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Iran : La semaine en images n°224
08.06.2012

Le régime des mollahs est boycotté depuis 2 ans par la seconde et la troisième génération des Pasdaran (issues du peuple) car il méprise le peuple et ne cesse de dire non à tout compromis sur le nucléaire quelles que soient les sanctions et les difficultés rencontrées par le peuple. Cette rupture qui a fragilisé le régime a paniqué ses hommes d’affaires et ses collaborateurs. Ils se sont mis à acheter de l’or et du dollar pour quitter le régime fragilisé, vulnérable en cas de soulèvement.

Il faut savoir qu’en 1979, Washington a aidé ou même façonné la révolution islamique pour installer au pouvoir des pions islamo-gauchistes chargés de déstabiliser l’Asie Centrale en aidant ses peuples musulmans opprimés. Washington espérait soulever les musulmans de l’Asie Centrale contre l’Union Soviétique et la Chine afin de s’emparer de cette région riche en pétrole. Mais ses pions ont été évincés par les mollahs. Ces derniers ont aussi adopté une attitude très anti-américaine pour rompre les relations diplomatiques et éloigner Washington d’Iran. Depuis, Washington ne cesse de sanctionner les mollahs pour provoquer des désordres économiques, il fait le lit du mécontentement et de la révolte, mais laisse la porte ouverte des négociations et propose gentiment la réconciliation. Il entend les amener à rétablir les relations pour qu’il puisse rapatrier ses pions en Iran.

Ces pions créeront alors une opposition pluraliste en Iran que Washington qualifiera de démocratique pour inciter le peuple à voter en sa faveur. Vu l’impopularité des mollahs, ces pions colorés de Washington n’auront aucune peine à gagner les élections et à prendre le pouvoir du régime islamique.

Pour résumer, le processus de réconciliation proposé par Washington est une machination pour pénétrer le régime et prendre le pouvoir par l’intérieur. Les mollahs ne peuvent pas l’accepter car ils y perdront tout ce qu’ils ont, même la vie car ils ont beaucoup fait de mal. C’est pourquoi ils ont refusé même après la fragilisation de leur base qui les expose aussi à la chute et à la mort.

Washington a eu peur que le régime islamique cher à son cœur tombe sous l’effet de la rupture des Pasdaran, un soudain soulèvement populaire ou la fuite des collaborateurs paniqués par un soulèvement soutenu par les Pasdaran. C’est pourquoi Washington a envoyé de nombreux émissaires en Iran avec des offres de paix très avantageuses pour les dirigeants. Les derniers collaborateurs du régime ont cru comprendre que Washington allait offrir des garanties de sécurité à leurs dirigeants et que ces derniers allaient les sacrifier car il faut tout de même des coupables pour les crimes commis durant ces 33 années. Les derniers collaborateurs du régime ont encore paniqué : ils ont accéléré leurs achats d’or et de dollar dans la hantise d’être sacrifié par leurs dirigeants. Ces derniers ont tenté de calmer cette panique avec un procès de fraude visant les acheteurs de dollars.

La panique interne est devenue la trame habituelle du régime car chaque semaine, il y a de nombreuses manifestations officielles boycottées par les Pasdaran, boycotts qui rappellent à ses derniers collaborateurs la vulnérabilité du système.

Dans ces conditions, la semaine dernière, le régime devait organiser la cérémonie annuelle de prestation de serment des derniers officiers des Pasdaran. Cette cérémonie n’avait pas eu lieu en 2010 et 2011, le régime avait alors diffusé des images d’archives, signe qu’il n’avait plus de nouveaux Pasdaran à ses côtés. Sans attendre une nouvelle diffusion d’images d’archives, la tension interne est fatalement montée en flèche.

Le régime a tenté de calmer ses collaborateurs agités par le renforcement des accusations du procès de fraude inventé pour les intimider. Il a également annoncé l’ouverture d’un second procès de détournement visant des responsables politiques. Il a enfin annoncé des arrestations de responsables politiques.

La semaine dernière, le régime avait aussi un anniversaire cher à son opposition officielle. Comme les deux années précédentes, le régime n’a trouvé aucun volontaire pour réanimer son opposition officielle pour contenir la colère du peuple. Il est devenu clair que personne ne croyait une telle chose possible. Le régime n’avait ni défenseurs pour réprimer un soulèvement, ni gens pour le dévoyer. Il n’avait pas non plus l’autorité pour calmer ses derniers collaborateurs.

Au même moment, il devait alors reprendre le dialogue sur le nucléaire, il l’avait accepté pour obtenir au moins une pause dans les sanctions pour limiter le risque de soulèvement. Vu son état où tout semblait perdu, il pouvait céder face aux Américains. Pour ses collaborateurs, il y avait un risque d’être sacrifié : la panique a gagné leurs rangs : ils ont accéléré encore leur achat d’or, de dollar, mais aussi d’autres devises quand le dollar a manqué. Toutes les devises étaient en très forte hausse.

Le régime n’a rien cédé face aux Américains car il doit rassurer ses derniers collaborateurs. Les Américains ont conclu que le régime devait se figer de plus en plus pour préserver ses derniers alliés avant de chuter avec leur exode. Ils ont décidé d’augmenter la pression plus que d’ordinaire : ils ont annulé définitivement un important contrat gazier indien qui leur servait d’appât, ils ont annoncé de nouvelles sanctions pétrolières et la fin de tout gel de sanctions pendant le dialogue en cours. Cela a également indisposé les derniers collaborateurs du régime. Ils sont restés agités.

