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Iran : La semaine en images n°230
25.07.2012

Rappel des faits (inédit) + la semaine dégulinguée | Il y a une semaine, le régime devait organiser l’anniversaire du Mahdi, le sauveur des chiites, il n’a même pas pu mobiliser 250 personnes dans l’ensemble du pays. Le régime a été boycotté par les centaines de milliers de Pasdaran, de Bassidjis, de militaires, des dizaines de milliers de Bazaris et de mollahs de base ainsi que les membres de leur famille !

Ce n’est pas la première fois. Depuis 3 ans, ces actifs populaires du régime boycottent aussi bien les manifestations officielles politiques que religieuses, ils ont lâché le régime.

Il y a plusieurs raisons à cette rupture : le pays a reculé dans tous les domaines depuis la révolution surtout en économie et en industrie, on est passé des succès et du plein emploi à 60% de chômage, 96% de personne sous le seuil de pauvreté. Les études et les soins jadis gratuits et de bonne qualité sont devenus payants voire chers et de mauvaise qualité. Par ailleurs, les ayatollahs, alliés historiques de la Grande-Bretagne, ont permis à ce pays de retrouver sa mainmise sur le sous-sol iranien (or, cuivre, pétrole) en lui accordant des contrats d’exploitation de longue durée (qui hypothèquent les chances d’indépendance économique du pays pour longtemps).

De plus, tous les Iraniens savent que les ayatollahs (pro-britanniques) ont accédé au pouvoir 1979 en aidant les pions islamistes de Washington (notamment l’OMPI) à renverser le Shah, puis en éliminant ces derniers.

Washington cherchait à islamiser l’Iran pour en faire une base pour conquérir l’Asie Centrale avec l’Islam. Il pouvait ainsi dépasser la Grande-Bretagne, leader mondial d’exportation pétrolière depuis 1906. En prenant le pouvoir au détriment des islamistes américains, les mollahs ont agi pour leur propre compte, mais ont aussi aidé leurs protecteurs britanniques à garder le contrôle du marché pétrolier mondial.

Depuis, Washington tente d’affaiblir graduellement l’économie iranienne pour provoquer des pénuries et générer un risque de soulèvement afin de forcer les mollahs à adoucir leur position pour que ses pions puissent revenir en Iran et prendre le pouvoir de l’intérieur (via une révolution de couleur). L’intérêt des mollahs est de refuser tout apaisement avec Washington quelles que soient les sanctions qui pèsent sur les Iraniens. Les mollahs doivent aussi tout entreprendre pour faire reculer Washington et parvenir à un arrangement.

L’intérêt britannique est de préserver ce régime dans une ligne hostile aux Américains pour contrecarrer leurs projets régionaux. Les Britanniques doivent aider les mollahs à contrer les Américains. Mais ils doivent aussi surveiller les mollahs et les empêcher de parvenir à un arrangement qui les éliminerait du jeu. C’est ainsi qu’on les voit souvent fustiger les menaces terroriste, nucléaire ou balistiques des mollahs, mais il n’y a jamais eu une rupture des contrats pétroliers ou miniers en représailles car le but n’est pas de nuire aux intérêts britanniques, mais remonter l’opinion américaine contre l’apaisement avec les mollahs. De nombreux pays qui ont besoin d’un Iran anti-américain aident les mollahs à contrer les sanctions et aident Londres à maintenir leur image exécrable. Ainsi comme au début du XXe siècle, l’Iran est devenu la scène d’une guerre froide entre les grandes puissances qui ont des visées pétrolières et colonialistes. En somme, Il n’y a rien qui puisse être profitable au peuple avec ce régime au pouvoir d’où la rupture des subalternes issus du peuple comme les Pasdaran.

Dès les premiers signes de cette rupture, le régime (réduit à ses hauts dirigeants – la caste dirigeante réunie au sein du Conseil de Discernement de l’intérêt du régime-, ses hauts responsables, ses hommes d’affaires et ses hommes de main) était fragilisé, mais il n’était pas immédiatement menacé car les Pasdaran ont une structure cloisonnée comme un service secret, ses membres ne se connaissent pas et se méfient les uns des autres. Le régime était à l’abri d’un coup d’Etat immédiat, mais la caste dirigeante devait agir vite.

Rafsandjani, le directeur et fondateur du Conseil de Discernement de l’intérêt du régime (CDIR), a d’abord misé sur la propagande pour nier la rupture des Pasdaran. Ce manipulateur qui avait jadis mis en place le faux réformateur Khatami (pour amadouer Washington), puis mis en place Ahmadinejad pour jouer la menace après l’échec du faux apaisement de Khatami, a eu une nouvelle idée compliquée : une révolution de couleur sous le nom du Mouvement Vert (en référence à l’Islam) et dirigée par son ami Moussavi, un Khomeyniste pur, membre du CDIR pour donner une légitimité démocratique absolue au régime afin de contraindre moralement Washington à cesser ses sanctions.

Tout était très bien pensé : les journalistes européens étaient invités pour raconter l’affaire. La BBC donnait le tempo avec les meilleurs reportages ! Mais le peuple autorisé a dévié de la ligne pour scander des slogans hostiles au régime… On parlait alors d’un ralliement des Pasdaran à cette contre-révolution, mais cela n’a pas eu lieu car Washington, hostile à la laïcité iranienne, et l’Europe (partenaire du régime) n’ont pas soutenu le peuple iranien. Ils ont plutôt laissé le régime rétablir l’ordre avec ses hommes de main et des rumeurs anxiogènes de répression sanglantes rediffusées par la BBC ou la Voice of America. Les faux opposants verts sont restés silencieux avant de s’installer en Europe dont certains à Londres [1] ou en Europe pour simuler un soi-disant exil ! Washington a aussi inventé ses propres verts pour ne laisser aucune chance à une autre contre-révolution.

