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Iran : La semaine en images n°168

La semaine dernière, l’actualité iranienne était focalisée sur la fièvre de l’or. Les collaborateurs du régime achetaient de l’or sous l’effet de l’inquiétude née de la passivité affichée par les Pasdaran, les Bassidjis et les militaires lors de la contestation du régime sous la forme inédite de rassemblements mixtes et dansants célébrant des fêtes zoroastriennes interdites par le clergé. Le régime était en difficulté. Il devait regagner le soutien de ses miliciens pour empêcher les achats d’or évoquant le manque de confiance de ses collaborateurs en sa survie, une situation propice à un effondrement graduel ou soudain. Le régime a tenté de regagner le soutien de ses miliciens en les menaçant. Il a même tué trois d’entre eux pour intimider les autres avant de leur proposer des cadeaux de grande valeur. Mais il n’a pas réussi à les soumettre. Le régime était très en difficulté.

Une semaine après, le sujet est oublié car tous les médias iraniens parlent d’une « querelle entre Ahmadinejad et le Guide Suprême et leurs bandes respectives de miliciens pour exercer le pouvoir ». Mais cela est une ineptie car selon la constitution de la république islamique, le Guide n’a aucun pouvoir et ne décide rien. Le pouvoir est exclusivement exercé par le Conseil de Discernement de l’Intérêt du Régime (composé de 22 membres à vie) qui signe les traités, les contrats et choisit toutes les orientations et les programmes du pays dans tous les domaines. Dans ce système, les miliciens devraient déposer le Conseil de Discernement pour exercer le pouvoir, ce dont on ne parle pas.

En réalité, par la rumeur de la « Guerre des Loups », le régime a transformé les miliciens dissidents en méchants avides de pouvoir afin que le peuple ne puisse pas les considérer comme ses alliés et qu’en conséquence, il ne puisse non plus envisager un soulèvement en tablant sur leur passivité voire leur soutien. Voici les images de la construction minutieuse d’une rumeur qui tel un mur veut séparer des alliés potentiels.

08.05.2011

 
Iran : La semaine en images n°167

Depuis des mois, les forces armées du régime boudent les manifestations officielles. Chaque manifestation ainsi ratée confirme la fragilité du régime face à un soulèvement et par conséquent elle augmente l’inquiétude dans les rangs des collaborateurs du régime. Actuellement ces gens achètent de l’or avec frénésie dans la crainte d’un effondrement soudain du régime.

De fait, chaque événement officiel nécessitant une célébration avec la présence des forces armées est d’avance perçu comme une épreuve pour le régime. Cette semaine, le régime avait une très grande épreuve de ce genre devant lui : la célébration de la création des Pasdaran qui devait commencer vendredi et durer plusieurs jours.

En prévision de nouveaux boycotts déstabilisants, jeudi dernier (la veille de la première manifestation), le régime avait menacé les Pasdaran dissidents des pires sévices. Cet avertissement n’a pas été entendu. La présence des Pasdaran a été très faible aux manifestations en leur honneur.

Cette semaine, on a franchi un seuil. Le régime était menacé : la bourse de Téhéran s’est effondrée et la demande d’or a explosé. Le régime a augmenté l’offre de l’or dans des proportions inattendues et a organisé un accident de la route pour trois commandants dissidents des Pasdaran. Vous n’en avez rien su car les partenaires occidentaux du régime ont surtout parlé des nouvelles sans importance (sur le cinéma iranien) afin de dissimuler les difficultés de leur allié. Washington qui a besoin d’un allié islamiste en Iran a même précipité deux émissaires à Téhéran. Voici les images d’une semaine mouvementée dont les mollahs et les Pasdaran se souviendront.

01.05.2011

 
Iran : La semaine en images n°166

Cette semaine, l’actualité a été encore une fois dominée par une nouvelle hausse vertigineuse du prix de l’or due à des achats de plus en plus importants de cette valeur-refuge par un nombre plus important de gens aisés du régime qui ne croient plus en sa survie. La demande a été si importante que la banque centrale a manqué de pièces à vendre !

