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Iran : La semaine en images n°92
22.11.2009

Encore une fois, l’actualité internationale de l’Iran promettait d’être riche. On attendait la réponse des mollahs à l’offre de compromis des Six, le rapport de l’AIEA et enfin une réunion des Six sur ces deux sujets. Pour obtenir le oui des mollahs, de nombreuses médiations ont été organisées via les alliés régionaux des Etats-Unis : Inde, Turquie, Kuwait. On a même invité la femme d’Ahmadinejad à Rome pour le sommet des épouses des chefs d’Etats non alignés en la flattant au maximum sur la pertinence de son intervention ! Finalement, il ne s’est rien passé de palpitant car finalement les mollahs ont encore dit non à l’offre des Six, avant d’annoncer des manœuvres aériennes pour montrer qu’ils seraient prêts à toutes les éventualités (nous verrons les images de ces manoeuvres la semaine prochaine). En attendant, encore une fois, le présent numéro de la semaine en images vous promène dans cette actualité cocasse et peut même montrer que Téhéran n’est pas prêt à toutes les éventualités.



La semaine diplomatique a été intense : les Six n’ont pas lâché les mollahs d’une semelle ! Le bal a commencé avec la visite très discrète du 1er ministre Kuwaitien à Téhéran après plusieurs rencontres dont une avec Ahmadinejad, il a quitté Téhéran tout aussi discrètement. En fait, la rencontre avec Ahmadinejad n’a pas d’intérêt politique, les décisions sont prises par le Conseil de Discernement créé et dirigé de main de maître par Rafsandjani. La rencontre avec Ahmadinejad a une importance symbolique. Les Etats-Unis, qui sont à l’origine de ces médiations, cherchent à prouver au régime qu’ils sont mêmes prêts à serrer la main du plus médiatiquement infréquentable d’entre eux. Cette disponibilité est motivée par la nécessité pour les Etats-Unis d’une entente avec les mollahs pour avoir dans son camp le principal facteur d’agitation dans le monde arabe ou musulman.
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A Téhéran, le régime des mollahs est bien conscient de son utilité pour Washington, c’est pourquoi telle une donzelle courtisée, il se fait désirer pour obtenir des compensations élevées. Dans cette optique, il a décidé d’envoyer le plus courtisé des barbus en tournée provinciale pour faire patienter les Américains. C’était mal juger le désir d’une entente car alors qu’il était à Tabriz, Ahmadinejad a reçu la visite du ministre turc des affaires étrangères ! Une nouvelle rencontre turco-iranienne sans suite.
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On comprend la joie d’Ahmadinejad en serrant les mains de ces envoyés spéciaux de Washington. Cette joie a aussi une autre raison : son voyage à Tabriz a été un nouvel échec en termes de mobilisation. D’après des photos que nous avons reçues par l’intermédiaire d’un ami basé à Tabriz : le régime n’a pu réunir dans le stade de la ville moins de 600 personnes, qui étaient par ailleurs des écoliers ou des ouvriers bassidjis. Comparez les photos amateurs et la photo officielle (la dernière) : le stade a rétréci !
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Aimer une femme pour son intelligence | Pendant que Mahmoud faisait le beau devant son stade vide, on avait convié son épouse à Rome pour échanger ses vues avec les épouses des chefs des Etats non alignés. Pour montrer aux mollahs le degré de souplesse des médias occidentaux en matière de flatterie, on a publié une dépêche sur cette présence en affirmant que la femme d’Ahmadinejad avait fait sensation. Au-delà des flatteries, on n’en doute pas en regardant les images : les autres épouses ont fait la queue pour voir ce phénomène !
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Kamasutra pour un mollah | Parallèlement à ces œillades symboliques en direction d’Ahmadinejad, Washington a aussi essayé la carte économique en montrant qu’il pourrait autoriser la signature d’un contrat d’une valeur de 7 milliards de dollars qu’il bloque depuis des années : le pipeline Iran-Pakistan-Inde. Comme bien d’autres fois, Washington a incité les Indiens à aller vers Téhéran en espérant que Téhéran fasse de son côté le nécessaire en acceptant une réponse positive à son offre d’apaisement. Cette fois, avant la publication du rapport de l’AIEA, Téhéran a alors reçu une invitation du 1er ministre indien Manmohan Singh pour le ministre iranien des affaires étrangères, Mottaki.
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Les deux hommes se sont vus, mais il n’y eut aucune déclaration commune : il ne s’est rien passé. Parce que l’Inde sera amenée à retenter le coup dans quelques mois, Manmohan Singh a annoncé qu’il se rendrait dans un futur proche à Téhéran.

