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Iran : La semaine en images n°95
13.12.2009

L’événement central de la semaine passée a été la célébration le 7 décembre de la Journée de l’étudiant : le régime espérait une forte mobilisation nationale sous la bannière verte de manière à donner la légitimité nécessaire à cette soi-disant opposition qui est très ouvertement hostile à tout compromis avec l’Occident. Les Iraniens ont été sensibles à nos analyses et malgré une campagne internationale du régime, ses télés ou pays amis, les Iraniens sont restés chez eux forçant le régime et ses sponsors à tricher avec les images pour nous offrir un festival d’erreurs grossières.



Echec prévisible du rassemblement du 7 décembre | Depuis plusieurs mois, le Mouvement Vert appelle les Iraniens à descendre dans les rues. Les dates qu’il choisit coïncident toujours avec des dates anniversaires que célèbrent les partisans du régime. Son argument est qu’il faut profiter des occasions légales pour manifester en toute sécurité. Ces appels n’ont jamais été un succès car l’argument est apparu peu convaincant : manifester pendant des journées autorisées par le régime aurait été synonyme de l’existence d’un espace démocratique en Iran. En plus on leur demandait de manifester pour contester un personnage du régime afin de demander son remplacement par un autre Moussavi qui en sa qualité de membre du Conseil de Discernement est légalement l’un des 22 politiciens iraniens investis des pleins pouvoirs au sein du régime.

Les Iraniens qui ont beaucoup été trompés pendant les 32 dernières années (en comptant les mensonges des partisans de Khomeiny pour arriver au pouvoir) ont cru comprendre que l’on voulait peindre Moussavi comme un démocrate qu’il n’est pas pour le porter au pouvoir et ainsi donner une légitimité démocratique au régime tout entier. Ils ont décidé de boycotter les rassemblements louches du Mouvement Vert.

Nos compatriotes ont même fait très fort en allant à l’encontre de l’argument du Mouvement Vert en se mobilisant massivement sur le plan national à l’occasion du 40ième jour de la mort de Neda, une date officiellement proscrite par le régime. Par leur nombre, ils ont empêché le régime à charger rappelant les premiers jours du soulèvement de l’été dernier quand ils avaient conquis la rue pour scander des slogans hostiles au régime (3ième vidéo).

Cette victoire hors du commun aurait dû inspirer le Mouvement Vert, mais cela n’a pas été le cas. Le Mouvement Vert aurait pu renouveler l’expérience en axant ses invitations sur des dates commémoratives des très nombreuses personnes tuées pendant le soulèvement, mais il n’a rien fait de tel. On ne parle même plus de ce sujet, aucun slogan n’évoque les centaines de morts, mais tous recentrent le débat sur les résultats électoraux d’Ahmadinejad pour donner le pouvoir à Moussavi, sans rappeler la place qu’il occupe au sommet du pouvoir.

Via nos émissions vers l’Iran, nous avons renforcé le boycott en précisant à nos compatriotes que le but du régime n’était pas uniquement de se donner un aspect démocratique. La situation est que Téhéran est exposé aux sanctions américaines accompagnées de la main tendue d’Obama qui propose la fin des sanctions contre une entente dont les Etats-Unis ont besoin pour renforcer la place des compagnies américaines sur le marché pétrolier, mais aussi pour dominer le monde musulman. Cette entente pourrait être bénéfique aux mollahs, mais elle ne leur convient pas car elle doit passer par une ouverture politique à des pions islamistes iraniens proches des Etats-Unis. Dans l’entente, les mollahs perdraient leur mainmise sur les richesses iraniennes. Pour ne pas perdre leurs privilèges, les mollahs ont eu l’idée d’une contestation populaire qui remettrait en cause la légitimité d’Ahmadinejad en tant qu’interlocuteur des Six afin de provoquer une crise internationale grave synonyme d’escalade guerrière dans le but de forcer les Occidentaux (alliés des Etats-Unis) à lâcher Washington par la peur d’une menace sur l’approvisionnement. En d’autres termes, une victoire au lieu d’une entente, après quoi, le régime placera aussi Moussavi au pouvoir pour finir en beauté. Nous avons expliqué à nos compatriotes que le régime cherchait à utiliser leur présence pour forcer les Occidentaux à admettre la réalité de cette contestation qu’ils refusent de prendre en compte pour éviter cet enchaînement favorable aux mollahs. Cette analyse a été écoutée et elle a renforcé le boycott des Verts en Iran.

