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Iran : La semaine en images n°127
26.07.2010

Il y a une semaine, le Bazar, allié historique du clergé et artisan de la révolution islamique, était en grève. Les Iraniens commençaient à rêver de la possibilité de la chute du régime. Mais aucun Etat occidental n’a soutenu ce mouvement social car tous ont intérêt à ce qu’il reste au pouvoir : les Européens, les Russes et les Chinois pour leurs contrats au rabais et les Etats-Unis dans l’espoir d’en faire un allié anti-chinois. Pour se débarrasser de ce mouvement social inattendu, les médias des Etats concernés ont décrété dès samedi dernier que la grève était finie. Il n’en a rien été. Elle a continué et même a provoqué la première réaction forte du régime : l’incendie des dépôts de coton du Bazar de la ville de Kermân, berceau historique du commerce en Iran. Le lendemain, ce sont deux lieux de commerce exclusivement réservés aux mollahs qui ont aussi été incendiés. Dans l’ensemble la semaine a été chaude. Sous une température caniculaire, la tension est montée d’un cran.



La tension est omniprésente dans la vie des Iraniens depuis un an car le peuple a frôlé de près la victoire sur les mollahs, mais il n’a rien gagné car aujourd’hui le monde entier ne parle que de Moussavi ou du Mouvement Vert qui sont là pour donner une couleur de respectabilité démocratique au régime. La tension ne cesse de monter à mesure que les Occidentaux parlent uniquement du Mouvement Vert au lieu de parler du peuple et de son envie de changement de régime. Mais elle n’éclate pas car on sait pertinemment que l’Occident associera toute révolte à une envie de Moussavi !

De fait, depuis un an, les Iraniens vivent retranchés chez eux, les yeux rivés sur les télévisions par satellite, sous pression, dans l’attente de discours qui feraient état d’un soutien des Occidentaux aux partisans d’un vrai changement de régime. Tant que ce discours ne sera pas au rendez-vous, ils ne descendront pas dans les rues. Le régime a expérimenté leur boycott tout récemment quand deux jours avant une manifestation organisée par Moussavi il a imposé un impôt particulièrement injuste aux Bazaris pour provoquer leur grève afin de simuler un effondrement intérieur qui déclencherait à son tour une révolte spontanée à la veille de la manifestation de Moussavi. Les Iraniens n’ont pas bougé car les dirigeants occidentaux, qui ne souhaitent pas la chute de ce régime, n’ont rien dit sur cette grève afin que leur peuple ne se mobilise pas en faveur de ce mouvement social. On s’est retrouvé dans une situation absurde avec cette grève.

On s’est à nouveau retrouvé dans la même situation absurde dès le moment où la grève a continué malgré le retrait de l’impôt provocateur. Là, ce sont des Iraniens hostiles au régime qui se sont mis à diffuser les images de grève dans l’espoir que l’Occident réalise le rejet du régime par ceux qui l’ont soutenu depuis 30 ans. L’effet a été bizarre : les médias officiels qui n’en avaient pas parlé sont restés silencieux et encore mieux : le Courrier international a publié le 19 juillet la traduction d’un article paru le même jour sur InsideIRAN, un site pro-Moussavi, faisant état de la fin de la grève le 18 juillet. En réponse à ce mensonge d’InsideIRAN, un site iranien consacré à la région d’Azerbijan a alors diffusé des images hallucinantes de la poursuite de la grève générale à Tabriz : Bazar et hors Bazar…
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Retour à la normale | Rappelons que le but du régime pour provoquer ce « bazar » a été de pousser les gens à manifester derrière Moussavi pour donner une stature de héros national à un homme ultra-islamiste qui prêche de refus de tout compromis avec l’Occident sur le Hezbollah et le nucléaire. En l’absence d’un tel plébiscite, le régime est revenu à sa méthode de base pour rejeter tout compromis : la provocation verbale ou comportementale. La provocation verbale consiste à menacer l’adversaire de fermer le détroit d’Ormuz, sa version comportementale consiste à faire des manœuvres dans le détroit d’Ormuz ou tirer des missiles prétendument balistiques. Téhéran peut aussi combiner les deux types de provocation en acceptant le dialogue mais à des conditions impossibles pour jeter la faute sur l’adversaire, annuler à la dernière minute ou engager des polémiques qui fâchent.

Face aux tirs de missiles et les menaces, les Occidentaux ont toujours esquivé. Face au dialogue sous condition, ils ne retiennent que l’ouverture au dialogue, mais pas les conditions.

