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Iran : Révélations à Davos
27.01.2007

Dans notre article du jeudi 25 janvier, nous faisions allusion à la présence inhabituelle de Khatami à Davos. Celui qui préside habituellement la délégation du régime des mollahs a été au pied levé remplacé par Khatami. Nous y avons vu le désir du régime de sonder l’attitude de ses partenaires économiques quant à une éviction d’Ahmadinejad. Hélas, nous ne nous étions pas trompés : le régime prépare un retour au dialogue et au sourire. Davos a également été l’occasion de connaître les vrais alliés des mollahs.



Il y eut d’abord El Baradai qui le jour même de la demande d’expulsion définitive du chef de ses inspecteurs du territoire iranien a encore rappelé la nécessité de continuer le dialogue : autrement dit d’accepter les conditions imposées par Téhéran de mener des négociations sans fin. À cette occasion, rappelons que cet Égyptien très proche de la Ligue Arabe suit les règles fixées par les mollahs et n’évoque sous aucun prétexte les sanctions. La Ligue Arabe s’est distinguée ces derniers temps par une attitude peu arabe. Cette organisation prend invariablement la défense du programme nucléaire des mollahs et parallèlement appuie les positions du Hezbollah. Nous serons sans doute bientôt fixés sur cette orientation peu conforme aux nouvelles positions défendues par l’Arabie Saoudite.

Le Second et plus important « outing » en rapport avec la présence sondeuse de Khatami à Davos a été fait par un ministre français ! Il s’agit de Jean-François Copé qui n’a pas manqué l’occasion pour afficher une attitude plus que complaisante avec ce mollah responsable de plusieurs dizaines de milliers de morts d’enfants pendant la guerre Iran-Irak.

Copé a dit : « Je réfute la notion de choc des civilisations, il s’agit plutôt d’un choc des ignorances. La question de l’identité est aujourd’hui fondamentale. Or, aujourd’hui, en Europe, nous avons parfois une conception très agressive de ce qu’est l’identité. Cela nous permet d’éluder la réflexion sur nos valeurs communes ».

Jean-François Copé aurait donc des valeurs communes avec cet homme qui a été responsable de la purification des universités iraniennes, des persécutions des juifs iraniens, d’exécutions des dissidents ? Évidemment, non. Jean François Copé essayait de faire ce que l’émissaire Français aurait dû faire à Téhéran : donner une meilleure image d’un régime sanguinaire et ce pour démontrer qu’il y a en Iran, parmi les mollahs, des personnes très fréquentables.

Téhéran avait espéré cette visite car depuis que les Etats-Unis ont décidé d’imposer des sanctions bancaires à l’Iran, ce pays ne peut plus faire des transactions en dollars et sa situation économique s’est détérioré. Selon les mollahs, la visite de l’émissaire français aurait pu rétablir la confiance car elle aurait pu prouver l’existence de personnalités ouvertes au dialogue...

Les intérêts Français en Iran sont en jeu. Il faut empêcher l’application des sanctions économiques nuisibles à ces intérêts. La France doit trouver une solution basée sur des négociations et non sur des sanctions. Le jugement des Français est donc altéré par le désir fou de rendre les mollahs fréquentables !

Passons le fait que ce fut ce même personnage, c’est-à-dire Khatami, qui avait été en charge de mener la Troïka en bateau tout en continuant clandestinement des activités nucléaires iraniennes. La France, par la voix de Jean-François Copé, a été l’état le plus enthousiasmé par la présence de Khatami à Davos.

La suite est très préoccupante. Copé ne s’est pas contenté de parler Culture et Dialogue, il a aussi tendu la perche à Khatami avec un sous-entendu presque nucléaire : « Dans les débats publics, nous parlons de beaucoup de politique ou d’histoire, moins d’économie et de géographie. Je suis d’accord avec le président Khatami quand il dit qu’on ne peut pas gouverner le monde en laissant tant de gens en marge du progrès... »

Progrès nucléaire ? La France joue avec le feu, surtout après les mises en garde de son ami, allié et fournisseur l’Arabie Saoudite quant à l’importance accordée par la France au régime des mollahs dont les objectifs sont nucléaires mais aussi terroristes et hégémonistes.

À Davos, Khatami n’a peut-être pas pu réunir des éléments confirmant la nécessité pour le régime de changer de fusible. Il fera sans doute d’autres sorties pour sonder d’autres partenaires économiques de l’Iran...

Mais à Davos, deux des amis des mollahs ont fait des « outing » remarqués. Les deux seront dans le collimateur des Saoudiens et leurs alliés arabes, qui sont à la fois des adhérents de la Ligue Arabe et des fournisseurs des besoins pétroliers français. À cause de ses intérêts en Iran, la France fait encore cavalier seul, et continue une diplomatie bien sinueuse qui est fort peu discrète et aura des conséquences prévisibles.

WWW.IRAN-RESIST.ORG

Pour en savoir + sur la présence de Khatami à Davos :
- Iran : Décodages d’une rumeur sur Ahmadinejad
- (26.01.2007)

| Mots Clefs | Pays : France (diplomatie Française) |

| Mots Clefs | Nucléaire 2 : AIEA : El Baradei |