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Iran : La semaine en images n°144
21.11.2010

La principale information iranienne chaude de la semaine dernière a été les manœuvres militaires pendant lesquelles les mollahs ont fait état de progrès inouïs en matière de défense aérienne. Téhéran a notamment annoncé qu’il avait en sa possession un système de missile du même niveau que le S-300. Il insinuait ainsi qu’il pourrait frapper en toute impunité Israël via le Hezbollah pour punir Washington. Les images officielles des manœuvres ne font état d’aucun progrès. Il s’agissait d’une nouvelle provocation pour engager Washington dans une escalade afin de le contraindre à abandonner la partie par peur d’une guerre dans laquelle il aurait beaucoup à perdre. L’objet des annonces était donc de se débarrasser des sanctions qui ont ruiné le régime provoquant la rupture des Bazaris et des bassidjis, la milice conçue pour contenir le peuple. C’est pourquoi dimanche, le jour de l’annonce des manœuvres, Ali Larijani, qui espère devenir le patron du régime en prenant la place de Rafsandjani au sein du Conseil de Discernement, avait la banane. Sa joie découlait du fait que deux jours plus tard, en plein milieu des manoeuvres, Ahmadinejad, le représentant du régime, devait aller à Bakou, terre pro-américaine, pour participer à une conférence internationale sur le statut juridique de la mer Caspienne d’où il pouvait répondre vertement aux Américains pour amplifier la crise naissante. Les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Les médias occidentaux ont évoqué les progrès militaires inexistants des mollahs, mais les Américains ont profité de l’occasion pour écarter les frappes militaires et affirmer leur attachement aux sanctions pour parvenir à des négociations. A Bakou, Mahmoud a perdu son sourire. La facture s’est alourdie en fin de semaine quand la capacité balistique imaginaire du régime a été envisagée comme le prétexte pour l’OTAN de déployer en Europe son nouveau bouclier anti-missile ! Cela vise évidemment la Russie, mais au passage, Téhéran ne pourrait plus agiter sa capacité à provoquer une guerre pour pousser Washington à capituler. Voici les images d’une semaine tactique qui s’est terminée par un flop déprimant pour le régime.



Il y a une semaine Téhéran refusait le dialogue ce qui a poussé Washington à lui infliger des punitions diplomatiquement humiliantes. Normalement, dans ce genre de cas, Téhéran s’adoucit pour un certain temps afin de surprendre son adversaire. Cette semaine, il a immédiatement attaqué à nouveau sur le front de la provocation car il a été confronté à un contexte intérieur très défavorable. Il devait montrer son autorité.

la provocation en général et en particulier cette semaine | Depuis le début de la crise nucléaire iranienne, la provocation nucléaire et militaire a toujours été un outil privilégié par les mollahs quelle que soit l’attitude de Washington : qu’il les sanctionne ou qu’il multiplie les offres de dialogue et d’investissements en Iran. Cela est dû au fait que Téhéran ne veut en aucun cas de la réconciliation proposée par Washington car cela l’obligerait à autoriser le retour en Iran des pions islamistes de Washington qui pourraient prendre le pouvoir de l’intérieur. La provocation a été et reste un acte impératif pour rendre impossible un dialogue qui mènera à la perte du pouvoir.

Le dialogue est une menace pour le régime. Ce dernier utilise également la provocation, notamment sa capacité à provoquer une guerre afin que la menace de fermeture du détroit d’Ormuz pousse Washington à reculer.

Face à cette stratégie basée sur la provocation, Washington a toujours esquivé les provocations en minimisant la puissance militaire du régime tout en renforçant régulièrement ses sanctions pour priver l’économie étatique des mollahs des devises nécessaires pour approvisionner le marché notamment l’achat de carburant nécessaire pour la production d’électricité. Il pensait que la perspective de pénuries susceptibles de dégénérer en soulèvement ou en révolution pousserait les mollahs à accepter le processus de transition du pouvoir.

