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Iran : Clotilde Reiss, otage de 3 affaires
19.05.2010

Clotilde Reiss vient d’être libérée. C’est une très bonne nouvelle. Au moment de son arrestation, nous avions remarqué certaines anomalies. Il nous paraissait important de les exposer, mais nous avions finalement décidé de ne rien révéler afin de ne pas faire naître une polémique susceptible de nuire à sa libération. Puisqu’elle est de retour dans sa première patrie, nous pouvons exposer en détails ce qui nous dérangeait à propos des raisons de son arrestation, les accusations formulées par Téhéran (et la rumeur de son appartenance à la DGSE), sa prise en otage et enfin les erreurs commises par la France qui ont retardé sa libération et ont fait d’elle l’instrument d’une mise en scène juridique aux objectifs très particuliers. L’article est long. Prévoir un grand mug de café bien fort.



Une arrestation pour espionnage | On vient de libérer Clotilde Reiss. On parle de plus en plus d’un échange contre deux agents du régime détenus en France. Cependant, Clotilde avait été arrêtée officiellement le 1er juillet pour avoir envoyé le 15 et le 17 juin des emails à des amis français sur la situation trouble en Iran. Bien que ce motif d’arrestation soit faux, elle a été jugée et condamnée pour ce motif. Cette condamnation était évidemment liée au véritable enjeu de l’affaire : l’échange, mais aussi à une date : le 15 juin. Le régime a évoqué le 15 juin car c’est le jour où des millions d’Iraniens sont descendus dans les rues, dont notamment 3 millions à Téhéran. C’est un jour où les vidéos sont muettes, c’est-à-dire que l’on ne peut pas connaître les slogans, mais on peut les deviner car le soir même de cette journée, le régime a ouvert le feu sur la foule partout en Iran, faisant des centaines de morts. Il nous est donc paru essentiel de revenir brièvement sur cette période.

La révolution verte | Tout a commencé le 12 juin : le régime a annoncé la défaite du candidat modéré Moussavi. Le 13 juin, les Iraniens ont découvert sur les chaînes étrangères qu’ils reçoivent par satellite, des images de jeunes iraniens vêtus de vert en train de manifester dans les rues de Téhéran aux cris de « rendez-moi mon vote » pour contester cette défaite qu’ils qualifiaient d’un « coup d’Etat contre l’opposition démocrate ». Ces références ont surpris les Iraniens car le régime n’est pas démocratique et Moussavi l’est encore moins. C’est lui qui a mis en place pendant la guerre Iran-Irak des rafles d’enfants pour enrôler de force les jeunes quand le régime avait besoin de chair à canon pour nettoyer les champs de mines de Saddam. C’est à lui que l’on doit la création de la milice bassidj dont une des tâches de base était la délation des déviants aux seins des entreprises ou des ministères. Par ailleurs, Moussavi ne peut être considéré comme un opposant car il est depuis 1987, l’un des 23 membres à vie du Conseil de Discernement, organe plénipotentiaire chargé légalement de décider de la politique du régime dans tous les domaines. Quand Ahmadinejad insiste sur la poursuite du programme nucléaire, il ne fait que suivre une directive de ce Conseil. Quel que soit le président, il doit appliquer ce programme. D’ailleurs, Moussavi a lui-même exposé un programme électoral identique à Ahmadinejad sur la base des politiques décidées par le Conseil de Discernement. Les jeunes gens qui scandaient son nom dans les rues ne pouvaient pas ignorer ces points qui sont loin d’être de détails négligeables. Mises à part ces considérations politiques, les Iraniens se sont montrés sceptiques car Moussavi ne peut même pas être qualifié de populaire. Il y a deux ans, il avait été épinglé pour avoir bénéficié depuis 1987 d’un salaire de plusieurs milliers de dollars par mois pour un travail de conseiller parlementaire sans jamais aller à son bureau au Parlement ! Pour toutes ces raisons, les Iraniens ont conclu que les manifestations en faveur de Moussavi étaient téléguidées par le régime. Leurs soupçons sur les liens entre ces manifestants et le régime ont été confirmés quand ils ont vu ces jeunes vêtus de vert (couleur de l’islam) attaquer les miliciens pour les mettre en fuite aux cris d’Allah Akbar sous les regards des reporters des télés étrangères. Une conclusion s’imposait : le régime tentait de mettre en scène un faux printemps de Prague ou plus exactement une fausse révolution de couleur pour fourguer Moussavi, le décideur islamiste comme le choix démocratique du peuple Iranien ! C’est pourquoi les Iraniens ont ignoré les appels à la mobilisation des manifestants verts.

