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Iran : La semaine en images n°261
23.02.2013

intro de base pour comprendre la situation.
mise à jour chaque semaine avec de nouveaux éléments...

Origines de la crise | Dès 1957, les Américains ont entrepris de renverser le Shah car ses projets pour l’Iran étaient contraires à leurs plans pétroliers et aussi pour mettre au pouvoir des activistes islamistes (non cléricaux) partisans d’un régime révolutionnaire et interventionniste pour doubler les Britanniques présents en Iran au travers les mollahs, mais aussi pour renverser les monarchies arabes mises en place par les Britanniques et enfin pour s’infiltrer en Asie Centrale soviétique et chinoise.

En 1973, le Shah a annoncé qu’il ne reconduirait plus le contrat de 25 ans obligeant l’Iran de vendre son pétrole en exclusivité aux Américains, les Britanniques et les Français selon un prix constant. Ce contrat finissait le 19 août 1979. Les Américains qui possédaient ainsi 40% du pétrole iranien à un prix très bas ont amplifié alors leur hostilité contre le Shah avec l’intention de le renverser avant août 1979. Les Français qui avaient 6% de la production iranien se sont alignés sur Washington. Les Britanniques qui possédaient 47% du contrat, mais sont en guerre pétrolière avec Washington depuis 1911 [1], ont participé à l’aventure avec tous leurs pions à ce projet islamisant intitulé Ceinture Verte et ont pu écarter les pions activistes islamistes de Washington. Pour bloquer le retour de ces islamistes non cléricaux, les mollahs ont rompu les relations avec Washington et ont également adopté la doctrine de la Tutelle d’un Grand Ayatollah sur la République Islamique.

Washington a alors commencé une véritable guerre d’usure économique contre les mollahs pour les affaiblir économiquement, les mettre devant un risque de soulèvement populaire afin de les amener à rétablir les relations bilatérales, permettre à ses pions de participer aux joutes politiques et reprendre le pouvoir via des élections du régime (une révolution de couleur). La clef de réussite de cette politique a été de rester dans les accusations floues (avec un grand recours au conditionnel) pour pouvoir éviter toute escalade susceptible de provoquer une guerre et entraîner la chute du régime islamique nécessaire aux plans régionaux américains.

Face à ce projet de guerre d’usure, les mollahs contrôlés par les Britanniques ont opté pour une politique d’amplification de la crise et d’escalade délibérée afin de forcer Washington à capituler. Rafsandjani, le coordinateur du coup d’Etat anti-américain, devenu avec l’aide des Britanniques patron du régime et de ses services secrets, n’a omis aucun effort en ce sens par un recours immodéré au terrorisme au Moyen-Orient ou par la guerre contre l’Irak pour perturber l’approvisionnement pétrolier de l’Amérique. Mais il n’a pas su faire capituler Washington.

Les rivaux internes de Rafsandjani (mollahs écartés par lui du pouvoir et des meilleurs business) étaient alors en but de le virer, prendre sa place et tenter de réussir par plus de méchanceté pour sauver le régime et en prime le patron économique du régime. Pour les contrer, Rafsandjani a acheté le soutien de des plus petits adversaires (comme les Larijani) (en leur accordant des sièges du Conseil de Discernement, organe par lequel il dirigeait le pays). Il a aussi acheté la protection des Européens en leur bradant le pétrole iranien. Et il a également acheté le soutien des hommes d’affaires issus du régime en leur offrant des dollars bon marché.

Mais ce faux apaisement n’a rien donné a même incité Washington à parler d’une possible menace nucléaire et de frappes préventives. Il a ainsi pu impliquer le Conseil de Sécurité de l’ONU et entraîner un grand nombre de pays à participer à de nouvelles sanctions bancaires pour épuiser toutes les ressources en dollar du régime déjà ruiné par les choix clientélistes de Rafsandjani. Ce dernier a dû confier la direction des négociations à son jeune rival Ali Larijani pour faire partager les torts.

Rafsandjani a renoué avec la politique de l’amplification de la crise via Ahmadinejad (un autre ex-collaborateur des services secrets) et il a confié la direction des négociations à son jeune rival Ali Larijani pour faire partager les torts. Mais en 2008, le régime déjà très endetté a vite été confronté au manque de devises pour assurer l’approvisionnement du marché intérieur. Rafsandjani et Larijani (devenus complices) ont fait le choix de geler les salaires et relever les prix des produits importants pour diminuer la consommation et ainsi gagner du temps dans l’espoir de parvenir à capituler Washington par tous les moyens.

De nombreux collaborateurs du régime notamment les Pasdaran de base ont été déçus par cette fuite en avant qui méprisait leurs intérêts vitaux : issus du peuple et engagés par pauvreté et non pas conviction, ils ont commencé à boycotter les manifestations officielles.

Il est alors devenu évident clair pour la caste dirigeante qu’il devait songer à négocier des garanties de sécurité pour fuir avant que le régime rongé de l’intérieur ne s’effondre. Pour avoir le monopole des marchandages, Rafsandjani, le patron du régime, a alors écarté Ali Larijani du Conseil iranien de Sécurité, organe chargé des négociations avec Washington.

On est alors passé d’une guerre pour être le sauveur du régime à une guerre pour l’accès aux marchandages avec Washington.

Larijani a commencé à diffuser des dossiers de la corruption de Rafsandjani et ses alliés politiques pour les écarter du pouvoir. Rafsandjani a neutralisé Larijani en éliminant son principal lieutenant politique. Puis Rafsandjani a tenté un dernier joker : le Mouvement Vert, une fausse révolution de couleur (hostile à son propre pion Ahmadinejad) pour duper Washington et l’entraîner à abolir ses sanctions ! Larijani a soutenu ce projet insensé qui lui semblait prometteur.

Mais, le peuple autorisé à manifester a révélé son hostilité au régime tout entier. De plus, les Pasdaran de base ont laissé faire montrant leur soutien tacite à un changement de régime. Les Américains n’ont pas aidé cette contre-révolution contraire à leurs plans régionaux ont même participé aux rumeurs diffusées par le régime pour intimider le peuple et mater leur révolte. Ce qui a brisé le cœur des Iraniens et leur envie de lutter. Mais in fine, chacun a réalisé que le régime était définitivement rongé de l’intérieur et condamné. Larijani, mais aussi d’autres, se sont mis à critiquer Rafsandjani pour l’écarter et accéder aux marchandages avec Washington pour garantir leur survie au-delà du régime.