Dernièrement, avant de chercher à provoquer le Bazar pour mobiliser la rue derrière Moussavi, Téhéran était justement sur une stratégie de dialogue incertain et quand son projet a échoué, il est revenu à la tactique de dialogue incertain. Pour relancer le processus, il a envoyé deux de ces hommes au contact de l’adversaire. Le premier émissaire a été Larijani, le futur patron du régime : il est parti à Genève pour la 3e conférence de l’Union internationale des Parlement où il devait évoquer l’envie de dialogue de Téhéran mais à certaines conditions dans ces différentes rencontres avec des interlocuteurs de tous les pays. Le second émissaire a été Mottaki, le ministre des affaires étrangères du régime (5ième photo- : il est allé à Kaboul pour la conférence internationale sur l’Afghanistan où il a refusé de parler à Clinton (refus de compromis), mais il a rencontré Catherine Ashton, la représentante officielle des Six, pour lui exposer l’envie de dialogue de Téhéran mais à certaines conditions. Les deux hommes ont eu peu de succès, le plus malchanceux a été Larijani qui est parti tout sourire était surveillé de près par madame (en 4 photos : départ. voyage, rencontre, madame)
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Les tricheurs au chômage | Sur le plan intérieur, pour montrer au monde entier que la situation était normale dans le pays, le régime a programmé une visite officielle pour le président Ahmadinejad à Gazwin. Le programme habituel est : l’arrivée, l’accueil triomphal par les habitants (en fait des indigents payés à la journée), un discours devant une foule importante (les mêmes indigents multipliés par 5 grâce à des trucages photos), puis un conseil des ministres avec des élus locaux.

Le voyage à Gazwin a été différent car selon des témoignages, le régime n’a même pas réussi à réunir 100 pauvres pour applaudir son représentant et ses ministres. Les organisateurs qui avaient annoncé le voyage se sont rabattus sur la visite d’une usine de céramique. La tête du président fait état du choc qu’a été le refus des pauvres d’accepter le pot de vin du régime.
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Sous tension | L’usine qui a été visitée par Ahmadinejad est bien vide. Cela est dû au fait que le pays est en proie à d’importantes coupures d’électricité dues à un manque de carburant pour faire fonctionner les centrales thermiques iraniennes. La plus grande usine automobile d’Iran, Iran Khodro, a du courant seulement dans la matinée : les ouvriers arrêtent le travail vers 14h ! La zone industrielle Shahrak Gharb (ci-dessous) située à l’ouest de Téhéran est dans une situation plus grave puisque le courant s’interrompt de 11h à 17 h ! Les zones résidentielles ont pour leur part des coupures de 8 à 12 heures par jour ! En fait, le régime a réparti le manque de manière à épargner les centres de pouvoir : les maisons des dirigeants, les casernes de la milice, les centres religieux, les dépôts d’aliments de la milice et du clergé ou encore les ministères. On voit ici des ouvriers désoeuvrés qui dorment dans les ateliers ou qui jettent des produits ratés par la coupure soudaine du courant.
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L’attente | Ces ouvriers ont l’air paisible, mais leur situation est tragique car comme 85% des Iraniens, ils ont plusieurs jobs pour pouvoir payer leur loyer. Ils auraient préféré quitter l’atelier pour aller à leur autre job souvent plus ingrat, mais cela est impossible car ils sont tenus de rester pendant la durée de leur travail. Il y a très peu de jobs indépendants de l’électricité. Nos amis les photographes iraniens à qui nous rendons hommage ont mis cette semaine en valeur deux jobs indépendants de l’électricité : le dur métier de vendeur ambulant (réservé aux enfants) ou la récup de déchets.
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La rage | Cet été, les Iraniens vivent plus que jamais en enfer en raison des coupures car une fois rentrés chez eux, ils n’ont pas de frigo, pas de ventilateur et surtout pas de télé par stellite pour s’informer ou se distraire alors que d’autres collés au régime ont tout cela voire plus. Cet été, les Iraniens vivent dans une chaudière avec l’amertume de leur vie et la rage d’avoir échoué à virer les mollahs l’été dernier. On peut dire que les coupures de courant ont mis les Iraniens sous tension.

Le seul loisir est de se baigner dans des réserves d’eaux des barrages, des canaux d’évacuation des eaux usées ou traîner dans les rues pour boire des jus de fruits, un produit très populaire en Iran.
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Polémiques de la semaine | Mais l’état général étant l’amertume, la rage et la tension, les sujets populaires de discussion ont été marqués par la colère. Cette semaine, tout le monde s’est inquiété de la mauvaise qualité de l’eau à Téhéran à la suite de la révélation par un employé à propos d’un défaut d’assainissement des eaux usées et par conséquent d’une très forte présence de substances industrielles polluantes dans l’eau du robinet. La rage est montée d’un cran car les riches qui ont accès au confort ne consomment pas l’eau du robinet mais de l’eau de source en bouteilles.

