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Obama : L’Iran ne veut pas desserrer le poing
28.01.2009

Tout le monde veut dialoguer avec l’Iran et plus précisément avec les mollahs. Hier, le bal des amabilités a été ouvert par Susan Rice, la nouvelle ambassadrice américaine à l’ONU, qui a parlé de la poursuite d’une « diplomatie vigoureuse » accompagnée de « diplomatie directe », puis Obama a repris une phrase de son discours : « serrer la main qui ne s’avance pas en poing fermé » et finalement, Hillary Clinton a opté pour un récapitulatif de tous ces propos. A juste titre, pour Téhéran, ce discours ressemble beaucoup à celui de George Bush.



Le jugement des mollahs reflète la vérité. Pour s’en convaincre, il faut passer en revue les propos diffusés ces dernières 24 heures, plus particulièrement ceux de Susan Rice.

« Nous demeurons profondément préoccupés par la menace que constitue le programme nucléaire iranien pour la région, pour les Etats-Unis et pour la communauté internationale tout entière. Il nous tarde de nous engager dans une diplomatie vigoureuse, qui inclura une diplomatie directe vis-à-vis de l’Iran, ainsi que la poursuite de notre collaboration et partenariat avec le P5+1 », a déclaré Susan Rice.

La diplomatie vigoureuse dont parle la nouvelle Rice est évidemment celle des sanctions unilatérales décidées par les Américains, mais aussi le soutien à des groupes armés séparatistes comme le PKK ou encore le Jundallah. Il s’agit d’infliger un coup contre les mollahs et dans la foulée leur proposer un dialogue. D’ailleurs, la nouvelle proposition d’Obama est tombée quelques heures après une embuscade du Jundallah contre des miliciens des Pasdaran. Dans les dernières semaines de la transition avec Bush, les démocrates ont aussi encouragé et laissé faire l’opération coup de poing contre le Hamas, bombardements pendant lesquels ils n’ont cessé de proposer une reprise du dialogue aux mollahs.

Cette tentative palestinienne très vigoureuse et le refus persistant des mollahs d’accepter une reprise de dialogue (même sans des conditions préalables) les a convaincus que le processus serait très long. Ceci explique qu’Obama reparle d’une collaboration avec le P5+1 après qu’en juillet 2008 il ait annoncé sa décision de rompre définitivement avec ce processus via des intermédiaires incapables. C’est un repli pragmatique : Washington a besoin des Six, c’est-à-dire, plus spécialement, des 5 membres permanents du Conseil de Sécurité pour leur vote au sein de ce conseil afin d’adopter de nouvelles résolutions onusiennes qui légitimeront ses propres sanctions unilatérales.

Cette politique est celle de George Bush, ce qui explique le jugement désabusé des mollahs. Ces derniers l’ont même dit haut et fort à la une de Keyhan (ci-dessous), le principal quotidien iranien : « Obama marche sur les traces de Bush ». L’édito qui accompagne ce titre affirme que la nouvelle Rice parle comme la précédente.

© WWW.IRAN-RESIST.ORG

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Deux jours avant cette « une » cynique, un autre quotidien du régime, Ressalat (Sacerdoce), avait affirmé que « ce poing fermé était le seul capital du régime et que ce serait une folie de céder quand on n’est pas sûr de ce que l’on obtient en échange ».

C’est d’ailleurs le point central de cette affaire : les mollahs savent que les Etats-Unis ont besoin d’une entente avec leur régime et qu’il leur faut monter les enchères. Le moyen le plus efficace dans ce domaine est de faire traîner les choses. C’est dans cette perspective et pour retarder toute reprise de dialogue que les mollahs ont lancé hier un slogan négationniste comme sous Bush, pour tester la détermination de leur adversaire américain.

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Pour en savoir + :
- Iran : Obama, le candidat de la rupture !
- (10 JUILLET 2008)

| Mots Clefs | Décideurs : OBAMA |

| Mots Clefs | Enjeux : Rétablir les rel. avec les USA & Négociations directes |

| Mots Clefs | Enjeux : Garanties Régionales de Sécurité : le DEAL US |

| Mots Clefs | Décideurs : P5+1 (les Six) |

| Mots Clefs | Institutions : Diplomatie (selon les mollahs) |