Rafsandjani menacé a divisé la coalition informelle à son encontre en offrant le pouvoir judiciaire aux Larijani avant de tenter de relancer son Mouvement Vert. L’échec de cette seconde tentative a libéré Larijani : il a commencé à utiliser le pouvoir Judiciaire contre Rafsandjani et ses pions gouvernementaux chargés des marchandages à savoir Ahmadinejad, son ministre des affaires étrangères Salehi, le négociateur nucléaire Jalili… Rafsandjani, affaibli, a décidé de privilégié le dialogue avec Washington. Larijani a alors condamné toute négociation. Chaque clan manoeuvrait pour ses intérêts au mépris de l’intérêt commun de tous les serviteurs du régime. Cette désunion a provoqué de nouvelles ruptures internes.

Les hommes d’affaires du régime ont jugé qu’ils étaient en danger : ils ont commencé à brader leurs avoirs boursiers et immobiliers pour acheter de l’or et des dollars afin de fuir le pays. Cette ruée vers l’or et vers le dollar a mis le régime face à un risque de banqueroute de la Banque centrale Iranienne (BCI). Pour calmer la situation, les Larijani, maîtres du Pouvoir Judiciaire, ont commencé des procès contre les candidats à la fuite avec l’accusation de fraude ou de blanchiment d’argent, délit passible de la peine de mort, mais ils n’ont jamais osé appliquer les verdicts annoncés de peur de provoquer une fuite massive des capitaux susceptible d’entraîner la banqueroute puis la chute du régime. Dès lors, en combinaison avec les Chefs Pasdaran, ils ont sans cesse tenté d’intimider les nantis paniqués en évoquant la puissance policière du régime, mais en absence de troupes fidèles visibles, ces menaces n’ont pas réussi à calmer les paniqués. Finalement, les Larijani ont tenté d’atteindre le même but en annonçant régulièrement des pendaisons publiques, mais là encore, ils les exécutent très tôt le matin de peur d’être pris à partie par le peuple. Ce processus d’intimidation à reculons a été avant tout un constat permanent d’impuissance et de vulnérabilité du régime. C’est pourquoi chaque clan a dans le même temps accéléré ses efforts pour arriver à un accord avec Washington. Washington na apprécié cela, mais il ne peut pas accorder les garanties souhaitées par ces gens. Mais aucun n’a rien obtenu.

En décembre dernier, Rafsandjani, convaincu qu’il n’obtiendrait rien des Américains, a commencé à se dire proche du peuple. Il a aussi chargé ses pions Verts à scander « Mort à la République islamique ». Il a commencé à parler d’Elections Libres. Ses adversaires ont compris qu’il entendait changer de bord. Quand ses pions gouvernementaux ont annoncé de nouvelles anxiogènes de hausses de prix, ses adversaires ont été convaincus qu’il entendait provoquer un soulèvement afin de s’y engouffrer par "amour du peuple" : devenir (malgré le risque évident d’y rester) l’instrument d’un changement qu’il ne peut éviter espérant de bénéficier d’un pardon en Iran. Cette solution permettait aussi de bloquer le retour aux affaires des pions islamistes de Washington et de satisfaire les intérêts pétroliers de la Grande-Bretagne garantissant de facto les avoirs financiers de Rafsandjani dans les pays britanniques. La finesse de cette solution laisse supposer qu’elle a peut-être été suggérée à Rafsandjani par les Britanniques eux-mêmes.

Les nantis du régime ont immédiatement saisi les intérêts de cette solution : ils pouvaient changer de bord et participer à la vie économique au nom d’une Réconciliation Nationale. Mais les Chefs Pasdaran du Bassidj et de la Police dont les noms restent associés à toutes les répressions, les Frères Larijani complices de leurs derniers forfaits, notamment les pendaisons publiques, ont refusé cette solution, car ils ne peuvent bénéficier d’aucun pardon. Ces insolvables ont créé une coalition mais n’ayant pas de troupes actives, leur fronde est restée symbolique.

Cette fronde interne a seulement montré que le régime était trop divisé pour pouvoir s’engager dans un marchandage ou dans un changement. Tous les gens coincés au côté du régime se sont sentis en danger : ils devaient rompre ! Le régime a subi des boycotts à 100% lors de ses dernières manifestations officielles. Par ailleurs, la ruée vers le dollar a repris pour les plus riches à Dubaï et pour les subalternes normaux au Bazar de Téhéran. ainsi dernièrement, le régime s’est retrouve de fait confronté à un risque de banqueroute fatale !

La semaine dernière, le régime devait célébrer l’anniversaire de la révolution à travers diverses manifestations : après les premières manifestations boycottées, la panique interne s’est amplifiée. Le boycott de l’anniversaire de la révolution est paru comme une date difficile susceptible de déboucher sur une plus grande crise voire plus.

Washington a alors décidé de renforcer ses menaces et ses offres de dialogue pour parvenir à faire plier Rafsandjani et obtenir un transfert des pouvoirs avant la chute du régime islamique utile à ses projets. Washington espérait l’ouverture d’un dialogue au Caire via Ahmadinejad, le principal pion politique de Rafsandjani. Larijani devait renforcer ses attaques pour renverser Ahmadinejad avant son départ pour Caire. Il pouvait alors accéder dialogue en tant que élu et membre du Conseil de Discernement . Rafsandjani a anéanti ce risque en faisant intervenir son pion, le Guide Khamenei pour s’opposer à tout dialogue. Larijani floué par cette ingérence a tenté quand même de renverser Ahmadinejad.

Ahmadinejad a riposté par une vidéo trafiquée accusant le clan Larijani de corruption. Ce choix de fausse vidéo a prouvé que le clan Rafsandjani n’avait pas de vrai dossier sur les Larijani ou qu’il était en perte de vitesse. Sa solution de réconciliation nationale a perdu quelques partisans politiques. Les derniers collaborateurs du régime ont vu leur chance de recyclage politique s’évanouir : le Bazar a été pris d’assaut pour acheter des dollars et fuir le pays.

