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Iran : Le nouveau chef de la CIA appartient à la commission Baker
07.01.2009

Le président élu américain Barak Obama a complété son équipe en désignant Leon Panetta, à la tête de la CIA. Panetta n’a aucune qualification pour le poste, mais en revanche, il appartient comme Gates -le pivot de l’administration Obama- à l’Iraq Study Group, ou commission Baker-Hamilton (auteur d’un rapport qui recommandait le dialogue avec l’Iran pour la stabilisation de l’Irak).



Le rapport Baker paru en novembre 2006, (mais copié sur un précédent rapport écrit en 2004 par Brzezinski et Gates) affirmait dans son introduction : « Les politiques et les actes des pays voisins de l’Irak affectent grandement sa stabilité et sa prospérité. Sur le long terme, aucun des pays de la région ne bénéficierait d’un Irak plongé dans le chaos. Pourtant, les voisins de l’Irak n’agissent pas suffisamment pour aider l’Irak à parvenir à la stabilité. Certains agissent même dans le sens de sa déstabilisation. Les Etats-Unis devraient lancer immédiatement une nouvelle offensive diplomatique visant à construire un consensus international pour la stabilité de l’Irak et de la région.

Vu la capacité de la Syrie et de l’Iran à peser sur le cours des événements à l’intérieur de l’Irak, et leur intérêt à ne pas voir le chaos s’y installer, les Etats-Unis devraient tenter d’engager un dialogue constructif avec ces deux pays. »

Le rapport Baker était en fait un outil pour permettre à l’administration Bush de prendre de la distance par rapport à ses propres accusations stériles contre les mollahs. Téhéran n’a pas saisi la perche tendue pour sortir du cul-de-sac et Bush a officiellement enterré le rapport. Il a cependant commencé à appliquer les recommandations du Rapport Baker en instaurant des négociations directes avec les mollahs pour la stabilité de l’Irak. Cependant, il a toujours continué à combiner ce dialogue avec des accusations dont l’objectif était d’évoquer des représailles militaires pour faire peur et inciter les mollahs à se montrer plus coopératifs.

© WWW.IRAN-RESIST.ORG

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La nomination de Panetta (ci-dessus) s’inscrit dans la politique prônée par Obama et Brzezinski où la référence à des représailles militaires fait place à un discours plus diplomate pour permettre la mise en application d’une stratégie de négociations directes et sans condition préalable, stratégie très déstabilisante pour Téhéran.

En effet, quand le régime des mollahs était face à l’intransigeance de Bush, il demandait de telles négociations étant sûr que Bush refuserait. Il s’agissait d’une ruse pour fuir le dialogue et continuer l’affrontement terroriste sur le terrain irakien. Téhéran utilisait ces affrontements pour faire plier son adversaire américain dépendant d’une opinion publique peinée par le nombre des tués. En lui accordant des négociations directes, immédiates et sans aucune condition préalable, l’équipe Obama pense avoir trouvé le moyen d’arrêter la combine des mollahs. L’objectif d’Obama sera donc d’éviter tout ce qui pourrait faire le jeu de Téhéran. Au besoin, il lui faudra produire un rapport de la CIA qui évoquerait le rôle positif des mollahs en Irak pour recommander le dialogue avec Téhéran comme l’avait fait le rapport Baker-Hamilton ou celui de Gates-Brzezinski.

Ce ne sera pas une situation inédite ; en novembre 2007, la CIA dirigée par Micheal Hyden a produit un rapport sur les activités nucléaires iraniennes, rapport qui minimisait la menace nucléaire iranienne, permettant à Bush d’arrêter une escalade devenue inévitable par la succession de ses propres accusations contre l’Iran. Par la suite, la CIA a maintenu cette conclusion allant même contre les conclusions de l’AIEA et ce pour permettre à Bush d’arriver à une entente avec Téhéran. De ce fait, on peut avancer que le directeur de la CIA change, mais pas sa ligne de conduite qui est de fournir au Président des Etats-Unis les outils nécessaires à l’application de sa doctrine.

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A propos de cette doctrine :
- Obama-McCain : Les deux parleront à l’Iran !
- (21 MAI 2008)

Dans ce cas précis, la doctrine -celle de Brzezinski- est doublée d’une vendetta personnelle :
- Election américaine : Analyse de la déclaration iranienne sur Obama
- (24 OCTOBRE 2008)

Exemple de rapport sur mesure pondu par la CIA
- L’Iran et la cuvée 2008 du « National Intelligence Estimates »
- (12 octobre 2006)

| Mots Clefs | Décideurs : OBAMA |

| Mots Clefs | Décideurs : Robert Gates |

| Mots Clefs | Histoire : Brzezinski et Carter |

| Mots Clefs | Enjeux : Rétablir les rel. avec les USA & Négociations directes |

| Mots Clefs | Enjeux : Garanties Régionales de Sécurité : le DEAL US |