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Iran : Les mollahs ont peur des Chinois
15.04.2010

Les dernières nouvelles font état d’une adhésion de la Chine à la France et aux Etats-Unis pour l’adoption des sanctions visant le secteur pétrolier iranien. En réaction, Téhéran a déclaré qu’il ne craignait pas les sanctions pétrolières et a exposé comme une preuve de ce qu’il avance le nombre croissant des exposants Chinois et Français à Iran Oil Show, la seconde plus grande foire pétrolière au monde, qui se tiendra la semaine prochaine à Téhéran.



Réunis à Washington pour le Sommet sur la sécurité nucléaire, les Chinois, les Russes et les Américains ont parlé en toute discrétion de nouvelles sanctions contre les mollahs. Alors que les Américains et les Chinois ont été très discrets, les Russes ont pris la parole pour se dire opposée à toute sanction pétrolière afin d’insinuer que le sujet avait été évoqué lors des discussions. La crise nucléaire iranienne est réellement fascinante car Téhéran a réagi au quart de tour à cette annonce d’une hypothétique sanction onusienne contre son secteur pétrolier alors qu’il n’avait jamais réagi de la même manière à la loi américaine D’Amato qui le prive depuis 14 ans de précieux investissements ou contrats notamment pour l’exploitation de ses réserves gazières.

La différence tient au fait que Washington qui a besoin d’une entente avec Téhéran pour dominer l’Asie centrale et d’embrigader ses musulmans pour déstabiliser la Chine n’a jamais appliqué la loi D’Amato à la lettre. Il l’a toujours utilisée comme un moyen de pression pour forcer les mollahs agitateurs à devenir ses alliés stratégiques. C’est pourquoi il lui arrivait fréquemment de suspendre cette loi pour autoriser un important contrat afin de tenter d’obtenir l’accord des mollahs non pas par la contrainte, mais par un cadeau. Téhéran cohabitait bien avec la loi D’Amato. Il n’en sera pas de même avec la sanction onusienne en voie d’adoption avec l’accord de la Chine car cette dernière veillera à ce qu’elle soit appliquée à la lettre pour neutraliser les manœuvres américaines.

L’adoption de cette sanction régulatrice n’arrange pas les affaires des mollahs car elle les empêchera aussi de manœuvrer par exemple en amplifiant la crise pour trouver un terrain d’entente avec Washington. Pour neutraliser cette sanction, Téhéran a publié une dépêche sur le succès d’Iran Oil Show où il est précisé que « 25% des exposants étrangers sont chinois » (soit 107 sur 401) et que la Chine a multiplié le nombre de ses exposants par 3 depuis 2009 alors que les autres pays ont diminué leur présence de 33% ». En fait, Téhéran n’a pas bombé le torse pour évoquer une force économique : en parlant d’Iran Oil Show, il a seulement rappelé aux Chinois leurs intérêts économiques grandissants pour le marché iranien, intérêts en hausse qu’ils devraient sacrifier s’ils adoptaient leur super sanction régulatrice. Pour intriguer les Chinois, Téhéran a aussi évoqué la présence de 4 grandes compagnies françaises et aussi une présence massive des Russes intéressés par un partenariat dans le domaine des carburants.

© WWW.IRAN-RESIST.ORG
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Pour en savoir + :
- Iran : La Chine change de politique irano-américaine
- (5 avril 2010)

| Mots Clefs | Enjeux : Pétrole & Gaz |

| Mots Clefs | Zone géopolitique / Sphère d’influence : Chine |

| Mots Clefs | Enjeux : Sanctions (du Conseil de Sécurité) |