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Iran : La semaine en images n°247

intro de base pour comprendre la situation,
mise à jour chaque semaine :
avec une nouvelle analyse inédite des événements de la semaine précédente.
En rouge : les éléments qui, cette semaine, ont été d’actualité.

Origines de la crise. Il y a 33 ans, en 1979, les mollahs, alliés historiques de Britanniques et exclus du jeu par la dynastie progressiste des Pahlavi, ont pu revenir dans l’arène politique quand les Américains ont décidé de renverser le Shah (coupable entre autre d’avoir modernise le pays, stabiliser la région et aussi d’avoir créer l’OPEP) avec l’intention d’installer à sa place leurs islamistes (dont l’OMPI) pour déstabiliser la région et la remodeler selon leurs intérêts pétroliers. Le projet appelé Arc de Crise devait faire de l’Iran un foyer d’agitation islamiste pour soulever l’Asie Centrale contre la Russie et la faire basculer dans le camps américain permettant à Washington de devenir la première puissance pétrolière au monde. Cela allait mettre fin à 100 ans de domination du marché pétrolier par les Britanniques : les mollahs pro-britanniques ont participé au projet pour évincer les pions de Washington, dévoyer le projet et aussi accaparer le pouvoir. Ce coup d’état interne a été réalisé par Rafsandjani, le demi-frère et fondé de pouvoir de Khomeiny en assassinant les pions religieux de Washington et surtout en coupant le cordon ombilical entre Washington et la révolution islamique par l’attaque des étudiants islamiques contre l’ambassade américaine et la prise en otage des diplomates américains . En échange, de ces services et cette Seconde révolution islamique, Rafsandjani a été autorisé à écarter des mollahs plus hauts placés comme Mottahari (le protecteur des Larijani) pour accéder à tous les postes clefs comme le ministère de l’intérieur, les services secrets des Pasdaran ou encore le ministère de guerre qui ont fait de lui le patron non officiel du régime et de tous les bons business (pétrole, automobile, le secteur alimentaire). Avec quelques autres mollahs ambitieux et le soutien tacite des Britanniques, Rafsandjani a aussi verrouillé le système en diabolisant les Etats-Unis et en attaquant ses intérêts et ses alliés régionaux pour ne laisser aucune chance de retour aux pions américains.

L’Etat américain a alors commencé à sanctionner les mollahs pour provoquer des pénuries et un risque de soulèvement pour forcer Rafsandjani et ses complices à cesser leur diabolisation, d’accepter un apaisement, puis la normalisation des relations pour qu’il puisse revenir en Iran avec ses pions et reprendre le pouvoir via une révolution de couleur.

Rafsandjani et ses complices ont alors accentué les actions terroristes contre les intérêts américains et ont décidé de sacrifier la production nationale pour importer tout d’Europe afin d’acheter la protection diplomatique des Européens. Cela et la guerre contre Saddam ont rapidement ruiné le pays et sa force de production : les ouvriers ont perdu leurs emplois, les Bazaris qui vivaient de la vente des produits nationaux ont été ruinés. Le pays était aussi en guerre. Beaucoup de jeunes Pasdaran contactaient Reza Pahlavi pour exprimer leurs regrets de tout ce qui avait été perdu par leur faute. La révolution islamique a très vite perdu ses enfants et très vite, le régime s’est retrouvé en danger. Mais il n’est pas tombé car Washington n’a jamais aidé les opposants, le peuple et les dissidents de peur que le modèle islamique nécessaire à ses projets régionaux ne disparaisse.

Par ailleurs non seulement Washington n’a jamais aidé les opposants, mais encore, il a souvent laissé un grand nombre de ses partenaires stratégiques contourner ses sanctions pour adoucir leur effet. quand il estimait qu’elles pouvaient dépasser leur objectif et entraîner la chute du régime islamique qu’il veut récupérer.

Mais en agissant ainsi, Washington a rallongé l’agonie du régime et a amplifié l’opposition et la dissidence, ce qui a affaibli la position de Rafsandjani, le patron de facto du régime, parmi ses adversaires internes. Pour se maintenir, Rafsandjani a toujours cherché à étendre son pouvoir. En 1989, à la mort de Khomeiny, il a trafiqué le testament de ce dernier pour officialiser sa propre mainmise sur le régime et a obtenu les pleins pouvoir pour le Conseil de Discernement qu’il présidait. Mais la poursuite des sanctions visant personnellement Rafsandjani (comme avec le mandat d’arrêt pour l’attentat de l’Amia) et son incapacité à les neutraliser l’ont amené à partager le pouvoir avec des adversaires (comme les frères Larijani) pour acheter leur loyauté et des délais supplémentaires pour restaurer son hégémonie.

Rafsandjani a alors tenté un faux apaisement via Khatami, un ex-responsable d’assassinats des opposants exilés, mais il n’a pas pu amadouer Washington. Il l’a alors remplacé par un autre ex-responsable des services secrets nommé Ahmadinejad et l’a entouré des pires racailles des services secrets (comme Mottaki, Najjar, Vahidi) pour tenter de faire reculer Washington avec toute sorte de menaces. Mais Washington a utilisé ces menaces pour renforcer ses sanctions !

Mais en 2007 quand Washington a impliqué le Conseil de Sécurité de l’ONU pour généraliser les sanctions et s’est mis à évoquer très régulièrement la possibilité de frappes militaires, la dissidence interne s’est amplifiée : on a assisté à d’importants boycotts des manifestations officielles par les de Pasdaran de base, les Bazaris ou des mollahs de base.

En 2008, Washington a adopté ses premières sanctions bancaires, limitant sérieusement les revenues en devises du régime . Rafsandjani et ses complices au sein du Conseil de Discernement ont décidé de limiter le pouvoir d’achat des Iraniens pour brider la consommation afin de survivre malgré la diminution de leurs revenus. Le plan prévoyait la suppression de tous les prix subventionnés, mais par peur d’une émeute générale, le régime a d’abord gelé les salaires de ses propres employés les mieux payés, les agents sécuritaires, qui ont été très déçus et ont aussi pris leur distance bien qu’ils ne puissent pas aller vers la dissidence en raison de leurs passés criminels.

Cette nouvelle rupture était terrible. Le régime était menacé en cas d’un soulèvement. Rafsandjani devait songer à une éventuelle négociation avec Washington pour pouvoir quitter le pays avant la chute du régime : il a alors exclu Ali Larijani du poste clef de négociateur nucléaire lui donnant accès au dialogue avec les Américains pour prendre en main ce poste. Larijani ne s’écartait pas : Rafsandjani devait lui donner un poste clef. Via a les élections factices du régime, il lui a offert la direction de la majorité législative (la chefferie du Parlement) : un titre et une tribune plus qu’un vrai pouvoir car le Parlement n’a aucun rôle décisionnaire dans le système actuel. Ali Larijani a alors révélé par l’intermédiaire de l’un de ses pions la corruption de Rafsandjani et de ses alliés afin de les éliminer du jeu et devenir celui qui négocie la fin du régime pour bénéficier des mêmes garanties.

Rafsandjani s’est vu menacé par les sanctions, le risque de pénuries et d’émeutes, la dissidence interne ou encore les dossiers d’Ali Larijani : en juin 2009, il a tenté de sauver le régime et surtout sa situation avec le Mouvement Vert, une fausse révolution de couleur, partisane de la ligne (anti-américaine) de Khomeiny, menée par ses ex-amis (les étudiants islamiques preneurs d’otages de l’ambassade américaine pour donner une nouvelle légitimité à son clan. Mais le peuple a profité de l’occasion pour crier sa haine du régime et les Pasdaran ne sont guère intervenus pour réprimer cette contre-révolution. Rafsandjani a dû offrir le Pouvoir Judiciaire à Sadegh Larijani, le frère cadet d’Ali Larijani, pour acheter leur loyauté afin de poursuivre ses plans.

Rafsandjani offrait plus de pouvoirs à ses ennemis (les Larijani), mais avec un risque limité car le procureur Ejéi, maître des accusations, était un de ses pions et par ailleurs, l’inspection générale interne était dirigée par son pion Pour-Mohammadi. Il devait cependant faire vite avant que les Larijani nomment leurs pions. Rafsandjani a alors tenté de duper le peuple avec de nouveaux slogans moins mièvres et en faisant passer d’ex-agents secrets enrôlés dans le ministères des affaires étrangères, mais aussi ses enfants Mehdi et Faezeh pour des opposants.

Mais après un an d’échecs, il a dû s’éclipser laissant officieusement ses pouvoirs à Ali Larijani.

On peut dire que Rafsandjani a perdu le soutien de ses pairs et qu’il a été débarqué du pouvoir par eux et Larijani qui avait des dossiers contre tout le monde a pu obtenir sa place du chef occulte du régime. Mais ses gens n’ont pas osé officialiser la passation du pouvoir car il avait peur de Larijani et de ses dossiers compromettants. De fait, il n’y a pas eu d’épuration interne, Rafsandjani est resté influant car il gardait des pions au pouvoir en particulier Ahmadinejad et ses ministres, tous issus des services secrets des Pasdaran qu’il avait jadis dirigés. Ainsi, en juin 2010, le pouvoir est devenu bicéphale, complètement divisé.

Larijani a alors commencé à mettre en place des procès contre les enfants de Rafsandjani pour l’atteindre moralement et des procès contre Ahmadinejad et ses ministres chargés des négociations pour démanteler son équipe afin de permettre à son propre équipe de prendre la place. Cette entreprise de sape a reçu le soutien tacite de tous ceux qui étaient exclus du pouvoir et des bons business par Rafsandjani.

Fin 2010, Ce nouveau pouvoir très divisé a enfin mis en place son plan impopulaire de suppression de tous les prix subventionnés confirmant par la même occasion que sa situation économique était très grave. En seulement un mois, la hausse des prix de produits énergétiques a entraîné la faillite de 60% des entreprises et une terrible récession

Trois mois plus tard, en mars 2011,, la fête du Feu, une grande fête persane interdite par le régime depuis toujours, coïncidait avec l’anniversaire de Reza Shah, le fondateur d’Iran laïque. Le régime a menacé le peuple des pires répressions s’il bougeait. Le peuple a passé outre ces menaces montrant son rejet de l’Islam et son souhait d’une contre-révolution. Les Pasdaran ont laissé faire, affichant ainsi leur soutien à la contre-révolution. Cette action exemplaire a réduit le régime à ses 200 dirigeants, près de 15,000 responsables régionaux, 800 hommes d’affaires et 6000 nervis.

Le Régime a tenté de rétablir l’ordre en cessant de payer les Pasdaran, en assassinant des meneurs d’hommes ou en incendiant le Bazar à plusieurs reprises sans parvenir à soumettre les dissidents qui étaient à l’origine de ses malheurs.

Le Régime était fragilisé, il pouvait chuter dans le sang et ses dirigeants devaient songer à accepter l’offre de Washington pour céder le pouvoir afin d’échapper à une fin terrible. Les cadres et les hommes d’affaires du régime qui allaient être sacrifiés dans le deal ont paniqué : les cadres du régime ont commencé à rompre et les hommes d’affaires du régime ont commencé à brader leurs biens pour acheter de l’or et des dollars afin de quitter le pays avant la débandade de leur dirigeants. La demande du dollar a fait augmenter le prix de la devise américaine sur le marché libre. Le taux du dollar est devenu l’indicateur de la chute de la confiance des derniers compagnons du Régime en leur avenir.

Ces ruptures et ces retraits de devises ont affaibli davantage le Régime (déjà très en difficulté). Larijani a alors accentué ses efforts pour écarter au plus vite Rafsandjani afin de contrôler le jeu des marchandages avec Washington. Il a ainsi admis la vulnérabilité du Régime, ce qui a créé une nouvelle source d’agitation interne.

En juillet 2012, Washington a imposé aux Européens de cesser leurs relations protectrices pour amener Larijani à accélérer sa guerre contre Rafsandjani afin de provoquer de nouvelles fracture au sein du régime.. il y a de nouvelles ruptures (les députés, puis les juges). Les Chinois ont estimé que le régime était fichu : prudemment, ils ont annoncé la diminution leurs investissements, puis ont suspendu leurs achats pétroliers. La peur de la banqueroute économique et de pénuries a envahi tout le monde provoquant une nouvelle grande ruée vers le dollar, mais aussi une ruée vers les produits alimentaires. Le pays tout entier a basculé dans la révolte avec une grande manifestation contre le Régime à Neyshabur, puis des appels à la grève générale au Bazar et plusieurs attaques contre la police des moeurs, dernière milice encore fidèle au Régime… Les Pasdaran ne sont pas intervenus, confirmant ainsi leur adhésion à la contre-révolution.

Le Régime a fait appel à ses 6000 nervis de base pour rassurer ses derniers compagnons. Mais il n’a pu mobiliser que 250 individus qui au fil du temps n’osent même plus sortir dans la rue et soutiennent le régime en se réunissant uniquement sur des sites sécurisés. De nouveaux boycotts internes de grands événements politiques, militaires et religieux ont alors confirmé la rupture des millions de Pasdaran, mais aussi des Bazaris ou encore les 80,000 mollahs de base ! Les associés du régime ont alors repris leurs achats de dollars pour quitter le pays au plus vite.

