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Iran : Evine, son Hacking
& ses secrets toxiques !

29.08.2021

Les médias du régime des mollahs, d’opposition et d’Occident évoquent en ce moment le hacking des caméras de surveillance de la principale prison iranienne, Evine, et la divulgation des images sur les dures conditions de vie des prisonniers, de droits communs ou politiques, sous le régime des mollahs. De nombreux détails laissent supposer qu’il s’agit d’une opération du régime lui-même !




© IRAN-RESIST.ORG

Nous affirmons avec certitude que ce hacking (dont on voit ci-dessus un court extrait) est une complexe opération de désinformation du régime [1] et avec son concours, et ce tout d’abord pour plusieurs raisons qui proviennent de la forme de cette news et de sa diffusion.

Primo, les caméras de la prison ne sont pas connectées à Internet. Deusio, en supposant que les hackers et leur forfait aient existé, ils n’auraient pas pu extraire des fichiers vidéos très lourds (de plus de 500 mega en cumulant les extraits diffusés que l’on voit actuellement), car la vitesse de connexion en Iran est extrêmement faible et la vitesse d’upload l’est encore davantage surtout depuis que le pays est en effervescence. De plus, il y a chaque jour de longues coupures d’électricité qui empêchent toute connexion stableet avortent les transmissions de fichiers, quels qu’ils soient.

Tertio, ces fichiers (ci-dessous la totalité) ont été exclusivement adressés à la télévision Iran International qui prétend être dans l’opposition, mais elle est dirigée par un membre de la milice des Gardiens de la révolution.

Enfin quatrième point douteux : aucun des médias du régime n’a remis en cause la réalité de ce hacking alors qu’habituellement ils ignorent toutes les images « volées ».

Pour ce qui est du fonds, les Hackers se référaient à Ali le saint des chiites comme un grand justicier alors que les Iraniens abhorrent toute référence positive à l’islam. Enfin, les hackers disaient cibler uniquement Raissi, ex-chef du pouvoir judiciaire du régime, et non le régime et tous ces dirigeants. Ils affichaient même de la sympathie pour les matons, prétendant qu’ils étaient victimes des forces anti-émeutes.

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Nous avons immédiatement conclu que le régime voulait montrer une forte capacité de répression alors qu’il manque justement de miliciens fidèles dans ses forces anti-émeutes et n’a pu mater la grève des ouvriers pétroliers [2] depuis deux mois et le récent soulèvement à Khouzestan [3]. Ce mouvement s’est calmé, car les révoltés étaient las de se battre sans le moindre soutien des pays occidentaux qui se disent très attachés au respect des droits de l’homme.

Sur notre compte Twitter, nous avons aussi indiqué qu’un extrait faisait l’éloge du principal faux opposant au régime [4], le vieux milicien Nourizad et nous avons signalé que la tête du monsieur avait saigné sans tacher sa chemise !

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Nous avons rappelé que par le passé le régime avait fait la même promotion de sa capacité de répression et de ses faux opposants dans un pseudo hacking à une plus petite échelle en 2008 avant de revenir à des formats plus sûrs de faux témoignages radiophoniques ou via des photographies "poignantes" [5].

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Ce faux hacking et ses vidéos (dont certaines sont vraies) ne sont pas les seules tentatives de désinformation du régime sur l’état de ses forces ; tous les jours, il y a des vidéos informes ou mal cadrées où l’on ne voit rien, mais une ou des voies off insinuent que le régime est en train de déployer d’importantes troupes contre un ou plusieurs manifestants et que les gens présents ont trop peur de se révolter ou d’aider les personnes en danger !

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Ces vidéos sont faciles à démasquer. De plus, la poursuite des grèves en cours et celle des routiers qui vient de commencer sans l’ombre d’un milicien pour les empêcher attestent que le régime n’a aucune capacité à se défendre. Les hausses continuelles des taux du dollar (+17% en une semaine) et de l’or en Iran prouvent aussi que les collaborateurs du régime ne croient pas à sa prétendue capacité de répression et de résilience.

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Mais les Anglais, patron historique des mollahs organisés en clergé, protecteurs de leur régime, mais fâchés en raison de leurs efforts et envies de s’entendre avec les démocrates, ont profité des vidéos soi-disant hackées pour les signaler comme la preuve des graves violations des droits de l’homme par les mollahs, "le sommet visible de l’iceberg", pour demander des sanctions contre eux (sans les renverser pour autant) et ainsi empêcher le deal qu’ils espèrent avec Biden [6] et ses copains démocrates et les forcer à revenir dans le camp anglais ! Les organes humanitaires de ces derniers se sont retrouvés contraints de blâmer aussi les mollahs...

Les Français [7], fidèles vassaux des démocrates, ont produit des articles précisant que la prison était construite par le Shah [8], mais ils ont oublié ce qu’avait été Evine et ce qu’elle est devenue.