La rage contre le pouvoir se focalise sur tout. La preuve est la polémique engagée après qu’un camion a percuté un bus tuant sur le coup tout le monde. Le sujet du jour a été la remise en question des importations de camions chinois où l’on soupçonne les mollahs d’avoir touché des dessous de tables pour privilégier l’achat d’un mauvais produit.
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Cette rage au quotidien explique le boycott d’Ahmadinejad à Gazwin, mais ce boycott va au-delà des responsables politiques et au-delà de peuple : on le voit par l’absence de la mobilisation pour rendre hommage à Kachani, un des orateurs habituels de la prière de vendredi à Téhéran.
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Cela prouve aussi que le nombre de participants à la prière de vendredi n’est pas une preuve de la solidité du régime : les gens y vont par obligation ou pour prendre la température du mourant.

Secousses | C’est dans cette ambiance électrique que mardi la terre a tremblé à minuit dans le sud du pays. Trois villages et 500 familles ont été touchés.

Le régime a suspendu les vols aériens vers le sud, il n’a diffusé aucune image, il a annoncé peu de victimes et un déploiement important de secours. En fait, il a appliqué le protocole basique de communication conçu pour éviter l’arrivée de secours étrangers car après le grand tremblement de terre de Bam, sous l’oeil des caméras étrangères, on avait assisté à la fraternisation entre les Iraniens et des secouristes étrangers, un rapprochement qui montre l’absence de soutien populaire au discours officiel. Certains journalistes ont néanmoins voulu voir de près cet autre tremblement de terre sans dégât, ni victime. Tardivement, le régime a reconnu un mort, mais en affirmant que le décès n’avait pas été provoqué par le tremblement de terre : donc un mort au même moment.
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Avertissements | Ce même jour, le régime excédé par la poursuite de la grève a organisé un premier procès contre deux Bazaris qui avaient été arrêtés il y a quelques mois pour avoir rendu visite en Irak à des membres de leur famille qui font partie de l’OMPI. Le ton est monté d’un cran le mercredi : des voyous armés de fléaux (ce n’est pas une blague) ont attaqué les commerçants du sud de Téhéran à 100 mètres d’un poste de la milice sans que cette dernière n’intervienne. Le Jeudi, dernier jour de la semaine à 17h, fin de la journée, le régime est devenu plus explicite : les entrepôts de coton et de laine du Bazar de la ville de Kermân, situés dans un des plus vieux caravansérails d’Iran, ont pris feu. Les pompiers sont arrivés avec un retard de 20 minutes et n’ont rien pu faire. Les dépôts sont partis en fumée avec le caravansérail dans l’espoir que le travail reprenne le samedi suivant, premier jour de la semaine en Iran.
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Réponses aux avertissements | Sur ce site, nous ne croyons pas aux coïncidences. Le lendemain de cet acte criminel, vendredi à l’heure des prières très politisées du régime, le dépôt des produits électroménagers réservés au clergé et situé à Qom, siège du clergé, est parti en fumée ! La cible contient également la collection de tableaux à la gloire de la révolution islamique. Mais dans ce cas, le trésor des mollahs étant en jeu, les pompiers sont arrivés rapidement pour sauver les tableaux.
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La suite des réponses | Samedi, qui devait être le début de la reprise du travail, n’a pas satisfait les mollahs car la section des vendeurs de tapis du Bazar de la ville de Qom a fermé en prétextant un manque d’activité dû aux importations des tapis chinois.
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Fléaux volants | Dimanche, le régime a eu encore plus chaud : une des 300 pompes à essence réservées au clergé (ce n’est pas une blague), a pris feu. 30,000 litres de carburant et de gaz sont partis en fumée.
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Voilà qui ne va pas plaire aux Occidentaux qui refusent d’appliquer l’embargo pour éviter un soulèvement fatal à leurs mollahs chéris. Les Iraniens, de plus en plus enragés et tendus, peuvent eux-mêmes provoquer la pénurie nécessaire pour mettre le feu à la société. Quand ? nul ne peut le dire, mais avec la tension qui règne, cela est une certitude.

Les bombes humaines | Ce n’est pas un hasard si l’info qui a intéressé le plus les Iraniens a été un employé de la sécurité sociale sur le bord de la fenêtre de son bureau prêt à se f… en l’air. Les Iraniens se seraient reconnus en lui. Attention, quand on est prêt à mourir on peut devenir une matière explosive.
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