On a voulu enfermer le peuple iranien à double tour, mais grâce à la passivité complice des Pasdaran, il a pu à nouveau manifester contre le régime en célébrant le 15 mars 2011 l’anniversaire du Reza Shah Pahlavi (père du Shah), vénéré pour sa laïcisation du pays au siècle dernier. Washington gêné a parlé d’un soutien à l’islamiste Moussavi ! L’Europe, notamment la France, a fait de même. Mais il était clair que les Pasdaran et le peuple envisageaient une contre-révolution laïque. Les hommes d’affaires du régime ont paniqué car le peuple pouvait renverser le régime et les lyncher ou encore les dirigeants fragilisés pouvaient négocier une fuite sécurisée avec les Américains et les laisser seuls face au peuple. Ils ont commencé à brader leurs avoirs pour acheter de l’or et des dollars afin de quitter le pays au plus vite.

Cette nouvelle vague de rupture a déstabilisé Rafsandjani au sein de la caste dirigeante. Il a dû céder sa place aux frères Larijani, mais en gardant quand même le pouvoir via son pion Ahmadinejad. Les Larijani, nouveaux patrons de la caste dirigeante, devaient trouver des solutions pour la rupture des Pasdaran, pour la panique des hommes d’affaires et pour les sanctions. Mais ils ont continué les solutions utilisées par Rafsandjani, en revanche, ils ont utilisé leur contrôle sur le pouvoir judiciaire pour régler des comptes avec Rafsandjani ou pour éliminer ses pions du jeu, notamment les ministres chargés du contrôle des négociations avec Washington à un moment où il est devenu évident que la seule option restante est de marchander des garanties de sécurité en échange d’un transfert rapide des pouvoirs vers les pions islamistes de Washington.

Pour Washington, cette guerre interne était une bénédiction, il devait exploiter la crise interne. Il a utilisé la menace de remaniement des notations AAA pour pousser les Européens à annoncer un embargo sur l’achat du pétrole iranien à partir du 1er juillet 2012. Ces derniers ont accepté car ils ont surtout des contrats d’exploitation, ils possèdent les barils produits en Iran et n’achètent que moins de 10% des « barils iraniens ». Leur embargo n’allait donc pas bouleverser la situation du régime ou leurs propres avoirs en Iran. Les mollahs trop affaiblis par les précédentes sanctions ont accepté la reprise du dialogue pour geler la menace de l’embargo du 1er juillet 2012. Rafsandjani dont les pions contrôlent les postes de négociations a proposé un marchandage car cela servait ses intérêts. La base a compris que l’économie iranienne était à bout de souffle. Les dirigeants pouvaient céder. Tous les responsables subalternes politiques ont rompu d’un coup avec le régime. La Chine a lâché le régime en diminuant ses investissements ! Tout allait mal, les Larijani étaient certains que la fin était proche, mais étant exclus des marchandages, ils se sont opposés à tout compromis tout en accentuant leur guerre judiciaire contre les pions de Rafsandjani chargés des négociations pour les écarter et prendre leur place. Les deux parties sont entrées en guerre. Les pions tombaient sacrifiés par les gros bonnets. Les derniers collaborateurs du régime ont vu que leurs dirigeants voulaient négocier pour eux-mêmes. Ils ont aussi pris leur distance.

Début juin, un mois avant les nouvelles sanctions, Washington a diffusé des rumeurs évoquant un embargo américain aérien et maritime, synonyme de pénuries lourdes et forts risques d’émeutes ! Le régime était condamné. La Chine qui lui achète 35% de ses barils a annoncé l’arrêt de ses achats pétroliers dès le 1er juillet au prétexte que les Européens qui assuraient ses cargos ne pourraient plus lui rendre ce service ! Les Indiens (alliés de Washington) qui achètent près de 20% des barils iraniens ont dit la même chose. Le régime n’allait pas perdre 10% de ses revenus, mais 65% de ses revenus ! La caste dirigeante devait plier ou allait vers une pénurie immédiate suivie d’une explosion sociale. La panique a de nouveau gagné ses derniers compagnons. La caste dirigeante devait plier ou allait vers une pénurie immédiate suivie d’une explosion sociale. La panique a regagné ses derniers compagnons. La caste dirigeante devait montrer qu’elle a le moyen de résister à une contre-révolution. Son patron Ali Larijani a fait ouvertement appel aux Pasdaran en leur offrant le secteur bancaire du pays. Ils ont ignoré son invitation. Larijani était ridiculisé. Il pouvait sauter et se retrouver à la merci de Rafsandjani. Larijani aux abois a alors affirmé qu’il serait prêt à reprendre la rémunération des Pasdaran suspendue depuis plusieurs mois ! La Gaffe : dans sa panique, Ali Larijani a révélé la rupture assumée des Pasdaran. Cela a libéré les hésitants : le régime devait alors rassembler ses 7400 mollahs-juges pour la Semaine du Pouvoir Judiciaire, ces derniers l’ont boycotté. Au même moment, les habitants de la ville religieuse de Qom ont attaqué un groupe de miliciens chargés de faire respecter le port rigoureux du voile… Le régime esseulé et menacé se fissurait de toute part.

C’est dans ces terribles conditions que la semaine dernière, le dimanche 1er juillet, l’entrée en vigueur des sanctions a aggravé la panique. Le dollar et l’or sont montés en flèche ! La caste dirigeante devait se montrer forte pour se faire respecter ou pour rassurer ses derniers compagnons affolés. Elle a parlé de tirs de missiles et de fermeture du détroit d’Ormuz car sa seule issue est de faire reculer les Européens. La crise a redoublé car la même politique menée jadis par Rafsandjani contre les Américains avait permis à ces derniers d’adopter de nombreuses sanctions financières contre l’Iran.

A la fin de la semaine dernière, le régime devait organiser l’anniversaire de Mahdi et un nouveau boycott pouvait aggraver encore la crise. Le lundi 2 juillet, les Européens (engagés à contrecœur dans les sanctions) ont proposé de nouvelles négociations pour le mardi 3 juillet à Istanbul. Le régime (dirigé par les Larijani) a accepté tout en reprenant ses pressions sur le clan Rafsandjani qui contrôle des négociations afin qu’il ne profite pas de l’occasion pour des messes basses. L’acceptation du dialogue était un signe de faiblesse, la guerre interne évoquait l’approche de la fin. La base a davantage paniqué.

