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Iran : Lettre au futur ministre des Affaires Etrangères de Nicolas Sarkozy
15.05.2007

A son arrivée à Moscou, Condoleezza Rice a rejeté un retour à la guerre froide. « Je sais que certains parlent d’une nouvelle guerre froide. Etant quelqu’un qui a connu cette période en tant que spécialiste, j’estime que les parallèles ne reposent sur rien de concret », a déclaré Rice aux journalistes.



Le site IRAN-RESIST est pour sa part persuadé d’une volonté russe d’une revanche de la guerre froide. Vladimir Poutine a agi avec persévérance et minutie pour bâtir des alliances avec de nombreux Etats dont un certain nombre des alliés traditionnels et indéfectibles des Etats-Unis. Le grand intérêt de cette alliance est que Moscou se soit débarrassé du Communisme et qu’il s’attaque aux Etats-Unis en calquant son offensive sur le modèle américain. La Russie propose à ses amis une alliance énergétique, plus une alliance militaire et moins le côté faussement démocratique des Etats-Unis.

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Aujourd’hui les Etats arabes savent que le projet du Grand Moyen-Orient Démocratique lancé par les néo-conservateurs américains n’était qu’un mensonge. C’est-à-dire que les Américains savaient pertinemment que des élections « démocratiques » dans cette région se traduiraient par l’accession au pouvoir des plus islamistes et que loin de redouter une ré-islamisation politisée de la région, ils cherchaient délibérément à la provoquer. Cette politique hypocrite de l’administration Bush a incité les Egyptiens et les Saoudiens à regarder dans la direction de la Russie. Ce plan dément des Américains est la poursuite d’un projet conçu dans les années 70 (et appelé l’Arc de Crise) qui avait pour objectif de balkaniser le Moyen-Orient dans le but d’exploser les Etats forts de la région et ainsi créer une zone où de petits Etats ne pourraient survivre qu’en se faisant la guerre de préférence avec les armes américaines.

Pour simplifier, on pourrait appeler ce projet d’africanisation du Moyen-Orient. L’instabilité politique en Afrique n’a jamais empêché les grandes puissances d’y puiser les matières premières nécessaires à leur épanouissement industriel et économique, mais cette instabilité a miné définitivement l’essor du continent Africain et la création d’organismes comme l’OPEP qui auraient pu permettre aux pays producteurs de devenir les maîtres de leurs richesses. L’autre caractéristique du Grand Moyen-Orient démocratique est l’insistance de ses concepteurs sur « le libéralisme ». Il s’agissait non pas de créer des économies épanouissantes mais de s’opposer au nom du libéralisme à l’OPEP et à la notion de pétrole ou gaz nationalisé (cf. les origines pétrolières de la révolution iranienne).

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Le projet initial de l’Arc de Crise (Crescent of Crisis) avait pour objectif de pulvériser la Russie soviétique grâce à l’islamisation de l’Asie Centrale. Le Grand Moyen-Orient démocratique reste sur la même ligne et cette fois inclut la Chine ou l’Inde dans ses cibles potentielles. Mais il semble que les concepteurs « géniaux » de ce plan de réactions en chaîne qui devaient désorganiser le Moyen-Orient pour justifier la présence américaine dans les eaux du Golfe Persique n’avaient pas prévu la création d’un terrorisme islamique qui leur serait exclusivement hostile. Par ailleurs, ils estimaient peu leurs alliés arabes et ils n’imaginaient pas que les alliés arabes se détourneraient des Etats-Unis pour s’allier à une Russie débarrassée du communisme. Non seulement ils méprisaient les Arabes, mais ils méprisaient aussi les Russes. On ne peut fonder les bases d’une grande diplomatie sur le mépris des adversaires. Si les Arabes ont peu réagi, les Russes ont très bien saisi les opportunités et ont commencé à remodeler leur diplomatie pour récolter la colère des alliés trahis. Les Arabes ont réalisé que les Etats-Unis allaient leur jouer le tour ignoble qu’ils avaient joué au Shah d’Iran et à son peuple naïf. Les Arabes ont commencé à regarder vers la Russie, forçant les Américains à adapter leur projet à cette imprévue. Plus le temps passe et plus les Arabes prennent conscience que les Etats-Unis (républicains et démocrates confondus) font semblant de réajuster cette politique et continuent en sous-main de poursuivre les négociations secrètes avec Téhéran pour un deal qui ne sera pas favorable à la stabilité de la région, qu’il se concrétise selon les conditions américaines ou selon les conditions « iraniennes ».

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La Russie est là et profitera de cette désunion afin que cette balkanisation islamiste ne se réalise pas dans son voisinage. Son seul allié à la fois vital et peu fiable est la république islamique d’Iran, mais grâce à cette dernière et ses relations troubles avec les Etats-Unis, la Russie est en train de devenir l’allié fiable et non versatile de l’Arabie Saoudite. Ainsi se verront réalisés les vœux du testament de Pierre le Grand : que la Russie prenne pied dans le Golfe Persique.

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Condoleezza Rice est une piètre spécialiste de la guerre froide quand elle estime que « les parallèles ne reposent sur rien de concret », elle reste sur le modèle des années 50. La nouvelle guerre froide a déjà conquis l’Europe qui dépend presque entièrement du gaz Russe. Cette nouvelle guerre froide entend contrôler les points d’accès aux plus grands réservoirs d’hydrocarbures du Golfe Persique, de l’Afrique du Nord ou d’Asie Centrale. La nouvelle guerre froide a une autre spécificité : elle ne sera pas axée sur la dissuasion atomique, mais sur une autre forme de guerre « non conventionnelle » (le terrorisme).

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Dans cette nouvelle guerre froide, l’Amérique a perdu la première bataille parce qu’elle ignore que cette guerre d’un genre inédit a commencé et elle ne sait pas encore qui la soutiendra.

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Il ne faut pas se tromper, les alliés ne sont que des pions dans cette guerre dont l’une des victimes sera l’Europe. Seule l’Europe table sur la stabilité du Moyen-Orient car elle est avant tout un club de pays industriels et commerçants. Nous lançons un appel au futur ministre des affaires étrangères de la France, il y a en Iran la matière humaine pour sortir le pays de l’instabilité, il y a un modèle politique susceptible d’arrimer l’Iran à l’Europe, la laïque. Ce nouveau régime aidera l’Europe à en finir avec les réseaux terroristes et l’islamisme propagandiste qui perturbe les institutions de la république française.

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Faites une nouvelle politique, ni Américaine, ni Russe, une politique Européenne et laïque, pour un Moyen-Orient stable d’Etats nation forts, garants de stabilité. L’Iran et ses 70 millions d’habitants seront vos alliés pour ce modèle politique alliant modernité et tradition, identité et laïcité.

L’Europe le peut et l’Iran a besoin d’un allié pour échapper à son destin de pion dans un jeu de guerre entre deux puissances nostalgiques.

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| Mots Clefs | Enjeux : Changement de régime |

| Mots Clefs | Enjeux : Rôle régional de l’Iran |

| Mots Clefs | Zone géopolitique / Sphère d’influence : France |

| Mots Clefs | Zone géopolitique / Sphère d’influence : Alliance IRAN-RUSSIE |

Pour en savoir + sur le rôle de Condoleezza Rice :
- Exclusif Iran-USA : Halliburton au cœur d’une affaire de lobbying
- (12 avril 2007)

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| Mots Clefs | Décideurs : Sarkozy |

| Mots Clefs | Décideurs : Kouchner |