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Iran : Nouveauté : la France a inventé son propre faux opposant !
08.10.2010

Le Bazar est en grève, l’économie iranienne est arrêtée, mais les Occidentaux n’en parlent pas. Le régime est contesté : il tue de plus en plus, Il y a actuellement en moyenne 20 pendaisons par jour. Les Occidentaux n’en parlent pas non plus. Nous avons dénoncé cette attitude, ils ont été contraints d’évoquer le sujet : ils ont annoncé 8 pendaisons à Kermân, tout en oubliant de préciser l’ampleur des exécutions, mais ils ont minimisé le nombre total des pendaisons et en enfin en inventant un nouvel faux opposant pour réorienter l’attention ailleurs.



Depuis le début de l’année, le régime a annoncé plus de 226 exécutions. Celle-ci sont liées à la grève des Bazaris. Les négociants d’or, d’acier et de tissus (les principaux donateurs de Khomeiny) ont cessé de travailler il y a 14 jours. Le marché des spéculations ainsi que la construction ou encore l’habillement sont en panne. Le régime est désemparé car il n’a plus le soutien de ses troupes pour casser ce mouvement social qui paralyse son économie. Puisqu’il ne peut pas intimider les Bazaris, même en incendiant leurs équipements, il s’est mis à exécuter la population carcérale pour intimider le peuple afin d’empêcher son adhésion active à la contestation par le Bazar.

Le régime craint la genèse d’un nouveau soulèvement national, mais il n’y a toujours rien sur le sujet dans les médias occidentaux car les Etats-Unis ne veulent pas la fin de ce régime, mais une alliance pour contrôler les musulmans. L’Europe suit le mouvement car la fin des mollahs est synonyme de la fin de contrats pétroliers aux rabais accordés par les mollahs. Ensemble, les Etats-Unis et l’Europe diffusent quotidiennement des nouvelles extraordinaires pour détourner l’attention de leurs citoyens sur d’autres sujets. L’un de ses sujets est l’affaire Sakineh : on demande aux citoyens européens de sauver une personne alors que des centaines d’autres sont exécutés chaque semaine.

Nous avons sans cesse demandé que l’on accorde à tous ces malheureux la même attention et plus encore que l’on soutienne ceux qui contestent le régime. Nos « amis » occidentaux ont réglé le problème avec l’évocation de quelques pendaisons à la veille de la journée mondiale d’interdiction de la peine capitale tout en se gardant de préciser l’ampleur des exécutions. Ils ont même changé certains chiffres pour que ce régime qu’ils souhaitent préserver ne soit pas en tête de la liste des tueurs ! Ainsi, alors que le régime a évoqué 3000 condamnations à mort à la mi-année iranienne et qu’il a officiellement reconnu 234 pendaisons, l’AFP a parlé hier d’un total de 125 soit presque la moitié pour atténuer l’horreur des réalités.

Le même jour, deux grands médias français (Europe 1 et Elle -partenaire officielle de la campagne autour de Sakineh-) nous ont offert une nouvelle venue dans cette campagne qui a démarré en France : une certaine Neda Soltani (ci-dessous) qui a affirmé avoir choisi l’exile en Allemagne car « on la confondait avec Neda et on voulait la tuer ». Elle faisait référence à Neda Agha-soltan, tuée par le régime pendant le soulèvement de l’été 2009. Sans avoir aucune pensée pour cette victime ou les centaines de pendaisons de ces derniers mois ou encore la contestation actuelle, cette seconde Neda a seulement parlé du cas de Sakineh avant de préciser que « la majorité des Iraniens n’avait aucun engagement politique » (comme si le soulèvement de l’été 2009 n’avait jamais existé). Il va sans dire que les « journalistes » qui interviewaient cette femme ne lui ont pas parlé de cet autre événement qui n’a pas eu le soutien des Etats Occidentaux.

