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Le crépuscule des Business Angels du régime !
29.08.2026

Le sujet le plus hot du moment dans tous les médias du régime et des opposants est le scandale de détournements des ventes secrètes de pétrole du régime par notamment un homme de confiance nommé Momenin, présenté comme un affairiste inconnu. Mais c’est faux, et l’information tronquée de tous les médias iraniens même ceux de l’opposition en exil (« en rouge ») n’est que le sommet de l’iceberg qui va peut-être couler le régime !

Une affaire dont nous allons vous révéler des éléments historiques décisifs tirés de nos archives d’Iran-Resist.org, vérifiés avec une IA.



Dans le cadre des sanctions internationales, le régime ne peut pas vendre son pétrole sous son nom officiel. Sous la présidence de Raïssi, pion politique d’Ali Larijani, le régime a mis en place un réseau de vente par des intermédiaires issus des clans du pouvoir : le réseau Shayan.

Selon les médias iraniens, la direction de ce réseau a été confiée à deux agents des services de renseignement du régime :

« Hossein (Shayan) Aghayari, qui se présentait comme un homme d’affaires (avec un passeport supplémentaire afghan et un autre dominicain. Il est dit qu’il vivait à Londres et était chargé dès 2010 de constituer la flotte fantôme du régime en achetant 40 pétroliers et de gérer leur flux maritime via ses deux sociétés OPS & VAIO ».


© IRAN- RESIST.ORG

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« Meysam Darzinejad-Rami, avec un faux-profil similaire, serait en fait le responsable de la cellule financière clandestine du renseignement pour blanchir les capitaux, et aussi l’ex-gestionnaire de la Fondation de l’ordre de l’Imam Khomeini », organe qui a confisqué les biens privés des dignitaires d’avant la révolution islamique sur l’ordre direct de Khomeini pour enrichir son propre clan.


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Ces deux hommes devaient former l’Agence Tous Risques du régime, mettre en place des systèmes pour récolter en secret des barils et les dispatcher à leurs recrues chargées de leur vente.


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Origine intéressante des barils. Depuis toujours, le régime accorde chaque année une partie de la production pétrolière nationale à des organismes officiels qui sont en fait les caisses noires de ses dirigeants exécutifs de l’ombre [1]. Ces hauts dirigeants du régime allaient confier leurs barils (donc perso, jusque-là vendus par leurs clans à Dubaï) aux intermédiaires de confiance sélectionnés par les deux agents des renseignements financiers, Shayan Aghayari et Meysam Darzinejad-Rami.

Il y a une semaine, un rapport interne de la banque centrale iranienne [2] a évoqué que ce réseau avait gardé et détourné 20 des 110 milliards de dollars sur les ventes réalisées (sous-entendues pour le régime depuis 2021), voire la totalité des ventes (110 milliards de dollars).

Les médias du régime ont signalé l’implication honteuse des « Aghazadeh » ou « fils de » (en référence aux hauts responsables notamment religieux), mais sans s’attarder sur les détails de l’affaire ou évoquer la responsabilité et la complicité de leurs parents !

Puis, la chaîne d’info télévisée londonienne Iran-International (prétendument « opposée au régime »), mais très critiquée car ses journalistes sont issus du régime et des Pasdaran, a publié un article (de son journaliste Mojtaba Pour-Mohseni -fan de Ghalibaf-) avec des bios des accusés parfois un peu plus développées, mais en omettant cependant de signaler plusieurs détails susceptibles de pointer la complicité de leurs parents, et le rôle central d’Ali Larijani (pourtant décédé).

On ne peut accorder le bénéfice du doute aux journalistes d’Iran International qui se prétendent très bien informés.

Puis des soi-disant activistes-enquêteurs sur X ont affirmé que le réseau Shayan utilisait une entreprise nommée « #OilTrust ». Or, il s’agit d’une part d’un mot générique utilisé pour qualifier ce genre de réseau d’intermédiaires de confiance, et le mot renvoie d’autre part à une joint-venture pétro-financière américaine.

