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Iran : La semaine en images n°323
Semaine des grands revers et des improvisations ratées !


Nouveau Résumé Historique (écrit le 28.04.14)
+ Conclusions sur la semaine dernière !

En 1979, les Américains ont entrepris de renverser le Shah car ses politiques régionales et ses projets pour l’Iran étaient contraires à leurs intérêts pétroliers. Ils entendaient mettre au pouvoir des activistes islamistes non cléricaux qu’ils finançaient depuis la création de l’OPEP par le Shah. Ces islamistes liés à Washington étaient hostiles à l’OPEP et partisans d’un régime révolutionnaire et interventionniste. Ils devaient lui permettre de dénationaliser l’industrie pétrolière iranienne, d’agiter et de déstabiliser l’Asie Centrale soviétique et chinoise, mais aussi de renverser le pétro-monarchies créées par les Britanniques, et ainsi de prendre possession de plus de 80% des réserves d’hydrocarbures du monde.

Les Britanniques présents en Iran au travers le clergé chiite, les Qadjars, les Francs-maçons, les féodaux dont les Bakhtiaris, les Bazaris et la direction du parti communiste Toudeh ont participé à ce projet en faisant la promotion de leur ultra-islamiste en chef Khomeiny. Il s’est imposé au Conseil de la révolution. Puis Londres a éliminé les pions américains par des attentats organisés par Rafsandjani, le demi-frère de Khomeiny. Puis, grâce à la prise en otage des diplomates américains, Londres a enfin donné une identité anti-américaine à cette révolution voulue par Washington. Il a bloqué également le retour des pions islamistes de Washington par l’adoption de la doctrine de tutelle d’un grand ayatollah (du clergé) sur la république islamique de Washington.

Washington a alors commencé une véritable Guerre d’Usure Economiqu contre les mollahs, pour les mettre face à un risque de pénuries et de soulèvement afin de les amener à transférer les pouvoirs vers ses pions.

En réponse à cette guerre d’usure, Rafsandjani, le patron effectif du régime pour le compte des Britanniques depuis 1980, a commencé une politique de crises pétrolières et régionales pour user Washington, mais cette politique a seulement entraîné la rupture des jeunes y compris parmi les Pasdaran.

Amplification des problèmes & Fausse(s) modération(s) (année 90)| Rafsandjani inquiété pour son insuccès a pérennisé son pouvoir par la création du Conseil (plénipotentiaire) de Discernement de l’Intérêt du Régime, mais la persistance des pressions américaines, l’a amené à ouvrir les portes du CDIR à ses rivaux.

Sanctionné directement, Rafsandjani s’est écarté de la présidence de la république qui est un poste sans réels pouvoirs -. mais du fait que ce permet un contact avec les chefs dEtat étrangers, il l’a confié à son ex-responsable des assassinats politiques, Khatami et mis en place une STRATEGIE DE FAUSSE MODERATION vis-à-vis de Washington. Rafsandjani (maître du jeu via le CDIR) a aussi établi des Alliances diplomatiques avec les Européens via la vente du pétrole à 15% de son prix. Enfin, il a aussi baissé le taux du dollar pour empêcher la fuite de nantis du régime paniqués par la persistance des sanctions.

Selon la volonté de Rafsandjani, le régime a cependant continué ses activités terroristes, sous la direction d’un certain Rohani, pour préserver sa capacité de nuisance régionale. Le régime s’est aussi tourné vers la Russie alors ruinée pour acheter des armes pour tenir tête à Washington. La Russie a gagné beaucoup d’argent avec les mollahs, mais, consciente du fait qu’ils l’utilisaient pour forcer un arrangement avec Washington, elle ne leur a jamais vendu des armes très performantes comme les S-300 susceptibles de leur donner une vraie autonomie stratégique.

Cette fausse modération très biscornue de Khatami n’a pas permis à Rafsandjani d’engager Washington dans la voie de l’apaisement et ainsi obtenir la fin aux sanctions américaines. De plus, le dollar bon marché et la vente au rabais du pétrole ont anéanti toute production en Iran et ruiné le pays entraînant de nouvelles ruptures parmi les derniers Pasdaran recrutés.

En 2005, Rafsandjani, pressé par ses rivaux, est revenu, via un autre ex-collaborateur, Ahmadinejad, à la STRATRGIE DE L’ESCALADE (dans l’espoir de faire reculer Washington ou gagner le soutien de la Russie et de la Chine, pour entrer dans l’Organisation de Coopération de Shanghaï afin d’avoir plus d’aisance dans ses marchandages avec Washington. La Chine et la Russie, conscientes d’être utilisées par le régime, ont refusé l’adhésion à l’OCS et ont même soutenu le transfert du dossier au Conseil de Sécurité de l’ONU pour avoir leur mot à dire sur les sanctions et autres pressions afin de contrôler aussi bien Washington que les mollahs.

Washington a profité de l’implication du Conseil de Sécurité pour entraîner toutes les grandes puissances dans ses sanctions bancaires. Le régime ruiné par les mauvaises politiques clientélistes de Rafsandjani s’est vite retrouvé en difficulté pour ses approvisionnements : il a décidé de geler les salaires et remonter les prix pour baisser la consommation afin de préserver ses stocks et échapper aux pénuries et aux émeutes fatales. Mais la première tentative de hausse de prix a entraîné des émeutes puis la rupture les jeunes engagés dans la milices anti-émeutes par pauvreté.

Gestions de la Crise / Crises des Gestionnaires| En 2008, le régime était ainsi très fragilisé car sans défense. Ses dirigeants ont compris qu’ils ne pouvaient pas survivre, ils devaient fuir. Leur priorité a changé : Obtenir des GARANTIES DE SÉCURITÉ ou l’IMMUNITÉ de la part de Washington pour fuir sans craindre des poursuites pour leurs crimes passé.

Clashs internes et Plans d’urgence | Rafsandjani a écarté Ali Larijani de la direction des négociations nucléaires pour privilégier ses propres chances d’obtenir les meilleures s de sécurité possibles. Ali Larijani a divulgué, par un tiers, la corruption de membres du CDIR et du clergé pour les renverser et avoir les mains libres pour marchander les meilleures s pour lui-même. Rafsandjani a neutralisé la menace en éliminant les proches de Larijani. Puis en 2009, pour s’éviter d’autres fronde internes, avec l’aide des Britanniques (BBC), il a tenté (encore) de sauver le régime par une (FAUSSE) REVOLUTION DE COULEUR VERTE (couleur de l’islam) MOUVEMENT VERT pour revitaliser le régime et lui donner une nouvelle légitimité et de fait, amener Washington à abandonner ses sanctions. Mais l’opération lui a échappé et a seulement mis en valeur la rupture du peuple et des Pasdaran de base (aussi bien les vétérans que les plus jeunes recrues).

En 2010, Rafsandjani a continué en tentant une nouvelle (fausse) révolution Verte avec les pions de Washington pour la création d’un régime hybride qui n’eut aucun succès. Le peuple et les Pasdaran de base ont au même moment manifesté à l’occasion de l’anniversaire de Reza Shah, le fondateur de l’Iran moderne (et laïque), confirmant leur penchant pour une contre-révolution laïque. Les nantis du régime ont alors paniqué et ont commencé à brader leurs avoirs et acheter de l’or et des dollars pour quitter le pays avant que le régime ne tombe ou ne change de mains suite à un deal secret entre les dirigeants et Washington.. Le régime s’est retrouvé avec un risque de banqueroute financière avec cette ENVIE (sans cesse grandissante) DE FUITE DES NANTIS RIPOUX AVEC LEURS CAPITAUX.

Changement de Monture pendant la course | En 2012, Rafsandjani a lâché les Britanniques pour marchander avec Washington, s’attirant leur foudre. Mais il n’a rien obtenu des Américains, il a abandonné les marchandages. Les pics britanniques ont cessé. Rafsandjani a retrouvé le soutien des médias britanniques pour un autre projet : une Déviation du Régime en direction du peuple afin d’obtenir son pardon et au passage, dans l’intérêt de Londres, saboter le régime islamique avant un deal avec Washington. Le peuple et les jeunes Pasdaran ont refusé ce projet opportuniste. Le projet de Déviation ne pouvait pas être continué.

Le « choix » de Rohani | Les chefs du clergé ont invalidé la candidature de Rafsandjani aux présidentielles rompant de facto leur lien historique (vieux de 170 ans) avec les Britanniques. Ils ont mis en avant son adjoint Rohani pour mener une politique d’Escalade et de bras de fer et aussi pouvoir piloter un transfert de pouvoirs vers Washington via une (éventuelle) révolution de couleur pro-US en cas d’un soulèvement populaire ou un deal entre les deux parties.

Les Chefs Pasdaran et les nantis issus du régime, tous très mal vus par le peuple, n’ont pas aimé ce retour aux solutions ratées du passé qui ne pouvaient les sauver ! Ils ont boycotté les élections ! L’annonce de la « victoire de Rohani » a provoqué leur panique et une ruée vers le dollar qui a fait montée le prix du billet vert de 33% en quelques heures. D’un autre côté, les Pasdaran rebelles ont aussi commencé des actions de sabotages contre le régime. La contestation interne ainsi renforcée a été mis Rohani en demeure de trouver un deal avec Washington en demandant moins d’immunité. Il a pris en main les négociations pour exclure de nombreux ayants droits des négociations. Ce qui a exacerbé les hostilités à son égard. De fait à chaque fois que sous la pression de la rue ou des sanctions, il fait un pas vers Washington, ses adversaires se déchaînent contre cette initiative. Les chefs Pasdaran annoncent des tirs de missiles, les ultra-insolvables critiquent son manque d’intégrisme et les Nantis révèlent parfois des chiffres tabous pour entraîner sa chute. Ils sont ainsi devenus la plus grande menace pour la survie du régime...

En octobre dernier Washington eu peur que le système islamique cher à ses projets ne s’effondre par la faute de cette guerre entrer ses dirigeants. Il a proposé le GEL des SANCTIONS pour les calmer et engager le régime dans un plan d’apaisement à son égard. Les autres grandes puissances en particulier la Grande-Bretagne et la Russie, avaient rejeté ce plan de paix de Washington avec les mollahs et durci les clauses de l’accord pour coincer le régime dans la confrontation et ainsi entraîner sa chute.

Nous avions alors parlé d’un retour du Multi-Latéralisme disparu depuis la chute de l’ex-URSS. Rohani avait reculé face à ces deux fronts d’hostilité en signant l’Accord de Genève. La panique avait gagné en amplitude : ses propres patrons du clergé en commencé à vendre des actions pour préparer leur fuite. Menacé de perdre son job et ne plus bénéficier d’un accès aux négociations pour ses propres intérêts, Rohani avait alors tenté en vain d’isoler Washington en intéressant avec quelques pauvres contrats de pétrole bon marché les autres grandes puissances qui sont en lutte pour la domination des ressources énergétiques de la planète. L’échec prévisible de cette politique a déprimé les nantis du régime. Ils ont pris leur distance avec le régime qui semblait condamné en boycottant à 100% le 35e anniversaire de la révolution islamique !

Pour encourager les mollahs à déposer les armes, Washington avait alors tenté d’agiter région pétrolière et frontalière de Khouzestan. Mais en raison de l’hostilité du peuple à la balkanisation du pays, l’initiative d’agitation américaine n’a pu mobiliser en tout que 150 jeunes dans quelques villes, malgré cela, le régime a été vite dépassé par manque de troupes. Il est entré dans un nouveau cycle de panique boursière et de crise politique ! Washington a sauvé le régime en arrêtant son agitation. Il a alors multiplié les offres indirectes de capitulation. Les Britanniques sont alors intervenus via Ashton pour le compte des autres grandes puissances pour insister sur l’approche multi-latéraliste de négociations communes. Après la confirmation du double front d’hostilité contre le régime, la panique des insolvables s’est amplifiée...

Divergences au sein des 5+1| Les pressions ne marchaient pas. Les 5+1 empêchaient Washington d’agir librement. Washington a alors changé d’approche en offrant aux mollahs l’opportunité de participer au règlement de la situation en Syrie Washington sacrifiait son implication (infructueuse ne Syrie) pour engager le régime à ses cotés !

Dans le contexte du conflit sur la Crimée, dont l’enjeu est le retour d’une Russie forte sur la scène, internationale, ce pays a aussi changé son jeu en proposant une alliance à Téhéran. Avec ces deux offres d’alliances de deux grandes puissances internationales en conflit, le régime s’est retrouvé dans un contexte favorable voire très favorable : il pouvait négocier un sursis confortable avec Washington et s’assurer d’une survie potentielle durable mais mouvementée aux côtés de la Russie. Les adversaires de Rohani n’ont pas supporté la possibilité qu’il gagne car ils perdaient toute possibilité de gouverner un jour. Rohani et les patrons du clergé n’ont pu accepter l’offre russe par peur de perdre définitivement les dollars déposés dans les banques occidentales et ont de facto perdu aussi la capacité de marchander avec Washington en miroitant un rapprochement avec Moscou. La Russie s’est aussi fâchée et s’est posée en adversaires de tout dialogue en aparté entre Téhéran et Washington. La fenêtre d’opportunité d’un contexte favorable s’est refermée. Les gens du régime ont perdu tout espoir de s’en tirer. La crise interne s’est amplifiée, les gens du régime ont pris leur distance en boycottant le jour de création de la république Islamique ainsi qu’un deuil fondateur dans le Chiisme.

Washington a proposé la reprise du dialogue officiel via les 5+1. L’Europe menée la Britannique Ashton a créé la surprise en ouvrant un nouveau dossier de contentieux avec le régime sur ses violations permanentes des droits de l’homme et son implication dans le terrorisme. La Chine et la Russie n’ont pas condamné ! Le contexte international multi-latéral bénéfique de mollahs avait cédé la place à un contexte multilatéral hostile. Le régime est entré dans une nouveau cycle de paniques politiques et financières ininterrompues !


© WWW.IRAN-RESIST.ORG
La semaine dernière, dans ce contexte, le régime devait organiser la journée de l’Armée qui a été boycottée par ses divers officiers depuis plusieurs années. La panique interne s’est amplifiée avec un nouveau cycle de crashs boursiers et une nouvelle ruée vers le dollar chez les nantis du régime qui a exposé le régime à la banqueroute. Rohani a hésité à annoncer le plan de libération des prix pour brider la consommation et préserver les réserves vitaux du pays car c’est une solution risquée quand on n’a pas le soutien de militaires. C’est pourquoi il a aussi privilégié la promotion des faux opposants internes. Larijani a remis en cause cette gestion indécise de Rohani. Ce dernier a simulé un rapprochement avec Moscou pour calmer la crise. Larijani a tenté de le doubler. La panique interne s’est davantage amplifiée. Rohani a ouvert une voie vers la déviation du régime en déliquescence par des éloges de son faux-opposant le plus actif au Shah (très apprécié aujourd’hui en Iran).

Le boycott de la journée de l’armée en fin de semaine a confirmée la déliquescence du régime. Avant une nouvelle crise, le clergé a appelé Rohani et tous les autres responsables à rester ferme sur toutes les lignes, mais mais l’appel n’a pas été entendu.

Washington parrain de la révolution islamique, a accordé un sursis au régime avec un bon rapport de l’AIEA faisant état d’une bonne coopération et a montré son ouverture pour un transfert des pouvoirs vers ses pions par le dégel de 450 millions de dollars dans le cadre de l’Accord de Genève.


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Cette semainela panique n’a pas diminué grâce au sursis américain car 450 millions de dollars peut satisfaire les besoins d’un mois du régime, car personne ne veut de ce transfert des pouvoirs et que par ailleurs, les paniqués et les politiques s’attendaient à 4 boycotts pour 4 anniversaires emblématiques dont celui de Khomeiny et celui de la création de la milice des Gardiens de la Révolution (Pasdaran). Le régime a continué sa chute politique et économique. Rohani n’a pas réussi d’intimider les paniqués et les calmer, il a alors tenté de relancer la fausse opposition interne (son seul joker) avec une rocambolesque histoire d’agression des faux-opposants à la prison d’Evin. Les Européens ont repris l’affaire pour sanctionner le régime ! Rohani a improvisé des changements en cours de route qui n’ont pas fonctionné ! Ses amis les faux opposants (Verts islamiques) n’ont également pas reçu de soutien populaire ! Rohani s’est retrouvé contraint d’arrêter cette affaire qui lui échappait... Ses adversaires ont profité de ce faux pas pour l’attaquer... Voici le récit en images d’une semaine de panique absolue à bord du navire en dérive des mollahs !

L’ébauche de cette analyse a été proposée en émission télévisée et diffusée en Iran le lundi dernier (28.04.2014) via la principale chaîne satellitaire de l’opposition, Iran-e-Ariaee. Vous pouvez regarder cette émission en persan sur le compte Youtube d’IEATV ou dans la section iranienne d’Iran-Resist.


02.05.2014

Iran : La semaine en images n°298
La semaine des terroristes terrorisés !


Historique + Conclusions sur la semaine dernière !

En 1979, les Américains ont entrepris de renverser le Shah car ses politiques régionales et ses projets pour l’Iran étaient contraires à leurs intérêts pétroliers. Ils entendaient mettre au pouvoir des activistes islamistes non cléricaux qu’ils finançaient depuis la création de l’OPEP par le Shah. Ces islamistes liés à Washington étaient hostiles à l’OPEP et partisans d’un régime révolutionnaire et interventionniste. Ils devaient lui permettre de dénationaliser l’industrie pétrolière iranienne, d’agiter et de déstabiliser l’Asie Centrale soviétique et chinoise, mais aussi de renverser le pétro-monarchies créées par les Britanniques, et ainsi de prendre possession de plus de 80% des réserves d’hydrocarbures du monde.

Les Britanniques présents en Iran au travers le clergé chiite, les Qadjars, les Francs-maçons, les féodaux, les Bazaris et la direction du parti communiste Toudeh ont participé à ce projet en faisant la promotion de leur ultra-islamiste en chef Khomeiny. Il s’est imposé au Conseil de la révolution. Puis Londres a éliminé les pions américains par des attentats organisés par Rafsandjani, le demi-frère de Khomeiny. Puis, grâce à la prise en otage des diplomates américains, Londres a enfin donné une identité anti-américaine à cette révolution voulue par Washington. Il a bloqué également le retour des pions islamistes de Washington par l’adoption de la doctrine de tutelle d’un grand ayatollah (du clergé) sur la république islamique de Washington.

Washington a alors commencé une véritable guerre d’usure économique contre les mollahs, pour les mettre face à un risque de pénuries et de soulèvement afin de les amener à transférer les pouvoirs vers ses pions.

En réponse à cette guerre d’usure, Rafsandjani, le patron effectif du régime pour le compte des Britanniques depuis 1980, a commencé une politique de crises pétrolières et régionales pour user Washington, mais cette politique a seulement entraîné la rupture des jeunes y compris parmi les Pasdaran.

Rafsandjani inquiété pour son insuccès a pérennisé son pouvoir par la création du Conseil (plénipotentiaire) de Discernement de l’Intérêt du Régime, mais la persistance des pressions américaines, l’a amené à ouvrir les portes du CDIR à ses rivaux. Sanctionné directement, il a opté pour une STRATEGIE DE FAUSSE MODERATION via son ex-responsable des assassinats politiques, Khatami. Il a aussi baissé le taux du dollar pour empêcher la fuite de nantis du régime paniqués par l’état du régime et bradé le pétrole pour gagner des soutiens européens, deux mesures qui n’ont pas changé la donne, mais ont anéanti tout capacité de production et entraîné de nouvelles ruptures parmi les derniers Pasdaran recrutés. Rafsandjani a alors changé de ligne et opté pour STRATRGIE DE L’ESCALADE (dans l’espoir que Washington recule par peur de nuire au système islamique qu’il veut récupérer). Mais Washington a esquivé les provocations du régime puis il a adopté des sanctions bancaires pour l’affaiblir davantage. Le régime exsangue s’est retrouvé en difficulté pour son approvisionnement : il a décidé de geler les salaires et remonter les prix pour baisser la consommation afin de préserver ses stocks et échapper aux pénuries et aux émeutes fatales. Mais la première tentative de hausse de prix a entraîné des émeutes puis la rupture les jeunes engagés dans la milices anti-émeutes par pauvreté.

En 2008, le régime était ainsi très fragilisé car sans défense. Les dirigeants devaient obtenir des garanties de sécurité de Washington pour fuir le pays qui leur était hostile à tous les niveaux. Larijani a divulgué par un tiers la corruption de membres du CDIR pour les renverser, prendre le pouvoir et obtenir les meilleures garanties de sécurité. Rafsandjani et ses amis ripoux du CDIR ont écarté Larijani. Puis en 2009, avec l’aide des britanniques, Rafsandjani a tenté une (FAUSSE) REVOLUTION DE COULEUR VERTE (couleur de l’islam) MOUVEMENT VERT pour revitaliser le régime et lui donner une nouvelle légitimité et de fait, amener Washington à abandonner ses sanctions, mais l’opération lui a échappé et a seulement mis en valeur la rupture du peuple et des Pasdaran de base (aussi bien les vétérans que les plus jeunes recrues).

En 2010, Rafsandjani a dû partager le pouvoir avec son rival Ali Larijani pour tenter une nouvelle (fausse) révolution de couleur avec les pions de Washington pour la création d’un régime hybride qui n’eut aucun succès. Le peuple et les Pasdaran de base ont au même moment manifesté à l’occasion de l’anniversaire de Reza Shah, le fondateur de l’Iran moderne, confirmant leur penchant pour une contre-révolution laïque. Les nantis du régime ont paniqué et ont commencé à brader leurs avoirs et acheter de l’or et des dollars pour quitter le pays avant que le régime ne tombe ou ne change de mains.

De fait, avec plus de contestation et plus de tentative dialogue de la part de Washington, cette ENVIE DE FUITE DES NANTIS RIPOUX DU REGIME AVEC LEURS CAPITAUX est à l’heure actuelle la plus grande source d’inquiétude des dirigeants et la principale menace contre le régime agonisant.

Rafsandjani étant lui-même parmi les ripoux soucieux de partir avec ses capitaux a très vite été sensible à cette menace. Il a rapidement lâché les Britanniques pour marchander avec Washington, s’attirant les foudres de ses maîtres britanniques. Mais il n’a rien obtenu des Américains. Les pics britanniques ont cessé et il a retrouvé le soutien des médias britanniques pour un autre projet : une déviation du régime en direction du peuple afin d’obtenir son pardon et au passage, dans l’intérêt de Londres, saboter le régime islamique avant un deal avec Washington. Mais le peuple et les jeunes Pasdaran ont refusé ce projet opportuniste. Le projet ne pouvait pas être continué !