Cette absence de participation a mis le régime dans l’embarras car son champion Moussavi s’était par ailleurs présenté aux élections comme le partisan d’un « retour aux valeurs fondamentales de la révolution islamique », ce qui sous-entend le refus de tout compris avec l’Occident. Téhéran entendait en fait donner une légitimité absolue et démocratique à son refus de dialogue avec Obama sur son programme nucléaire. Pour réussir ce pari, il lui fallait faire descendre le peuple massivement dans les rues, le monde Occidental n’aurait alors eu d’autre choix que d’admettre le refus souverain du peuple musulman d’Iran d’accepter l’apaisement. C’est pourquoi dès cette première journée du 13 juin, Téhéran a décidé de trouver des solutions efficaces pour faire bouger les Iraniens ou du moins faire réagir les dirigeants occidentaux. Son choix global a été de mettre en scène la révolution verte en danger ! Le 14 juin, nous avons eu droit à des vidéos où les miliciens faisaient semblant d’attaquer les manifestants pro-Moussavi, vidéos qui n’ont pas été décisives pour faire bouger le peuple. Le régime a fait appel à certains journalistes qui prétendent être des opposants : ils ont convaincu les Iraniens de bouger le 15 juin afin de renverser le régime. Nous avons par la suite découvert que le régime avait lui-même organisé des attaques contre les casernes de Bassidj pendant cette journée du 15 juin pour pousser les gens à se battre. Il espérait des affrontements pour faire couler le sang afin de déclencher un soutien officiel de l’Occident à son Mouvement Vert.
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Derniers instants de l’un des blessés du lundi 15 juin à Téhéran


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Ce jour-là le régime a eu une surprise car près de 3 millions d’Iraniens sont descendus dans les rues de Téhéran et il y a eu également de très grandes manifestations dans les autres grandes villes du pays où de bonne foi et convaincus par la possibilité d’un changement, les gens ont scandé « mort à la république islamique » en plein jour dans leur ville. En fait, ce 15 juin, le régime est allé au-delà des limites du cynisme pour déclencher le soutien des Occidentaux, sans y parvenir. Au contraire, par ces excès il a fait éclater la colère populaire qui a donné lieu à 10 jours de manifestations marquées par des affrontements de plus en plus violents notamment à partir du samedi 20 juin. Le régime avait alors baissé la vitesse d’Internet pour empêcher l’envoi des fichiers images poussant les contestataires à les envoyer via Skype où l’on ne peut -semble-t-il- pas détecter la présence de fichiers joints.
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Pour revenir à notre sujet, quand Clotilde Reiss, a envoyé un courriel à ses amis en France à la date du 15 juin, elle n’était pas une menace pour le régime car ce dernier voulait que l’on parle des agitations de son Mouvement Vert. De plus, dans son courriel du 15 juin (donc sur les évènements des jours précédents), elle avait inclus des liens vers des sites qui avaient publié des photos de manifestations factices du Mouvement Vert pendant les journées des 13 et 14 juin. Elle était alors parfaitement utile aux mollahs, sinon on l’aurait arrêtée immédiatement. Dans ses courriels, elle remarquait également que la police n’intervenait pas, ce qui convenait aux mollahs qui étaient en quête d’une reconnaissance de leur scénario de simili « printemps de Prague ».

Selon l’acte d’accusation, elle aurait envoyé un courriel à ses amis le 17 juin (donc sur les événements du 16 juin). Or, le 16 juin a été la date du premier appel officiel du Mouvement Vert en tant que tel. Téhéran avait diffusé les photos et même une vidéo de manifestation sans intervention de la police. Clotilde est encore sans le savoir un instrument de la publicité que Téhéran souhaitait donner à son Mouvement Vert et sa révolution de couleur.

Il se pourrait qu’elle ait envoyé d’autres courriels plus intéressants par la suite dont on ne parle pas, mais en tout état de cause, cela arrangeait le régime que l’on parle des victimes de répressions en Iran pour obtenir le soutien des Occidentaux. Il ne faut donc pas chercher du côté d’un rôle direct de Clotilde pour expliquer son arrestation.