Images du 7 décembre | Face à ce refus tenace et réfléchi, le régime a décidé de riposter en faisant dire à ses lobbyistes très présents dans les télévisions en exil que le Mouvement était en fait hostile au régime, une étape vers la liberté. Pour convaincre les Iraniens, le Mouvement Vert a diffusé des listes de nouveaux slogans clairement en faveur d’un changement de régime. Mais à chaque fois, ces slogans n’étaient pas au rendez-vous. Le régime revenait à ses slogans anti-Khamenei qui font rire car Khamenei ne fait pas partie du Conseil de Discernement et son départ ne change rien. Au précédent rassemblement le 4 novembre, au lieu des slogans hostiles au régime, le régime a diffusé tardivement des images non datées d’une photo de Khamenei déchirée et piétinée par des jeunes.

Ces conduites mensongères qui prennent les Iraniens pour des idiots ont renforcé le boycott qui a atteint son paroxysme le lundi dernier, 7 décembre, une des dates éminemment symboliques pour les Islamistes iraniens. Avec beaucoup de peine, le régime a réuni moins de 3000 personnes à Téhéran, ce qui veut dire que même les miliciens ne sont plus prêts à manifester en tenues civiles pour le régime.

Comme par le passé, le régime a eu recours au rajout de sons pour gonfler le nombre des participants. Au précédent rassemblement, il avait innové avec des vidéos courtes pour dissimuler le nombre peu élevé des manifestants, il a suivi la même tendance, mais en baissant aussi la qualité des pixels pour voir encore moins. Cette fois, la nouveauté était de ne pas habiller les manifestants en Vert pour attirer le peuple qui se méfie. Mais le nombre étant quand même bien insuffisant, le régime a aussi comme d’autres fois eu recours à des images d’archives, fait plus facilement décelable car les manifestants étaient vêtus légèrement alors qu’il faisait zéro degré à Téhéran avec du vent (2 à 3° ailleurs).

Le régime des mollahs n’a pas été seul dans cet effort de désinformation, la Grande-Bretagne qui a le leadership du marché mondial du pétrole depuis un siècle a prêté main-forte aux mollahs pour empêcher l’entente espérée par Washington qui peut la priver de ce leadership. La BBC a été le premier média au monde à diffuser lundi matin très tôt des photos de manifestants iraniens. Peu chaudement vêtus par une matinée hivernale à zero degré, nous les appellerons les étudiants résistants (au vent) ! Manque de pot, ces jeunes sortis des archives étaient également habillés trop en vert.
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Plus tard dans la journée, Téhéran a corrigé le tir en envoyant ses propres images basse définition et peu vertes. Nous avons publié certaines de ces images que voici pour rappel, suivies des images des rassemblements dans les villes de provinces et deux vidéos à Téhéran, dans la première, il y a des gens qui crient sur des miliciens qui seraient en face mais l’on ne les voit pas et dans l’autre, il n’y a tout simplement pas de manifestants, mais des hurlements !


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vidéos déjà publiés sur Iran-resist


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à l’université de Téhéran, les étudiants crient « Mort au dictateur ».
C’est un <uslogan sans danger pour le régime.


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à l’université de Téhéran, campus des sciences. On chante l’hymne national interdit par les mollahs (pour draguer les Iraniens), mais aussi le slogan khomeyniste « je tuerai qui a tué mon frère ».


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à l’université Sharif


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La fracture des portes (pré-démontées)


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Une soi-disant charge de la milice, fuite des soi-disant insoumis au régime des mollahs qui chantent « Allah Akbar » !


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Le peuple. En fait, c’est la technique du son ajouté. Au milieu de passants, un homme fait semblant de crier. Le son ajouté répète « Mort à Khamenei ». C’est le nouveau <uslogan sans danger pour le régime.


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La rue avec du son rajouté. Ici, les soi-disant insoumis au régime des mollahs hurlent « Allah Akbar » ou encore « Ya Hossein, Mir Hossein » qualifiant Moussavi d’être l’égal du 3ième imam des chiites, le fils d’Ali, le plus grand tueur arabe du peuple perse. Vous remarquerez que les voix sont identiques dans les deux vidéos.