Il n’en a été rien. Les mollahs ont gelé les salaires et commencé à supprimer les prix subventionnés pour baisser de force la consommation afin d’habituer les Iraniens à vivre sous embargo et ils ont continué leurs provocations. Leurs mesures cyniques qui ne touchaient pas la classe dirigeante ont provoqué la rupture de leurs alliés intérieurs : les miliciens qui s’étaient engagés pour le salaire et pour les aides alimentaires, ainsi que les Bazaris qui dépendent de la consommation. Les mollahs n’ont pas modéré leur approche. Bien au contraire, ils ont accéléré le nombre des provocations et ont sans cesse changé de méthodes pour coincer Washington dans une escalade surtout à chaque fois qu’ils constatèrent un affaiblissement sur le plan intérieur.

Le premier changement a été de se montrer plus explicite en évoquant la possibilité de couler les pétroliers occidentaux quand les anciens alliés du régime, les miliciens et les Bazaris ont pleinement boycotté l’anniversaire de la révolution islamique en février 2010.

Ces menaces de guerre des pétroliers n’ont pas été prises au sérieux car dans le même temps, le régime cherchait désespérément à acquérir le système de défense anti-missiles mobile S-300 sans lequel il est bien démuni face à une frappe punitive.

C’est pourquoi il y a exactement un an, à l’occasion de la plus grande manœuvre militaire de tous les temps en Iran, le régime a axé ses annonces militaires sur sa capacité à produire une DCA 100% iranienne aussi performante que le système mobile S-300 refusé par la Russie. Les images de cette DCA a ridiculisé le régime car il s’agissait de missiles Hawk acquis dans les années 70 par le Shah. Le régime a tenté d’effacer cette erreur en fabriquant des camions qui imitaient le système mobile S-300. Mais l’absence de test et surtout l’insistance pour obtenir ce système ont confirmé qu’ils avaient menti. Pour effacer cette erreur, le régime a évoqué sa capacité de couler des pétroliers au risque de sacrifier des bataillons de sous-marins.

Cette fuite en avant a détérioré les relations avec les forces dissidentes de la milice et du Bazar. Le régime a baissé d’un ton pour éviter de plus grosses pertes. Il a alors changé de doctrine militaire pour tout axer sur ses capacités défensives allant même jusqu’à nier quelques progrès réalisés dans le domaine balistique.

La modération du ton et la nouvelle doctrine défensive des mollahs n’ont pas permis au régime d’endiguer la perte de ses troupes : ces mesures ont seulement montré sa peur. Le boycott des manifestations officielles est devenu plus affirmé et plus global. La passivité affichée des Bassidjis a permis à la grande majorité des Iraniens qui rejettent désormais le régime mais aussi l’Islam à boycotter les manifestations religieuses pendant le Ramadan, surtout la grande prière a la fin de ce mois.

Puis toujours grâce à la passivité des Bassidjis, le Bazar a pu déstabiliser momentanément le régime par deux longues grèves tactiques. Le régime a tenté de recruter de nouveaux miliciens, mais les jeunes refusent de s’engager. Il a de fait jeté son dévolu sur de jeunes enfants. On les vus il y a deux semaines lors de la commémoration de la prise en otages de l’ambassade américaine qui doit normalement être la journée de manifestation des Bassidjis.

Cette semaine, le régime s’est lancé ce mardi dans une provocation balistique puissante car il a été face à deux défis liés à la démobilisation de sa force de frappe.

1er souci | Tout d’abord ce mardi s’achevait le pèlerinage du Hadj et dans les pays qui se disent islamiques, les gens se rassemblent dans les rues pour prier ensemble. Après le boycott populaire du Ramadan, Téhéran devait masquer la démobilisation populaire qui pourrait le priver du leadership du monde musulman.

2nd souci | Par ailleurs, la semaine prochaine il doit célébrer la Semaine d’hommage aux Bassidjis. Sur le papier, il y a deux ans, il affirmaient que ces jeunes fidèles à sa cause sont 9 millions ! il parle à présent d’1 million. Le régime peut changer indéfiniment les chiffres, mais il sait qu’une Semaine de Bassidj sans les Bassidjis confirmera son incapacité à contenir un nouveau soulèvement.

