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Iran : Les mauvaises informations (sur Stuxnet, Sakineh, Derakhshan et Total)
02.10.2010

Depuis des mois, le régime a perdu le contrôle sur ses jeunes miliciens. Ces derniers avaient notamment refusé de participer à la répression du soulèvement populaire de l’été 2009. A présent, le Bazar, allié historique du clergé et du régime, est en grève et n’abandonne pas malgré les intimidations et les menaces. Le régime des mollahs est en difficulté. Les Américains qui ont besoin d’une entente avec ce régime islamiste pour embrigader les musulmans dans le sens de leurs intérêts et les Européens pour qui la chute du régime est synonyme de l’annulation de leurs contrats ne parlent pas de ces difficultés afin que l’opposition ne puisse bénéficier du soutien de l’opinion occidentale. Pour leur grand malheur, notre site évoque la réalité et les attentes du peuple iranien, c’est pourquoi les Etats et les médias occidentaux (parfois en combinaison avec les mollahs) mettent en avant d’autres nouvelles pour accaparer les attentions et les détourner des réalités. Nous avons décidé de faire une liste de ces « mauvaises » informations dont il faut se méfier. C’est là une occasion pour rappeler les noms des lobbyistes non déclarés du régime des mollahs qui sont parfois financés par Washington !



Rappel historique d’une relation contre-nature | En 1979, après la révolution islamique, les Etats-Unis ont été le premier Etat à reconnaître le nouveau régime islamique dont les leaders l’insultaient. Cela est dû au fait que les gens qui avaient accédé au pouvoir appartenaient à Nehzat Azadi (le Mouvement pour la Liberté), un parti politique islamo-fédéraliste entièrement financé par les Etats-Unis depuis 1960, l’année de la création de l’OPEP par le Shah d’Iran. Ce parti avait comme particularité de s’opposer à l’intégrité territoriale de l’Iran millénaire et aussi à la création de l’OPEP, une création qui avait enthousiasmé tous les pays exploités par les grandes puissances car elle allait permettre l’émergence d’un front réellement non-aligné de pays solidaires par la défense commune de leurs intérêts économiques. Sur cette lancée en 1973, le Shah a annoncé qu’en 1979 il ne reconduirait plus le contrat d’exclusivité très désavantageux qui liait son pays au Consortium des grandes compagnies pétrolières américaines, britannique, française et hollandaise. Ce refus a scellé la date de sa chute et a assuré aux Etats-Unis le soutien de la France, de la Grande-Bretagne et de la Hollande.

Washington avait alors toutes les cartes en main pour éliminer son plus grand ennemi émergent et il l’a fait par l’intermédiaire d’une entité islamiste qui faisait semblant d’être anti-américain. Cet allié secret devait aussi annoncer la création d’un Etat fédéraliste pour encourager les séparatismes dans les pays voisins (l’Irak, la Turquie, les républiques soviétiques musulmanes de l’Asie centrale et du Caucase) puis aider les musulmans de ces pays au nom de l’exportation de la révolution islamique pour accélérer leur explosion. Washington aurait ainsi achevé les Russes puis les Chinois et aussi l’unité naissante des pays de l’OPEP avec l’aide d’un Etat qui était officiellement son ennemi. Ce projet n’a pas été réalisé car les mollahs et les Bazaris qui étaient plus nombreux que les islamistes financés par Washington ont pris l’ambassade américaine en novembre 1979 pour révéler les documents faisant état de ce financement. Depuis cette date, Washington cherche à reprendre en main la direction de sa création.

Pour parvenir à ses fins, Washington prive les mollahs de leurs revenus en devises pour provoquer des pénuries afin que par peur d’émeutes susceptibles de provoquer leur chute, ces derniers acceptent un apaisement et une réconciliation qui sera le visa de retour en Iran des islamistes de Nehzat Azadi pour une reprise en main des affaires via une révolution de couleur aux accents islamistes. Les mollahs, qui craignent des lendemains terribles suite à ce transfert de pouvoir, ont toujours refusé la réconciliation qui lancera le processus. Pour cela, ils ont toujours multiplié les provocations pour saboter toute possibilité d’apaisement écopant au retour d’un renforcement nuancé des sanctions américaines synonymes d’une baisse continue de leurs revenus en devises. Pour continuer à refuser sa rédition, le régime a tout simplement gelé les salaires et les retraites avant d’augmenter les prix pour faire baisser la consommation afin d’éviter les fameuses pénuries déstabilisatrices. Le régime a fait une erreur car il a ainsi perdu le soutien de ses miliciens qui étaient engagés par pauvreté et non par conviction, il a aussi perdu le soutien du Bazar car ce dernier avait perdu ses clients.