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vidéos des rassemblements à Ispahan, Tabriz et Yazd & 2 à Téhéran


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Téhéran : vidéo intitulée "la charge des bassidjis". Ici, on voit un petit groupe de manifestants courir rapidement d’un endroit à l’autre sur 10 m2 pour faire diversion afin que l’on ne s’attarde pas sur leur nombre ou encore l’absence de bassidjis (qualifiés de "sauvages" dans des slogans scandés avec un ton très artificiel). A la fin de la vidéo des gens traversent en courant le fond de l’espace pour aller dans une direction opposée à ces soi-disant manifestants. L’image est coupée.


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Téhéran : Vidéo intitulée "les manifs étaient dirigées par les filles".


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Relance ratée le 8 décembre | Généralement quand une ville bouge, ses habitants sont au courant, là les habitants des villes soi-disant en mouvement savaient qu’il n’y avait rien. Le régime a tenté de forcer de les déplacer en diffusant des rumeurs de poursuite des manifestations le 8 décembre et aussi une annonce de séquestration de Moussavi. Des deux opérations, la seconde a été sans doute la plus mauvaise car il n’y a pas eu de mobilisation nationale pour l’homme qui est censé être l’élu de 85% des Iraniens, cette fausse annonce a seulement prouvé que la popularité de Moussavi était bidon.

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Second raté le 9 décembre | Changement de direction, Téhéran a sorti sa Grosse Bertha avec un récit d’une photo de Khomeiny (le fondateur du régime) déchirée par les manifestants. Il connaît donc ce que souhaite le peuple. Pour que le peuple y croie, ce n’est pas les médias verts, mais tous les mollahs dirigeants qui ont dénoncé la diffusion de cette image par la télévision nationale. Sauf que personne n’a vu l’image. Cette preuve que le Mouvement Vert serait hostile au régime et non son complice n’a pas non plus fonctionné vu qu’il n’y a eu aucune manifestation. Mais, le régime travaillera ce filon pour le prochain rassemblement.

On peut cependant qualifier cette opération de seconde erreur du régime car il n’y a pas eu de manifestations spontanées de soutien du peuple ou des jeunes miliciens à la mémoire du fondateur du régime au point qu’il a fallu en organiser. Et même là fiasco, le rassemblement le plus fourni a été celui des jeunes étudiants en théologie, mais sur les photos, on ne voit pas les dizaines de milliers annoncés par les agences iraniennes, chiffre repris par les médias des pays amis comme la Grande-Bretagne.

Et pourtant, le régime avait soigné l’approche photo avec des vues dans la foule. Mais les étudiants-manifestants n’étant pas très jeunes, il a fallu une vue d’ensemble pour frimer sur le nombre ! Elle est comme toujours truquée. Vous pouvez le voir en comparant les groupes entourés avec les camarades qui se trouvent à côté : ils ne sont pas de la même taille. Ceci explique pourquoi cette photo a eu deux versions. (Vous pouvez cliquer puis zoomer sur certaines images -surtout celles avec une bordure grise- pour les agrandir une ou deux fois)
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Au final, on ne peut pas savoir combien ils étaient car l’agence Mehr, auteur de la seconde image est aussi un grand adepte du trucage.

Série noire | Il y a une semaine, le régime nous donnait la preuve du désistement des jeunes miliciens en leur retirant leurs armes, cette semaine, il nous donne la preuve que les jeunes mollahs l’ont lâché. Cette rupture résulte du fait que pour résister aux sanctions, les mollahs ont supprimé les allocations des familles démunies dont son issus ces jeunes. Ces derniers n’aspirent donc pas à aider le régime à tenir tête aux Américains juste pour sauver ses privilèges.

Voici un régime bien mal-en-point, il n’a plus d’appui et même Dieu l’a lâché en lui envoyant des pluies torrentielles qui ont plongé le sud du pays sous l’eau. Les gens vivent inondés, abandonnés, sans le moindre soin.

Ici on voit des vieux, mais 55% des Iraniens ont moins de 20 ans. Ces jeunes qui sont à 85% au chômage ou alors engagés dans la milice sont aussi sous l’eau. Cela fait des mois qu’ils vivent sans allocation : ça bouillonne sous l’eau. Il en va de même ailleurs comme à Téhéran et au nord du pays où il a neigé cette semaine : ça bouillonne donc un peu partout. Après une telle semaine de défaite sociale et d’avertissement de sa base, pour calmer la grogne, le régime a levé le pied sur ses intransigeances en reculant un peu sur le nucléaire. Vite ! de l’eau !
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