Rappelons que cette ruée vers l’or, indice d’un manque de confiance dans la survie du régime, avait commencé quand les diverses forces armées du régime avaient refusé d’intervenir pour disperser ou réprimer les rassemblements contestataires de la fête du feu.

La ruée vers l’or s’était installée car le régime a été incapable de prouver qu’il jouissait du soutien d’une partie de la population à défaut de jouir du soutien de ses forces armées.

Cette semaine, on a rapidement manqué de pièces d’or et frôlé la banqueroute économique car les forces armées (les militaires, les Pasdaran et les bassidjis) ont boudé le défilé de la journée de l’armée qui avait lieu ce lundi ! Le régime est allé au bord du précipice.

24.04.2011

 
Iran : La semaine en images n°165

Au cours des dernières semaines, les Iraniens ont contesté le régime islamique en célébrant publiquement et joyeusement les rituels non islamiques et interdits de Norouz ou en se rendant en pèlerinage sur les sites historiques de la naissance de la monarchie en Iran. Les forces de l’ordre ne sont pas intervenues pour empêcher cette contestation silencieuse confirmant ainsi leur absence de soutien au régime et ses dirigeants. Ce double désaveu du peuple et des forces de l’ordre a rendu possible un soulèvement. Cela a paniqué les derniers serviteurs du régime.

Les plus riches d’entre eux se sont mis à vendre leurs actions pour acheter de l’or et les plus pauvres ont pris leur distance avec le régime en difficulté. Les dirigeants devaient se montrer forts pour les rassurer. Mais ils n’ont pas réussi à réunir des foules pour montrer qu’ils avaient des appuis populaires : la base a paniqué davantage.

La semaine dernière, on a assisté à une nouvelle ruée vers de l’or qui a gagné plus de 30% en 15 jours. Avec le risque de désertion de ses derniers serviteurs, la semaine dernière a été placée sous le signe de la peur pour les mollahs. Ils ont tout tenté pour calmer le jeu en se montrant gentils ou intimidants avec la base paniquée comme des parents dépassés par un enfant intenable. Voici les images d’une semaine pénible et épuisante pour les mollahs.

17.04.2011

 
Iran : La semaine en images n°164

Au début de cette semaine, le samedi 2 avril, dans le cadre de Norouz, le nouvel an iranien, on devait fêter Sizdeh beh Dar qui consiste en une communion avec la nature au 13ème jour de l’année. Ce rituel qui comme la Fête du Feu est conspué par le régime et le clergé est depuis longtemps une vitrine de la contestation du régime au point qu’il a accepté une certaine tolérance de ces rituels. De fait, cette année dès la Fête du Feu, les hommes et les femmes avaient décidé de célébrer ces rituels en dansant ensemble et en public (ce qui est interdit par la charia) pour aller le plus loin possible dans la contestation.

Le régime, qui n’avait pas pu empêcher cette contestation lors de la Fête du Feu car il a perdu le soutien de ses miliciens et ses militaires, n’a pas trouvé mieux que de ralentir la vitesse du réseau pour empêcher la transmission des vidéos exposant le double désaveu du peuple et de ses troupes. Puis il a diffusé une longue série d’images de pique-niques sages pour faire passer la passivité de ses miliciens pour une absence de contestation dansante. Il pouvait ainsi sortir de cette période riche en occasion de se rassembler et danser, mais le soir des faits (samedi dernier, premier jour de la semaine en Iran) une vidéo de danse mixte (ci-dessous) a pu traverser la barrière numérique du régime exposant le désaveu du peuple et des miliciens, c’est-à-dire l’isolement du pouvoir et de ses derniers collaborateurs.
© WWW.IRAN-RESIST.ORG

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© WWW.IRAN-RESIST.ORG
La semaine de la reprise des activités (après les vacances de Norouz) ne pouvait pas commencer de la plus pire manière. Le retour au normal a été gâché. Craignant des mouvements incontrôlés, le régime a passé les 6 jours restants de la semaine à trouver des occasions non risquées pour simuler la normalité afin de ne pas paniquer ses derniers collaborateurs.