Rafsandjani a aussi paniqué : il a donné des signes de vouloir négocier rapidement avec Washington. Larijani a renforcé les accusations contre ses plus proches lieutenants (nommés à des postes clefs pour le protéger contre toute action judiciaire). Mais il n’a pas réussi à le calmer. Les commandants des Pasdaran (qui sont en place grâce à lui mais pourraient être sacrifiés dans le deal à venir) ont rejoint le concert des accusations. Rafsandjani a senti qu’il devait saisir toutes les occasions. Le voyage d’Ahmadinejad à NY pour l’Assemblée Générale de l’ONU était une occasion en or. Larijani a fait mine de vouloir l’arrêter. Les Pasdaran ont formulé d’autres accusations de corruption pour le dissuader de sceller une entente en échange de quelques garanties pour lui-même. Afin de les rassurer sur sa loyauté et laisser son pion partir à N-Y, Rafsandjani a rapatrié ses enfants Mehdi et Faezeh, laissant les Larijani les arrêter : il les a mis en gage. Mais contre toute attente, dès son arrivée à NY, son pion Ahmdinejad s’est montré très charmant avec les Américains en leur proposant lors d’une interview télévisée la possibilité d’une normalisation des relations bilatérales ! Rafsandjani avait sacrifié ses enfants. Il devait estimer que le régime était fichu. La panique a de nouveau gagné tous les derniers compagnons du Régime : on a assisté à une folle ruée vers le dollar : en quelques heures, le dollar est remonté de 70% dépassant les 4000 Tomans.

Les Larijani ont placé Mehdi en isolement pour faire pression sur Rafsandjani. Rafsandjani a continué et il a ainsi déçu de nombreux proches par son cynisme. Ses amis ex-preneurs d’otages ou terroristes ont constaté qu’il pourrait facilement les sacrifier. Les Britanniques, alliés trahis, ont aussi demandé des sanctions supplémentaires pour intimider le Régime. Rafsandjani a dû reculer en faisant désavouer indirectement l’ouverture proposée par Ahmadinejad. Mais la panique a persisté car elle n’est pas seulement due à l’envie de fuite des dirigeants, mais à ce qui provoque cette envie, c’est-à-dire, la vulnérabilité du régime.. Le régime était de facto condamné. Rafsandjani devait continuer ses efforts pour assurer ses intérêts au-delà du régime. Pour cela, il avait besoin de tous alliés disponibles. Il a décidé de sauver son fils pour rassurer ses fils spirituels. Il a alors a chargé Ahmadinejad de visiter la prison Evine de Téhéran au prétexte d’un rapport sur l’état des prisons. Les Larijani ont refusé la demande et ont même utilisé ce refus pour malmener le clan Rafsandjani et mettre en valeur son déclin. Rafsandjani a lâché prise, mais il a vu qu’il devait conclure rapidement une entente avec Washington avant que les Larijani trouvent le moyen de le mettre hors service.

Dans la foulée, le Régime devait organiser de nombreux manoeuvres et défilés pour la « Semaine des Forces de l’Ordre ». Craignant un nouveau boycott des Pasdaran, il redoutait une nouvelle panique ou un début d’exode de ses associés avec leurs fortunes reconverties en dollar. Ses dirigeants (des deux clans) ont cru judicieux de bloquer tous les comptes en devises. Cette mesure a encouragé ses compagnons à acheter davantage de devises, mais aussi de revenir à l’achat de pièces d’or. Le dollar et l’or ont atteint des sommets. Le régime a proféré des menaces à l’encontre des acheteurs qualifiés d’agitateurs financiers, mais en l’absence de troupes fidèles à ses côtés, il n’a pas pu les intimider. Il a alors incendié le Bazar pour forcer les revendeurs Bazaris d’arrêter les ventes. Bazar ! Les Bazaris, malmenés et ruinés par le régime depuis des années, ont baissé les grilles pour commencer une grève paralysante.

Sur les images de manifestations des Bazaris, on ne voyait aucun policier ou milicien fidèle au régime. Chacun a vu que le régime (et ses dirigeants) étaient dépassés et seuls. Ses compagnons ont aussi rompu les amarres et ont attaqué les banques pour libérer les devises bloqués sur leur compte. Le régime s’est ainsi retrouvé avec deux actions explosives susceptibles de précipiter sa chute. Il a tenté de contenir ces menaces en annonçant de grands rassemblements autour du Guide dans la région de Khorâssân du Nord, mais les Pasdaran de cette région ont boudé le Guide. Le régime a diffusé des images de foules, mais il y avait de nombreuses déformations visuelles et en plus, on n’y voyait aucun bain de foule. Il s’agissait d’images d’archives trafiquées. Personne n’a cru aux annonces de la popularité du régime. La crise de l’or et du dollar a persisté.

Il y a deux semaines, dans ce contexte particulièrement défavorable, l’Europe a annoncé de nouvelles sanctions contre le régime. Le dollar a augmenté encore de 30% malgré les menaces d’arrestation et de pendaison proférées par le Régime. Humilié, le Régime, a alors annoncé la tenue de trois jours de manœuvres époustouflantes au cœur même de Téhéran avec 15,000 combattants de sa nouvelle milice anti-émeute. Les images ont montré une soixantaine de miliciens sous-équipés s’agitant à l’intérieur des casernes.

Le régime devait alors organiser des grandes prières publiques à l’échelle nationale pour la fête de Sacrifice, puis célébrer la Semaine du Sacrifice pour la révolution puis, l’anniversaire (de la prise d’ambassade américaine) ou la Seconde Révolution Islamique et enfin la fête chiite de Ghadir Khom qui célèbre en quelques sorte la naissance du chiisme ! Tous ces événements avaient été sévèrement boycottés par le peuple en 2011. Le régime allait vers une série de revers susceptible d’aggraver son cas. Pour s’épargner de nouveaux boycotts révélant son total isolement, il a évoqué la possibilité d’établissement de coupons de rationnement pour ses partisans démunis. Pour obtenir le soutien de ses affairistes paniqués, il leur a proposé d’investir leurs dollars dans l’économie du pays en reprenant des grandes industries publiques.

Les évocations de rationnement et de demande d’investissement ont convaincu out le monde que le régime était au bord de la faillite et de la pénurie :il y a une ruée vers le stockage des principaux produits de grandes consommations en particulier d’essence que le pays a déjà rationné, les pompes ont été mis à sec et le pays a été confronté à une grosse pénurie d’essence. Les frères Larijani devaient vite prendre le contrôle du régime et des négociations finales avec Washington pour pouvoir fuir en toute sécurité et avec leur fortune. Ils ont reparlé de la demande de visiter les prisons, la qualifiant de manœuvres médiatiques pour cacher la responsabilité d’Ahmadinejad dans la crise économique actuelle avant d’évoquer le retrait du vote de confiance du Parlement. Les autres mollahs qui se sont toujours accommodés de Rafsandjani et ont obtenu en échange un siège au Conseil de Experts (le Sénat du régime) et des parts dans divers secteurs économiques du pays ont désapprouvé cette révolution du palais et ont exprimé leur hostilité via leur président Mahdavi-Kani (qui est également chef de la loge maçonnique du clergé).

Le clan Rafsandjani s’est senti protégé et s’est lancé dans des attaques contre ses adversaires. Par ce comportement, il a confirmé qu’il n’avait rien à faire de l’intérêt général, il oeuvrait pour ses intérêts car il considérait que la chute du régime était proche.

C’est pourquoi les 200 à 300 nervis de base ont aussi boycotté la prière publique de la fête de Sacrifice et de nombreux responsables officiels ont boycotté la prière officielle.

Les dirigeants du régime ont alors changé la suite du programme officiel pour éviter de mettre en valeur leur isolement. Ils ont complètement oublié de parler de Ghadir. Ils ont remplacé la Semaine de Sacrifice par une Exposition internationale d’agences de presse avec des dizaines de conférences de presse très polémiques et offensives pour mettre en scène un régime solide et offensif et enfin ils ont avancé la célébration de la prise de l’ambassade d’une journée, de samedi à Vendredi férié, pour limiter la visibilité du boycott attendu.

Washington a été alarmé par ces manipulations évoquant le déclin de l’islamisme et même l’islam en Iran. C’est pourquoi Washington a demandé aux Argentins à trouver un compromis sur l’affaire Amia afin de montrer qu’il était prêt à aller très loin pour obtenir un transfert pacifique de pouvoir vers ses pions afin d’éviter la chute du régime islamique qui indispensable pour son projet de conquête de l’Asie centrale.

Israël qui voit même les mouches voler dans les couloirs de Natanz, n’a pas vu et n’a pas critiqué ce marchandage nauséabond sur Amia car il n’est qu’un pion dans le jeu américain, mais ce marchandage protégeant seulement Rafsandjani et quelques proches a été vu comme une menace par les Larijani : ils ont immédiatement confirmé la convocation de son pion Ahmadinejad mettant Rafsandjani et ses pions en situation de ne plus avoir le droit de négocier quoi que ce soit. Les diplomates du clan Rafsandjani ont dû alors se retirer de ces négociations incroyables et tant espérées et les médias de ce clan n’ont également cessé de rejeter la possibilité d’un deal. Puis, le clan Rafsandjani a lâché Ahmadinejad en se joignant à la meute opposée pour sa mise à mort afin de ne pas couler avec lui. Le clan a même annoncé son candidat pour les élections anticipées souhaitées par Larijani !

Ahmadinejad a promis de balancer les vrais coupables de la crise et Larijani a annoncé des poursuites contre le candidat du clan Rafsandjani. Washington, qui n’avait pas aimée la rupture de son marchandage a menacé le régime d’alourdir ses sanctions. Le régime allait à sa perte avec ses divisions et les sanctions.

La base devait paniquer en se ruant vers l’achat de l’or, du dollar ou des produits dont ils ont l’utilité avant que le pays soit frappé de toutes sortes de pénurie. Le régime a alors suspendu les licences de 99,7% des agents de change, puis a interdit l’exportation de la moindre gramme d’or du pays, confirmant ainsi sa faillite ! Le régime a également annoncé le rationnement de 50 produits de base, compris des produits industriels comme l’acier, confirmant l’existence d’une grande pénurie générale. Dans la foulée, la compagnie iranienne de roulements à billes a déposé le bilan entraînant dans sa chute 1000 emplois et menaçant tout le secteur automobile.

En fin de la semaine, la base privée d’une porte de sortie et sans cesse méprisée par des dirigeants (qui sont uniquement soucieux de leurs intérêts) les a sanctionnés par un boycott massif du rassemblement pour l’anniversaire de la seconde révolution.

Le nombre des participants a été si bas que le régime a renoncé à montrer une vue du ciel ou du haut d’un immeuble et n’a diffusé qu’une dizaine de portraits de manifestants et beaucoup de photos d’archives ! De fait, avec une semaine de recul et des recherches, nous pouvons avancer les chiffres de 20 officiels, 30 journalistes et seulement 40 participants !

Cette semaine, le régime a vécu dans le traumatisme des chocs de la semaine dernière : le rationnement annoncé, l’embargo sur le dollar, puis l’or, et enfin le boycott massif des événements essentiels pour sa survie !

En fait, échaudé par l’ampleur du boycott après leurs méfaits, les dirigeants ne pouvaient pas continuer leur guerre ou reprendre leur propagande. Il devait rétablir la confiance avec la base en se montrant sincères et unis face aux sanctions ou à la menace d’un soulèvement. On a assisté à un petit apaisement entre les deux clans sans ils ne sont pas parvenus à une entente. Les dirigeants sont restés divisés dans l’adversité et ont de fait encore déçu leurs compagnons qui les ont encore boycottés.

Voici le récit et les images d’une semaine de doutes et de déprime pour les dirigeants usés du régime et pour leurs derniers serviteurs désabusés et désenchantés.


14.11.2012

Iran : La semaine en images n°233

Résumé de la situation (+ un inventaire des diverses réponses du régime aux sanctions et leurs effets) | Il y a une semaine, les habitants de la ville de Neyshabur ont manifesté aux cris de « Mort à la république Islamique », les habitants de Téhéran ont attaqué et molesté des miliciens chargés de faire respecter le port du foulard. Mais aucun Pasdaran ou Bassidjis n’est intervenu. Les Pasdaran et les Bassidjis ont laissé faire, apportant implicitement leur soutien à un changement de régime. Les dirigeants sont restés bouches bées et ont convaincus leurs derniers compagnons qu’ils n’étaient pas à la hauteur des problèmes...

En fait, cela fait 3 ans que des centaines de milliers de Pasdaran, de Bassidjis, de militaires, des dizaines de milliers de Bazaris et de mollahs de base boycottent toutes les manifestations officielles du régime. Ces actifs d’origine populaire du régime lui ont tourné le dos car ils n’ont pas les mêmes intérêts vitaux que leurs dirigeants.

Ces Pasdaran, Bassidjis... entrés dans la vie active près de dix ans après la révolution, ont hérité de la révolution sans l’avoir voulue. Ils sont arrivés à un moment où la révolution avait ruiné toute la prospérité acquise grâce aux Pahlavi et détruit des millions vie dans une guerre idéologique. Ils ont rejoint le régime par intérêt économique : pour échapper à la misère dans une économie dominée de façon mafieuse par les mollahs et leurs familles.
Les mollahs (historiquement pro-britanniques) ont accédé au pouvoir en 1979 en aidant les pions islamistes de Washington à renverser le Shah, puis en éliminant ces derniers du jeu via des assassinats puis par la diabolisation des Etats-unis et enfin par la rupture des relations diplomatiques avec ce pays.