Il ne s’agit pas d’un hasard : le régime utilise de l’homonymie pour masquer ses entreprises de blanchiment ou autre, mais dans ce cas, j’ai conclu qu’il s’agissait d’une fausse piste pour écarter les importuns. Je me suis concentré sur les bios des accusés.

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BIOS FORMATÉES DES MEMBRES ET LEUR MISSION (« en rouge »)
Bios tronquées complétées quand nécessaires par des informations tirées de nos archives d’Iran-Resist.org et d’autres articles solidement documentés qui vont expliquer clairement tous les aspects de cette sombre affaire.

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« Ali Rezaei (fils de Mohsen Rezaei, ex-commandant en chef des Pasdaran », mais aussi un secrétaire du Conseil de discernement, associé du clan Rafsandjani) « devait utiliser ses relations pour faciliter l’obtention des contrats auprès du ministère du Pétrole et valider les circuits bancaires parallèles pour éviter les contrôles internes. »


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Visiblement, le projet était classé secret même au sein du régime. Généralement, ce genre de précautions signifie une intention d’enrichissement personnel des hauts dirigeants à l’insu de collègues moins bien placés.

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« Mohsen Fallahian, fils du mollah Ali Fallahian, ministre de l’Intérieur (de Rafsandjani), était chargé du hub de stockage de pétrole à Bandar Abbas. »


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« Ehsan Dastgheyb » (issu d’une famille cléricale de Shiraz connue pour son affairisme et sa corruption), « gérait la logistique depuis Dubaï, coordonnant les transferts de pétrole de navire à navire (STS) et rétribuant les intermédiaires maritimes pour falsifier l’origine du brut. »


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« Rouhollah Razavi, gendre du porte-parole du parti Jebheh Paydari / Front de Résilience (ndlr : front anti-Larijani), devait faire l’indicateur pour protéger le réseau. »


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« Sa maison dans le quartier chic de Kamranieh à Téhéran servait de quartier général du réseau », où Momenin se voyait attribuer les missions et les documents pour ses ventes.

Une participation très tactique, car il s’agissait d’un homme très secondaire d’un parti de râleurs teigneux, placé sous la direction morale du mollah Mesbah-Yazdi, le pion intégriste du clan Rafsandjani. Étant donné sa position, Rouhollah Razavi ne pouvait que surveiller discrètement les seconds couteaux râleurs du clan Rafsandjani pour les empêcher de contrarier le projet en cherchant à nuire à Ali Larijani.

Du fait de sa position secondaire, sa maison était un terrain insoupçonnable pour les réunions du réseau.

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« Mohammad-Hadi Momenin, un homme d’affaires inconnu ! ». Il dirigeait en fait avec ses frères un holding regroupant deux usines de carton et de papier d’emballage à Yazd (clan Rafsandjani), ainsi que l’exclusivité pour l’importation d’une marque taïwanaise et d’une marque chinoise d’automobile. Il a été ajouté au réseau pour la raison évidente de ses contacts asiatiques et de ses bureaux à Dubaï, à Vienne (où se trouve le siège de l’OPEP), à Taïwan et à Hong Kong. Avec l’aide de la direction du réseau, il a organisé un empire de 40 sociétés-écrans pour écouler les barils privés sortis clandestinement du pays dans l’intérêt de quelques-uns.


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« Ali Bayandorian, pas un « fils de » mais un pur technicien de la finance clandestine, avec comme spécialité la création de structures juridiques éphémères et de prête-noms pour fragmenter les paiments (récoltés par Momenin). Son rôle était de s’assurer que les flux financiers massifs du pétrole perdent toute traçabilité avant d’arriver sur les comptes personnels des membres du réseau. »


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« Ehsan Sakhaï, gendre de Mahmoud Alavi, ministre du Renseignement de Rohani » (ex-président signataire de l’accord nucléaire de 2015 proche de Rafsandjani), « a été sélectionné car il avait acquis la nationalité suisse et pouvait, en conséquence, voyager et ouvrir des comptes en Suisse et en Europe pour le transit des gains. À Dubaï, il supervisait la réception des fonds occidentaux et asiatiques vers les comptes qu’il avait créés. »


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« Ehsan Tahayyori, un cambiste de premier plan (chef du bureau de change Arz Iran/devises d’Iran). Accusé d’avoir détourné seulement 700 millions de dollars. »


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C’était un peu court. Mes archives et mes recherches ont rapidement prouvé qu’il s’agissait du maillon clé de cette affaire permettant de décortiquer l’affaire en profondeur.