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Cette femme nous pose problème car jusque-là tous les médias avaient parlé d’une certaine Zahra Soltani (professeur d’anglais- photo ci-dessous) [1] qui s’était réfugiée en Allemagne pour dénoncer l’utilisation de son image par les médias occidentaux dans l’affaire Neda et également les efforts du régime pour l’exploiter afin de démontrer qu’il n’y avait jamais eu de meurtre. Son récit quant à la volonté du régime était logique, mais sa demande d’asile n’avait aucun sens car personne ne l’avait vue passer à la Télévision pour faire des déclarations sur Neda. Etant donné que cette Zahra Soltani ne parlait jamais du meurtre, ne versait même pas une larme pour la victime, n’exprimait rien sur l’événement qui avait secoué le pays et qu’elle parlait sans cesse d’elle-même et son envie de retourner dans son pays où elle n’avait jamais eu de problèmes, il est apparu qu’elle était une personne introduite par le régime pour parler de la dolce vita à Téhéran afin de dévoyer le débat et faire oublier Neda (la fille tuée) avec des évocations de la vie heureuse en Iran.
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On serait tenté de dire que face à l’urgence de contrer la contestation, la France a donné de grands moyens médiatiques aux mollahs afin de lancer leur agent Zahra avec un nouveau nom et un nouveau discours. Zahra a pris le nom du symbole de la contestation. Quant au discours : on a gardé le thème de la vie douce en Iran, mais avec un zeste de critique et une focalisation permanente sur Sakineh au lieu d’attirer l’attention de l’opinion sur la contestation qui se développe. La Nouvelle Neda utilisera la notoriété du modèle original pour neutraliser la contestation. C’est bien trouvé.

Ce montage a une autre caractéristique. Jusque-là, le régime avait l’exclusivité pour fabriquer et mettre en orbite ses faux opposants qui se posaient en porte-parole de la contestation pour modifier les revendications du peuple. Par la suite, les Européens aidaient les mollahs en rediffusant les mensonges de ces derniers. Mais dans le cas présent, on a eu droit au premier modèle de faux porte-parole produit hors de l’Iran avec un partenaire pétrolier européen qu’est la France. On ne peut nier le rôle de la France car ce produit mixte a déjà un carnet de conférences bien garni dans ce pays qui devra à présent assumer la promotion de sa création.

La Nouvelle Neda a promis de dire « ce qui ne tournait pas rond en Iran », ce qui veut dire que comme ses homologues iraniens, son rôle sera de modifier les revendications ou encore redéfinir les urgences pour contrer nos information sur la situation en Iran.

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conclusion | Il y a peu, alors que la contestation était très forte notamment dans les rangs de la milice ou dans les usines, le régime, qui n’a pas su casser la grève ou encore intimider le peuple, lui avait collé sur le dos un porte-parole qui reconnaissait l’existence d’une grogne. A présent, on a un spécimen qui nie l’existence même d’une contestation, des urgences pour secourir un peuple en danger. C’est grave et irresponsable (surtout pour la France).

Il faut cesser cela.

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la précédente tentative anti-contestations de l’union euro-mollahs :
- Iran : Farzad Farhangian, le porte-parole du cynisme
- (16 SEPTEMBRE 2010)

| Mots Clefs | Résistance : Grèves |
| Mots Clefs | Résistance : Menace contre le régime |

| Mots Clefs | Resistance : FAUSSE(s) OPPOSITION(s) |

| Mots Clefs | Zone géopolitique / Sphère d’influence : France (diplomatie française) |
| Mots Clefs | Enjeux : Intérêts Européens en Iran |

| Mots Clefs | Institutions : Intox, rumeurs & hoax buster |
| Mots Clefs | Auteurs & Textes : Journalistes et média Français |

| Recherche Par Mots Clefs | Fléaux : Pendaisons | [2]

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[1Affaire Zahra Soltani |

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Zahra Soltani par NYTimes

[2En Iran, plus de 111 délits sont passibles de la peine de mort : Guerre contre Dieu, trahison, espionnage, meurtre, attaque à main armée, trafic de drogue à partir de plus de cinq kilos d’opium, viol, sodomie répétée (homosexualité), adultère (par lapidation), prostitution, apostasie, troubles à l’ordre public et diffusion de vidéos privées sont passibles de la peine de mort en Iran.