10.04.2011

 
Iran : La semaine en images n°163

Il y a deux semaines, le mardi 15 mars, le peuple iranien a célébré massivement la Fête du Feu qui est interdite par le régime et par le clergé. Il a ainsi montré explicitement qu’il rejetait le régime et qu’il osait contester son autorité. Cette célébration n’avait donné lieu à aucune répression : cela a confirmé que les miliciens avaient lâché le régime et que ce dernier, réduit à ses dirigeants et hauts responsables, ne pourra interdire aux Iraniens de se rassembler pour manifester. Mais afin que l’opposition officielle ne puisse pas prétendre que le peuple cherche des réformes, le peuple a décidé de se rassembler pour célébrer massivement ce samedi 2 avril une autre fête iranienne interdite par le clergé : la fête de Sizdeh beh Dar qui consiste à pique-niquer dans les champs et les bosquets.

Même si les mollahs ont rebaptisé cette fête Journée de la Nature pour donner une explication non contestataire à ce rassemblement, ils étaient sous pression comme pendant la Fête du Feu. Mais la pression était plus forte car les mollahs devaient eux-mêmes célébrer des événements officiels dont notamment l’anniversaire de l’instauration du régime le 1er avril 1979 et en conséquence, ils ne pouvaient donc se permettre d’être ridiculisés par le succès des rassemblements de Sizdeh beh Dar.

Il en a résulté une semaine de cache-cache et de diversions compliquées pendant laquelle les mollahs ont été amenés à faire des choix contraires à leurs souhaits. Les images de la semaine nous montrent ces choix non désirés et de quoi sont capables les mollahs en cas de crise.

03.04.2011

 
Iran : La semaine en images n°162

Contexte et enjeux de la semaine | Il y a 11 jours, le mardi 15 mars, les Iraniens ont massivement célébré la fête interdite du Feu en chantant et en dansant dans des réunions mixtes et publiques, ce qui est également interdit, afin de montrer le plus explicitement possible leur rejet du régime islamique. Le déroulement sans heurts de cette soirée de contestation joyeuse a également confirmé de manière explicite que le régime n’avait plus le soutien de ses milices et ses services de renseignement et que par conséquent, il se résumait à ses hauts dirigeants entourés de quelques milliers de policiers.

Le régime a compris que cela pouvait paniquer ses derniers collaborateurs en Iran, mais aussi ses amis en Palestine, afin que les premiers ne l’abandonnent pas pour fuir et les seconds ne l’abandonnent pas pour chercher d’autres protecteurs, le régime avait annoncé des manifestations islamiques en faveur des frères chiites révoltés de Bahreïn pour montrer qu’il possède des troupes islamistes fidèles. La première manifestation a été ridicule. Le régime a alors de nouveau tenté sa chance le vendredi 19 mars. Le nombre de participants était de 40% inférieur à ce qu’il devait être. La nuit de contestation du 15 mars avait visiblement découragé les derniers fidèles du régime.

Pour ne pas couler davantage, au cours de la semaine dernière, le régime a changé son approche : il a continué à mettre en avant son soutien aux révoltés islamistes de Bahreïn pour rassurer ses amis palestiniens, il a même relancé la guerre terroriste en direction d’Israël, mais il a abandonné l’idée de manifestations islamiques en Iran. Le régime devait cependant faire preuve d’autorité pour rassurer ses derniers partisans. Manquant de troupes pour se lancer dans des manœuvres d’intimidations, le régime a occupé le terrain médiatique avec divers évènements pour afficher une force tranquille.

