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Iran : Les Etats-Unis maintiennent les conclusions du NIE
31.05.2008

Donald Kerr l’adjoint du directeur des renseignements américains, a annoncé hier que suite aux récentes allégations britanniques sur certaines activités nucléaires iraniennes et le rapport de l’AIEA, les Etats-Unis n’avaient aucune intention de réévaluer les conclusions du rapport d’estimation de la menace nucléaire iranienne, le NIE (National Intelligence Estimate).



Au cours d’un dîner au WINEP (Washington Institute for Near East Policy), l’un des think-tanks les plus impliqués dans les affaires iraniennes, Kerr a précisé que le NIE resterait « valable et inchangé à moins que des nouvelles preuves probantes soient versées au dossier », en ajoutant que ses services travaillaient avec acharnement dans ce sens » [1]. Pour résumer selon le NIE, les mollahs ne représenteraient plus de menace jusqu’en 2015 (l’avant dernière année du second mandat d’Obama ou McCain) car ils auraient arrêté toute recherche nucléaire militaire avant 2003 !

Selon les allégations britanniques, les mollahs auraient eu des activités nucléaires militaires après 2003 ! En ce sens, ces allégations étaient certes dirigées contre le programme nucléaire iranien, mais surtout contre le NIE. L’opposition des britanniques au rapport NIE tient aux objectifs de ce rapport.

En publiant le NIE, Washington voulait dédiaboliser le programme nucléaire iranien et rendre possible une reprise du dialogue avec les mollahs pour aller vers une entente. Le rapport a repoussé l’urgence du dossier de plusieurs années offrant un plus grand délai à Washington pour mener sa politique de sanctions qui a pour objectif de soumettre les mollahs au diktat de Washington, diktat pacifique qui veut faire des mollahs un instrument de la diplomatie américaine dans le Golfe Persique et en Asie Centrale. Cette alliance fera des compagnies pétrolières américaines les leaders du marché au détriment du British Petroleum (ex Anglo-Persian Oil Company) et Shell qui placent actuellement la Grande-Bretagne parmi les Etats les plus puissants et les plus riches de la planète.

Les britanniques ont donc décidé de combattre le NIE par tous les moyens au risque de friser la contradiction. Ils ont ainsi d’abord évoqué la maîtrise par l’Iran d’une nouvelle technologie nucléaire très avancée, affirmant dans la foulée qu’il fallait reconnaître la puissance nucléaire de Téhéran. El Baradai a alors fait des déclarations dans ce sens. L’objectif était de couper court aux sanctions et d’imposer sans délai le régime afin qu’il renonce à une entente avec Washington. Or, Téhéran qui ne manque pas une occasion pour affirmer sa maîtrise du savoir faire nucléaire a incité les britanniques et El Baradai à rebrousser chemin car cette hypothèse de la maîtrise d’un savoir faire nucléaire très avancé en matière d’enrichissement pouvait renforcer les sanctions, ce qui est synonyme d’une plus grande vulnérabilité économique du régime des mollahs, de l’effondrement de ce régime et d’une entente accélérée avec Washington. Londres a calmé le jeu, suivi docilement par El Baradai, et leur point de vue commun est d’évoquer une maîtrise partielle de cette technologie.

Londres a aussi estimé qu’il fallait s’attaquer à la date centrale du NIE : l’année 2003. Il a sorti de son chapeau à la veille de l’adoption d’une nouvelle résolution au Conseil de Sécurité, des documents qui prouvaient l’infondé du NIE. Nous avions d’ailleurs signalé l’opposition entre ces documents et le NIE, sans y voir une opposition flagrante entre Londres et Washington qui affichent une amitié à toute épreuve. Pourtant cette opposition anglo-américaine est l’un des éléments conjoncturels et fondamentaux de cette crise.

Cependant à l’époque Washington avait laissé faire car il estimait que ces documents allaient aussi servir de caution à sa politique de sanctions pour soumettre les mollahs. Mais à présent, avec l’apport du rapport El Baradai, l’affaire prend une autre dimension et peut remettre en cause une entente avec l’Iran car ces documents et le rapport rediabolisent le programme nucléaire iranien. Les britanniques sont d’ailleurs diablement actifs, alors que les américains sont plutôt silencieux, sur le front du harcèlement des mollahs pour amplifier cette crise dans la crise.

Les Etats-Unis ont donc décidé de se démarquer progressivement des « preuves » présentées par les britanniques et entérinées par El Baradai en les estimant peu dignes d’intérêt. La déclaration de Donald Kerr a été faite pour rassurer le WINEP que les Etats-Unis maintiendront le cap de leur diplomatie sans se laisser influencer par cette offensive britannique.

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| Mots Clefs | Zone géopolitique / Sphère d’influence : USA |

| Mots Clefs | Nucléaire Militaire : La Bombe nucléaire Islamique |

| Mots Clefs | Décideurs : Analystes & Experts |

| Mots Clefs | Pays : Grande-Bretagne |

[1] « Until we have new data, new facts, we’re not going to change the basic NIE, the classified version. We of course are working every day to either find more facts, new facts, or those that might support where we are today », Kerr told a dinner sponsored by the Washington Institute for Near East Policy.

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