Rafsandjani qui n’avait rien obtenu de Washington et ne pouvait que rester en Iran, s’est entêté à poursuivre le projet de déviation opportuniste du régime en agonie (en combinaison avec Londres). Les grands ayatollahs du clergé ont, dans leur intérêt, invalidé sa candidature et ont de facto rompu avec Londres avec l’idée continuer la politique du bras de fer via le négociateur intégriste Jalili. Mais la recrudescence des actes hostiles au régime a vite amené les nouveaux dirigeants à écarter Jalili et prendre comme futur président le faux modéré Rohani pour mener à la fois un bras de fer et aussi un transfert de pouvoirs vers Washington via une révolution de couleur pro-US en cas d’un soulèvement populaire. Ce choix de retour aux solutions ratées du passé n’a pas plu aux nantis du régime et aux Chefs Pasdaran : ils ont aussi boycotté les élections. 

Dès l’élection (ainsi) bancale de Rohani, le renforcement de la contestation interne avec l’entrée en action des Pasdaran rebelles a démontré au régime qu’il n’avait pas assez de temps devant lui pour un long marchandage. La priorité absolue pour tous les dirigeants devint l’obtention d’un poste clef au sein du Gouvernement de Rohani pour bénéficier comme les Ayatollahs qui le soutiennent des marchandages express avec Washington ou pour avoir un accès aux canaux de fuite. Les Chefs Pasdaran réduits à eux-mêmes et désormais sans troupes n’ont pu obtenir une place dans le gouvernement, mais Ali Larijani qui, en tant chef du Parlement, pouvait invalider les choix ministériels de Rohani a pu placer quelques pions aux postes clefs de surveillance du système. Finalement on est arrivé à une Gouvernement de Coalition Clergé-+le Clan Larijani-+2 proches de Rohani (Zanganeh au pétrole & Zarif au ministère des affaires étrangères) qui a débuté les marchandages avec Washington selon la stratégie d’Escalade (dissuasive) en annonçant un nombre élevé de centrifugeuses, une activité d’enrichissement en hausse et un stock de 4400 kg d’UF6 pour obtenir le plus grand nombre possible de garantie de sécurité (pour les très nombreux membres de la nouvelle caste dirigeante et aussi pour les agents terroristes qui pourraient les incriminer).

Mais Washington qui ne peut, pour des raisons stratégiques, reculer devant ses adversaires. Tout d’abord, via l’AIEA, il a d’abord nié l’existence du stock d’uranium revendiqué par Téhéran. Puis il a accentué sa politique de pression en reparlant du terrorisme des Pasdaran et en évoquant la possibilité d’un embargo à 100%. Enfin ,il a débuté un dialogue en direct par l’intermédiaire de sous-secrétaire d’État pour les Affaires du Proche-Orient, Jeffrey Feltman.

Rohani a n’a pas défendu les Chefs Pasdaran menacés par Washington et il a aussi écarté le clergé et les Larijani en retirant les négociations au Conseil (collégial) de sécurité national pour les confier à son ami Zarif. Il a alors également oublié tout soutien à Syrie et a provoqué l’éloignement de la Russie et du Hezbollah.

Le régime était en péril par ses querelles et l’éloignement du Hezbollah et de la Russie. Rafsandjani s’est posé en alternative à Rohani en accusant Assad de répression pour se rapprocher de Washington ! Le clergé a suivi la tendance. Mais les nantis ont paniqué par peur d’un deal express, aggravant la situation économique.

Rohani, mis en danger s’est rapproché de son rival Larijani (avec un projet de rapprochement diplomatique et économique avec Londres et l’Europe) qui n’a pas fonctionné. Il s’est alors approché du Chef Pasdaran Jaafari, partisan du SOUTIEN À LA SYRIE pour REGAGNER LA PROTECTION DE LA RUSSIE... Rafsandjani a demandé à son pion le Guide d’inviter les hauts gradés Pasdaran à une SOUPLESSE HEROIQUE pour bloquer l’option Rohani-Jaafari. L’appel n’a été entendu et le régime s’est retrouvé à la veille d’une explosion.

Pour calmer le jeu interne et forcer les négociations, Washington a annoncé l’application très rapide de l’embargo à 100%. Par ailleurs, a indirectement évoqué la responsabilité du régime dans les attentas du 11 Septembre, laissant planer la menace de nouveaux mandats d’arrêt tous les dirigeants ! Le régime tout en entier a reculé et a accepté le dialogue à NY en marge de l’AG de l’ONU. Les nantis et les responsables affairistes et ripoux de la Chambre de Commerce Iranienne ont paniqué à l’idée d’un deal rapide ne leur laissant pas de temps pour fuir.

Deux jours plus tard, boycott à 100% du principal défilé militaire du régime par l’armée et les Pasdaran a rappelé au régime sa fragilité. Rohani a décidé de renouer avec la politique de chantage à la déstabilisation régionale. Mais il a échoué. Les nantis ont encore paniqué car il n’y avait pas d’issue... Via la Chambre de Commerce Iranienne, ils ont révélé que le régime avait dépensé la majorité de ses gains pour l’année et n’avait que 2 milliard dollars en réserves !

Rafsandjani s’est encore posé en alternative d’un deal avec Washington en suggérant l’abandon du slogan « Mort à l’Amérique » ! De peur que Rafsandjani réussisse et qu’il en sorte renforcé, Larijani a réactivé ses dossiers de corruption. Rohani a tenté de relancer sa politique de l’Escalade en annonçant que l’Enrichissement n’était nullement négociable !

La base a confirmé sa rupture par le boycott à 100% des de la semaine de fidélité des Forces de l’Ordre au régime ! Le régime a pendu 5 Hauts gradés des Pasdaran pour trahison.

Washington a eu peur que le régime islamique ne se disloque. Il a commencé des négociations secrètes avec Zarif, le ministre des affaires étrangères de Rohani, pour parvenir à un mini apaisement sur le taux de l’enrichissement afin de geler les sanctions et éviter la chute du régime islamique nécessaire à ses desseins régionaux.

L’équipe de Rohani a proposé le deal arrangé avec les Américains pendant sa rencontre avec les 5+1 à Genève. Mais les chefs Pasdaran qui sont exclus des décisions du régime ont contré le deal en insistant sur leur fidélité au slogan « Mort à l’Amérique ».

Les Britanniques et les Russes ont contré ce dégel en affirmant que l’on s’écartait des exigences des 5+1 (exigences qui leurs avaient été imposées par Washington en 2007) !

La solution aurait été l’acception de l’élimination du stock d’uranium enrichi à 20%, mais le régime ne l’a pas fait car ce stock est un outil de pression et de marchandage. Par ce refus, Rohani a confirmé l’impossibilité d’un vrai apaisement tant que lui et ses complices n’obtiendraient des garanties de sécurité de la part de Washington.


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La semaine dernière, les Américains a d’abord frappé le régime par une attaque du type Jundallah contre les gardes frontière de la région de Baloutchistan, le jour même de l’anniversaire du plus grand attentat de Jundallah contre le régime. Puis, ils ont envoyé de nombreux émissaires en Iran à la rencontre de tous les clans existants avec des offres de coopérations diplomatiques, économiques, financières...

Mais personne n’a flanché car il n’y avait aucune offre claire de garanties de sécurité au cas où le peuple bougerait pour en finir avec le régime. Les mollahs ont même cherché l’appui de Moscou et Londres, mais ils n’ont rien obtenu. Washington s’est aussi alors à nouveau montré moins complaisant en laissant publier le rapport onusien sur les violations des droits de l’homme par les mollahs. La panique a refait surface chez les nantis (haïs par le peuple). Pour les rassurer, le régime a tenté de relancer le Mouvement Vert qui a sa machine à les recycler en gentils patriotes. Mais la mayonnaise n’a pas pris avec le ramdam sur le faux opposant Majid Tavakkoli.

En fin de la semaine, le boycott à 100% de la fête de Ghadir, qui célèbre la naissance du chiisme, a rappelé le déclin de l’Islam et de fait, l’impopularité et l’isolement du régime islamique ! Le régime acculé n’avait d’autres choix que la fuite en avant !

Washington s’est alors montré plus menaçant en diffusant indirectement un rapport affirmant que le régime allait d’ici 1 mois disposer d’assez de matière enrichi pour fabriquer une bombe... La menace était trop molle, le régime n’a pas bougé.


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Cette semaine, Washington a haussé le ton par une frappe très meurtrière contre les gardes frontières de la région de Baloutchistan avant l’arrivée de son émissaire en Iran et des négociations prévues avec l’AIEA à Vienne. Le régime n’a pas bougé ou dénoncé la frappe comme un coup de Washington. Les nantis ont fortement paniqué... Londres a accentué la panique en révélant que les exportations pétrolières du régime étaient en chute libre ! La règle de chacun pour soi a repris le dessus à tous les niveaux du pouvoir. Le gouvernement a alors insisté sur les annonces de pendaison pour intimider le peuple et compenser son manque de troupes fidèles... Washington n’a pas condamné et a même nié l’existence d’un embargo à 100% ! Voici le récit en images d’une semaine très agitée pour Washington, leurs pions séparatistes, mais aussi pour les mollahs et leurs complices... (tous des terroristes terrorisés) !


08.11.2013

Iran : La semaine en images 286
Rohani à la tête d’un gouvernement bicéphale condamné à l’instabilité

NOUVELLE Introduction Historique (plus synthétique datant de cette semaine)
pour bien comprendre la situation & les enjeux.

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Origines de la crise | En 1979, les Américains ont entrepris de renverser le Shah pour mettre au pouvoir des activistes islamistes (non cléricaux) chargés de les aider à dominer l’Iran, mais aussi renverser les monarchies arabes mises en place par les Britanniques et s’infiltrer en Asie Centrale russe et chinoise. Les Britanniques ont infiltré ce projet avec Khomeiny, un agitateur islamique issu du clergé chiite qu’ils avaient formé au XIXe siècles. Puis, grâce à Rafsandjani (le demi-frère de Khomeiny), ils ont éliminé les pions islamistes de Washington et retourné le projet contre Washington par la prise de l’ambassade américaine. Enfin, ils ont dépossédé Washington de son projet en plaçant la république islamique (née de la volonté de Washington) sous la tutelle de leur pion local, le clergé chiite iranien.

1980-1982 | Washington a alors commencé une véritable guerre d’usure économique pour provoquer des pénuries et un fort mécontentement populaire pour mettre Rafsandjani (devenu le patron effectif du régime et de ses services sécuritaires) face à un risque de soulèvement afin de l’amener à restituer le pouvoirs à ses pions. A défaut, les Américains espéraient aussi inciter les autres mollahs écartés des affaires à remettre en cause la gestion Rafsandjani pour sortir du système mis en place par les Britanniques.

Rafsandjani, le principal pion de Britanniques, a dû, dans son propre intérêt et ceux de ses protecteurs britanniques, contrer Washington tout en gérant le peuple et ses rivaux. Pour forcer Washington à abandonner ses sanctions, il a opté pour une politique usante de crises régionales. Pour contenir le peuple ses rivaux et la dissidence interne, il a usé et abusé d’intimidation, de répression et de purge.

Mais en ce tout début de la république islamique, les jeunes qui s’étaient engagés dans la révolution notamment dans la milice Pasdaran avaient déjà compris qu’ils avaient été dupés à propos du Shah et avaient commencé à établir des liens avec l’opposition monarchiste ! Rafsandjani a davantage cloisonné le système pour empêcher tout coup d’Etat et a augmenté les salaires pour acheter la loyauté de ce groupe dans un pays ravagé par la misère en l’absence des projets initiés par le Shah. Washington, de son côté, n’a pas soutenus cette dissidence contraire à ses plans. Il a par ailleurs brimé l’opposition et réduit la pression pour éviter la chute du régime islamique qu’il voulait récupérer.

Mais ce phénomène d’incompatibilité des jeunes actifs avec le régime islamique n’a cessé de se développer et devient un problème centrale du régime. Ce phénomène est le coeur de la contestation populaire qui ronge actuellement le régime.

vers 1989 | In fine, avec la persistance de ce phénomène d’incompatibilité des jeunes actifs avec le régime islamique, malgré la distribution de bons salaires, Rafsandjani devait évoluer dans son propre intérêt et ceux de ses protecteurs britanniques. Avec l’aide de ses amis (Khamanei catapulté au poste du Guide, le 1er ministre Moussavi et le président du Conseil Constitutionnel Jannati), Rafsandjani a verrouillé et stabilisé le pouvoir par la création du Conseil plénipotentiaire de Discernement de l’Intérêt du régime (CDIR) placé sous sa présidence. Le clergé bien que perdant dans le jeu a accepté par servilité vis-à-vis de Londres. Rafsandjani a renforcé son pouvoir par la création du Conseil (iranien) de Sécurité sous la présidence de son vieux collaborateur sécuritaire Rohani pour continuer le développement du Hezbollah tout en se posant publiquement en modéré et simuler un relâchement pour apaiser les dissidences et forcer Washington à choisir l’apaisement.

vers 1997 |Washington a contré ce plan machiavélique de sauvetage en adoptant de nouvelles sanctions au prétexte d’un assassinat d’opposant ordonné par Rafsandjani. Puis il l’a placé sous mandat d’arrêt international et a exigé son expulsion pour griller sa carrière et amener ses rivaux, mais aussi ses proches, à se liguer contre lui pour l’éliminer du jeu.

Rafsandjani a dû ouvrir les portes du Conseil de Discernement et le marché intérieur à ses rivaux. Il a aussi tenté d’amadouer ses mollahs affairistes avec un dollar sous-évalué. Puis pour apaiser la tension internationale, il s’est retiré du poste non décisionnaire de la présidence en confiant sa place à un ancien collaborateur sécuritaire, Khatami, qui a joué un rôle encore plus modéré pour forcer Washington dans la voie de l’apaisement.

Washington a proposé un dégel (qui devait conduire aux retour au pouvoir de ses pions) que le patron du régime et ses complices du CDIR ont naturellement refusé. Washington a alors parlé de la menace nucléaire et balistique pour alourdir ses sanctions alors que le régime n’a réellement aucune compétence dans ses domaines. Rafsandjani et ses complices n’ont pas cédé. Rohani a été chargé d’une politique de bras de fer mou (des négociations sans fin) pour geler les sanctions, épuiser Washington ou encore impatienter les pays occidentaux acheteurs du pétrole et les amener à remettre en cause les sanctions américaines.

2001-2005 | Washington a alourdi ses sanctions en affirmant que le régime gagnait du temps pour fabriquer une bombe et dominer la région ! Rafsandjani a abandonné la modération superficielle et a sorti un 3e pion sécuritaire de sa poche, Ahmadinejad (son ex-directeur de campagne à Téhéran) pour revenir à une politique de provocations régionales fortes via le Hezbollah. Ali Larijani (jeune rival de Rafsandjani) a cru que cette solution (qui commortait une guerre éclaire du Hezbollah contre Israël) allait réussir, il a demandé la place de Rohani pour faire partie de l’équation gagnante.

2005-2007 | Mais ce durcissement n’a pas marché. L’agressivité du régime malgré la vétusté de ses équipements militaires a entraîné la rupture en masse des vétérans des Pasdaran (déprimés à l’idée d’une nouvelle guerre) et des jeunes actifs ou démunis engagés dans cette milice pour échapper à la misère (apparue après la révolution et due à l’affairisme des mollahs).

2008-2009 |Le régime était sans défense, tout soulèvement pouvait lui être fatal. Ali Larijani a donné des signes de vouloir pactiser avec Washington. Rafsandjani l’a viré. Puis avec l’aide des Britanniques, il a tenté de sauver le régime par une fausse révolution de couleur, le Mouvement Vert, sous la direction de son ami Moussavi (membre de CDIR). Cela devait aussi donner une nouvelle légitimité populaire au régime et obliger Washington à cesser ses sanctions. Mais le peuple a profité de l’opportunité pour scander des slogans hostiles au régime et les Pasdaran n’ont pas chargé ! le régime paraissait condamné. Washington n’a soutenu cette contre-révolution et le régime a fait appel aux vétérans de la répression qui risquaient leur peaux en cas d’un changement de régime.

2011-2012 |Rafsandjani affaibli par l’échec de son plan, menacé par ses rivaux, a dû céder le pouvoir judiciaire au clan Larijani pour diviser ses adversaires, puis il a tenté de les doubler tous via une nouvelle version de sa fausse révolution de couleur aidée par Londres pour créer une république islamique hybride avec quelques pions américains. Ce projet a aussi été un échec populaire et interne. Il a alors tenté de doubler Londres par un dialogue secret avec Washington, mais il n’a rien obtenu. Il a alors retrouvé le soutien médiatique et politique de Londres. Dans la foulée (en décembre 2012), son Mouvement Vert a scandé « Mort à la République Islamique » : Rafsandjani lâchait le régime exsangue pour se rallier au peuple afin d’obtenir son pardon et au passage, dans l’intérêt de Londres, il sabotait le régime islamique pour bloquer le retour des pions islamiques de Washington. Le clergé lié à Londres depuis plus de 150 ans n’a pas condamné les échos de déviation de la ligne officielle qui devait être lancée sous la direction du candidat présidentiel Rahim-Mashaï, beau-frère d’Ahmadinejad et surtout l’un des pions sécuritaires de Rafsandjani, sous le nom du Printemps (iranien). Les nantis du régime ont apprécié ce projet opportuniste leur évitant les affres de l’exil, mais les Larijani et certains Chefs Pasdaran dont les noms restent associés à toutes les répressions n’ont pas adhéré au projet.

2013 | Mais en février de cette année, la situation du régime s’est dégradée suite à l’émergence d’une contestation populaire très forte notamment des attaques contre le régime et ses mosquées à Ispahan qui ont mis en évidence le manque de policiers fidèles. De grands rassemblements avec des slogans monarchistes ont confirmé l’hostilité du peuple vis-à-vis du régime. Le scénario de déviation devait s’accélérer. Les élections étant loin, Ahmadinejad, pion ultra-islamiste de Rafsandjani, a été dépeint comme un déviationniste. Mais en avril, le peuple et les Pasdaran qui ont rompu avec le régime ont boycotté le grand rassemblement en faveur de cette déviation opportuniste.

La solution de déviation étant rejetée par le peuple et les groupes étatiques dissidents, les nantis du régime ont encore paniqué, ils se sont mis à stocker de tout à acheter des dollars, provoquant une situation de crise grave. D’un coup, tout le monde est devenu candidat présidentiel pro-peuple ! Rafsandjani a craint que ses lieutenants ne le sacrifient : il a décidé d’intervenir directement en se représentant aux élections pour une déviation express.

Les grands ayatollahs du clergé, qui sont à la tête du Conseil Constitutionnel, ont dans leur intérêt invalidé la candidature de Rafsandjani pour continuer la politique de bras de fer avec Washington de manière plus forte dans l’espoir obtenir une entente ou des garanties de sécurité avant de précéder à une fausse révolution de couleur en faveur des Etats-Unis. En agissant ainsi, les grands du clergé ont aussi rompu avec 150 ans de servilité vis-à-vis de Londres et permis l’émergence d’un nouvel ordre politique chaotique formé essentiellement par les grands mollahs du clergé, les exclus des décisions comme les Larijani ou les Chefs Pasdaran, mais aussi les acteurs clefs du terrorisme (Velayati, Rohani, Pour-mohammadi...), des éléments sécuritaires insolvables ainsi que les intellectuels propagandistes (journalistes, écrivains, cinéastes, acteurs, faux opposants). Nous pensions que cet ensemble était instable et avions raison car Jalili, le premier choix présidentiel du clergé, été refusé par les autres groupes : chacun voulait imposer son candidat pour être en première ligne des marchandages avec Washington.

Au même moment, la contestation interne est devenue encore plus forte car le Bazar a commencé une grève quasi absolue qui dure encore. Le régime au aussi connu des émeutes en raison d’une pénurie de pain due au manque de devises pour importer du blé. Les dirigeants du nouvel ordre ont paniqué : ils ont tenté de relancer le Mouvement Vert pour contrôler la révolte ou encore sauver leur peau... Rohani (ex-responsable des stratégies sécuritaires) a été le seul candidat présidentiel à prendre le train en marche. Washington a vu en lui un allié opportuniste. Il a salué sa candidature. Le clergé, groupe dominant du nouvel ordre interne, l’a désigné alors comme son candidat pour apaiser les tensions avec Washington. Mais ce choix n’a pas plu aux derniers compagnons du régime car on revenait à une politique de pseudo-modération et du bras de fer mou qui n’avait rien résolu et on flirtait aussi avec la révolution de couleur qui pouvait entraîner la chute du régime. Les nantis du régime et les Chefs Pasdaran (adeptes d’une politique plus radicale) ont aussi boycotté les élections. L’annonce malgré cela de la victoire de Rohani avec un bon score a suscité une nouvelle panique interne chez les nantis du régime.

Rowhani a vu rapprocher l’échéance finale : il a organisé une conférence de presse pour activer sa politique ratée de bras de fer mou Ce qui provoqua une nouvelle panique interne ! Au même moment, le régime et ses compagnons ont constaté la sympathie de leurs derniers policiers avec le peuple à l’occasion de manifestations populaires hostiles (après un match de foot). Le régime n’avait pas tellement de temps pour un long bras de fer. Rohani est devenu plus prudent, il a cessé de parler, se laissant une marge pour une 3e option : virer de bord et joindre le camp des déviationnistes pour sauver sa tête au cas où le peuple se montrerait plus offensif !

Washington a renouvelé son offre de dialogue, mais n’a rien obtenu de Rohani qui est trop isolé ou indécis pour agir. Washington a alors mis à l’exécution un grand nombre de nouvelles sanctions très fortes sur le pétrole, les compagnies de transports maritimes approvisionnant le pays, l’exportation et l’importation de l’or et divers minerais (dernières sources de devises du régime) et aussi le constructeur automobile Iran-Khodro dans l’espoir de faire craquer la nouvelle caste dirigeante. La panique interne s’est amplifiée, mais Rohani (le représentant légal de la caste dirigeante) est resté absent et flou !

Les Russes, inquiets par l’apathie du régime ont proposé une alliance forte aux ayatollahs en difficulté, mais ces derniers n’ont pas donné de suite car cela ne changerait rien aux sanctions et leur vaudrait la saisie de leurs avoirs dans les pays britanniques. Le refus implicite de l’offre de la Russie a refroidi ce pays. Les Chinois ont aussi gardé leur distance et pour retenir le régime ont cessé le paiement de leur facture pétrolière. Une nouvelle panique s’est emparé des compagnons du régime.

Au même moment, un nouvel soulèvement non réprimé par la police dans le centre du pays puis le boycott absolu du Ramadan dans tout le pays ont rappelé aux dirigeants et à leur compagnons qu’ils n’avaient plus de temps pour une politique de bras de fer mou avec Washington. Il ne leur restait que deux options : accepter n’importe quel compromis avec Washington (sans des garanties pour tout le monde) ou la capitulation devant le peuple également sans aucune garantie de survie pour tout le monde. La priorité absolue pour tous les dirigeants devint l’obtention de postes clefs au sein du Gouvernement à venir de Rohani pour être au plus près des marchandages avec Washington.