27.03.2011

 
Iran : La semaine en images n°161

Contextes et enjeux de la semaine | L’événement central de la semaine a été la célébration le mardi soir de la Fête du Feu, coutume ancestrale iranienne interdite par le clergé et le régime. Elle coïncidait cette année avec l’anniversaire de la naissance de Reza Shah, le fondateur de l’Iran laïque. Il y a près d’un mois, après avoir constaté l’absence des forces armées du régime à ses côtés lors de la célébration de l’anniversaire de la révolution, nous avions appelé nos compatriotes à manifester à cette date doublement symbolique pour expliciter leur rejet du régime islamique. Nous pensions alors que ce mardi 15 mars pourrait être le début d’une vague de contestation capable de renverser le régime.

Consciente de la popularité des objectifs, l’opposition officielle a alors inventé les mardis de la contestation pour s’attribuer les « manifestations » du 15 mars. En fait, elle cherchait à prendre la direction de la contestation avant cette date. Mais le peuple a boycotté cette initiative les mardis 1er et 8 mars. L’opposition officielle n’a pas réussi son coup, mais de plus soulignons qu’en vertu de son initiative des mardis de la contestation, dès le 8 mars, elle s’est retrouvée obligée de cautionner la soirée du 15 mars.

Prise au piège, l’opposition officielle a oublié ses mardis de la contestation, elle a appelé le peuple à participer à la Journée des Morts instaurée par le régime avant de s’éclipser pour ne pas expliquer son choix. Ses milliers de sites et blogs ont également cessé leur agitation virtuelle pour éviter tout débat. Les dirigeants du régime qui avaient ainsi perdu leur joker ont également cessé de paraître en public pour ne pas provoquer la rue.

L’ensemble du personnel du régime (dirigeants et soi-disant opposants) ont refait surface le samedi 12 mars avec un plan simple : laisser les gens chanter et danser, mais neutraliser les effets de leur action en diffusant des vidéos où les gens célèbrent cette fête avec des cris d’Allah Akbar et des slogans favorables à la fausse opposition officielle et islamiste. Comme d’habitude, les images sont floues, on ne voit personne, mais on entend les slogans chers au régime. Il y a aussi des vidéos floues où le sous-titre et la bande son évoquent des affrontements avec les miliciens pour montrer qu’il existe des troupes fidèles afin de pouvoir intimider le peuple et le dissuader d’autres actions de ce genre. Le régime et sa fausse opposition continuent d’ailleurs dans cette voie car la participation a été géante.

Les Américains, qui ont besoin d’un régime islamique en Iran pour agiter l’Asie Centrale et ne peuvent cautionner la demande d’un régime laïque, ont aidé le régime en diffusant un pot-pourri de vidéos concoctées par la bande de Moussavi sur leurs télévisions dont VOA-Farsi. Ils ont également réduit au maximum la visibilité des vidéos envoyées par les anonymes iraniens vers leurs correspondants qui ont un compte Youtube afin de marginaliser la danse contestataire. Pour ne laisser aucune chance aux Iraniens, les Américains et leurs collègues européens ont également banni de leur média toute référence à la célébration de la fête du feu dans les autres pays ou régions persanophones. Par la suite, pour entériner et officialiser la vision déformée par les Américains, d’autres employés de la fausse opposition ont rediffusé les vidéos islamistes favorisées par Youtube tout en citant les vidéos de danse comme des choses marginales et sans importance.

- Mais grâce à l’assiduité de quelques collaborateurs zélés, nous avons retrouvé plus d’une dizaine de vraies vidéos de la soirée avec des images claires, le vrai visage de l’Iran : des gens qui dansent sans peur car le régime a perdu le soutien des forces armées. Les autres photos de la semaine confirment ce fait et donnent toute une force inouïe à la contestation du mardi 15 mars 2011. Les voici. Elles vous permettent de jauger nos troupes et les leurs, notre vérité et leur propagande.

