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Iran : La méthode de contamination de Stuxnet est percée !
07.10.2010

Actuellement, sur la base d’informations d’origine américaine (Symantec), tous les médias occidentaux évoquent sans cesse le sabotage du programme nucléaire iranien par le virus Stuxnet qui aurait contaminé quelque 30,000 ordinateurs portables des employés de la centrale nucléaire de Bouchehr. Dans un premier article, nous avons souligné les incohérences du premier récit américain de la contamination, la machine médiatique occidentale est revenue en force avec de nouvelles expertises américaines pour évoquer exactement les mêmes conclusions. Cela nous a intrigués. En nous concentrant sur ces conclusions invariables, nous avons constaté un défaut : on parle de Bouchehr ! Or, le programme nucléaire iranien qui est sanctionné par les Américains est totalement indépendant de Bouchehr et se trouve ailleurs à Natanz, à Téhéran ou encore à Ispahan et il se porte très bien. Les auteurs de la campagne Stuxnet tentent de créer une confusion. Cela n’arrive pas fortuitement, mais à un moment où Washington qui a besoin d’une entente avec les mollahs tente d’éviter le conflit pour continuer le dialogue.



Depuis le 14 septembre dernier, le monde entier parle des atteintes au programme nucléaire iranien alors que ce programme se porte à merveille ! Les mollahs continuent les activités nucléaires sanctionnées par Washington. Ce dernier devrait normalement les sanctionner encore plus. C’est bien là le problème. Washington ne le peut pas : pas parce qu’il n’en a pas la capacité économique, mais parce qu’il avait choisi ces activités nucléaires comme un prétexte pour sanctionner les mollahs afin de les affaiblir pour les forcer à devenir ses alliés. Il n’a jamais été question de les renverser. Mais les mollahs ont refusé toutes les offres les plus conciliantes car la réconciliation permettrait aux Américains de revenir en Iran afin d’introduire leurs pions pour prendre le pouvoir de l’intérieur. De fait, Washington a dû à contrecœur augmenter ses pressions contre les mollahs, cela n’a pas assoupli ces derniers, mais cela provoqué une rupture entre le régime et Bazar qui a le plus directement souffert des sanctions. Cette entité sociale organisé qui avait aidé les mollahs contre le Shah par une longue grève générale paralysant le pays s’est lancée dans une longue grève de 20 jours en juillet dernier. Washington qui prétend aider les opposants n’avait alors rien dit en soutien à cette grève et il s’était retrouvé avec la nécessité de marquer une pause dans les sanctions pour éviter la chute des mollahs. La grève finie, Washington avait renforcé ses pressions en invitant ses alliés à diminuer leur coopération avec Téhéran. Mais le Bazar a repris sa contestation du régime : il est à nouveau en grève pour la troisième fois en moins de 3 mois. Ce qui nécessite une longue pause dans les sanctions d’où cette campagne qui d’une part fait oublier le centre d’enrichissement de Natanz (qui pose problème) en déplaçant notre attention sur la Centrale civile de Bouchehr pour pacifier le débat et d’autre part, laisse traîner des rumeurs de sabotage de l’ensemble du programme nucléaire iranien pour justifier l’absence de nouvelles sanctions. De fait, on peut dire que l’affaire Stuxnet et non le virus du même nom a été un agent de contamination des esprits et des bases de données médiatiques de citoyens occidentaux et américains.
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La technique d’altération de notre perception de la crise est simple : le tour de passe-passe. On nous parle sans cesse de Bouchehr et de la contamination de 30,000 ordinateurs portables des responsables du programme nucléaire iranien et l’on ne parle jamais de la possibilité d’une transmission du virus vers les systèmes de contrôle des installations industrielles de tous les sites de ce programme, c’est-à-dire les usines nucléaires de Natanz ou d’Ispahan. Autrement dit, le Ver Stuxnet est du genre casanier : il se plait à rester à domicile dans son château à 30,000 pièces à Bouchehr au lieu d’aller saboter le cœur du programme nucléaire iranien. Cette sédentarité étant par définition contraire à la nature de ce genre de virus, on est amené à croire que ce chiffre de 30,000 ordinateurs est un ver pour nous faire mordre à l’hameçon afin que l’on ne se pose pas d’autres questions (sur l’origine du ver et sa sédentarité). Nous avons déjà remis en cause l’origine invoquée et nous pensons que l’on peut aussi remettre en cause les 30,000 ordinateurs contaminés. En effet, ce chiffre impressionnant n’a en fait aucun fondement car la centrale de Bouchehr n’a pas 30,000 employés. Comme d’autres équipements de ce genre, il a tout au plus 300 employés de haut niveau, ce qui revient à dire qu’ils ont chacun 100 portables ! On vous prend pour des demeurés.