En 2009, le régime a voulu organiser sa propre révolution de couleur pour doubler les Américains. Le peuple en a profité pour se soulever. La milice et le Bazar sont restés neutres. Le régime a vaincu le peuple qui a abandonné la rue pour le boycott du pouvoir. Le régime s’est alors retrouvé avec 3 volcans dormants : le peuple, la milice et le Bazar.

Le premier à se réveiller a été le Bazar qui a montré sa contestation par des grèves. Le régime a riposté en incendiant les souks pour briser la contestation dans l’œuf afin de ne pas se retrouver dans une situation où les deux autres volcans se réveilleraient.

Quand en juillet dernier, le Bazar s’est lancé dans une grève générale, le régime, mais aussi les Américains (qui espèrent restaurer son modèle initial) ou encore les Européens qui sont les partenaires du régime actuel ont cru apercevoir le début de la fin. Il leur fallait l’empêcher : ils se sont employés à abreuver le net qui est notre seul support pour aider notre peuple avec des nouvelles très captivantes pour accaparer les intérêts de l’opinion occidentale afin que cette dernière ne remarque pas la fissure fatale apparue dans l’édifice islamique et en conséquence n’aide pas le peuple qui veut élargir cette fissure et abattre les mollahs.

La première de ces mauvaises informations pour détourner l’opinion occidentale de la situation iranienne et les attentes du peuple iranien a été l’affaire de la lapidation de Sakineh. C’est le régime des mollahs, d’habitude très discret sur ses violations des droits de l’homme, qui a lancé cette affaire très médiatique de lapidation quelques jours après le début de la première grande grève du Bazar. Les Etats-Unis et les Européens n’ont d’abord par saisi les intentions des mollahs, mais ils ont vite compris et ont joint leurs efforts tout en se gardant de trop en parler car cela pourrait nuire à leur entente projetée ou existante avec les mollahs. C’est pourquoi quand Téhéran a clos l’affaire au lendemain de la fin de la grève, ces grands défenseurs des droits de l’homme ont également lâché l’affaire !

Mais après la fin de la grève, le régime a incendié des sites du Bazar et s’est mis a lancer des expéditions punitives pour intimider les Bazaris meneurs. Il a la main lourde car 3 Bazaris ont été tués à Machhad. La grève a repris dans le Bazar de cette ville. Quand deux grandes villes du sud du pays ont rejoint le mouvement, le régime a relancé l’affaire Sakineh avec l’annonce de l’avocat de Sakineh faisant état d’un aveu forcé et télévisé de la condamnée.

Nous avions visionné ce film : il ne contenait pas les propos qui lui étaient attribués, bien au contraire, Sakineh repoussait les accusations et se disait innocente.

En fait, le régime s’était prévu une porte de sortie si la grève du Bazar cessait. C’est d’ailleurs ce qui arriva : dès la fin de cette grève qui n’a pas pu prendre une ampleur nationale, l’avocat de Sakineh qui avait parlé d’un aveu forcé est intervenu sur la chaîne américaine VOA pour parler des vrais propos, mais les Occidentaux n’ont pas donné de publicité à cette intervention car elle remettait en cause la crédibilité de tout le dispositif.

Les Occidentaux ont continué à évoquer l’aveu qui n’existe pas, condamnant ainsi de facto cette femme pour le bien de leurs intérêts. Téhéran a accepté ce dictat et a apporté sa contribution avec des rebondissements à la campagne occidentale animée par Bernard-Henri Lévy qui avait animé la campagne en faveur des opposants islamo-fédérlistes qui plaisent à Washington et anime à présent une version mixte incluant les dirigeants actuels pour barrer la route aux partisans d’un renversement du régime et l’établissement d’un Etat laïque !