Washington a augmenté sa pression en privant le régime de l’une des ses dernières sources de devises (l’Inde). Le régime s’est retrouvé face à un plus important manque de devises. Il ne pouvait pas assurer l’importation de carburants pour maintenir la production d’électricité. Il a continué à réduire diverses importations couteuses (comme les médicaments) et a réquisitionné toutes les eaux possibles pour la production d’électricité dans ses barrages. Le mécontentement populaire est devenu plus fort. La panique des compagnons du régime aussi. Rohani devait trouver une solution de sortie fiable pour éviter l’implosion du régime.

On a alors entendu des rumeurs de libération de Moussavi et Karroubi et on a compris qu’il se préparait à lancer à une nouvelle révolution contrôlée pour passer les pouvoir à Washington. Mais ce choix très risqué n’a pas fait consensus parmi les composants de la nouvelle caste au pouvoir. Les tentatives pour bouger le peuple sous la bannière verte au prétexte de pseudo-luttes écologiques ou en faveur de la Maison du Cinéma ont aussi été un échec.

Pire encore au même moment, la contestation interne est montée de plusieurs crans suite à l’installation de milliers d’ouvriers de divers secteurs en faillite aux alentours du Parlement, plusieurs actions populaires anti-voile et une première frappe des forces dissidentes des Pasdaran contre un entrepôt du régime ! 

Les options se sont réduites : le marchandage ou la fuite vers un pays hostile aux Etats-Unis. Washington a renouveler l’offre de dialogue (pour la capitulation). Le Guide a esquissé un oui implicite. La priorité interne devint « obtenir des postes clefs du futur gouvernement de Rohani pour un accès prioritaire aux marchandages afin d’obtenir les meilleures garanties possibles. Les luttes pour entrer au dernier gouvernement du régime se sont intensifiées. .

Washington a proposé le dialogue, le régime a accepté à demi-mots cette offre de marchandage. Les luttes pour entrer au dernier gouvernement du régime se sont intensifiées.


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La semaine dernière, le régime s’est retrouvé sous une avalanche de faillites économiques et de boycotts d’événements officiels religieux et politiques. Les Pasdaran dissidents ont encore frappé le régime en détruisant un entrepôt alimentaire du régime alors que la pénurie fait rage dans le pays. La crise interne s’est encore amplifiée ! Le délai de survie du régime a été réduite. Pour endiguer la fuite des capitaux et une chute rapide, le régime a fermé tous les agents de change par une changement de règlements liés à cette profession.

Puisque tout semblait fini. Rafsandjani a oublié les menaces judiciaires contre sa famille, il a alors tenté de relancer sa déviation par un film « élogieux » sur Reza Shah, l’idole du peuple iranien. Son geste a été puni par l’assassinat de son banquier iranien en Malaisie et des rumeurs d’assassinat de l’un de ses agents pétrolier aux Emirats. Il a cessé de s’agiter.

Dans la lutte interne pour accéder au gouvernement de deal avec Washington, Ali Larijani s’est montré très extrême en utilisant son rôle de président du Parlement pour annoncer une baisse du budget afin de mettre la pression sur le clergé et obtenir des postes clefs au sein du gouvernement Rohani. Les échanges virulents entre clans en lutte ont aussi rappelé qu’il pouvait invalider les ministres proposés par Rohani. Les autres clans devaient admettre sa suprématie et cesser la lutte pour permettre la formation d’un gouvernement afin de calmer la crise par un peu de stabilité et une base pour une solution de sortie intéressante pour le plus grand nombre.

En tout dernier jour de la semaine dernière, le régime a dû admettre son isolement par l’échec de mobilisation pour la journée de Qods car on n’y a vu aucun miliciens, aucun militaire, aucun agent en civil, mais des vieux retraités ou des enfants... Les urgences se sont précisées.


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Cette semaine, dans ce contexte d’urgence, le régime boycotté et contesté sur tous les plans, devait recevoir près de 51 invités étrangers (souvent des sous-alliés de Washington) pour les deux cérémonies d’investiture de Rohani et pour des dialogues préliminaires indirectes en marge de cet événement. Il avait peur que ses problèmes économiques ou politiques ne provoquent de nouvelles crises et ne dévoilent sa fragilité... Le régime devait aussi organiser de grandes prières collectives et publiques pour Eyd Fetr qui doit célébrer la fin du Ramadan. Il était certain de ne pouvoir mobiliser.

Des inondations monstrueuses ont amplifié le mécontentement populaire. Le régime n’a pas accordé de l’aide par manque moyen. La panique interne a refait surface ! Il a ressorti de nouveau son joker, le Mouvement Vert qui ne fait pas consensus. Ce qui a remis en cause la paix entre les clans. La lutte pour l’accès au gouvernement a repris par la remise en cause de la première proposition de Rohani... Voici le récit en images d’une nouvelle semaine de convulsions pour le régime en décomposition des mollahs.


17.08.2013

Iran : La semaine en images n°257

intro de base pour comprendre la situation,
mise à jour chaque semaine avec de nouveaux éléments après ce module [+].
Cette semaine, une nouvelle analyse inédite des événements de la semaine précédente.
En rouge : les éléments qui, cette semaine, ont été d’actualité.

Le signe § donne droit à des tiroirs d’infos.

Origines de la crise. En 1979, les mollahs, alliés historiques de Britanniques et exclus du jeu par la dynastie progressiste des Pahlavi, ont pu revenir dans l’arène politique quand les Américains ont décidé de renverser le Shah (coupable d’avoir créé l’OPEP) pour installer à sa place leurs pions « islamo-fédéralistes » de NEHZAT AZADI (Mouvement pour la Liberté) et sa branche armée, l’OMPI (pions tous issus du parti islamo-nationaliste de JEBHEH MELLI d’obédience britannique).

Ce projet appelé Ceinture Verte (en réf. à l’Islam) devait provoquer une vague islamiste déstabilisatrice en Asie Centrale, au Moyen-Orient et en Afrique, afin d’éliminer les zones d’influence des Soviétiques, mais aussi des Britanniques et permettre l’implantation des compagnies pétrolières américaines.

Les Britanniques se sont empressés de s’associer aux Américains pour inclure dans le jeu leurs pions iraniens à savoir les mollahs influents, les clans féodaux, les Bazaris et leurs nervis, les cadres du TOUDEH et de JEBHEH MELLI avec la ferme intention de les utiliser pour évincer les pions de Washington.

Ce coup d’Etat interne a été réalisé par Rafsandjani, le demi-frère et fondé de pouvoir de Khomeiny, par assassinat les pions de Washington, mais aussi par l’attaque contre l’ambassade américaine.

En échange de ce service inestimable, Rafsandjani a été autorisé d’écarter des mollahs plus hauts placés comme Montazeri ou encore Morteza Mottahari, (le beau-père et protecteur d’Ali Larijani), l’idéologue de la doctrine de la Tutelle du clergé sur le pouvoir.

En écartant tous les rivaux, Rafsandjani a pu pour accéder à tous les postes clefs notamment le ministère de l’intérieur, les services secrets des Pasdaran ou encore le ministère de guerre. Il est devenu le patron non officiel du régime et de tous les bons business (pétrole, automobile, alimentation).

En réponse au coup anti-américain des mollahs, Washington a alors commencé à sanctionner leur régime pour provoquer des pénuries et un risque de soulèvement pour forcer ses dirigeants (Rafsandjani et ses complices) à accepter un apaisement, puis la normalisation des relations pour qu’il puisse revenir en Iran avec ses pions et reprendre le pouvoir via des élections libres (ou une révolution de couleur).

Rafsandjani et ses complices se sont alors lancés dans des actions terroristes anti-américaines et ont aussi tissé des liens économiques forts avec les Etats Européens pour acheter leur protection diplomatique.

Ce choix diplomatiquement clientéliste, mais aussi les larcins des mollahs et la guerre contre Saddam ont rapidement ruiné le pays. Les ouvriers ont perdu leurs emplois, les Bazaris qui vivaient de la vente des produits nationaux ont été ruinés. La devise iranienne qui est proche du Franc a commencé à chuter vertigineusement. Beaucoup de jeunes Pasdaran contactaient Reza Pahlavi pour exprimer leurs regrets de tout ce qui avait été perdu par leur faute. La révolution islamique a très vite perdu ses enfants et très vite, le régime s’est retrouvé en danger.

Mais ce régime (divisé au sommet, ruiné et contesté à la base) n’est pas tombé car Washington n’a jamais aidé les opposants, le peuple et les dissidents de peur que le système islamique nécessaire à ses projets régionaux ne disparaisse. Depuis Washington a souvent laissé ses partenaires stratégiques contourner ses sanctions quand il estimait que ces sanctions pouvaient entraîner la chute du régime islamique.

En agissant ainsi, Washington a rallongé l’agonie du régime et a amplifié la dissidence ou encore les querelles internes entre Rafsandjani et tous ceux (comme les frères Larijani) qu’il avait écarté du pouvoir.

En 1989, Rafsandjani s’est senti en danger car son demi-frère et protecteur Khomeiny était mourant. Il a alors trafiqué le testament de Khomeiny, doublant les 86 ayatollahs du Conseil des Experts de la Tutelle, chargés du choix du successeur, afin de désigner son ami Khamenei comme le grand Tuteur islamique du régime. Khamenei a été un parfait pion car dès son arrivée au pouvoir suprême, il a modifié la constitution pour donner ses pleins pouvoirs politiques au Conseil de Discernement de l’Intérêt du Régime (CDIR), créé par Rafsandjani. Cet organe est ainsi devenu un gouvernement plénipotentiaire et permanent du régime et son patron Rafsandjani est devenu officiellement le patron politique du régime.

Ce véritable coup d’Etat a été possible grâce à la complicité du président du Conseil constitutionnel, Jannati, et le 1er ministre de l’époque, Moussavi (cousin de Khamenei). Ces deux là ont été récompensés chacun par un siège permanent au sein du Conseil de Discernement, gouvernement plénipotentiaire et permanent du régime. Ce système a toujours eu un point faible : un changement du Guide sous l’instigation du Conseil (collégial) des Experts de la Tutelle. Rafsandjani s’est empressé de prendre la direction de ce Conseil pour contrôler ses 86 membres privés par lui d’accès à toutes les bonnes business du régime.

Mais l’incapacité de Rafsandjani à mettre fin aux sanctions et surtout l’adoption des premières sanctions pétrolières pour des attentats qu’il avait ordonnés pouvaient pousser ses adversaires à l’éliminer pour avoir la paix. Pour ne pas sauter, Rafsandjani a agi sur deux plans : il a divisé ses rivaux en achetant la loyauté des Larijani (qui avait le plus grand réseau après lui) en leur offrant des postes clefs et un siège au Conseil de Discernement. Rafsandjani a aussi mis en scène un simulacre d’ouverture animé Khatami et de (faux) opposants issus de la milice islamiste des universités et de vieux militants bon teints du parti pro-britannique de JEBHEH MELLI pour engager Washington dans la coopération afin de l’éloigner des sanctions.

Washington s’est fâché et a évoqué la "menace nucléaire et balistique des mollahs" pour durcir ses sanctions.

Le régime aurait pu mettre fin au risque de nouvelles sanctions car il n’a jamais eu le moindre missile capable de menacer ses voisins, ni même le savoir faire pour finir la centrale nucléaire civile de Bouchehr, laissée inachevée après la révolution. Mais le régime et Rafsandjani en personne n’ont cessé de lancer des slogans anxiogènes sur sa capacité de devenir une puissance nucléaire en très peu de temps. Il espérait faire peur à Washington et le contraindre à capituler sur toute la ligne.

Mais cette attitude a seulement permis à Washington d’annoncer plus de sanctions et même éventuellement des frappes militaires. Rafsandjani a paniqué, il a repris les négociations en oubliant ses interminables manoeuvres dilatoires pour accepter l’Accord de Paris sur le gel des activités nucléaires : engageant de facto le régime sur la voie de l’apaisement tant attendu par Washington.

Critiqué pour avoir renoncé à l’arme des menaces, garante de l’intégrité du régime, il devait faire marche arrière pour ne pas sauter. Il a remis en cause l’Accord de Paris en remplaçant l’« officiellement modéré Khatami » par l’officiellement non modéré Ahmadinejad pour tenter de faire reculer Washington avec toutes sortes de menaces. Il a aussi offert la direction des négociations nucléaires à Ali Larijani, adepte d’une politique de fermeture. Il calmait ainsi un rival en l’intégrant dans son jeu.

Mais Washington a utilisé la fermeture de Larijani et les menaces d’Ahmadinejad pour renforcer ses pressions. En 2007, il a réussi à impliquer le Conseil de Sécurité de l’ONU pour faire cautionner ses futures sanctions. En 2008, il a ainsi adopté les premières sanctions bancaires réduisant les revenus en devises du régime. On a assisté à d’importants boycotts des manifestations officielles par les de Pasdaran de base, les Bazaris ou des mollahs de base. Les dissidents prenaient leur distance. Pour la première fois, le régime et ses dirigeants étaient en danger. Pour limiter le risque d’une pénurie déstabilisatrice comme le souhaite Washington, la caste dirigeante du Conseil de Discernement a décidé de supprimer les Prix subventionnés pour brider la consommation pour ménager les stocks du régime et aussi pour habituer les Iraniens à vivre de très peu et diminuer ainsi le risque de soulèvement provoqué par la faim. Mais par peur d’une émeute générale, le régime a d’abord gelé les salaires de ses employés les mieux payés, les agents sécuritaires, ces derniers ont été très déçus et ont aussi pris leur distance avec le régime.

Avec cette rupture, le régime était menacé en cas d’un soulèvement. Rafsandjani a songé à la nécessité d’une éventuelle négociation avec Washington pour pouvoir quitter le pays avant la chute du régime : il a alors exclu son rival Ali Larijani du poste clef de négociateur nucléaire lui donnant accès au dialogue direct avec les Américains !

Mais pour ne pas l’avoir contre lui, il lui a attribué une victoire électorale pour lui donner la direction de la majorité législative : un titre et une tribune plus qu’un vrai pouvoir car le Parlement n’a aucun rôle décisionnaire, il suit les directives du Conseil de Discernement.

Ali Larijani a alors révélé via la presse la corruption du clan Rafsandjani, de ses alliés, mais aussi de certains membres du Conseil de Experts afin de les éliminer tous et devenir celui qui négocie la fin du régime pour bénéficier des mêmes garanties. Rafsandjani et ses alliés se sont ligués pour éliminer son principal lieutenant Ali Kordan afin de le discréditer et limiter son action. Larijani a dû battre en retraite pour ne pas tomber en même temps.

En juin 2009, Rafsandjani qui restait menacé par les sanctions, par le risque de pénuries et d’émeutes, par la dissidence interne ou encore par les dossiers d’Ali Larijani, a tenté de sauver le régime et surtout sa peau avec une fausse révolution de couleur nommée le Mouvement VERT sous la direction du très anti-américain Moussavi ! Mais le peuple a agi avec bon sens, il n’est pas tombé dans le panneau et a profité de l’occasion pour crier sa haine du régime. Les Pasdaran ne sont guère intervenus pour réprimer cette contre-révolution. Le régime a failli tomber, mais il a été sauvé grâce à Obama et les alliés de Washington qui ont refusé toute aide à cette contre-révolution.

Rafsandjani, affaibli par l’échec monumental de son plan, pouvait enfin être démis de ses fonctions : il a cédé la direction du pouvoir judiciaire à Sadegh Larijani, le frère cadet d’Ali Larijani pour diviser ses rivaux et avant que les Larijani puissent virer ses pions comme le procureur Ejéi, il a tenté de relancer sa nouvelle fausse opposition avec de nouveaux slogans plus patriotiques et de nouveaux animateurs dont ses propres enfants Mehdi et Faezeh (initialement connus pour leurs corruption) !. Mais le peuple n’a jamais été trompé, il a sans cesse boycotté le Mouvement Vert.

In fine, en juin 2010, au bout d’un an d’insuccès, Rafsandjani a été désavoué par les gros bonnets du régime (écartés du pouvoir) : Rafsandjani a tout d’un coup disparu et Larijani a commencé à s’occuper des activités qu’il menait au sein du Conseil de Discernement. Mais les gros bonnets du régime n’ont pas osé officialiser Larijani par peur qu’il ne les élimine facilement avec ses dossiers compromettants. Larijani n’a donc pas pu virer les pions de Rafsandjani pour nommer les siens et devenir le patron afin de bénéficier des meilleures garanties de sécurité en cas de la chute du régime. Rafsandjani a gardé son influence grâce au gouvernement formé par ses pions. De fait, en juin 2010, le régime est devenu bicéphale.

Ali Larijani devait écarter les ministres issus du clan Rafsandjani : il a commencé à parler de leur corruption et à multiplier les procès à leur encontre pour les renverser afin de s’asseoir à la table des négociations et obtenir sa part de garanties de sécurité. Rafsandjani a alors accéléré ses démarches pour parvenir à un accord avec Washington. En agissant ainsi, Rafsandjani et Larijani ont démontré qu’ils ne songeaient qu’à leurs intérêts personnels : ils ont déçu leurs derniers collaborateurs et ont encouragé les ruptures.

En mars 2011, le peuple a de nouveau manifesté à l’occasion de l’anniversaire de naissance Reza Shah Pahlavi, le fondateur de l’Iran moderne et laïque ; et encore une fois, les officiers des Pasdaran n’ont pas chargé. Ils se sont même montrés très amicaux avec les manifestants. Ils ont ainsi montré qu’ils souhaitaient aussi une contre-révolution.

Les derniers collaborateurs du régime, déçus par leurs chefs et paniqués par la rupture des Pasdaran, se sont mis à convertir leurs avoirs en OR ou en dollar pour pouvoir quitter le pays avant qu’ils soient sacrifiés par leurs chefs puis tués par le peuple. Le dollar n’a cessé d’augmenter malgré des baisses de prix imposées arbitrairement par la Banque Centrale Iranienne (BCI). Ces achats de dollars ont ruiné le régime et réduit ses chances de survie. Ali Larijani a accentué sa guerre pour le contrôle du siège éjectable, Rafsandjani a mis les bouchées doubles pour parvenir à un accord avec Washington. Les Chefs Pasdaran, largués par les jeunes officiers susceptibles de souffrir par ce marché ont lâché leur mentor historique Rafsandjani et se sont implicitement alignés sur Larijani.

En Juillet 2012, Washington est parvenu à forcer l’Europe à rompre ses relations protectrices avec le régime pour agiter Rafsandjani, Larijani et les candidats à la fuite.. Le régime a menacé de fermer le détroit d’Ormuz, mais n’a pu tenir cette promesse : ses partenaires ont été convaincus qu’il avait toujours bluffé : ils se sont précipités pour acheter des dollars. Le régime, en manque de divises, n’a pas approvisionné le marché. Les gens du régime ont conclu à une faillite de la BCI. Ils se sont mis à stocker des aliments. Le pays a été confronté à une importante pénurie alimentaire. Le peuple excédé a manifesté contre le régime avec le slogan de Mort à la république islamique.

Les deux dirigeants se sont réunis pour combattre la ruée vers l’or et le dollar qui vidait leurs réserves de capitaux. Ils ont à plusieurs reprises incendié le Bazar pour vider le marché. Ils ont aussi ponctionné les comptes bancaires des gens pour compenser leurs pertes. Ils ont également accusé les acheteurs de blanchiment d’argent pour les menacer d’expropriation et de pendaison. Puis ils ont bloqué les comptes en devises. Enfin, ils ont fermé tous les agents de change privés, le réseau de transfert interbancaire et enfin ils ont multiplié par 3 le prix de billets d’avion pour limiter les voyages à l’étranger. Mais ils n’ont pas pu contraindre leur partenaires paniqués à renoncer à leur envie de fuir, ils ont au contraire encouragé les ruptures et la fuite.

Les deux dirigeants ont également sans cesse promis des actions de répression et des manoeuvres militaires ou paramilitaires pour rassurer leurs collaborateurs sur leurs capacités ou pour les intimider, mais ils n’ont jamais pu montrer les renforts promis : il est devenu de plus en plus évident qu’ils n’avaient plus aucun appui au sein des forces armées et du peuple.

En seulement 3 mois (Juillet-Août-Septembre), il est devenu clair que le régime était fichu. Rafsandjani a alors multiplié les efforts pour contacter Washington. Larijani a alors accusé Rafsandjani de corruptions. Les Chefs Pasdaran ont surenchéri pour le contraindre à abandonné la partie. Rafsandjani a fait revenir ses enfants (Mehdi et Faezeh) et les a laissés comme gages entre les mains du pouvoir judiciaire des Larijani pour les rassurer que son pion Ahmadinejad attendu à NY à l’occasion de l’AG de l’ONU ne négocierait pas avec les Américains. Mais il a sacrifié ses enfants en proposant via Ahmadinejad une ouverture à Washington. Une forte panique interne et une forte réaction négative de Londres ont contraint Rafsandjani à renoncer.

Fin octobre, Washington a tenté un deal avec Rafsandjani en demandant à l’Argentine de suspendre les accusations contre Rafsandjani dans l’attentat d’Amia. Larijani était pris par surprise. Les Chefs Pasdaran, qui peuvent hériter de la responsabilité de l’attentat d’Amia, ont alors enchaîné les menaces contre Washington pour bloquer le deal et les marchandages à venir. Le régime est passé de 2 clans à 3 clans.

Les Chefs Pasdaran ont d’abord tenté de former un clan à part entière avec le ayatollahs écartés par Rafsandjani avant de s’approcher de Larijani. Washington n’a pas daigné dialoguer avec Larijani après cette coalition, il a préféré garder Rafsandjani comme interlocuteur. Washington a ainsi prouvé qu’il ne visait pas une entente, mais entendait utiliser les faiblesses de Rafsandjani pour le forcer à céder à ses attentes. Vue la vulnérabilité de Rafsandjani, il ne pouvait que céder à Washington, c’est-à-dire ouvrir les portes de la forteresse en échange de quelques garanties de sécurité pour lui même. La panique a gagné les subalternes qui redoutent la vengeance des pions de Washington.

Cette situation pouvait engendrer une rupture massive et une adhésion soudaine et massive à la contre-révolution. Larijani et Rafsandjani, en phase d’être éliminés se sont rapprochés et ils ont uni leur force pour inventer la figure de Sattar Beheshti, (faux) opposant interne "mort sous la torture" afin de pouvoir infiltrer les autres faux opposants dans la contestation et contenir tout risque de débordement contre-révolutionnaire.

Mais le peuple n’a pas donné de crédit à cette option pro-régime et les collaborateurs de base ont jugé très risqué de miser sur la recette ratée du Mouvement Vert. Sans ce joker, le régime était perdu. Rafsandjani a accusé les Pasdaran et les frères Larijani du meurtre de l’opposant factice Sattar Beheshti pour entraîner leur chute et éliminer leurs menaces !