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Révélations explosives.
Arz Iran n’a jamais été un bureau de change comme les autres. Il a été fondé par son père, Ali Tahayyori, un des plus importants agents de renseignement du régime. D’abord, commando parachutiste pendant 8 ans à l’époque du Shah, formé pour désamorcer des bombes, il avait déserté en 1970 pour rejoindre Mohammad Boroujerdi, l’un des principaux lieutenants-terroristes de Khomeini.

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Ensemble, ils avaient créé le groupe armé Tohidi-Saf (dont les membres ont été formés par les guérilleros d’Arafat). Sous le nom de code « Agha Mostafa (Monsieur Mustafa) », Tahayyori s’y était chargé des entraînements en Iran et des attentats à l’explosif. [3]

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En 1979, Boroujerdi, nommé à la protection de Khomeini lors de son retour en Iran, a choisi Tahayyori et Mohsen Rezaï comme co-équipiers. Dès lors, Tahayyori a connu une promotion fulgurante et rapide au sein des Pasdaran (comme Rezaï ou Rafighdoust, qui conduisait la voiture).

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Ali Tahayyori est resté dans l’orbite de Boroujerdi, alors considéré comme le commandant en chef de facto des Pasdaran. Reconnaissant ses capacités militaires, Boroujerdi l’a immédiatement recruté au sein de l’unité chargée — sous son commandement — de la répression violente et clandestine du Kurdistan, une mission qui a duré deux ans.

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Après le succès de cette opération sanglante, comme d’autres membres de son groupe, Tahayyori a rejoint les Renseignements du régime à haut niveau, en se spécialisant dans les opérations d’intelligence financière dans divers secteurs, dont plus particulièrement la pétrochimie et les bureaux de change. Il en a profité pour s’emparer de dizaines d’entreprises afin de constituer une immense fortune.

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LE CONTEXTE HISTORIQUE DU PÉTROLE À CE MOMENT

Après la révolution islamique, la compagnie nationale pétrolière iranienne (NIOC) a été subdivisée en 17 entités distinctes afin de récompenser chacun des alliés de Khomeini (et parallèlement mettre fin aux contrats en cours avec les Américains).

Lors de ce partage, la vente du pétrole dans la région du golfe Persique, qui était un marché bien mineur alors, a échu à Ali Larijani, gendre de l’Ayatollah Morteza Motahari (théoricien du régime & protégé des démocrates américains), que Khomeini avait éliminé rapidement. Il s’agissait alors d’humilier Ali Larijani, alors un jeune officier des Pasdaran.

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Morteza Motahari (avec des lunettes) toujours derrière Khomeini.


Ali Larijani, en 2e rang à droite derrière Mohsen Rezaï, commandant des Pasdaran


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Mais par la faute des sanctions, et de la difficulté des relations pétrolières avec les acteurs occidentaux du marché pétrolier, la filière du Golfe persique est devenue essentielle. Elle appartenait à Larijani. Le patron du régime, Rafsandjani, a dû composer avec Larijani.

Ali Larijani a pu accéder à des postes intéressants. Il a été nommé secrétaire du Conseil de sécurité du régime, poste auquel il pouvait se rendre à Vienne pour des négociations nucléaires, et négocier aussi avec les compagnies pétrolières qui ont des bureaux dans cette ville.

Il a confié la création de structures financières et pétrolières à son homme de confiance, le teigneux et très rusé Ali Kordan, né la même année que lui, originaire de la même région, et qui avait été son fidèle second durant 10 ans à la direction de l’IRIB (Radiodiffusion de la République islamique d’Iran).

