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Iran : La semaine en images n°70 21.06.2009 Quelle semaine ! Quelle semaine ! Le régime voulait simuler la démocratie totale en organisant une contestation contre la réélection d’Ahmadinejad, mais le peuple a profité de l’espace de permissivité pour prendre la rue. La semaine en images qui explore depuis plus d’un an la vision des photographes des médias officiels du régime sera à la hauteur de vos attentes. On voit la nette coupure entre la contestation autorisée et ce qui ne l’était pas. On voit aussi la déconfiture du régime en images et en vidéos. Samedi 13 juin : la victoire d’Ahmadinejad | Tout a commencé dimanche dernier avec l’annonce de la victoire d’Ahmadinejad avec 62% de 85% de suffrages exprimés ce qui dans la comptabilité des mollahs donne (62x85) 53,2% de la totalité de la masse électorale iranienne. Dans la foulée, Téhéran a organisé une contestation démocratique des résultats et un show surmédiatisé du refus de cette contestation par le Guide suprême. Il s’agissait de pousser Obama à prendre le parti de Moussavi, ce qui aurait conféré à ce dernier une légitimité démocratique mondialement admise fort utile pour refuser par la suite tout dialogue et compromis avec Obama ! 13 & 14 juin : la contestation officielle | Pendant deux jours, nous avons donc eu droit à plein de soi-disant images vidéos volées et postées sur Youtube, mais on y voyait des gens jouer la comédie. Ils restaient debout après des coups de matraques, se relevaient après avoir fait semblant de s’évanouir ou encore ils courraient mollement devant des miliciens se déplaçant à la même allure. France 24 a été ainsi dupée par l’un de ces observateurs en Iran, visiblement membre du service de la désinformation de la milice.
© WWW.IRAN-RESIST.ORG
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Si Moussavi était l’idole des 1,5 à 2 millions descendus dans la rue, il se serait précipité à leur rencontre pour un bain de foule géant, mais il a vite quitté les lieux et le régime a chargé la foule quand cette dernière à commencé à appeler à une grève générale et à un rassemblement sur la Place Haft-é tir (Place du 28 juin), qui fait référence à un attentat qui le 28 juin 1980 a failli mettre fin à la république islamique. Le régime a compris le message : il a donné la charge, tuant 23 personnes et faisant une cinquantaine de blessés. Ci-dessous un homme mortellement blessé et une vidéo de la foule qui demande vengeance et scande : « Bassidji sans honneur, tu es l’ennemi du peuple ! »
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Mardi 16 juin : la journée perdue | Cependant, la manifestation de la Place Haft-é tir a eu lieu, mais il n’en existe pas d’images car en ce second jour du dérapage, le régime a interdit aux journalistes étrangers de sortir. Il a alors organisé un contre rassemblement uniquement en faveur de Moussavi, une manif où les figurants ont oublié qu’il fallait être triste en mémoire des morts de la veille ! Téhéran transmis ces images à la presse étrangère et fait des photos comme l’exemplaire ci-dessous par l’agence MEHR pour la presse écrite. C’est ce que l’on voit chez des journalistes français proche du régime comme Delphine Minoui. Ci-dessous, la vidéo officielle du régime, 2 photos officielles et un aperçu de la journée !
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© WWW.IRAN-RESIST.ORG Ces gens-là risquent le lynchage d’où ces mines déconfites et ces regards sans le vide. La veille (jeudi), plus de 100,000 personnes avaient désobéi à Moussavi qui leur donnait rendez-vous dans les mosquées pour pleurer habillés en noir les 7 morts admis par le régime et non les 250 à travers tout le pays et les 320 blessés détenus en majeure partie prisonniers des Pasdaran. Au Lieu d’aller dans les mosquées pour pleurnicher, ils s’étaient réunis sur la place de l’Arsenal pour chanter l’hymne national interdit par Khomeiny et pour brandir des écriteaux où ils se disaient « prêts à verser leur sang ».
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Dépassé, Moussavi n’a pas pu s’incruster encore une fois et il s’est mis au vert ! Pour ne pas perdre le pied, le régime a fait avancer les autres modérés, Karroubi et Khatami, tous deux membres de l’Association du Clergé Combattant, qui se sont cyniquement appropriés le second rassemblement de ce samedi à 16 heures sur la place de la révolution. Mais nos deux combattants modérés, chouchous de l’Occident, ne sont pas venus au rendez-vous fixé en expliquant leur geste par le fait que le ministère de l’intérieur ne leur avait pas donné l’autorisation légale. Ils ont donc appelé leurs partisans « à rester chez eux sans se laisser abuser par des faux appels à manifester ». Samedi 20 juin : Intifada sous les bravos (« Afarin ou Mashallah ») | Si l’on avait encore des doutes cela n’est plus permis : ces gens ne représentent personne car environ 3,000,000 de personnes ont désobéi au Guide, à Karroubi, Moussavi et Khatami pour descendre dans la rue malgré le fait que la veille le régime avait placé à chaque carrefour des troupes de bassidjis (ci-dessous) normalement basées en province par peur de manquer d’effectifs. Selon nos infos, les gendarmes et une partie des Pasdaran auraient refusé de tirer.
Durant tout l’après-midi et la soirée, ces millions lâchés par les différents groupes du régime, les modérés, les fausses féministes, le BCU, sont entrés en collision frontale avec les troupes du régime. La situation étant très tendue le régime a d’abord donné l’ordre de faire usage de gaz lacrymogènes, de cannons à eau bouillante, des matraques et des Tasers, mais très tôt des coups de feux ont été entendus. Pour aller au devant de cette milice créée pour défendre l’Islam, depuis quelques jours, les manifestants crient « Allah Akbar » pour montrer que leur objectif n’est pas de détruire l’Islam, mais le régime.
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Au même moment que l’on criait ce slogan, une rumeur qui s’est avérée être une info à forte connotation symbolique s’est répandue partout : on avait explosé le mausolée de Khomeiny ! Même si la destruction n’est que partielle, symboliquement le régime est atteint ! C’est un réconfort pour ceux qui ont pris d’assaut ce géant aux pieds d’argile et qui ont déjà perdu dans la bataille de samedi au moins 5 amis.
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