20.03.2011

 
Iran : La semaine en images n°160

Il y a une semaine, les Iraniens (c’est-à-dire les fonctionnaires, les miliciens, les militaires, les mollahs de base, les étudiants, les chômeurs, les femmes au foyer, les retraités, les Bazaris…) ont (tous) boycotté pour la quatrième semaine consécutive le Mouvement Vert, l’opposition officielle du régime, qui cherche à s’incruster dans la contestation pour amortir la chute du régime. Ce boycott généralisé a remis en cause la capacité de cette opposition factice à sauver le régime. Une partie des derniers collaborateurs du régime ont alors pris leurs distances pour ne pas être vus du côté du régime qu’ils estiment dans sa phase terminale. La baisse du niveau de participation de ces derniers collaborateurs a inquiété le régime car les boycotteurs prévoient de manifester le 15 mars prochain à la double occasion de la Fête (non islamique) du Feu et l’anniversaire de Reza Shah, l’initiateur de la laïcité en Iran.

Paniqués à l’idée d’être peu nombreux face à la contestation, les dirigeants ont d’abord joué sur l’intimidation avant d’esquisser au début de la semaine dernière, le samedi 5 mars, un pas vers Washington pour laisser supposer une entente donc la fin des sanctions qui pénalisent le régime et contribuent à la colère du peuple. Ce geste qui était censé rassurer la base dès la première heure du premier jour de la semaine a au contraire paniqué sa cible car bon nombre des derniers partisans du régime sont recherchés par les Etats-Unis : ils ont craint avoir été sacrifiés par les dirigeants (ce qui est probable). Ces bons collaborateurs du régime ont paniqué et se sont précipités à la bourse pour vendre leurs actions afin de réunir des dollars pour fuir avant d’être arrêtés.

Le régime a compris son erreur. Ce même jour, il a cessé les propos conciliants vis-à-vis des Etats-Unis, il a aussi oublié ses grosses vedettes de la fausse opposition, Moussavi et Karroubi, pour donner la priorité à la consolation de ses gens de base sans lesquels il ne peut survivre ou encore animer son opposition officielle, son seul joker pour échapper à une chute sanglante. Le régime a sorti le grand jeu pour séduire rapidement sa base !

13.03.2011

 
Iran : La semaine en images n°159

Cette semaine, pour la 4ème fois depuis le boycott de l’anniversaire de la révolution par les Iraniens, l’opposition officielle avait appelé ces derniers à lui manifester leur soutien pour se poser comme la seule issue légitime à la contestation du régime. Mais, le jour J, le mardi 1er mars, l’invitation a été boycottée par les Iraniens car ils ne veulent pas un changement d’hommes, mais un changement de régime. Le calme des rues était aussi la preuve que même les derniers partisans actifs du régime ne croient plus à cette solution et à la viabilité du régime.

Mardi, le régime a été ainsi ébranlé ; mercredi, il a repris ses annonces de pendaison pour intimider les Iraniens qui le narguent, mais aussi ses propres partisans qui seraient tentés par la fuite. Il a aussi annoncé un grand rassemblement autour d’Ahmadinejad dans une grande ville du pays pour faire état d’une importante réserve de sympathisants. Avant de reprendre la promotion de cette opposition officielle et impopulaire via ses faux dissidents basés à l’étranger comme s’il était sûr de l’insuccès de cette fausse opposition. Par l’intermédiaire de son ministre des affaires étrangères, Salehi, le régime a aussi tenté de renouer avec la provocation nucléaire pour pousser l’Occident à l’attaquer afin d’invoquer la menace extérieure et regagner le soutien des Iraniens. Voici les images des zigzags désespérés d’un régime à la dérive.

06.03.2011

 
Iran : La semaine en images n°158

La semaine dernière, le régime, qui est de plus en plus isolé et incapable de mobiliser ses partisans, a tout misé sur la promotion de son opposition officielle (le Mouvement Vert) afin de placer des amis au sein de la contestation qui se prépare pour amortir sa chute. Mais les deux dirigeants de cette opposition, Moussavi et Karroubi, font partie du Conseil de Discernement, l’organe plénipotentiaire qui décide tout dans le pays. C’est pourquoi leur appel à manifester le 14 février a encore été boycotté par le peuple.