Le régime n’a annoncé aucune arrestation. Il ne savait que faire pour intimider ses derniers collaborateurs sans les mettre en fuite ou augmenter leur agitation. Il était seul au monde. La Chine qui avait déjà ralenti son investissement dans le secteur pétrolier a estimé que le régime était perdu et certainement insolvable : elle s’est retirée dans un grand marché de construction. Ce qui a augmenté la panique interne.

Cette semaine, le régime avait pour priorité de calmer ses collaborateurs paniqués. Mais il ne pouvait pas se montrer plus clément car il aurait donné l’impression qu’il avait peur d’eux et qu’il était impuissant, cela aurait augmenté leur sentiment d’insécurité et aurait amplifié la crise. Il ne pouvait que se monter plus dur. Il devait cependant éviter des gestes ou des propos susceptibles d’effrayer ses collaborateurs déjà très stressés afin de ne pas déclencher leur fuite. Il était clairement dans une situation très délicate. Le régime devait cependant frapper : l’actuel patron politique du régime, Ali Larijani, a frappé, mais en épargnant ses amis et en ciblant les membres du clan de son ennemi, Rafsandjani. Ce dernier a tenté de riposter de son bien et le régime s’est retrouvé dans une guerre des clans alors qu’il devait montrer sa cohésion pour limiter la perte de son autorité.

Cela tombait mal car le programme était d’ailleurs centré sur la mise en valeur de la cohésion interne d’une part avec le rassemblement de tous les responsables pour célébrer la rentrée du nouveau Parlement et d’autres part avec des rassemblements continus de toutes les forces du régime pour une semaine entière d’hommage à Khomeiny à l’occasion de l’anniversaire de sa première révolte et aussi l’anniversaire de sa disparition.

Les divisions internes n’ont pas arrangé les affaires du régime boycotté, il a été plus seul que jamais. Il s’est lancé dans une propagande échevelée pour nier ses divisions et son affaiblissement. Cette 224e édition de la semaine en images vous montrera l’infondé de ses annonces de mobilisation en mémoire de Khomeiny. Nos images, c’est-à-dire ses propres images de presse, confirmeront aussi la fonte des effectifs du régime même à haut niveau. Voici de nouvelles preuves de la lente agonie du régime pétrifié des mollahs.



Chaque semaine, nous commençons ce rapport illustré par un rappel du plus important événement de la semaine précédente. Cette fois, on ne peut pas citer d’événement car la semaine dernière, le régime a subi de nombreux revers. Il a encore été boycotté, il a connu une nouvelle agitation interne du côté de ses collaborateurs, il a dû hausser le ton vis-à-vis de ses collaborateurs paniqués, il a même annoncé des arrestations à haut niveau. Par ailleurs, on lui a signifié de nouvelles sanctions et il a été un peu lâché par ses amis chinois. Cette dernière rupture a été assez inattendue. On peut donc la considérer comme l’événement le plus important de la semaine.

Mais les amis chinois du régime n’auraient pas pris leurs distances s’il n’avait pas encore diffusé des images d’archives pour la très importante cérémonie annuelle de prestation de serment des nouveaux Pasdaran et qu’il n’avait pas perdu tout contrôle sur leurs collaborateurs paniqués. De fait, on peut dire que le principal événement de la semaine dernière a été la révélation de son manque total d’autorité à tous les niveaux. Le régime lui-même a eu la même lecture car il a consacré le premier jour de la nouvelle semaine à soigner l’image de son autorité. Ce choix a sans doute été également dicté par la nécessité de forcer ses collaborateurs à participer à l’hommage à Khomeiny afin qu’il ne puisse pas paraître encore plus faible et dépassé aux yeux de ses grands soutiens étrangers comme les Chinois.

Samedi 26 mai 2012 (6 Khordad 1391), le régime a commencé la nouvelle semaine sur un ton très martial en annonçant le rassemblement de tous les policiers, mais aussi des militaires et des Pasdaran en poste à Téhéran, pour une cérémonie d’hommage au drapeau devant Ahmadi-Moghadam, le commandant en chef de la police iranienne depuis 2005. Le message était clair : tous les soldats du régime seront affectés à la sécurité policière.

Pour bien faire passer le message, la dépêche consacrée à ce rassemblement parla d’un signe de fidélité des forces de l’ordre à la révolution islamique : on était clairement dans l’affirmation de l’autorité et aussi dans la semaine de renouvellement de fidélité à Khomeiny.

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Le régime commençait fort sa propagande, mais il y a un problème : la lumière n’est pas la même partout, sur une photo, il y a de très longues ombres, sur une autre aucune ombre et un temps gris. On rencontre le cas quand le régime utilise des photos d’archives.

Par ailleurs, généralement, le régime place sur le mur du fond de la tribune d’honneur une bannière liée à l’actualité du moment. De fait, cette semaine, on devait y voir une bannière évoquant Khomeiny et l’annonce de la fidélité des troupes à sa mémoire. Mais là, il n’y a eu rien de tel : il n’y a aucun portrait géant de Khomeiny et la bannière du fond de la tribune fait référence à la Journée de Résistance qui a eu lieu la semaine dernière, le mercredi 26 mai.

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Ces photos qui étaient censées affirmer l’autorité du régime n’ont donc pas été prises cette semaine. Etant donné que la semaine dernière, lors de la Journée de la résistance, le régime n’a parlé d’aucun rassemblement de ce genre, elles ne peuvent pas avoir été prises alors. Elles datent donc d’une précédente célébration de la journée de la résistance.