Par la suite, cette semaine, le dimanche 10 février, le 34e anniversaire de la révolution islamique a été boycotté partout en Iran. Nous en avons rendu compte dans notre précédent numéro de la semaine en images.

Par la suite, cette semaine, le dimanche 10 février, le 34e anniversaire de la révolution islamique a été boycotté partout en Iran. Le même jour, bien que férié, le régime a été confronté à une nouvelle ruée affolée vers l’or et le dollar. Les Larijani et ses associés insolvables devaient cacher ce boycott et la crise naissante. Ils devaient aussi dans le même temps reverser les gens du clan Rafsandjani. Ce dernier s’est précipité pour retourner un peu sa veste, mais il n’a constaté aucune mobilisation populaire en sa faveur. Ayant besoin de plus de temps pour sa reconversion, il a rejoint ses adversaires pour tenter de contenir la crise avec de nouvelles menaces pour obtenir ce délai. Mais les deux groupes n’ont pas réussi à calmer la panique. Devant l’amplification de la crise, ils ont finalement décidé d’organiser une braderie des prochaines pièces en or émises par la Banque Centrale iranienne afin de détourner leurs collaborateurs paniqués du marché sensible du dollar. Voici le récit en images, à partir du dimanche, de 6 jours pleins de craintes, de tension et de fureur pour les dirigeants désespérés du régime à bout du souffle des mollahs.



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Rappel | Dimanche 10 Février 2013 (22 Bahman 1391),
le régime devait célébrer l’anniversaire de la révolution islamique
. On a vu d’immenses foules sous un ciel bleu à Téhéran et plusieurs grandes villes alors que les ciels de ces villes étaient plutôt nuageux. Les images ne pouvaient provenir que des archives. Outre le ciel infiniment bleu des images, le recours aux images d’archives a été notamment révélé par une présence intermittente de la dernière fusée du régime sur la place Azadi (liberté) ex, Mémorial offert par le Shah à la ville de Téhéran.

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Monument avec un drapeau de façade mais sans la Fusée sous un ciel bleu

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Monument sans le drapeau de façade et sans la Fusée
sous un ciel bleu

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sans le drapeau et sans la Fusée sous un ciel bleu

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sans le drapeau et sans la Fusée sous un ciel bleu

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avec le drapeau, mais sans la Fusée sous un ciel bleu

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La couleur du ciel est une vraie casse-tête pour le régime car par nécessité d’informer rapidement, il ne peut détourer et remplacer tous les ciels et modifier les lumières sans aucun défaut de raccord sur des milliers de clichés. A chaque fois, il ne peut que choisir un type de ciel dans ses archives et s’y tenir en espérant que ça passe.

Cette fois, son choix de ciel bleu n’était pas terriblement convaincant. Comme le montrent ces captures d’écran du site Mehr, il y a 5 reportages sur Téhéran au lieu d’une dizaines les années précédentes et 5 grandes villes et 3 petites villes couvertes au lieu d’une couverture totale du pays.

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Parmi les villes absentes, il y avait Qom, le siège du clergé ! Le clergé (créé au XVIIIe siècle avec des financements britanniques pour garantir les intérêts stratégiques de la Grande-Bretagne) a choisi, comme le veut la Grande-Bretagne, de sortir du régime agonisant, ce qui in fine devrait aussi permettre de sauver ce clergé, lui donner une nouvelle vitalité pour servir encore les intérêts britanniques.

Ce boycott remarquable n’a guère plu aux dirigeants du régime car le seul prochain coup possible pour le clergé ne peut être qu’une Fatwa hostile au régime islamique en place pour marquer sa rupture et apporter à la contre-révolution la publicité et la visibilité nécessaires pour redémarrer. De fait, le boycott de Qom a sans doute été le boycott le plus important de la journée.

Cette Fatwa est désormais l’épée de Damoclès qui menace le régime et tous ses dirigeants y compris Rafsandjani s’il ne parvient pas à gérer le sabordage du régime. C’est là un exemple du génie stratégique des Britanniques que de trouver l’anti-dote dans le venin même qu’ils ont injecté dans le système politique iranien au XVIIIe siècle. Cela est évidemment très positif pour les Iraniens, mais la Grande-Bretagne ne l’a pas fait pour aider l’Iran, il l’a fait pour barrer la route au retour des pions islamisants de Washington et relancer son instrument qu’est le clergé. C’est pourquoi les Iraniens devraient être vigilants en utilisant cet engagement du clergé sans pour autant oublier son bilan, l’absoudre et le laisser confisquer leur victoire.

En attendant cet éveil politique chez les plus grand nombre, ceux du régime ont un vrai soubresaut à l’idée de cette évolution terrible car selon des informations parues le lendemain, le même jour bien que férié, le régime a été confronté à une nouvelle panique de ces derniers collaborateurs et une nouvelle ruée affolée vers l’or et le dollar par intermédiaire des revendeurs à la sauvette dans le quartier des cambistes.

Les dirigeants ont aussi paniqué, d’une part les insolvables (visés par Londres), mais aussi Rafsandjani qi ne parvient pas à retourner sa veste. Pour y parvenir dans peu de délai : Rafsandjani a annoncé dans ses médias qu’il avait été attaqué alors qu’il manifestait en compagnie de son épouse. On a à cette occasion eu droit à une image de lui avec ses gardes, mais sans son épouse. Par ailleurs, d’après la lumière diffuse sur son visage, la photo avait été prise par un temps très couvert et provenait donc des archives du régime.

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Cette tentative de retournement de la veste ayant raté, Ahmadinejad, le principal pion politique du clan Rafsandjani a fini son discours annuel pour l’anniversaire de la révolution par 3 cris de Vive le Printemps !

Rafsandjani a montré qu’il avait encore des cartes audacieuse à jouer. Les Larijani devaient se mettre en avant pour insinuer une bonne dose d’audace et de courage. On a ainsi une image de Sadegh Larijani, mais là aussi l’image provient des archives car le ciel est totalement couvert et le sol mouillé d’une pluie tombée quelques minutes plus tôt alors qu’il faisait beau et légèrement nuageux ce jour et il n’y a eu aucune précipitation.