Nous avons informé sur les dessous de cette affaire et peut-être avons contribué à l’échec de cette diversion. Pour relancer l’affaire, Téhéran a annoncé deux autres condamnation à lapidation. L’info n’a pas été répercutée en France ou ailleurs car cela aurait provoqué une plus grande prise de conscience sur l’Iran et plaidé en faveur du changement de régime. On a alors oublié ces deux condamnés pour relancer l’affaire avec les insultes à Carla et aussi des annonces imminentes d’exécution.

Cela a fini par lasser le public. Il fallait changer de refrain.

Il fallait une seconde affaire. Téhéran a proposé une affaire de condamnation à mort de Hossein Derakhshan, le père de la blogosphère iranienne. Selon le récit, après avoir critiqué Ahmadinejad, Derakhshan était rentré en Iran pour se marier sur place avec sa fiancée française, une ex-directrice de Google France, mais il avait été arrêté. Après deux ans d’emprisonnement, il avait enfin été jugé et condamné à mort le 22 septembre. C’est la seconde mauvaise information car Derakhshan n’a jamais été hostile au régime. Nous avons publié des vidéos où il défend le régime et nie l’existence de toute opposition aux mollahs. On le voit même en septembre 2008, c’est-à-dire un mois avant son retour en Iran, intervenir en tant qu’expert sur la chaîne officielle du régime pour défendre le discours d’Ahmadinejad à l’ONU. Cette présence n’a surpris personne car Derakhshan n’est pas connu en Iran comme étant un gentil bloggeur, mais comme la taupe du régime chargée d’infiltrer le milieu virtuel pour reconnaître et dénoncer les vrais dissidents, mais aussi de voyager de pays en pays avec le passeport du régime et des budgets illimités pour se présenter comme le porte-parole d’une jeunesse iranienne pro-régime et heureuse de l’être.

Nous avons par ailleurs précisé que le régime annonçait régulièrement des arrestations et des condamnations à mort à l’encontre de ses propres agents pour en faire des dissidents infiltreurs. C’est une méthode de fabrication de faux opposants qui sont libérés à la suite à de soi-disant problèmes de santé nécessitant des soins à l’étranger et quittent alors le pays pour affirmer que malgré tout le régime est réformable.

Dans le cas présent, le régime espérait relancer la carrière d’un agent exemplaire. Le régime et ses amis occidentaux ont cependant commis une petite erreur : le site dénonçant la condamnation à mort de ce type a été finalisé et updaté deux jours avant que Téhéran n’annonce ladite condamnation à mort.

Les informations sur le passé de Derakhshan et la date de la création du site ont peut-être joué : le régime a changé son scénario : il a évoqué un second procès (sans que l’on sache pourquoi) avec une nouvelle condamnation à 19 ans de prison. Mais il est précisé que son avocat peut faire appel ! La partie française chargée de la médiatisation de cette affaire a omis de préciser cette possibilité de faire appel car elle est la preuve d’une mise en scène à rebondissement.

Signalons qu’avant Derakhshan, le régime avait tenté d’accaparer les attentions avec les possibles condamnations à mort de Shiva Nazar-Ahari (une féministe islamiste) et d’Issa Saharkhiz, ex-ministre de propagande et censure islamique (présenté comme un simple journaliste). Mais, les Occidentaux n’ont pas donné suite à cette proposition et le régime a dû changer leur condamnation. Dans leur cas et celui de Derakhshan, la prochaine étape sera l’« aggravation de leur état de santé »

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Affaire 3 : Repli tactique sur Sakineh. Avec le flop de l’affaire Derakhshan, le régime et ses amis Occidentaux ont dû se rabattre sur le cas de la pauvre Sakineh ! Cette fois, on a annoncé qu’elle allait être pendue et non lapidée et son soi-disant avocat est intervenu pour dire que la « pendaison était illégale en Iran » alors que le régime pend chaque semaine plus de 70 personnes, ce dont personne ne parle : ni les Occidentaux, ni les soi-disant militants iraniens des droits de l’homme.

