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Iran : Téhéran impose sa gestion de l’info 14.07.2009 Pour donner une nouvelle légitimité à la révolution islamique et son refus de compromis tous azimuts, le régime a décidé de déclencher le 13 juin une révolution verte. L’opération lui a échappé du 15 au 25 juin : les Iraniens sont descendus massivement dans les rues et ont pu informer le monde de leur révolte via la diffusion de vidéos de leurs exploits. Après avoir calmé la révolte, pour pouvoir reprendre le processus de révolution verte, la première décision du régime a été de prendre en main la gestion de l’information, ce qui sous-entend la gestion du nombre des morts, des blessés, des arrêtés, des dates… La désinformation est omni présente. La polémique | Le 13 juin, le régime voulait simuler une révolution verte, pour avoir l’air démocratiquement islamique et révolutionnaire, mais en moins de 48 heures –le 15 juin-, l’opération lui a échappé pour devenir une révolte nationale qui a duré jusqu’au 25 juin. Depuis quelques jours, il y a plusieurs articles dans la presse française sur les arrestations pendant les récentes émeutes en Iran. Dans ces articles écrits par des journalistes proches du régime, il est uniquement question d’arrestations les 13 et 14 juin et aussi le 27 juin (c’est-à-dire avant ou après la révolte nationale contre le régime). Ce choix correspond à une volonté du régime de relier les victimes de répression uniquement à sa révolution verte et à rien d’autres.
Insistance renouvelée sur le 13 juin par Delphine Minoui | Dans un article écrit le 6 juillet 2009, sur la base cette fois des témoignages de 2 médecins iraniens, Delphine Minoui a évoqué 92 morts par balles, mais en précisant que ces nouvelles victimes répertoriées avaient été tuées les 13 et 14 juin, pendant ces journées où elle-même dans ses chroniques [5] du moment n’avait pas parlé de coups de feu dans les rues ! Etant donné que dans cet article du 6 juillet, elle devait quand même rappeler les 17 victimes initialement admises pour la journée du 15 juin, dès le lendemain, le 7 juillet, elle avait corrigé le tir avec la publication de deux articles (que nous avions analysés) où elle avait purement et simplement nié l’authenticité du nombre des victimes de la période du 15 au 25 juin. Elle a enfin apporté la touche finale à cette désinformation, en post-datant dans son dernier article une photo de la manifestation des médecins au 14 juin au lieu du 16 juin !
© WWW.IRAN-RESIST.ORG © WWW.IRAN-RESIST.ORG La tendance est persistante dans la presse française, car on ne parle plus des victimes du 15 au 25 juin où le régime a ouvert le feu sur les manifestants, mais uniquement des manifestants tués les 13 et 14 juin, dates officielles du démarrage de la révolution verte. Idem pour les personnes arrêtées, les dates prises en compte sont les 13 et 14 juin et le 27 juin, nouvelle date dans le processus de la révolution verte. © WWW.IRAN-RESIST.ORG Un autre aspect complémentaire de cette désinformation | Ce choix très peu professionnel fait par certains journalistes français est chahuté par la nouvelle de la mort de Sohrâb Aarâbi, un lycéen de 19 ans arrêté le 15 juin et décédé sous la torture le 10 juillet. C’est simple, on n’en parle pas. On change de sujet pour parler de la lettre ouverte écrite par un gros bonnet du régime, Mohsen Rezaï qui a « mis en garde contre l’effondrement du régime ! » On aura sans doute droit à un article de l’ineffable Delphine Minoui sur cette lettre ouverte où elle nous parlera encore de la guerre interne au régime pour justifier la révolution verte. © WWW.IRAN-RESIST.ORG Or, Rezaï est le n°2 du Conseil du Discernement de l’Intérêt du Régime (CDIR), le cabinet noir où tout se décide en Iran. La « mise en garde contre l’effondrement du régime » fait partie du scénario de la révolution verte. Cette lettre n’est pas d’ailleurs la seule écrite par un membre de ce cabinet noir cette semaine. Hassan Frouzabadi, chef d’Etat-major de l’ensemble des forces armées du régime et nouveau membre à vie du CDIR a écrit aussi une « lettre ouverte à l’imam caché » où il assure son « cher Mahdi » que ses « forces tiendront jusqu’au bout face aux contestataires ». Il n’y a pas lieu d’analyser ces lettres publiques si l’on oublie de préciser qu’elles émanent d’un même organisme, le cabinet noir d’un régime qui souhaite mettre en scène une guerre interne pour justifier la révolution verte. © WWW.IRAN-RESIST.ORG La gestion de l’info est au centre des préoccupations du régime des mollahs. Cette gestion est principalement orientée vers les médias occidentaux pour la promotion de la révolution verte, opération jugée vitale pour l’avenir du régime. Cette gestion axée vers l’Occident passe par l’effacement des traces médiatiques ou historiques de la révolte du 15 au 25 juin, l’attribution des morts (ou martyrs) aux seules dates de la révolution verte, annonce d’arrestation de supposés modérés pour un recentrage des analyses politiques sur la révolution verte comme étant l’émanation d’une guerre interne entre des modérés et des ultras. © WWW.IRAN-RESIST.ORG Pour une pleine réussite de cette désinformation,Téhéran a aussi besoin de garder la foule anonyme du 15 au 25 juin loin des rues pour livrer la ville à ses propres manifestants professionnels aux gestes théâtraux et aux slogans très précis qui posent pour les photographes des agences AP et AFP. © WWW.IRAN-RESIST.ORG © WWW.IRAN-RESIST.ORG
| Mots Clefs | Institutions : Désinformation et fausses rumeurs | | Mots Clefs | Auteurs & Textes : Delphine Minoui |
| Mots Clefs | Résistance : Manifestations hostiles au régime |
[1] Des médecins manifestent le 16 juin devant leur hôpital à Téhéran
[2] Grégory Philips et Nédâ | [3] Le reportage de Sepideh Farkhondeh | [4] Sepideh Farkhondeh invitée de France info | [5] Archives des chroniques de Delphine Minoui | Facebook
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