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Alors que le processus de revirement avait été boosté par le boycott du clergé, le slogan du printemps et surtout la nouvelle panique des collaborateurs du régime, dans l’après-midi, Ali Larijani a annoncé qu’il avait été attaqué par 500 nervis déviants pro-Ahmadinejad à coup de jets de cailloux de prière et de chaussures en sa direction lors de son discours à la gloire de la révolution islamique à Qom ! Larijani a précisé qu’il était parvenu à maîtriser les assaillants... il était à la fois la victime, mais aussi un rempart !

Cette Bagarre épique à Qom nous a paru factice car on n’a avait que des rumeurs, aucune image et par ailleurs, aucun des minis clans au pouvoir n’a 500 partisans ! enfin, Ali Larijani n’avait demandé à ses alliés les chefs Pasdaran de la police de se lancer à la poursuite des agresseurs pour les faire juger d’une manière exemplaire car le Pouvoir Judiciaire dirigé par son frère.

Tout cela ressemblait à une rumeur pour évoquer la capacité de résistance de Larijani face à la tempête à venir. Le clan Rafsandjani et ses médias ont ignoré ce récit pour priver Larijani de toute exploitation politique de cette affaire.

Deux jours plus tard, Mohsen Rezaï, ex-patron des Pasdaran, qui avait choisi Rafsandjani, mais sous la pression des Larijani est revenu dans leur giron, a diffusé une première vidéo très basse définition montrant l’attaque. On voit effectivement une certaine agitation, mais on ne distingue rien. Aussitôt,une autre vidéo haute définition est apparue montrant une agitation moins importante. Nous avons compris qu’il y avait une guerre des images et que l’on allait avoir des surprises.

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Dans un premier temps, nous avons remarqué deux points très intéressants sur la seconde vidéo : on ne voit nullement l’orateur et l’affiche se trouvant dernière lui ne mentionne nullement le 22 Bahman, anniversaire de la révolution islamique, mais elle fait référence à la Décade de FAJR qui a lieu avant cette anniversaire.

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Or, Larijani, a été humilié lors de la décade de FAJR par une vidéo l’accusant de corruption. Il nous a semblé qu’il a peut-être tourné aussitôt cette vidéo-ci évoquant son « courage face à l’hostilité d’Ahmadinejad »... Nous avons fouillé un peu plus et découvert cette troisième vidéo très intéressante (mais oubliée par les médias pro-américains) où l’on voit le service d’ordre de Larijani encadrer une mini agression d’une vingtaine de jeunes (d’aspect afghan) qui évoluait parmi une foule de deux cents personnes plus âgées, tous réunis derrière une ligne (verte) de sécurité à 20 mètres de l’orateur (que l’on entend sans jamais le voir).

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Avec cette vidéo, il est devenu clair que Larijani avait tout orchestré pour discréditer son adversaire et se montrer comme un champion du régime. C’est pourquoi il n’a pas immédiatement demandé l’arrestation des coupables. Il n’a même pas fait semblant car en manque de troupes il ne peut se permettre de se fâcher avec les derniers figurants disponibles. L’auto-censure américaine à propos de cette vidéo peut être attribuée à l’absence de volonté de ridiculiser le régime afin de ne pas précipiter sa chute.

Enfin, si ces images ont apparu trois jours plus tard, les collaborateurs du régime (qui ont des contacts dans tout le pays et surtout à une ville essentielle comme Qom) devaient être au courant que la Bagarre n’était qu’une rumeur pour donner du relief à Larijani alors que tout allait de mal en pis. C’est pourquoi la crise n’a pas désenflé du côté du Bazar.

Dans la soirée de cette journée mouvementée de dimanche, le régime devait clôturer le Festival de film de FAJR (qui a jadis primé Golshifteh). C’était une occasion de simuler un état de normalité, mais il y avait un problème : cette année, ce festival n’avait jamais pu remplir un amphithéâtre pour l’inauguration ou pour les projections. Dans la situation de panique susceptible de virer au cauchemar dès l’ouverture des banques, Le régime devait plutôt annuler la cérémonie pour ne pas mettre en valeur sa déroute.

Mais la semaine dernière, en raison des boycotts que le régime subissait, le gouvernement avait annoncé une clôture haute en couleurs en présence du président. De fait de cette publicité, le régime ne pouvait pas tout annuler. Il a coupé la poire en deux en organisant une clôture sans ramdam et normale (en présence du ministre de la Conduite et de la Culture islamiques). A cette occasion, nous avons des remises de prix à une dizaines de acteurs liés au régime devant un amphi plein, mais cette photo provient sans nul doute des archives du Festival car l’arrière plan de la scène n’est pas la même que sur les vues montrant les remises de prix. Le régime a donc été encore boycotté, cette fois à haut niveau, et était en droit de s’attendre à une plus forte crise dans les jours à venir.

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Les derniers hauts responsables du régime n’ont donc pas daigné se déplacer pour l’aider à simuler la normalité. Cela présageait une plus forte crise dans les jours à venir, une plus forte ruée vers l’or et le dollar....

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Lundi 11 Février 2013 (23 Bahman 1391), les médias du régime n’ont annoncé aucune grise supplémentaire, mais il y a des signes laissant présager le contraire : tout d’abord, le taux du dollar sur les sites économiques a été remplacés par un simple point.

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Par ailleurs, le Parlement et le Gouvernement (Larijani et Rafsandjani) ont annoncé qu’il serait désormais formellement interdit d’acheter des dollars sans une raison valable et en dehors de la Banque Centrale Iranienne (BCI) ou des cambistes validés par la BCI et que par ailleurs, personne ne serait plus autorisé d’avoir des dollars chez lui. Tout contrevenant serait passible d’arrestation et d’emprisonnement. La demande devait donc être forte, mais le régime restait flou car il n’a pas les moyens d’appliquer ce genre de mesures. Les clans de Larijani et de Rafsandjani, bien qu’ennemis, s’étaient unis juste pour retarder la banqueroute afin d’avoir le temps d’atteindre leur objectif.

