et obtenu ses contrats. Puis il a durablement nuis à l’image de BP qui est son principal fournisseur d’essence. Il a aussi presque détaché le Canada de l’empire britannique pour le priver de ses ressources pétrolières et gazières. Actuellement, il revient en force en Afrique du Nord. S’il parvient à avaler l’Asie Centrale grâce à une « libération islamiste », il pourra enfin être présent sur tous les continents et détrôner les Anglais.

[2On n’a guère entend Washington pleurer ce jeune comme il avait prétexté une immolation pour renverser le laïque Ben Ali, le remplacer par ses immondes pions islamistes et faire basculer l’Afrique du Nord dans ce courant nécessaire à ses desseins pétroliers. Le silence de Washington a rappelé son mépris pour les attentes des Iraniens.