Enfin, un dernier point : les amis du régime observent les photos qu’il publie pour jauger l’état de ses forces. Le régime se préserve en publiant le minimum d’image quand il ment. Cela a été le cas avec ce rassemblement : en dehors de l’agence Mehr, ce rassemblement de force n’a été répercuté par aucune autre agence de presse du régime.

Le régime devait aussi se montrer autoritaire pour calmer ses collaborateurs agités. Il devait se montrer prudent pour ne pas augmenter leur stress et les risques d’une nouvelle agitation. Pour cela, il a continué les procès de fraudes mis en place pour intimider ses hommes d’affaires en annonçant les noms de 6 anciens responsables politiques impliqués dans les dites fraudes. En reportant la pression sur d’anciens responsables politiques, le régime a ainsi durci le ton sans accuser davantage ses hommes d’affaires.

Parallèlement à ce demi durcissement dans les procès pour fraudes, le régime a organisé une conférence sur la surveillance bancaire où son ministre de l’économie et le président de la Banque Centrale Iranienne (BCI) ont dit que les banques privées (c’est-à-dire de très importants hommes d’affaires du régime ou de très importants politiciens) avaient détourné près de 8 milliards de dollars et qu’on allait leur prélever cette somme de force pour la reverser à la banque centrale iranienne. La direction du régime a donc tenté de montrer son autorité en visant les plus gros bonnets.

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Il est cependant important de préciser que le pouvoir judiciaire contrôlé par le frère d’Ali Larijani, l’actuel patron du régime, a encore accusé des ex-responsables proches de Rafsandjani, le rival du clan Larijani. En évoquant la responsabilité des banques privées, la direction du régime ciblait aussi Rafsandjani qui est le plus grand homme d’affaires du régime. La direction actuelle du régime est ainsi restée dans une approche partisane susceptible d’aggraver la situation actuelle dans les semaines à venir. Il convient cependant de préciser que le clan adverse aurait fait la même chose. Le régime fonctionne ainsi.

En ce premier jour de la semaine, le régime devait aussi préparer la rentrée du nouveau Parlement. Selon sa tradition, tous ses hauts responsables doivent y participer pour saluer les nouveaux élus. C’était là un bon test pour mesurer sa cohésion après la crise de la semaine précédente. Mais le régime ne communiqua guère sur ce sujet car depuis des mois, on ne voit guère qu’une soixantaine de personnes au Parlement. Il a pu cacher cette rupture grave en cessant de publier des photos d’ensemble, mais là on allait voir enfin qu’il était abandonné par 75 % de ses amis de terrain (ou les profiteurs du système).

Ali Larijani, ex-patron de la communication du régime, privilégie toujours la diversion médiatique. Il a annoncé le démarrage de la campagne pour la direction du futur Parlement au sein de son propre parti. Il a mis en avant sa propre candidature en concurrence avec celle de son ami Gholam-Ali Haddad-Adel.

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Mécontents de ces images molles, on a relancé le buzz, en annonçant qu’à l’issu de débats passionnés, le parti de Larijani avait désigné l’outsider Haddad-Adel comme son candidat et Ali Larijani, le patron du parti et du régime, avait recueilli seulement 5 % des voix de son camp !

Il est vrai que Larijani voudrait trouver le moyen de quitter la direction du Parlement pour superviser en personne les négociations afin que des politiciens liés à son rival Rafsandjani, comme le ministre iranien des affaires étrangères Salehi, ne puisse pas agir dans le sens de son rival, mais il nous semble qu’il était prématuré de lancer la campagne pour la direction du Parlement avant même la rentrée du Parlement. L’ambiance très molle de cette campagne montre d’ailleurs son manque d’intérêt. Avec ce buzz, le régime était clairement dans un effort de diversion pour faire oublier sa rentrée parlementaire depuis que l’on voit enfin la perte d’un grand nombre de ses serviteurs.

Dimanche 27 mai 2012 (7 Khordad 1391), on y était : tous les hauts responsables devaient venir assister à la rentée parlementaire. Les 23 membres du Conseil de Discernement, c’est-à-dire les vrais dirigeants du régime, ainsi que tous les chefs des divers corps de l’armée et de Pasdaran ou encore les membres d’autres institutions constitutionnelles comme l’assemblée des experts, devaient être là. les membres du gouvernement, les chefs des fondations (qui gèrent l’argent du régime) devaient aussi être là. Conformément à la tradition, les chefs des communautés religieuses devaient également être là. Mais ce n’était pas suffisant pour remplir le grand hémicycle vide à 80 %. Ali Larijani a inclus ses amis de la chambre de commerce sur la liste des invités, il a aussi invité les responsables du programme nucléaire, mais aussi des pions de Rafsandjani comme le chef de l’inspection générale du régime, le mollah Mostafa Pour-mohammadi ou encore Ghalibaf, le maire de Téhéran, ainsi que les membres de son conseil d’administration.

Avec tout ce monde on était loin du compte car le nouveau Parlement islamique de forme pyramidale à l’extérieur (en référence à l’alignement politique des mollahs) est dotée d’un immense hémicycle composé de deux niveaux : le 1er niveau est doté de 28 fauteuils pour le gouvernement et 308 fauteuils répartis en 4 blocs de 77 sièges pour les élus. La mezzanine est dotés 120 places réservées à la presse ou au public.