Mais cette annonce d’interdiction d’acheter et de posséder des dollars a donné l’impression que le régime n’était pas financièrement en mesure de satisfaire la demande. C’est pourquoi a panique s’est amplifiée, il y a eu même un gros mouvement de vente d’action à la bourse de Téhéran.

Les deux clans ennemis cohabitant au sein du régime en difficulté ont alors changé d’attitude en promettant à tous les Iraniens 130,000 tomans d’allocation pour Norouz au lieu de 40,000 habituelle. Mais ce surplus est bien loin de pouvoir aider les Iraniens car le seuil de pauvreté est actuellement de 1,800,000 tomans pour une famille de 4 personnes. Par cette petite prime passagère sans conséquence, le régime a seulement montré qu’il était limité en trésorerie. La panique n’a pas désenflé.

Le régime était toujours face à un risque de banqueroute. Larijani devait attaquer Rafsandjani et ses pions gouvernementaux. Le site Khabar online (lié à Larijani) a reparlé de l’Incident de Qom pour accuser Ahmadinejad d’action hostile à la révolution islamique. Larijani entendait utiliser cette affaire factice pour demander la tête d’Ahmadinejad afin de mettre hors jeu son mentor Rafsandjani. Ce durcissement a amené Larijani à annoncer une possible enquête pour trouver les agitateurs, mais étant donné que Larijani ne devait pas arrêter ses propres sbires, il n’y a rien eu de concret.

Dans le même temps, Ali Larijani devait partir à Islam-Abad au Pakistan afin d’assister ce lundi 11 février et le mardi 12 février à la conférence des chefs des Parlement des l’organisation ECO comprenant la Turquie, l’Iran, le Pakistan, l’Afghanistan et les pays de l’Asie Centrale. Ali Larijani espérait rencontre le président Pakistanais Ali Zardari, qui a souvent joué le rôle d’intermédiaire pour Washington, afin de nouer par son biais le dialogue avec les Américains. Cette possibilité pour Larijani de parvenir à entrer dans le processus et flinguer le projet de revirement de Rafsandjani, bénéfique au plus grand nombre, ne pouvait pas calmer la panique interne.

Dans l’après-midi, le ministre des affaires étrangères du régime, Salehi (membre du clan Rafsandjani) devait aussi s’envoler pour un voyage de deux jours à Moscou pour étudier plus de coopération diplomatique et commerciale avec la Russie. Ce voyage avait été annoncé jeudi dernier alors que le régime venait d’être boycotté par ses officiers de l’armée de l’air. De fait de la gravité de ce boycott, de la situation presque permanente de crise, mais également de prochaines négociations avec les 5+1, on peut supposer que les Russes voulaient sonder un membre du clan Rafsandjani ou tenter de rassurer ce clan. Mais dans le contexte tendu de la semaine dernière, ce voyage a été vu par la base comme une réunion de crise, signe de faiblesse du clan Rafsandjani. Ce qui a encore amplifié le sentiment d’incertitude et la panique interne.

Pour calmer la panique qui gonflait, le pouvoir Judiciaire des Larijani a annoncé deux pendaisons publiques pour le lendemain à Téhéran. Mais cette annonce ne pouvait pas calmer la panique.

In fine à 20h30, la Banque Centrale a annoncé qu’il commencerait dès le lendemain la vente par avance de pièces d’or livrables en juin au prix imbattable de 1,000,000 tomans soit -33% de sa valeur actuelle et -66% de sa valeur attendue en juin en raison des présidentielles indécises à venir à ce moment.

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L’offre était inhabituellement alléchante : il nous a semblé que le régime tentait de détourner les gens de l’achat du dollar pour éviter la banqueroute de la BCI. Mais son plan pouvait échouer car les gens paniqués ne voient certainement pas le régime d’être capable de se maintenir jusqu’en juin !

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Mardi 12 Février 2013 (24 Bahman 1391), le régime, conscient de la faiblesse de son jeu, a commencé la journée par les deux pendaisons publiques promises la veille : il entendait rappeler sa puissance répressive pour intimider ses compagnons paniqués afin de les calmer. Cependant, comme on peut le voir, le régime a exécuté son spectacle morbide très tôt, vers 4 heures du matin et sur un site désert, par peur d’une réaction hostile des habitants.

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Quelques heures plus tard, la BCI et ses succursales ont ouvert leurs portes, mais la foule n’a pas été au rendez-vous de son offre d’or. Ridiculisé par l’insuccès de son plan, le régime devait clore et classer l’affaire : un certain Abbas Moussavian, le directeur du comité des Banques islamiques, a déclaré que cette vente proposée par le régime était contraire à la Charia ! Le régime devait cependant trouver un moyen pour résorber les rials de ses compagnons pour limiter leurs achats de dollar. Le régime a agi sur deux plans : il a augmenté le dépôt de garantie pour les prêts en dollar destinés aux importateurs de 15% à 135% ! Il a aussi exigé que toute personne ayant acheté des dollars à la BCI aux taux de 900 à 1200 tomans devait rembourser presque 2,5 dois plus de rial au prétexte que le dollar officiel avait augmenté de 2500 tomans. Dans le contexte en vigueur de la ruée vers le dollar et de risque de banqueroute, le régime pouvait donner l’impression de vouloir augmenter son réserve en Rials. Or, cette monnaie ne vaut plus rien nulle part. En fait, le régime tentait de diminuer le budget d’achats de ses collaborateurs paniqués pour étouffer la crise par manque de capitaux.

Il n’y a pas eu d’apaisement dans la crise. Le régime devait alors se montrer plus intimidant avec ses compagnons paniqués en annonçant une reprise des procès à leur encontre ou l’application des verdicts déjà annoncés. Or, cela peut engendrer une plus forte panique susceptible de provoquer un retrait massif des capitaux. Le pouvoir Judiciaire devait donc relever la menace d’un demi cran. Nous n’avons vu rien de tel : le pouvoir Judiciaire a sabordé le principal dossier visant les hommes d’affaires paniqués en annonçant que la fuite d’un des accusés principaux (dont on n’avait jamais entendu parler) venait de bloquer l’instruction ! Le Pouvoir Judiciaire des Larijani a ainsi admis qu’il était incapable de contenir les paniques à venir ! Le clan Larijani ne pouvait plus se poser comme un acteur craint pu capable de se faire respecter. Pour demeure dans ce rôle du méchant, le Pouvoir Judiciaire a annoncé deux autres pendaisons publiques de prisonniers de droit commun à Arak et a décréter que la publication de liens provenant du Face-Book et de sites prohibés étaient vu comme des délits.