Le régime a de nouveau parlé de ses tirs de missiles pour calmer cette inquiétude qui peut aussi causer sa perte. Le jour même de la rencontre à Istanbul, les mollahs ont mis en avant leur soutien à Bachar Al Assad, ont tiré des missiles et annoncé le soutien de 30% de leurs députés à la fermeture d’Ormuz. Les Européens ont esquivé l’escalade en ignorant ces menaces. Les Américains ont puni les mollahs par de nouvelles sanctions, mais ils ont aussi souhaité que leur pion Kofi Annan se rende en Iran pour inviter les mollahs à jouer un rôle de modérateur en Syrie afin de neutraliser durablement toute nouvelle tentative d’escalade tactique de leur part et aussi les engager dans leur apaisement tactique (nécessaires pour revenir en Iran avec ses pions).

Bush (que tout le monde a oublié) avait déjà tenté l’apaisement en essayant d’impliquer les mollahs dans la solution de paix en Irak. Les mollahs avaient alors accepté avant de comprendre le piège. Puis Obama avait continué à son arrivée en essayant d’impliquer les mollahs (qui aidaient les Talibans) à faire partie de la solution de paix en Afghanistan. Les mollahs avaient alors tout tenté pour esquiver l’invitation. La demande était devenue pressante. Les mollahs avaient dû accepter à contrecœur avant de redoubler de provocations pour échapper de ce piège. Il était clair que le régime était condamné à multiplier les provocations pour sortir du piège. Ces compagnons étaient par avance déprimés. Les Britanniques ont alors volé à son secours via un site persanophone basé en Angleterre en faisant état d’un sondage évoquant l’hostilité de 82% des serviteurs du régime à la fermeture du détroit d’Ormuz pour rassurer ses derniers compagnons que le régime n’allait pas vers une radicalisation.

Les Britanniques espéraient aussi calmer le jeu avant que le boycott prévisible de l’anniversaire de Mahdi par des centaines de milliers de Pasdaran, de Bassidjis, de militaires, de Bazaris, de mollahs et leur famille ne provoque une nouvelle panique parmi les derniers compagnons du régime. Le boycott a été unanime : le régime n’a même pas pu rassembler 300 personnes dans tout le pays ! La panique apparue avant 1er juillet s’est amplifiée propulsant le dollar vers le haut.

Cette semaine, tout était à refaire. Le régime devait affirmer sa force du régime pour rassurer ses derniers compagnons qu’il peut les défendre face à une éventuelle émeute. Mais le dimanche 9 juillet, il y avait l’anniversaire de la fausse révolte estudiantine de 1998, une autre manipulation ratée de Rafsandjani. Le régime devait énerver les Iraniens pour les encourager à manifester afin que toute future contestation soit de facto reliée à ses opposants internes. Cette prise de risque était nécessaire mais pouvait à nouveau paniquer les siens.

Cette semaine, le régime devait éconduire Kofi Annan, l’émissaire d’apaisement et négociateur des Américains, afin que leurs compagnons ne soient pas convaincus d’un deal à haut niveau et ne les lâchent pas entraînant ainsi leur perte. Mais il devait éviter l’éconduire sans agressivité pour éviter de nouvelles punitions. Cependant contradictoirement, il devait aussi trouver le moyen de provoquer une escalade afin de faire capituler ses adversaires. Le régime avait un programme très contradictoire. Ses amis Anglais étaient à ses côtés, mais Washington le surveillait pour compliquer la situation. Le régime devait trouver des solutions inédites et des diversions inédites pour détourner ses derniers compagnons de ses échecs. Il pouvait facilement déraper et aggraver la crise. Il a tout essayé, mais tout a échoué, et la panique est devenue plus forte. Voici le récit et les images d’une semaine pleine de rebondissements et de catastrophes pour le régime épuisé des mollahs.



Pour résumer, le régime avait été frappé par une suite de catastrophes : l’entrée en vigueur des sanctions européenne, la rupture brutale des Chinois et des Indiens, la perte de 65 % de ses revenus en devises, l’émergence d’une peur panique de pénuries suivies d’émeutes, l’affolement provoqué par cette situation, son incapacité à mettre en scène une bonne puissance de répression pour calmer ou rassurer les compagnons affolés du régime, son incapacité à amplifier la crise internationale avec ses missiles pour faire reculer les Européens, son enrôlement de force dans la guerre contre son seul allié régional et enfin le boycott unanime de l’anniversaire de Mahdi qui a rappelé la rupture des Pasdaran en ces temps de crise et a relancé la panique interne. Le régime ne commandait plus rien sur le plan national ou international. Les derniers compagnons du régime voyaient bien que la caste dirigeante était incapable à gérer la crise existante et les crises à venir. La caste dirigeante devait réussir point par point (là où il avait échoué) pour dissiper cette certitude négative.

Samedi 7 juillet 2012 (17 TIR 1391), la caste dirigeante, le Conseil de Discernement, s’est réuni. Tous les membres étaient présents sauf Ali Larijani, le responsable de la crise de confiance !

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Mais le frère cadet d’Ali Larijani, l’ayatollah Sadegh Larijani (3e photo au centre), membre du CDIR et chef du pouvoir judiciaire, était présent et maintenu à son poste, par ailleurs Rafsandjani ne montrait aucun signe de joie. L’absence de Larijani ne signifiait donc pas sa destitution, il était peut-être juste puni, momentanément écarté ou alors volontairement en retrait pour calmer les inquiétudes suscitées par son manque de résultats (les dirigeants jouent souvent la carte de la retraite tactique quand ils se sentent en danger).

Après cette mise en scène d’unité des dirigeants (sans Larijani), Vahidi ministre de la défense du régime et pion de Rafsandjani, a annoncé « l’inauguration de la chaîne de production du missile anti-blindage Dehlavieh, 100 % iranien, unique au monde et muni d’une technologie très avancée permettant la destruction de tout type de chars, d’hélicoptères ou même, des cibles navales ».

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Nous avons reconnu qu’il s’agissait du Cornet, un missile portatif russe à guidage laser datant de 1994, acheté par le régime, qui n’est plus infaillible contre les chars ou des hélicoptères, mais reste idéal pour couler des cibles civiles comme des pétroliers.