La France qui est à la pointe de la médiatisation de l’affaire Sakineh a mis les grands moyens au service de ces faux militants iraniens des droits de l’homme avec une journée entièrement consacrée la femme iranienne et à Sakineh sur France Culture !

Les émissions ont été animées par Bernard Henry Lévy et des grandes figures du lobbying du régime qui font état d’une amélioration des droits de femmes depuis la révolution islamique, selon la ligne qui préconise une alliance des deux islamises pour barrer la route aux laïques. On a ainsi pu entendre outre BHL :

Shirin Ebadi, « avocate des droits de l’homme » et révolutionnaire islamique. Avant l’affaire Sakineh, elle n’avait jamais rien entrepris contre la lapidation lors de ses nombreuses interventions télévisées en Europe ou aux Etats-Unis. Lors de ses interventions en France, elle avait bien au contraire parlé des progrès en matière des droits de l’homme en Iran, du bien être de la femme iranienne, de la nécessité de porter le voile ou encore le droit à l’enrichissement nucléaire.

Shahnaz Gholami, présentée comme « journaliste et militante aujourd’hui réfugiée en France ou encore comme la personne incarcérée dans la même cellule que Sakineh », mais elle est une collaboratrice de Shirin Ebadi. Elle fait également partie des fausses féministes iraniennes qui animent la campagne 1 million de signatures.

Karim Lahidji, Vice-président de la Ligue Internationale des Droits de l’Homme et Président de la Ligue des Droits de l’Homme en Iran. Il a été membre des Moudjahiddines du peuple, organisation islamo-fdéraliste armée financée par Washington. Il est l’un des auteurs de la constitution de la république islamique. Il est l’un des agents de promotion des faux opposants du régime, mais aussi un des animateurs du Mouvement Vert. Il accompagne Ebadi dans ses divers déplacements.

Behi Djanati-Ataï, comédienne, fondatrice de l’association « Move for Iran ». Il s’agit en fait d’un site de promotion du Mouvement Vert, la fausse opposition interne du régime qui simule une révolution de couleur axée sur le retour aux valeurs fondamentales défendues par Khomeiny lors de la révolution islamique. Le Mouvement Vert a été un échec en Iran, mais aussi à l’étranger.

Chahla Chafiq, « écrivaine et sociologue » de gauche qui a soutenu la révolution islamique. Elle est restée en Iran pendant 5 années durant lesquelles le régime a exécuté des milliers de personnes, a fait lapider des femmes et fait violer les prisonnières vierges avant leur pendaison. Mais Chahla Chafiq n’a jamais rien dénoncé de ces faits.

Mohammad-Reza Djalili, professeur honoraire à l’Institut de hautes études internationales de Genève. Fils du directeur d’une importante mosquée de Téhéran, il écrit des analyses géopolitiques favorables aux mollahs.

Farida Adelkhah, « anthropologue et directrice de recherche au CERI », est une lobbyiste sans nuances du régime, mais aussi auteur de livres de propagande et de désinformation sur le régime des mollahs.

Azadeh Kian, « sociologue, chercheuse au laboratoire du monde iranien du CNRS ». est également une lobbyiste sans nuance du régime, mais par ailleurs auteur d’articles ou de livres de propagande et de désinformation sur le régime des mollahs.

Denis Bauchard, chercheur IFRI. Il anime les débats ou rencontres organisés par les lobbyistes du régime.

Reza (Deghatti) , photographe, révolutionnaire islamique en 1979. Il est devenu célèbre en photographiant le Commandant Massoud, le célèbre islamiste qui était financé par Washington et armé par le régime des mollahs. Reza a rejoint tradivement le Mouvement Vert.

Farida Hachtroudi, haut membre du directoire des Moudjahiddines du peuple. Elle a récemment changé de bord après un voyage en Iran.

Sonia Kronlund, animatrice vedette de France Culture, elle va souvent en Iran et en donne une image apaisée et heureuse du pays de toutes les discriminations.