Les Etats-Unis ont très peu apprécié car ils cherchaient certes à renverser le Shah qui avait porté préjudice à leur puissance pétrolière en créant l’OPEP et se positionnant comme un non alignés et cherchant à créer de nouvelles alliances régionales indépendantes, mais plus encore, les Américains cherchaient depuis les années 50 à installer une république islamique remuante en Iran pour constituer avec la Turquie, l’Afghanistan et le Pakistan (à re-islamiser par leurs soins), une Ceinture Verte (islamiste) au sud de l’Asie Centrale pour agiter cette région musulmane et la conquérir avec ses islamistes afin de démanteler l’Union Soviétique et la Chine, mais aussi happer ses réserves pétrolières en tant que bon sauveur et ainsi dépasser les Britanniques et leur ravir après 80 ans de lutte le leadership du marché pétrolier [1] pour devenir maître du prix du baril, maître du destin d’autres grands consommateurs qui cherchent à dépasser sa puissance économique.

Les mollahs ont contrecarré ce vaste plan pour empêcher les Américains de menacer la suprématie centenaire de leurs protecteurs britanniques sur le marché mondial du pétrole. Washington a immédiatement commencé une guerre d’usure économique contre les mollahs pour les affaiblir graduellement et provoquer des pénuries alimentaires afin que le risque d’un soulèvement populaire les force à revenir en arrière en acceptant le rétablissement des relations diplomatiques, puis le retour de ses pions dans le jeu et enfin un transfert des pouvoirs en leurs mains via une révolution de couleur (de préférence Verte en référence à l’islam et au projet de la Ceinture Verte).

Les « mollahs » ont été épaulés par les Britanniques et les autres adversaires économiques de Washington pour tenir bon et ont refusé de céder car ils avaient beaucoup à perdre à savoir leurs fortunes et sans doute la vie. Mais les Etats-Unis ont été plus forts, la Grande-Bretagne ainsi que les partenaires européens du régime en étant officiellement ses alliés ne pouvaient pas le contrer ouvertement et les autres amis du régime ne faisaient pas le poids devant les Etats-Unis, le régime devait trouver une réplique ou une politique pour neutraliser les sanctions par ses propres moyens. Dans les années 80, Rafsandjani, demi-frère de Khomeiny, patron des services secrets des Pasdaran et maître d’oeuvre des opérations pour chasser les pions de Washington a utilisé le terrorisme anti-américain au Liban pour négocier une paix avec Washington, mais sans y parvenir.

Par la suite, dans les années 90, Rafsandjani a obtenu la présidence du régime, la présidence de l’Assemblée des Experts (chargée de choisir le guide) et s’est octroyé les pleins pouvoirs en modifiant la constitution pour transférer les principaux pouvoirs du Guide au Conseil de Discernement qu’il venait de créer. Il a alors eu les mains totalement libres pour tenter de nouvelles négociations avec les Américains. Mais n’offrant rien à ses interlocuteurs et utilisant sans cesse le terrorisme, il a été soupçonné de vouloir les épuiser dans des négociations sans fin : il a fini par agacer Washington qui a encouragé l’Allemagne à le sanctionner directement par un mandat d’arrêt international pour son rôle dans la tuerie de Mykonos.

Rafsandjani ne pouvait plus voyager : il a dû renoncer à son mandat présidentiel. Il a confié la présidence à Khatami, un de ses anciens collaborateurs chargé d’éliminer les opposants, pour simuler un apaisement afin d’amadouer Washington. Dans ce jeu, Khatami a accepté de jouer la carte des négociations sans fin avant de faire quelques concessions contraires aux intérêts du régime sous la menace des sanctions. Rafsandjani, le maître plénipotentiaire du régime, a alors sorti Ahmadinejad (un autre de ses collaborateurs des services secrets) pour remettre en cause les concessions de Khatami et recommencer de nouvelles négociations sans fin tout en évoquant la menace d’une grande guerre régionale et la menace de la fermeture d’Ormuz pour faire reculer Washington par la possibilité d’une longue pénurie pétrolière mondiale. Cette nouvelle mouture de la guerre d’usure diplomatique de Rafsandjani n’a pas réussi à éliminer les sanctions, mais encore a permis à Washington de prendre comme prétexte la dangerosité du régime pour adopter de nouvelles sanctions et menacer l’Iran de frappes lourdes contre tous ses centres industriels. Rafsandjani n’a cessé de jouer le dialogue stérile et il a ainsi convaincu tous les serviteurs du régime comme les Pasdaran (les jeunes engagés par intérêt ou les anciens qui ont connu la guerre) qu’il n’était pas l’homme de la situation et qu’en plus il allait les mener vers une nouvelle guerre et le néant. Ils devaient sortir de ce régime pour leurs propres intérêts ou sortir le régime d’Iran.Mais l’armée des Pasdaran (Sepâh Pasdaran) a une structure cloisonnée comme des services secrets, les gens ne se connaissent pas pour former des complots, il a été plus simple de prendre ses distances que d’agir contre le régime. L’adoption en 2007 de nouvelles sanctions bancaires privant le pays de ses dernières ressources en devises a été un déclic. Dès 2008, des Pasdaran, des Bassidjis, mais aussi des Bazaris et des membres du clergé ont diminué leur participation aux manifestations officielles symboliquement importantes comme la Journée de Qods, ou la commémoration de la prise de l’ambassade américaine.

Le régime était alors de facto réduit à ses 130 hauts dirigeants du Conseil de Discernement ou de l’Assemblée des Experts, quelques milliers de hauts responsables administratifs, ses 300 députés, une centaine de hauts commandants de Pasdaran qui jouissent de revenus commerciaux, quelques milliers d’hommes d’affaires issus des clans au pouvoir et enfin ses hommes de main, soit en tout environ 20,000 personnes.Le régime était fragilisé, mais pas immédiatement menacé en raison de la structure cloisonnée du Sepâh. La seule menace possible pouvait venir des anciens combattants de la guerre Iran-Irak capables de former des groupes d’action. Avant qu’il puisse y parvenir, la caste dirigeante en particulier Rafsandjani devait agir.

En juin 2009, Rafsandjani a pris l’idée d’une révolution de couleur souhaitée par Washington pour un simulacre nommé Mouvement Vert sous la direction de son ami ultra Khomeyniste Moussavi, membre du Conseil de Discernement, hostile à tout dialogue, pour donner une légitimité démocratique absolue au régime et son incapacité fondamentale de compromis avec Washington. Mais le peuple autorisé à manifester a dévié de la ligne souhaitée par Rafsandjani : il est massivement descendu dans les rues avec des slogans hostiles au régime… On parlait alors d’un ralliement des Pasdaran à cette contre-révolution, mais cela n’a pas eu lieu car Washington, hostile à l’action résolument anti islamique de cette action et l’Europe (partenaire du régime) n’ont pas soutenu le peuple iranien. Ils ont plutôt laissé le régime rétablir l’ordre avec ses hommes de main et des rumeurs anxiogènes de répression sanglantes. Par la suite, Washington a inventé ses propres verts pour infiltrer le projet mal ficelé de Rafsandjani et aussi pour ne laisser aucune chance à une autre contre-révolution.

Rafsandjani qui avait failli renverser le régime était sur la sellette, il a dû céder la précieuse direction du pouvoir judiciaire à la famille Larijani qui le considère comme un ennemi car il a supprimé leur protecteur, l’ayatollah Mottahari, au motif qu’il était plus qualifié que lui pour diriger le pays. En cédant le pouvoir judiciaire à Sadegh Larijani, Rafsandjani a préservé la direction du régime. Il a alors mis en place une paupérisation forcée des ménages pour limiter la consommation et habituer les Iraniens à vivre en pénurie afin de neutraliser le principal effet des sanctions, puis il a repris avec plus vigueur les provocations d’Ahmadinejad et des tentatives pour relancer le Mouvement Vert n’hésitant pas à flirter avec des slogans de plus en plus politiquement incorrects. Enfin de compte, il n’a pas réussi à provoquer une escalade ni à attirer le peuple dans la rue, mais sa paupérisation a provoqué la rupture des Pasdaran haut gradés touchés par le mesure.

Au bout d’un an, en juin 2010, les autres hauts dirigeants ont estimé qu’il piétinait, n’avait aucune solution pour contrer les sanctions et avait même intensifié le mécontentement interne. Rafsandjani est alors disparu de la scène politique et Ali Larijani a pris le relais de ses devoirs officiels dans le cadre de la présidence du Conseil de Discernement. Mais Rafsandjani a gardé ce titre afin que le désarroi du régime ne soit pas révélé au grand jour. Par la suite en 2011, il a aussi perdu le contrôle de l’Assemblée des Experts. Il a cependant continué à intriguer dans l’ombre grâce à son pion Ahmadinejad et ses ministres, issu également de son clan.

Les Larijani, nouveaux patrons du régime, devaient trouver des solutions pour sauver le régime, mais ont continué les solutions utilisées par Rafsandjani dont notamment la paupérisation forcée imaginée en dernier lieu pour habituer les Iraniens à la pénurie ! Ils n’avaient aucune idée originale. De plus, ils ont surtout utilisé le pouvoir judiciaire pour régler des comptes avec Rafsandjani ou pour éliminer ses pions du jeu, notamment les ministres et les responsables administratifs chargés des négociations avec Washington à un moment où il est devenu évident qu’il n’y avait aucune autre solution que de marchander des garanties de sécurité en échange d’un transfert rapide des pouvoirs vers les pions islamistes de Washington.

Dans ce contexte difficile, le peuple a pu exprimer son hostilité au régime grâce à la passivité complice des Pasdaran en célébrant le 15 mars 2011 l’anniversaire de Reza Shah Pahlavi (père du Shah), vénéré pour sa laïcisation et la modernisation des structures du pays qui ont arraché le pays à sa torpeur. Pour les dirigeants et les derniers compagnons, les Pasdaran avaient choisi la contre-révolution et le retour à l’ère Pahlavi. Les hommes d’affaires du régime ont paniqué car le peuple pouvait désormais renverser le régime et s’en prendre à eux. Les dirigeants fragilisés pouvaient négocier une fuite sécurisée avec les Américains et les laisser seuls face au peuple. Ils ont commencé à brader leurs actions et leurs biens immobiliers pour acheter de l’or et des dollars afin de quitter le pays au plus vite.

Larijani a ouvert un procès pour fraude visant les hommes d’affaires agités et a promis des peines de mort, mais il n’a jamais pu les appliquer de peur de provoquer un plus grand désordre. Il a ainsi montré son incapacité à gérer la crise. Pire encore, il a inclus les pions politiques de Rafsandjani dans le procès pour fraude pour les éliminer et nommer ses pions à leur place pour avoir un accès prioritaire aux marchandage admettant de facto qu’il jugeait la fin proche. Son effort pour privilégier son clan au lieu du régime tout entier a montré qu’il n’avait rien d’un sauveur et il était comme les autres dirigeants du régime. Les sans grades restés aux côtés du régime ont compris qu’ils seraient finalement sacrifiés. Ils devaient rompre aussi avant la chute du régime. On a remarqué une nouvelle baisse du nombre des participants aux événements officiels et la disparition de plus de 260 des 290 députés du régime. La nervosité de Larijani pour prendre le contrôle des négociations et les nouvelles ruptures provoquées par ce comportement indélicat ont convaincu Washington qu’il devait durcir ses sanctions et donner l’impression de vouloir en finir avec le régime pour semer la zizanie entre les chefs et au sein de leurs derniers compagnons.

Washington a utilisé la menace de remaniement des notations AAA pour pousser les Européens à annoncer un embargo sur l’achat du pétrole iranien à partir du 1er juillet 2012. Ces derniers ont accepté car ils ont surtout des contrats d’exploitation et possèdent de facto 100 % et rétrocèdent à l’Iran 1/3 de la production pour sa consommation interne, tiers que le régime vend à ses clients asiatiques et à de rares occasions à ses mêmes exploitants pour arrondir ses fins de mois. Il n’y avait que très peu de barils vendus par l’Iran. Leur embargo n’allait pas bouleverser la situation du régime ou leurs propres avoirs pétroliers en Iran. L’annonce a cependant dérangé le régime car l’Europe pouvait arrêter l’exploitation des puits, provoquant une vague de chômage dans le secteur pétrolier. L’Europe était par ailleurs le plus prestigieux fournisseur du régime et surtout un excellent partenaire pour bloquer mollement mais efficacement les sanctions américaines en se disant attachée à une action onusienne commune avec les Chinois et les Russes. Le régime allait perdre une alliée politiquement correcte et pouvait même entrer en conflit avec elle. Il pouvait se retrouver engagé dans une escalade susceptible de forcer les Européens à annoncer de nouvelles sanctions ou à appliquer les sanctions qu’ils n’appliquent jamais. Le régime était face à une possible déferlante de contrariétés qui pouvait démoraliser tous ses derniers compagnons, provoquer leur fuite et accélérer son effondrement. Le régime a accepté le dialogue pour permettre aux Européens de geler leur embargo dérangeant.