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Au même moment, Firouz-Abadi, le nouveau généralissime du régime et proche de Rafsandjani, a annoncé que les forces armées étaient prêtes à fermer Ormuz et Fallahian, ex-patron des Renseignements sous Rafsandjani, a affirmé que pour soutenir la Syrie, le régime devait punir l’Arabie Saoudite. On relevait d’un coup le niveau de la menace d’une manière très explicite, dans le pur style de Rafsandjani. Cela permettait aussi d’annuler par avance l’enrôlement du régime aux côtés de ses ennemis contre son seul allié régional, Assad. Rafsandjani était sensiblement de retour alors que Larijani était absent. Connaissant les deux hommes, Rafsandjani profitait de l’absence tactique de son rival pour montrer son efficacité afin de discréditer son rival et obtenir son éviction.

Cette tentative extrémiste a échoué car les Occidentaux ont encore évité l’escalade en ignorant les menaces balistiques et les sous-entendus terroristes du régime. Le régime devait aller plus loin ou capituler. La situation dérapait déjà. Les derniers compagnons du régime se sont alors rappelés l’inefficacité de cette approche privilégiée par la clan Rafsandjani dès 2001. La caste dirigeante restait donc à leurs yeux inefficace et incapable d’arrêter les nouvelles sanctions pour sauver le régime des sanctions et des pénuries. Les compagnons du régime ont encore paniqué : ils se sont précipités vers les échoppes des cambistes pour acheter de l’or et des dollars au point que le dollar a rapidement manqué. Le régime n’a pas réinjecté plus de dollars sur le marché pour calmer la panique, il a préféré étouffer la flambée par manque de carburants. Mais en agissant ainsi il a laissé supposer qu’il manquait de dollars (ce qui est d’ailleurs vrai). Cela a renforcé les doutes sur sa capacité d’approvisionner le marché intérieur. Ses derniers compagnons ont pris d’assaut les magasins de distribution des produits alimentaires. Peu après l’ouverture des magasins, on ne trouvait plus de lait ou de poulet à Téhéran. Le Lait parce que le pays a perdu l’autosuffisance atteinte sous le Shah, et le poulet parce que le pays importe ce produit notamment de Turquie.

Les gens stockaient vraisemblablement en supposant que le pays allait vers des pénuries. La peur de la pénurie chez les riches a provoqué la pénurie pour tout le monde !

Avec cette pénurie, le régime entrait dans une zone à risques, il devait montrer sa capacité policière (pour calmer ses compagnons et dissuader la rue). Mais le régime n’a plus d’agents de terrain, mais uniquement des commandants. Sa solution a été d’annoncer la reconstitution d’un crime passionnel par les chefs de la police ! C’est une drôle de mise en scène car les rares agents de terrain encore fidèles sont en cagoule ! Par ailleurs, pour diffuser la rumeur, le régime a autorisé les spectateurs à filmer la scène alors que la loi interdit les prises de vue dans les rues. Chacun a dû comprendre qu’il s’agissait vraisemblablement des rares derniers agents fidèles faisant semblant d’être des passants.

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Le régime a surtout montré son manque de personnel. Il n’a pas pu calmer la panique interne. Il y avait un risque d’émeutes. Le régime était sans doute très inquiet, mais un peu ravi car on était à la veille de l’anniversaire de la (fausse) révolte estudiantine de 1998, la première version du Mouvement Vert, si le peuple bougeait, son action allait de facto être assimilée à un soutien à la fausse opposition interne. Le régime pouvait alors introduire les animateurs du Mouvement Vert dans le jeu pour prendre en main la direction des revendications et des slogans.

On se souvient qu’il y a quelques semaines, au moment de l’anniversaire de l’apparition du Mouvement Vert, il avait multiplié le prix du pain par 4 et avait diffusé des mauvaises nouvelles économiques pour révolter le peuple et le faire manifester pour le placer de facto sous la bannière du Mouvement Vert. Donc, le régime devait non seulement exploiter la crise, mais aussi l’amplifier. Il a maintenu la pénurie du lait et du poulet à Téhéran, il a provoqué des pénuries mais aussi dans les régions sensibles avec une grève des abattoirs. Au même moment, les médias ont publié quelques chiffres des augmentations des prix depuis un an vacillant entre 81 et 180%, mais tout de même le poulet a été annoncé à +20% alors qu’il est à 300%. Le régime a ainsi amplifié la panique en se fixant des limites. Pour enrager le peuple, les médias ont également annoncé la « dépense inutile de l’achat de 200 limousines neuves pour la conférence des pays non alignés prévue en septembre à Téhéran ! » Par ailleurs, les médias ont annoncé la perte certaine de plus de 100,000 emplois à Ispahan, une ville richissime ruinée par les gros bonnets du régime. Enfin, Morteza Tamaddon, le préfet de Téhéran et un proche de Rafsandjani, a parlé de l’« interdiction de toute manifestation en mémoire de la fausse révolte estudiantine de 9 juillet (18 Tir) » afin de donner l’impression que le régime était gêné pour inciter le peuple à « saisir cette (soi-disant) occasion ».

En attendant, ce dernier joker, le régime devait passer le temps en simulant une situation normale voire parfaite. Puisque la semaine dernière, le peuple avait boycotté Mahdi et remis en cause la légitimité religieuse du régime, il a cru bon de profiter de l’occasion pour faire un peu de propagande pour nier l’anti-islamisme des Iraniens. Il a annoncé l’inauguration d’une exposition d’affiches branchées sur Mahdi, le sauveur des chiites, pour insinuer que ce dernier inspirait la jeunesse. La seule chose qui a manqué à cette expo a été des visiteurs ! Les figurants qui ont joué ce rôle ignoraient même qu’il est interdit de photographier des œuvres dans un musée et qu’il existe des brochures d’info pour chaque expo. Le régime a été vraiment ridicule avec cette mise en scène ratée. Il a confirmé son manque de sympathisants.

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Le régime était alors seul, face à un risque grandissant d’émeute (en cas d’une pénurie généralisée) : son seul joker était de placer rapidement cette émeute sous la direction des animateurs du Mouvement Vert pour prendre le contrôle de la contestation avant que le spectre de l’émeute ne provoque la fuite de ses derniers compagnons.

Le succès de ce plan aurait aussi relancé la carrière de Rafsandjani, le grand manitou du Mouvement Vert. Les Larijani étaient en danger. Le régime était à la veille de quelques bouleversements. Cela devait aggraver la panique de ses derniers compagnons de route.