Déception et slogan | En quittant New Delhi pour Manille, une autre destination proaméricaine, l’homme des mollahs a déclaré sur un ton triomphal : « un nouveau chapitre s’ouvre pour l’Iran ». Il ne faut pas se fier à cette déclaration : c’est un slogan pour cacher la grosse déception de n’avoir pas pu signer le contrat alors que tout indiquait le contraire.

En effet, la semaine dernière, dans la dernière ligne droite avant la publication du rapport de l’AIEA, Téhéran a pu rapatrier ses réserves européennes d’or afin de renflouer ses caisses. L’or a transité à bord d’un avion belge et depuis la Belgique, un des plus importants maillons de l’OTAN. Téhéran en a conclu que Washington était dans une phase de réconciliation. Étant certain de l’issue heureuse du voyage, Téhéran a décidé de le transformer en victoire politique pour rassurer ses alliés internes, le clergé affairiste mais non politisé, les Bazaris ou encore les cadres du régime qui sont au courant des problèmes économiques et de la grogne sociale et craignent que le refus de compromis ne conduise à un renforcement des sanctions susceptibles de faire exploser le peuple.

Quand le voyage indien s’est soldé par aucune déclaration commune, il est apparu nécessaire au régime de parler d’un nouveau chapitre, promesse censée exprimer la confiance du régime, sa sérénité face aux incertitudes du futur.

Ce slogan de sérénité aurait été parfait si dans le même temps, le régime avait montré les dents pour prouver qu’il avait la capacité de contenir une explosion sociale. Or, cela n’a pas eu lieu cette semaine. D’ailleurs, cela fait plusieurs semaines que le régime ne fait plus défiler des miliciens en treillis et lourdement armés dans les rues comme il l’a fait les années précédentes. D’après les photos que nous réunissons pour cette rubrique, nous avons remarqué que le régime n’a pas de mal avec les minimes, mais avec les cadets, qui n’ont pas participé à la répression des jeunes gens de leur âge l’été dernier. Vraisemblablement, le régime aurait peur de laisser se promener avec des armes ces jeunes issus des familles démunies touchées par les sanctions et qui pourraient sauter le mur.

Cette rupture entre les miliciens cadets et le régime passée inaperçue a été mise en exergue par nos soins sur ce site, mais aussi dans notre émission hebdomadaire qui est diffusée tous les dimanches en Iran par satellite via la radio Toloo qui jouit d’une forte audience en Iran. Cette révélation a poussé le régime à se lancer dans des annonces de tenues de manœuvres urbaines des miliciens dans différentes villes iraniennes. Mais il s’agissait d’annonces non suivies de faits.

La semaine dernière, en réponse à une première émission consacrée sur Toloo à ce sujet, le régime a mis online des images de soi-disant manœuvres urbaines des cadets, mais ce n’était pas les cadets et les exercices avaient lieu en plein désert. En réponse à une seconde émission (dimanche dernier) sur cette opération bidon, Téhéran a mis online, dès lundi matin, des images de manœuvres urbaines de la milice dans un environnement plus urbain, mais ce n’est pas encore la ville, ni les cadets.
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Les cadets existent pourtant ! En fin de semaine, il y avait un événement annuel justement avec les cadets de la milice. Les images sont fort parlantes : on en a mis le moins possible en bande et les armes ont été remplacées par des fleurs ! Pour autant, quand ça chauffera, ces grands gaillards n’iront pas cultiver leurs jardins.
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