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Iran : Pourquoi la réponse d’Obama est la meilleure
20.06.2009

La ou plutôt les différentes réponses d’Obama à la présente crise iranienne ont été faites sur la base des intérêts stratégiques des Etats-Unis. Il faut donc resituer l’affaire dans son contexte géopolitique.



contexte géopolitique | Depuis l’arrivée d’Obama au pouvoir, l’on assiste à une volonté affichée des Etats-Unis de renouer le dialogue avec Téhéran. Cette volonté n’est pas nouvelle : elle existait déjà sous Bush. En fait, les Etats-Unis doivent nécessairement parvenir à une entente géopolitique avec ce régime précis pour deux raisons : accéder via l’Iran aux réserves gazières de l’Asie Centrale et aussi prendre le contrôle des Pasdaran, milice islamiste qui contrôle bon nombre des réseaux islamo-subversifs de la région afin de les utiliser pour agiter les régions musulmanes de la Chine et de la Russie.

marchandage | En échange de cette entente, les mollahs exigent le droit à des armes pour le Hezbollah et le Hamas. Ils pourraient ainsi contrôler le Moyen-Orient et y semer le chaos si l’on cherchait à les renverser. Le Hamas et surtout le Hezbollah sont vus comme l’assurance vie du régime. C’est ce qui bloque la situation depuis des années. Sous Bush, les Etats-Unis ont décidé de renforcer les sanctions contre les mollahs pour les affaiblir afin qu’ils acceptent l’entente sans ce genre d’exigences incompatibles avec les intérêts Américains dans la région.

sous Bush | Pour adopter ces sanctions, Washington a évoqué la menace nucléaire iranienne, un discours qui nécessitait que l’on assujettisse le dialogue à une suspension de l’enrichissement par les mollahs. Cette approche a été inefficace parce que les sanctions n’étaient pas conçues pour renverser les mollahs, mais uniquement les affaiblir sans les mettre en danger. En fait, la stratégie américaine a empêché le dialogue ouvert et direct plus que tout autre chose. Il en a résulté des conversations secrètes qui attestaient de l’envie de Washington et encourageaient Téhéran à se faire désirer. A cette époque, étant certain que Bush ne pouvait pas renoncer à la clause de la suspension, Téhéran se disait prêt à un dialogue direct et sans condition préalable de la suspension de l’enrichissement. Pour continuer ce manège, Téhéran préférait McCain, le simili-Bush ! Il préparait son arrivée en envisageant la candidature de Larijani qui était présenté comme un ultre-conservateur modéré, une sorte d’Ahmadinejad ouvert au dialogue, parfait face à un McCain obtu.

le choc | Le changement de président a permis au centre américain des recherches stratégiques, le Council on Foreign Relations, de corriger le tir et de déstabiliser les mollahs par la proposition inattendue d’un dialogue direct et sans condition préalable ! Soudain le régime a manqué d’excuses pour refuser le processus de dialogue et de compromis notamment au sujet du Hezbollah. Il a alors décidé de trouver des moyens pour faire échouer le processus d’apaisement. L’un de ces moyens était de maintenir Ahmadinejad comme président.

En attendant cette réélection, le régime s’est lancé dans plusieurs opérations provocantes balistiques et <font color="blue"nucléaires. Il a même pris en otage la journaliste Roxana Saberi pour faire bouger Washington : obtenir une levée des sanctions ou provoquer un scandale susceptible de faire échouer le dialogue. Aucune de ces provocations n’a fonctionné.

A l’époque, Moussavi était un inconnu non prévu au programme : c’est pourquoi ce soi-disant modéré n’a réagi à aucune de ces provocations ! Quand tout a échoué, Téhéran a envisagé une dernière provocation : faire élire Ahmadinejad avec un fort score et faire contester les résultats par des partisans du candidat modéré dans un show de manifestations réprimées par les miliciens. Il s’agissait de provoquer des critiques contre son système afin de faire scandale (et refuser le dialogue) ; ou obtenir un franc soutien américain à Moussavi et ainsi lui conférer une légitimité démocratique nationale mondialement admise pour qu’il mène au nom du peuple iranien la même politique de refus qu’Ahmadinejad.

Obama | Dans leur première réaction, Obama et son entourage dont notamment Joe Biden ont évoqué le respect du scrutin avant de réaliser qu’ils avaient gaffé. C’est alors qu’ils se sont montrés plus distants afin de ne pas donner aux mollahs le bâton pour les battre. Obama a alors fait part de la similitude entre les deux candidats et de l’absence d’intérêts particuliers pour de l’un ou l’autre.

Cependant, les Etats-Unis préfèrent que le futur président de ce régime soit une personne qualifiée de modérée afin que le régime ait le moins d’excuses pour fuir le processus de dialogue et de compromis (sur le nucléaire et le Hezbollah).

C’est pourquoi parallèlement à leur refus de lui apporter leur caution (reconnaissance) politique ou morale, ils soutiennent intellectuellement ce candidat via leurs médias ou des intellectuels pro-américains comme Bernard-Henri Lévy qui pour le coup a dû s’afficher avec un lobbyiste du régime des mollahs qui de son côté cherchait à impliquer les Américains et non ses intermédiaires comme BHL. Avec cette opération, on est arrivé au bout de l’efficacité attendue par le processus de la fausse contestation et le régime a décidé de clore le débat par l’intermédiaire du Guide suprême qui a officialisé les résultats d’Ahmadinejad !

Mais par chance, les Iraniens se sont engouffrés dans la brèche artificiellement ouverte par le régime le 15 juin. Les Iraniens sont désormais dans une dynamique d’action qui les porte en avant et ils peuvent bénéficier d’un soutien populaire américain. Mieux encore, l’aveu de la similitude des deux candidats par Obama, s’il trouve un écho dans les slogans du peuple, mettra le président américain dans l’embarras vis-à-vis de sa propre opinion publique ! Ce sera le ticket gagnant pour un changement de régime, pour la liberté.

Peut-être même retrouvera-t-on sous peu les lobbyistes made in us et ceux made in mollahs obligés de battre le pavé à nos côtés pour crier : Na Ahmadi, Na Moussavi, Faghat Azadi ! [1]


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| Mots Clefs | Mollahs & co : Mir-Hossein Moussavi |

[1Ni Ahmadi, ni Moussavi, seulement la liberté…