Aujourd’hui, certains journalistes qui ne connaissent rien à l’Iran parlent de cette jeune femme comme d’un agent de la DGSE. Or si cela était le cas, elle aurait au moins envoyé ses courriels en mode sécurisé ! Mais en tout état de cause, elle n’aurait pas envoyé de courriels, mais comme tous les opposants désireux de contacter des tiers ou l’étranger, elle aurait acheté un téléphone portable avec une carte intégrée pour un usage unique. La piste d’une justification de son arrestation n’est pas plausible et sa diffusion par les journalistes en question et l’ex-de la DGSE est une manière de brouiller les cartes sur les soupçons d’un échange. C’est une polémique de diversion pour faire oublier la très mauvaise gestion de crise du côté français pour la libération de la jeune femme.

Le vrai motif de l’arrestation | Clotilde Reiss n’a pas été arrêtée en pleine période sanglante du soulèvement de 20 à 25 juin, mais le 1er juillet 2009. Cette autre date du 1er juillet ne correspond à rien en Iran ou en rapport avec le Mouvement Vert, en revanche elle correspond à un événement dans l’affaire Kakavand, le trafiquant iranien qui avait été appréhendé à Roissy suite à une demande américaine d’arrestation.
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En effet, selon l’article de loi 696 [1], la procédure française d’extradition exige que l’Etat requérant transmette une demande d’extradition avec des pièces justificatives au ministère français des affaires étrangères. Cette demande est, après vérification des pièces, transmise, avec le dossier, par le ministre des affaires étrangères au ministre de la justice qui, après s’être assuré de la régularité de la requête, l’adresse au procureur général territorialement compétent. Celui-ci convoque la personne appréhendée dans un délai de 48 heures pour l’informer du contenu de la demande d’extradition dont elle fait l’objet et l’avise qu’elle peut être assistée par un avocat de son choix ou, à défaut, par un avocat commis d’office. Si la personne accepte l’extradition, la chambre de l’instruction est immédiatement saisie de la procédure. La personne réclamée comparaît devant elle dans un délai de cinq jours ouvrables à compter de la date de sa présentation au procureur général. Or, dans le cas de Kakavand, on sait qu’il refusait l’extradition. La procédure est alors un peu plus longue car la personne réclamée doit comparaître devant la chambre de l’instruction dans un délai de dix jours ouvrables (14 jours) à compter de la date de sa présentation au procureur général. Il peut alors bénéficier d’un délai d’1 mois à compter de sa comparution pour présenter des informations plaidant en faveur de son opposition, mais à l’issue de ce délai, la chambre donne son avis et aucun recours n’est possible : la personne est extradable. Le dossier est transmis au ministère de la justice qui informe le Premier ministre. Celui-ci signe un décret d’extradition. La durée de la procédure d’extradition peut donc être de 47 jours en dehors des délais de transmission de la demande des Etats-Unis vers le ministère des affaires étrangères, puis de là vers le ministère de justice et enfin au procureur général, ce qui peut probablement ajouter une à deux semaines de plus.

Dans le cas de Kakavand, la demande américaine d’extradition avait été émise le 20 avril 2009 par l’Agent Spécial Clayton Wright des services d’Immigration et Exécution Douanière de Californie assisté par un tribunal du Quartier du Nord de cet Etat. En prenant en compte les ponts du mois de mai, Kakavand aurait été convoqué par le procureur et aurait comparu devant la chambre de l’instruction en mai pour recevoir son mois de délai pour sa défense en juin, ce qui le plaçait devant le risque d’extradition fin juin, début juillet. Téhéran devait empêcher que la France autorise l’extradition, il a pris un otage qui s’avère être Clotilde Reiss.

Pourquoi elle ? C’est une question de pragmatisme. Dans les années 80 au Liban, le régime des mollahs chargeait le Hezbollah de prendre en otage en priorité des journalistes pour bénéficier de la publicité donnée par la mobilisation de leur réseau ou profession. A cette époque, Téhéran s’est aussi intéressé aux universitaires car il y a un terreau de mobilisation importante. Depuis quelques années, Téhéran privilégie la prise en otage des femmes, plus fragiles, pour une mobilisation plus forte. Ces dernières années ont été essentiellement marquées par la détention en Iran de femmes journalistes ou universitaires. Il n’y avait peut-être que Clotilde Reiss comme possibilité de femme française universitaire. D’autres éléments comme son imprudence à envoyer des courriels non protégés, la profession de son père ont dû également renforcer sa candidature, son physique agréable est également à prendre en compte. Téhéran a cru avoir déniché l’otage parfait.