Dimanche 8 juillet 2012 (18 TIR 1391), à l’aube, Sadegh Larijani, le patron du pouvoir judiciaire, a relancé le procès de fraude visant le clan Rafsandjani. Plusieurs médias ont répercuté des témoignages compromettants pour le clan Rafsandjani ; on était dans une offensive lourde. Larijani n’était donc pas politiquement mort, mais en retrait pour faire oublier ses bourdes. Cela profitait à Rafsandjani, il tentait de freiner ses poussées.

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Mais le tribunal a vite fermé cette nouvelle séance car le peuple, qui a depuis longtemps deviné le caractère artificiel de la révolte estudiantine de 18 Tir, l’a encore boycotté. Gueule de bois pour tout le régime (dirigeants et base).

Il est fort vraisemblable que les compagnons du régime aient encore paniqué, se ruant vers le dollar, provoquant une pénurie de devises car la Banque Centrale Iranienne a promis des prêts très élevés à un taux très intéressant à tous les hommes d’affaires Iraniens qui investiraient leurs devises en Iran notamment dans le secteur pétrolier. Le régime était encore en difficulté. Après cette annonce contradictoire, ses dirigeants ont perdu leur langue ! Ils ne savaient que faire ou que promettre. Pour éviter une plus grande panique, il devait donner l’illusion que tout va bien ou tout est normal : au pays de l’islamisme, la normalité est l’islamisme ! La journée s’est terminée avec une nouvelle initiative artistique dédiée à Mahdi : un théâtre d’improvisation en sa mémoire. On a eu beaucoup de photos sur ce qu’il se passait sur la scène, mais aucune vue non tronquée de la salle. On a de telles images quand les salles sont vides.

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Le régime avait réuni tout au plus 25 officiels bien déprimés pour sa seule initiative de la journée. Ses nouveaux échecs (pour montrer sa force ou relancer son opposition officielle) et ses excès (qui avaient paniqué la base) avaient entraîné de nouvelles ruptures internes.

L’arrivée de Kofi Annan allait rappeler son insuccès sur le plan international. Le régime devait éviter les nouvelles déprimantes et ne diffuser que de « bonnes nouvelles » rassurantes pour donner de l’espoir à ses serviteurs.

Lundi 9 juillet 2012 (19 TIR 1391), le régime a commencé une nouvelle approche en affirmant que l’économie du pays dépendait seulement à hauteur de 10% du pétrole. Il avait dit le contraire à peine une semaine auparavant lorsqu’il affirmait pouvoir contourner facilement les sanctions en passant par des intermédiaires anonymes.

Pour marquer sa puissance policière : il a mis l’accent sur les pendaisons. Il a d’abord annoncé le report d’une pendaison publique, puis 3 pendaisons à Ghazwin, le report d’une pendaison publique et enfin la prochaine pendaison publique de 5 Iraniens d’origine arabe dans la ville d’Ahwaz. C’était un peu faible pour ce régime.

Washington a vite envoyé un émissaire en Iran en la personne de Seyd Amâr Hakim pour sonder la disponibilité des mollahs pour un deal. Hakim a d’abord rencontré, Jalili, le directeur du Conseil iranien de sécurité, membre du clan Rafsandjani et par ailleurs, adversaire potentiel lors des prochaines élections présidentielles. L’émissaire de Washington n’a rencontré Larijani qu’en dernier lieu dans l’après-midi. Au passage du sondage sur la disponibilité du régime, Washington essayait de perturber Larijani à la veille de l’arrivée en Iran de Kofi Annan pour l’encourager à attaquer Rafsandjani afin de provoquer une nouvelle panique, diviser et affaiblir le régime, pour l’amener à capituler.

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Il n’y a pas eu d’attaques des Larijani contre le clan Rafsandjani, mais le régime a une nouvelle fois axé sa communication sur le spectacle de sa normalité avec la cérémonie d’inauguration d’un nouveau parc par le maire de Téhéran, Ghalibaf, spécialiste d’intervention bouche-trou. Cet effort de communication laissait présager des tensions internes provoquées par la visite de l’émissaire irakien de Washington avant l’arrivée d’un plus important émissaire, Kofi Annan.

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Puis toujours pour simuler sa quiétude, le régime a annoncé la cérémonie (totalement sans intérêt) de clôture des compétitions internationales des Jeux Online.

Cela nous a étonnés car le régime avait lancé cette compétition le 23 juin, avant le boycott prévisible de la Semaine du Pouvoir judiciaire. La cérémonie d’ouverture avait été brèves fautes de joueurs (1ère photo) ! Par la suite, le régime avait diffusé des images d’enfants pour simuler la compétition avant d’annoncer discrètement la fin des Jeux...

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Le régime a repris une vieille opération médiatique (avec de nouveaux figurants) pour simuler sa normalité alors qu’il était sollicité par Washington.

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Il n’y a aucune image de la salle ! Le régime cherchait à faire état de sa quiétude en présence d’un émissaire de Washington et avant l’arrivée du négociateur de Washington, mais l’absence d’images de la salle a encore révélé son manque de troupes. Le régime devait trouver une autre approche inédite pour simuler la tranquillité et même corriger ces dernières erreurs en se montrant aussi très fort.

Mardi 10 juillet 2012 (20 TIR 1391), la journée a d’abord commencé par de bonnes nouvelles financières : la bourse se portait bien, les gens étaient heureux ! La semaine dernière le régime avait tenté la même publicité en montrant des clients, nous avions fait remarquer qu’ils semblaient bien endormis pour des boursicoteurs et ressemblaient plutôt à des retraités rémunérés par un plat chaud et roupillant après leur festin. Notre émission télévisuelle est diffusée en Iran le lundi, aussi le régime qui la suit a tenu compte de nos remarques : il a remplacé les boursicoteurs somnolant par des golden boys super actifs ! Son choix était donc la force tranquille.