Larijani a alors accentué ses accusations contre les ministres (issus du clan Rafsandjani) pour retirer le vote de confiance du Parlement au gouvernement et entraîner sa chute. Rafsandjani a neutralisé ce projet par une intervention de son super pion, le Guide. Puis, il a pris une décision incroyable : il a demandé à ses faux opposants de crier "Mort à la Révolution Islamique" pour s’approcher de l’opposition avec une solution de réconciliation nationale de type Khmers rouges pour avoir la vie sauve (en se disant qu’avec ce choix il pouvait garantir les intérêts pétroliers de nombreux pays comme la Grande-Bretagne et ainsi protéger ses avoirs financiers dans ces pays.

Ce revirement pragmatique n’a provoqué aucune agitation : les derniers collaborateurs du régime y trouvaient leur compte, mais pas Ali Larijani car ses frères ont piloté les répressions du grand soulèvement de l’été 2009. Ali Larijani a encore reparlé de la révocation du président. Les Pasdaran qui avaient d’abord bien accueilli la proposition pragmatique d’une réconciliation nationale ont aussi renouvelé leurs menaces anti-américaines pour s’approcher de Larijani au cas où il emporterait la partie. Par ailleurs, le commandant en chef des Pasdaran et les Chefs Pasdaran des forces de l’ordre (Police, Bassidj...) dont les noms sont associés à la répression se sont carrément alignés dans une opposition farouche à ce changement de régime qui pourraient les conduire à la potence.

Les motivations différentes à l’intérieur des Pasdaran ont divisé ce nouveau clan apparu sur la scène politique. Le régime est devenu un archipel de mini-clans divisés, aux intérêts opposées. Tous ces mini-clans étant tous dépourvus de militants actifs, aucun n’a pu s’imposer aux deux autres. Tous ont quand même essayé de mobiliser les membres de leurs clans ou des subalternes pour avoir le dessus. Dans ce jeu, Rafsandjani qui a le plus grand réseau, a gagné la première manche en étalant ses pions des services secrets. Larijani a alors menacé Rafsandjani de traîner son fils Mehdi devant la justice pour corruption et trahison (ce qui revient à l’accuser indirectement). Les Chefs Pasdaran ont annoncé des manœuvres dans le détroit d’Ormuz pour montrer qu’ils pouvaient bloquer tous les dialogues à venir afin que l’on ne les oublient pas dans les marchandages qui paraissent imminents au vue de la situation désastreuse du régime.

Cette agitation des dirigeants pour la préservation de leurs intérêts a de nouveaux paniqué leurs collaborateurs de base, ils ont repris leur achats du dollar, avant de s’orienter vers l’or quand le dollar a manqué ! Le régime a seulement censuré les infos économiques pour cacher la panique de sa base puis il a relâché Tabarzadi, le faux opposant vétéran de l’ère Khatami pour qu’il puisse s’incruster dans le soulèvement qu’il redoute.

Au cours de deux dernières semaines, le régime devait célébrer la journée de soutien à sa doctrine et organiser des prières collectives en mémoire des grandes figures d’Islam et du Chiisme. Tous ses évènements ont été boycottés à 100% par le peuple et les derniers serviteurs du régime. La panique et l’envie de fuite des subalternes a refait surface. Les Larijani en charge du pouvoir judiciaire ont évoqué des arrestations de revendeurs d’or et de dollars au lieu de s’en prendre aux acheteurs. Ils ont ainsi admis qu’ils avaient peur de pousser à bout les collaborateurs paniqués et provoquer une rupture massive susceptible d’entraîner la chute de leur régime. Le pouvoir a aussi parlé d’une pollution mortelle pour fermer les lieux publics afin de vider tout lieux propices à l’émergence d’une agitation ! Ces choix laissaient entrevoir que le régime ne pouvait pas résorber la crise : il était condamné à perdre ses forces et à s’effondrer.

Enfin de la semaine dernière, la persistance de la crise de confiance et de panique des responsables subalternes a poussé tous les adversaires de Rafsandjani à oublier leurs réserves et d’attaquer sur les plans. Les Larijani et les Chefs Pasdaran ont accusé Ahmadinejad de vouloir provoqué une agitation par l’adoption de la seconde phase du plan de rigueur anti-sanctions afin de permettre l’émergence d’une agitation contre-révolutionnaire. Les Larijani ont accusé Rafsandjani de promouvoir un changement de régime en se prononçant en faveur d’élections libres. Ali Rezaï ex-patron des Pasdaran, longtemps allié de Rafsandjani, mais qui a récemment rompu avec lui a publié un article l’accusant implicitement d’avoir détourné des fonds pour les sortir du pays puis les Larijani et le Chef des forces de l’ordre ont aussi annoncé la création d’un nouvel organe de répression de corruption pour court-circuiter ses réseaux de protection interne. Ils ont aussi accusé ses amis, les responsables des services secrets, d’être les agents actifs de la corruption.

Washington avait fait libérer des otages du régime détenus par des forces soi-disant libres de la Syrie et avait offert un dialogue directe à Salehi, le ministre des affaires étrangères du régime (issu du clan Rafsandjani). Ce dernier n’avait pas donné de suite, mais avait utilisé le contact pour se présenter comme incontournable. Un grand centre commercial de Rafsandjani avait alors brûlé et les Larijani avaient alors annoncé la mise en accusation de son fils Mehdi ouvrant la voie à un procès qui pourrait l’accuser et le couler. Rafsandjani était resté sans voix ! Il était paru comme fini. Son ex-allié Asgar-Owladi avait tenté de lui voler certains de ses pions comme Moussavi, Karroubi et Hassan Khomeiny, Rafsandjani avait aussi constaté la fuite d’Ahmadinejad et aussi la rupture de son grand allié historique, Mesbah Yazdi !

Ainsi, en fin de la semaine dernière, Rafsandjani a été déstabilisé par une coalition formée des Larijani, des Chefs Pasdaran, ainsi que la partie Motalefeh, jadis représentant le Bazar. Mais les Chefs Pasdaran, les maillons forts de cette chaîne, n’avait pas pu organiser un grand rassemblement en leur faveur pour légitimer leur pouvoir. Ils avaient alors tenté de redresser leur image en annonçant un grand rassemblement pour rendre hommage à Mahomet et à Hassan, le 2nd Emam chiite dont on devait pleurer la mort à ce moment. Après un nouvel échec, Jannati chargé ce jour de la prière de vendredi avait injurié Rafsandjani avant d’annoncer une grande manifestation pour convaincre les Chefs Pasdaran de le considérer comme un ami utile ! Cette demande avait également échoué.

Cette semaine, le régime devait débuter par des prières collectives en mémoire d’Emam Reza mort (empoisonné) en martyr (en fait, mort d’une indigestion de raisin). La mobilisation a été nulle. Ce boycott a rappelé l’isolement et la vulnérabilité du régime. Ses médias ont sans cesse diffusé de images d’archives pour nier cet l’isolement et vulnérabilité. Par ailleurs, Rafsandjani a enfin riposté. Larijani a répliqué par l’annonce du démarrage prochain du procès de Mehdi !

Washington qui ne veut la chute du régime islamique s’est empressé d’envoyer des négociateurs en Iran en espérant que la perspective du chute entraînerait les mollahs à négocier voire même à accepter un apaisement, mais Rafsandjani qui contrôle les organes de négociations n’a pas donné de suite car il n’y croit plus et ses adversaires qui ne contrôlent rien et ne gagnent rien n’ont également montré aucun intérêt à ces négociations. Mais se doutant tous que Washington accentuerait ses sanctions, ils ont multiplié les diversions pour occuper l’opinion et retarder une nouvelle panique. Ils ont aussi multiplié les mensonges et les slogans pour minimiser ou nier leur vulnérabilité sur tous les plans. L’archipel des mini-clans divisés des mollahs a vécu une semaine difficile. Voici la chronique d’une semaine de peur et de ruses pour éviter une nouvelle crise sans nul doute fatale.


24.01.2013

Iran : La semaine en images n°251

intro de base pour comprendre la situation,
mise à jour chaque semaine avec de nouveaux éléments après ce module [+].
Avec une nouvelle analyse inédite des événements de la semaine précédente.
En rouge : les éléments qui, cette semaine, ont été d’actualité.

Le signe § donne droit à des tiroirs d’infos.

Origines de la crise. Il y a 33 ans, en 1979, les mollahs, alliés historiques de Britanniques et exclus du jeu par la dynastie progressiste des Pahlavi, ont pu revenir dans l’arène politique quand les Américains ont décidé de renverser le Shah (coupable entre autre d’avoir modernise le pays, stabiliser la région et aussi d’avoir créer l’OPEP) avec l’intention d’installer à sa place leurs pions islamo-fédéralistes de NEHZAT AZADI (Mouvement pour la liberté), d’ex-pions britanniques du parti islamo-nationaliste JEBHEH MELLI qui sous la direction de Mossadegh avaient quitté le camp britannique pour joindre le camp américain.

NEHZAT AZADI avait aussi créé une branche armée islamo-marxiste, les MODJAHEDIN KHALGH (OMPI) pour dévaliser le parti communiste Toudeh (officiellement communiste, mais pro-britannique au niveau de sa direction). Les membres de cette branche armée clairement djihadiste devaient former les Gardiens de la Révolution islamique pour exporter l’islam révolutionnaire en Asie centrale alors soviétique, pour déstabiliser cette région et la remodeler selon les intérêts pétroliers américains.

Le projet appelé Arc de Crise allait mettre fin à 100 ans de domination britannique du marché pétrolier mondial. Les Britanniques ont demandé à leurs pions encore fidèles à savoir les mollahs influents, les Bazaris et leurs nervis, les cadres du TOUDEH et de JEBHEH MELLI d’intervenir pour mobiliser le peuple afin de jouer un grand rôle dans le projet américain puis d’évincer les pions de Washington et prendre le pouvoir dans le nouveau régime islam. Ce coup d’Etat interne a été réalisé Rafsandjani, le demi-frère et fondé de pouvoir de Khomeiny, en assassinant les pions religieux de Washington, puis en coupant le cordon ombilical entre Washington et la révolution islamique par l’attaque des "étudiants islamiques" contre l’ambassade américaine et la prise en otage des diplomates américains.

En échange de ces bons et loyaux services et cette Seconde révolution islamique, Rafsandjani a été autorisé à écarter des mollahs plus hauts placés comme Mottahari (le protecteur des Larijani), mais aussi d’autres pions de Londres comme ceux de TOUDEH et de JEBHEH MELLI pour accéder à tous les postes clefs comme le ministère de l’intérieur, les services secrets des Pasdaran ou encore le ministère de guerre qui ont fait de lui le patron non officiel du régime et de tous les bons business (pétrole, automobile, le secteur alimentaire). Avec le soutien des jeunes mollahs ambitieux et évidement le soutien tacite des Britanniques, Rafsandjani a aussi été chargé de verrouiller le système en diabolisant les Etats-Unis et en attaquant ses intérêts et ses alliés régionaux pour ne laisser aucune chance de retour de ses pions dans le jeu.

L’Etat américain a alors commencé à sanctionner les mollahs pour provoquer des pénuries et un risque de soulèvement pour forcer Rafsandjani et ses complices à cesser leur diabolisation, d’accepter un apaisement, puis la normalisation des relations pour qu’il puisse revenir en Iran avec ses pions et reprendre le pouvoir via une révolution de couleur.

Rafsandjani et ses complices ont alors accentué les actions terroristes contre les intérêts américains et ont dû sacrifier la production nationale pour importer tout d’Europe afin d’acheter la protection diplomatique des Européens. Cela et la guerre contre Saddam ont rapidement ruiné le pays et sa force de production : les ouvriers ont perdu leurs emplois, les Bazaris qui vivaient de la vente des produits nationaux ont été ruinés. Le pays était aussi en guerre. Beaucoup de jeunes Pasdaran contactaient Reza Pahlavi pour exprimer leurs regrets de tout ce qui avait été perdu par leur faute. La révolution islamique a très vite perdu ses enfants et très vite, le régime s’est retrouvé en danger. Mais il n’est pas tombé car Washington n’a jamais aidé les opposants, le peuple et les dissidents de peur que le modèle islamique nécessaire à ses projets régionaux ne disparaisse. Par ailleurs Washington a également souvent laissé ses partenaires stratégiques contourner ses sanctions pour adoucir leur effet quand il estimait qu’elles pouvaient dépasser leur objectif et entraîner la chute du régime islamique qu’il veut récupérer.

En agissant ainsi, Washington a rallongé l’agonie du régime et a amplifié la dissidence ou encore les querelles internes entre Rafsandjani et tous ceux qu’il avait été écartés du pouvoir notamment le clan Larijani. Rafsandjani s’est senti en danger. En 1989, après la mort de Khomeiny, il a trafiqué de testament de ce dernier pour écarter l’arrivée au pouvoir des hauts membres de clergé qui pouvaient limiter ses pouvoirs. Il a aussi placé le nom de son ami Khamenei dans le testament. Ce dernier, élu comme Guide, a transféré par un référendum presque tous ses pouvoirs politiques illimités au Conseil de Discernement créé par Rafsandjani. Le Conseil de Discernement est devenu le vrai gouvernement du régime et Rafsandjani est devenu le patron officiel, incontestable et inamovible du régime, ce qui a attisé les hostilités internes à son égard.

Mais l’incapacité de Rafsandjani à mettre fin aux sanctions ont remis en cause sa survie. Des mandats d’arrêts internationaux le visant ont donné de l’espoir à ses rivaux. Pour ne pas sauter, il a acheté la loyauté de certains de ses rivaux en leur octroyant des sièges au Conseil de Discernement, des postes clefs et aussi une partie de ses monopoles économiques. .

Après cela, Rafsandjani a tenté de mettre fin aux sanctions par une fausse modération et faux apaisement sous la direction de Khatami, un ex-responsable d’assassinats des opposants exilés recyclé en doux agneau.

[§.1]

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Pour réussir, le régime a simulé une libéralisation politique avec des étudiants appartenant à la sinistre milice universitaire.
Rafsandjani a fait appel aux vieux pions gauchisant de JEBHEH MELLI. Mais pour éviter de leur accorder une part du gâteau économique, il a finalement créé un parti imitant JEBHEH MELLI (Front National) sous le nom de JEBHEH DEMOCRATIC (Front démocratique). Le parti était animé par les faux étudiants de la milice universitaire (club des futurs cadres du régime). La direction du parti a été confié à un certain Tabarzadi, un étudiant milicien de 48 ans, proche de Rafsandjani. Ce personnage compromis par son passé s’est dit plutôt « ouvert au rétablissement des relations avec les Etats-Unis, mais à certaines conditions » (ce qui est la position officielle du régime). Puis ce personnage a été soi-disant mis en prison pour que l’on l’imagine comme un futur Gorbatchef et qu’il obtienne le soutien de Washington. Mais Washington a vite compris qu’il s’agissait d’une ruse pour l’amadouer avec une promesse de démocratisation afin de le mettre en situation de ne plus pouvoir continuer ses sanctions. Il a continué ses sanctions.

Le régime a alors accordé des visas à ses faux dissidents estudiantins pour aller aux Etats-Unis et faire de la pub pour Tabarzadi. Pour relancer le jeu, le régime a aussi fait appel à des avocates (Shirin Ebadi -alors inconnue- et Nasrine Sotoudeh - une des représentants du régime à cour internationale), afin que leurs cris de femmes indignées créent une synergie autour de Tabarzadi, mais les Américains n’ont accordé aucune attention à cet agent du régime. Finalement Washington s’est même fâché et en 2000, il a évoqué la "menace nucléaire des mollahs" dans Iran Non-proliferation Act pour les sanctionner encore plus durement.

Après l’échec du projet de la fausse dissidence et du faux apaisement, Rafsandjani était encore en difficulté. Pour demeurer au pouvoir, il a offert des postes importants à Ali Larijani, ses frères et ses lieutenants. Puis il a remplacé le « modéré Khatami » par Ahmadinejad, un autre ex employé de ses services secrets. Il l’a entouré des pires racailles des services secrets (comme Mottaki, Najjar, Vahidi) pour tenter de faire reculer Washington avec toute sorte de menaces. Mais Washington a utilisé ces menaces pour renforcer ses sanctions et même parler de frappes préventives !

En 2007 quand Washington a impliqué le Conseil de Sécurité de l’ONU pour cautionner ses sanctions et ses menaces de frappes, la dissidence interne s’est amplifiée : on a assisté à d’importants boycotts des manifestations officielles par les de Pasdaran de base, les Bazaris ou des mollahs de base.

En 2008, après l’adoption des premières sanctions bancaires, Rafsandjani, ses complices et ses adversaires unifiés au sein du Conseil de Discernement ont décidé de limiter le pouvoir d’achat des Iraniens pour brider la consommation afin de préserver les stocks et aussi habituer les Iraniens à vivre de très peu pour diminuer le risque de soulèvement provoqué par la faim. Le plan prévoyait la suppression de tous les prix subventionnés, mais par peur d’une émeute générale, le régime a d’abord gelé les salaires de ses propres employés les mieux payés, les agents sécuritaires : Ces derniers ont été très déçus et ont aussitôt pris leur distance bien qu’ils ne puissent pas aller vers la dissidence en raison de leur passé criminel.

Cette nouvelle rupture était terrible. Le régime était menacé en cas d’un soulèvement. Rafsandjani devait songer à une éventuelle négociation avec Washington pour pouvoir quitter le pays avant la chute du régime : il a alors exclu Ali Larijani du poste clef de négociateur nucléaire lui donnant accès au dialogue avec les Américains. Mais pour ne pas l’avoir contre lui, via a les élections factices du régime, il lui a offert la direction de la majorité législative (la chefferie du Parlement) : un titre et une tribune plus qu’un vrai pouvoir car le Parlement n’a aucun rôle décisionnaire dans le système actuel ; il ne fait que suivre les avis du Conseil de Discernement. Ali Larijani a alors révélé par l’intermédiaire de l’un de ses pions au sein du Pouvoir Judiciaire la corruption de Rafsandjani et de ses alliés afin de les éliminer tous du jeu et devenir celui qui négocie la fin du régime pour bénéficier des mêmes garanties.

Rafsandjani s’est vu menacé par les sanctions, le risque de pénuries et d’émeutes, la dissidence interne ou encore par les dossiers d’Ali Larijani : en juin 2009, il a tenté de sauver le régime et surtout sa situation avec le Mouvement VERT, une fausse révolution de couleur de l’Islam, partisane de la ligne (anti-américaine) de Khomeiny, mené par ses ex-amis (les étudiants islamiques preneurs d’otages de l’ambassade américaine). Mais le peuple a agi avec bon sens, il n’est pas tombé dans le panneau et a profité de l’occasion pour crier sa haine du régime et les Pasdaran ne sont guère intervenus pour réprimer cette contre-révolution.

Rafsandjani qui avait failli renverser le régime a dû offrir le Pouvoir Judiciaire à Sadegh Larijani, le frère cadet d’Ali Larijani, pour acheter la loyauté de cette famille.

[§.3]

Rafsandjani offrait plus de pouvoirs à ses ennemis (les Larijani), mais avec un risque limité car le maître des accusations, procureur Ejéi (un ex-patron des services secrets) était un de ses pions et par ailleurs, le tribunal spécifique au clergé ou encore l’inspection générale interne étaient dirigés par ses pions : les mollahs Razini et Pour-Mohammadi. Rafsandjani devait cependant faire vite avant que les Larijani nomment leurs pions. Il a alors tenté de duper le peuple avec de nouveaux slogans moins mièvres et en faisant passer d’ex-agents secrets enrôlés dans le ministères des affaires étrangères et aussi ses enfants Mehdi et Faezeh pour des opposants.

Mais en juin 2010, au bout d’un an d’insuccès, Rafsandjani, le Garcimore de la stratégie politique, s’est éclipser et Larijani a commencé à s’occuper des activités qu’il menait au sein du régime. Rafsandjani qui avait perdu le soutien et la confiance de ses paris avait été discrètement remplacé par Larijani, mais les gros bonnets du régime n’ont pas osé officialiser ce dernier, ne lui ont pas permis de virer les pions de Rafsandjani et de nommer ses pions car il avait des dossiers compromettants contre tout le monde et pouvait en se renforçant s’en prendre aussi à eux. De fait, en juin 2010, le régime est devenu bicéphale.

Larijani a alors commencé à mettre en place des procès contre les enfants de Rafsandjani pour l’atteindre moralement et des procès contre Ahmadinejad et ses ministres chargés des négociations pour démanteler son équipe afin de permettre à son propre équipe de prendre la place. Cette guerre interne pour savoir qui marchandera in fine avec les Américains et trahira ses collègues pour assurer ses intérêts a démoralisé tous les collaborateurs de base, surtout les gens chargés de la répression. Semaine après semaine, nous avons assisté à la fonte de effectifs du régime.

Fin 2010, les dirigeants en guerre ont trouvé un point d’entente pour appliquer le plan de suppression de tous les prix subventionnés confirmant par la même occasion que leur situation économique était très grave. En seulement un mois, la hausse des prix de produits énergétiques a entraîné la faillite de 60% des entreprises et une terrible récession

Trois mois plus tard, en mars 2011, la Fête du Feu, une grande fête persane interdite par le régime depuis toujours, coïncidait avec l’anniversaire de Reza Shah, le fondateur d’Iran laïque. Le régime a menacé le peuple des pires répressions s’il bougeait. Les Iraniens ont investi les rue malgré ces menaces montrant leur rejet de l’Islam et leur souhait d’une contre-révolution. Les Pasdaran ont laissé faire, affichant ainsi leur soutien à la contre-révolution. Cette action exemplaire a réduit le régime à ses 200 dirigeants + près de 15,000 responsables régionaux, journalistes ou lobbyistes + 800 hommes d’affaires et enfin quelques 6000 nervis.

Le Régime était fragilisé, il pouvait chuter dans le sang et ses dirigeants devaient songer à accepter l’offre de Washington pour céder le pouvoir afin d’échapper à une fin terrible . Les cadres et les hommes d’affaires du régime qui allaient être sacrifiés dans le deal ont paniqué : les cadres du régime ont commencé à rompre et les hommes d’affaires du régime ont commencé à brader leurs biens pour acheter de l’or et des dollars afin de quitter le pays avant la débandade de leurs dirigeants. Le dollar et de l’or ont augmenté sis l’effet de la demande. Les prix de l’or et du dollar sont devenus des indicateurs de la chute de la confiance des derniers compagnons du Régime en sa avenir.

Ces ruptures et ces retraits de devises affaiblissaient davantage le Régime (déjà très en difficulté). Larijani a alors accentué ses efforts pour écarter au plus vite Rafsandjani afin de contrôler le jeu des marchandages avec Washington. Il a ainsi admis la vulnérabilité du Régime, ce qui a créé une nouvelle source d’agitation interne.