Ce choix s’est néanmoins révélé moins intéressant que prévu car lors des expériences de prise d’otage de femmes universitaires, les victimes étaient généralement des personnes proches du régime par leur travail ou quelqu’un de leur famille et jouaient le jeu de la victime apeurée appelant sans cesse au secours. Elles étaient aussi en liaison avec une université américaine, ce qui permettait une grande mobilisation en raison des moyens médiatiques plus importants à la disposition des universités américaines. Dans le cas de Clotilde, il n’y a pas eu de mobilisations comme l’entendait Téhéran et la petite s’est montrée peu coopérative et d’une grande sobriété. On ne peut pas en dire autant de l’Etat français.

La gestion ratée de l’échange | En ce qui concerne les tractations, la France a dans un premier temps résisté au chantage de Téhéran en raison de ses relations privilégiées avec Washington. Pour ne pas renoncer à la remise de Kakavand aux autorités américaines sans mettre en danger la vie de la jeune française, elle a sans cesse reporté l’extradition aux motifs que la chambre de l’instruction manquait d’informations pour statuer. Ne sachant trancher dans un sens ou dans un autre, la France a compensé le manque par un soutien implicite au Mouvement Vert des mollahs et a offert en parallèle la possibilité d’un échange entre Clotilde et Vakili-Rad l’assassin de Bakhtiar. Téhéran a vraiment apprécié le soutien au Mouvement Vert qui est la principale chance du régime pour sortir avec panache de ses problèmes, mais il a trouvé l’offre de libération de Vakili-Rad douteuse car d’une part, il ne s’intéressait pas à cet homme de main, et par ailleurs ce dernier avait, depuis quelques mois, terminé sa peine de sûreté d’une durée de 18 ans et pouvait obtenir une libération sans que cela soit une faveur. Cette proposition française et les reports d’extradition utilisés comme un chantage à l’envers ont crispé les mollahs et retardé la libération de Clotilde. Cette dernière a été retenue plus de 10 mois en Iran. Mais finalement, la France a cédé aux exigences des mollahs en libérant Kakavand à l’issue d’un procès qui a débouté les accusations américaines à son encontre. Elle a aussi dû accélérer le départ de Vakili-Rad et même payer une rançon de 200,000 euros demandée par Téhéran au motif de la commutation de la peine d’emprisonnement initialement requise en une amende.

Conséquence de cette mauvaise gestion : le procès de Clotilde Reiss | Si la France avait cédé aux mollahs le 1er juillet 2009, Clotilde aurait été de retour en France après un court délai sans que l’on libère l’assassin de Bakhtiar, que l’on paye une rançon ou encore on danse la lambada pour faire la promotion du Mouvement Vert à Paris ou à Cannes. Mais en raison du refus de la France de céder aux mollahs ou aux Américains, Clotilde est restée en Iran et, accusée d’activités hostiles à la république islamique, délit passible de 5 à 25 ans de prison, elle s’est retrouvée 5 semaines plus tard, le 8 août 2009, dans la salle d’audience du procès médiatisé des auteurs des troubles post-électoraux. Le monde entier l’a découverte en train de déposer en persan le teint livide. L’otage est devenue une condamnée en sursis, ce qui a permis aux mollahs de faire monter les enchères.

Ce qui a donné cette image d’une vie en sursis a été la mise en scène très stalinienne du procès avec des détenus en pyjamas (en fait l’uniforme carcéral en Iran) et une présence pesante des caméras de la télévision d’Etat iranienne.

La présence de caméras lors d’un procès politique iranien n’est pas habituelle. Normalement, il n’y a pas de caméras. Chaque année ont lieu plusieurs procès politiques qui se déroulent en quelques minutes derrière des portes hermétiques pour une justice expéditive. Ainsi en 2008, le régime a jugé et condamné à mort des séparatistes baloutches sans diffuser aucune image. Il y a en revanche des cas de procès avec la présence des médias. L’issue de ces procès n’est jamais tragique car il s’agit d’une procédure médiatique pour transformer un parfait inconnu en un héros de l’opposition. Il s’agit plutôt de fabriquer un faux opposant. En fait, la focalisation des médias iraniens sur une personne arrêtée est toujours le signal d’une supercherie et non d’une vie en sursis (ce que Clotilde ignorait).