Farhad Khosrokhavar, sociologue franco-iranien, lobbyiste du régime (document audio).

Sou (Soudabeh) Abadi, cinéaste, auteur du film « Comment vit-on en République Islamique surtout quand on est une femme ? », un documentaire qui laisse supposer que les Iraniennes ont une existence normale. Elle a également réalisé « SOS à Téhéran » louant les activités du Comité d’aide de l’ayatollah Khomeiny pour les plus pauvres, un organisme chargé de distribuer des aides financières aux organisations islamiques basées dans les Caraïbes. Dernièrement, Abadi a animé une soirée pour la promotion du Mouvement Vert à la cinémathèque française.

Alfred Yaghobzadeh, photographe révolutionnaire en 1979. Il milite actuellement pour le Mouvement Vert. On peut le qualifier de lobbyiste chargé de nuancer les informations sur la condition féminine en Iran. Il parle souvent du voile alors qu’il y a des sujets très graves comme la lapidation et la dépénalisation de la pédophilie avec l’abaissement de l’âge du mariage à 8 ans et demi voire à 6 ans avec une autorisation accordée par un mollah.

Darya Dadvar, soprano iranienne née en 1971 et installée en France depuis 1991. Dans une interview accordée en 2008 à un site iranien « Shahrvand », elle a avoué qu’elle était très pistonnée en Iran où elle se rendait souvent, ce qui explique qu’elle n’ait jamais dénoncé les crimes de ce régime.

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Affaire 4 : La cyber-guerre contre les mollahs | Les Américains et les Européens ne doivent pas se contenter de focaliser l’attention de leurs citoyens sur des sujets non essentiels, ils doivent aussi trouver des moyens pour éviter un renforcement des sanctions ou toute mesure forte en réponse au refus catégorique de tout apaisement de la part des mollahs.

Les premiers efforts dans ce sens ont été fournis par l’administration Bush qui a annoncé la fin de la menace des frappes en évoquant le don à Israël d’un système de parapluie antimissile. Puis par le fait d’annoncer comme de nouvelles sanctions des mesures restrictives déjà en vigueur, mais peu connues du public. Dernièrement, l’Europe a utilisé ce système pour annoncer « ses sanctions unilatérales ».

Tout au long de ces années, il y avait un autre choix : la dénonciation des violations des droits de l’homme, mais le sujet est évité car l’on pourrait ternir l’image du régime, mais aussi celle de l’Islam. D’ailleurs dans le cas de Sakineh, on ne parle de la Charia, mais d’une mauvaise interprétation du Coran alors que ce livre sacré se dit « Mobine », c’est-à-dire compréhensible pour tous et ne nécessitant l’intervention d’aucun mollah ou guide.

La parade est désormais de prétendre que l’on est loin d’être inactif car on mène une cyber-guerre très efficace contre les ordinateurs du régime, notamment ceux de la centrale de Bouchehr, grâce à un virus informatique : le Ver Stuxnet ! Le Ver a été décrit comme une création israélienne car Washington ne veut pas prendre la responsabilité de ses attaques contre ce régime.

Par ailleurs, le Ver est en soi devenu une diversion médiatique, un sujet pour accaparer les esprits. Cette évolution médiatique a forcé les auteurs de cette farce à parler plus amplement de ce Ver. Leurs premières déclarations ont été un désastre car ils ont prétendu que le Ver attaquait les ordinateurs Siemens de la Centrale Bouchehr alors que depuis des années, cette Centrale de Bouchehr ne fonctionne plus avec une technologue allemande, mais avec une technologue russe. On a alors dit que le Ver s’attaquait aussi à la gestion de la production et au transit du pétrole. Or Téhéran n’extrait pas le pétrole, il vend des concessions d’extraction à des compagnies étrangères comme Total ou ENI.

La dernière invention des auteurs de la farce est de prétendre que ce Ver a été introduit dans les ordinateurs iraniens par les fournitures d’un certain Ashtari que Téhéran avait présenté comme un espion israélien. Or, le Ver date de 2009 et Ashtari soupçonné en 2005 a été arrêté en 2006 et pendu en 2008. C’est bien du grand n’importe quoi. On n’en parle d’ailleurs à présent. Dès lors on a parlé d’un arrêt de tout investissement pétrolier en Iran par les grandes compagnies, ce qui appartient au domaine des sanctions déjà en vigueur. Les Occidentaux semblent à court de mauvaises informations.