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En principe avec officiellement 290 élus et près de 180 à 200 invités, et par ailleurs un total d’environ 430 places assises, le régime devait montrer une salle comble et des sièges d’appoint ajoutés en plus. Mais dans l’état de ses forces, c’est-à-dire uniquement 60 élus à ses côtés, le régime devait répartir ses élus et ses invités, soit environ 250 personnes, pour simuler une salle comble sur les deux niveaux.

Pour réussir cette simulation difficile, le régime devait limiter les vues panoramiques et privilégier les vues serrées. Mais il ne pouvait pas éviter les vues panoramiques, il a opté pour deux vues panoramiques tronquées et quelques vues serrées en diagonale que voici.

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D’emblée, on voit que la mezzanine de 120 places est vide à 70 % et qu’il y a de nombreuses places libres dans la partie basse. Il y a là une vingtaine de personnes dans chacun des deux blocs extérieurs, ils sont donc vide à 70 %. La partie centrale est plus compliqués car sur la grande vue panoramique, elle est pleine, sur la photo de face consacrée à Ahmadinejad, elle est également vide à 70 % ! Le fait est que l’on peut plus facilement remplir une surface lointaine et en contrebas que une vue proche, de face et horizontale. Il est aussi difficile de remplir des parties où la foule doit être de travers d’où l’absence de remplissage dans les deux blocs extrêmes qui laissent entrevoir une occupation à 70 %. Avec une occupation générale de 70 %, le régime avait réuni près de 135 personnes pour la grande communion nationale de sa rentrée parlementaire ! De nombreux invités n’étaient pas venus, le régime avait peut être perdu aussi et encore quelques députés. Le régime était très loin d’inspirer la cohésion !

Larijani avait vu juste en prévoyant un fiasco. Mais il n’a pas été préféré à Rafsandjani pour ses diagnostics, mais pour trouver des solutions que ce dernier n’avait pas su trouver. Larijani attaque d’ailleurs Rafsandjani et le critique sur ses résultats pour minimiser ses propres bourdes. Là, Ali Larijani était vraiment mal. Mais au-delà de son malaise, le régime allait aussi très mal car la faible mobilisation évoquait une épidémie de ruptures internes à très haut niveau.

Si le régime a manqué sa communion politique, il y a eu en revanche une communion entre les derniers fidèles pour détourner l’attention des collaborateurs de base de cet effondrement au sommet. Dans un même élan, tous les médias du régime ont oublié le message de cohésion que ne pouvait inspirer cette rentrée parlementaire : pour détourner l’attention de la base, ils se sont mis à parler des tensions nées après un discours vindicatif d’Ahmadinejad contre le Parlement. Mais, il n’y avait aucune photo corroborant ces dires et de plus, il n’était pas bon de parler de division lors de la semaine d’hommage à Khomeiny qui doit être une semaine de cohésion de toutes les forces et tous les membres du régime au-delà des nuances partisanes. Larijani avait encore fait un mauvais choix et il devait corriger cette dernière bourde.

On dit que l’attaque est la meilleure des défenses. Larijani a tenté de corriger sa bourde en donnant le signal de démarrage de la semaine de célébration de Khomeiny avec l’annonce du départ majestueux des nouveaux élus à Behesht-Zahra au sud de Téhéran où repose Khomeiny pour renouveler leur vœu de fidélité avec lui dans une prière collective sous la direction de son petit-fils Hassan Khomeiny.

Cette annonce d’un pèlerinage des élus de tous les bords unis dans un même élan était parfaite d’un point de vue médiatique. Tout le monde attendait le reportage de ce pèlerinage pour voir s’il était vrai. Les photos tardaient. C’était mauvais signe (on était en train de les maquiller). Aïe !

Les premières photos ont été publiées assez tardivement. Il y avait d’une part des vues d’extérieurs et une vue intérieure. Sur les vues extérieures, on voyait Ali Larijani accompagné de vingt personnes au maximum.

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Sur la vue intérieure, on voit une soixantaine de personnes, le nombre d’élus qu’avait le régime ces temps-ci.

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C’est aussi une drôle de photo : Ali Larijani qui est le chef du parti qui a officiellement gagné les récentes élections et 52% des sièges est perdu au 4è rang. Les têtes semblent issues d’un montage car les éclairages ne sont pas les mêmes sur les visages. De fait, les seules photos non trafiquées de ce pèlerinage semblent être les vues extérieures où l’on voit une vingtaine de personnes. Le régime et son patron avaient donc perdu 60 % de leurs derniers amis parlementaires qui leur restaient encore fidèles, mais ils le niaient en publiant un photo-montage avec 60 élus. La perte était en soi mauvaise, la persistance à insister sur l’existence de 60 malheureux élus fidèles était encore pire. Le régime était dans la revendication d’une base minimale qui ne peut pas être rassurante. La direction du régime n’était visiblement pas très en forme.

La base a dû réagir négativement car peu de temps après, d’autres photos avec toujours plus de monde ont été publiées comme celle-ci qui a été prise du fond de la même petite salle de prière. On y voit le petit-fils de Khomeiny sur une estrade que l’on n’avait pas vue sur le drôle de photo-montage avec 60 personnes à bord.

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Le régime revient à une propagande plus forte quand ses derniers collaborateurs qui s’agitent doutent davantage de sa force. Là, le régime était coincé par la première photo, il devait diffuser des vues du même genre, il a pris ce qu’il avait en stock sans tenir des compte des détails. Ces nouvelles bourdes ne pouvaient qu’inquiéter ses derniers associés. Les médias ont encore parlé de la hausse du dollar. Le patron de la Banque centrale du régime a même affirmé que, selon les données financières extérieures notamment la hausse du baril, le dollar ne baisserait plus !