L’un des exemples les plus connus est le procès d’Akbar Ganji, un agent des renseignements des Pasdaran, que le régime voulait absolument faire passer pour un écrivain opposant au patron du régime Rafsandjani avant de l’expédier aux Etats-Unis où en tant qu’opposant fiable il plaide en faveur d’une entente avec les mollahs. Il lui arrive aussi de recommander spécifiquement que cette entente soit scellée avec son supposé ennemi Rafsandjani. Le principe de base pour la fabrication d’un faux opposant est la victimisation à outrance en diffusant des détails révoltants à propos de son arrestation, des conditions de sa détention ou sa santé, avant de le laisser s’exprimer pendant son procès sous l’oeil des caméras sans peur de ce qui adviendra ! Le faux opposant est par essence un héros car il dit tout haut ce qui est interdit de dire sous le régime ou presque car il ne parle évidemment pas en faveur d’un changement de régime.

Clotilde dans le chaudron des mollahs | Dans le cas du procès collectif dans lequel comparaissait Clotilde Reiss, il y avait une focalisation extrême des médias : non seulement des photographes ou des caméras, mais encore des journalistes chargés de rendre compte mot par mot des dépositions des accusés et des propos du juge. Mais il y avait quelque chose d’anormal puisque la presque totalité des accusés présents étaient des faux opposants déjà confirmés et non, des inconnus à promouvoir. En fait, il s’agissait d’un processus inédit. Le régime, qui avait été contesté du 15 au 25 juin par des jeunes favorables à un changement radical, avait décidé de ne pas exposer ces jeunes afin de ne pas ouvrir le débat sur leur revendication, mais d’accuser ses propres faux opposants pour recentrer le débat sur les positions politiques de ces derniers, à savoir que la contestation doit se faire dans les limites du respect de la nature islamique du régime.
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Voici Abtahi, le vice-président de Khatami, un mollah membre du clergé combattant qui est depuis des années basés à Beyrouth et sert d’agent de liaison avec le Hezbollah…
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A sa droite avec son air si gentil est Atrianfar, un ancien n°2 du ministère de l’intérieur au début de la révolution sous la direction de Mohtashami-pour l’un des fondateurs du Hezbollah, le n°2 du ministère de l’intérieur est chargé de l’élimination des opposants.
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Celui-ci est Ebrahim Nabavi, preneur d’otages, co-fondateur des services secrets, co-fondateur des comités (organisme charger d’arrêter, dépouiller et exécuter les contre-révolutionnaires)…
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Clotilde s’est en fait retrouvée dans un processus de restauration du Mouvement Vert comme acteur de la contestation et victime des répressions de l’Etat pour relancer le scénario tel qu’il devait se dérouler pour amener les Occidentaux à prendre position en faveur de ce Mouvement islamiste ou en faveur de Moussavi.

Pour aboutir à ce résultat, il fallait beaucoup de tensions. Pour obtenir cette tension sans nuire aux siens, le régime a attribué l’organisation de toutes les manifestations, mais aussi des projets d’attentats, à de vrais opposants : Mohammad-Reza Ali-Zamani et Arash Rahmani-pour (militants monarchistes). Ils ont été les seuls condamnés à mort dans ce procès spectacle conçu pour faire oublier la contestation anti-mollahs du juin 2009 et pour pousser l’Occident à prendre parti. Ils ont été pendus le 28 janvier dernier dans l’indifférence de leurs co-détenus liés au régime. Clotilde Reiss qui n’était pas de mèche avec le régime s’est aussi retrouvée comme ces deux garçons en sursis, exhibée dans le but de faire monter la tension.
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Les diverses instrumentalisations de Clotilde par le régime des mollahs | La première utilisation des mollahs a été la création d’un comité de soutien pour Clotilde sur une prompte initiative de Bernard Hourcade, la tête de gondole des lobbyistes du régime en France ! Le régime a ainsi pris la direction de la publicité de l’affaire et pu envoyer le lobbyiste Hourcade dans diverses émissions à des dates clefs comme le début de son procès le 8 août. Au passage, cela a redoré le blason de Hourcade qui avait souffert d’un passage dans C dans l’air en refusant de parler des récentes lapidations en Iran.