De plus, Ali Larijani parti à Islam-Abad au Pakistan n’avait guère eu l’occasion de parler et briller. Il n’a pas ailleurs pas été reçu par Ali Zardari, le président pro-américain du Pakistan. Il devait parler pour sauver son clan et son image de joueur à respecter. Désespéré par la situation de son clan et l’absence d’intérêt des Américains à son égard, Ali Larijani a tenté de les provoquer en se disant hostile au dialogue via les 5+1. Puis pour nouer le dialogue avec la partie américain, il a également affirmé que Brzezinski, le grand manitou de la diplomatie américain qui avait également été le mentor politique d’Obama, avait récemment « rejeté la possibilité tactique pour Washington d’attaquer l’Iran ». Mais Ali Larijani n’a eu aucune réponse à ces provocations. Il a alors prolongé son séjour au Pakistan dans l’espoir d’un signe !

Le parti Motalefeh (issu du Bazar et proche de Larijani) a alors reparlé de l’Incident de Qom, mais il n’est pas parvenu à relancer la rumeur pour affaiblir le clan Rafsandjani afin d’aider Ali Larijani. C’est alors que l’on a eu le premier film avec un cadrage tronqué sur l’Incident de Qom, puis les deux autres films pour révéler qu’il s’agissait d’une mise en scène.

Le régime était alors en crise, ses différents acteurs ne brillaient pas par leur imagination et contribuaient à affaiblir leur régime par leurs erreurs ou par leur incapacité à contenir la dernière panique online, Washington a jugé le moment opportun pour renouer le dialogue. Obama, s’exprimant devant les sénateurs, a affirmé qu’il était « temps de parvenir à un bon accord avec Téhéran », ce qui dans le contexte, veut dire la docilité des mollahs. Mais le pouvoir est trop divisé pour parler d’une seule voix. Aucune décision n’a été prise. La panique interne a été amplifiée par cette absence d’issues viables : le dollar a été officiellement annoncé « en hausse ». Le régime reconnait la hausse du dollar quand son prix monte d’heure en heure et il ne peut plus nier qu’il a un problème de panique.

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Mercredi 13 Février 2013 (25 Bahman 1391), cette journée devait être celle du Mouvement Vert, la fausse opposition interne car le 25 Bahman 1389 (14 février 2011), ses dirigeants avaient tenté d’organiser à cette date une manifestation dissidente à la gloire de la révolution islamique. Cette manifestation avait été boycottée par le peuple, mais la fausse opposition avait prétendu le contraire pour continuer cette aventure ! En 2012, la fausse opposition nous avait rejoué la même comédie. Cette fois, on n’a guère entendu les animateurs de la fausse opposition car personne n’est assez fou de vouloir aider un régime condamné et honni. Le régime a joué la discrétion à propos de la disparition de sa roue de secours pour ne pas amplifier la panique interne.

Au même moment, une équipe de négociateurs techniques de l’AIEA est arrivée en Iran. Washington, qui finance l’AIEA à la hauteur de 60%, la fait intervenir quand le régime est face à de grandes difficultés pour voir s’il est prêt à se soumettre. Dans le cas présent, le régime était face à une grosse panique interne et aussi dans l’incapacité de trouver des volontaires pour tenter de calmer le jeu avec les fausses promesses d’ouverture et de réformes.

La ligne diplomatique du régime a toujours été d’accepter le dialogue pour obtenir un gel des sanctions, puis tergiverser sans fin pour rallonger ce délai, mais cette fois, plusieurs pions politiques de Rafsandjani dont Ahmadinejad ont accordé des interview à la presse pour affirmer que le régime ne discuterait plus de son droit à l’enrichissement nucléaire, son droit à l’installation de nouvelles centrifugeuses ou son droit de refuser la visite des sites désignés comme dangereux par Washington.

Dans le contexte de panique interne, cette attitude des pions de Rafsandjani était un tentative de d’amplifier la crise et aller vers une explosion nécessaire à ce clan pour sauter les deux pieds joints dans l’opposition. D’ailleurs, peu après on a annoncé que la bourse était sortie du contrôle de ses responsables : les gens vendaient, vendaient, vendaient (notamment des actions d’Iran Khodro), pour trouver des fonds et acheter, acheter, acheter des dollars !

Washington qui ne veut pas la chute du régime devait punir le régime, mais sans contribuer à la panique : la société Samsung Total qui lui avait récemment désobéi en annonçant la reprise de ses chats pétroliers à l’Iran a annoncé qu’il avait été rappelé à l’ordre et suspendait à nouveau ses achats. après cela, Kerry, le nouveau ministre américain des affaires étrangères, a encore averti le régime tout en insistant sur l’ouverture des Etats-Unis au dialogue. Mais il n’y a eu aucun revirement du côté des pions gouvernementaux de Rafsandjani : ils ont même insisté d’avantage sur leur fermeté face à Washington. Rafsandjani a allé à la rencontre des responsables du conseil islamique des étudiants iraniens pour insister sur le besoin du pluralisme et la nécessité pour les dirigeants d’être à l’écoute du peuple.

Rafsandjani tentait de se repositionner comme un ami du peuple alors que la panique pousser le régime vers la banqueroute. Ali Larijani , resté au Pakistan pour flirter avec les Américains, a tenté de bloquer la crise à distance en faisant rappeler par le Parlement que l’achat et la possession du dollar étaient désormais strictement interdits ! La mesure évoquée en début de la semaine comme un projet en cours de mis en route était devenue effective ! Mais personne n’a vu l’ombre d’un milicien sur la bourse ou du côté du Bazar et la mesure choc a vite été perçue comme un nouveau bluff d’un régime en agonie.