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BIO DE KORDAN, INSPIRATEUR DU RÉSEAU SHAYAN

Ali Kordan était en fait essentiel à Ali Larijani, car il avait un don pour réseauter sans les mariages d’usage à cette fin chez les mollahs. Ce membre fondateur et officier des Gardiens de la Révolution islamique avait multiplié les postes pour se faire un vaste réseau :
d’abord procureur des tribunaux révolutionnaires notamment au Kurdistan (où se trouvait en même temps Tahayyori), il y avait tissé des liens dans les milieux judiciaires et du renseignement ;

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puis gouverneur de plusieurs provinces, il s’était créé un réseau de PME et de députés ;

puis responsable exécutif des ministères du Travail et de l’Intérieur, il avait tissé des liens avec de grands entrepreneurs, des bassidjis mais aussi des trafiquants ;

enfin secrétaire de la Haute Cour des comptes, il avait pu constituer des dossiers compromettants sur tous les patrons du régime.

C’est lui qui a choisi Larijani, alors un outsider dans le système corrompu existant. Il est devenu son homme de confiance à la direction des médias télévisés du régime, puis son éminence grise.

Il convient de préciser que chez les mollahs, les ministres définissent les grandes lignes des programmes, et ce sont les vice-ministres qui sont au contact des interlocuteurs et en charge de l’exécution des missions.

C’est ainsi que Kordan a pu réseauter en toute discrétion, échappant au radar du clan dominant des Rafsandjani, et s’associer à Ali Larijani.

Quand Larijani a eu le contrôle des négociations nucléaires, et face aux menaces de sanctions devait, en conséquence, monter des structures pour permettre la vente discrète du pétrole iranien (et le sien) via le golfe Persique, il a placé son fidèle collaborateur Kordan comme vice-ministre du Pétrole, en charge des Affaires financières et des Ressources humaines, deux postes utiles pour sa mission et aussi pour Larijani. Kordan pouvait ainsi former un réseau pour la mission, mais aussi aider Larijani à augmenter ses propres revenus pétroliers, et surtout mettre le nez dans le faux contrat gazier de Rafsandjani avec Crescent Petroleum, pour s’emparer de ses relais pétroliers et précipiter sa chute...

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Kordan fit alors appel à Ali Tahayyori, agent des Renseignements financiers, rencontré pendant la répression du Kurdistan et, en plus, spécialisé en pétrochimie et en gestion des devises.

Kordan a aussi profité de son poste pour enrichir outrageusement le clan Larijani en privatisant la puissante pétrochimie Amir Kabir AKPC, vendue à 15% de sa valeur, et le holding Bakhtar, vendu à 2% de sa valeur, à un certain Gholam Hossein Motahari-Asl patron d’une petite unité pétrochimique, un entrepreneur dont le nom n’apparaissait dans aucun registre entreprenarial ou de commerce en Iran, et a toujours bénéficié par la suite du soutien politique et judiciaire des frères Larijani. et leurs éminences grises, Kordan et Tabari.

Or en 2018, le site généraliste (Saten.ir) a publié un article qui sert de source à tous les sites d’investigation depuis cette date à nos jours (mais étant souvent liés au régime et à ses services de renseignements, ces médias omettent les points les plus essentiels de l’article initial et se perdent dans un excès de chiffres qui détournent l’attention).

Cet article initial (non signé) de Saten montrait pour la première fois le visage de Gholam-Reza Motahari-Asl et de son fils Navid (sur le site d’Amir Kabir à Mahshahr).

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L’article de Saten signalait aussi que le chef de la famille siégeait désormais à la chambre de commerce de Téhéran (ndlr : la TCCIMA que l’on qualifie de véritable Parlement du régime des mollahs). En fait il y avait été nommé grâce à une autre éminence grise de Larijani : Nahavandian, le patron de la chambre iranienne de commerce qui était enfin entré au gouvernement sous Rohani.