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Le régime a complété son offensive médiatique par le démarrage d’une conférence internationale des militantes islamistes du Moyen-Orient, de l’Asie Centrale, du Maghreb et de l’Asie-Pacifique pour évoquer la place des femmes dans l’Eveil islamiste actuel. Le régime souhaite se donner une image de leader islamiste anti-occidental qui ont encore une bonne capacité de nuisance politique sur le plan international afin de rassurer ses derniers partisans inquiets. En se montrant dans une posture anti-occidentale, le régime écartait tout accord avec Kofi Annan.

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Mais cette conférence n’avait été signalée par aucun des médias du régime. On a vu beaucoup de femmes voilées, de nombreux drapeaux pour évoquer une participation internationale très large, mais détail qui tue : on a vu seulement 4 oreillettes de traduction pour près de 250 femmes présentes et pour les responsables iraniens qui ne parlent souvent aucune langue étrangère même pas l’Arabe !

De fait, pour nous, il s’agissait d’une conférence bidon montée à la va-vite avec les épouses des dirigeants, les épouses des étudiants étrangers des écoles islamistes de Qom, les bonnes Malaises des mollahs et des figurantes venues parfois avec leurs enfants !

Le régime n’avait pas seulement prévu des images pour se donner une image forte, il avait prévu quelque chose pour affaiblir Kofi Annan. L’émissaire de Washington n’a pas été accueilli avec les honneurs par un haut responsable du régime, mais par un certain Hossein Amir-Abdollahian, le n°2 de la gestion des zones Moyen-Orient & Afrique au ministère des affaires étrangères et à ce titre, gestionnaire des actions terroristes du régime dans ces zones. Il y avait déjà comme un message que la seule réponse du régime à l’offre américaine d’apaisement serait le terrorisme.

Mais l’accueil ne s’est pas résumé à un aspect symboliquement hostile à tout apaisement : Hossein Amir-Abdollahian, le sous-fifre terroriste du régime qui a un physique de voyou, a longuement retenu Annan à l’aéroport ne se laissant à aucun moment perturber par les demandes de ses accompagnateurs de le laisser aller vers les dirigeants qu’il devait rencontrer. Le régime affichait encore la force tranquille et espérait ainsi excéder le Ghanéen, mais il a tenu bon malgré un énervement assez visible.

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Après quelques heures, Annan a enfin été reçu par Salehi le ministre des affaires étrangères du régime. Ce dernier devait refuser habilement l’invitation engageant le régime dans la coopération avec Washington contre la Syrie. Il n’a pas dit non à Annan, mais il a demandé la fin des ingérences étrangères dans la crise, c’est-à-dire la fin de la mission en cours qui l’indisposait. C’était une approche habile. Annan, qui représente l’ONU -officiellement attachée à la non-ingérence-, ne pouvait pas protester. Il devait s’éclipser.

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Mais le régime n’a pas lâché Annan (qui était coincé par son propre discours officiel) : il l’a envoyé à la rencontre de Jalili, le responsable du Conseil de sécurité du régime, qui lui a répété la même demande afin qu’il prenne position. Le Ghanéen a jeté l’éponge. Cette fois, il n’y a eu aucune conférence de presse. Il a quitté le pays sans rencontrer d’autres responsables ou le guide comme le veut le protocole ! Il était venu coincer les mollahs dans un piège, il a lui-même été piégé, il a dû se sauver pour ne pas devoir dire des choses contraires aux intérêts de ses amis américains !

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Le régime avait battu l’Amérique à son propre jeu. Washington a regretté l’envoi de Kofi Annan en Iran et pour nier son propre échec, la Maison-Blanche a critiqué Kofi Annan d’avoir qualifié les mollahs d’agents positifs dans le règlement de la crise. La présidence américaine s’est officiellement opposée à ce que les mollahs jouent un quelconque rôle aux côtés des occidentaux en Syrie.

Washington a aussi puni Téhéran par l’intermédiaire de la Turquie : ce pays autorisé à commercer avec Téhéran a annoncé qu’il ne paierait plus ses achats de pétrole en dollars, mais en Livres turques !

Washington a aussi annoncé qu’il allait sanctionner l’Etat insulaire de Tuvalu (ancienne Ellice Island), faisant partie de la couronne britannique, pour permettre aux 22 des 85 pétroliers iraniens d’appareiller sous son drapeau. Washington a montré qu’il surveillait bien les mollahs et qu’il avait encore des moyens pour alourdir sa pression. La Grande-Bretagne n’a nullement commenté cette affaire qui révèle son soutien secret aux mollahs, nécessaire pour ses intérêts. Les mollahs n’ont aussi rien dit car la sanction annoncée montrait qu’ils ne pourront rien cacher à Washington et seront toujours à sa merci. Ils venaient, par ailleurs, de payer très cher leur riposte pour se débarrasser d’un piège conçu pour empêcher leurs prochaines tentatives d’amplification de la crise.

Les mollahs s’étaient débarrassés de l’obstacle, mais ils ne pouvaient pas revenir à la stratégie d’amplification de la crise pour faire capituler les Européens car entre temps, ils avaient encore essayé sans y parvenir. Cela avait seulement déprimé leurs derniers compagnons. S’ils insistaient, Washington pouvait augmenter sa pression en visant d’autres pétroliers. Les mollahs devaient encore trouver une nouvelle solution inédite pour faire capituler les Européens ou neutraliser les sanctions afin d’apaiser la panique de ses derniers compagnons.

Mercredi 11 juillet 2012 (21 TIR 1391), le régime a trouvé une solution de substitution : puisqu’il ne pouvait pas neutraliser les sanctions et encore moins éviter leurs effets, il devait au moins essayer de rassurer autant que possible ses derniers compagnons.

