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Iran : Attention, les étudiants reviennent !
08.01.2007

Delphine Minoui, la porte-parole du régime des mollahs pour le Figaro (et pour Géo Magazine) a écrit : « La contestation gronde contre le président Mahmoud Ahmadinejad dans les universités iraniennes (notamment à l’université d’Amir Kabir - ndlr), victimes de purges menées par les ultraconservateurs ». Cependant, il s’agit d’une manipulation d’information orchestrée par les mollahs afin de prétendre que le régime n’est pas monolithique.



Pourtant, comme nous l’avons écrit précédemment, « constitutionnellement » le président n’a aucun pouvoir dans la république islamique d’Iran. C’est ainsi que le régime des mollahs utilise un malentendu communément admis en occident pour entretenir une confusion politique et tenter plusieurs manœuvres en même temps.

Si un iranien, qui plus est un étudiant, prétend le contraire sur les pouvoirs du président de ce régime, on peut estimer que soit il ne connaît pas la constitution de son pays ou bien qu’il fait semblant de ne pas la connaître. Ce show nécessairement « sur-médiatisé » s’adresse à l’opinion occidentale et non aux Iraniens.

Malheureusement, nous avons déjà écrit expliqué ceci ; vous pouvez vous rapporter à ces explications et il serait ennuyeux de les répéter, mais reste le problème posé par la correspondante du Figaro à Téhéran qui joue pleinement le jeu du régime des mollahs.

Cette femme induit les décideurs français en erreur et peut être rendue responsable des pertes des entreprises françaises qui ont investi en Iran sur la foi de ses précédents articles qui parlaient de la volonté des mollahs à négocier avec l’Europe. Au-delà de ces pertes matérielles, nous iraniens, la rendons responsable de plusieurs cas de non assistance à population en danger et de dissimulation de vérité à des ONG humanitaires. Ainsi elle consacre son énergie à promouvoir ces manipulations du régime et ne consacre aucun article aux iraniens en détresse qui seraient au moins 5 millions vivant avec 1 dollars par jour.

Cependant, l’un des intérêts de ses articles est qu’ils reproduisent fidèlement la ligne politique promue par Téhéran. Ainsi elle évoque candidement ces faux étudiants sans aucun souci de vraisemblance. Qui sont-ils ? Soit des nantis (le droit d’inscription à un trimestre = 3 mois de salaire d’un fonctionnaire), soit des miliciens bassidjis boursiers du régime. Le mythe de l’étudiant iranien issu du peuple est totalement fabriqué par le régime des mollahs et des personnages comme Minoui.

En plus ces étudiants « très particuliers » ignorent la constitution de leur pays et affirment sans aucune complexe : « Nous ne voulons pas d’une seconde révolution » ! En fait les étudiants exhibés par Delphine Minoui sont pro-régime islamique, pro-révolution islamique, anti-changement voire hostile à toute ingérence venue des opposants en exil ! Chapeau. Elle a un don pour dénicher les faux dissidents.

Cependant, il ne s’agit pas d’un montage inédit : le régime des mollahs excelle dans l’art de la fabrication de faux dissidents ou faux mouvements de contestation. Nous avions déjà des pseudo journalistes dissidents dont certains sont en Iran et les plus excellents (Ganji et Sazgara et Derakhshan) ont été expédiés aux Etats-Unis ou au Canada pour y faire du lobbying pour le « changement par l’intérieur » ou les réformes.

Cependant ceux-là ne prennent jamais partie sur les sujets les plus polémiques du régime et restent en retrait sur le négationnisme, le nucléaire, le Hezbollah, Israël etc… et quand il leur arrive de s’exprimer on constate qu’il n’y pas de différence notoire entre leur opinion et les points de vue du régime.

En dehors des faux journalistes, le régime avait misé sur des « cinéastes dissidents » qui, incapables d’exprimer une opinion différente, s’affichaient comme apolitiques. Panahi, le dernier d’entre eux, qui se dit « politisé », ne s’exprime sur aucun des sujets polémiques. Il y a donc deux tendances dans l’offre de la dissidence intérieure : l’apolitique ou le silencieux.

Il y avait eu précédemment un mouvement estudiantin sur le même modèle qui zigzaguait entre les deux possibilités sans toutefois aborder les sujets de fond. Les dirigeants de ce mouvement (Les frères Mohammadi, Batebi, Fakhr-avar et Tabarzadi) sont tombés en désuétude et le régime repart sur de nouvelles bases et avec de nouveaux figurants dont la vedette des manifestations anti-Ahmadinejad qui se nomme Babak Zamanian. Très rusé, le régime a d’emblée fixé les règles : Zamanian ne veut pas d’un changement de régime mais d’un droit à étudier en paix (dans l’université islamisée du régime) !

Nous rappelons que ces mouvements comme celui des « Juristes féministes Anti-lapidation », n’ont pas été monté pour canaliser le mécontentement intérieur mais pour lancer une OPA sur les sujets les plus polémiques et créer un front de dissidents internes qui en parlent (à sa manière) afin de couper l’herbe sous les pieds des opposants en exil. Ainsi, les juristes féministes Anti-lapidation refusent toute ingérence étrangère et sont particulièrement pro-nucléaires ! Idem pour les étudiants en colère ou les journalistes ou bloggers persécutés.

Le plus choquant est que Delphine Minoui parle avec ferveur de chaque mouvement séparément, des pressions subies par chaque agitateur, sans signaler qu’il y a un fil conducteur commun entre eux qui est leurs sentiments pro-révolution islamique et pro-nucléaire !

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| Mots Clefs | Resistance : FAUSSE(s) OPPOSITION(s) |

| Mots Clefs | Auteurs : Delphine Minoui |

| Mots Clefs | Institutions : Fausses Manifs |