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Iran : La semaine en images n°167
01.05.2011

Depuis des mois, les forces armées du régime boudent les manifestations officielles. Chaque manifestation ainsi ratée confirme la fragilité du régime face à un soulèvement et par conséquent elle augmente l’inquiétude dans les rangs des collaborateurs du régime. Actuellement ces gens achètent de l’or avec frénésie dans la crainte d’un effondrement soudain du régime.

De fait, chaque événement officiel nécessitant une célébration avec la présence des forces armées est d’avance perçu comme une épreuve pour le régime. Cette semaine, le régime avait une très grande épreuve de ce genre devant lui : la célébration de la création des Pasdaran qui devait commencer vendredi et durer plusieurs jours.

En prévision de nouveaux boycotts déstabilisants, jeudi dernier (la veille de la première manifestation), le régime avait menacé les Pasdaran dissidents des pires sévices. Cet avertissement n’a pas été entendu. La présence des Pasdaran a été très faible aux manifestations en leur honneur.

Cette semaine, on a franchi un seuil. Le régime était menacé : la bourse de Téhéran s’est effondrée et la demande d’or a explosé. Le régime a augmenté l’offre de l’or dans des proportions inattendues et a organisé un accident de la route pour trois commandants dissidents des Pasdaran. Vous n’en avez rien su car les partenaires occidentaux du régime ont surtout parlé des nouvelles sans importance (sur le cinéma iranien) afin de dissimuler les difficultés de leur allié. Washington qui a besoin d’un allié islamiste en Iran a même précipité deux émissaires à Téhéran. Voici les images d’une semaine mouvementée dont les mollahs et les Pasdaran se souviendront.



Revenons quelques jours en arrière. La semaine dernière, le lundi 18 avril, le régime devait célébrer la journée de l’armée par un défilé du genre de celui de 14 juillet qui dure plusieurs heures. Mais faute de participants militaires ou Pasdaran, le défilé a été écourté. La demande d’or avait alors provoqué une pénurie de pièces d’or sur le marché libre. Le lendemain (le mardi 19 avril), la pénurie d’or a touché la banque centrale.

La panique était à son comble car trois jours plus tard, le vendredi 22 avril, les Pasdaran qui avaient boycotté le défilé de la journée de l’armée pouvaient potentiellement récidiver en boycottant l’anniversaire de la création de leur propre milice des Gardiens de la révolution. Le régime a alors menacé ces miliciens de mesures punitives même à l’encontre de leur famille. Mais pour ne prendre aucun risque, il a augmenté l’offre de l’or par une vente limitée à un paquet de 100 pièces mais à prix cassé dans 5 grandes succursales de la banque centrale à Téhéran et il s’est abstenu d’annoncer la tenue de défilés, manifestations ou conférences en rapport avec la création des Gardiens de la révolution.

Le jour J, le vendredi 22 avril, il n’y a eu aucun article ou reportage photographique évoquant une manifestation ou un rassemblement en hommage à la création des Pasdaran. Ce black-out généralisé a trompé pratiquement tous les sites comme le nôtre, qui ont zappé l’anniversaire de la création des Pasdaran, mais ce black-out parfait n’a pas dupé les gens du régime qui se souviennent des dates officielles. Ces gens ont interprété l’absence de manifestations en honneur de la milice chargée de défendre le régime comme un échec absolu du régime : dès samedi matin, ils ont été des centaines à faire la queue devant chacune des 5 succursales de la banque centrale à Téhéran pour acheter le plus d’or possible faisant craindre par leur nombre et ces achats multiples une nouvelle pénurie. Le régime a dû annoncer la mise en vente prochaine de plusieurs millions de pièces d’or supplémentaires.

Samedi (1er jour de la semaine). Le régime a renoncé au black-out qui n’avait rien donné de bon ! Pour rassurer ses collaborateurs paniqués, le régime a diffusé des images prises la veille lors du rassemblement des officiers supérieurs des Pasdaran chez le Guide Suprême.
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Ces images tardives n’ont pas pu calmer la panique, même d’un peu, car on a pu y remarquer des panneaux destinés à diminuer la taille de la salle de 70% afin de cacher le nombre insuffisant de participants : 400 selon notre estimation, soit 5% des effectifs. C’est pourquoi la demande d’or, indice du manque de confiance envers le régime, a continué à grimper.

Ce même samedi de panique, le régime a alors diffusé ces photos d’un autre rassemblement des officiers de Pasdaran autour de leur commandant en chef, Jaafari.
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Ces autres images n’ont guère aidé le régime car il y avait moins d’officiers que chez le Guide. Le régime aurait perdu d’autres fidèles en quelques jours. La demande d’or a continué d’augmenter. On allait bientôt avoir plus de monde devant les banques que dans les manifestations du régime. Pour désengorger les banques, le régime a annoncé la mise en vente de plus grands paquets contenant non plus 100, mais 500, 1000 ou 5000 pièces d’or ! L’annonce n’a pas eu l’effet escompté : elle a seulement attiré de plus gros acheteurs qui ne font pas la queue : ils payent des badauds pour la faire à leur place contre 50 dollars !

Dimanche (2ème jour de la semaine), alors que le régime était délégitimé et dévitalisé par le boycott impertinent de ses miliciens et perçu comme fini par ses collaborateurs, le ministre irakien de justice a débarqué avec un protocole d’extradition visant les Moudjahiddines du peuple. L’accord a été signé par le ministre iranien de la justice sous le regard de l’ayatollah Larijani, le chef du pouvoir judiciaire, une fonction propre au régime des mollahs.
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Washington n’a pas bronché : il était d’accord. Mais puisque que l’on ne propose pas ce genre d’accord à un régime ennemi ou un régime que l’on perçoit comme fini, Washington montrait sa bienveillance envers le régime. Dans le contexte défavorable de cette semaine, Washington lui accordait un soutien non négligeable. Il cherchait à rassurer ses collaborateurs paniqués pour éviter que sa situation ne s’aggrave.

