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Iran : Le 5 août, journée à risque pour le régime
05.08.2009

Parmi toutes les dates possibles, le régime a fixé la date de l’investiture parlementaire d’Ahmadinejad pour le 5 août ! C’est la date anniversaire de la révolution constitutionnaliste de 1906, une date patriotique que se réservait l’opposition hostile au régime pour mobiliser ses forces contre la république islamique en sa totalité.



Le 15 juin dernier, des millions d’Iraniens sont massivement descendus dans la rue au niveau national pour appeler à une grève générale, la solution préconisée par Reza Pahalvi pour abattre de manière pacifique ce régime. Cette présence hostile a déclenché l’ordre de feu alors que les deux jours précédents, les 13 et 14 juin, les partisans de Moussavi, l’opposition officielle, avaient eu le droit de circuler librement pour contester la légitimité du président élu.

De fait, on peut affirmer qu’il y a deux oppositions en Iran : l’une que le régime redoute et une autre opposition menée par Moussavi que le régime souhaite. Cette contestation officielle est une réponse à une menace extérieure : la main tendue par Obama. Le régime doit donner une réponse à cette offre de dialogue, mais il ne veut accepter aucun apaisement. Il craint donc un renforcement des sanctions notamment une interdiction de vente d’essence à l’Iran qui dépend à 80% de l’étranger dans ce domaine : ce sera synonyme d’une paralysie générale pour les transports et les industries. Ahmadinejad devra alors accepter un compromis au nom du régime pour empêcher cette catastrophe. Il demandera alors la levée des sanctions pour accepter de nouvelles négociations pour arriver à un accord. En contestant par avance la légitimité du signataire, le régime espère bloquer l’application de cet accord prévisible. Pour réussir ce plan, il lui faut du monde dans les rues derrière Moussavi le meneur de cette contestation identifiable par la couleur verte de l’islam.

Le problème du régime est qu’il ne dispose pas de cette foule. Le 13 et 14 juin, il a autorisé des manifestations, mais le 15 quand les Iraniens sont descendus dans la rue c’était pour appeler à la grève générale que le régime redoute. Le lendemain, ils ont commencé à crier « Mort à la République Islamique » à Téhéran ou encore à Ispahan. Au lieu de récolter une marée verte, le régime a dû faire face à 10 jours de soulèvement et quand il a réussi à mater le soulèvement par 3000 arrestations et plus de 400 tués par balles, il n’a jamais pu mobiliser la rue via le mouvement vert ou sur le nom de ses partisans. Finalement, il a dû gommer ces obstacles à la mobilisation : il a lancé un appel à la mobilisation sur le nom de Mossadegh. Ce fut encore un échec. Dès lors, il a décidé de lancer des appels à manifester sous la bannière verte de Moussavi sur des dates préconisées par l’opposition hostile à son existence.

C’est à ce moment qu’il a fixé la date de l’investiture parlementaire d’Ahmadinejad au 5 août, date de la commémoration de l’avènement monarchie constitutionnelle iranienne avec l’arrière-pensée d’exploiter une éventuelle grande mobilisation des Iraniens à cette occasion.

Le test pour cette nouvelle approche a eu lieu le 30 juillet, à l’occasion de la commémoration de la mort de Neda : il y a eu des manifestations nationales qui ont mobilisé des dizaines de milliers d’Iraniens, le régime a prétendu qu’ils étaient dans les rues en faveur de Moussavi, mais le test avait raté car les Iraniens ont scandé un nouveau slogan clairement hostile à la nature islamique du régime. Dès lors le 5 août, journée promise à la célébration de la victoire médiatique de verts est devenue une date à risques.

Les mollahs ont alors tenté une autre approche. Le lundi 3 août à l’occasion de l’investiture officielle d’Ahmadinejad, au moment où le monde avait les yeux rivés sur l’Iran, pour renforcer le mouvement vert de Moussavi, ils ont lancé un appel anonyme à la mobilisation au nom de l’opposition hostile à leur régime ! Mais il n’y eut personne : les Iraniens ont reculé à la vue des chemises vertes.

Ayant raté cette occasion, le régime est acculé à un succès : il lui faut du monde dans les rues sinon Moussavi perd son titre du chef de la contestation. Incapable de mobiliser par ses propres moyens et redoutant une réédition des slogans hostiles comme au 30 juillet, le régime a fait publier hier pour le 5 août, des affichettes d’appel à la mobilisation pour s’approprier la mobilisation, quelques soient les slogans.
© WWW.IRAN-RESIST.ORG
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Le pouvoir doit sans doute craindre une réaction hostile à ce détournement car Rafsandjani, le patron du régime et l’homme le plus détesté d’Iran, a quitté Téhéran pour une destination inconnue.


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Pour en savoir + sur le rôle de Moussavi :
- Iran : Moussavi sera la garantie décennale du régime !
- (3 JUILLET 2009)

La réponse américaine :
- Iran : Pourquoi la réponse d’Obama est la meilleure
- (20 juin 2009)

| Mots Clefs | Mollahs & co : Ahmadinejad |

| Mots Clefs | Réformateurs & faux dissidents : Le Mouvement Vert |
| Mots Clefs | Resistance : FAUSSE(s) OPPOSITION(s) |
| Mots Clefs | Mollahs & co : Mir-Hossein Moussavi |
| Mots Clefs | Mollahs & co : Rafsandjani |

| Mots Clefs | Enjeux : Rétablir les rel. avec les USA & Négociations directes |
| Mots Clefs | Décideurs : OBAMA |

| Mots Clefs | Résistance : Manifestations hostiles au régime |
| Mots Clefs | Résistance : Menace contre le régime |