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Iran : La semaine en images n°71
28.06.2009

Depuis plus d’un an et demi, nous vous livrons une revue de presse en images de l’Iran sur la base de photos réalisées par les diverses agences iraniennes dirigées par les Pasdaran. Depuis deux semaines, ces images ont été déclassées par la déferlante des vidéos amateurs réalisées par les participants à la première vague du soulèvement contre le régime. Face à cette concurrence déloyale, le régime avait purement et simplement arrêté sa production d’images officielles : elle a repris avec la pause marquée par les contestataires après la répression de la dernière manifestation qui a eu lieu mercredi dernier.



info | La semaine passée a eu son lot de vraies images tournées par les manifestants. Nous les avons diffusées à chaque fois au lendemain des faits en illustration du récit des manifestations de la veille. Depuis, la pause marquée par la contestation, d’autres images arrivent sur la toile avec un peu de retard comme cet incendie d’un 4x4 de la police dans une ville du sud de l’Iran (le 22 juin), attestant de la présence de la contestation en dehors de Téhéran.
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intox | Pour contrer ces images, Téhéran s’est immédiatement mis à produire les siennes : où l’on ne voit pas une infériorité de la milice, mais des attaques contre elle qui seraient repoussées grâce à l’intervention du peuple !

Un premier clip est alors apparu sur la toile (repris par AP et Reuters) : il vaut son pesant de turbans ! Tout le monde joue tous les rôles !
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Quand le régime a produit ces images, il pensait peut-être ne pas pouvoir calmer la contestation. Celle-ci ayant marqué une pause, Téhéran a changé de direction pour évoquer un pays apaisé où tout va bien.

C’est le pays de Candy : les dirigeants que l’on disait divisés s’adorent, les étalages sont remplis de fruits, les musées regorgent de toiles et de visiteurs, les femmes sont bien voilées, les étudiants étudient sous l’œil paternel du ministre des Universités, les usines fonctionnent bien (donc pas de grève), Ahmadinejad a même inauguré une nouvelles raffinerie, la milice roule les mécanique. Tout va bien.
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Réconciliation familiale | Parallèlement à ces images de la vie quotidienne bien réglée, Téhéran montre l’image d’une unité entre les dirigeants. Cela se manifeste par une ligne éditoriale commune à la une des principaux quotidiens iraniens (sauf Keyhan) : il y est question de Rafsandjani ou de sa recommandation aux trois candidats battus (Rezaï, Karroubi et Moussavi) d’accepter l’avis du Guide (la victoire d’Ahmadinejad) et les explications de la commission spéciale pour étudier les résultats du scrutin du 12 juin.
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Décodages | Cette situation mérite une mise à plat. Il y a 2 semaines, le régime des mollahs a annoncé la victoire d’Ahmadinejad suivie d’une « saine contestation des résultats » par Rafsandjani et les trois candidats battus. Il a aussi mis en scène des manifestations pro-Moussavi qui avaient pour objectif de pousser Obama à apporter son soutien à Moussavi afin de lui procurer une reconnaissance qui lui permettrait par la suite de refuser la main tendue par Obama.

Ce plan ambitieux imaginé par Rafsandjani a échoué car le peuple a profité de la brèche des fausses manifestations pour descendre massivement dans la rue et y scander des slogans hostiles au régime. Après deux semaines d’attente, espérant encore une intervention d’Obama, le régime a renoncé, fait attesté par l’abandon par Moussavi de sa demande de nouvelle élection au profit de la création d’une commission de vérité et d’un arbitrage du Conseil de Discernement du Régime, organe légal de Rafsandjani.

En d’autres termes, les 80 mollahs qui se partagent le pouvoir en Iran ont prié Rafsandjani, le concepteur de ce plan casse-gueule, de trouver une solution à cette menace contre le régime qu’il a lui même provoquée. Après deux jours de réflexion, Rafsandjani, via le Conseil de Discernement, recommande aux trois candidats battus d’accepter leurs défaites.

Oublié, le rôle du contestataire en chef des résultats : Rafsandjani redevient l’arbitre du régime. Cet épisode a durement traumatisé les vieux mollahs qui se partagent l’Iran. Les gens reprennent leur rôle habituel. Cependant, conformément aux mises en scène habituelles du régime, les trois candidats ont critiqué cette disposition, Rezaï et Karroubi ont demandé des changements dans la composition de la commission (formée des membres du Conseil de Discernement), et Moussavi a rejeté cette commission, mais pas le principe d’un arbitrage qu’il veut conforme à la charia. De prime abord, cela n’a aucun sens car ces trois-là qui critiquent la recommandation du Conseil de Discernement et la composition de la commission sont eux aussi des membres à vie de cette même institution !

Ce critique répond en fait à la réalité, celle de la contestation populaire. En maintenant Moussavi dans le rôle de celui qui rejette les décisions des instances supérieures, le régime le maintient dans le rôle du leader rebelle de la contestation. On peut donc extrapoler que le régime s’attend à une reprise prochaine de la contestation. De plus, en faisant de lui un garant de la conformité à la charia, il veut relier la contestation à une envie des Iraniens d’un respect plus rigoureux de la charia, le principe fondateur du régime. Téhéran veut recycler la seconde vague en bonus !

En termes de mesures d’accompagnement, Moussavi a d’ores et déjà annoncé un programme de plusieurs rassemblements pour s’attribuer la suite. D’autres mouvements liés au régime, comme les fausses féministes que l’on n’a guère vues dans les manifs avec leur joli logo sont aussi sorties de leur terrier pour organiser des manifs en mémoire de Neda, elles seront bientôt rejointes par les faux étudiants !

Cette reprise en main de la situation va perturber les lobbyistes du régime comme Thierry Coville, Bernard Hourcade ou Yann Richard qui avaient tant glosé sur la fracture au sein du régime. Ils se reprendront pour nous annoncer leur erreur, en expliquant qu’il s’agit d’une grande réconciliation en famille, réconciliation qui attesterait de la solidité du régime.

Faux pas | Il est dur d’être un lobbyiste avec un régime instable et versatile. Le virage étant difficile à négocier en si peu de temps, on ne les entend guère. Impatient de faire passer le message de l’unité familiale, le régime a eu la très mauvaise idée d’envoyer son ambassadeur bodybuildé sur le plateau de Karl Zéro pour prêcher cette idée. Il en a résulté un grand moment de comique involontaire !
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Le document est précieux : son excellence Hulk est bien souriant quand on lui parle de la mort de Neda, mais beaucoup moins rieur quand on lui parle d’une nouvelle révolution. Voilà ce qui fait peur à ce régime. Pas Nada, mais 100,000 Neda bagarreuses.