La première rencontre programmée en juin dernier à Bagdad, a eu lieu au moment d’une nouvelle crise apparue après deux boycotts consécutifs, l’un confirmant la rupture des Pasdaran et l’autre confirmant l’inexistence d’une opposition interne capable de contrôler un soulèvement. Pour les derniers compagnons du régime, la situation était désespérée, lors de la rencontre, leurs dirigeants pouvaient céder en échangeant des garanties de sécurité (la vie sauve) contre un rapprochement permettant le transfert des pouvoirs vers les pions de Washington. Ceux de la base pouvaient être sacrifiés : il y a eu une rupture massive des cadres administratifs : presque personne n’a assisté aux nombreuses manifestations qui devaient alors avoir lieu en mémoire de Khomeiny.

Pour amplifier le malaise, Washington a évoqué la possibilité d’un embargo maritime et aérien de l’Iran. Le régime était condamné, insolvable et désavoué. La Chine qui lui achète 35% de ses barils a trouvé un prétexte administratif pour annoncer l’arrêt de ses achats pétroliers après le 1er juillet 2012 ! Après cette date, les Indiens (alliés de Washington) qui achètent près de 20% des barils iraniens ont dit la même chose. Le régime n’allait pas perdre un peu de ses revenus avec le retrait des Européens, mais au moins 55% de ses revenus !

Le régime a connu une importante panique financière. Larijani a tiré des missiles pour faire reculer les Américains avec la menace d’une fermeture d’Ormuz, mais Washington a esquivé avant d’annoncer encore de nouvelles sanctions amplifiant le sentiment d’inefficacité du régime. Ses derniers compagnons ont encore paniqué. Leur ruée vers le dollar a fait monter le billet vert en flèche de plus de 150 % . En peu de temps, on n’en trouvait plus. Le régime qui n’a plus de réserves n’a pas réinjecté plus de dollar sur le marché pour calmer la panique, il a préféré étouffer la flambée par manque de carburants. Mais en agissant ainsi il a laissé supposer qu’il était en faillite et ne pourrait plus assurer l’approvisionnement du marché intérieur iranien. Ses derniers compagnons ont pris d’assaut les magasins de distribution des produits alimentaires pour faire des réserves. En quelques heures, on ne trouvait plus de poulet, produit importé et cher réservé aux 5% de la population qui échappe à la pauvreté. Mais la crise a aussi affecté la masse imposante des démunis qui se nourrissent des abats de poulet. Pour calmer la panique des acheteurs nantis, le régime a augmenté la distribution de poulet, pour calmer la demande plus imposante d’abats nécessitant beaucoup plus de poulets, le régime a parlé d’une maladie touchant les abats de poulet. Larijani à l’origine de ce désordre s’est caché ! Rafsandjani a profité de son absence pour parler par l’intermédiaire du ministre la défense qui est un de ses pions les plus dévoués de la préparation du pays pour fermer le détroit d’Ormuz. Les Britanniques ont tenté d’aider l’escalade souhaitée par le régime en affirmant que ce dernier avait aussi acquis le savoir faire nucléaire militaire depuis 2008. Washington a esquivé, mais il a puni le régime et son allié britannique en sanctionnant 22 de ses 85 cargos pétroliers évoluant sous un pavillon britannique, diminuant les derniers revenus en devises du régime de 50% (car les 85 cargos ne sont tous en livraison en même temps).

Rafsandjani qui était à l’origine de cette nouvelle mauvaise évolution a eu peur d’être encore plus déchu et perdre aussi quelques parcelles de son empire financier où le monopole sur le pistache lui apporte annuellement 700 millions dollars. Rafsandjani a vite diffusé via ses pions verts la rumeur qu’il négociait avec les Américains et il était presque parvenu à un accord éliminant tout soutien américain aux opposants en particulier à Reza Pahlavi, vu par les Iraniens comme le seul recours pour débarrasser le pays de cette fausse révolution qui lui a été imposée par les grandes puissances pétrolières.

La rumeur rassurante de Rafsandjani qui le posait aussi en sauveur du régime n’a pas vraiment convaincu ses compères et les derniers compagnons du régime. Cette rumeur était également contraire à l’actuelle tactique américaine de démoralisation des troupes du régime, Washington a prouvé l’absence de négociations et d’accord en rétablissant ses menaces en publiant la liste de tous les cargos du régime pour montrer qu’il pouvait les arraisonner d’un seul coup et assécher toutes les sources de devises du régime pour le plonger dans une pénurie immédiate. La ruée vers le poulet s’est accentuée. La demande d’abats a aussi montée chez les démunis. Le début du Ramadan et l’absence de prière collective derrière le Guide a rappelé la rupture des Pasdaran et la possibilité d’une action. Une semaine après le début de cette 1ère pénurie provoquée par la panique des amis du régime, les gens d’en bas et les gens d’en haut ont défilé ensemble dans les rues d’une ville iranienne en scandant « Mort à la république I... » et aucun Pasdaran ou Bassidjis n’est intervenu. Le pays sans timonier avait basculé dans la pénurie et la contestation. Les dirigeants ont préféré faire le sourd face à l’union improbable du peuple et de ses serviteurs !

Ali Larijani qui était resté caché au moment de la manifestation hostile au régime a profité du silence des autres et surtout du silence de Rafsandjani pour annoncer la création du QG pour contenir la colère du peuple et pour demander à demi mot les pleins pouvoirs pour diriger et permettre à ce QG de sauver le régime. Pour sonder l’accueil à sa proposition, il a organisé une commémoration pour le 20e anniversaire de la mort de son père alors que ce dernier a disparu en hiver et non en été. Aucun des gros bonnets du régime n’est venu à la commémoration, il a été désavoué pour obtenir les pleins pouvoirs au vu de son bilan désastreux et sans doute en raison des erreurs commises par Rafsandjani quand il avait les pleins pouvoirs. La peur de l’échec du régime a amplifié la peur de la pénurie alimentaire, la demande de poulets a augmenté.

Le régime a tenté de rassurer les siens en annonçant des rassemblements officiels pour le Ramadan, une diffusant des discours forts de soutien à la résistance anti-américaine et enfin en annonçant de gigantesques manifestations de jeunes étudiants intégristes partout en Iran pour insinuer qu’il avait des réserves pour se défendre. Mais il n’y a eu qu’une centaine individus souvent âgés à Téhéran et une trentaine de manifestants très âgés à Ispahan. Le peuple a constaté que le régime mentait. La crise ne pouvait que devenir plus forte après ces mensonges.

Cette semaine, Ali Larijani, le patron du régime, devait revoir sa copie. Il s’est montré hésitant. Il a manqué d’audace ou d’idée neuve pour marquer son autorité. Tous les gens qui avaient des reproches à lui faire se sont manifestés. Il s’est retrouvé face à une situation inédite de crise très aiguë. Il a mis en orbite de vielles fausses querelles internes pour détourner les attentions de la vraie crise en cours. Il a aussi rempli ses médias d’annonces de rassemblements réunissant des courants ou des personnalités opposés pour insinuer l’existence d’une direction unie. Il y avait de la contradiction entre toutes ses vieilles recettes de propagande utilisées en même temps. La variété des solutions évoquait l’insuccès des efforts. Les choix étaient inadaptés et la direction imprécise. Rafsandjani a profité du manque de perspicacité de son adversaire pour tenter un come-back qui a déclenché une riposte violente de Larijani. Voici le récit très intéressant d’une semaine hors norme marquée par des efforts contradictoires, incessants et infructueux d’un régime divisé, à bout de souffle, à bout d’idées ne sachant par quel moyen dissimuler ses malaises et les signes avant-coureurs de son effondrement.


07.08.2012

Iran : La semaine en images n°217

Au cours de ces dernières semaines, le peuple ainsi que les Pasdaran, les Bassidjis, les Bazaris ou les militaires ont ouvertement contesté la légitimité du régime et de ses composants en boycottant ses élections, mais aussi en repoussant son opposition officielle et en ignorant l’anniversaire de l’instauration du système islamique. En parallèle, ils ont plébiscité un changement en célébrant ostensiblement Norouz, fête non-islamique que les mollahs détestent car elle leur rappelle l’identité non islamique du peuple iranien.

Cette double contestation majoritaire (peuple+Pasdaran) a démoralisé les derniers hauts responsables encore fidèles au régime : on a assisté à une nouvelle ruée vers le dollar et le nombre des participants aux cérémonies officielles comme la prière de vendredi ou les séances de l’assemblée islamique a fondu. Le régime a repris le grand procès pour fraude qui est un moyen déguisé pour punir les candidats à la rupture. Puis il a sans cesse évoqué le soutien du peuple et des Pasdaran à ses programmes comme le nucléaire et ce pour contredire l’existence même de toute contestation afin de rassurer ses derniers collaborateurs. Mais, il a oublié de célébrer la mémoire de Fatemeh car elle n’a guère été célébrée par le peuple, les Pasdaran, les Bassidjis, les Bazaris ou les militaires ou même ses derniers collaborateurs.

Au second jour de cette semaine, le régime esseulé et isolé des mollahs a oublié de célébrer un autre événement sacré : sa journée de l’énergie atomique ! Cette année, on n’a pas eu d’annonces de progrès nucléaire : on n’a guère eu de provocations nucléaires !

L’objectif de ces provocations a toujours été de repousser toute réconciliation avec les Américains afin de ne pas être obligé de les autoriser à revenir en Iran avec leurs pions formés pour prendre le pouvoir de l’intérieur. Les derniers collaborateurs du régime exigent ces provocations ouvertes comme la garantie que les mollahs tiendront bon et ne les sacrifieront pas lors d’un marché avec Washington. Mais ces provocations exposent le peuple à de lourdes sanctions et font le lit de la contestation. En se taisant, les mollahs ont avoué qu’ils ne jugeaient pas opportun d’alourdir les sanctions et de défier le peuple pour assurer la survie de leur régime. En fin de semaine, ils allaient également rester très en retrait lors des négociations nucléaires.

La reculade du début de la semaine ne pouvait que démoraliser leurs derniers collaborateurs, la mollesse de la fin de la semaine allait entamer davantage leur confiance dans la solidité du régime.

Le régime a également promu un grand ramdam médiatique sur l’éventuelle suppression des allocations dans le but d’occuper les attentions et de dissimuler ainsi des reculades stratégiques qui révèlent sa fragilité. Il a également tenté de contenir la dissidence en annonçant des pendaisons collectives et de nouvelles arrestations dans le procès pour fraude. Il a aussi annoncé une tournée triomphale d’Ahmadinejad dans des régions reculées du sud du pays pour évoquer l’existence de réserves de partisans. Mais sur les images de la semaine, on ne voit guère de réserves de combattants dans le sud du pays, mais des images de rues nues ou des images d’archives. On ne voit aussi aucune effervescence politique mais de l’absentéisme à tous les niveaux. Voici la chronique en images d’une nouvelle semaine semée de problèmes pour le régime agonisant des mollahs.


15.04.2012

Iran : La semaine en images n°202

Contexte général | Il y a trois semaines, le régime devait célébrer Achoura, un des événements fondateurs du chiisme. La participation a été inférieure à 200 personnes dans tout le pays. Le régime ne pouvait plus prétendre avoir des réserves pour compenser la rupture des Pasdaran que l’on ne voit plus à ses côtés dans les manifestations officielles. Le boycott d’Achoura a montré que le régime et ses dirigeants étaient isolés et donc très vulnérables. Ce boycott a terrorisé les divers collaborateurs du régime. Parmi eux, les associés économiques du régime ont intensifié la vente de leurs avoirs et leurs achats de pièces d’or et de dollars pour pouvoir fuir à tout moment si les choses allaient plus mal.

Le régime devait se montrer fort pour les rassurer afin de mettre fin à cette crise, mais il s’est mis à manipuler les quantités et les prix d’or et du dollar disponibles sur le marché au lieu pour étouffer la crise. Ce choix montrait qu’il n’avait pas les moyens de rassurer ses associés, la panique s’est amplifiée, la demande de l’or et du dollar aussi, ce qui a fait monter encore les prix.

Les Européens, qui contrôlent près de la moitié des barils produits en Iran via des contrats buy-back [2], ont commencé à remettre en cause des sanctions déjà annoncées en prétextant un refus de l’Italie !

Washington n’a alors aucunement protesté car il ne sanctionne pas les mollahs pour renverser leur république islamique, mais pour les forcer à céder les rênes de cette république agitatrice à ses pions afin d’utiliser l’islam pour soulever l’Asie Centrale contre la Chine qui domine ses ressources d’hydrocarbures.

Et puisque l’actuelle agitation interne peut entraîner la chute du régime, Washington a même dépêché un émissaire à Téhéran pour proposer aux dirigeants sa solution miraculeuse d’un transfert doux via une révolution de couleur qui donnera une couleur démocratique à l’islam.

Mais puisque c’est quand même la fin de l’exercice du pouvoir pour ses associés du régime, ces derniers n’ont pas aimé l’initiative de Washington. La crainte d’un compromis à haut niveau qui les sacrifierait les a même poussés à accélérer et intensifier leurs achats d’or et de devises en particulier le dollar. La demande a propulsé le dollar au niveau record de 1400 tomans.