Ali Larijani (ex patron des médias du régime), grand adepte de l’esbroufe médiatique, a tenté de dissimuler les difficultés du régime et son propre impuissance, en faisant l’éloge de la puissance du régime par son rôle dans l’armement du Hamas lors de la guerre cette entité contre Israël. Il a tenté d’occuper l’opinion par des diversions médiatiques comme l’arrestation des responsables de l’incident de Qom ou l’investiture de Marzieh Vahid-Dastjerd, comme candidate du Parti des Femmes Fondamentalistes aux prochaines présidentielles. Il a enfin tenté de simuler la normalité par des photos montrant des Parlementaires sereins en train d’étudier sans aucune panique ou urgence des problèmes courants.

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Les Pasdaran chargés de la Police et d’autres alliés de Larijani ont tenté de se montrer puissants en évoquant une forte mobilisation de leur coalition à l’occasion de la cérémonie religieuse du 40e jour de deuil de l’Ayatollah Mojtaba Tehrani. Les médias ont rapporté que le chef de la police Ahmadi-Moghdam présent sur place y avait pris la parole pour annoncer ses hommes étaient prêts pour toute éventualité, même une nouvelle agitation urbaine pendant les prochaines présidentielles ! Mais sur les images, il y avait très peu de monde à la mosquée et le commandant Ahmadi-Moghdam semblait très déprimé.

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Par la suite, le commandant Ahmadi-moghadam a tenté d’améliorer son impact en annonçant l’arrestation et l’exposition de dizaines de malfrats. Mais les photos de cette arrestation médiatique ne nous ont pas convaincus car on y voyait un ciel bleu et un temps clair alors que ce mercredi, après une fin de nuit pluvieuse, le ciel de Téhéran était assez nuageux.

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Dans la foulée de cette annonce, l’agence FARS (liée aux Pasdaran) et l’agence Mehr (liée à Larijani) ont annoncé un grand rassemblement de miliciens pour l’enterrement du commandant Shateri, un membre de la Brigade Qods mort la veille en mission en Syrie ! Mais encore une fois, le temps était ensoleillé et le ciel était bleu (mais d’un autre bleu que dans le cas précédent). Visiblement les images de cette unité forte des Pasdaran provenaient des archives. Sur l’une des photos nous avons également vu Salehi, le ministre des affaires étrangères, alors qu’il était à Moscou !

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Le mystère à propos de cet enterrement a été levé quelques heures plus tard par le site britannique Digarbân : le commandant Shateri de la Brigade Qods n’avait pas été tué la veille (en Syrie), mais le 30 janvier au Liban dans le bombardement d’une convoie d’armes par les Israéliens.

Par la suite, la police du régime a annoncé la mise en service d’un drone espion de 900 grammes pour insinuer qu’il avait la capacité de surveiller les gens malgré son manque de troupes, mais personnes n’a pu trouver la photo de cet objet volant. En fin de la journée, Abou-Torabi, un des lieutenants parlementaires d’Ali Larijani, a encore répété que l’achat et la détention de dollar sans une justificative valable (import-export) était un délit grave assimilable à la volonté de nuire à la stabilité du régime, un cas de « corruption sur terre » et par conséquent passible d’être puni par la peine capitale.

Ainsi Ali Larijani resté au Pakistan dans l’espoir d’un dialogue avec les Américains a eu le dernier mot, mais personne n’a vu des miliciens intervenir au Bazar pour arrêter des centaines de gens qui acheter des dollars ! Ainsi, le régime est resté dans des menaces et les slogans, loin des foyers d’agitation financières et n’a pu contenir la crise.

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Jeudi 14 Février 2013 (26 Bahman 1391), le dollar a encore été officiellement annoncé comme étant très instable et très en hausse. Le régime a avancé le chiffre de 3760 tomans. Mais ce chiffre n’a pas changé d’un iota au cours de la journée alors que le dollar était officiellement annoncé comme instable. Etant donné qu’en cas de crise, le régime annonce des chiffres de 20 à 30% inférieurs au taux d’échange réellement pratiqué par les marchands, on peut supposer que ce jeudi, le dollar a sans doute frôlé pour la seconde fois en moins d’un mois les 5000 tomans malgré le fait que les plus riches, les pros gros acheteurs passent désormais par Dubaï et que la présente crise soit due à des petits acheteurs, les collaborateurs de base, qui ont forcément moins moyens et donc moins la capacité de provoquer des hausses spectaculaires.

De fait, on peut dire que ce jeudi, le régime a sans doute connu une demande hors du commun de la part de ses derniers serviteurs de base et qu’en conséquence, il a été confronté à l’une de ses plus grandes crises de panique politico-financière de ces derniers mois.

Ce même jour, les prix de certains produits importés touchés par la pénurie ont augmenté de 100%. En fait, les hausses des prix des produits importés ne peuvent être attribuées à la hausse du dollar au Bazar car le régime achète ces produits au vrai prix du dollar qui est 4 à 5 fois plus fort que le dollar libre sur le marché iranien. Les variations du dollar sous-évalué sur le marché local ne peuvent donc avoir d’incidence sur des produits acquis avec avec un dollar 5 fois plus cher. En fait, le régime relève ses prix de revente quand les gens paniqués achètent trop des produits par peur d’en manquer et par leurs achats compulsifs le mettent face à une plus forte pénurie. De fait, de ces dernières hausses de prix, on peut affirmer qu’en parallèle avec le niveau alarmant du dollar, il y avait aussi un mouvement de panique alimentaire concernant plusieurs produits. La situation était grave.

Washington espérait que le régime confronté à deux paniques, l’une financière et l’autre alimentaire, accepte de plier un peu et accepte des compromis face à l’équipe de l’AIEA, mais il n’a rien obtenu du gouvernement lié à Rafsandjani. Avant la fin des 48 heures qu’elle s’était accordée, AIEA a annoncé l’échec des négociations. Washington qui ne veut pas la chute du système islamique n’a pas annoncé de nouvelles sanctions, mais il devait secouer Rafsandjani. Les médias allemands ont annoncé une possible inculpation d’un proche de Rafsandjani, ex-président de la BCI (Mazaheri) pour fraude et blanchiment d’argent au Vénézuela après son arrestation à l’aéroport Düsseldorf en possession d’un chèque de 300 millions de Bolivar (54 millions de dollars). Etant donné qu’il n’est pas interdit de se balader avec un chèque en poche d’un pays à l’autre, l’annonce mettait en garde Rafsandjani que l’on peut aussi arrêter les gens de sa famille lors de ce genre de voyage destinés à mettre à l’abri ses larcins. Par ailleurs, Ali Zardari, le président Pakistanais, a enfin invité chez lui Ali Larijani qui était toujours au Pakistan dans l’espoir que l’on vienne le chercher après l’échec de l’AIEA face aux pions de Rafsandjani. Ali Larijani qui s’ennuyait ferme en visitant les monuments a retrouvé le sourire, mais sa rencontre avec Zardari a été brève et sans aucune proposition de dialogue, le but étant non pas de marchander, mais de mettre la pression sur Rafsandjani.