Tout au long de la journée du 14 février, le régime et ces derniers serviteurs actifs qui sont environ 3000 personnes à Téhéran ont tenté de raviver la flamme en diffusant des rumeurs d’agitation faisant valoir la faiblesse du régime pour convaincre les Iraniens qu’il y avait de la révolution dans l’air afin qu’ils sortent et se retrouvent de facto sous la bannière de la fausse opposition, le Mouvement Vert. Les Iraniens ont contacté des proches résidant sur les sites présentés comme en instance de révolution : il n’y avait ni manifestant, ni milicien. Non seulement, ils ne se sont pas déplacés, mais aussi ils ont compris que le régime était réduit à inventer des balivernes car il était isolé.

Le régime s’est alors retrouvé obligé d’annoncer la tenue de manifestations en sa propre faveur pour intimider le peuple afin qu’il ne profite pas de la situation tout en continuant la diffusion de rumeurs évoquant sa propre faiblesse et les dissensions internes pour convaincre le peuple que c’était le moment d’agir pour qu’il se déplace et se retrouve de facto sous la bannière des faux opposants comme Karroubi et Moussavi. Cette méthode a surtout convaincu les partisans du régime que ce dernier était dans l’impasse. A l’occasion de la seconde manifestation pour intimider le peuple, leur nombre est tombé 200 dans les villes de province et à moins de 2000 personnes à Téhéran.

Le régime a alors oublié les annonces axées sur les malheurs des membres ou sympathisants de sa fausse opposition. Avant le début d’une nouvelle semaine (qui allait du 19 au 26 février), la fausse opposition a enfin mis de côté Moussavi, Karroubi et leurs sympathisants martyrisés, pour appeler le peuple à manifester le dimanche 20 février en mémoire des victimes du soulèvement de l’été 2009. Le régime et sa fausse opposition s’attendaient à une marée humaine.

Mais encore une fois, le peuple a boycotté l’appel. On a alors assisté à une certaine effervescence « des partisans du régime » ou « des partisans de l’opposition » comme au cours de la semaine précédente, mais elle est vite tombée, preuve d’un essoufflement des derniers partisans du régime qui animent les deux manifestations. Voici les images d’une semaine de désillusion.
Vous pouvez cliquer & zoomer sur les images pour les agrandir.

27.02.2011

 
Iran : La semaine en images n°157

Il y a une dizaine de jours, le régime annulait discrètement les manifestations militaires pour la célébration de la révolution islamique. Cela voulait dire qu’il n’avait plus aucun partisan dans l’armée ou chez les Pasdaran. Cela voulait dire qu’il pouvait tomber et disparaître en cas de soulèvement. Avant la célébration qui, le 11 février, allait confirmer l’isolement et la fragilité du régime, Moussavi et Karroubi, opposants officiels qui souhaitent le maintien du régime, ont lancé un appel à manifester pour le lundi 14 février afin de prendre la direction de la contestation et transformer par leur présence tout soulèvement anti-régime en une manifestation en faveur de réformes.

Des dizaines de blogs et de sites ont aidé Moussavi et Karroubi en insistant sur des slogans ambigus laissant croire que ces deux hommes pourraient être du côté du peuple, mais cette propagande n’a pas marché : les Iraniens n’étaient pas au rendez-vous. Ce boycott a affaibli le régime et renforcé ses adversaires. Il est devenu encore plus urgent de réussir.

Le régime a employé la semaine à chercher des moyens pour émouvoir ou exciter les Iraniens afin de les inciter à manifester pour qu’ils se retrouvent dans le sillage de Moussavi et Karroubi et propulsent de facto ces deux serviteurs dans le processus d’une contestation désormais possible donc inévitable. Voici les images d’une semaine de mystifications stériles.

20.02.2011

 
Iran : la semaine en images n°156

Cette semaine, on était dans la seconde partie du programme de la célébration de l’anniversaire de la révolution islamique. Traditionnellement, le régime doit organiser des manifestations culturelles, la journée de l’armée de l’air avec des défilés et des rassemblements politico-militaires et enfin, le 11 février, anniversaire de la révolution islamique, il doit organiser des grands rassemblements publics sur les plus grandes places de chaque ville.