Par cette affirmation, le régime entendait nier que la hausse du dollar était liée à la hausse frénétique de la demande intérieure après la révélation d’une nouvelle baisse de ses effectifs. Mais l’opinion a juste enregistré la première phrase qui était utilisée comme titre de l’annonce : le dollar ne peut pas baisser. Cela ne pouvait qu’embraser le marché. Le directeur de la BCI est revenu sur ses propos, mais il était trop tard : la crise de confiance était de retour. Le même jour, le régime a diffusé des images en revenant à une propagande intimidante basique avec des détails et des images rappelant qu’il jugeait pour fraudes et atteinte à la sécurité nationale de nombreux collaborateurs agités.

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Puisqu’il multipliait les bourdes, le patron du régime a mis en avant la présence d’un haut responsable du Tadjikistan en Iran pour signer un accord énergétique. Cela ne pouvait rassurer personne car le Tadjikistan est un pays très pauvre. En mettant en avant des liens avec ce pays, Larijani a seulement réussi à mettre en évidence l’isolement du régime.

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En ce tout début de la semaine, la situation n’était guère brillante. En cherchant à afficher la cohésion, le régime avait mis en valeur son manque de cohésion. Son patron avait multiplié les bourdes : il s’était retrouvé avec une nouvelle crise de confiance. Il avait été alors obligé d’entrer en conflit avec ses éléments en rupture. Il était clair que le régime ne pouvait pas compter sur des retours de dissidents pour mener à bien le programme de célébration de Khomeiny qui nécessite beaucoup de rassemblements. Le patron du régime, Ali Larijani, était dans une position délicate.

Lundi 28 mai 2012 (8 Khordad 1391), Larijani qui avait multiplié des bourdes s’est mis en retrait. Le clan Rafsandjani a profité de cette absence pour occuper le terrain. Ghalibaf, le maire de Téhéran s’est précipité sur le tombeau de Khomeiny avec son conseil d’administration qui compte plus de 20 personnes pour ridiculiser la sortie de Larijani sur le même site, puis il est allé fêter la fin des gros œuvres du grand tunnel à Téhéran avec les ouvriers. Précisons que le régime avait déjà annoncé la fin des gros œuvres il y a trois mois. Ce détail mis à part, Ghalibaf cherchait à se hisser vers le haut.

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Le même jour, un des bras droits de Rafsandjani, Ali-Akbar Velayati, chargé des négociations secrètes mais aussi des groupes islamistes armés, a annoncé à l’occasion de la semaine d’hommage à Khomeiny, une nouvelle conférence pour parler du rôle du régime dans l’actuel Eveil de l’Islam (soutenu par Washington). Velayati a invité à cette conférence Rafsandjani, le maître d’œuvre pour évincer les pions américains de la révolution islamique menée par Washington, pour donner sa vision de la marche à suivre. Rafsandjani avait également obligé les Français à restituer le prêt d’Eurodif en recourant au terroirisme islamique à Paris. Il était évident que Velayati tendait une perche à son chef de file pour mettre en avance son savoir faire en temps de crise.

Ali Larijani a riposté à ce retour intelligent par l’intermédiaire du pouvoir judiciaire dirigé par son frère en esquissant une accusation de fraude et de détournements des fonds publics contre trois de ses principaux lieutenants : l’ayatollah Shahroudi (ex-patron du pouvoir judicaire), Mostafa Pour-mohmmadi (chef de l’inspection générale du régime) et Alla-eddin Boroujerdi (le chef de la commission parlementaire chargée de supervision des négociations nucléaires dont nous avons parlé la semaine dernière). Le principal accusé du procès de fraude bancaire a cité leurs noms en parlant des responsables qui profitaient de la corruption du système. Le principal accusé du procès a aussi évoqué le nom d’Ali Rezaï qui sans être un lieutenant de Rafsandjani est un de ses alliés et un des partisans de négociations secrètes avec Washington. Rafsandjani devait comprendre et reculer. Il a également demandé que le procès soit télévisé afin qu’il puisse balancer les vrais coupables. Il a regretté que cette demande qu’il répète depuis 10 mois ne soit pas accepté par le pouvoir judiciaire !

Avec cette approche, le clan Larijani s’est réservé le droit de ne pas finaliser la riposte au cas où Rafsandjani renoncerait à ses ambitions pour retrouver sa place, mais on peut en douter car il y un fond commercial : les Larijani ne cessent de lui voler ses business les plus florissants comme la richissime Université Libre qui lui rapportait l’équivalent de 2 milliards de dollars par an !

Dans l’état des choses, Larijani devait aussi revenir au premier plan : c’est pourquoi il a soudain était élu Président provisoire du Parlement alors que la veille, il n’avait que 5 % des voix dans son propre camp et 0 % dans l’opposition !

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La guerre interne pour le pouvoir et le fric avait pris le pas sur ses calculs tactiques et politiciens. Cela ne pouvait que déplaire à la base : le régime a repris des annonces de descentes policières et d’arrestations musclées, mais il n’y a eu aucune photo. Le régime était dans la propagande fictive.

