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L’Iran infléchirait sa position sur le nucléaire : décodages
30.11.2006

Actuellement le régime des mollahs s’illustre de manière expressive en multipliant des prises de contacts internationaux afin de démontrer qu’il compte encore de nombreux alliés. Ainsi a-t-on vu à Téhéran défiler des représentants Irakiens, Algériens, ou encore du Zimbabwe, chacun repartant vers son chez soi les bras chargés de bonnes promesses des mollahs.



Cette mise en scène coûteuse serait censée cacher l’isolement du régime des mollahs qui subit depuis peu des attaques aussi bien diplomatiques que financières de la part de ses alliés stratégiques ou principaux partenaires commerciaux. Ainsi leur plus important allié régional, la Syrie, a boudé leur Conférence de paix Iran-Irak-Syrie remettant en cause le rôle central que l’on attribue aux mollahs dans la Région. L’autre revers est venu de la Russie, l’allié stratégique des mollahs au Conseil de Sécurité.

Ainsi après leur rencontre avec Bush et Rice à Hanoï, Poutine et Lavrov ont commencé à formuler des griefs à l’encontre des mollahs et leur manque de coopérations avec l’AIEA. Le chef de la diplomatie russe a aussi insisté sur le fait que Moscou n’admettrait pas que les travaux d’exploitation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques dans n’importe quel pays dégénèrent en réalisation d’un programme militaire.

Selon l’avis de diplomates occidentaux travaillant pour l’AIEA, la récente offre de Téhéran à autoriser des prélèvements sur un de ses anciens sites nucléaires aujourd’hui démantelé serait la conséquence de ce changement de cap de la Russie. À ces attaques diplomatiques s’ajoutent quelques revers financiers qu’on peut qualifier de sanctions ciblées. Ainsi plusieurs grandes banques dont deux banques allemandes, deux banques helvétiques (UBS et Crédit Suisse), ainsi que trois banques nipponnes ont réduit leurs transactions avec l’Iran. Le Japon a également annulé un contrat pétrolier de 2 milliards de $ avec l’Iran avant de geler une aide de 10 milliards de $ à ce pays en insistant sur le fait que cette dernière mesure était décidée pour inciter l’Iran à une vraie coopération avec l’AIEA. La dernière sanction en date est l’annulation d’un contrat ferroviaire de 850 millions de $ par la société des chemins de fer Autrichienne.

Face à ces revers qui remplacent dignement les sanctions onusiennes (qui tardent à se mettre en place), les mollahs ont choisi 3 types de ripostes.

Le 1er type de riposte est basé sur le chantage à la violence en Irak (via Moqtada Sadr qui imite le Hezbollah) et au Liban (via le Hezbollah), le 2e type de riposte est basé sur la provocation nucléaire et diplomatique, et enfin le 3e type de riposte est fondé sur une série de gestes d’apaisement vis-à-vis de l’AIEA.

Ces gestes devraient, selon les mollahs, renforcer la position d’El Baradai qui ne cesse de défendre la nécessité du dialogue. Ce dernier a d’ailleurs salué ce geste le qualifiant de positif. Les mollahs espèrent entre autres que les gestes d’apaisement calmeront la colère de Lavrov, débloqueront les 10 milliards Japonais et relanceront le dialogue sur le nucléaire, d’autant plus que les Européens et les Démocrates (US) ne demandent que ça pour retarder encore plus les sanctions onusiennes.

Téhéran a ainsi donné son accord à l’ONU pour que des inspecteurs viennent faire des prélèvements sur le site de Lavizan afin d’y déceler d’éventuelles traces de radioactivité, mais les Occidentaux pensent qu’il s’agirait d’une ruse.

Si El Baradai a qualifié cette concession comme une étape positive, après une longue période sans aucune coopération iranienne, d’autres sont plus réservés. Seuls les Européens lui accordent crédit, et du côté des Démocrates, on se montre plus sceptique car ces derniers doivent également éviter d’essuyer un échec sur ce dossier s’ils espèrent rafler les prochaines présidentielles. Ainsi l’analyste nucléaire David Albright, qui est proche de El Baradai mais aussi du démocrate Brzezinski, pense que « le geste du régime Iranien vient beaucoup trop tard et ressemble plus à une tactique qu’à un changement d’attitude », idem pour l’ambassadeur des Etats-Unis à l’AIEA, Gregory Schulte. Selon ce dernier, dans un passé pas très éloigné, l’Iran avait autorisé les inspecteurs à effectuer des prélèvements sur deux sites (dont celui de Lavizan), après avoir pris soin au préalable d’en aseptiser un, et de déménager l’autre.

Cette dernière ruse des mollahs de Téhéran montre qu’ils n’ont aucune véritable alternative ou nouvelle ruse pour convaincre l’AIEA et apaiser leurs alliés Russes et Chinois et leurs partenaires commerciaux comme le Japon, l’Autriche, l’Allemagne ou la Suisse. Les mollahs sont isolés et leur 3e voie d’apaisements semble être un ramassis de fausses promesses de coopération ou de dialogue sans aucune garantie d’un arrêt vérifiable d’activité nucléaire d’enrichissement ou de production de plutonium. Dès lors que leur 3e voie est vouée à l’échec, tout semble indiquer qu’ils s’orienteront vers plus de provocations diplomatiques, historiques, verbales, nucléaires ou sécuritaires.

Ceci vient d’ailleurs de commencer en Irak | Le groupe de Moqtada Sadr a quitté le Parlement Irakien en imitant le Hezbollah qui avait quitté le Gouvernement Libanais. Décidément les mollahs appliquent toujours les mêmes recettes partout où ils ont des protégés. Peut-être qu’ils abattront aussi un important jeune leader irakien comme ils l’ont fait avec Gemayel pour punir les Syriens. En Irak, il pourrait s’agir de leur jeune protégé Moqtada Sadr ou d’un autre selon leur inspiration.

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