La prison d’Evine est l’œuvre d’un grand architecte iranien (Amir Nosrat Monaghah) et avait été conçue après 10 ans d’études selon les normes humanistes en vigueur dans les années 70 pour très peu de prisonniers. Elle comportait une centaine de cellules individuelles avec une fenêtre ouvrante et dotée d’un lavabo et un wc de type occidental pour des prisonniers politiques (généralement des mollahs intégristes ou des terroristes d’extrême gauche entrainés en Libye), des cellules collectives de pour 30 prisonniers de droits communs et un grand nombre d’équipements, dont un hôpital, une bibliothèque et des ateliers, pour former les détenus pour pouvoir exercer un métier après leur libération. La prison prévue pour environ 420 détenus n’a jamais été pleine et les prisonniers avaient droit à la visite des inspecteurs de la Croix rouge internationale sans la présence d’officiels Iraniens.

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Plan masse : 1er bâtiment, les cellules, puis les équipements


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Plan du 1er bâtiment.


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Les cellules individuelles (au moment de la victoire de Khomeiny).


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Mais tout a changé avec les mollahs : la prison d’Evin hébergent actuellement 15000 personnes. Les mollahs ont supprimé les ateliers de nombreuses chambres de l’hôpital pour les transformer en cellules. Ils ont aussi entassé 12 prisonniers dans les cellules individuelles en supprimant les sanitaires pour mieux torturer les détenus. Ils ont mis 120 personnes dans des cellules collectives prévues pour 30 personnes ! Ils ont évidemment supprimé les visites de la Croix rouge. En raison des viols sur les prisonnières, certaines ont enfanté dans l’enceinte de la prison, les élevant sur place pendant leur détention, loin de tout confort ou hygiène, ce qui a donné lieu à des suicides souvent par immolation. Evine est ainsi devenue un bidonville carcéral mixte où la toxicomanie, la violence, la prostitution et les viols (à l’usage des dirigeants) et le sida sont au programme de ses malheureux résidents, hommes, femmes et enfants.

Jamais les Anglais, protecteurs du régime, ou les démocrates qui voulaient aussi le contrôler n’ont dénoncé les violations graves des droits de l’homme dans ce bidonville carcéral via Amensty [9] ou HRW. Comme nous l’avons écrit plus haut, les récentes critiques occidentales n’évoquent toujours pas ces violations, chacun espère exploiter ce faux pas des mollahs pour les forcer à se mettre à sa botte.

Mais les mollahs ne peuvent pas renoncer à un deal avec Biden et à faire peur pour contenir la contestation des Iraniens.

Les médias du régime ont annoncé des images à venir des hackers plus proches de la réalité d’Evine (des gens dormant par terre et des viols des prisonnières par des VIP dont le frère de Rohani qui est déjà déchu et en prison). On a vu les détenus dormant par terre mais pas les viols cités.

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Puis, les mollahs ont clos l’affaire en affirmant qu’il ne s’agissait pas d’un hacking mais d’un vol qui sera vite élucidé. L’un de leurs médias a alors attribué le vol à l’équipe d’Ahmadinejad (que le régime veut recycler en opposant officiel). Mais en l’absence d’un plébiscite en faveur de cet idiot (dernier joker du régime)), la piste a disparu !
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Le directeur de toutes les prisons du régime a aussi présenté des excuses à tout le monde en précisant que les images montraient surtout qu’il n’y avait pas une violence systémique, mais des cas isolés qui feront objet de poursuites contre leurs auteurs.

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Le nouveau président du régime a tenté de tirer le meilleur de l’opération en évoquant la possibilité d’une visite des ONG étrangères à Evin, mais à condition que ses propres représentants puissent visiter les geôles occidentales, dont Guantanamo. Puis il a embrayé sur la présentation de son gouvernement pour s’extraire de ce bourbier médiatique grâce à de nouvelles polémiques.

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Après l’échec et les cafouillages de cette opération de hacking simulé (pour intimider les Iraniens qui les contestent massivement), les mollahs devront revenir à des formats de vidéos plus modestes qu’ils maîtrisent. Mais leurs problèmes [10] vont grandissant et sont hors de contrôle. Ils devront donc augmenter la toxicité anxiogène de leurs productions classiques et annoncer de nouvelles arrestations et détentions à Evine en attendant le deal avec Biden.

Mais alors les images floues de leur faux hacking surgiront, grâce aux Anglais, agrémentées de quelques images des vraies parties invisibles d’Evine, pour les empêcher et les abattre grâce à des sanctions pour violations des droits de l’homme et enfin un soutien occidental au peuple iranien. Le régime a fait une belle boulette en attirant l’attention sur Evine et ses secrets toxiques.

[5Désinformation | Faux témoignages et faux hackings |

[9Le cas d’Amnesty International | Une ONG au service des intérêts britanniques |

[10Institution | Economie Iranienne |