De quoi avaient peur ces derniers compagnons ? Ils avaient peur que les dirigeants cèdent sous le poids des sanctions et plient devant Washington en échange de garanties de sécurité pour eux-mêmes et les laissent seuls entre les mains des sbires de Washington. Le régime ne parvenait pas à les convaincre en niant toute volonté de marchandage avec Washington. il ne servait à rien de nier. Le régime a cessé de communiquer, mais ses faux opposants verts basés en Europe ont publié un communiqué affirmant que les mollahs menés par Rafsandjani et ses pions étaient sur le point de parvenir à un accord avec Washington garantissant leur survie. Le communiqué parlait d’un sauvetage imminent du régime. Les faux amis du peuple (et vrais agents du régime) se basaient sur des extraits d’une conversation secrète entre Rafsandjani et Khamenei (obtenue par un de leurs agents) pour affirmer que Rafsandjani avait pris contact avec des opposants exilés notamment les pions de Washington et dépensait sans compter son immense fortune pour les encourager de ne pas joindre le Conseil National, souhaité par Reza Pahlavi, mais son camp du Conseil… Islamique. Dans les extraits de la conversation secrète, Rafsandjani disait : « Washington, qui nous avait jadis utilisés pour aider ses pions, à présent, veut nous garder car tel est son intérêt… ». Dans cette conversation secrète, Rafsandjani affirmait qu’il suffirait que certains s’éclipsent et aussi d’accepter de petits replis sur le nucléaire pour sceller l’accord. Les opposants en exil ont été dévastés par cette nouvelle ! Ils se sont immédiatement mis à diffuser ces très mauvaises nouvelles pour préparer la riposte sans se douter qu’ils aidaient le régime à rassurer ses derniers compagnons qu’il n’a pas perdu la main et bien au contraire qu’il gérait la crise.

Il y avait de nombreuses zones floues notamment le nom des exilés contactés ou les caractéristiques du Conseil Islamique évoqué par le communiqué. Pour entretenir le buzz, Rafsandjani a parlé de la nécessité de créer un conseil islamique pour l’avenir du régime après la disparition du Guide Khamenei, mais sans préciser la composition de ce Conseil. L’annonce officielle de la création de ce conseil a eu l’effet escompté : les exilés ont annoncé la victoire du régime !

Le régime avait redressé son image avec une rumeur et Rafsandjani (qui avait aggravé la crise avant Larijani) était présenté comme un sauveur !

Les Larijani n’ont pas aimé d’autant qu’entre les mots, Rafsandjani se posait en négociateur face aux Américains et justifiait des replis sur le nucléaire, la destitution de certains dirigeants, pour avoir les mains libres pour toutes sortes de marchandages. Larijani a décidé de riposter.

L’Assemblée des Experts, chargée de veiller sur la constitution du régime devait se réunir. Le principal pion anti Rafsandjani du clan Larijani, le juge Rayissi, qui préside le Tribunal Spécial du Clergé, siège aussi à l’Assemblée des Experts. Il a profité de l’occasion pour critiquer la création d’un Conseil pour remplacer le Guide en le jugeant contraire au principe fondateur du régime : la tutelle du guide conçue pour assurer une identité islamique absolue et monolithique au régime pour le préserver des interférences politiques (ce qui est propre à tout conseil d’Etat).

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Rafsandjani, le sauveur du régime, n’a pas osé parler contre Rayissi car en tant que chef tribunal spécial au clergé, il peut à tout moment le mettre en arrêt pour action politique contraire à la constitution, discussion avec les ennemis de l’Etat ou encore pour ses nombreux détournements de biens publics. Les autres ayatollahs siégeant à l’Assemblée des Experts sont également restés silencieux car Rafsandjani avait encore joué perso et par ailleurs, Rayissi peut aussi les mettre aux arrêts. Ainsi les intérêts antagonistes des dirigeants ont prématurément contré le plan abracadabrant de Rafsandjani pour calmer les derniers compagnons du régime et aussi pour restaurer son pouvoir.

Rafsandjani battu, Larijani a refait surface au prétexte de présider la rencontre des associations islamiques du ministère de la communication. On a alors vu un homme, peu entouré, bossu et usé par les pressions.

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Dans cette guerre interne, tous les dirigeants avaient perdu. Le Guide aussi était ridiculisé car il n’avait pas protesté contre le Conseil politicien annoncé par Rafsandjani : on devait sauver le Guide et aussi changer de ligne.

Le Guide a reçu les soi-disant militantes islamistes étrangères présentes à Téhéran pour affirmer « la résistance du régime à tout complot et toute pression car l’économie iranienne était très bien portante et le peuple Iranien était vacciné contre les sanctions ». On a ainsi oublié l’« intérêt des Américains à conserver le régime » pour revenir à l’hostilité bête et méchante. Au-delà du réajustement du discours et l’élimination de la tentative de retour de Rafsandjani, on a vu moins de « militantes étrangères » que la veille : certaines figurantes avaient lâché le régime entre temps déçues par son incapacité à trouver une solution pour survivre.

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La cohésion des dirigeants, leurs forces, leur état de santé ou le nombre des militantes du régime sont des indicateurs pour les derniers compagnons ou les derniers serviteurs du régime. La journée avait été marquée par des mauvais indices. Le régime devait fournir de bons indices à ses derniers serviteurs.

Il a d’abord annoncé une grande manifestation pro-voile à Mashad, en pensant que la principale source d’inquiétude était le manque de troupes. La mobilisation a été presque nulle.

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Le régime était bien seul : ses compagnons ont encore paniqué : il y a une nouvelle ruée vers les boutiques alimentaires et le poulet qui est un produit d’importation a encore manqué ! Le prix du poulet est monté en flèche. Comme jadis le prix de l’or et du dollar, le poulet est devenu un indicateur de la panique interne. On est passé de la panique du manque de troupes à une panique évoquant la faiblesse économique du régime !

Le régime a annoncé que la compagnie iranienne du pétrole avait accordé un contrat interne aux Pasdaran pour régler le manque d’investissements étrangers dans le secteur du forage !

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Pour calmer les inquiétudes, le régime insinuait qu’il allait contrer les sanctions, sources de pénuries et d’émeutes populaires. Mais sa réponse ne pouvait pas rassurer car un contrat interne équivaut à prendre de l’argent dans l’une de ses poches pour le mettre dans une autre poche ! Puisque la situation ne se calmait pas, il a encore oublié les sanctions pour s’occuper du stress du peuple : il a annoncé une longue liste de nouveaux points de vente fixes ou itinérants de poulets pas chers pour la journée de jeudi (dernier jour de la semaine) afin de calmer cette panique susceptible de provoquer de nouvelles ruptures internes et une nouvelle pénurie provoquant une première émeute populaire.

