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Iran : Décodage du rapport Boucheron-Myard
21.11.2009

L’hebdomadaire Express a publié hier une dépêche de l’agence britannique Reuters sur un rapport parlementaire français sur le programme nucléaire iranien dans le cadre des travaux de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée sur la prolifération. Il y est dit que l’Iran a le savoir faire nucléaire militaire, qu’il aura sous peu la bombe, mais que cela ne représente aucun danger pour la région. Il aurait été plus éthique de la part de l’Express de préciser que les auteurs du rapport, Boucheron et Myard, appartiennent au groupe d’amitié avec la république islamique d’Iran ! Reuters et l’Express ont donc tenté de faire passer une opération de lobbying pour une expertise neutre. | Mini décodage d’une nécessité technique |



insinuations permanentes | Faire du lobbying pour le régime des mollahs n’est pas une tâche aisée car ce régime n’a pas un discours clair : il affirme que son programme nucléaire est pacifique, qu’il est ouvert au dialogue, mais refuse tout compromis et dans le même temps, il égraine toutes les insinuations possibles et imaginables qui laisseraient supposer le contraire !

Il est en fait, tout simplement, dans une stratégie permanente de provocations. L’objet de cette stratégie est d’engager les Etats-Unis dans une confrontation aiguë en espérant que les perspectives d’une nouvelle guerre régionale touchant la route du pétrole poussent Washington à capituler en abandonnant ses exigences et ses sanctions.

Cette stratégie a été mise en place dès le début du bras du fer avec les Etats-Unis car le régime avait la certitude qu’il ne pourrait pas résister longtemps aux sanctions américaines. A l’heure où les sanctions américaines ont fait plonger les indices économiques iraniens, Téhéran doit plus que jamais jouer cette carte de la stratégie de provocations.

rumeurs authentifiées | Le succès de cette stratégie du régime des mollahs dépend uniquement de la vraisemblance de ses rumeurs sur ses supposées capacités nucléaire ou balistique. Sans elles, Téhéran ne peut espérer l’escalade qu’il souhaite, puis l’arrangement qui doit en découler. C’est là qu’interviennent des personnes comme Boucheron et Myard, ils apportent un avis extérieur qui est censé valider l’authenticité des insinuations de Téhéran. Ceci explique que les deux hommes aient dissimulé leurs liens [1] avec les mollahs (surtout l’imprudent Boucheron -ci-dessous à Téhéran-, auteur en février 2005 de « L’Iran aura la bombe », une tribune qui faisait l’apologie d’un arsenal nucléaire aux mains des mollahs [2]).
© WWW.IRAN-RESIST.ORG

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A l’abri de la discrétion accordée par Reuters et l’Express, les deux hommes ont concocté un rapport qui est en fait un sous-titrage explicatif des insinuations des mollahs : l’Iran a une capacité technique nucléaire militaire très élevée, la bombe iranienne est pour demain. Pour empêcher une guerre, il faut donc négocier avec l’Iran. Du 100% pur mollah !

les complices de l’ombre | Le procédé n’est pas rare, très régulièrement, des lobbyistes du régime des mollahs arrivent masqués avec ce même discours. Dans la majorité des cas, le support de diffusion de leur intervention est britannique. Derrière ce choix, il y a 170 ans de relations intimes entre la couronne britannique et le clergé chiite iranien et la nécessité absolue d’empêcher la poursuite des sanctions américaines contre les mollahs afin d’empêcher que les mollahs ne changent d’alliances, auquel cas les Etats-Unis prendraient le contrôle du Moyen-Orient et de l’Asie centrale et raviraient ainsi aux Britanniques leur leadership historique du marché pétrolier mondial.

Pour neutraliser les pressions américaines, la Grande-Bretagne chasse sur tous les terrains. Elle s’oppose parfois directement aux sanctions, mais à cause de ses liens stratégiques avec les Etats-Unis, elle préfère combattre les sanctions ou les autres pans de la politique iranienne des Etats-Unis sur un plan médiatique. Ainsi, en mars 2008, il proposait aux Américains d’admettre la puissance des mollahs en Irak et d’accepter un arrangement régional sur cette base. En avril 2008, Reuters évoquait la nécessité de reconnaître le savoir-faire nucléaire de Téhéran. Puis en février 2009, la BBC a produit un documentaire très complaisant sur la révolution islamique où elle insistait sur la possibilité d’un compromis souhaité par Téhéran mais toujours repoussé par les Américains. Plus récemment, l’agence britannique Reuters a dénaturé les propos de Khatami pour insinuer l’existence d’un courant modéré démocratique au sein du régime des mollahs avec lequel on devrait négocier.

Londres a aussi été de la partie avec le régime pour la promotion du Mouvement Vert, opposition factice qui conteste la légitimité du président élu, interlocuteur des Six, pour rendre invalide tout compromis cédé sous le poids des sanctions. La dernière tentative Britannique est de donner un relief particulier à un petit rapport parlementaire qui serait sans cela passé inaperçu, à moins que Paris aussi soit de mèche avec Londres.


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| Mots Clefs | Pays : Grande-Bretagne |
| Mots Clefs | Auteurs & Textes : selon Reuters |

| Mots Clefs | Resistance : Lobby pro-mollahs en France et ailleurs |

| Mots Clefs | Nucléaire 2 : DROIT à l’enrichissement et Maîtrise du cycle |
| Mots Clefs | Nucléaire : Négociations sans fins (Manoeuvres dilatoires) |

| Mots Clefs | Auteurs & Textes : Journalistes et média Français |

[1Groupe d’amitié France-République islamique d’Iran

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[2« L’Iran aura la bombe » | Le titre plait aux mollahs, ils ont demandé à un autre de leur lobbyiste, Yann Richard, de le reprendre en août 2005 !