La seconde utilisation de l’appât a été de coupler sa présence à la deuxième session du tribunal avec l’annonce de Karroubi (complice de Moussavi) sur l’existence de preuves en sa possession qui confirmaient le viol systématique des prisonniers du procès en cours. L’annonce avait plombé l’ambiance, on imaginait le pire pour la fragile Clotilde. Mais prendre position en faveur du Mouvement Vert aurait été fatal pour l’avenir des négociations avec Téhéran. Cette annonce n’a donc pas déclenché le soutien officiel escompté par Téhéran. En revanche, elle a convaincu les Occidentaux que le régime n’avait aucune limite dans le cynisme. Ils avaient alors très rapidement reconnu Ahmadinejad comme le président légitime de l’Iran pour évacuer l’espoir d’un quelconque soutien à Moussavi. Le régime s’est alors retrouvé avec une encombrante affaire de viol, ce qui a poussé Karroubi à se contredire : il n’avait pas dit avoir les preuves, il avait dit que l’on lui avait remis des preuves qu’il n’avait pas vérifiées. Après quelques déclarations de ce genre, le régime a fini par se débarrasser de ces viols.

La troisième utilisation de Clotilde par le régime ressemble à la première utilisation qui a été de coller des agents du régime sur le dos de Clotilde. Cette fois, le samedi 8 août, jour de l’ouverture de son procès devant la cour révolutionnaire de Téhéran, les autorités iraniennes ont annoncé qu’elle allait comparaître en même temps qu’une autre prisonnière en relation avec la France : Nazak Afshar, une employée franco-iranienne qui travaillait pour le service culturel de l’ambassade de France en Iran et qui avait, comme Clotilde, envoyé des courriels à des amis en France.

Mais seulement voilà, elle avait été arrêtée l’avant veille le jeudi, dernier jour ouvré en Iran. De ce fait, elle ne pouvait pas se retrouver au tribunal à côté de Clotilde car son dossier ne pouvait avoir été instruit en un jour qui plus est un jour férié.

Par le plus grand des hasards, cette coupable avec un délit presque identique -donc un bon sujet pour les médias- était la maman d’un des principaux animateurs parisiens du Mouvement Vert : Arash Naïmian ! Ce garçon avait d’ailleurs ameuté tous les médias la veille pour exposer d’une voix sans émotion sa surprise de l’arrestation de sa mère qui, selon lui, n’en était pas à sa première arrestation pour participation à des manifestations du Mouvement Vert ! Si l’on croit ce garçon, elle avait à chaque fois été libérée au bout de 24 heures, on ne voyait donc pas pourquoi il avait cette fois ameuté tous les médias internationaux. Mais les choses se sont arrangées : l’employée arrêtée a payé une caution de 200,000 euros et a retrouvé sa liberté le 10 août après la promotion médiatique de son fiston. Ce dernier est aujourd’hui en position de signer des pétitions en faveur du Mouvement Vert aux côtés des très importantes figures médiatiques de promotion des faux opposants et du Mouvement Vert comme Abdol-Karim Lahidji ou Chahla Chafiq.

Ce porte-parole du Mouvement Vert n’a pas été le dernier à profiter de Clotilde Reiss. En guise de dernière compensation, comme en juillet dernier, Paris s’est lancé dans la complaisance sans limite vis-à-vis du Mouvement Vert avec la liberté laissée à ses partisans de soi-disant attaquer l’ambassade iranienne à Paris ou encore avec son soutien bruyant au cinéaste Jafar Panahi, en prison pour son soutien au très démocrate Moussavi ! Cette dernière contrepartie est sans doute le plus pénible qui ait été donnée à voir aux opposants Iraniens car les ministres concernés ont joué le jeu à fond en s’affichant avec des agents notoires du régime avec des airs graves en prétendant qu’ils agissaient pour la démocratie !

Avec Clotilde libérée de l’emprise des mollahs, la France devrait en principe cesser cette politique de complaisance vis-à-vis du Mouvement Vert des mollahs. Ce sera sans doute un soulagement pour Clotilde qui a pleuré la pendaison des deux militants monarchistes victimes de cette complaisance. Ce sera également un vrai bonheur pour nous de retrouver la France autrement qu’en otage des mollahs.


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| Mots Clefs | Terrorismes : Prise d’otages |
| Mots Clefs | Institutions : Diplomatie (selon les mollahs) |

| Mots Clefs | Zone géopolitique / Sphère d’influence : France (diplomatie française) |

| Mots Clefs | Réformateurs & faux dissidents : Le Mouvement Vert |
| Mots Clefs | Mollahs & co : Mir-Hossein Moussavi |
| Mots Clefs | Resistance : FAUSSE(s) OPPOSITION(s) |


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