Mardi 29 mai 2012 (9 Khordad 1391), le régime n’allait nulle part. La guerre commencée par les Larijani et acceptée par Rafsandjani pouvait accélérer la fuite des collaborateurs du clan Rafsandjani et entraîner une chute prématurée. Cela ne pouvait pas plaire à Washington qui a aidé la révolution islamique et veut préserver ce modèle en Iran. Washington a décidé d’attaquer le régime pour provoquer une cohésion défensive. Il devait cependant éviter des sanctions économiques car le régime ne pouvait pas le supporter, il pouvait tomber. C’est pourquoi Washington a lancé une cyber attaque contre le système informatique du régime par le virus voleur « Flambeur ». L’attaque n’a pas provoqué la réaction attendue, il n’y a eu aucune réaction commune.

Mais Rafsandjani a participé à la conférence sur l’Eveil Islamique sans évoquer la possibilité de recourir à l’action terroriste pour rappeler son rôle positif pour le régime en 1979, puis dans les années 80. Il a même encouragé son lieutenant Velayati à oublier cet Eveil bidon inventé par Washington pour revenir à l’action de base du régime dans ce domaine, c’est-à-dire à des salves de menaces et de slogans anti-israéliens. Velayati est resté baba !

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On ne peut pas attribué la reculade de Rafsandjani au Flambeur, il a plutôt eu peur d’entendre son propre nom et celui de ses enfants parmi les accusés de fraude. En reculant, Rafsandjani demandait la fin de la guerre. On n’a plus entendu parler des accusations contre les lieutenants de Rafsandjani, mais en reculant Rafsandjani a montré qu’il avait peur des Larijani et ces derniers ne manqueront pas de lancer de nouvelles accusations contre ses proches pour le faire chanter et obtenir d’autres morceaux de son empire. La guerre n’est donc pas finie et les collaborateurs de Rafsandjani sont toujours sur la sellette. Ce qui va entretenir un foyer de stress au sein du régime et alimenter les crises de confiance à chaque confirmation de la baisse de ses effectifs.

Conscient de ce problème d’ultra-sensibilité de ses derniers collaborateurs au nombre de personnes qu’il peut ou non mobiliser, le régime a vite programmé des enterrements collectifs de soldats inconnus de la guerre Iran-Irak pour attirer dans les rues et sous sa bannière de très nombreuses familles qui ont perdu un enfant dans cette guerre.

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Les enterrements de martyrs inconnus ont toujours été un outil basique du régime pour provoquer des attroupements parfois spectaculaires, mais depuis peu les gens ne viennent plus, les parents sont peut-être trop vieux, malades ou morts et les frères et les sœurs ont leurs problèmes. En tout cas, en recourrant à cette tactique, le régime avouait l’absence de réels partisans. Cependant, de bels attroupements laissent l’impression qu’il a encore des réserves. Il devait donc réussir pour limiter l’impression qu’il n’a plus aucune réserve et qu’il complètement seul et vulnérable à tout mouvement de masse.

Par prudence, le régime a annoncé de nouvelles actions sécuritaires musclées et une conférence de ses chefs de polices sur les techniques pour arriver à une Sécurité Durable. On n’a vu aucune image des arrestations musclées annoncées par le régime et la conférence sur la Sécurité durable a été une occasion de se remémorer qu’il a perdu beaucoup de ses super policiers.

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Le régime manquait de ressources intérieures, il a alors parlé de l’arrivée de 700 invités étrangers pour participer à des conférences sur Khomeiny autour de ses fidèles et ses fans. La perte de vitesse du régime est visible sur les images de cette grande conférence car elle a un orateur et a réuni une vingtaine de figurants à moitié endormis dans une petite salle de classe.

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Le régime s’affaissait littéralement, il ne mobilisait que des figurants récalcitrants.

Mercredi 30 mai 2012 (10 Khordad 1391), Larijani pouvait se faire sermonner. Lors de la première séance du Parlement sous sa présidence (provisoire), il a déclaré que Washington menaçait le régime depuis longtemps mais lui proposait en même temps une sortie par le dialogue et la paix car il cherchait à endormir certains interlocuteurs superficiels pour s’infiltrer en Iran. Il visait en fait Rafsandjani qui a longtemps négocié avec Washington notamment sous Reagan sans arriver à faire sauter les sanctions. Dans son intervention, Larijani a attribué la survie du régime à la sagacité de Khomeiny qui a toujours refusé de se laisser duper par Washington. Il a ainsi tenté de discréditer par avance un retour de Rafsandjani après ses bourdes. Ces propos étaient aussi une mini conférence sur la pensée de Khomeiny pour remplacer la conférence grandiose qui avait été un fiasco pour le régime et un échec pour lui-même.

Le même jour, Larijani a aussi riposté à l’absence de ses commandants de Pasdaran à la conférence de sécurité durable en destituant le général Mirian, commandant de la brigade spéciale de Saberin, le principal corps d’intervention rapide des Pasdaran contre des actions terroristes internes. Le régime a aussi annoncé l’arrestation d’un juge d’un rang élevé nommé Ali-Akbar Heydari. Il a également annoncé la pendaison de 5 prisonniers dont certains arrêtés pendant la nuit de contestation qui avait pu avoir lieu en 2011 à l’occasion de l’anniversaire de Reza Shah Pahlavi grâce à la passivité complice des Pasdaran.

Généralement, pendant des célébrations heureuses, le régime renonce à frapper ses ennemis. Il n’était visiblement pas heureux, mais en crise. Le régime était même dans un tourbillon de réactions vives à ses propres insuffisances, pire encore, il s’éloignait de son programme officiel. Il semblait avoir perdu le sens des priorités ou en manquant son programme il montrait que la priorité était ailleurs. Il ne pouvait certainement pas inspirer la confiance afin d’inciter ses derniers collaborateurs à participer à cet événement pour sauver son image. Ces gens devaient penser à leur propre avenir et prendre leur distance avec le régime en prenant le risque d’être arrêté.

