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Iran : Des dialoguistes à Téhéran !
23.11.2010
Récemment suite au refus des mollahs de dialoguer sur le nucléaire, l’Unesco s’est retirée des manifestations organisées à Téhéran pour célébrer la Journée mondiale de la philosophie. L’Unesco a remplacé la Conférence à Téhéran par un colloque à Paris. Cependant, la conférence prévue à Téhéran a commencé ce dimanche avec des dizaines de participants occidentaux y compris des habitués de l’Unesco. | enjeux culturels et images
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L’une des particularités de la République Islamique en Iran par rapport à d’autres pays musulmans comme l’Arabie Saoudite ou le Pakistan, est l’importance donnée aux apparences. Si ces derniers n’ont aucune revendication intellectuelle ou artistique, la bourgeoisie islamique en Iran souffre d’un sentiment de médiocrité patente qu’elle tente de compenser par la confection de mirages qui, de loin, donneraient l’illusion de respectabilité. Dans cette voie, c’est l’équivalent du budget de plusieurs Jeux Olympiques qui ont été dépensés dans les trente dernières années afin de mettre en scène des événements culturels ou techniques tentant de faire croire que l’Iran des Mollahs est attelé au train du progrès.
Malheureusement pour cette bourgeoisie islamique, son manque de raffinement la conduit à oser n’importe quelle manœuvre. Avec la complicité et le soutien actif du régime, elle présente un indic comme le plus grand poète de tous les temps, un assassin comme un cinéaste de génie ou un tortionnaire comme un philosophe qui n’aurait d’égal que Kant ou Nietzche. Or, nous n’avons pas besoin d’être un éminent penseur pour savoir qu’en plantant le néant on ne peut récolter que du “rien”, même avec les meilleures volontés du Monde et le portefeuille le mieux garni. La bourgeoisie islamique n’arrive donc jamais à se débarrasser de son complexe et reste condamnée à imaginer chaque jour un nouveau cirque. Dans cette fuite en avant, les prétentions de grandeur deviennent de plus en plus délirantes et les troubles narcissiques de plus en plus aigus.
Certes, de tout temps, la civilisation Iranienne a engendré des esprits les plus élevés de l’Humanité. Mais ces figures du passé n’ont aucun lien de parenté avec les médiocres qui ont investi le pays de Biruni et d’Avicenne. Les Mollahs et le Bourgeollah n’ayant rien compris à cela, insistent. Ils surestiment leurs capacités et leurs réalisations et exigent d’être admirés.
A la farce des Mollahs, le Monde mercantile répond par sa propre comédie car « le pétrole vaut bien une messe » ! Pourquoi donc ne pas courir à Téhéran pour participer à telle ou telle conférence, prétendre que l’arrivée de Khomeiny « rappelait quelque chose que l’Occident avait oublié depuis la Renaissance et les grandes crises de la chrétienté, c’est-à-dire, la possibilité d’une spiritualité politique » (Michel Foucault), nommer l’islamiste Abdul Karim Soroush le septième intellectuel le plus influent du monde (Prospect magazine, 2008)…
Actuellement, le dernier numéro de cette parodie se déroule à Téhéran sous le titre de la Journée mondiale de la philosophie.