Au même moment, Reza Pahlavi a réuni un large panel d’opposants pour demander un procès du chef spirituel du régime, Ali Khamenei, devant la CPI. Mais puisque le régime ne va pas remettre son chef à la CPI, la demande est en fait celle d’un soutien occidental à un soulèvement populaire. L’Europe qui va perdre ses contrats pétroliers a tout d’un coup oublié son amour de la liberté. De même, Washington n’a nullement prêté d’attention à la demande.

Mais trois jours après l’annonce, en début de la semaine dernière, les chaînes politiques iraniennes ont été submergées de soutiens venus d’Iran. Ce qui démontra que le peuple était favorable à Reza Pahlavi et prêt à se soulever. On n’a alors assisté à aucune manifestation de soutien au Guide du côté des Pasdaran. Ces derniers ont rappelé leur rupture avec le régime. La panique a regagné les associés du régime. En fin de semaine dernière, le dollar a progressé de 17,7% pour atteindre un nouveau record de 1630 tomans ! Le régime a fermé les agents de change pour cacher la crise !

Mais cette semaine, par un malheureux hasard de calendrier, juste après ces marques d’hostilité populaire vis-à-vis du Guide, le vendredi 30 décembre, le régime devait célébrer la journée de Soutien du Peuple au Guide ! Le régime était certain que le peuple et les Pasdaran ne seraient pas au rendez-vous et qu’en conséquence, la panique gagnerait davantage du terrain. Cela pouvait entraîner ses associés à changer de camps, cela pouvait provoquer des ruptures chez des dirigeants intermédiaires…

Il y avait beaucoup de menaces potentielles en suspension. Le principal dirigeant politique, Ali Larijani était critiqué sur le plan interne. Il ne pouvait indéfiniment prendre des mesurettes économiques très discutables comme la fermeture des agents de change. Larijani devait agir en chef politique voire en soldat pour rassurer les derniers fidèles sinon il risquait de perdre son poste.

Venant de la direction des médias du régime, depuis toujours face à la menace des boycotts ou des sanctions qui peuvent déstabiliser le régime, Larijani privilégie la diversion médiatique : une action médiatique forte pour détourner l’attention de l’opinion. Mais il lui fallait aussi agir en soldat pour défendre le régime et ses collaborateurs pour les inciter à ne pas déserter. Il a mêlé les deux pour annoncer que le premier jour de la semaine, samedi 24 décembre, le régime allait commencer « 10 jours de manœuvres pour démontrer sa capacité à fermer le détroit d’Ormuz », ce qui était un geste rassurant de soldat, mais aussi un moyen pour occuper les Iraniens afin que personne ne s’occupe de la Journée de Soutien au Guide qui allait être boycottée.

Larijani croyait avoir trouvé la solution. Mais les associés du régime ont assimilé l’annonce à une déclaration de guerre à l’Occident tout entier, craignant que cela n’entraîne des sanctions les empêchant de sortir leurs dollars du pays, ils ont intensifié leurs achats. Le dollar qui était tombé à 1400 tomans grâce à la fermeture forcée du marché est reparti en hausse.

Ce samedi, le régime a reporté les manœuvres militaires annoncées. Mais il était trop tard, il s’est retrouvé avec une nouvelle crise visible bien avant le boycott de la journée de Soutien du Peuple au Guide. Le régime était à nouveau sous pression et en alerte rouge. Voici les images d’une semaine de crises et d’efforts pour en sortir. C’est un inventaire du peu que le régime a en réserve pour se tirer d’affaire.


04.01.2012

Iran : La semaine en images n°200

Depuis des mois, le régime des mollahs est confronté à un boycott permanent de ses manifestations officielles par un nombre écrasant des Pasdaran. Cela était apparu quand les dirigeants multipliaient les provocations militaires pour entraîner Washington dans une escalade afin qu’il recule par peur d’une fermeture du détroit d’Ormuz et abandonne ses sanctions.

Les Pasdaran qui connaissent l’état catastrophique de l’économie iranienne, notamment son manque de kérosène qui l’empêche de projeter une guerre, étaient alors dans un rôle modérateur. Par ailleurs, étant donné que Washington sanctionne les mollahs pour les forcer à se modérer et d’ouvrir la porte à ses pions islamistes pour aller vers un régime islamique pro-américain agissant dans le sens de ses intérêts régionaux, on pouvait imaginer que les Pasdaran oeuvraient pour Washington.

L’intention de ces Pasdaran s’est clarifiée le 15 mars 2011 quand ils ont refusé de réprimer une manifestation nocturne commémorant la fête anti-islamique du feu et la naissance de Reza Shah, le fondateur de la monarchie laïque et patriote des Pahlavi. Il est devenu clair qu’ils n’avaient pas agi pour modérer le régime afin de le sauver ou pour aider les islamistes bons teints made in Washington, mais qu’ils avaient en fait rompu avec le régime et avec la révolution islamique que le peuple iranien considère comme une erreur historique.

Au lendemain de cette nuit épique du 15 mars 2010, la bourse de Téhéran a chuté, mais en revanche l’or et le dollar sont montés en flèche. Les associés du régime avaient conclu que les jours du régime étaient comptés, ils se dépêchaient de bazarder leurs avoirs pour convertir leur fortune afin de pouvoir la sortir par virements ou dans leurs valises.

Le régime s’est alors retrouvé avec un autre front de scission interne. Il devait faire baisser les prix afin de dissimuler cette nouvelle agitation centrifuge. Il a augmenté les volumes d’or et de dollar vendus par la Banque Centrale aux agents de changes pour crever l’abcès de la demande. Mais d’autres boycotts très emblématiques ont rappelé le penchant des Pasdaran pour un changement de régime et ont provoqué de nouvelles ruées vers l’or et vers le dollar. Le régime a alors inventé une histoire de fraude bancaire pour menacer les acheteurs paniqués des pires punitions, mais ils n’ont pas reculé. Il y a renoncé. Il a été confronté à d’autres crises. Les hausses répétitives et spectaculaires de prix qui sont devenues les indicateurs de l’affaiblissement de la foi de ses associés en son avenir. Comme précédemment, le régime continuait d’intervenir ponctuellement, mais en retard : il a assisté à la diminution du nombre de ses partisans. Il a compris qu’il devait intervenir avant chaque boycott.

En octobre dernier, avant un important boycott, le régime a diminué les volumes habituels d’or et de dollar vendus aux agents de change pour endormir ces marchés. La pénurie a fait craindre une faillite de la Banque Centrale. Le régime a dû rétablir l’approvisionnement, mais les associés du régime ont préféré acheter par avance en bourse des pièces d’or livrables dans les prochains mois. Le niveau très élevé de la demande sur ce marché a provoqué une hausse des prix sur les pièces qui n’existent pas encore. La perspective de ces prix très élevés a incité les gens à accélérer leurs achats d’or et de dollar au Bazar. Les prix ont augmenté. Pris dans l’engrenage, le régime a monté ses taux pour limiter l’impact des hausses, mais il a ainsi encouragé les hausses, bref il a été dépassé dans sa première tentative de mesures préventives. Il devait revoir sa copie.

Il y a deux semaines, le régime s’attendait au boycott général des deuils chiites d’Achoura, un boycott qui révélait l’absence de toute base populaire capable de sauver le régime, il a levé les limites imposées aux hommes d’affaires pour l’achat des dollars officiel très bon marché à la Banque centrale pour vider le marché libre de ses plus gros clients. Dans le même genre, il avait aussi annoncé qu’il soldait des pièces d’or à la Banque Centrale à -20% du prix du marché libre. Et enfin, il avait fixé l’acompte garantissant l’achat de pièces d’or livrable en février au-dessus du plus haut tarif atteint par cette pièce car il ne veut aucun facteur aggravant le marché de l’or en ce mois où il doit y faire face à un boycott décisif de l’anniversaire révolution islamique.

La solde partielle du dollar a stoppé la progression du billet vert. L’extravagant acompte exigé pour l’achat de pièce en bourse a bloqué ce marché, mais le solde de pièces d’or n’a pas eu le succès escompté car l’offre quotidienne de la banque centrale se limite à cinq petites pièces d’un poids maximal de 200 gr. Il a alors parlé de soldes de lingots d’or de 1 à 12 kg à la Banque Kargoshaï sous-ensemble de la grande Banque Melli qui organise normalement ce genre de ventes. Le régime s’ouvrait les veines pour éviter la fièvre !

L’annonce de ces soldes suicidaires a entraîné les acheteurs devant la banque Kargoshaï et l’on n’a pas assisté à une crise le mercredi 7 et jeudi 8 décembre après le boycott massif et national d’Ashoura qui signifiait tout de même que le régime n’avait plus aucune base pour trouver des alliés de terrain.

Cette semaine, le régime n’avait plus aucune manifestation programmée donc aucun risque d’être boycotté et de connaître une nouvelle crise. Samedi, il a supprimé les soldes invraisemblables des lingots de 12 kilos qui nous semblait un suicide. Les associés du régime qui comptaient sur cette vente pour quitter le régime qui a perdu toute possibilité de se maintenir ont fusé vers la bourse : on a assisté à une vente massive d’actions des industries de base, l’argent a été investi dans le dollar et dans l’achat de pièces livrables dans les prochains mois notamment en février. Le régime était en crise. Le régime devait réagir. Il n’a pas été à la hauteur. Voici la somme de ses actions et de ses erreurs.


20.12.2011

Iran : La semaine en images n°193

Au cours des cinq dernières semaines, le régime a constamment été confronté au boycott de ses cérémonies officielles à caractères militaires par les Pasdaran et les militaires de moins de 40 ans. Ses partenaires économiques, membres exécutifs des clans au pouvoir depuis 30 ans, ont paniqué et comme d’habitude, ils se sont mis à vendre leurs biens pour acheter de l’or et des dollars afin de pouvoir quitter le pays les poches pleines en cas d’une action plus dure de la part des jeunes Pasdaran en rupture avec le régime. Le régime n’arrivait pas à satisfaire la demande disproportionnée de ses associés et ne voulait pas le faire car il serait doublement perdant dans l’opération. D’une part, il devrait échanger ses maigres réserves en devises (nécessaires pour assurer l’approvisionnement en carburants) contre des rials iraniens qui ne valent plus rien et d’autre part, en satisfaisant la demande, il permettrait à ses associés de le lâcher et ainsi accélérer sa chute.

En conséquence, la direction du régime, c’est-à-dire le Conseil de Discernement dirigé par Rafsandjani, mais actuellement dominé par Ali Larijani a fait preuve de fermeté vis-à-vis des associés turbulents en inventant une histoire de fraude bancaire pour arrêter un certain nombre d’entre eux. Il a également limité la vente libre du dollar et de l’or pour rendre invisible la hausse donc la crise. En parallèle, il a mis l’accent sur les pendaisons et ses capacités de répression pour rassurer ses associés paniqués qu’il avait les moyens de rester au pouvoir et assurer leurs intérêts.

Mais personne n’y a cru car plus personne ne voit de déploiements massifs de troupes dans les rues. En dernière instance, le régime a programmé les pendaisons publiques de manière à viser ses associés devenus incontrôlables.

Cette dernière mesure a déplu à tous ses serviteurs, même les plus démunis, qui attendent de la protection de la direction et non sa punition face à leur crainte. Les serviteurs de base qui, deux jours plus tôt, avaient participé à plusieurs mises en scène pour simuler l’existence de troupes de réserves ont refusé de participer à une opération de propagande faisant état de l’utilisation des enfants comme mouchards des forces fidèles au pouvoir. Le régime qui assure sa survie grâce à ce genre de propagande a reculé : pour calmer le jeu, il a fait libérer la moitié des gens arrêtés pour fraude bancaire ; il a aussi cessé les annonces de pendaisons et enfin, pour rassurer il a mis l’accent sur sa popularité en évoquant des mobilisations importantes pour le voyage du Guide dans la région, réputée hostile, de Kermânchâh. Ce changement de propagande n’a pas rassuré les associés du régime car les habitants de la région ont boudé la venue du Guide, le premier jour, il n’y a eu que 800 personnes dans les rues, ce qui annonçait aussi un boycott interne de la part des serviteurs locaux du régime.

Au même moment, Washington, qui veut forcer les mollahs à transférer leurs pouvoirs à ses pions via une révolution de couleur, les a accusé de terrorisme, laissant supposer toutes sortes de menaces, frappes ou sanctions qui pourraient pousser les associés à fuir et le peuple à se soulever, pour que la peur d’une chute fatale incite la direction du régime à accepter sa révolution de couleur.

La semaine dernière, le régime a maintenu la propagande axée sur la popularité du Guide, mais Ali Larijani s’est envolé pour la Suisse pour raisonner Washington d’arrêter car son jeu pourrait être vu comme un feu vert à un changement de régime et inciter le peuple à se soulever. Washington a cessé ses interventions, mais il a passé le flambeau aux Saoudiens et aux Européens. Ces derniers actuellement mis en joue pour les histoires de notations ont accepté de durcir le ton vis-à-vis de Téhéran à la place des Américains en évoquant la possibilité de nouvelles sanctions, un malheur pour les transferts des dollars des associés du régime vers l’étranger. Au lendemain de l’annonce de la possibilité de nouvelles sanctions, l’or s’est à nouveau enflammé et a enregistré une hausse fulgurante de 13%, cette fois du côté du marché à terme des pièces livrables dans 6 mois.