En juillet 2012, Washington a imposé aux Européens de cesser leurs relations protectrices et il a ainsi maximalisé les risques. Rafsandjani a alors parlé de la nécessité de négocier rapidement avec Washington (pour obtenir des garanties de sécurité pour lui-même avant qu’il ne soit trop tard) et Larijani a tout entrepris pour arrêter Rafsandjani ou renverser le gouvernement formé de ses pions pour s’approprier le pouvoir officiel et être celui qui négociera avec Washington et préservera sa fortune après la fin du régime. Larijani estimait que tout était fini. il y a eu de nouvelles ruptures internes : les députés, puis les juges. Les Chinois ont cessé leur coopération économique. La base a paniqué : il a commencé à stocker des aliments, le pays a connu ses premières pénuries et de nouvelles manifestations hostiles Les Pasdaran de base ne sont pas intervenus, confirmant ainsi leur adhésion à la contre-révolution. Le régime a fait appel à ses 6000 nervis, mais il n’en a trouvé que 250 !

Rafsandjani a senti qu’il devait saisir toutes les occasions. Le voyage d’Ahmadinejad à NY pour l’Assemblée Générale de l’ONU était une occasion en or. Larijani a renforcé ses accusations contre Rafsandjani. Les commandants des Pasdaran (qui sont en place grâce à lui mais pourraient être sacrifiés dans le deal à venir) ont rejoint le concert des accusations pour le forcer à renoncer à ces négociations. Rafsandjani a rapatrié ses enfants Mehdi et Faezeh, laissant les Larijani les arrêter, pour les rassurer sur sa loyauté Mais à NY d’Ahmdinejad s’est montré très charmant avec les Américains en leur proposant la possibilité d’une normalisation des relations bilatérales ! Rafsandjani avait sacrifié ses enfants. Il devait estimer que le régime était fichu. La panique a de nouveau gagné tous les derniers compagnons du Régime : on a assisté à une folle ruée vers le dollar : en quelques heures, le dollar est remonté de 70% dépassant les 4000 Tomans.

Pour calmer ses associés qui cherchaient à quitter le navire, le régime a bloqué les comptes en devise. Cette mesure a encouragé ses compagnons à acheter davantage de devises. Incapable de les contenir, le régime a incendié le Bazar pour forcer les agents de change à cesser de vendre. Les Bazaris, malmenés et ruinés par le régime depuis des années, ont baissé les grilles pour commencer une grève paralysante. Les compagnons du régime, privé de leur épargne en devises et du droit d’acheter des devises ont attaqué les banques pour libérer les devises bloqués sur leur compte. Le régime s’est ainsi retrouvé avec deux actions explosives susceptibles de précipiter sa chute. Le régime a alors évoqué des grandes manoeuvres pour intimider ses adversaires, mais les images ont montré qu’il bluffait seulement.

Pour s’épargner de nouveaux boycotts révélant son total isolement, le Régime devait séduire ses proches : aux plus démunis, il a annoncé l’établissement de coupons de rationnement, aux plus riches, il a promis la vente de grandes industries à des prix très bas. Mais ses soldes et le rétablissement des coupons de rationnement ont donné l’impression d’un régime en faillite risquant la pénurie. Il y a eu une ruée vers le stockage des principaux produits de grandes consommations et en conséquence, le pays a été confronté à de grosses pénuries notamment d’essence (produit rationné depuis 2005).

Le régime était menacé. Ali Larijani devait vite prendre le contrôle du régime et des négociations finales avec Washington : il a alors mis encore l’accent pour l’incompétence d’Ahmadinejad pour le révoquer. Les membres de l’Assemblée des Experts se sont prononcés contre. Rafsandjani s’est senti protégé et s’est lancé dans des attaques contre ses adversaires. Par ce comportement, il a confirmé qu’il n’avait rien à faire de l’intérêt général, il oeuvrait pour ses intérêts car il considérait que la chute du régime était proche. C’est pourquoi les 200 à 300 nervis de base ont aussi boycotté la prière publique de la fête de Sacrifice.

En novembre 2012, Washington a été alarmé par ce déclin évident du régime islamiste en Iran. Il a demandé aux Argentins à trouver un compromis sur l’affaire Amia avec Rafsandjani (le principal accusé) pour obtenir un transfert pacifique de pouvoir vers ses pions avant la chute du régime islamique. Ce marchandage avec Rafsandjani a été vu comme une menace par les Larijani et aussi par Les commandants des Pasdaran, qui seront les grandes victimes d’un transfert des pouvoirs vers Washington.

Il y a eu deux réactions. Les Larijani ont confirmé la convocation d’Ahmadinejad mettant Rafsandjani et ses pions en situation de ne plus avoir le droit de négocier quoi que ce soit. Les commandants des Pasdaran ont aussi fait feu sur un drone américain pour bloquer le marchandage en cours à Buenos Aires. Washington a esquivé ce tir encombrant. mais le clan Rafsandjani a eu peur de défier ses propres militaires a abandonné ces négociations incroyables. Le clan Rafsandjani a aussi lâché Ahmadinejad pour ne pas couler avec lui. Il a enfin désigné comme son candidat pour les élections à venir : Rahim-Mashai, un islamiste qui se dit non hostile à Israël (pour jouer une nouvelle version d’apaisement avec Washington). Les Larijani ont torpillé ce candidat en inculpant ses proches de fraude financier. Le régime était plus divisé que jamais allait à sa perte avec ses nouvelles querelles.

La base devait paniquer en se ruant vers l’achat de l’or, du dollar... Mais le régime a alors suspendu les licences de 99,7% des agents de change, puis a interdit l’exportation de la moindre gramme d’or du pays, confirmant ainsi sa faillite ! La base a confirmé sa rupture par le boycott massif de l’anniversaire de la seconde révolution et de Ghadir, l’anniversaire de la naissance du chiisme !

Après ces deux boycotts symboliquement forts, les deux clans ennemis devaient changer d’attitude pour éviter d’autres ruptures. Au lieu de changer de politique, ils se sont rapprochés pour rétablir la confiance de leurs compagnons de base. . Les gens de la base n’ont pas aimé ce faux apaisement sans effet sur la politique générale du régime. Dans le même temps, les Pasdaran ont craint une alliance dans leur dos. Pour casser toute possibilité de deal avec Washington, ils ont annoncé la création d’une base de missiles à proximité du détroit pétrolier d’Ormuz. Le régime est ainsi passé de 2 à 3 clans en guerre !

Cette nouvelle querelle a davantage démoralisé les derniers compagnons notamment les riches issus du régime. Ces gens pouvaient se rallier à Reza Pahlavi qui prône une amnistie globale. Le régime a alors tenté de donner une actualité à la fausse opposante Sotoudeh, l’avocate du faux dissident Tabarzadi pour hisser ce dernier à la tête de l’agitation à venir (afin d’islamiser les revendications ou avoir un allié au sein de l’opposition). Pour faire bouger les gens, le régime a alors annoncé la mort sous torture d’un certain Sattar Beheshti, un militant imaginaire et très musulman, étudiant-ouvrier, officiellement fan de Tabarzadi, très respectueux de la révolution islamique et par hasard, très hostile à Reza Pahlavi et à ses initiatives anti-régime ! L’association islamiste des Etudiants (regroupant les fans de Tabarzadi) est alors réapparu pour appeler le peuple à manifester... mais pas tout de suite : dans un mois au moment de la Journée de l’Etudiant musulman !

Les Larijani utilisaient les recettes du Mouvement Vert (de Rasandjani) qui n’avait pas pu canaliser les mécontentements et avait même failli accélérer la chute du régime. Les gens du régime ont compris que l’union entre les deux clans ne serait pas synonyme d’une solution. C’est pourquoi ils n’ont pas joué le jeu. L’union entre les deux clans a alors explosé. Chaque clan a tenté d’obtenir le soutien des Commandants des Pasdaran. Ces derniers ont choisi Larijani. Rafsandjani exclu du jeu et des garanties de sécurité a tenté de bloquer le dialogue à venir sous l’égide de Larijani en évoquant des progrès dans le nucléaire militaire. La Russie qui a besoin des mollahs aux pouvoirs et redoutent leur chute suite à de plus fortes sanctions a puni cette provocation en mettant fin aux exportations de Gaz Turkmène vers l’Iran et il a aussi privé le régime de l’électricité produit à la centrale de Bouchehr en retirant les combustible au prétexte d’avoir oublié des boulons au coeur du réacteur !

Au même moment, quelques 88,000 ouvriers des aciéries d’Ispahan ont annoncé qu’ils n’étaient plus payés depuis plusieurs mois. Par ailleurs, une grande région d’Iran a été sévèrement touchée par des inondations. Egalement, des centaines de milliers d’Azéris qui vivent sans aucun secours depuis un récent tremblement de terre ont été frappés par une vague de froid prématurée, mais ils n’ont bénéficié d’aucune attention car les dirigeants étaient occupés à sceller des alliances pour s’assurer leur avenir. Le régime s’attendait aussi à un boycott massif des deuils de Moharram et de la Semaine de Bassidj ou la Mobilisation populaire (pour sauver le régime).

Les amis nantis du régime ont eu peur que les conditions ne soient réunies pour un soulèvement général : ils se sont précipités sur le réseau informatique interbancaire de transfert de fonds pour sortir le contenu de leurs avoirs vers leurs comptes à l’étranger afin de fuir le pays avec leur famille. Pour bloquer leur fuite, le régime a bloqué ce réseau et a multiplié par 3 les prix de billets d’avion vers l’étranger notamment vers la Malaisie, son paradis bancaire ! Ali Larijani a également décidé d’envoyer son frère Javad Larijani aux Etats-Unis pour négocier avec les Américains, mais ces derniers n’ont pas accordé de visa à Javad Larijani ! Ils ont préféré garder Rafsandjani car ils ont beaucoup de dossiers contre lui. Il est presque devenu clair pour Rafsandjani qu’il ne pouvait rien éspérer de son deal avec Washington.

Larijani ne pouvait plus jouer un rôle, mais Rafsandjani était désigné comme un maillon faible et risquait d’être lâché par ses "alliés". Il a s’est rapproché de Larijani, également en difficulté, en lui proposat une alliance sous la forme d’un candidat commun aux prochaines présidentielles. Vu l’extrême faiblesse du régime, Larijani a eu peur que Rafsandjani ait voulu l’endormir, éliminer toute menace contre son pion Ahmadinejad et ainsi avoir la possibilité de négocier tranquillement avec Washington et enfin le doubler en accordant la victoire à un autre candidat de son camp. Afin de ne pas être doublé, Larijani a exigé une réforme de la loi électorale lui permettant d’avoir un droit décisif sur la validation des candidatures, mais aussi le décompte des voix après chaque suffrage. Rafsandjani pouvait facilement neutraliser cette demande car le Guide peut s’opposer à l’adoption de toute loi qu’il juge contraire aux intérêts du régime et le Guide appartient à son camp. Mais en agissant ainsi, il pouvait provoquer une grande crise interne. Il a renoncé à cette option. Il a suffit au Guide de désavouer la révocation d’Ahmadinejad pour empêchant de facto Larijani de sa marche en avant. Larijani a renoncé à son projet, mais il a commencé à critiquer la pénurie de médicaments et l’incompétence du ministre de la santé d’Ahmadinejad pour entraîner la chute de son gouvernement. Cette rage pour arriver vite au pouvoir pour vendre le régime afin d’assurer ses seuls intérêts a convaincu les gens du régime à s’éloigner. Ces gens ont unanimement boycotté la journée de deuil d’Achoura et la Journée de Bassidj.

La semaine dernière, dans ce contexte difficile pour le régime, Larijani est parti en tournée au Moyen-Orient pour tester l’état des forces du régime afin de suivre le modèle terroriste de Rafsandjani et ainsi augmenter ses chances d’être pris au sérieux par Washington. Mais le monde a changé et il n’a peu pu trouver des alliés de taille pour cette ambition. De son côté, Rafsandjani désigné comme le maillon faible, avait à nouveau évoqué sa disponibilité pour le dialogue pour le prendre de court. Les Américains avaient alors diffusé des rumeurs d’un regain d’efforts en nucléaire militaire en Iran pour insinuer la possibilité d’un alourdissement des sanctions pour mettre la pression sur lui afin de baisser ses exigences. Rafsanjani n’a pas aimé cette approche. Rafsandjani a alors organisé une "manifestation verte" en Allemagne où pour la première fois, on a entendu le slogan contre-révolutionnaire de "Mort à la république islamique" ! Estimant qu’il n’avait rien à gagner avec les Américains, Rafsandjani était prêt à trahir ses amis de 30 ans pour sauter à pieds joints dans la vraie opposition ! Ce choix inspiré des Khmers rouges lui a valu des menaces de mort. Par ailleurs, Larijani as changé d’attitude : il a fait escale en Irak pour tenter de négocier avec les Américains, mais il n’a eu aucun succès.

Cette semaine, on devait assister à l’onde de choc du choix de Rafsandjani : la réaction de la base, la réaction de ses pairs amis ou adversaires. La base n’a pas paniqué semblant bien accepter cette option. Larijani n’a également rien dit mais, il a intensifié ses efforts pour virer Rafsandjani avant qu’il coule le régime et ses adversaires pour sauver sa tête.

De plus, cette semaine, le jeudi 6 décembre, il y avait au programme la Journée de l’Etudiant Musulman, une journée essentielle pour le régime et ses faux dissidents estudiantins, mais pour Rafsandjani qui songe à sortir du système, la manifestation n’était plus souhaitable. Pour Larijani qui veut négocier avec Washington, il n’était pas non plus opportun d’avantager un faux opposant lié à son adversaire. Pour la première fois, le régime tout entier devait oublier sa fausse opposition qui, à l’heure de sa grande évasion, ne lui est plus d’une grande utilité. Mais vu l’utilisation de la fausse dissidence par les deux clans, il ne suffisait pas de zapper cette journée, les deux clans devaient aussi expliquer l’absence de toute manifestation spontanée à ce moment. L’explication a été un pic de pollution !

Par ailleurs, Ali Larijani, l’ex-patron de médias du régime, a eu le réflexe habituel de diffuser des nouvelles sensationnelles pour détourner l’attention de ses compagnons de la disparition de ses faux dissidents et de l’absence d’un quelconque élan populaire en leur faveur. Il a aussi diffusé des nouvelles rassurantes pour simuler que tout allait très bien. Voici le récit et les images d’une semaine de faux semblants pour sauver les apparences pour un régime qui coule tout doucement.


13.12.2012

Iran : La semaine en images n°247

intro de base pour comprendre la situation,
mise à jour chaque semaine :
avec une nouvelle analyse inédite des événements de la semaine précédente.
En rouge : les éléments qui, cette semaine, ont été d’actualité.

Origines de la crise. Il y a 33 ans, en 1979, les mollahs, alliés historiques de Britanniques et exclus du jeu par la dynastie progressiste des Pahlavi, ont pu revenir dans l’arène politique quand les Américains ont décidé de renverser le Shah (coupable entre autre d’avoir modernise le pays, stabiliser la région et aussi d’avoir créer l’OPEP) avec l’intention d’installer à sa place leurs islamistes (dont l’OMPI) pour déstabiliser la région et la remodeler selon leurs intérêts pétroliers. Le projet appelé Arc de Crise devait faire de l’Iran un foyer d’agitation islamiste pour soulever l’Asie Centrale contre la Russie et la faire basculer dans le camps américain permettant à Washington de devenir la première puissance pétrolière au monde. Cela allait mettre fin à 100 ans de domination du marché pétrolier par les Britanniques : les mollahs pro-britanniques ont participé au projet pour évincer les pions de Washington, dévoyer le projet et aussi accaparer le pouvoir. Ce coup d’état interne a été réalisé par Rafsandjani, le demi-frère et fondé de pouvoir de Khomeiny en assassinant les pions religieux de Washington et surtout en coupant le cordon ombilical entre Washington et la révolution islamique par l’attaque des étudiants islamiques contre l’ambassade américaine et la prise en otage des diplomates américains . En échange, de ces services et cette Seconde révolution islamique, Rafsandjani a été autorisé à écarter des mollahs plus hauts placés comme Mottahari (le protecteur des Larijani) pour accéder à tous les postes clefs comme le ministère de l’intérieur, les services secrets des Pasdaran ou encore le ministère de guerre qui ont fait de lui le patron non officiel du régime et de tous les bons business (pétrole, automobile, le secteur alimentaire). Avec quelques autres mollahs ambitieux et le soutien tacite des Britanniques, Rafsandjani a aussi verrouillé le système en diabolisant les Etats-Unis et en attaquant ses intérêts et ses alliés régionaux pour ne laisser aucune chance de retour aux pions américains.

L’Etat américain a alors commencé à sanctionner les mollahs pour provoquer des pénuries et un risque de soulèvement pour forcer Rafsandjani et ses complices à cesser leur diabolisation, d’accepter un apaisement, puis la normalisation des relations pour qu’il puisse revenir en Iran avec ses pions et reprendre le pouvoir via une révolution de couleur.

Rafsandjani et ses complices ont alors accentué les actions terroristes contre les intérêts américains et ont décidé de sacrifier la production nationale pour importer tout d’Europe afin d’acheter la protection diplomatique des Européens. Cela et la guerre contre Saddam ont rapidement ruiné le pays et sa force de production : les ouvriers ont perdu leurs emplois, les Bazaris qui vivaient de la vente des produits nationaux ont été ruinés. Le pays était aussi en guerre. Beaucoup de jeunes Pasdaran contactaient Reza Pahlavi pour exprimer leurs regrets de tout ce qui avait été perdu par leur faute. La révolution islamique a très vite perdu ses enfants et très vite, le régime s’est retrouvé en danger. Mais il n’est pas tombé car Washington n’a jamais aidé les opposants, le peuple et les dissidents de peur que le modèle islamique nécessaire à ses projets régionaux ne disparaisse.

Par ailleurs non seulement Washington n’a jamais aidé les opposants, mais encore, il a souvent laissé un grand nombre de ses partenaires stratégiques contourner ses sanctions pour adoucir leur effet. quand il estimait qu’elles pouvaient dépasser leur objectif et entraîner la chute du régime islamique qu’il veut récupérer.

Mais en agissant ainsi, Washington a rallongé l’agonie du régime et a amplifié l’opposition et la dissidence, ce qui a affaibli la position de Rafsandjani, le patron de facto du régime, parmi ses adversaires internes. Pour se maintenir, Rafsandjani a toujours cherché à étendre son pouvoir. En 1989, à la mort de Khomeiny, il a trafiqué le testament de ce dernier pour officialiser sa propre mainmise sur le régime et a obtenu les pleins pouvoir pour le Conseil de Discernement qu’il présidait. Mais la poursuite des sanctions visant personnellement Rafsandjani (comme avec le mandat d’arrêt pour l’attentat de l’Amia) et son incapacité à les neutraliser l’ont amené à partager le pouvoir avec des adversaires (comme les frères Larijani) pour acheter leur loyauté et des délais supplémentaires pour restaurer son hégémonie.

Rafsandjani a alors tenté un faux apaisement via Khatami, un ex-responsable d’assassinats des opposants exilés, mais il n’a pas pu amadouer Washington. Il l’a alors remplacé par un autre ex-responsable des services secrets nommé Ahmadinejad et l’a entouré des pires racailles des services secrets (comme Mottaki, Najjar, Vahidi) pour tenter de faire reculer Washington avec toute sorte de menaces. Mais Washington a utilisé ces menaces pour renforcer ses sanctions !

Mais en 2007 quand Washington a impliqué le Conseil de Sécurité de l’ONU pour généraliser les sanctions et s’est mis à évoquer très régulièrement la possibilité de frappes militaires, la dissidence interne s’est amplifiée : on a assisté à d’importants boycotts des manifestations officielles par les de Pasdaran de base, les Bazaris ou des mollahs de base.

En 2008, Washington a adopté ses premières sanctions bancaires, limitant sérieusement les revenues en devises du régime . Rafsandjani et ses complices au sein du Conseil de Discernement ont décidé de limiter le pouvoir d’achat des Iraniens pour brider la consommation afin de survivre malgré la diminution de leurs revenus. Le plan prévoyait la suppression de tous les prix subventionnés, mais par peur d’une émeute générale, le régime a d’abord gelé les salaires de ses propres employés les mieux payés, les agents sécuritaires, qui ont été très déçus et ont aussi pris leur distance bien qu’ils ne puissent pas aller vers la dissidence en raison de leurs passés criminels.

Cette nouvelle rupture était terrible. Le régime était menacé en cas d’un soulèvement. Rafsandjani devait songer à une éventuelle négociation avec Washington pour pouvoir quitter le pays avant la chute du régime : il a alors exclu Ali Larijani du poste clef de négociateur nucléaire lui donnant accès au dialogue avec les Américains pour prendre en main ce poste. Larijani ne s’écartait pas : Rafsandjani devait lui donner un poste clef. Via a les élections factices du régime, il lui a offert la direction de la majorité législative (la chefferie du Parlement) : un titre et une tribune plus qu’un vrai pouvoir car le Parlement n’a aucun rôle décisionnaire dans le système actuel. Ali Larijani a alors révélé par l’intermédiaire de l’un de ses pions la corruption de Rafsandjani et de ses alliés afin de les éliminer du jeu et devenir celui qui négocie la fin du régime pour bénéficier des mêmes garanties.

Rafsandjani s’est vu menacé par les sanctions, le risque de pénuries et d’émeutes, la dissidence interne ou encore les dossiers d’Ali Larijani : en juin 2009, il a tenté de sauver le régime et surtout sa situation avec le Mouvement Vert, une fausse révolution de couleur, partisane de la ligne (anti-américaine) de Khomeiny, menée par ses ex-amis (les étudiants islamiques preneurs d’otages de l’ambassade américaine pour donner une nouvelle légitimité à son clan. Mais le peuple a profité de l’occasion pour crier sa haine du régime et les Pasdaran ne sont guère intervenus pour réprimer cette contre-révolution. Rafsandjani a dû offrir le Pouvoir Judiciaire à Sadegh Larijani, le frère cadet d’Ali Larijani, pour acheter leur loyauté afin de poursuivre ses plans.

Rafsandjani offrait plus de pouvoirs à ses ennemis (les Larijani), mais avec un risque limité car le procureur Ejéi, maître des accusations, était un de ses pions et par ailleurs, l’inspection générale interne était dirigée par son pion Pour-Mohammadi. Il devait cependant faire vite avant que les Larijani nomment leurs pions. Rafsandjani a alors tenté de duper le peuple avec de nouveaux slogans moins mièvres et en faisant passer d’ex-agents secrets enrôlés dans le ministères des affaires étrangères, mais aussi ses enfants Mehdi et Faezeh pour des opposants.