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Le Figaro a poussé cette manipulation au maximum en publiant la photo d’un policier devant la centrale de Bouchehr, mais en oubliant de préciser que cette photo avait été prise le 21 août 2010, jour de l’inauguration de la centrale.


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Pour notre part, nous avons dès le départ été très sceptiques quant aux origines et les exploits de ce ver casanier car ce n’est pas la première fois que l’on assiste à ce genre de manipulations qui se font via des médias très sérieux et des journalistes ou experts aux airs graves. Quand Washington avait commencé à utiliser le prétexte de la menace nucléaire iranienne, ce qui est un fantasme au vu des capacités technologiques des mollahs, il avait prétendu que ces derniers auraient assez d’uranium enrichi pour une bombe en 2005. Mais Washington n’a pas réussi à mettre en place les sanctions nécessaires pour faire plier les mollahs et comme par magie, les quantités en production ont été vues à la baisse. Ces quantités d’uranium enrichi ainsi que les équipements qui sont censés les produire ont sans cesse changé de volumes selon les besoin de Washington ou bien quand Téhéran les surévaluait pour rendre impossible tout apaisement avec Washington afin d’éloigner le spectre de la réconciliation qui lui fait peur. En fin de compte, après avoir sans cesse manipulé les chiffres, Washington a même enterré le débat sur l’enrichissement en remplaçant sa demande de l’abandon de l’enrichissement par un échange du stock iranien d’uranium enrichi à 3,5% contre du combustible à base d’uranium enrichi à 20% pour le réacteur de recherche de l’université de Téhéran. Le régime, qui s’est vu dépossédé d’un formidable moyen pour saboter l’apaisement, avait refusé l’échange en affirmant qu’il se lançait dans une seconde activité : l’enrichissement à 20% ! Cela a poussé Washington à demander un rapport à l’AIEA affirmant que les capacités d’enrichissement des mollahs étaient très limitées tant qu’ils n’auraient à leur disposition que le centre de Natanz.
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A présent, on va plus loin en tentant de faire oublier ce centre nucléaire. Téhéran, qui se distinguait par des prétentions de capacités nucléaires pour saboter toute réconciliation avec Washington ou encore pour plaire à la rue arabe, semble intéressé par cette affaire car elle le libère des promesses faites à la rue arabe. Cela lui permet par ailleurs d’arrêter et de pendre quelques opposants à un moment où la grève du Bazar ridiculise ses capacités d’intimider.
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Il n’en reste pas moins vrai que le régime des mollahs doit toujours refuser tout apaisement avec Washington et devra tôt au tard renouer avec la provocation en évoquant la hausse de ses stocks en uranium enrichi à 3,5% et à 20%, Washington devra alors trouver autre chose que ce ver casanier ou lui inventer un cousin à Natanz pour éviter de sanctionner les mollahs afin de ne pas précipiter leur chute.


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Pour en savoir plus d’un point de vue géopolitique :
- Iran : Les mauvaises informations (sur Stuxnet, Sakineh, Derakhshan et Total)
- (2 OCTOBRE 2010)

Pour en savoir plus d’un point de vue géopolitique :
- Iran : La frappe israélienne n’aura jamais lieu
- (19 Mai 2009)

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