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A la recherche d’une diversion... Téhéran a cette semaine à nouveau agité le cas de Jafar Panahi, un de ces faux opposants cinéastes partisans du Mouvement Vert dont la fonction est de faire des films qui laissent penser que les préoccupations des Iraniens sont les mêmes que les Européens. Des films qui cachent la vérité. Téhéran a aussi parlé des problèmes créés à un autre cinéaste de la même espèce. L’intérêt du régime pour des affaires axées sur le cinéma est peut-être lié au fait que son agent de lobby cinématographique Marjane Satrapi s’apprête à sortir bientôt son second film dont la promotion sera une occasion pour parler du Mouvement Vert afin d’occuper l’opinion pour l’éloigner du peuple iranien qui veut changer de régime.

Si cela échoue Téhéran tentera de relancer tous les cas de fausses arrestations en évoquant des aggravations de l’état de santé de ces prisonniers fictifs. On pourrait même nous servir le cancer de Sakineh. Les possibilités sont multiples. Washington pour sa part prévoit une campagne sur les violations des droits de l’homme par l’intermédiaire d’une personne qu’ils financent très grassement pour parler de ces violations sans jamais remettre en cause la charia. Cette campagne sera destinée à enquiquiner les mollahs et lancer d’autres personnages impliqués dans la révolution de couleur qui devrait rendre le régime aux Américains. Nous publierons le moment venu une liste de ces personnes, du volume de leurs rémunérations astronomiques, de ce qu’ils ont fait en échange de cet argent sale.

Mais pendant que des islamistes iraniens financés ou promus par Washington et les Etats Occidentaux aident le régime à cacher sa faiblesse, ce dernier continue à malmener les Iraniens pour les intimider afin de rester au pouvoir et ne pas céder à ces mêmes Occidentaux.

Dans ce cadre, il y a deux jours, la plus grande chambre froide du Bazar située à Chiraz a pris feu et les pompiers du régime ont laissé faire car Chiraz est actuellement un des meneurs de la grève et une ville qui résiste au régime. Cet acte de voyou qui évoque une confrontation absolue n’a pas entamé la détermination du Bazar au point qu’un commandant des pasdaran chargé de la sécurité intérieure a promis de faire intervenir les forces de l’ordre du régime contre ceux qui agiront en supplétifs des ennemis en se mettant en grève.

Cela est plus facile à dire qu’à faire. Car le régime manque de troupes pour ce genre de mission au point qu’il n’ose même plus annoncer publiquement ses pendaisons collectives ce qu’il faisait il y a deux ans. Les annonces de pendaisons sont devenues rarissimes, mais elles sont maintenues pour rappeler la main lourde du régime.

Ainsi dimanche dernier, le régime a annoncé qu’en juillet dernier, il avait pendu à Shiraz un garçon non identifié qui avait commis un meurtre à l’âge de 15 ans. Lundi, le régime a annoncé la pendaison de 2 hommes non identifiés accusés de trafic de drogue à la prison centrale de la ville de Rezayieh. Mardi, le régime a fait état de la pendaison d’un certain Yahya Zareh pour le même motif au même endroit et d’un certain Saber Amir-Hosseini pour ce même motif à Sanandaj. Il faut préciser que le régime publie l’identité des prisonniers pendus uniquement quand il s’agit de prisonniers politiques (pendus sous une fausse accusation).

Ces 5 pendaisons portent à 227 le nombre total des exécutions reconnues par le régime depuis le 1er janvier 2010. Le nombre exact est au moins égal à 720.

Comment peut-on imaginer que ce régime a un avenir ?

Il est désolant de voir qu’un Etat comme la France soit réduit à promouvoir des faux opposants tel un croque-mort redonnant des couleurs à un moribond.


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Pour en savoir + :
- Iran : Les marchandages et la répression font bon ménage
- (21 Septembre 2010)

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