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Iran : La semaine en images n°106 28.02.2010 La semaine écoulée a été marquée par l’annonce de l’arrestation de Riggi, le chef du groupe armé le Jundallah, événement spectaculaire, mais très pauvre en images. Cette arrestation a focalisé les médias iraniens ou étrangers. Or, les Pakistanais ont affirmé qu’ils avaient extradé le chef du Jundallah, il y a une semaine. Aucun des médias du régime n’a relevé cette info car en fait, ils étaient tous en train de faire beaucoup de bruit pour faire oublier un autre événement infiniment plus important, et attendu depuis des mois : la dernière réunion annuelle de l’Assemblée des Experts, organe chargé de contrôler le Guide, voire le destituer. L’importance de la réunion tenait au fait que cet organe est dirigé par Rafsandjani, le patron politique du régime, constitutionnellement le supérieur du Guide et accessoirement le « protecteur du Mouvement Vert ». On devait donc assister à la destitution du « Guide, l’ennemi des Verts ». Cela avait été sans cesse annoncé depuis des mois. Mais quand l’heure de « ce qui devait logiquement arriver » a sonné, le régime a organisé des évènements de diversion pour se faire oublier. Ses médias ont joué le jeu, ses soi-disant opposants et leurs médias aussi. Car tout a toujours été bidon : une mise en scène pour donner une couleur démocratique au régime. Il en a résulté une semaine bizarrement silencieuse, en demi-teintes, agrémentée d’évènements marginaux mais non sans intérêts. Pour se faire oublier, le régime a fait très peu parler les protagonistes de sa révolution interne menée par le Mouvement Vert. On n’a guère entendu Moussavi, Karroubi ou leurs lieutenants. L’un d’eux, Shirin Ebadi, invité de France 24 cette semaine. Elle a observé la règle en se montrant très évasive sur tout changement de fond –destitution du Guide-, en insistant sur « l’attachement des Iraniens à des réformes qui pourraient prendre des années ! » Le régime a aussi baissé le son du côté du Guide qui est devenu muet tout au long de cette semaine décisive pour son avenir. Il a retrouvé l’usage de la parole après la publication des conclusions de l’Assemblée des Experts en sa faveur, mais s’est bien gardé de polémiquer sur ce sujet. En enfin, Téhéran a prévu tout un programme pour occuper Ahmadinejad dont le rôle est normalement de faire beaucoup de bruit pour amplifier la crise afin que la peur d’une guerre susceptible de perturber leur approvisionnement pétrolier pousse les Occidentaux à capituler. Tour de silence | Ainsi c’est Ahmadinejad qui a inauguré la semaine de diversion et de silence avec un voyage officiel en compagnie de ses ministres dans la ville de Birjand. Etant donné qu’Ahmadinejad ne pouvait pas parler, son voyage n’a pas marqué les médias, il a cependant permis de vérifier sur les photos de presse le rejet du régime : très peu de personnes s’était déplacé pour applaudir Ahmadinejad. Le régime les a amassés devant le cortège. Mais on voit clairement que derrière l’automobile transportant le président la rue est vide et que la circulation est normale sur les autres voies (vous pouvez cliquer pour agrandir les images, surtout celles avec une bordure grise).
© WWW.IRAN-RESIST.ORG
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Selon les différents reportages diffusés dans les médias iraniens, « les soldats anonymes de l’imam caché avaient repéré Abdol-malek Riggi, le chef du Jundallah, sur une base américaine en Afghanistan (seconde photo). Ils attendaient le bon moment pour le capturer. Selon Téhéran, ce moment arriva quand Riggi s’est rendu au Kirghizistan pour y prendre un avion à destination de Dubaï. Les soldats anonymes de l’imam caché ont informé Téhéran que l’avion allait traverser l’espace aérien iranien ». Comment avaient-il eu connaisance du plan de vol ? Mystère. Quoi qu’il en soit, « les chasseurs étaient prêts », au sol ou en vol, on ne le sait pas. « Ils ont vu passer l’avion et ont décollé pour le faire atterrir ».
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© WWW.IRAN-RESIST.ORG Etant donné que le régime ne perd jamais l’occasion de lancer quelques slogans, les intervenants iraniens interrogés par les médias précisaient que « tout avait été légal et sans effusion de sang contrairement aux méthodes du Mossad ». Il y avait pourtant des invraisemblances. L’avion soi-disant détourné n’était pas un avion de ligne, mais un petit avion privé, ce qui n’explique pas pourquoi son pilote que l’on suppose proche du Chef de Jundallah ou de Washington ait décidé de survoler l’Iran. On peut aussi supposer qu’il a été acheté par Téhéran. Mais dans les deux cas, on ne comprend pas pourquoi Téhéran l’a laissé repartir. On ne voit pas non plus pourquoi Riggi a l’air sonné, au lieu d’être agité. La réponse à ces questions est arrivée assez vite avec l’annonce pakistanaise que « Riggi avait été extradé une semaine plutôt ». Il n’y avait donc pas de mission impossible dans le ciel iranien et Riggi avait l’air ailleurs parce que secoué depuis une semaine par les collègues de ceux qu’il a massacré avec son mouvement. Ceci explique aussi le fait que l’on voit une grande bâche imprimée annonçant sa capture à la fête, soi-disant spontanée, organisée par les habitants de la région en l’honneur de la capture de Riggi !
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