Mais après un an d’échecs, il a dû s’éclipser laissant officieusement ses pouvoirs à Ali Larijani.

On peut dire que Rafsandjani a perdu le soutien de ses pairs et qu’il a été débarqué du pouvoir par eux et Larijani qui avait des dossiers contre tout le monde a pu obtenir sa place du chef occulte du régime. Mais ses gens n’ont pas osé officialiser la passation du pouvoir car il avait peur de Larijani et de ses dossiers compromettants. De fait, il n’y a pas eu d’épuration interne, Rafsandjani est resté influant car il gardait des pions au pouvoir en particulier Ahmadinejad et ses ministres, tous issus des services secrets des Pasdaran qu’il avait jadis dirigés. Ainsi, en juin 2010, le pouvoir est devenu bicéphale, complètement divisé.

Larijani a alors commencé à mettre en place des procès contre les enfants de Rafsandjani pour l’atteindre moralement et des procès contre Ahmadinejad et ses ministres chargés des négociations pour démanteler son équipe afin de permettre à son propre équipe de prendre la place. Cette entreprise de sape a reçu le soutien tacite de tous ceux qui étaient exclus du pouvoir et des bons business par Rafsandjani.

Fin 2010, Ce nouveau pouvoir très divisé a enfin mis en place son plan impopulaire de suppression de tous les prix subventionnés confirmant par la même occasion que sa situation économique était très grave. En seulement un mois, la hausse des prix de produits énergétiques a entraîné la faillite de 60% des entreprises et une terrible récession

Trois mois plus tard, en mars 2011,, la fête du Feu, une grande fête persane interdite par le régime depuis toujours, coïncidait avec l’anniversaire de Reza Shah, le fondateur d’Iran laïque. Le régime a menacé le peuple des pires répressions s’il bougeait. Le peuple a passé outre ces menaces montrant son rejet de l’Islam et son souhait d’une contre-révolution. Les Pasdaran ont laissé faire, affichant ainsi leur soutien à la contre-révolution. Cette action exemplaire a réduit le régime à ses 200 dirigeants, près de 15,000 responsables régionaux, 800 hommes d’affaires et 6000 nervis.

Le Régime a tenté de rétablir l’ordre en cessant de payer les Pasdaran, en assassinant des meneurs d’hommes ou en incendiant le Bazar à plusieurs reprises sans parvenir à soumettre les dissidents qui étaient à l’origine de ses malheurs.

Le Régime était fragilisé, il pouvait chuter dans le sang et ses dirigeants devaient songer à accepter l’offre de Washington pour céder le pouvoir afin d’échapper à une fin terrible. Les cadres et les hommes d’affaires du régime qui allaient être sacrifiés dans le deal ont paniqué : les cadres du régime ont commencé à rompre et les hommes d’affaires du régime ont commencé à brader leurs biens pour acheter de l’or et des dollars afin de quitter le pays avant la débandade de leur dirigeants. La demande du dollar a fait augmenter le prix de la devise américaine sur le marché libre. Le taux du dollar est devenu l’indicateur de la chute de la confiance des derniers compagnons du Régime en leur avenir.

Ces ruptures et ces retraits de devises ont affaibli davantage le Régime (déjà très en difficulté). Larijani a alors accentué ses efforts pour écarter au plus vite Rafsandjani afin de contrôler le jeu des marchandages avec Washington. Il a ainsi admis la vulnérabilité du Régime, ce qui a créé une nouvelle source d’agitation interne.

En juillet 2012, Washington a imposé aux Européens de cesser leurs relations protectrices pour amener Larijani à accélérer sa guerre contre Rafsandjani afin de provoquer de nouvelles fracture au sein du régime.. il y a de nouvelles ruptures (les députés, puis les juges). Les Chinois ont estimé que le régime était fichu : prudemment, ils ont annoncé la diminution leurs investissements, puis ont suspendu leurs achats pétroliers. La peur de la banqueroute économique et de pénuries a envahi tout le monde provoquant une nouvelle grande ruée vers le dollar, mais aussi une ruée vers les produits alimentaires. Le pays tout entier a basculé dans la révolte avec une grande manifestation contre le Régime à Neyshabur, puis des appels à la grève générale au Bazar et plusieurs attaques contre la police des moeurs, dernière milice encore fidèle au Régime… Les Pasdaran ne sont pas intervenus, confirmant ainsi leur adhésion à la contre-révolution.

Le Régime a fait appel à ses 6000 nervis de base pour rassurer ses derniers compagnons. Mais il n’a pu mobiliser que 250 individus qui au fil du temps n’osent même plus sortir dans la rue et soutiennent le régime en se réunissant uniquement sur des sites sécurisés. De nouveaux boycotts internes de grands événements politiques, militaires et religieux ont alors confirmé la rupture des millions de Pasdaran, mais aussi des Bazaris ou encore les 80,000 mollahs de base ! Les associés du régime ont alors repris leurs achats de dollars pour quitter le pays au plus vite.

Rafsandjani a aussi paniqué : il a donné des signes de vouloir négocier rapidement avec Washington. Larijani a renforcé les accusations contre ses plus proches lieutenants (nommés à des postes clefs pour le protéger contre toute action judiciaire). Mais il n’a pas réussi à le calmer. Les commandants des Pasdaran (qui sont en place grâce à lui mais pourraient être sacrifiés dans le deal à venir) ont rejoint le concert des accusations. Rafsandjani a senti qu’il devait saisir toutes les occasions. Le voyage d’Ahmadinejad à NY pour l’Assemblée Générale de l’ONU était une occasion en or. Larijani a fait mine de vouloir l’arrêter. Les Pasdaran ont formulé d’autres accusations de corruption pour le dissuader de sceller une entente en échange de quelques garanties pour lui-même. Afin de les rassurer sur sa loyauté et laisser son pion partir à N-Y, Rafsandjani a rapatrié ses enfants Mehdi et Faezeh, laissant les Larijani les arrêter : il les a mis en gage. Mais contre toute attente, dès son arrivée à NY, son pion Ahmdinejad s’est montré très charmant avec les Américains en leur proposant lors d’une interview télévisée la possibilité d’une normalisation des relations bilatérales ! Rafsandjani avait sacrifié ses enfants. Il devait estimer que le régime était fichu. La panique a de nouveau gagné tous les derniers compagnons du Régime : on a assisté à une folle ruée vers le dollar : en quelques heures, le dollar est remonté de 70% dépassant les 4000 Tomans.

Les Larijani ont placé Mehdi en isolement pour faire pression sur Rafsandjani. Rafsandjani a continué et il a ainsi déçu de nombreux proches par son cynisme. Ses amis ex-preneurs d’otages ou terroristes ont constaté qu’il pourrait facilement les sacrifier. Les Britanniques, alliés trahis, ont aussi demandé des sanctions supplémentaires pour intimider le Régime. Rafsandjani a dû reculer en faisant désavouer indirectement l’ouverture proposée par Ahmadinejad. Mais la panique a persisté car elle n’est pas seulement due à l’envie de fuite des dirigeants, mais à ce qui provoque cette envie, c’est-à-dire, la vulnérabilité du régime.. Le régime était de facto condamné. Rafsandjani devait continuer ses efforts pour assurer ses intérêts au-delà du régime. Pour cela, il avait besoin de tous alliés disponibles. Il a décidé de sauver son fils pour rassurer ses fils spirituels. Il a alors a chargé Ahmadinejad de visiter la prison Evine de Téhéran au prétexte d’un rapport sur l’état des prisons. Les Larijani ont refusé la demande et ont même utilisé ce refus pour malmener le clan Rafsandjani et mettre en valeur son déclin. Rafsandjani a lâché prise, mais il a vu qu’il devait conclure rapidement une entente avec Washington avant que les Larijani trouvent le moyen de le mettre hors service.

Dans la foulée, le Régime devait organiser de nombreux manoeuvres et défilés pour la « Semaine des Forces de l’Ordre ». Craignant un nouveau boycott des Pasdaran, il redoutait une nouvelle panique ou un début d’exode de ses associés avec leurs fortunes reconverties en dollar. Ses dirigeants (des deux clans) ont cru judicieux de bloquer tous les comptes en devises. Cette mesure a encouragé ses compagnons à acheter davantage de devises, mais aussi de revenir à l’achat de pièces d’or. Le dollar et l’or ont atteint des sommets. Le régime a proféré des menaces à l’encontre des acheteurs qualifiés d’agitateurs financiers, mais en l’absence de troupes fidèles à ses côtés, il n’a pas pu les intimider. Il a alors incendié le Bazar pour forcer les revendeurs Bazaris d’arrêter les ventes. Bazar ! Les Bazaris, malmenés et ruinés par le régime depuis des années, ont baissé les grilles pour commencer une grève paralysante.

Sur les images de manifestations des Bazaris, on ne voyait aucun policier ou milicien fidèle au régime. Chacun a vu que le régime (et ses dirigeants) étaient dépassés et seuls. Ses compagnons ont aussi rompu les amarres et ont attaqué les banques pour libérer les devises bloqués sur leur compte. Le régime s’est ainsi retrouvé avec deux actions explosives susceptibles de précipiter sa chute. Il a tenté de contenir ces menaces en annonçant de grands rassemblements autour du Guide dans la région de Khorâssân du Nord, mais les Pasdaran de cette région ont boudé le Guide. Le régime a diffusé des images de foules, mais il y avait de nombreuses déformations visuelles et en plus, on n’y voyait aucun bain de foule. Il s’agissait d’images d’archives trafiquées. Personne n’a cru aux annonces de la popularité du régime. La crise de l’or et du dollar a persisté.

Il y a deux semaines, dans ce contexte particulièrement défavorable, l’Europe a annoncé de nouvelles sanctions contre le régime. Le dollar a augmenté encore de 30% malgré les menaces d’arrestation et de pendaison proférées par le Régime. Humilié, le Régime, a alors annoncé la tenue de trois jours de manœuvres époustouflantes au cœur même de Téhéran avec 15,000 combattants de sa nouvelle milice anti-émeute. Les images ont montré une soixantaine de miliciens sous-équipés s’agitant à l’intérieur des casernes.

Le régime devait alors organiser des grandes prières publiques à l’échelle nationale pour la fête de Sacrifice, puis célébrer la Semaine du Sacrifice pour la révolution puis, l’anniversaire (de la prise d’ambassade américaine) ou la Seconde Révolution Islamique et enfin la fête chiite de Ghadir Khom qui célèbre en quelques sorte la naissance du chiisme ! Tous ces événements avaient été sévèrement boycottés par le peuple en 2011. Le régime allait vers une série de revers susceptible d’aggraver son cas. Pour s’épargner de nouveaux boycotts révélant son total isolement, il a évoqué la possibilité d’établissement de coupons de rationnement pour ses partisans démunis. Pour obtenir le soutien de ses affairistes paniqués, il leur a proposé d’investir leurs dollars dans l’économie du pays en reprenant des grandes industries publiques.

Les évocations de rationnement et de demande d’investissement ont convaincu out le monde que le régime était au bord de la faillite et de la pénurie :il y a une ruée vers le stockage des principaux produits de grandes consommations en particulier d’essence que le pays a déjà rationné, les pompes ont été mis à sec et le pays a été confronté à une grosse pénurie d’essence. Les frères Larijani devaient vite prendre le contrôle du régime et des négociations finales avec Washington pour pouvoir fuir en toute sécurité et avec leur fortune. Ils ont reparlé de la demande de visiter les prisons, la qualifiant de manœuvres médiatiques pour cacher la responsabilité d’Ahmadinejad dans la crise économique actuelle avant d’évoquer le retrait du vote de confiance du Parlement. Les autres mollahs qui se sont toujours accommodés de Rafsandjani et ont obtenu en échange un siège au Conseil de Experts (le Sénat du régime) et des parts dans divers secteurs économiques du pays ont désapprouvé cette révolution du palais et ont exprimé leur hostilité via leur président Mahdavi-Kani (qui est également chef de la loge maçonnique du clergé).

Le clan Rafsandjani s’est senti protégé et s’est lancé dans des attaques contre ses adversaires. Par ce comportement, il a confirmé qu’il n’avait rien à faire de l’intérêt général, il oeuvrait pour ses intérêts car il considérait que la chute du régime était proche.

C’est pourquoi les 200 à 300 nervis de base ont aussi boycotté la prière publique de la fête de Sacrifice et de nombreux responsables officiels ont boycotté la prière officielle.

Les dirigeants du régime ont alors changé la suite du programme officiel pour éviter de mettre en valeur leur isolement. Ils ont complètement oublié de parler de Ghadir. Ils ont remplacé la Semaine de Sacrifice par une Exposition internationale d’agences de presse avec des dizaines de conférences de presse très polémiques et offensives pour mettre en scène un régime solide et offensif et enfin ils ont avancé la célébration de la prise de l’ambassade d’une journée, de samedi à Vendredi férié, pour limiter la visibilité du boycott attendu.

Washington a été alarmé par ces manipulations évoquant le déclin de l’islamisme et même l’islam en Iran. C’est pourquoi Washington a demandé aux Argentins à trouver un compromis sur l’affaire Amia afin de montrer qu’il était prêt à aller très loin pour obtenir un transfert pacifique de pouvoir vers ses pions afin d’éviter la chute du régime islamique qui indispensable pour son projet de conquête de l’Asie centrale.

Israël qui voit même les mouches voler dans les couloirs de Natanz, n’a pas vu et n’a pas critiqué ce marchandage nauséabond sur Amia car il n’est qu’un pion dans le jeu américain, mais ce marchandage protégeant seulement Rafsandjani et quelques proches a été vu comme une menace par les Larijani : ils ont immédiatement confirmé la convocation de son pion Ahmadinejad mettant Rafsandjani et ses pions en situation de ne plus avoir le droit de négocier quoi que ce soit. Les diplomates du clan Rafsandjani ont dû alors se retirer de ces négociations incroyables et tant espérées et les médias de ce clan n’ont également cessé de rejeter la possibilité d’un deal. Puis, le clan Rafsandjani a lâché Ahmadinejad en se joignant à la meute opposée pour sa mise à mort afin de ne pas couler avec lui. Le clan a même annoncé son candidat pour les élections anticipées souhaitées par Larijani !

Ahmadinejad a promis de balancer les vrais coupables de la crise et Larijani a annoncé des poursuites contre le candidat du clan Rafsandjani. Washington, qui n’avait pas aimée la rupture de son marchandage a menacé le régime d’alourdir ses sanctions. Le régime allait à sa perte avec ses divisions et les sanctions.

La base devait paniquer en se ruant vers l’achat de l’or, du dollar ou des produits dont ils ont l’utilité avant que le pays soit frappé de toutes sortes de pénurie. Le régime a alors suspendu les licences de 99,7% des agents de change, puis a interdit l’exportation de la moindre gramme d’or du pays, confirmant ainsi sa faillite ! Le régime a également annoncé le rationnement de 50 produits de base, compris des produits industriels comme l’acier, confirmant l’existence d’une grande pénurie générale. Dans la foulée, la compagnie iranienne de roulements à billes a déposé le bilan entraînant dans sa chute 1000 emplois et menaçant tout le secteur automobile.

En fin de la semaine, la base privée d’une porte de sortie et sans cesse méprisée par des dirigeants (qui sont uniquement soucieux de leurs intérêts) les a sanctionnés par un boycott massif du rassemblement pour l’anniversaire de la seconde révolution.

Le nombre des participants a été si bas que le régime a renoncé à montrer une vue du ciel ou du haut d’un immeuble et n’a diffusé qu’une dizaine de portraits de manifestants et beaucoup de photos d’archives ! De fait, avec une semaine de recul et des recherches, nous pouvons avancer les chiffres de 20 officiels, 30 journalistes et seulement 40 participants !

Cette semaine, le régime a vécu dans le traumatisme des chocs de la semaine dernière : le rationnement annoncé, l’embargo sur le dollar, puis l’or, et enfin le boycott massif des événements essentiels pour sa survie !

En fait, échaudé par l’ampleur du boycott après leurs méfaits, les dirigeants ne pouvaient pas continuer leur guerre ou reprendre leur propagande. Il devait rétablir la confiance avec la base en se montrant sincères et unis face aux sanctions ou à la menace d’un soulèvement. On a assisté à un petit apaisement entre les deux clans sans ils ne sont pas parvenus à une entente. Les dirigeants sont restés divisés dans l’adversité et ont de fait encore déçu leurs compagnons qui les ont encore boycottés.

Voici le récit et les images d’une semaine de doutes et de déprime pour les dirigeants usés du régime et pour leurs derniers serviteurs désabusés et désenchantés.


14.11.2012

Iran : La semaine en images n°201

La semaine dernière, les hommes d’affaires du régime, issus des clans au pouvoir, se sont massivement mis à acheter de l’or et des dollars car les deuils d’Achoura, un des éléments fondateurs du chiisme, ont été massivement boycottés par le peuple, mais aussi et surtout par les Pasdaran et les mollahs de base. Sous l’effet de la demande, le dollar a battu son record de prix et de hausse sur le marché libre du bazar. Avec environ 6% en 6 jours, il est passé de 1320 à 1384 tomans. Quant à l’or, les quantités vendues au Bazar par l’Etat étant limitées, les acheteurs se sont orientés vers l’achat à la bourse avec de pièces d’or livrables dans les mois à venir. Malgré l’exigence de la totalité du prix à l’achat au lieu d’un acompte et le solde à la livraison, le prix de ces pièces virtuelles est monté de 20 à 40% selon la date de la livraison !

Grâce à ces hausses, chacun pouvait constater que les hommes d’affaires du régime étaient paniqués. Le régime devait intervenir pour calmer la ruée vers l’or qui fait état d’une nouvelle scission interne. Par le passé, le régime avait augmenté les quantités d’or et de dollars sur le marché pour résorber la crise, mais cette fois, il n’a pas agi de cette manière confirmant ainsi la fonte des réserves et des problèmes de liquidités à la Banque Centrale Iranienne. Le régime manque en fait de revenus en devises car les sanctions américaines adoptées en 1996 l’empêchent de finaliser les protocoles d’accord pétroliers qu’il signe.

Pour résumer la situation, avec le boycott d’Achoura, les associés du régime avaient acquis la certitude que le régime manquait définitivement de réserves humaines pour assurer sa sécurité et la leur. Et avec la hausse effrénée du dollar et l’absence de mesures d’urgence, ils ont acquis la certitude que ce régime incapable de les défendre manquait aussi de réserves financières et qu’ils risquaient aussi de tout perdre avec un effondrement bancaire. Il va sans dire qu’ils ont intensifié leurs achats de dollar. On a connu une semaine de folie. Cette semaine, le dollar montait de 17,7%, presque le triple de la hausse de la semaine précédente.

D’habitude quand les choses vont mal, les gros dirigeants responsables des problèmes se cachent. Leurs lieutenants prennent le relais et enchaînent les activités positives permettant au régime de simuler une certaine normalité afin de pouvoir nier l’existence d’une crise. Le régime devait donc évoquer l’existence d’une base de miliciens fidèles et une santé économique à toute épreuve. Puisque la crise était née de la certitude que le régime manque de réserves humaines combattantes et de réserves bancaires, le patron du régime Ali Larijani a focalisé son effort sur des activités suggérant l’existence d’une base de miliciens fidèles et une santé économique à toute épreuve.

Mais il n’a pas su trouver assez de miliciens pour donner du poids à sa propagande. Par ailleurs, ce mercredi, conformément à la tradition préislamique iranienne de Yalda, les Iraniens devaient veiller pour enterrer la nuit la plus longue de l’année. Selon la tradition, ils devaient consommer des fruits locaux hors saison, ainsi que des fruits secs locaux comme la pistache. Mais les marchés étaient vides et les prix très élevés, ce qui n’arrive pas dans les pays en bonne santé économique.

Cette semaine, le régime a échoué dans ses propagandes et par son inaction sur le plan pragmatique, il il a non seulement été incapable de calmer la crise, mais encore il a donné à ses associés des raisons d’intensifier leurs achats. Cela a nuit à Larijani, son adversaire Rafsandjani a tenté d’en profiter.

Par ailleurs, une action de Reza Pahlavi a permis de croire à la possibilité d’un soulèvement. Le régime a dû réorienter son action sur le sécuritaire, là où il est très ridicule. Il a ainsi été obligé de réunir ses derniers combattants dans l’une des casernes centrales de Téhéran, offrant à ses associés paniqués une autre raison de continuer à acheter des dollars pour s’enfuir au plus vite.

Voici un rappel des derniers événements de la semaine dernière, suivi d’un cocktail des faits qui ont secoué le régime et des actions médiatiques qui devaient le sauver, mais n’ont réussi qu’à l’enfoncer davantage.


26.12.2011

Iran : La semaine en images n°197

Indispensable rappel des faits et événements des semaines précédentes pour comprendre une semaine très palpitante | Au cours des derniers mois, les jeunes Pasdaran ont sans cesse boycotté les manifestations officielles politiques ou religieuses, mais aussi la participation à des actions répressives et intimidantes. Le régime est devenu de facto vulnérable face au peuple. Les associés économiques, membres des clans au pouvoir, qui selon une récente information serait 810 individus, ont estimé que les jours du régime étaient comptés. Ils se sont mis à vendre leurs actions pour acheter de l’or et des dollars. Cela vidait les réserves bancaires du régime. Cette frénésie est par ailleurs devenue l’indicateur du manque de confiance en l’avenir du régime et a commencé à provoquer la rupture d’autres collaborateurs. Le régime devait mettre fin à cette crise polymorphe.

Dans un réflexe pavlovien, le régime a d’abord annoncé des pendaisons collectives pour mettre en scène sa force afin de rassurer ses associés qu’il a le moyen de rester au pouvoir. Mais chaque nouveau boycott des Pasdaran contredisait cette soi-disant puissance. Les achats d’or et de dollars se sont accélérés. Le régime a alors inventé un scénario de Coup d’Etat des Pasdaran-Trafiquants pour insinuer qu’il pouvait arrêter et pendre les miliciens boycotteurs. Mais le risque d’un clash ouvert précipitant sa chute a amplifié la panique de ses associés. Le régime a dû arrêter ce scénario. Il a alors inventé une histoire de fraude bancaire de ses 810 associés économiques et a parlé de pendaisons pour atteinte à la sécurité nationale afin de les intimider.

Cette solution à l’emporte-pièce a démontré la détresse du régime : ses associés économiques ont été convaincus qu’il était dépassé et ont accéléré leurs achats. Les nervis du régime qui seront seuls au premier rang en cas de soulèvement ont réalisé qu’ils défendaient un régime condamné : ils ont commencé à prendre leur distance avec le régime. Le boycott du Ramadan par le peuple et le boycott la journée de Qods par les Pasdaran a convaincu chacun des collaborateurs du régime que le système était fichu. Puis le régime a été confronté au boycott de la Semaine de la Défense de la Révolution. C’était, il y deux mois.