Ce soulèvement reste hypothétique car les Américains et leurs alliés font leur possible pour afficher leur soutien à de faux opposants qui ne veulent pas d’un changement de régime. Pour les Iraniens, cela veut dire que les Occidentaux leur tournent le dos comme durant l’été 2009. C’est plutôt dissuasif. Mais l’absence des bassidjis aux côtés du régime ouvrira néanmoins des portes. C’est pourquoi cette semaine, le régime a fait le maximum avec l’annonce d’une nouvelle plus grande manœuvre aérienne de l’histoire de la république islamique du mardi 16 au jeudi 18 novembre inclus afin de parvenir sinon à une escalade guerrière du moins à une escalade verbale avec les Etats-Unis.

L’opération a commencé dimanche. Pour tester l’intérêt des médias occidentaux (savoir s’ils esquiveraient ou pas), quelques heures avant l’annonce du commandant en chef des forces aériennes des Pasdaran, le régime a annoncé des manœuvres aériennes de défense autour des installations nucléaires. L’info a été docilement répercutée. Cette disponibilité a donné le sourire aux mollahs. On a ainsi vu Ahmadinejad en train de rire à gorge déployé avec Larijani qui dans le jeu de rôle du régime prétend être son ennemi (il est en l’occurrence son chef en tant que membre permanent du Conseil de Discernement, organe plénipotentiaire qui décide de l’ensemble des politiques du régime dans tous les domaines).
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Lundi, on a vu la même joie de vivre lors d’une conférence sur les modalités de la suppression des prix subventionnés alors que le régime appréhende l’application définitive de cette mesure.
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Mardi, le jour prévu pour la prière de la fin du Hadj, le régime a commencé le tir ininterrompu d’annonces militaires. La mobilisation a été très faible. A Machad, seconde ville du pays qui est un lieu de pèlerinage, aucun homme ne s’est rendu à la prière dans la cour du mausolée d’Imam Reza ! il n’y avait que des femmes. Cela ne veut pas dire que les femmes sont plus religieuses : elles sont plus pauvres que les hommes surtout quand elles sont célibataires ou divorcées.
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A Téhéran, le régime a pu seulement bloquer l’avenue Saadi qui fait une quinzaine de mètres de largeur sur une longueur réduite dans une grande indifférence des passants et sous les regards énervés des livreurs à moto.
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A Karaj, grande ville de banlieue de Téhéran, il y avait 150 personnes dans une mosquée obscure !
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Mais on n’a vu personne à Qom alors qu’il a trois semaines, le régime avait fait état d’une mobilisation fleuve dans cette ville pour la venue du Guide ! Nous rappelons qu’ils n’étaient pas des dizaines de milliers à Qom, mais 2 à 3000. Ils étaient cette fois réunis à Téhéran dans la grande salle de prière du Guide et jouaient cette fois le rôle de visiteurs venus d’Ispahan, une des villes qui s’est le plus distinguée dans le boycott et la résistance au régime.

Ce mardi, le régime a encore perdu la face. Tout le monde a vu qu’il était isolé. Il a tenté de prouver le contraire avec des images de ses manœuvres. Le 1er jour, nous avons vu des vidéos d’avions. En les regardant en boucle, un fait nous a sauté aux yeux : ils ne tiraient aucun missile ! Il s’agissait donc d’images d’archives. Ce qui a mis le doute sur la présence d’avions à ses manœuvres qui devaient initialement être consacrées à la présentation des systèmes inédits de DCA (missiles couplés à des radars).

mercredi | C’est au deuxième jour des manœuvres, le mercredi 17 novembre, à la vue des images des derniers produits présentés par le régime comme des nouveautés que les choses sont devenues un peu plus claires : il n’y avait rien de nouveau, mais les équipements déjà vus avec de nouveaux noms. L’absence de nouveautés avait poussé le régime à inventer une journée avec des avions pour présenter en deux jours son stock de missiles et de radars âgés de 10 à 40 ans !