Ces évènements n’ont pas eu lieu car le régime a perdu ses partisans depuis qu’il refuse tout compromis quelles que soient les sanctions pesant sur l’économie iranienne. Face à la pénurie de participants à ses « manifestations », le régime a eu recours à des diversions médiatiques, il a également puisé dans les images d’archives pour dissimuler sa vulnérabilité. Grâce aux images de la semaine, nous verrons l’étendue de cet isolement et les solutions préconisées par le régime. Voici les images d’un régime en sursis.
Vous pouvez cliquer puis zoomer sur les images pour les agrandir une ou deux fois.

13.02.2011

 
Iran : La semaine en images n°155

Au début de cette semaine, le mardi 1er février, le régime célébrait en grande pompe l’anniversaire du retour de Khomeiny en Iran en 1979. Etant donné que ce retour est qualifié de Fajr qui veut dire aube en arabe, le même jour, il devait lancer la décade de Fajr, dix jours de festivités culturelles avant la célébration de l’anniversaire de la révolution le vendredi 11 février.

Mais fait inédit dans l’histoire du régime : ces célébrations n’ont pas pu avoir lieu et la Décade de Fajr n’a pas pu démarrer le 1er février en raison d’une absence de mobilisation populaire. Voici le récit et les images d’une semaine bénie. (vous pouvez cliquer puis zoomer sur les images pour les agrandir une ou deux fois)

06.02.2011

 
Iran : La semaine en images n°154

Le régime des mollahs va mal car en refusant catégoriquement tout compromis quelles que soient les sanctions, il a peu à peu perdu le soutien de ses propres partisans notamment ses miliciens malmenés par ces sanctions. Cette rupture est devenue visible à l’occasion des grandes manifestations que le régime devait organiser sans y parvenir.

Sans sa base traditionnelle, le régime repose aujourd’hui d’une part, sur ses cadres dirigeants et des gens des services secrets qui ont un passé trop lourd pour cautionner un changement et d’autre part, sur les officiers de l’armée qui sont tenus de rester à ses côtés pour défendre le pays. Leur nombre n’est cependant pas suffisant pour simuler un front capable de contenir le peuple. C’est pourquoi depuis des mois, le régime tente d’intimider le peuple avec des annonces de pendaisons ou encore de le duper avec des annonces de grands rassemblements lors des diverses manifestations prévues à son calendrier.

Cette semaine, à une vingtaine de jours du 32e anniversaire de la révolution, une manifestation qui peut devenir la vitrine de l’isolement du régime, on a assisté à une intensification de cette propagande et des annonces de pendaisons. Voici les images d’une semaine placée sous le signe de la terreur.

30.01.2011

 
Iran : La semaine en images n°153

Cette semaine, sous la pression des sanctions américaines, les mollahs devaient envoyer leur représentant à Istanbul pour la reprise du dialogue afin de trouver un compromis sur le nucléaire.

Mais tout compromis passe par un apaisement bilatéral qui ne convient pas aux mollahs car ils seraient obligés d’autoriser les pions des Etats-Unis à intégrer la vie politique iranienne : ils seraient alors exposés à une révolution de couleur les conduisant de leur palais vers les prisons ! C’est pourquoi les mollahs étaient encore une fois en quête de provocations pour saboter le dialogue et aussi en quête de moyens pour neutraliser les sanctions qui leur imposent ce dialogue suicidaire.