Selon des informations parues cette semaine, les Américains, qui ne cherchent pas la fin du régime islamique, mais l’arrivée de leurs pions à la tête de ce régime auraient écrit aux mollahs deux lettres signées par Obama pour proposer la reprise du dialogue. C’est dans la foulée de cette correspondance qu’un émissaire du régime, Ahmad Rezaï, le fils d’un des plus haut personnages du régime, a quitté le pays pour se rendre à Dubaï. En 1998, il avait été au centre d’autres tractations irano-américaines pour un rapprochement basé sur un soi-disant coup d’Etat des Pasdaran et la mise à l’écart des personnes sanctionnées par Washington. Il semble que les mollahs cherchaient un rapprochement avec les pions islamiques de Washington dans le sens de leur intérêt commun avant que les jeunes Pasdaran devenus laïques parviennent à déstabiliser le régime avec un boycott massif de la semaine du Bassidj comme en 2010 et 2009.

Il est important de rappeler que ce boycott massif de la semaine du Bassidj n’était pas une supposition car le boycott des Pasdaran a commencé au sein des Bassidjis au point que le régime a démantelé leurs brigades et désarmé les jeunes en 2009. Le régime a gardé la semaine du Bassidj car le mot signifie l’engagement volontaire et populaire dans la résistance contre les ennemis de la révolution islamique et il ne voulait pas paraître plus seul qu’il n’est. Le régime et les Américains devaient se dépêcher !

Selon des informations officielles du régime, Ahmad Rezaï faisait sans cesse des allées et venues en Iran ou discutait tous les jours avec les gens de « sa famille ». Il travaillait donc durement pour parvenir à un résultat.

Mais il y a dix jours, Ahmad Rezaï a été trouvé mort dans sa chambre dans des conditions qui laissent supposer un meurtre. Il nous est paru évident que les seuls bénéficiaires étaient les Pasdaran en rupture avec le régime. Peut-être, ont-ils été aidés par les Britanniques qui ne peuvent pas accepter que les mollahs passent dans le camp américain. Ils ont déjà agi de manière très hostile envers le régime quand ce dernier a commencé à dialoguer avec Washington.

Deux jours après l’élimination de son intermédiaire Ahmad Rezaï, le régime a reçu un nouveau coup avec l’absence de près de 93% des jeunes officiers au défilé annuel de leur fin d’étude devant le Guide et l’Etat major des Pasdaran. Le régime allait recevoir le coup de grâce avec le boycott massif de la semaine du Bassidj. Une bombe a explosé décimant de nombreux officiers des Pasdaran. Les circonstances douteuses de l’explosion portent à croire qu’il s’agissait d’un coup monté pour éliminer des éléments actifs du groupe des Pasdaran en rupture avec le régime islamique. Cette bombe a aussi focalisé les attentions et détourné les regards du boycott de la semaine du Bassidj.

Deux jours plus tard après des funérailles bâclées, le régime organisait des fêtes, on distribuait des gâteaux ! La réponse ne s’est pas faite entendre : une des plus grandes mosquées du nord de l’Iran a brûlé sans qu’interviennent les pompiers qui font partie des Pasdaran. La police est également restée passive ainsi que la population. Le groupe des Pasdaran dissidents a démontré qu’il avait les moyens de partir en guerre contre les centres d’intérêts du régime avec le concours de la population en dehors du calendrier des manifestations. Le régime a seulement nié les faits malgré la publication de photos sur ses propres sites !

La semaine dernière, nous avons donc assistés aux premiers actes de guerre entre les mollahs et les jeunes Pasdaran. Par le passé, chaque boycott de la part des jeunes Pasdaran avait été suivi d’une panique chez les associés du régime, le déclenchement des hostilités aurait dû provoquer un vrai tsunami de panique. Les Pasdaran qui ont agi misaient peut-être sur cette panique, mais cela n’a pas eu lieu car au lendemain de l’attentat qui a décimés leurs figures charismatiques, le régime avait confisqué près de 3 millions de comptes bancaires utilisés par ses 810 associés économiques pour leurs achats de dollars. En l’absence de cash, le régime espérait aussi en finir avec la hausse des prix de l’or et du dollar qui est devenue l’indicateur de son affaiblissement. Mais ses associés spoliés ont commencé à vendre massivement des actions pour compenser la perte : la bourse a enregistré une baisse de son index par la chute des actions, en revanche, les 810 associés en rupture ont pu trouver des ressources pour continuer leurs achats. L’or et le dollar, malgré la baisse des ressources, ont vu leur prix rester à leur haut niveau.

Cette semaine, le régime devait neutraliser cette résistance de ses associés en rupture, mais aussi s’occuper des Pasdaran qui avaient détruit une mosquée, symbole du système en place. Leur capacité de destruction étant prouvée, le régime devait éviter de les énerver, mais il devait montrer sa propre puissance de résistance.

Etant donné que conformément au programme officiel, on était en pleine Semaine du Bassidj et de résistance aux ennemis, le régime devait neutraliser ses adversaires en mettant en avant le soutien des jeunes Bassidjis qui incarnent sa résistance. Le régime ne pouvait pas y couper et était de facto face à un défi impossible.

Après de vains échecs pour convaincre l’opinion que tout se déroulait bien, comme la semaine dernière, le régime a choisi la diversion médiatique. Mais cette fois, il n’a pas fait exploser une bombe (peut-être qu’il redoute la riposte des Pasdaran). Il a mis en scène une fausse crise politique basée sur l’interdiction du journal Etémad pour faire oublier son incapacité à organiser les événements programmés et aussi pour faire oublier les faits graves de la semaine dernière.

Le journal Etémad appartient à Karroubi, le faux opposant interne, membre du 1er cercle du pouvoir : le régime espérait également le relancer à un moment où un soulèvement devient possible. Mais la mayonnaise n’a pas pris, il a été obligé de lancer une autre fausse crise politique basée sur l’interdiction d’un autre journal ! Par ailleurs, pour des raisons électorales, Obama a été obligé d’adopter de nouvelles sanctions bancaires contre le régime. Cela a déplu aux associés du régime qui ont besoin de sortir le dollar du pays, on a assisté à une nouvelle vente massive d’actions et une reprise forte des achats. Le régime a été surpris, il devait réagir : il espérait diffuser des images d’archives de Bassidjis paradant dans les rues, mais il s’est mis à neiger et il n’a pas d’images de Bassidjis sous la neige. Il a dû composer avec ce qu’il avait sous la main. Voici les images d’une semaine bien mouvementée et pleine de rebondissements et d’échecs pour le régime agonisant des mollahs.


29.11.2011

Iran : Les échecs du Mouvement Vert et leurs conséquences

Le dimanche 12 juin, le Mouvement Vert, opposition officielle et dernier joker du régime devait célébrer son deuxième anniversaire. Il n’y avait personne dans les rues, pas même les derniers collaborateurs du régime. Le régime n’a même pas pu diffuser de vidéos bidonnées pour promouvoir cette opposition bidon et inefficace. Les Etats occidentaux comme la France ou la Grande-Bretagne, qui ont d’importants contrats avec les mollahs et sont de fait hostiles à un changement de régime, tentent d’aider les mollahs avec des dépêches falsifiées évoquant des manifestations et même des arrestations !


14.06.2011

Iran : La semaine en images n°173

Dans la précédente édition de la semaine en images, nous avons vu comment vendredi dernier, les Iraniens, mais aussi les Pasdaran ou encore des alliés économiques du régime ont boycotté la journée d’hommage à Khomeiny. Cette semaine, ils ont recommencé le même manège le dimanche 5 juin en boycottant l’anniversaire de la première révolte de Khomeiny ou l’émergence politique de Khomeiny. Le régime était doublement abandonné et désavoué par le peuple et par les siens. Ses alliés économiques se sont agités : ventes d’actions et achats de dollars !

Secoué, craignant que cette agitation ne révèle son isolement en n’encourage le peuple à songer à un soulèvement, le régime a passé la semaine à prendre des mesures discrètes pour laisser supposer qu’il avait du répondant et même la capacité de punir ses adversaires. Ce fut la semaine des bluffs compliqués, de déprimes et de coups de folie !


12.06.2011

Iran : 2nd compte-rendu des pendaisons en 2011

La section « un certain regard » du Festival de Cannes (financé par l’Etat français) vient de primer l’iranien Rassoulof pour sa lutte en faveur de la liberté alors que ce cinéaste soutient Moussavi, l’opposant officiel, partisan d’une république islamique pure et dure et que par ailleurs, ce cinéaste vient de réaliser un film où les femmes ne sont pas des victimes comme Sakineh, mais des citoyennes actives et maîtresses de leur destin conformément à l’image officielle donnée de la condition féminine par le régime !

L’année dernière, le même festival avait primé un film qui prétendait que le seul souci des jeunes était de jouer de la musique alors que des millions de jeunes avaient quelques mois plus tôt envahi les rues de toutes les villes du pays pour crier « mort à la république islamique ». L’année d’avant, Cannes avait primé Satrapi qui faisait la tournée des médias pour défendre le port du voile, pour dégueuler sur la laïcité ou encore pour affirmer que personne en Iran ne voulait un changement de régime !

Décidément, chaque année, ce maudit festival nie la révolte du peuple iranien. On peut angéliquement parler de coïncidences, de l’indépendance des jurys, mais la présomption d’innocence très à la mode en France ne tient pas la route car la France, organisateur du Festival, ne dénonce pas ces mauvais choix et participe à la promotion des ennemis du changement de régime car cela serait synonyme de la fin de ses contrats. Mais la France ne se contente pas de nier la révolte iranienne par la diffusion d’un cinéma négationniste, elle minimise aussi le nombre de pendaisons et leur nature. Voici le second opus de notre récapitulatif des pendaisons en Iran pour ne pas oublier une dure réalité dont ne parle aucun cinéaste iranien, ni aucun Etat occidental partenaire des mollahs.


24.05.2011

Iran : Une crise de confiance interne déstabilise le régime

Au cours des dernières semaines, les Iraniens ont contesté le régime islamique en célébrant publiquement et joyeusement les rituels non islamiques et interdits de Norouz. Les forces de l’ordre ne sont pas intervenues pour réprimer cette contestation confirmant leur absence de soutien au régime et ses dirigeants. Ce double désaveu a paniqué les derniers serviteurs du régime. Le pouvoir devait se montrer fort pour les rassurer. Ses derniers efforts de la semaine dernière dans ce domaine ont été un échec : la base a paniqué en se précipitant sur l’achat d’or. On en sait un peu plus aujourd’hui grâce aux mesures d’apaisement annoncées par le régime montrant une certaine incapacité à calmer la situation.


12.04.2011

Iran : Un petit rapporteur pour de minis droits de l’homme

A l’heure où les Occidentaux se montrent très sévères avec la Libye, ils ont uniquement exprimé leur « préoccupation » sur l’intensification de la répression en Iran et se sont contentés de nommer un Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’Homme dans ce pays. Un pshitt complaisant avec le régime surtout quand on regarde de près les détails de la décision.


25.03.2011

Iran : Le cadeau d’Obama au peuple iranien

Ce mardi 21 mars 2011, le président américain, Barack Obama, s’est exprimé à l’occasion du Nouvel an iranien. Cette prestation a été saluée comme un soutien à la démocratie. Mais il n’en est rien car dans son allocution, Obama a uniquement rendu hommage aux grandes figures du Mouvement Vert, l’opposition officielle, qui cherche à s’incruster dans la contestation pour sauver le régime islamiste détesté par le peuple.


23.03.2011

Iran : ça va valser !

Nous avions appelé les Iraniens à expliciter leur rejet du régime et de l’identité islamique en dansant et chantant lors de la fête zoroastrienne du Feu dans les quartiers et les rues de leurs villes et cela a été fait. Mais personne n’en a parlé car le régime a bloqué l’expédition de vidéos et les agents pro-Moussavi ont pris en charge la diffusion des vidéos trafiquées où l’on entend des slogans pro-Moussavi et même « Allah Akbar ». Le rejet de l’islam a été aussi escamoté par les news par les Occidentaux qui parlent plus volontiers du rôle des mollahs à Bahreïn et la disponibilité des Iraniens pour aller dans ce pays défendre leurs frères chiites.


18.03.2011

Iran : La résistance commence aujourd’hui.

Il y a un mois, le régime des mollahs a été incapable d’organiser les manifestations officielles en l’honneur de la révolution islamique notamment le rassemblement politico-militaire célébrant le retour de Khomeiny puis le défilé de l’ensemble des forces armées en mémoire du ralliement des sous-officiers de l’armée de l’air à la révolution islamique. Il était clair que les forces armées avaient lâché le régime. Les Américains n’avaient alors pas parlé d’une opportunité car ils ne souhaitent pas la fin du régime islamique, mais le transfert des pouvoirs vers leurs pions afin de disposer d’un allié islamiste pour agiter l’Asie Centrale. Les Européens étaient restés silencieux car la chute du régime est synonyme de la fin de leurs contrats. Les deux avaient soutenu l’opposition officielle du régime pour s’assurer de la continuité du système. Nous avions alors appelé nos compatriotes à expliciter leur rejet du système islamique en célébrant le mardi 15 mars, jour de la Fête du Feu (qui est interdite par le régime), mais aussi anniversaire de Reza Shah, le fondateur de l’Iran laïque pour forcer les Occidentaux à changer d’attitude. Nous y sommes. La hausse vertigineuse des ventes de pétards fait état d’une participation massive. Le régime a peur de la foule alors qu’il n’a plus de protection armée, il multiplie les déclarations contradictoires montrant ce qui lui fait peur. En revanche, les Occidentaux ne parlent plus de la situation interne en Iran : une attitude fermée, mais attentiste. Il y a un mois, le régime avait l’initiative, les Occidentaux le suivaient. À présent, les deux sont dans la riposte. La résistance commence aujourd’hui.


15.03.2011

Iran : La semaine en images n°159

Cette semaine, pour la 4ème fois depuis le boycott de l’anniversaire de la révolution par les Iraniens, l’opposition officielle avait appelé ces derniers à lui manifester leur soutien pour se poser comme la seule issue légitime à la contestation du régime. Mais, le jour J, le mardi 1er mars, l’invitation a été boycottée par les Iraniens car ils ne veulent pas un changement d’hommes, mais un changement de régime. Le calme des rues était aussi la preuve que même les derniers partisans actifs du régime ne croient plus à cette solution et à la viabilité du régime.

Mardi, le régime a été ainsi ébranlé ; mercredi, il a repris ses annonces de pendaison pour intimider les Iraniens qui le narguent, mais aussi ses propres partisans qui seraient tentés par la fuite. Il a aussi annoncé un grand rassemblement autour d’Ahmadinejad dans une grande ville du pays pour faire état d’une importante réserve de sympathisants. Avant de reprendre la promotion de cette opposition officielle et impopulaire via ses faux dissidents basés à l’étranger comme s’il était sûr de l’insuccès de cette fausse opposition. Par l’intermédiaire de son ministre des affaires étrangères, Salehi, le régime a aussi tenté de renouer avec la provocation nucléaire pour pousser l’Occident à l’attaquer afin d’invoquer la menace extérieure et regagner le soutien des Iraniens. Voici les images des zigzags désespérés d’un régime à la dérive.


06.03.2011

Iran : Les détails délirants du mardi 1er mars

L’opposition officielle du régime des mollahs, le Mouvement Vert, partisane du maintien de ce régime islamiste, avait appelé les Iraniens à manifester ce mardi 1er mars. Elle a annoncé de nombreuses manifestations et des affrontements à Téhéran et à Chiraz. On peut en douter car sur les seules images existantes et exploitables attribuées à la manifestation à Téhéran, les gens sont en T-shirts alors qu’il faisait très froid ce mardi à Téhéran ! Les images publiées proviennent d’archives. Détails d’une nouvelle journée de mystification médiatique.


03.03.2011

Iran : Une arrestation pour islamiser la contestation

Le régime a annoncé l’arrestation de Moussavi et Karroubi, les chefs de l’opposition officielle. Les médias s’agitent alors qu’il s’agit d’une opération publicitaire pour donner une actualité à une opposition moribonde en raison du mépris du peuple pour cette alternative factice. L’annonce n’a d’ailleurs suscité aucun rassemblement malgré les efforts des sites des deux hommes qui continuent à fonctionner alors qu’ils devraient normalement être bloqués !


01.03.2011

Iran : Asghar Farhadi et le cinéma iranien

Ce samedi à 19 heures, le Festival de Berlin a primé le film du cinéaste iranien Farhadi qui se dit apolitique et ne prend aucune position sur aucune violation des droits de l’homme par les mollahs. Quelques minutes plus tard, le régime des mollahs a changé en amende la peine des deux journalistes allemands détenus en Iran, la montant a été acquitté par le ministre allemand des affaires étrangères, Guido Westerwelle, qui venait d’atterrir à Téhéran. Westerwelle est reparti en compagnie des deux journalistes après une conférence de presse commune avec son homologue iranien où chacun a mis l’accent sur les bonnes relations entre les deux pays. Il y a eu clairement un deal. Mais lequel ? Voici des réponses.


22.02.2011

Iran : La semaine en images n°157

Il y a une dizaine de jours, le régime annulait discrètement les manifestations militaires pour la célébration de la révolution islamique. Cela voulait dire qu’il n’avait plus aucun partisan dans l’armée ou chez les Pasdaran. Cela voulait dire qu’il pouvait tomber et disparaître en cas de soulèvement. Avant la célébration qui, le 11 février, allait confirmer l’isolement et la fragilité du régime, Moussavi et Karroubi, opposants officiels qui souhaitent le maintien du régime, ont lancé un appel à manifester pour le lundi 14 février afin de prendre la direction de la contestation et transformer par leur présence tout soulèvement anti-régime en une manifestation en faveur de réformes.

Des dizaines de blogs et de sites ont aidé Moussavi et Karroubi en insistant sur des slogans ambigus laissant croire que ces deux hommes pourraient être du côté du peuple, mais cette propagande n’a pas marché : les Iraniens n’étaient pas au rendez-vous. Ce boycott a affaibli le régime et renforcé ses adversaires. Il est devenu encore plus urgent de réussir.

Le régime a employé la semaine à chercher des moyens pour émouvoir ou exciter les Iraniens afin de les inciter à manifester pour qu’ils se retrouvent dans le sillage de Moussavi et Karroubi et propulsent de facto ces deux serviteurs dans le processus d’une contestation désormais possible donc inévitable. Voici les images d’une semaine de mystifications stériles.


20.02.2011

Iran - urgent : L’étau se resserre

Ce lundi, l’opposition officielle du régime des mollahs, partisane du maintien de ce régime islamique a prétendu avoir mobilisé des millions de personnes. Nous avons prouvé qu’elle mentait en démontrant que les images provenaient des manifestations de l’été 2009 qui étaient hostiles à ce régime et à ses faux opposants comme Karroubi. Il n’y avait personne dans les rues : la preuve absolue que le peuple ne considère pas l’opposition officielle comme une alternative crédible. Ce boycott a bousculé le régime...


17.02.2011

Iran-Karoubi : L’Occident parie sur un cheval mort

Depuis des mois, le régime des mollahs n’arrive plus à mobiliser ses troupes. Il y a deux semaines, à l’occasion de l’anniversaire du retour de Khomeiny en Iran, on a constaté l’absence des militaires lors des cérémonies : le régime venait d’être largué par l’armée. Etant donné qu’il avait été lâché par les Bassidjis en 2009, le régime s’est retrouvé sans aucune défense et en position d’être balayé par un soulèvement populaire. Immédiatement, Moussavi et Karroubi, opposants factices qui sont partisans du maintien du régime, ont appelé à manifester ce lundi 14 février à Téhéran afin de transformer tout soulèvement partisan d’un renversement du régime en une manifestation en faveur de réformes. Cet appel a été boycotté par le peuple. Avec un cynisme absolu, la fausse opposition a diffusé des images d’archives pour prétendre que des millions d’Iraniens étaient présents dans les rues car il ont besoin de parler des réformes afin de nier l’envie de changement de régime. | Décodages des images |


15.02.2011

Iran : la semaine en images n°156

Cette semaine, on était dans la seconde partie du programme de la célébration de l’anniversaire de la révolution islamique. Traditionnellement, le régime doit organiser des manifestations culturelles, la journée de l’armée de l’air avec des défilés et des rassemblements politico-militaires et enfin, le 11 février, anniversaire de la révolution islamique, il doit organiser des grands rassemblements publics sur les plus grandes places de chaque ville.

Ces évènements n’ont pas eu lieu car le régime a perdu ses partisans depuis qu’il refuse tout compromis quelles que soient les sanctions pesant sur l’économie iranienne. Face à la pénurie de participants à ses « manifestations », le régime a eu recours à des diversions médiatiques, il a également puisé dans les images d’archives pour dissimuler sa vulnérabilité. Grâce aux images de la semaine, nous verrons l’étendue de cet isolement et les solutions préconisées par le régime. Voici les images d’un régime en sursis.
Vous pouvez cliquer puis zoomer sur les images pour les agrandir une ou deux fois.


13.02.2011

Afrique du nord : Un parfum de jasmin pour dissimuler l’odeur du pétrole

Les islamistes étaient derrière les premières lignes du mouvement anti Ben Ali qui a très rapidement été salué par Washington. Les Frères Musulmans égyptiens sont à présent dans les rues du Caire aux cris d’Allah Akbar avec le soutien encore plus explicite de Washington. Les médias occidentaux parlent de démocratie, mais aucunement du contexte géopolitique. On oublie de préciser que Washington intervient sur une région très pétrolière dominée par la Chine comme il a soutenu l’arrivée au pouvoir des islamistes en Iran pour les utiliser en Asie centrale, région hautement pétrolière dominée par la Russie et la Chine.


29.01.2011

Iran-Panahi : Ahmadinejad, co-directeur de la Berlinale !

Hier, les médias du régime ont fait savoir que le président Ahmadinejad s’opposait à l’interdiction de tournage imposée à Jafar Panahi par le Chef du pouvoir judiciaire, Sadegh Larijani et de la possibilité d’une relaxe. Cela est tout à fait impossible car au sein du régime des mollahs, le Président exécute les choix du Conseil de Discernement, véritable conseil d’administration du régime, dont fait partie le chef du Pouvoir Judicaire. Le Président est en quelque sorte sous les ordres du Chef du Pouvoir Judicaire : il ne peut le contredire : il serait rappelé à l’ordre par le Conseil de Discernement. Nous sommes face à une mise en scène du régime pour faire parler de Panahi, ce cinéaste partisan d’un islamisme modéré


20.01.2011

Iran : 1er Compte-rendu des pendaisons en 2011 (+28)

Paris bat la mesure avec Téhéran. Les mollahs annoncent l’arrestation ou la condamnation de gens comme Sotoudeh qui ne sont en rien des opposants, mais des islamistes purs et durs afin de laisser supposer que tout le monde est islamiste en Iran et Paris rend hommage à ces faux opposants et agents de propagande du régime ! Ainsi on nie l’existence même d’une vraie opposition et l’on évite la chute d’un régime qui vend le baril à 15 dollars.