Vendredi dernier, l’UE a adopté de nouvelles sanctions contre le régime. Il était clair que la semaine serait placée sous le signe d’une nouvelle panique et une nouvelle ruée vers l’or. Inquiet, le régime a renoué avec des annonces de pendaisons.

Cette semaine a effectivement connu une extraordinaire flambée de l’or, mais aussi du dollar et ce malgré les grandes restrictions imposées sur leurs transactions sur le marché libre. Mais alors que les associés du régime vivaient une nouvelle crise après les nouvelles sanctions, les médias du régime n’en parlaient pas : il n’y a rien eu sur les nouvelles sanctions et très peu sur la crise de l’or. En revanche, les médias du régime ont longuement évoqué la hausse des primes d’assurance auto !

Avec cette couverture médiatique disproportionnée pour une banalité, le régime a nié l’existence d’une intense crise économique et politique. Ce ne fut pas la seule manœuvre de diversion médiatique de la semaine. Celle-ci a été totalement submergée par des infos banales pour prétendre que tout était normal. Mais puisqu’il n’en était rien, en parallèle, le régime a programmé une pendaison publique pour mercredi (dernière journée de vente sur le marché à terme, donc le jour de toutes les hausses) et il a particulièrement soigné la banalité des gestes des bourreaux pour terroriser tous ses adversaires.

Cette semaine, le régime a aussi reparlé de la fraude bancaire, mais sans arrêter de nouvelles personnes. En niant la crise et en usant de la terreur au lieu de mesure coercitive forte contre ses associés, le régime a admis la force de ses nouveaux adversaires à sa survie. Les images d’une normalité ne laissent pas voir cette nouvelle réalité, mais les images glaçantes de la pendaison le permettent. Voici le récit en images d’une semaine qui n’avait rien de banal.


31.10.2011

Iran : Dans l’accélérateur des particules !

Le régime des mollahs a annoncé la mise en œuvre de nouvelles centrifugeuses très performantes sur un nouveau site nucléaire. Il n’a donné aucune information sur les performances ou le nombre de ces centrifugeuses. Il y a de quoi s’alerter, mais puisque ce nouveau site nucléaire est encore en construction, il s’agit d’une nouvelle provocation. En fait, les mollahs cherchent à provoquer l’escalade pour que la crainte d’une guerre oblige Washington à cesser ses sanctions qui sont destinées à les forcer à s’adoucir et d’autoriser les pions de Washington à revenir en Iran afin de prendre légalement le pouvoir via une révolution de couleur. Nous avons consacré de nombreux articles sur la nécessité absolue pour les mollahs de refuser le dialogue ou de s’agiter à chaque fois que les sanctions deviennent pesantes, il ne nous semble pas nécessaire de répéter les mêmes explications, on peut néanmoins évoquer les circonstances économiques de cette nouvelle provocation et le choix spécifique de progrès nucléaire flou et ambigu.


22.07.2011

Iran : Des problèmes à la bourse iranienne du pétrole

Il y a une semaine, le régime, qui se trouve en difficulté, évoquait sa capacité de fermer le détroit d’Ormuz pour rassurer les siens et intimider Washington. La possibilité d’une guerre n’avait pas rassuré les siens car on a assisté à des problèmes du côté de la bourse de Téhéran. Le mercredi 13 juillet, avant-dernier jour de la semaine en Iran, le régime a changé son fusil d’épaule, en inaugurant en grande pompe et en présence de nombreux officiels sa propre bourse du pétrole avec ses propres réserves pour devenir le principal décideur du prix du baril et ainsi remplir ses caisses en faisant plier Washington.


15.07.2011

Iran : Les raisons des tirs de missiles et des slogans agressifs du régime

Cette semaine, la république islamique d’Iran a montré des silos profonds, avant d’annoncer 14 tirs réussis de missiles de 2000 km de portée. Le régime s’est dit prêt à détruire Israël et les bases américaines chez ses voisins arabes. Mais les tirs ont été faits dans le désert central iranien (ci-dessous) qui est distant de moins de 800 km des frontières du pays. De fait, s’ils avaient la portée annoncée, ils seraient tombés chez les voisins. Or personne n’a signalé une attaque de missiles iraniens. Les missiles ne pouvaient donc pas avoir la portée annoncée. L’annonce était un bluff de puissance. Ce qui compte ce ne sont pas les détails des missiles, mais les intentions du régime.


01.07.2011

Iran : La semaine en images n°173

Dans la précédente édition de la semaine en images, nous avons vu comment vendredi dernier, les Iraniens, mais aussi les Pasdaran ou encore des alliés économiques du régime ont boycotté la journée d’hommage à Khomeiny. Cette semaine, ils ont recommencé le même manège le dimanche 5 juin en boycottant l’anniversaire de la première révolte de Khomeiny ou l’émergence politique de Khomeiny. Le régime était doublement abandonné et désavoué par le peuple et par les siens. Ses alliés économiques se sont agités : ventes d’actions et achats de dollars !

Secoué, craignant que cette agitation ne révèle son isolement en n’encourage le peuple à songer à un soulèvement, le régime a passé la semaine à prendre des mesures discrètes pour laisser supposer qu’il avait du répondant et même la capacité de punir ses adversaires. Ce fut la semaine des bluffs compliqués, de déprimes et de coups de folie !


12.06.2011

Iran : Émergence d’une nouvelle crise interne autour du dollar

Les amis du régime affirment sans cesse que les sanctions n’ont pas d’effets sur les mollahs ou sur le peuple et que par ailleurs ce dernier ne cherche pas un changement de régime. Les Etats partenaires des mollahs diffusent largement ses avis et oublient de diffuser les vrais chiffres du régime ou encore les décisions inquiétantes comme celle qui a été prise ce lundi : la république des mollahs a rationné la vente de dollars !

- Le régime est en difficulté. Une occasion de faire un bilan de sa santé économique (le contexte historique & le contexte actuel) pour expliquer cette décision désespérée qui évoque un régime agonisant.


09.06.2011

Iran : Ahmadinejad, incendiaire involontaire !

Lundi, Washington devait annoncer de nouvelles sanctions contre les fournisseurs de carburant aux mollahs. Pour neutraliser, l’effet démoralisant de l’annonce, les mollahs ont annoncé ce lundi l’inauguration par Ahmadinejad d’une nouvelle raffinerie capable de pourvoir aux besoins du pays en carburant alors que le régime n’avait aucun programme de ce genre en construction. La raffinerie en question a explosé pendant l’inauguration annoncée quand Ahmadinejad a appuyé sur un bouton pour démarrer son activité ! La honte ! Certains ont immédiatement évoqué l’hypothèse d’un attentat américain, mais Téhéran qui accuse régulièrement Washington pour le provoquer afin de l’amener à reculer a pris le parti d’insister sur une explosion accidentelle due à la vétusté des équipements avoisinants ou la précipitation dans l’inauguration d’un équipement non achevé. Face à cette insistance incongrue comportant un impossible aveu de l’incapacité du régime, il nous est paru utile d’envisager toutes les hypothèses et leur pertinence dans le contexte actuel pour comprendre les raisons de cette insistance du régime, mais aussi savoir s’il s’agissait plutôt d’un accident ou plutôt d’un attentat et dans ce cas, qui a plutôt été à l’origine de cette opération.


27.05.2011

Iran : La semaine en images n°165

Au cours des dernières semaines, les Iraniens ont contesté le régime islamique en célébrant publiquement et joyeusement les rituels non islamiques et interdits de Norouz ou en se rendant en pèlerinage sur les sites historiques de la naissance de la monarchie en Iran. Les forces de l’ordre ne sont pas intervenues pour empêcher cette contestation silencieuse confirmant ainsi leur absence de soutien au régime et ses dirigeants. Ce double désaveu du peuple et des forces de l’ordre a rendu possible un soulèvement. Cela a paniqué les derniers serviteurs du régime.

Les plus riches d’entre eux se sont mis à vendre leurs actions pour acheter de l’or et les plus pauvres ont pris leur distance avec le régime en difficulté. Les dirigeants devaient se montrer forts pour les rassurer. Mais ils n’ont pas réussi à réunir des foules pour montrer qu’ils avaient des appuis populaires : la base a paniqué davantage.

La semaine dernière, on a assisté à une nouvelle ruée vers de l’or qui a gagné plus de 30% en 15 jours. Avec le risque de désertion de ses derniers serviteurs, la semaine dernière a été placée sous le signe de la peur pour les mollahs. Ils ont tout tenté pour calmer le jeu en se montrant gentils ou intimidants avec la base paniquée comme des parents dépassés par un enfant intenable. Voici les images d’une semaine pénible et épuisante pour les mollahs.


17.04.2011

Iran : Une crise de confiance interne déstabilise le régime

Au cours des dernières semaines, les Iraniens ont contesté le régime islamique en célébrant publiquement et joyeusement les rituels non islamiques et interdits de Norouz. Les forces de l’ordre ne sont pas intervenues pour réprimer cette contestation confirmant leur absence de soutien au régime et ses dirigeants. Ce double désaveu a paniqué les derniers serviteurs du régime. Le pouvoir devait se montrer fort pour les rassurer. Ses derniers efforts de la semaine dernière dans ce domaine ont été un échec : la base a paniqué en se précipitant sur l’achat d’or. On en sait un peu plus aujourd’hui grâce aux mesures d’apaisement annoncées par le régime montrant une certaine incapacité à calmer la situation.


12.04.2011

Iran-Sénégal : Une rupture qui embarrasse les mollahs

Le Sénégal, qui échappe au déficit budgétaire grâce aux aides économiques directes ou indirectes des Etats-Unis, vient de rompre ses relations diplomatiques et donc économiques avec les mollahs. C’est à la fois une humiliation, mais aussi une sanction économique car le Sénégal était un partenaire des mollahs pour des transactions bancaires contournant les sanctions existantes. Mais pourquoi Washington ne s’en félicite-t-il pas ? Voici des réponses.


26.02.2011

Iran : Le bilan effarant d’un mois de prix libres

Depuis des années, Washington sanctionne Téhéran et lui propose en même temps le dialogue pour arriver à une entente globale. En fait, il cherche à normaliser ses relations afin de pouvoir revenir en Iran avec ses pions afin de prendre le pouvoir de l’intérieur via une révolution de couleur. De fait, bien qu’ils soient ruinés par les sanctions, ils ne peuvent pas accepter une entente. En prévision d’une incapacité à importer les aliments ou marchandises de base qu’ils ne produisent pas (notamment le kérosène nécessaire pour produire de l’électricité), dès 2009, ils ont commencé à augmenter les prix des produits importés pour habituer les Iraniens à très peu consommer afin de limiter le risque d’une pénurie soudaine suivie d’un soulèvement dévastateur. Le 25 décembre dernier, il y a exactement un mois, les mollahs sont allés encore plus loin en supprimant les prix subventionnés. Cela avait provoqué des manifestations et une baisse du nombre des partisans du régime. L’info a été censurée par Washington et ses alliés, les mêmes qui ont aidé Khomeiny en 1979. Un mois après cette mesure économique impopulaire, les mêmes Etats occidentaux ne produisent aucun reportage sur la situation. Voici le bilan que nous avons pu établir en nous basant sur des témoignages de nos lecteurs en Iran.


26.01.2011

Iran : La semaine en images n°149

Il y a une semaine, le régime des mollahs a annoncé la suppression des prix subventionnés alors que les Iraniens devaient célébrer Yalda, une fête d’origine zoroastrienne, qui d’un point de vue matériel est synonyme de ripailles. Les prix ont été en moyenne multipliés par 10 ! Le régime a ainsi imposé une hausse générale des prix à tous les commerçants pour brider le pouvoir d’achat du peuple alors que sous l’effet des sanctions, il manque sérieusement de devises pour approvisionner son marché intérieur.

L’annonce a gâché la fête et déprimé le peuple. Elle a aussi été suivie par une baisse drastique de la consommation du pain qui est l’aliment de substitution de 85% des Iraniens qui vivent sous le seuil de pauvreté. Tous les correspondants bénévoles ont fait état d’une ambiance de villes mortes aux abords des zones commerciales. Parallèlement, il y a eu de nombreuses manifestations parfois violentes.

Ainsi, à l’issue de cette décision, le régime acculé par les sanctions s’est retrouvé plus encore en difficulté. Pour son malheur, le pays a été également frappé par un important tremblement de terre qui a mis en évidence ses difficultés. Afin de ne pas montrer le malaise sur tous les plans, le régime n’a pas caché les problèmes, mais il a dédramatisé en diminuant le nombre de reportages à caractère social. En parallèle, il a multiplié des actions politiques spectaculaires pour mettre en scène de la force et de la sérénité.

De fait, il y a beaucoup d’images : des vues furtives d’un pays en difficulté, des images d’une sérénité factice, mais aussi des images de la vraie actualité d’un régime en crise. Voici une courte introduction expliquant l’essence des diversions médiatiques du régime et de sa vraie actualité suivie des images de la semaine.


26.12.2010

Iran : Les chiens de garde veillent !
(de nouveaux éléments historiques inédits ont été ajoutés le 03.01.2011 dans l’analyse axée sur Israël. Voir notamment la 3e note.)