Un bon gestionnaire devait cacher l’existence d’une crise, d’une possible défaite, pour ne pas laisser le stress envahir ses troupes et pouvoir ainsi les mener à la victoire

Le petit-fils de Khomeiny qui ne fait ni partie des amis de Larijani, ni des amis de Rafsandjani, est intervenu pour sauver le système. Il a parlé de l’amour de son grand-père pour les déshérités, une manière d’inviter Larijani à se focaliser sur ce thème récurrent du régime à ses débuts. Le patron du régime n’a pas suivi ce conseil pour ne pas passer pour un débile. Mais il s’est enfin réveillé à un jour de la fin de la semaine, et deux jours du grand rassemblement prévu pour l’hommage officiel à la mémoire de Khomeiny.

Le régime a programmé ses enterrements de martyrs et a annoncé un vif succès avec de gros plans sur des pleureuses professionnelles pour montrer qu’il y avait une bonne base d’intégristes à sa disposition. Il a également annoncé la formation d’une incroyable procession de 900 jeunes officiers des Pasdarans marchant à pied d’Ispahan vers le tombeau de Khomeiny situé à quelques 500 km pour montrer la force de l’engagement de ces troupes fidèles. Il a enfin diffusé des photos très impressionnantes de bidasses réunis pour le second Festival du jeune soldat pour insinuer qu’il avait encore plus de jeunes à ses côtés. Il y a là trois types d’intox.

Pour la première initiative du régime, la tentative de mobiliser avec les cercueils de martyrs, on peut parler d’un échec cuisant car vue du ciel, cette initiative a réuni une cinquantaine de femmes, c’est bien insuffisant pour résister à un soulèvement. De plus, la semaine dernière, le régime avait réuni deux fois plus de ces manifestantes professionnelles. Il était donc face à un double échec, une nouvelle facette de la fonte de ses troupes.

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La seconde initiative du régime, la procession de 900 officiers des Pasdaran, nous n’avons vu qu’une quarantaine de jeunes barbus, et aucune vue du ciel, une prudence qui laisse présager qu’il n’y avait pas plus de volontaires pour cette marche.

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La troisième initiative, le second Festival du jeune soldat, est la plus surprenante car ce Festival, inventé cette année 2012, doit normalement avoir lieu en février au moment de l’anniversaire de la révolution islamique. Cependant, le régime n’a pas recyclé les images de la première édition car il a toujours utilisés les appelés pour simuler une certaine popularité. Il n’a eu que l’embarras du choix pour sa propagande. Mais, il y un problème d’incohérence entre les images : la salle et la foule varient d’abord sur les photos signées par Mehr puis il y un troisième type de salle chez Jam-é-Jam ! Le régime a vraisemblablement publié tout ce qu’il avait en réserves après son erreur de diffuser une vue aérienne de sa première initiative ratée et pas de vue aérienne de sa seconde initiative.

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Jeudi 31 mai 2012 (11 Khordad 1391), tout cela indiquait l’absence de toute mobilisation populaire, le dimanche 14 Khordad, au moment de anniversaire de la disparition de Khomeiny. D’ailleurs la première info était des départs massifs des Téhéranais pour la mer Caspienne comme à chaque anniversaire de la mort de ce diable que les Iraniens haïssent. Les gens allaient même faire le pont puisque le régime n’a plus l’autorité qu’il annonce sans cesse. Le régime a cherché à minimiser le départ et le pont que les Iraniens s’étaient autorisé sans demander son avis en annonçant que le samedi annexé par les vacanciers allait être une journée exceptionnellement férié en raison d’un pic de pollution mortelle !

Le régime a également cherché à détourner les médias internationaux de ce boycott prématuré et très humiliant en annonçant la visite polémique du Chef des Pasdaran sur les trois îles iraniennes revendiquées par les Emirats pendant une manœuvre militaire commune réunissant ce pays et le Qatar. Il a également réagi tardivement mais très bruyamment aux accusations de l’AIEA sur Parchin. Enfi, il a annoncé 11 nouvelles pendaisons au Kurdistan pour se faire buzzer.

A côté de ces efforts de diversion, le régime n’a eu aucune initiative pour célébrer la mémoire de Khomeiny. Il était dans la gestion incompétente de la crise. Il avait également jeté l’éponge après un seul jour de mise en scène pour simuler la popularité de Khomeiny. Il devait réellement manquer de figurants ou avoir un excès de lucidité ou bien les deux. En fin de journée, le régime a encore parlé de ses 700 invités étrangers, mais il ne les a pas montrés.

Vendredi 1er Juin 2012 (12 Khordad 1391), on devait voir ses fameux 700 invités étrangers à l’occasion de la prière de vendredi. Le régime devait donc étendre la surface d’accueil. Il a parlé de ces invités, mais sans étendre la surface d’accueil. Il a dû oublier ce détail dans le tourbillon de ses erreurs face à la rupture inattendue de 60 % de ses derniers parlementaires et à l’éloignement encore plus inattendu de la moitié de ses hauts dirigeants.