Par ailleurs, depuis des années, les gens non liés au régime n’ont pas les moyens de manger du poulet, ils se contentent de ses abats. En parallèle avec la demande élevée de poulet au niveau des compagnons du régime, il y avait aussi une forte demande populaire d’abats. Le régime a annoncé une maladie inconnue touchant le foie du poulet pour neutraliser cette demande. Mais bizarrement, cette maladie ne touchait pas la chair du poulet car le régime avait peur de perdre encore des compagnons. Le régime devait détourner les attentions du poulet en crise, de ses compagnons : il fallait une diversion lourde : il a misé sur une bavure policière horrible : un jeune de 16 ans tué à bout portant par un policier lors d’un contrôle d’identité pendant la nuit d’anniversaire de Mahdi.

Jeudi 12 juillet 2012 (22 TIR 1391), on a encore parlé du jeune tué, mais la vedette de la journée était le poulet et la principale actu était la distribution de poulets ! Chicken’s day ! Mais la demande a été plus forte que l’offre et le poulet pas cher a vite manqué malgré des camions appelés en renfort.

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Le régime a demandé à la presse de ne pas commenter les infos liées aux sanctions et à leurs effets car cela pouvait profiter à ses ennemis.

Etant donné que Larijani (toujours en place) n’arrivait visiblement pas à mettre fin à cette crise, Rafsandjani a de nouveau tenté une percée en faisant reparler de ses soi-disant efforts extra-territoriaux pour sauver le régime. Le régime étant dans l’impasse, on était dans le chacun pour soi. Ses troupes étaient déprimées.

Larijani devait rappeler qu’il était le chef : il a annoncé qu’il présiderait la conférence annuelle : Haj (pèlerinage à la Mecque) et Economie, un prétexte évidemment pour se montrer car cette conférence doit normalement avoir lieu au moment de l’anniversaire de la révolution islamique. Son initiative n’a pas mobilisé un grand nombre de personnalités : le chef était à l’abandon.

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Washington a jugé le moment opportun pour attaquer le moral des dirigeants et des derniers serviteurs du régime. Le Pentagone qui avait ignoré les provocations balistiques du régime a déclaré qu’il s’inquiétait de ses progrès balistiques et jugeaient nécessaire l’adoption de nouvelles sactions.

Washington a également publié la liste des de nouvelles banques iraniennes qui seront sanctionnées, ainsi que la liste des entreprises écran du régime et de ses intermédiaires en Autriche, en Malaisie, à Hong Kong, en Suisse et à Dubaï. Il a aussi nominativement identifié les 58 cargos pétroliers du régime en annonçant des sanctions pour les complices internationaux du régime. Dans un article du New York Times, l’Etat américain a rappelé qu’il était dans une logique de guerre d’usure économique et allait continuer dans cette voie pendant plusieurs années ! Le régime n’avait aucune chance de s’en sortir. Plus personne ne pouvait avoir envie de rester à ses côtés. Il n’était plus question de regagner les Pasdaran, mais de préserver ses derniers fidèles.

Cela pouvait accélérer sa chute : le régime a encore parlé de la pollution mortelle de l’air à Téhéran en demandant aux gens de sortir le moins possible. Le régime avait un argument pitoyable, il était visiblement à court d’idées et bien dépassé par sa condamnation sans appel à une mort lente. Les Britanniques devaient l’aider : ils ont annoncé qu’« en 2008, leurs services secrets avaient fait le nécessaires pour empêcher les mollahs d’avoir la bombe nucléaire ». Ils ont ainsi doté le régime du savoir faire nucléaire militaire pour en faire une puissance régionale à l’abri de toute atteinte. Ils ont aussi fourni au régime un moyen pour provoquer une escalade pour obtenir une capitulation américaine ! Cette approche n’est pas inédite : depuis 2011, Londres met en avant les capacités nucléaires du régime pour l’aider à intimider ses adversaires pour mettre fin à la guerre d’usure économique de Washington.

Mais si on revient en arrière [2], on voit qu’en 2008, les Britanniques étaient sur une approche différente : on était au tout début de la guerre d’usure de Washington, les Britanniques œuvraient en douce pour une entente avec les mollahs. Cette semaine, les Britanniques étaient donc dans une pure improvisation de dernière minute pour sauver le régime qui empêche Washington d’aller vers une hégémonie absolue sur les ressources pétrolières mondiales.

Washington qui doit rester dans une guerre d’usure économique pour faire plier les mollahs a ignoré l’annonce britannique évoquant le savoir faire nucléaire du régime. Mais il a aussi décidé de le contrer durablement en faisant annoncer par un de ses experts, David Albright, que l’on pouvait « saboter les usines nucléaires du régime à distance avec des virus informatiques » : Washington insinua qu’il avait le moyen d’aller discrètement au-delà des sanctions. On peut cependant en douter car Washington l’aurait alors utilisé contre les Nord Coréens. C’était là une réponse aux manœuvres britanniques. D’ailleurs dans la foulée, il n’y a pas eu d’attaques virtuelles explosives, mais une frappe punitive financière : Washington a bloqué en Egypte 7 millions de barils iraniens en transit maritime vers la Turquie.

Cette journée avait bien mal commencé avec le renforcement de la pénurie du poulet, elle se terminait mal sur l’échec de ses amis britanniques et la confirmation par les Américains de la poursuite inlassable de leur guerre d’usure économique contre le régime. La panique a regagné les derniers compagnons du régime.

Vendredi 13 juillet 2012 (23 TIR 1391), on n’a vu aucune photo de la Prière de Vendredi. Dans sa panique, sa division, son épuisement, le régime a oublié ce rendez-vous hebdomadaire synonyme d’unité et de force. Le régime a meublé le vide en parlant des vacances au bord de la mer Caspienne, mais encore une fois, la vedette de la journée était le poulet : on a aussi eu enfin une image amateur des amies BCBG du régime, gantées, avec de jolis foulards et de jolis sacs se bousculant pour du poulet congelé (la photo a été prise par un agent du régime posté sur un des camions distributeurs). C’est là une image que l’on voit dans des villes sinistrées. Normal, le régime se meure.

[1Les faux opposants verts sont restés silencieux avant de s’installer à Londres, comme jadis en 1906, les mollahs s’exilaient à l’ambassade britannique après leurs agitations politiques lors de la révolution constitutionnaliste (d’inspiration islamiste) souhaitée par Londres.