Face aux sanctions qui le privent de ses revenus en devises pour le menacer de pénuries et d’éventuels soulèvements, le régime des mollahs avaient planifié de supprimer les prix subventionnés afin d’étrangler le pouvoir d’achat et ainsi habituer de force les Iraniens à vivre en état de pénuries. Après moult hésitations, ce samedi, le régime a lancé ce programme qualifié de Grande Chirurgie de l’économie iranienne. On signale de nombreuses protestations dans de nombreux secteurs chez les malades soignés de force par les mollahs, mais les faits ne sont pas signalés dans les médias Européens. Dans le même temps, le FMI (organe contrôlé par les Etats-Unis) parle d’une réforme nécessaire et bénéfique au peuple qui va accroître la popularité du régime ! Encore une fois, l’Europe et les Etats-Unis tournent, chacun à leur manière, le dos au peuple iranien comme lors de son soulèvement en juin 2009. Ils ne veulent pas d’un changement de régime, mais d’un arrangement avec le régime des mollahs.

Tout sauf un changement de régime ! Dans cette optique on pleure à chaudes larmes Jafar Panahi, cinéaste emprisonné car il voulait une république islamiste modérée !


25.12.2010

Iran : Les non-dits de Genève 3

Le représentant des mollahs était pendant trois jours à Genève pour parler aux représentants des Six. Il n’a accepté aucun compromis sur aucun sujet ! A aucun moment, aucune des grandes puissances présentes n’a évoqué de nouvelles sanctions car ils ont tous besoin des mollahs : les Américains pour dominer la région et les autres pour les contrats pétroliers très bon marché vendus par les mollahs. Les Six se sont même empressés de parler de « progrès » pour repousser de nouvelles sanctions susceptibles de renverser le régime qu’ils apprécient. Téhéran a alors crié victoire. Tout Occidental peut en conclure une reculade de son camp. Mais des déclarations faites à Téhéran après cette rencontre laissent supposer que les Six ont été très fermes. | Révélations |


09.12.2010

Iran : Les échos incroyables de l’achat de Deawoo Electronics

Ce lundi, l’AFP a annoncé l’achat de l’entreprise coréenne Deawoo Electronics par l’Iranienne Entekhab. L’AFP a mis en avant la capacité des mollahs à défier les sanctions américaines. Le magazine « Les Echos » a repris la dépêche de l’AFP. Le Financial Times a présenté Deawoo Electronics comme un produit attractif. Or, Daewoo Electronics est une entreprise criblée de dettes et déficitaire qui ne trouvait pas de repreneurs depuis 11 ans. Téhéran a acheté une épave pour donner l’illusion de puissance économique, trois grands médias occidentaux ont participé à la propagande et aucun média ou responsable américain n’a remis en cause cette propagande. L’affaire ne se résume pas à un achat.


16.11.2010

Iran : Les dernières nouvelles sont bonnes et mauvaises

Depuis des mois, le régime a perdu le contrôle sur ses jeunes miliciens. Ces derniers avaient notamment refusé de participer à la répression du soulèvement populaire de l’été 2009. A présent, le Bazar, allié historique du clergé et du régime, est en grève. Le régime des mollahs est en difficulté. Aucun média occidental n’évoque ces sujets. D’autres sujets occupent les unes occidentales. Voici une revue de presse commentée des derniers sujets déconnectés de la réalité.


22.10.2010

IRAN: THE REGIME APPEARS POWERLESS FACED WITH THE BAZAR

© IRAN-RESIST.ORG – October 6, 2010 | The Bazar’s strike is gaining ground and Western media still hasn’t referred to it. Henceforth, there are two fronts: on the one hand, the regime is trying to break the strike by any mean of intimidation and tricks and on the other hand, Westerners don’t tell about the strike in order to let the regime make people feel disheartened. It results in media coverage of some affairs such as Sakineh’s stoning and whenever the affair appears to be loosing momentum, it is revived with some new development. | Aspects of both fronts |


21.10.2010

Iran : Le régime est impuissant face au Bazar !

La grève du Bazar gagne toujours du terrain et il n’y a toujours rien sur le sujet dans les médias occidentaux. Il y a désormais deux fronts : d’une part, le régime qui tente de casser la grève par toutes sortes d’intimidations et de ruses d’autre part, les Occidentaux qui n’en parlent pas pour le laisser démoraliser le peuple. Cela se traduit par la médiatisation de quelques affaires comme la lapidation de Sakineh et quand l’affaire est en perte de vitesse, on la relance avec des rebondissements | Tour d’horizon des deux fronts |


06.10.2010

Iran : La guerre est déclarée au Bazar !

La grève a gagné du terrain au Bazar de Téhéran et les autres grandes villes du pays. Cela met le régime très mal à l’aise car il est arrivé au pouvoir grâce à une longue grève du Bazar qui a ainsi désoeuvré des millions de personnes pour les verser en colère dans les rues. Il a peur que ses partenaires occidentaux supposent que sa fin est proche et le lâchent, mais aussi que le peuple adhère au mouvement pour accélérer sa chute. Il tente d’endiguer ses diverses menaces en accusant les Bazaris d’avoir ruiné les Iraniens, il lui arrive aussi de minimiser l’affaire et faire état de sa solidité économique ou encore militaire… ! Les propos sont contradictoires, le régime semble dépassé face à la crise.


30.09.2010

Iran : Autosuffisance en essence, une intox lourde

Pendant des années, les Américains ont intimidé les mollahs en se disant prêts à les sanctionner pour l’importation d’essence car ces derniers ont des capacités limitées de raffinage. Téhéran avait toujours déclaré qu’il allait atteindre l’autosuffisance, mais on ne voyait rien venir. Alors qu’il est très affaibli et contesté à l’intérieur notamment par les commerçants du Bazar, le régime a annoncé hier qu’il avait « atteint l’autosuffisance en matière de production d’essence, de gazole et de fuel grâce à un projet innovant » [3]. Info ou intox ?


11.09.2010

IRAN : LETTER TO CARLA

© IRAN-RESIST.ORG – August 26, 2010 | Washington sanctions the mullahs in order to force them to become its allies and destabilize China and Russia. As sanctions deprive it of currencies, the Iranian economy is not at all well : SMEs are going bankrupt and thousands of workers are laid off. Additionally the mullahs find difficulties to supply domestic markets. They are heading to penuries that could make them collapse. In order to avoid such penuries, they started to cut the Iranians’ purchasing power by freezing salaries and liberalizing prices. Every ally of the regime, militiamen and especially Bazari, want to leave the boat so to not be lynched by people whenever the regime will collapse. Some of them such as young Basiji who are in charge of urban security have already left the regime. The regime does its best to simulate some unity in order to curb such implosion. Washington which is willing to maintain an Islamic regime in Iran feels quite disturbed because it wants to avoid that its people know about what is happening in Iran in order to prevent them from supporting any regime change. Thus it found THE solution : a campaign to save a woman who is condemned to death sentence, a victim to avert eyes away from people in distress. Tehran which doesn’t wish to get the American people support is participating to this operation via the victim’s so-called lawyer who pretends to be exiled but who doesn’t denounce at all the regime’s exactions.

Some famous people were instrumented for such campaign. There is one letter everyday written by a celebrity in order to focus endlessly the general attention on a sole victim while entire people wait and get hopeless. This is revolting because this is meant to break Iranians’ hope.

Among those letters, some are written by people who are politically involved with mullahs or with Americans. However we won’t mention them because we don’t want anymore to be sued by those pawns that dispose of great financial means. But some letters are written by very sincere persons. Among them, the letter of Mrs Carla Bruni-Sarkozy because it shows elements that prove her sensitivity and her sincerity but that denotes as well the fact that she is misinformed.

That is why we decided to call out the first lady of France in order to inform her so that she can put her energy and the one of her husband at the disposal of truth and of people in distress who expect to get the Western support.


03.09.2010

Iran : La semaine en images n°132

Au cours de la semaine dernière, le principal sujet traité dans les médias iraniens a été l’entrée en vigueur de la suppression des prix subventionnés, mesure qui annonce des hausses d’au moins 500% sur tous les produits de base. Cette hausse est liée aux sanctions : le régime manque de devises, il ne peut pas approvisionner le marché, il a commencé à réduire le pouvoir d’achat des Iraniens en augmentant les prix, mais il doit passer à une vitesse très supérieure pour brider définitivement la consommation dans l’espoir d’écarter les risques de pénurie et d’émeutes, voire de soulèvement. La mesure risque cependant de provoquer ce qu’il veut éviter, d’où la nécessité de préparer longuement le terrain, mais aussi la nécessité de donner l’image d’un régime fort capable de résister à un autre soulèvement. C’est pourquoi les mollahs ont cessé leur guéguerre qui est censée donner l’illusion d’un débat démocratique diversifié. Supposant l’inefficacité de ces mesures, le régime a aussi ressorti Karroubi de la naphtaline : ce faux opposant intérieur a appelé à un rassemblement pour placer les contestataires sous la bannière d’un partisan du régime. Bref, le régime se prépare au pire. En cette semaine décisive où tout indique un possible retour de la contestation, on n’a guère entendu les Occidentaux en particulier les Américains sur le sujet. Ces derniers ont parlé d’autres sujets comme pendant le premier soulèvement iranien pendant l’été 2009 : l’affaire d’une lapidation qui a été suspendue, il y a 3 semaines, l’affaire d’un footballeur qui a mangé pendant le mois de Ramadan, un bébé tigre dans une valise. Lamentable.


30.08.2010

Iran : La lettre à Carla

Washington sanctionne les mollahs afin de les forcer à devenir ses alliés pour déstabiliser la Chine et la Russie. Privés de devises par ces sanctions, l’économie iraniennes va très mal : les PME sont en faillite et les ouvriers sont licenciés par milliers [4]. Les mollahs ont également du mal à approvisionner les marchés intérieurs. Ils vont aux devants des pénuries qui pourraient les emporter. Pour éviter ces pénuries, ils ont commencé à réduire le pouvoir d’achat des Iraniens en gelant les salaires et libérant les prix. Tous les alliés du régime, miliciens et surtout les Bazaris, ont envie de quitter le navire pour ne pas être lynchés par le peuple quand le régime s’effondrera. Certains comme les jeunes bassidjis, chargés de la sécurité urbaine, ont déjà quitté le régime. Le régime fait son possible pour donner l’impression d’une unité pour endiguer cette implosion. Washington, qui veut préserver un régime islamique en Iran, est bien embêté car il veut éviter que son peuple soit au courant de ce qui se passe en Iran afin qu’il ne soutienne pas un changement de régime. Il a trouvé LA solution : une campagne pour sauver une femme condamnée à la lapidation : une victime pour détourner les regards d’un peuple en détresse. Téhéran qui ne veut pas non plus de ce soutien du peuple américain participe à l’opération via un soi-disant avocat de la victime qui se dit un exilé, mais ne dénonce rien des exactions du régime.

Des people ont été instrumentalisés pour cette campagne. Il y a une lettre par jour par une célébrité pour focaliser sans cesse l’attention générale sur une seule victime alors qu’un peuple attend et désespère. C’est révoltant car on veut briser l’espoir des Iraniens.

Parmi ces lettres, certaines sont écrites par des gens politiquement impliqués avec les mollahs ou avec les Américains, nous n’en parlerons pas car nous voulons plus de procès par ces pions dotés de moyens financiers très élevés, mais il y a dans le lot d’autres lettres écrites par des gens sincères. Parmi celles-ci, la lettre de Mme Carla Bruni-Sarkozy nous a interpellés car elle contient des éléments montrant sa sensibilité et sa sincérité, mais aussi son manque d’informations.

C’est pourquoi nous avons décidé d’interpeller à notre tour la première dame de France pour l’informer afin qu’elle puisse mettre son énergie et celle de son mari au service de la vérité et d’un peuple en détresse qui attend le soutien de l’Occident.


26.08.2010

Iran : Oriflame devra payer !

Les Pasdaran ont envahi les locaux iraniens de la société suédoise Oriflame. L’entreprise suédoise de vente directe de cosmétiques est accusée d’avoir organisée une société de vente pyramidale. 5 employés dont un important responsable suédois ont été arrêtés. Les médias sont déchaînés. Il y a eu 3 des fatwas contre les produits et les « catalogues obscènes » de cette entreprise. On a aussi évoqué des liens, mais le régime négocie avec les « coupables » ! | Décodages |


25.08.2010

Iran : Obama tente une anti-sanction améro-indienne

Hier, le nouveau ministre indien du Pétrole et du gaz Jitin Prasada a informé Téhéran que son pays n’avait pas renoncé au projet du gazoduc Iran-Pakistan-Inde, d’un coût de 7,5 milliards de dollars, surnommé « gazoduc de la paix ». Sachant que le projet ne pourra voir le jour tant que l’Iran est sanctionné, c’est là un moyen pour l’encourager à accepter un compromis.