Pendant ce temps, le régime des mollahs tue quotidiennement plus de 18 personnes. Il annonce certaines d’entre elles dans ses divers médias principalement pour intimider le peuple quand ce dernier se montre rétif à ses injonctions.

Par le passé, au moment de leurs annonces ou reprises par l’AFP, nous les répercutions, rongés par le regret de ne rien pouvoir faire pour mettre fin à cette situation. Au-delà de ce malaise, en acceptant le rythme banal imposé par le régime, un mort chasse l’autre : on oublie l’accumulation qui pétrifie de peur les Iraniens.

Pour vous permettre de mieux comprendre la situation, voici une nouvelle présentation : un compte-rendu groupé des annonces de pendaisons en rappelant le contexte politique du moment. Le décompte démarre à partir du 27 octobre 2010 au lendemain de notre dernier article sur les pendaisons en 2010. Le total officiel depuis le 1er janvier 2010 était alors de 249 exécutions.


13.01.2011

Iran : Neda n’est pas morte pour Sotoudeh !

Il y a plus d’un an du 15 au 25 juin 2009, des centaines de milliers de personnes défilaient dans les rues iraniennes avec des slogans hostiles au régime alors que pendant des années, des lobbyistes du régime avaient répété un peu partout que « le peuple ne voulait plus de révolution ». De ce côté-ci, sur Youtube, des millions de personnes ont découvert un peuple désireux de changements, mais les médias officiels ont fait obstruction car un changement de régime signifie l’annulation des contrats pétroliers au rabais que signent les mollahs pour qu’on les laisse faire. Dans ce climat étrange, le visage ensanglanté de Neda a brisé le silence. Elle est si loin à présent : les Occidentaux ont remplacé la pure Neda par Sakineh la meurtrière qui ne représente aucun combat politique. Et comme s’il ne suffisait pas d’avoir ainsi dépouillé la révolte de son symbole, tous les jours on diffuse des nouvelles de faux opposants, partisans de Moussavi, un des fondateurs les plus zélés du régime islamiste, pour nier l’envie d’un changement de régime.


29.12.2010

IRAN : A very depressing December 10th

© IRAN-RESIST.ORG – December 10, 2010 | The day before yesterday, on the Thursday 9 December, the mullahs let supposed that they would free 2 prisoners on whom focus foreign media despite that according to the latest statistics, the mullahs hang daily more than 18 men who are less than 28.

It was on the day before the international day of the Human Rights. Western media announced then that the condition of Human Rights got better while the regime hangs more than 18 boys of less than 28 every day.

Then, on the 10 December, International day of the Human Rights, the regime specified that one of the 2 released people was freed temporarily only and that the other one, Sakineh, was not free yet [1].

De facto, on this special day, every media told about Sakineh instead of mentioning that every day 18 young people are hanged in this country and that since the start of this three-day buzz, at least 54 Iranians were hanged.


21.12.2010

Iran : Les derniers souffles de l’islamisme

Nous sommes le 7 décembre. A cette date, avant la révolution, les islamistes iraniens se réunissaient en mémoire de trois étudiants « tués par les soldats du Chah », mais en fait, trois islamistes tués par des gens de leur camp pour accuser le pouvoir en place. Après la révolution, cette date a reçu le nom de la Journée de l’étudiant et devint un rendez-vous annuel de la milice estudiantine chargée de promouvoir l’islamisme à l’université. Depuis l’année dernière, cette journée a été confisquée par le Mouvement Vert, la fausse opposition interne pleinement islamiste. Etant donné que personne ne veut plus de l’islamisme, en prévision d’un boycott mémorable confirmant le rejet du régime dans sa totalité, du côté de Téhéran, on assiste à un festival de mises en scène ou d’excuses invraisemblables comme la pollution de l’air pour expliquer l’absence de manifestations pro-Vert.


07.12.2010

Quel choix de société pour les Iraniens ?

Pour éviter les questions les plus gênantes, les architectes de la révolution Islamique de Khomeiny ramènent l’Histoire à une simple question de personne, en l’occurrence le Shah d’Iran qui en lui seul aurait personnifié tous les maux de son pays. Dans ce cas, le simple renversement de la royauté aurait dû permettre à l’Iran d’atteindre les niveaux de développement comparables à ceux des pays les plus industrialisés. Le résultat montre tout le contraire, il est donc nécessaire de démonter cet autre mensonge des Islamistes appuyés par les médias occidentaux.

par Babak Khandani


29.11.2010

Iran-Nazisme : France 24 devrait être poursuivie pour diffamation

Les nationalistes iraniens sont des nazis depuis 2500 ans affirme un journaliste iranien sur le site de France 24 !


27.11.2010

IRAN : RUMOUR OF AN ATOMIC BREAKDOWN ALREADY MENTIONED IN 2009

The American press agency AP told this week about some interruption of Iran’s nuclear enrichment activities. The Islamic Republic denied and told it was reinforcing its activities. Pro-American media denounced the mullahs’ lie. This doesn’t surprise us. Washington which has sanctioned the mullahs for long in order to force them to become its allies can’t sanction them anymore because this might overthrow them. It is looking for any means that would delay new sanctions at a time when the mullahs refuse any appeasement with the United States. This is some American media diversion which is destined to the American (or Western) public opinion. This is an occasion to remind the chronology of relations between Tehran and Washington and to review several example of a permanent disinformation which nobody tells about.


25.11.2010

Iran-EU-GB : Un petit arrangement précaire entre ennemis

Le mercredi 10 novembre, les Britanniques, alliés historiques des mollahs, ont annoncé la défection du lieutenant Behzâd Massoumi Loghman, un ex-pilote de l’armée de l’air iranienne, hostile à Ahmadinejad, mais pas au régime. Il y était dit que ce transfuge vivait désormais sous la protection de l’Etat français et qu’il adhérait au Mouvement Vert de Libération qui est une nouvelle fausse opposition inconnue et visiblement partisane du maintien du système islamique et englobant pro-britanniques, des pro-américains et des agents des mollahs. Une semaine plus tard, le mercredi 16 novembre, tous les médias américains et israéliens ont fait état de la tenue d’une conférence de presse à Paris avec ce même personnage en présence de Jahanchahi, le pseudo-chef du Mouvement Vert de Libération (!) et d’autres faux opposants liés aux mollahs. Dans le même temps, Washington a commencé à dénigrer l’efficacité de l’option militaire et les sanctions… On pourrait penser que l’on est un peu avant un grand arrangement. Cela y ressemble, mais on en est vraiment très loin. | Décodages |


19.11.2010

Iran : L’ouragan Sakineh a secoué les mollahs !

L’été dernier, au moment où le Bazar, allié essentiel du régime le lâchait en faisant grève, ce dernier a parlé de son intention de lapider une certaine Sakineh pour détourner l’attention des citoyens occidentaux de la situation sociale en Iran afin qu’ils ne soutiennent pas les grévistes favorables à un changement de régime. Les Etats-Unis qui ont besoin d’un allié islamiste pour contrôler les musulmans ont vite compris l’intérêt de cette diversion médiatique et bien que Sakineh n’ait jamais avoué, ils ont commencé à dénoncer des aveux obtenus sous torture pour participer indirectement, mais très activement à cette diversion médiatique utile via Bernard-Henri Lévy. Ainsi régulièrement, à chaque fois que le régime a rencontré des problèmes intérieurs, il a mis en scène un rebondissement dans l’affaire Sakineh et aussitôt il avait droit à une apparition de BHL entouré d’une clique hétéroclite composée de ses amis et d’agents iraniens. Ce mardi, les mollahs ont eu droit à une nouvelle apparition de BHL à l’occasion d’une rumeur de pendaison imminente de Sakineh alors qu’ils n’avaient diligenté aucun rebondissement dans le feuilleton Sakineh. BHL a en fait pris la parole suite à la diffusion d’une rumeur par un membre iranien, mais pro américain, de la clique de promotion de cette affaire. Nous avons en fait assisté à une OPA américaine sur Sakineh pour gagner un nouveau moyen de pression sur Téhéran. Cela arrive à un moment où Téhéran refuse le dialogue.


04.11.2010

IRAN and NAZISM : FRANCE 24 MAY BE SUED FOR LIBEL

© IRAN-RESIST.ORG – November 27, 2010 | Iranian nationalists have a Nazis mindset and the origins of this ideology go back more than two millennia, according to an article by an “Iranian journalist” writing on France 24, a journalist close to the “Green Movement”, the counterfeit opposition which, contrary to the advertisements, advocates the application of Ayatollah Khomeini’s programme to the letter !


27.10.2010

Iran : 56 nouvelles pendaisons pour intimider le peuple

Le régime des mollahs est tout d’un coup devenu très bavard sur le nombre des pendaisons car il se sent menacé : il s’agit de se montrer tel qu’il est pour intimider le peuple à un moment où son incapacité à casser la grève du Bazar est devenue la preuve que ses miliciens, les Bassidjis, lui ont tourné le dos. Les médias très contrôlés du régime viennent de faire état de près de 50 pendaisons au cours des trois dernières semaines ainsi que plusieurs amputations.


26.10.2010

Iran : Les dernières nouvelles sont bonnes et mauvaises

Depuis des mois, le régime a perdu le contrôle sur ses jeunes miliciens. Ces derniers avaient notamment refusé de participer à la répression du soulèvement populaire de l’été 2009. A présent, le Bazar, allié historique du clergé et du régime, est en grève. Le régime des mollahs est en difficulté. Aucun média occidental n’évoque ces sujets. D’autres sujets occupent les unes occidentales. Voici une revue de presse commentée des derniers sujets déconnectés de la réalité.


22.10.2010

Iran : Nouveauté : la France a inventé son propre faux opposant !

Le Bazar est en grève, l’économie iranienne est arrêtée, mais les Occidentaux n’en parlent pas. Le régime est contesté : il tue de plus en plus, Il y a actuellement en moyenne 20 pendaisons par jour. Les Occidentaux n’en parlent pas non plus. Nous avons dénoncé cette attitude, ils ont été contraints d’évoquer le sujet : ils ont annoncé 8 pendaisons à Kermân, tout en oubliant de préciser l’ampleur des exécutions, mais ils ont minimisé le nombre total des pendaisons et en enfin en inventant un nouvel faux opposant pour réorienter l’attention ailleurs.


08.10.2010

Iran : Controverse à propos de la Plume d’or 2010

Le Bazar qui a porté les islamistes au pouvoir avec une grève qui a paralysé l’économie iranienne est à nouveau en grève. La milice n’est pas intervenue pour casser cette grève susceptible de renverser le régime. Les mollahs sont réduits à formuler des menaces ou à lancer des opérations punitives ponctuelles. Il n’y a pas un mot sur ces faits dans la presse occidentale. Pendant ce temps, les Occidentaux parlent d’affaires spectaculaires et fictives afin que leur population ne soit informée de la vraie situation en Iran et que la contestation s’essouffle faute de soutien. On a d’abord eu la lapidation de Sakineh, puis la condamnation à mort d’un bloggeur ou encore le Ver information Stuxnet. A présent, le buzz de la semaine sera l’octroi du prix occidental de la presse libre à un iranien : Ahmad Zeydabadi, un islamiste notoir. Un de ceux que le peuple rêve de pendre quand il renversera le régime des mollahs.


05.10.2010

Iran : Les mauvaises informations (sur Stuxnet, Sakineh, Derakhshan et Total)

Depuis des mois, le régime a perdu le contrôle sur ses jeunes miliciens. Ces derniers avaient notamment refusé de participer à la répression du soulèvement populaire de l’été 2009. A présent, le Bazar, allié historique du clergé et du régime, est en grève et n’abandonne pas malgré les intimidations et les menaces. Le régime des mollahs est en difficulté. Les Américains qui ont besoin d’une entente avec ce régime islamiste pour embrigader les musulmans dans le sens de leurs intérêts et les Européens pour qui la chute du régime est synonyme de l’annulation de leurs contrats ne parlent pas de ces difficultés afin que l’opposition ne puisse bénéficier du soutien de l’opinion occidentale. Pour leur grand malheur, notre site évoque la réalité et les attentes du peuple iranien, c’est pourquoi les Etats et les médias occidentaux (parfois en combinaison avec les mollahs) mettent en avant d’autres nouvelles pour accaparer les attentions et les détourner des réalités. Nous avons décidé de faire une liste de ces « mauvaises » informations dont il faut se méfier. C’est là une occasion pour rappeler les noms des lobbyistes non déclarés du régime des mollahs qui sont parfois financés par Washington !


02.10.2010

Iran : Défendons Derakhshan, un fan de lapidation !

L’espace médiatique français et international est en ce moment mobilisé pour annuler la condamnation à mort de Hossein Drakhshan, qualifié de journaliste et père de la blogosphère iranienne. Or, depuis des années, les opposants iraniens dénoncent ce fan inconditionnel du système islamique comme étant une taupe du régime et le responsable du fichage de milliers de bloggeurs. Cette annonce de condamnation est une mise en scène pour accaparer l’attention de l’opinion internationale sur la défense d’un homme très pro-régime alors que le régime de plus en plus affaibli pend des dizaines de jeunes. Halte à la manipulation.


25.09.2010

Iran : Shirin Ebadi sur de mauvaises pistes

Au cours des dernières années, Shirin Ebadi a fait de nombreuses apparitions dans les médias français ou occidentaux. Elle n’a non seulement jamais évoqué les sévices de dizaines de loi de la charia imposées au peuple iranien, mais au contraire, alors que le peuple espérait qu’elle les dénonce, elle a invariablement parlé des progrès apportés par les mollahs en matières des droits de l’homme. Cette semaine, elle a changé de discours et demande aux Occidentaux de se focaliser sur la condamnation de la lapidation. Ce discours n’est en fait pas aussi formidable qu’il n’y paraît. | Décodages |


22.09.2010

Iran / Etats-Unis : Otages contre otages

Nous ne cessons de vous rappeler que pour étendre son hégémonie, Washington a besoin des mollahs qui ont l’autorité nécessaire pour agiter les musulmans dans le sens des intérêts américains au Moyen-Orient et surtout en Asie Centrale [2]. Mais ces derniers ne peuvent pas accepter une alliance car cette évolution vers une république islamique au service des intérêts américains passerait nécessairement par un transfert de tous leurs pouvoirs entre les mains des pions islamistes de Washington. C’est pourquoi Washington fait pression sur les mollahs : il veut les forcer à accepter le dialogue qui mène à leur capitulation. Ces pressions se composent de sanctions sélectives, de projets d’investissements annulés à la dernière minute, mais aussi de frappes contre les Pasdaran basés à proximité des frontières irakiennes ou pakistanaises via des groupes armés baloutche ou kurde. Hier, le composant baloutche de ce dispositif a attaqué un convoi des Pasdaran pour prendre 6 otages qu’il menace d’exécuter.


18.09.2010

Iran : Farzad Farhangian, le porte-parole du cynisme

Farzad Farhangian (ci-dessous), un autre « diplomate iranien », a fait défection dans le cadre de l’« Opération Ambassades Vertes ». Lors de sa conférence de presse en Europe et une interview sur la Voice of America (VOA), la chaîne en persan du Département d’Etat, Farhangian a parlé des « dérives récentes de la république iranienne qu’il a servi depuis 31 ans » avant d’annoncer son adhésion au Mouvement Vert de Moussavi et Karroubi. Farhangian a dit qu’il allait « occuper la fonction du porte-parole de toute l’opposition iranienne à l’étranger. » Les médias occidentaux surtout la Voice of America (VOA) se sont montrés enthousiastes en évoquant un « renforcement de l’opposition iranienne ». Les Iraniens ont en revanche été choqués car les employés des ambassades du régime sont tous issus des services secrets des Pasdaran et par ailleurs, le Mouvement Vert prône un retour aux principes fondateurs de la révolution islamique ! L’opposition en exil vient de se faire imposer un porte-parole au service du régime ! Les Iraniens ont certes été choqués, mais ils n’ont pas été déprimés, ils ont trouvé la parade pour confondre cet opportuniste et d’autres coquins de son espace. D’une manière générale, ce genre d’actions cyniques ont toujours créé plus d’opportunités que des obstacles.


16.09.2010

IRAN : LETTER TO CARLA

© IRAN-RESIST.ORG – August 26, 2010 | Washington sanctions the mullahs in order to force them to become its allies and destabilize China and Russia. As sanctions deprive it of currencies, the Iranian economy is not at all well : SMEs are going bankrupt and thousands of workers are laid off. Additionally the mullahs find difficulties to supply domestic markets. They are heading to penuries that could make them collapse. In order to avoid such penuries, they started to cut the Iranians’ purchasing power by freezing salaries and liberalizing prices. Every ally of the regime, militiamen and especially Bazari, want to leave the boat so to not be lynched by people whenever the regime will collapse. Some of them such as young Basiji who are in charge of urban security have already left the regime. The regime does its best to simulate some unity in order to curb such implosion. Washington which is willing to maintain an Islamic regime in Iran feels quite disturbed because it wants to avoid that its people know about what is happening in Iran in order to prevent them from supporting any regime change. Thus it found THE solution : a campaign to save a woman who is condemned to death sentence, a victim to avert eyes away from people in distress. Tehran which doesn’t wish to get the American people support is participating to this operation via the victim’s so-called lawyer who pretends to be exiled but who doesn’t denounce at all the regime’s exactions.

Some famous people were instrumented for such campaign. There is one letter everyday written by a celebrity in order to focus endlessly the general attention on a sole victim while entire people wait and get hopeless. This is revolting because this is meant to break Iranians’ hope.

Among those letters, some are written by people who are politically involved with mullahs or with Americans. However we won’t mention them because we don’t want anymore to be sued by those pawns that dispose of great financial means. But some letters are written by very sincere persons. Among them, the letter of Mrs Carla Bruni-Sarkozy because it shows elements that prove her sensitivity and her sincerity but that denotes as well the fact that she is misinformed.

That is why we decided to call out the first lady of France in order to inform her so that she can put her energy and the one of her husband at the disposal of truth and of people in distress who expect to get the Western support.


03.09.2010

Iran : Karroubi, le martyr répétitif !

Il y a deux jours, les médias ont rapporté que Mehdi Karroubi, « chef de l’opposition iranienne », avait été malmené par les bassidjis. Puis, hier, on a dit que sa maison avait été saccagée. Il est important de rappeler que Karroubi est partisan du régime et défend l’ensemble de ses politiques, il n’est de ce fait pas un opposant, mais un membre haut placé du pouvoir présenté comme un opposant pour simuler l’existence d’une lutte interne en faveur de la démocratie. Mais étant du même avis que le pouvoir, Karroubi n’a pas une vraie actualité politique. Son actualité se résume à des rumeurs d’attaques physiques contre sa personne. Ainsi, tout au long de l’année dernière, on avait également parlé des attaques contre lui, son auto ou sa maison.


03.09.2010

Iran : La lettre à Carla

Washington sanctionne les mollahs afin de les forcer à devenir ses alliés pour déstabiliser la Chine et la Russie. Privés de devises par ces sanctions, l’économie iraniennes va très mal : les PME sont en faillite et les ouvriers sont licenciés par milliers [3]. Les mollahs ont également du mal à approvisionner les marchés intérieurs. Ils vont aux devants des pénuries qui pourraient les emporter. Pour éviter ces pénuries, ils ont commencé à réduire le pouvoir d’achat des Iraniens en gelant les salaires et libérant les prix. Tous les alliés du régime, miliciens et surtout les Bazaris, ont envie de quitter le navire pour ne pas être lynchés par le peuple quand le régime s’effondrera. Certains comme les jeunes bassidjis, chargés de la sécurité urbaine, ont déjà quitté le régime. Le régime fait son possible pour donner l’impression d’une unité pour endiguer cette implosion. Washington, qui veut préserver un régime islamique en Iran, est bien embêté car il veut éviter que son peuple soit au courant de ce qui se passe en Iran afin qu’il ne soutienne pas un changement de régime. Il a trouvé LA solution : une campagne pour sauver une femme condamnée à la lapidation : une victime pour détourner les regards d’un peuple en détresse. Téhéran qui ne veut pas non plus de ce soutien du peuple américain participe à l’opération via un soi-disant avocat de la victime qui se dit un exilé, mais ne dénonce rien des exactions du régime.

Des people ont été instrumentalisés pour cette campagne. Il y a une lettre par jour par une célébrité pour focaliser sans cesse l’attention générale sur une seule victime alors qu’un peuple attend et désespère. C’est révoltant car on veut briser l’espoir des Iraniens.

Parmi ces lettres, certaines sont écrites par des gens politiquement impliqués avec les mollahs ou avec les Américains, nous n’en parlerons pas car nous voulons plus de procès par ces pions dotés de moyens financiers très élevés, mais il y a dans le lot d’autres lettres écrites par des gens sincères. Parmi celles-ci, la lettre de Mme Carla Bruni-Sarkozy nous a interpellés car elle contient des éléments montrant sa sensibilité et sa sincérité, mais aussi son manque d’informations.

C’est pourquoi nous avons décidé d’interpeller à notre tour la première dame de France pour l’informer afin qu’elle puisse mettre son énergie et celle de son mari au service de la vérité et d’un peuple en détresse qui attend le soutien de l’Occident.


26.08.2010

IRAN : STONING AND MANIPULATIONS

© IRAN-RESIST.ORG – August 16, 2010 | One month ago, when the Bazar of Tehran started to strike and when the movement spread to entire nation, the regime which never tells about its own Human Rights violations gave a lot of media coverage to the stoning death sentence of surnamed Sakineh in order to create a diversion for the strike that threatened then its security. Whenever the strike stopped, the regime dismantled such media bomb by adjourning Sakineh’s verdict. Last week, on the 10th of August, the Bazar of Machad started to strike. On the evening, the regime created a new media diversion with Sakineh’s TV confession. Actually the fact is that such confession doesn’t exist. Beware, you are manipulated ! | Explanations |


19.08.2010

Iran : Lapidation et manipulations

Il y a un mois quand le Bazar de Téhéran avait commencé sa grève et le mouvement était devenu national, le régime qui ne parle jamais de ses violations des droits de l’homme avait médiatisé la condamnation à mort par lapidation d’une dénommée Sakineh pour faire diversion sur la grève menaçant sa sécurité. Puis quand la grève s’est terminée, le régime a désamorcé cette bombe médiatique en suspendant le verdict de Sakineh. La semaine dernière, le 10 août, le Bazar de Machad a commencé une grève. Le soir même, le régime a créé une nouvelle grande diversion médiatique avec les aveux télévisés de Sakineh. Mais le fait est que ces aveux n’existent pas. Attention, vous êtes manipulés. | Explications |


16.08.2010



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