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Enfin, the last but not the least, l’article de Saten signalait surtout que les sociétés pétrochimiques de la famille Motahari-Asl (qui signifie Motahari d’origine) étaient dirigées par les membres de la famille Motahari !  [4]

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Ce qui signifiait que Kordan a vengé la famille Motahari avec l’aide d’Ali Larijani. Un article du site des infos/désinfos de la pétrochimiques iranienne (IPNA) datant de 2020 a signalé que cette famille bicéphale installée à Dubaï était apparentée à une famille Najafi-Asl (mot qui signifie originaire de Najaf - comme par hasard ville natale d’Ali Larijani) et les deux familles contrôlaient depuis plus de 10 ans environ 80 % de la chaîne d’approvisionnement en matières premières, de la production et de la vente de l’industrie pétrochimique iranienne. Il a qualifié le mystérieux Gholam Hossein Motahari-Asl de « général financier et acteur de l’ombre du pétrole iranien ».

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Mais cet article ne mentionnait aucune information ou photo concernant l’associé « Najafi-Asl » et ses enfants qui dirigent son empire ». Sans surprise, aucun d’eux n’a jamais fait partie d’aucune chambre de commerce iranienne, ce qui est légalement impossible par définition.

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Pour résumer, dans les années 2006-2007, Larijani a constitué un réseau pétrolier informel et occulte au sein du régime principalement pour son profit et celui de sa belle-famille. Ce réseau était composé d’Ali Larijani, Ali Kordan (éliminé en 2009 [5]), la famille Motahari (-Asl) et Ali Tahayyori en qualité de gestionnaire du taux de change du marché libre iranien, pour privilégier l’accès des membres du réseau aux meilleurs taux, afin d’augmenter leur fortune en rial grâce à leurs gains occultes en dollars, ou pour un échange inverse avantageux pour leurs investissements à l’étranger.

En récompense, le général affairiste et cambiste Ali Tahayyori avait été invité à faire partie des 28 amis du clan Larijani, autorisés à vivre dans le quartier privé fortifié non islamisé de Shahid Motahari (martyr Motahari – le beau-père d’Ali Larijani) surnommé Basti Hills (en référence au Beverly Hills) [6], village privé créé « par décret » de l’ayatollah Sadegh Larijani sur des terres montagnardes de Lavassan confisquées par son clan et construit à coup de dynamites par le « Général Motahari (-Asl) » [7] [8] [9].

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C’est sur ce site exclusif de Basti Hills qu’Ehsan Tahayyori s’est affiché avec des voitures de collection, avant d’y organiser les obsèques de son père en 2020 avec les happy few voisins comme Ali Larijani, pour prendre officiellement sa place dans le réseau Kordan.

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En résumé, Ehsan Tahayyori n’a donc pas été sélectionné pour le réseau Shayan juste parce qu’il avait un grand bureau de change, mais parce qu’il dirigeait un bureau de change très particulier, fondé par son père ripoux avec l’accord des renseignements du régime pour les contrebandes du régime et celles du clan Larijani. C’est pourquoi Ehsan Tahayyori a été l’homme clé du réseau Shayan.

Les sociétés-écrans basées aux Émirats arabes unis (Dubaï) utilisées par le réseau Shayan pour blanchir l’argent du brut n’ont pas été créées à partir de rien. Elles ont utilisé les canaux bancaires, les ports de déchargement et les relais logistiques créés et sécurisés par Kordan pour Ali Larijani.

Le réseau Shayan n’a été que la version mise à jour des réseaux de vente de pétrole dans le Golfe persique initiés à la demande d’Ali Larijani.

Shayan a littéralement repris les leviers logistiques, les circuits financiers et la chaîne des anciennes complicités régionales et historiques qu’Ali Kordan avait créés et mis en place pour le compte d’Ali Larijani. C’est cette profondeur historique qui explique pourquoi il a été immédiatement opérationnel et efficace.

C’est aussi ainsi qu’Ali Larijani (patron du régime depuis le déclin de Rafsandjani, mais aussi très apprécié des démocrates américains) supervisait le processus Shayan de A à Z, et a certainement été le principal bénéficiaire de ce grand détournement de 20 à 110 milliards de dollars !