18.08.2010

Iran : Téhéran se prépare à une longue nuit américaine

Les Six envisageaient de reprendre le dialogue avec les mollahs en vue d’un début de compromis sur la base d’un projet américain d’échange des réserves iraniennes d’uranium enrichi contre du carburant atomique franco-russe. Or, le régime des mollahs perdrait le soutien de la rue arabe s’il acceptait de s’aligner sur une proposition des Etats-Unis, ami et protecteur d’Israël. Pour faire échouer ce dialogue à risque, il a annoncé la décision de construire un nouveau site d’enrichissement d’uranium. | Décodages d’une provocation très intéressante |


17.08.2010

Iran : La semaine en images n°129

L’évènement marquant de la semaine d’un point de vue occidental a été la déflagration à proximité de la voiture d’Ahmadinejad lors de son voyage dans la région de Hamedan. Téhéran a démenti la thèse de l’attentat, mais a lui-même alimenté les rumeurs car il a besoin de faire des diversions médiatiques pour faire oublier ses difficultés à redresser la barre face aux sanctions. Alors que le monde entier était occupé à tirer au clair l’explosion de Hamedan, les mollahs ont pu entreprendre en toute discrétion plusieurs projets pour neutraliser les sanctions, notamment une vente massive d’actions de grandes entreprises iraniennes à des investisseurs étrangers. Alors que le monde entier courrait après les rumeurs lancées par les mollahs, les Iraniens avaient les yeux rivés sur cette vente qui les a révoltés. Voici donc des images du soi-disant attentat, de la vente et de la révolte sourde des photographes iraniens (que nous saluons encore).


08.08.2010

Iran : Ventes privées à la bourse de Téhéran

L’économie iranienne va mal. Le régime tente de le cacher par de fausses bonnes nouvelles économiques comme des contrats pétroliers imaginaires. Dans ce contexte très trouble, lundi 2 août, il a fait état d’une hausse historique du principal indice de la bourse iranienne. Pour une fois ce n’est de l’intox car ce jour-là, il recevait la visite d’un grand nombre d’investisseurs iraniens opérant pour des investisseurs étrangers.


06.08.2010

Iran : THE CHINESE MIRAGE

Whereas more and more countries announced adopting unilateral sanctions against the mollahs, these latter have announced the visit of a delegation of the Iranians in charge for oil in China, in order to sign important contracts that would neutralize the effects of the sanctions announced.


04.08.2010

Iran : Le mirage chinois

Alors que de plus en plus de pays annoncent l’adoption de sanctions unilatérales contre les mollahs, ces derniers ont annoncé la visite d’une délégation de responsables pétroliers iraniens en Chine pour signer d’importants contrats qui neutraliseraient les effets des sanctions annoncées.


04.08.2010

Iran : La semaine en images n°128

la semaine dernière, l’événement le plus important lié à l’Iran, a été l’adoption par l’Europe de nouvelles sanctions économiques. Même si l’Europe a en fait adopté des sanctions américaines qu’elle appliquait déjà et que ces mesures ne sont pas une charge supplémentaire pour le régime, les mollahs n’ont pas aimé car les Européens ne peuvent plus être présentés par le régime comme des alliés par défaut plutôt hostiles aux pressions américaines. Le coup a été d’autant plus dur à avaler qu’au cours des deux dernières semaines, Larijani, la figure montante du régime, avait promis que le régime était sur le point de former un front des pays mitigés vis-à-vis des sanctions américaines. Le régime s’est retrouvé sans allié, ce qui donne à ses composants une certaine envie de quitter le navire. Cette semaine, tous les dirigeants du régime ont été sur le pont pour donner l’impression d’un Etat puissant qui a des ressources pour résister aux sanctions. On a eu droit à des inaugurations à gogo, des discours sur le thème : Tout va bien ! pour montrer la nullité des effets de sanctions.


01.08.2010

Iran : La carapace imaginaire

En réponse à l’adoption de nouvelles sanctions européennes, Téhéran a tenté de donner le change en fixant ses conditions pour vendre son pétrole aux Européens ou en annonçant des contacts prometteurs avec des non Européens pour la signature de nouveaux contrats mirobolants. Ces annonces ne sont pas le produit de l’imagination des mollahs, mais le résultat des problèmes économiques très réels qui perturbent actuellement le régime. Cette semaine, le choix de Téhéran s’est porté sur l’élimination d’euro et un énorme contrat gazier avec la Turquie.


24.07.2010

Iran – sanctions : Le double jeu de l’Allemagne

Le ministère allemand des Finances a annoncé l’ouverture d’une enquête sur la Banque d’affaire Iran—européenne suite à un article du Wall Street Journal. Cette annonce est très bizarre car cette banque est de facto sous embargo parce que ses deux principaux actionnaires, les banques Mellat et Tejarat, ont d’abord été sanctionnées par les Américains en octobre 2007, puis par la résolution 1803 de l’ONU en mars 2008. L’annonce de l’enquête faisant état d’un important chiffre d’affaires est la preuve que les sanctions n’ont pas été appliquées par leurs commanditaires américains. Dans ces conditions, l’annonce d’une enquête ministérielle allemande n’est pas le signal d’une prochaine application de la sanction, mais un avertissement aux mollahs pour les inciter à accepter la proposition américaine. On a rarement été aussi loin dans la désinformation, mais ce n’est là que le sommet visible de l’iceberg.


22.07.2010

Iran : Le Bazar entre dans son 9ème jour de grève

Hier soir, le Grand Bazar de Téhéran a vécu sa huitième journée de grève consécutive. Selon les rumeurs, les Bazars d’autres grandes villes, en particulier celui d’Ispahan – seconde ville iranienne-, auraient fait état de leur intention de se joindre au mouvement. Le malaise règne au sein du régime car le monde entier est au courant de cette grève. Le régime ne peut pas nier l’évidence : il le reconnaît désormais, mais en parlant d’une grève finissante. Le Mouvement Vert confirme son statut de fausse opposition en répétant le discours officiel. La grève a déstabilisé le régime.


14.07.2010

Iran : La semaine en images n°125

Il y a deux ans en décembre 2008, après l’adoption des nouvelles sanctions bancaires américaines, Téhéran a commencé à manquer de devises. Le régime a alors annoncé une TVA imposant lourdement les Bazaris, les seuls à posséder des devises. Ces derniers avaient fait grève dans plusieurs grandes villes du pays. Le Bazar génère des centaines de milliers d’emplois, il y avait un risque d’apparition de mouvements sociaux incontrôlables susceptibles de renverser le pouvoir. Le régime avait alors abandonné sa TVA. Cette semaine, il a annoncé le retour d’une version plus musclée de cette TVA. L’annonce a immédiatement provoqué une grève générale aux Bazars de Téhéran, de Tabriz, de Machad… C’est un événement important : l’élément central de la semaine.


12.07.2010

Iran : Grève générale au Bazar de Téhéran

Le Bazar de Téhéran est en grève depuis trois jours en raison de l’entrée en vigueur d’une augmentation des impôts sur les chiffres d’affaires : le taux d’imposition a été multiplié par trois ! Le Mouvement Vert, la fausse opposition interne, qui en raison de son alignement sur la révolution islamique n’arrive pas à mobiliser les Iraniens vient de se greffer tardivement sur ce mouvement social dans l’espoir d’attirer nos compatriotes dans les rues sous sa bannière.


08.07.2010

Iran : Un festival de ruses !

Le ministre russe des affaires étrangères a proposé à l’Iran une rencontre avec le groupe de Vienne (Etats-Unis+France+Russie) pour avancer le projet de l’échange du combustible après l’annonce faite par le ministre iranien des affaires étrangères que la décision de retarder la reprise du dialogue ne concernait pas l’échange du combustible. La réponse de Téhéran risque d’être négative car il n’a pas dit ce que la Russie a cru avoir entendu.


30.06.2010

Iran : La semaine en images n°122

Le 12 juin dernier devait avoir lieu l’anniversaire du Mouvement Vert partisan de Moussavi qui prône le retour aux valeurs de la révolution islamique, c’est-à-dire le refus de tout compromis avec l’Occident. Ce Mouvement soi-disant démocratique a été inventé par le régime pour donner une légitimité populaire au refus de tout dialogue ou apaisement avec les Américains. Il y a un an, les Iraniens qui connaissent bien le passé de Moussavi n’étaient pas descendus dans les rues à l’appel de ce mouvement le représentant, ils ont agi de même cette année. En revanche, l’année dernière, les Iraniens avaient profité de l’autorisation de manifester accordée à cette fausse opposition pour descendre massivement dans les rues le 15 juin. Cela avait donné lieu à un soulèvement qui avait duré 10 jours faisant des centaines de morts. Cette semaine, pressé par une nouvelle résolution, Téhéran devait absolument réanimer ce Mouvement Vert de repli islamique. Il a donc déployé des trésors d’efforts indirects pour encourager une mobilisation à l’occasion de l’anniversaire du soulèvement du peuple iranien. Ces efforts ont été un échec : il n’a pas pu entrer dans l’ère de refus légitime qui neutraliserait les résolutions onusiennes et leurs lots de sanctions qui visent les Pasdaran, milice islamiste mais aussi pilier économique du régime. De fait, il s’est retrouvé en prise directe avec les sanctions qui le visent. La semaine a été une suite d’efforts discrets pour la réanimation du Mouvement Vert et de discours dynamiques faisant état de sa capacité à surmonter toutes les sanctions et leurs promesses de difficultés économiques.


20.06.2010

Iran : Le contrat gazier du siècle !

La résolution 1929 adoptée le 9 juin par le Conseil de sécurité a annoncé l’adoption de nouvelles sanctions visant les Pasdaran. Cette milice est aussi un important holding financier. De fait la résolution annonçait de nouvelles difficultés économiques pour le régime. Pour montrer que ce pilier économique se portait bien, Téhéran a annoncé hier l’achat par les Pasdaran de plusieurs blocs du champ gazier South Pars pour un montant record de 21 milliards de dollars.


16.06.2010

IRAN : SANCTIONS CAN GO STRAIGHT IN THE BIN

For the fourth time since July 2006, the UN Security Council adopted a new resolution that involved new sanctions against the mullahs, right before the French and the EU called for dialogue resumption. Tehran announced that it would continue to enrich uranium and Ahmadinejad specified that this resolution could “go straight in the bin”. He is right because the resolution 1929 doesn’t have anything that should make the mullahs regime shrink back.


10.06.2010

Iran : Des sanctions bonnes pour la poubelle !

Pour la quatrième fois depuis juillet 2006, le Conseil de Sécurité de l’ONU a adopté une nouvelle résolution dotée de nouvelles sanctions contre les mollahs avant que les Français et l’UE les appellent à reprendre le dialogue. Téhéran a annoncé qu’il continuerait à enrichir l’uranium et Ahmadinejad a dit que cette résolution était « bonne pour la poubelle ». Il a raison car la résolution 1929 ne contient rien qui puisse faire reculer le régime des mollahs.


10.06.2010

Iran-Transports maritime : un embargo illusoire

Hier à Istanbul lors du sommet de CICA, le Premier ministre russe Vladimir Poutine a affirmé qu’un accord avait été « pratiquement trouvé » sur un projet de résolution sanctionnant l’Iran pour son programme nucléaire. Cette résolution sera d’ailleurs soumise au vote ce mercredi 9 juin. En mai dernier, encore une fois les Russes avaient fait savoir que le brouillon de la résolution contenait un renforcement des inspections des cargos iraniens : on pourrait désormais fouiller les cargos iraniens non seulement dans les ports, mais aussi dans les eaux internationales. La mesure n’est pas superflue car comme Téhéran a trouvé les moyens de contourner l’embargo en vigueur.

par Kavoshgar


09.06.2010

Iran–Sea Transport : The embargo delusion

Yesterday in Istanbul, at the CICA summit, the Russian Prime Minister Vladimir Poutine stated that an agreement was “almost made” regarding a project of a resolution that would sanction Iran because of its nuclear program. This resolution will moreover be subjected to the vote today. Last May, one again Russians announced that the draft of the resolution mentioned a reinforcement of inspections of Iranian cargos. Then it would be possible to go through Iranian vessels not only in the ports but as well on international waters. Such step is not unnecessary because Tehran has found some ways to get round the current embargo.


09.06.2010

EXCLUSIVE – IRAN : WASHINGTON GETS ROUND ITS OWN SANCTIONS

© IRAN-RESIST.ORG – May 25, 2010 | While we talk about new sanctions against the mullahs and their trade partners (European, Chinese or Russian), an American former senior civil servant revealed that 18 American banks were keeping relations with some Iranian financial establishments that are mentioned on the American black list. In the same way, in April 2009, the mullahs revealed that the main American banks offered them to go further by opening branches in Tehran. In June 2009, London revealed that Washington authorized in secret the Indians to maintain high level trade relations with the mullahs. Yesterday the mullahs themselves announced they won an important Indian oil call for offer that was launched in September 2009 which would not happen without the American’s approval. Washington plays a double game with the mullahs but with the international community as well.


09.06.2010

Exclusif - Iran : Washington contourne ses propres sanctions

Alors que l’on parle des nouvelles sanctions à l’encontre des mollahs et de leurs partenaires commerciaux (européens, chinois ou russes), un ancien haut fonctionnaire américain a révélé que 18 banques américaines entretenaient des relations avec des établissements financiers iraniens inscrits sur la liste noire américaine. Dans le même genre, en avril 2009, les mollahs ont révélé que les principales banques américaines lui avaient proposé d’aller plus loin en ouvrant des succursales à Téhéran. En juin 2009, Londres avait révélé que Washington avait autorisé en cachette les Indiens à entretenir des relations commerciales de haut niveau avec les mollahs. Hier, les mollahs eux-mêmes ont annoncé qu’ils avaient gagné un important appel d’offre pétrolier indien lancé en septembre 2009, ce qui ne saurait être fait sans l’accord des Américains. Washington joue un double jeu contre les mollahs, mais aussi contre la communauté internationale.


25.05.2010



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