Washington aurait sans doute dû se montrer plus explicite car ce protocole inapproprié n’a pas calmé le marché de l’or, les prix qui avaient baissé grâce à la vente à perte de la Banque centrale ont recommencé à monter.

Lundi (3ème jour de la semaine), le régime était toujours en difficulté. Il a placé ses espoirs dans l’organisation d’une manifestation en l’honneur de la mort accidentelle du commando américain pour la libération des otages pendant une tempête de sable provoquée par Dieu. La manifestation a déplacé 25 hommes et 25 femmes. Les Pasdaran de base et leurs officiers avaient encore négligé l’appel à la mobilisation du régime.
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Ce même lundi, le régime a annoncé la mort de trois commandants de Pasdaran (Seyed Ali-Reza Shadmehr, Vali Bagheri et Omid Niazi) dans la collision survenue à 20h30 entre leur Peugeot (ci-dessous) en route vers Téhéran et un camion Mercedes Benz dont le conducteur s’était endormi au volant sur une route déserte.
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L’annonce était invraisemblable car les officiers supérieurs des Pasdaran possèdent des véhicules Mercedes ou des 4x4 Toyota et non des Peugeot. Ils ont par ailleurs droit à des chauffeurs et des gardes. L’annonce n’évoquait aucune autre victime que ces trois hommes. Il n’y avait par ailleurs eu aucune cérémonie en leur mémoire, ni aucun hommage dans les médias. Il nous a fallu plusieurs heures de recherches pour comprendre qu’ils étaient responsables de la police à Khorâssan où les habitants ont pu manifester avec vigueur lors de la fête du feu grâce à l’absence de toute répression, donc des Pasdaran en froid avec le régime. La somme de ces détails évoque un triple assassinat punitif déguisé en accident pour mettre en garde les autres miliciens.

Mardi (4ème jour de la semaine), après cet « accident », le régime a organisé une cérémonie en mémoire du général Gharaney, le premier chef d’Etat major de la république à l’époque du gouvernement provisoire. En fait, Gharaney, un islamiste lié aux Américains, a été tué par les mollahs eux-mêmes ; la cérémonie en sa mémoire était un moyen pour tester la disponibilité des Pasdaran.
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Comme on peut le voir, le test a été négatif. Les Pasdaran ne se laissaient pas intimider. Cette attitude a amplifié la panique des derniers collaborateurs du régime. Craignant la chute désormais potentiellement possible du régime, ils se sont mis à acheter davantage d’or pour préparer leur fuite.
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Ce mardi avant même ce test, le ministre coréen de la justice a débarqué à Téhéran pour assurer les mollahs du soutien indéfectible de son pays (grand allié des Etats-Unis). Washington n’a pas bronché : il était d’accord. Dans le contexte de plus en plus défavorable de cette semaine, il tentait de se montrer conciliant envers le régime pour rassurer ceux qui ont perdu leur confiance dans sa survie.
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Cette visite n’a pas été comprise comme Washington l’entendait. Les gens ont continué à paniquer et à acheter de l’or. Le régime a rappelé la mise en vente prochaine de nouvelles pièces. L’émissaire sud-coréen a prolongé son séjour d’un jour pour rencontre Ali Larijani, l’actuel patron politique du régime, afin de rappeler le soutien de son pays devant un plus grand nombre de caméras…
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Mercredi (5ème jour de la semaine), malgré les efforts du Sud-Coréen, la demande d’or, indice de manque de confiance au régime, a continué de grimper.
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Le régime a alors lancé la rumeur d’une querelle entre le Guide et Ahmadinejad pour évoquer l’apparition d’une tendance déviante au sein des Pasdaran afin de se donner un prétexte légitime pour arrêter et éliminer d’autres Pasdaran dissidents.

Jeudi (6ème jour de la semaine), les partenaires européens du régime ont rapidement diffusé cette rumeur, peut-être sans se douter des intentions du régime, peut-être sciemment et pour démoraliser les Pasdaran dissidents hostiles au régime qui assure leurs intérêts en leur accordant des contrats pétroliers très bon marché.

Vendredi (7ème et dernier jour de la semaine), la Grande-Bretagne est allée plus loin encore en annonçant qu’elle avait annulé l’invitation de plusieurs représentants étrangers au mariage de Kate et de William, mais qu’elle avait maintenu l’invitation du représentant des mollahs car il vient d’un régime fréquentable ! Cela n’a pas rassuré la base, mais il a rassuré les dirigeants.

Samedi (1er jour de la présente semaine), porté par le soutien des Occidentaux, le régime a relancé la rumeur concernant Ahmadinejad par un sermon largement médiatisé du Guide évoquant « le devoir sacré d’éviter les querelles qui font la joie des ennemis ».
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En ce début d’une nouvelle semaine, pour bien faire les choses dans un contexte international globalement favorable, le régime a aussi octroyé la jouissance de 2 puits de gaz d’une valeur de 2 milliards de dollars aux Pasdaran pour laisser le choix aux intéressés ou encore pour les diviser. Cela ne va pas changer la donne car les Pasdaran n’ont pas les moyens d’extraire ce gaz. Par ailleurs, ils sont sous sanction et ne peuvent pas vendre ce gaz, même s’ils parvenaient à l’extraire.

Le régime devra sans doute encore tuer quelques autres Pasdaran dissidents provoquant la haine de ces derniers, provoquant la fin de leur passivité et leur entrée en scène pour encadrer un peuple qui a aussi la haine car il trime en famille et ne gagne rien.
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