On a ainsi vu ou revu Mesbah, la réplique iranienne du canon russe ZU-23 qui date de 1950 avec son radar Skyguard.
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On a également revu les batteries de missiles Hawk achetés par le Shah en 1972 avec leur radar de veille et d’acquisition l’AN/MPQ-35.
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Celui-ci est un radar de site de longue portée installé par les Américains à l’époque du Shah, pas loin de Hamedan.
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Cette fois, le régime a tiré aussi deux exemplaires de la réplique iranienne du FM-80 chinois, lui-même une copie du crotale français, missile sol-air de courte/moyenne portée qui peut abattre les aéronefs à basse altitude.
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On a enfin revu toutes les mêmes images d’archives dans une nouvelle vidéo ce même jour !
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Avant même le déploiement de ses risibles équipements, Washington avait rejeté le recours à l’option militaire et il avait insisté sur le dialogue par l’intermédiaire du ministre américain de la défense Robert Gates pour calmer les ardeurs de Téhéran. Après cette seconde journée, Washington a renouvelé cette prise de position via le chef d’état-major interarmées américain, l’amiral Michael Mullen.

Jeudi, le président du régime des mollahs devait se rendre à Bakou pour le sommet des Etats riverains de la mer Caspienne, une occasion unique pour parler devant des médias internationaux pour provoquer un clash.

Téhéran a alors longuement insisté sur ces radars avant de clore ce spectacle militaire provocateur par l’annonce de la création d’une réplique améliorée du missile S-200 capable de remplacer les S-300 refusés par Moscou et il a diffusé ces images d’un missile S-300 classique que l’on a déjà vu à de nombreuses reprises dans cette position dans sa robe délabrée.
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En dehors du fait que les images du tir peuvent provenir des archives du régime, l’annonce a dû bien faire rire les Américains car selon notre spécialiste, « il n’y a pas réellement de lien entre ces Radars et le S-200 ». Par ailleurs, selon cet expert, « la différence entre le S-200 et le S-300 est avant tout doctrinale et technologique : alors que le S-200 est fixe, lourd, prévu pour abattre des bombardiers lourd de la seconde guerre mondiale, le S-300 est relativement mobile, agile et prévu pour abattre toute menace aérienne (avion, hélicoptère de combat, missile de croisière, drone). Il n’est pas possible de faire un « upgrad » au S-200 et prétendre qu’il est aussi efficace qu’un S-300. Mais un S-200 modifié, plus mobile est toujours plus efficace que sa version fixe, extrêmement vulnérable ». Cependant, Téhéran n’a pas présenté un modèle mobile du S-200, mais un modèle normal posé sur son lanceur figé sur des rails comme il y a exactement un an. Etant donné qu’il est un habitué des transformations de carrosseries, de missiles ou d’avions achetés en Russie, l’utilisation d’un modèle original délabré laisse supposer qu’il n’avait pas prévu l’exercice et a dû improviser après le silence américain.

L’opération de provocations a donc été un échec. Ahmadinejad a perdu son sourire pendant la conférence des pays riverains. De plus, pour le moucher davantage, un journaliste azéri lui a demandé de s’expliquer sur sa présence en Azerbaïdjan alors qu’il entretenait de bonne relation avec l’Arménie qui occupe une grande partie de ce pays. Mahmoud a cherché à esquiver, mais l’insistance du journaliste l’a obligé à écourter sa conférence de presse en affirmant qu’il avait d’autres obligations !
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Ce samedi (début d’une nouvelle semaine en Iran), à quatre jours du début de la Semaine du Bassidj, le régime a convoqué Borhan-oddin Rabbani, le responsable historique de la branche afghane des Frères musulmans (alliés historiques des mollahs islamistes iraniens). Le vieux jihadiste afghan a rencontré le secrétaire du conseil de Sécurité du régime ainsi que Larijani, le futur patron du régime. Les mollahs préparent peut-être des coups en Afghanistan.
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Le même jour, le régime devait également organiser une première cérémonie en rapport avec la semaine du Bassidj. Il était loin du million. La semaine prochaine, il devra se surpasser en agitation médiatique. Nous avons hâte d’y être.
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