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Le régime était alors face à une double panique provoquée par sa faiblesse politique et financière. Les gens de Rafsandjani, dominant le gouvernement, restaient convaincus que la solution est de sortir du régime pour sauver leur peau. Les autres, mollahs et Pasdaran insolvables, devaient réagir pour impressionner les paniqués, les candidats à la rupture et le peuple. Leur premier choix a été d’annoncer une pendaison publique à Chiraz. La panique n’a pas été clamée par cette annonce. Le dollar est resté encore officiellement en hausse.

Les insolvables ont lâché les menaces. Ils ont délibérément choqué le peuple et l’opposition en exil par l’annonce qu’ils considéraient la Syrie comme la 35e province iranienne et sacrifieraient pour elle la région pétrolière de Khouzestan. L’opposition en exil a plongé pour condamner ces propos et a accaparé tous les médias disponibles pour ses déclarations enflammées occultant par son erreur les graves problèmes qui ravageaient le régime et dont l’exploitation l’auraient tué.

Par ailleurs, pour intimider les paniqués, les insolvables ont tenté de se montrer forts par l’annonce du démarrage d’une nouvelle grande manoeuvre militaire réunissant des soldats et des policiers anti-émeute dans le centre du pays. Ils devaient diffuser des images fortes et non trafiquées pour marquer des points. On a quelques 2000 participants vue du ciel, mais en variant les sources, on a compris que le régime avait réuni là beaucoup de figurants (enfants, ados, femmes) et qu’il y avait au final seulement une cinquantaine de combattants pour s’agiter devant le commandant barbu Naghdi, ancien chef des Bassidjis et son acolyte le borgne Fazli, actuel chef des Bassidjis.

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Vendredi 15 Février 2013 (27 Bahman 1391), le régime était en crise et sa seule défense était la diversion et la ruse. Encore une fois, il a été incapable d’organiser sa grande prière hebdomadaire de vendredi. il a diffusé un sermon enflammé alors qu’il n’a eu aucune image relative à cet événement.

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Le régime était boycotté (en début, puis en ce fin de la semaine), il était rejeté par les siens (les mollahs du clergé), en difficulté économique et financière, mais il ne trouvait pas mieux que de se réfugier dans la propagande. Washington a décidé d’augmenter sa pression : un des meilleurs allié de Washington, Ban Ki Moon évoquant le récent essai nucléaire Nord Coréen a affirmé que le délai pour le dialogue avec Téhéran était écoulé. Ce qui sous entend que l’on devrait envisager des sanctions plus fortes au Conseil de Sécurité. Par ailleurs, la Turquie, allié stratégique de Washington, qui avec son accord permet au régime de contourner les sanctions, a soudain annoncé qu’elle bloquait le compte du régime sur son territoire contenant le dernier versement en dollars fait par l’Inde en paiement de ses achats pétroliers en Iran. La Turquie a également annoncé qu’elle cessait ses ventes d’or au régime : de bien mauvaises nouvelles au moment où le régime est confronté à une forte demande de dollar et tente de capter les acheteurs par une braderie de ses stocks d’or. Mais Rafsandjani n’a pas cédé.

La France qui marche bien sagement dans le sillon de Washington a laissé faire son big brother alors qu’elle avait été contactée par l’ambassadeur du régime ) Paris pour jouer un rôle alternatif. Elle a néanmoins fait un pas en faveur du régime en par un soutien affirmé du PS à Moussavi, Karroubi et Rahnavard, les trois déchets du régime chargés d’animer l’opposition officielle qui ne trouve même plus de membres en Iran. C’est là le génie diplomatique français : suiveur et sans imagination, bien différent du génie inventif des Britanniques, il mise sur les déchets dont personne ne veut...

Le régime, pris entre l’approche dure de Washington, le soutien mou de ses clients pétroliers et ses problèmes terribles (boycotts, crises, pénurie, banqueroute possible), a manqué de souffle. La participation interne a chuté. Rohani, ex-négociateur de Rafsandjani avant 2005 l’a constaté à ses frais lors de la conférence qu’il voulait donner sur la situation devant les membres de sa propre formation politique : Parti de la Volonté du Peuple Iranien. Ils ont manqué de volonté !

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Les insolvables qui doivent écarter Rafsandjani pour accéder à la table des marchandages avec Washington pour espérer y échanger le régime contre leur survie, ont annoncé une seconde journée de manoeuvres... afin d’éviter une plus forte panique et le risque d’une chute du régime après l’annonce de sanctions de dernière minute de la Turquie. Mais ces condamnés à mort n’ont trouvé que 50 vieux soldats pour leur permettre de gagner du temps et leur permettre de se hisser plus haut et pouvoir sauver leur peau. 50 vieux soldats sans aucun officier pour les encadrer (pénurie de bonne volonté de mourir pour rien) ! Naghdi lui-même était absent (il a également dû manquer de volonté) !

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Il ne reste plus rien au régime ! Mais il tient encore car le peuple aussi manque de volonté après le refus de soutien de l’Occident, parrain initial du régime, à sa contre-révolution en 2009. Il suffirait d’un geste de deux des 3 parrains du régime pour vaincre les craintes des Iraniens et leur de permettre de renverser ces derniers frêles obstacles dressés sans conviction sur leur chemin vers leur liberté.

[1LA GUERRE DU PETROLE, écrit en 1973 par le journaliste anglais Leonard Mosley. Le 2nd chapitre de ce livre exceptionnel en terme de références raconte le démarrage en 1911 du conflit entre les Américains et les Britanniques à propos de la domination du pétrole ottoman. A lire et à recommander !