Mais... Ali Larijani a été pulvérisé par une méga-frappe américaine (merci Trump) et ne pourra plus profiter de ces milliards de dollars qu’il avait mis de côté pour les années à venir après la chute du régime.

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À présent, tout le monde convoite son gigantesque butin de 20 ou 110 milliards de dollars, et tout le monde doit agir vite et bien avant que ce ne soit trop tard !

C’est un point important des « révélations tronquées » de l’affaire, et l’omission des éléments que je viens de vous exposer.

Examinons la suite de cette révélation tronquée et formatée !

Presque tous les membres VIP du réseau ont quitté le pays vers Dubaï ; seulement Momenin (qui vit à présent en Chine), mais qui n’est pas un VIP (« fils de »), a été accusé de détournement de 2 milliards de dollars.

On lui a aussi concocté un profil de délinquant financier en affirmant qu’avant cette affaire, il avait obtenu un prêt de 3,7 millions de dollars de la banque des créateurs d’emplois (fictifs), la Karafarin Bank des Pasdaran, prêt qu’il refusait de rembourser. Oh le vilain !

Or, le prêt qu’on ne rembourse pas est un procédé courant dans le régime des mollahs : un moyen légal de justifier des détournements de fonds des dirigeants et de leurs protégés pour financer leurs projets ou pour rémunérer leurs employés particuliers.

La somme du prêt non remboursé de Momenin est d’ailleurs dérisoire, comparée au montant du détournement dont on l’accuse.

Ce narratif du prêt non remboursé est d’une part un moyen de pression sur ses frères, mais aussi un moyen de rester focalisé sur Momenin et d’oublier les autres coupables et leurs commanditaires.

Ceux du régime qui ont dénoncé ainsi ce détournement monté par Ali Larijani et les ex-lieutenants de Rafsandjani ont omis d’accuser ces derniers, car l’objet n’est pas de rapatrier l’argent, mais d’obtenir une part du butin. C’est un chantage.

Mais qui sont-ils, ces maîtres-chanteurs ? Les seconds couteaux, comme le milicien Ghalibaf et le mollah Ejéï, qui constituent à présent la direction du régime suite à la neutralisation de leurs supérieurs. Ils ont été dans l’ombre, ils sont au premier plan et veulent leur prime de danger.

Les Pasdaran et les bassidjis de base, encore fidèles au régime, les véritables boucliers du régime, observent tout ça avec dégoût, car ces mêmes dirigeants leur refusent des bons salaires au prétexte qu’ils manquent de liquidités. Ils sont en colère, car ils constatent qu’il y a des liquidités, mais personne ne les juge dignes d’en profiter en échange de leurs bons et loyaux services.

Mais on n’entend guère les commanditaires encore en vie. Ils ont seulement réduit le montant de leur détournement à 11 milliards de dollars pour limiter leur perte éventuelle en cas de partage forcé, mais sans pour autant évoquer un rapatriement de ces 10% de leur larcin. Convaincus de la chute du régime, ils estiment que ça ne servira à rien d’en donner aux nouveaux dirigeants ou à leurs derniers miliciens. Ils restent sur leur position.

Ce scandale démontre encore une fois qu’il s’agit d’un régime par nature mafieux, car ses caïds (issus de la rue comme tous les mafieux) ont tous des intérêts personnels et aucun intérêt commun, même dans les moments les plus critiques - ou peut-être surtout à ces moments. Contrairement à leur devise « Nous tiendrons jusqu’au bout », c’est plutôt chacun pour soi : nous tiendrons jusqu’au bout à nos intérêts.

Si, comme on l’imagine sans peine, les Larijani survivants et leurs complices du réseau Shayan (ou encore les alliés de la famille Motahari) ne partagent pas leur butin, les nouveaux cadors exclus de ce grand détournement accuseront d’autres membres du réseau Shayan - d’abord les fusibles, ceux qui ne sont pas des « fils de », dans l’espoir d’impressionner les autres et de les inciter à payer - puis suivront ceux dont la bio était moins tronquée, rédigée pour préparer leurs arrestations et enfin Ehsan Tahayyori (qui en tant que trésorier et héritier dispose personnellement de la fortune de sa famille).