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En cette journée fériée, le régime devait trouver une bonne raison pour expliquer l’absence du peuple aimant sur le tombeau de Khomeiny : il a annoncé que le site était réservé aux hommages des bassidjis, des Pasdaran et des militaires. Il a montré 70 militaires en train de prier (mais sans aucune forme de douleur caractérisant la peine d’avoir perdu un idole). Le régime a également une cinquantaine de motards souriant défilant de Téhéran au mausolée de Khomeiny, une cérémonie uniquement réservée à l’anniversaire du retour de Khomeiny en Iran. Le régime était dans le recyclage de ses archives ou une simulation bête réalisée par des dirigeants abasourdis avec militaires récalcitrants ou des simples figurants recrutés pour la journée.

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C’est pourquoi dans un réflexe désespéré, l’après-midi, il est revenu à l’option basique d’un autre enterrement de martyrs à proximité du tombeau de Khomeiny. Cette fois, il a aussi mobilisé une soixantaine de personnes, mais il les a vite mis à l’intérieur du site avec de nombreux cercueils pour combler l’espace grâce à des angles de prises de vue très obtus et nous offrir enfin cette foule de fans qu’ils n’a pas su mobiliser. Un point intéressant est que les cercueils semblent totalement vides. Nous avions donc là des partisans éclairés, ceux qui ont vraiment intérêts à sauver le régime, les gabarits sont épais, ils ne semblent pas très jeunes, probablement des responsables.

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Samedi 2 Juin 2012 (13 Khordad 1391), à la veille de l’anniversaire de la mort de Khomeiny, le matin, le régime a encore organisé un ballet de cercueils dans le mausolée de Khomeiny. Il était visiblement à court d’idées et il choisissait une solution facile, mais vraiment minable !

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Un peu plus tard, on a eu des nouvelles de 900 officiers des Pasdaran qui étaient un peu moins de 40 individus, donc certains avaient abandonné. Par ailleurs, aucun des bidasses, des motards, des militaires que l’on a vu la veille n’était venu se joindre à eux. Le régime a ainsi confirmé qu’il était seul et la veille, il avait utilisé des images d’archives ou des figurants.

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Dans l’après-midi, Larijani est monté au créneau en présidant une conférence sur Khomeiny avec les pointures du régime et ses 700 invités étrangers. Cela a eu lieu dans une salle circulaire de 135 places. C’était la Berezina !

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Dimanche 3 Juin 2012 (14 Khordad 1391). Le régime était sur les genoux, il doutait pouvoir remplir la salle de 2000 places utilisée pour recevoir ses collaborateurs pour célébrer la mémoire de Khomeiny. Pour les extérieurs, il était certain d’être très en difficulté avec les 100 manifestants de la cérémonie des cercueils, ses 50 pleureuses. Avec les membres de leur familles, il pouvait atteindre au mieux 600 personnes ce qui est peu pour les extérieurs gigantesques du mausolée de Khomeiny. Le régime était piégé par ce site et la fonte de ses troupes !

En 2011, nous avons remarqué qu’il avait misé sur un rassemblement de bus (en réalité vide) pour simuler une forte mobilisation et il avait rempli le site dans des vues aériennes avec un nombre proche du contenus des bus parqués sur place. Signe de sa faiblesse ou de sa peur : il n’a pas osé utiliser la même ruse. Cette fois, il a concentré ses derniers partisans qui sont moins de 600 individus sur une portion très périphérique du parvis.

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La photo nous a paru déformée quand nous regardions les plans du site (il s’agit de très grandes images, vous pouvez cliquer sur elles pour les agrandir).

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Nous avons cherché et pu trouver une vue du site pendant le chantier découvrant que le pavilonn avec une coupole bleue avait trois étages et non deux comme sur la photo du régime. Les apprentis artistes du régime avaient supprimé un étage pour étirer la petite foule qui devait être moins importante que nos estimations (il s’agit de très grandes images, vous pouvez cliquer sur elles pour les agrandir).

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D’autres photos de la même foule montrent que le nombre des participants était plutôt de 200 à 300 personnes.

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L’agence Jam é Jam a diffusé d’autres photos avec un autre groupe de manifestants d’environ 200 personnes aussi : des gens très démunis complètement défoncés que le régime n’a même pas osé mélanger à ses vrais amis amassés un peu plus loin. Le régime à réellement touché le fond en allant chercher les junkies et leur famille (il s’agit de très grandes images, vous pouvez cliquer sur elles pour les agrandir).

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Un point commun aux deux sites extérieurs est le ciel bleu et un soleil de plomb. On ne retrouve pas cette lumière crue à l’intérieur dans la salle couverte d’un toit de verre. Les images montrent une lumière crue sur les invités d’honneur comme Larijani ou Ahmadinejad, mais une lumière moins forte sur les responsables assis au milieu de l’espace. Le régime a donc utilisé des images d’archives en l’absence du nombre nécessaire pour remplir son espace vip.

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La Berezina. Le soir, le régime devait clore cette semaine d’hommages par un discours télévisé en direct d’Ahmadinejad sur le même site. La transmission n’a pas eu lieu. Les images ont été publiées tardivement. Et quand elles ont enfin été publiées nous avons retrouvé des images de l’année dernière.

C’est un peu dommage que les Iraniens soient partis à la mer, il aurait pu renverser le régime. Mais nous sommes peu pour le leur dire : les encourager à se soulever en croyant à leur chance malgré l’absence du plus pâle soutien de la part des Occidentaux qui ont aidé Washington a plonger notre pays dans ce néant. Nous manquons de support médiatique. Mais nous gardons l’espoir car le régime ne peut pas survivre avec des collaborateurs qui achètent de l’or pour fuir, avec des hauts responsables qui se cachent, avec moins de 300 partisans réels, 200 figurants à demi défoncés et des images d’archives agissant comme des épouvantails.