Dans cet esprit de chantage graduel, déjà deux fusibles non-VIP sont mis en danger, dont l’un avec sa vraie profession.

« Shayan », enfin présenté comme le directeur général du carburant et de l’énergie du ministère du Renseignement (ou VAJA), a été officiellement limogé début août 2026, et son arrestation est qualifiée d’« imminente » par les services de renseignement.

Meysam Darzinejad-Rami fait l’objet d’un mandat d’arrêt, et son incarcération officielle est attendue par les autorités judiciaires iraniennes, marquant la fin de sa protection au sein du ministère du Renseignement.

S’ils sont arrêtés, ce sera la trahison de trop, susceptible d’entraîner de nouvelles fractures à tous les niveaux. Les plus vulnérables auront certainement envie de fuir !

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Nous devons cette crise à effet domino à la guerre de Trump contre les mollahs.

Vite la suite.

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[3Tahayyori est notamment connu pour l’attentat à l’explosif contre le restaurant Khansalar, à Téhéran, soi-disant réservé aux conseillers militaires américains. Mais il n’y avait aucun Américain sur place, que des gens bien habillés que les islamistes du groupe Tohid-Saf assimilaient à des Américains. L’attentat a tué le porteur de la bombe et a blessé 45 des 70 clients iraniens présents.

[4Cette identité réelle de Motahari par rapport à Motahari-Asl a également été validée la même année par Afkarnews sur l’opposition de l’organisation environnementale iranienne au projet de construction de Bast-Hills.

[5Mais la nomination de Kordan à la tête du ministère de l’Intérieur (chargé du décompte des votes), en même temps que la candidature d’Ali Larijani à la présidence du régime, a inquiété Rafsandjani. Son clan a évacué Kordan au prétexte d’un faux diplôme, privant Larijani d’un décompte électoral en sa faveur. Larijani et Kordan se sont vengés en diffusant leurs dossiers compromettants sur la corruption du clan Rafsandjani par l’intermédiaire d’Abbas Palizdar, membre de la commission de recherche et d’enquête sur le système judiciaire du régime. Kordan a été éliminé par une mystérieuse maladie fulgurante. Ali Larijani se contenta de la présidence du Parlement du régime et a pu rebondir grâce aux nombreuses erreurs politiques de Rafsandjani, qui se sentait de plus en plus en danger.

[6Basti Hills où tout est permis comme en Occident. Il y a environ 28 maisons et deux immeubles collectifs (pour le personnel). Personne ne connait le nom des propriétaires.

[7Du fait que le général a bénéficié des éloges de nombreux adversaires de Larijani, il est plausible qu’il a distribué des pots-de-vin ou offert des services financiers aux gens du clan Rafsandjani comme le petit-fils de Khomeini pour diviser leur clan ou du moins entrer dans leurs confidences et dans leurs secrets financiers.


En haut, Ehsan Tahayoori avec Shamkhani à sa droite et avec Hassan, le petit-fils de Khomeini, à sa gauche. En bas, Ehsan Tahayoori avec le fils de Shamkhani chargé de contournement des sanctions bancaires.

[8Précisons, la municipalité de Lavassan a toujours rationné l’eau des habitants normaux pour permettre à ceux de Basti de remplir leur piscine, arroser leurs jardins, laver leurs voitures...

[9Les résidents de cette forteresse réservée aux familles du réseau pétrolier de Larijani ne sont pas à l’abri de tout danger car le 10 octobre 2025, la fille d’Akbar Tabari, l’homme d’affaires de Sadegh Larijani, chargé de confisquer les terres de Lavassan, a été retrouvée pendue dans sa villa et tout portait à croire qu’il ne s’agissait pas d’un suicide mais d’un assassinat, autrement dit un règlement de compte avec son père. Normal puisqu’il s’agit d’une mafia.