Cependant, cette quête a toujours valu plus de sanctions au régime des mollahs. Pour continuer cette même politique de provocations sous les sanctions sans s’effondrer économiquement, il a gelé les salaires et augmenté les prix pour baisser la consommation donc le volume d’importation des produits vitaux. Le régime a ainsi gagné du temps, mais en réduisant le pouvoir d’achat du peuple, il a annulé l’avantage salarial de leurs miliciens et perdu le soutien de ces derniers. Il repose à présent sur une base très réduite et doit faire attention à ne pas dire des choses susceptibles d’augmenter les sanctions sinon il risquerait de perdre le soutien de ses derniers fidèles. Il ne saurait organiser un quelconque rassemblement le 11 février prochain pour l’anniversaire de la révolution islamique : chacun verrait sa vulnérabilité…

C’est pourquoi il a été amené à laisser de côté les provocations lourdes (tirs de missiles, slogans anti-israéliens ou menaces de guerre pétrolière) destinées à provoquer une confrontation avec le calcul que Washington finirait par capituler devant le risque d’une nouvelle guerre qui a en plus le désavantage de pouvoir nuire à l’approvisionnement pétrolier mondial. A présent, pour obtenir les mêmes effets, les mollahs se montrent plus discrets en tenant des propos en apparence modérés qui contiennent en fait des termes très précis insinuant des progrès alarmants en matière de fabrication d’une bombe nucléaire !

Ces progrès sont en fait fictifs car le régime est incapable de démarrer sans l’aide des Russes la centrale civile de Bouchehr, mais Washington n’en parle pas car il a besoin de la « menace nucléaire iranienne » pour sanctionner les mollahs afin de les forcer à accepter l’apaisement permettant le retour de ses pions en Iran. En revanche, Washington ne veut pas que cette menace utile pour sanctionner les mollahs puisse faire paniquer l’opinion américaine, c’est pourquoi il a laissé dire que le virus Stuxnet avait durablement amoindri la capacité nucléaire des mollahs !

Pour neutraliser cette annonce qui annule durablement la « stratégie de l’amplification de la crise », Téhéran a lancé une invitation à tous les pays surtout ceux du groupe des Six qui négocient aux côtés des Etats-Unis de se rendre en Iran pour visiter ses installations nucléaires afin de voir eux-mêmes ses progrès !

La semaine a commencé avec cette visite destinée à provoquer les Américains. Pour éviter que cette visite ne provoque un effet négatif sur les derniers fidèles du régime, ce dernier s’est montré discret à son propos et a mis l’accent sur le plan intérieur sur des programmes destinés à satisfaire l’opinion : des promesses de dialogue avec les Six, des promesses de lutte anti-corruption et anti-pollution et la diffusion de beaucoup de foot comme bouche-trou. Voici le résultat en images avec une chute inattendue mais cinglante. (vous pouvez cliquer puis zoomer sur les images pour les agrandir une ou deux fois)

23.01.2011

 
Iran : La semaine en images n°152

Cette semaine, il s’est passé un fait inédit : le Conseil de Discernement de l’Intérêt du Régime (organe plénipotentiaire qui décide de toutes les politiques du régime dans tous les domaines), le vrai gouvernement du régime ne s’est pas réuni comme à son habitude une seule fois le samedi, mais plusieurs fois de suite.

Le Conseil de Discernement a fait état de discussions nécessaires sur la révision d’un article de loi, mais à l’issue de ces réunions, il n’a annoncé aucune révision. Ce gouvernement permanent du régime était en fait réuni pour parler d’une crise inattendue.

Les 7 problèmes | Il faut parler d’une crise dans la crise car le régime est actuellement plongé dans un tourbillon de problèmes sans solution. Au départ, il y a le problème de base : Washington le sanctionne tout en proposant une entente, non parce qu’il le veut comme allié, mais pour revenir en Iran avec ses pions et prendre le pouvoir de l’intérieur. De fait, pour éviter ce scénario catastrophe, les mollahs doivent nécessairement refuser tout dialogue et surtout trouver un moyen pour échapper aux sanctions. Pour cela, Téhéran a longtemps privilégié la carte des provocations espérant déclencher une très grande crise susceptible de faire capituler Washington par peur d’une guerre régionale. Mais, second problème : le régime n’y est pas parvenu. Pour continuer cette même politique sans s’effondrer économiquement, il a gelé les salaires et augmenté les prix pour baisser la consommation donc le volume de l’importation des produits vitaux. Il a ainsi gagné du temps, mais en réduisant le pouvoir d’achat du peuple, il a annulé l’avantage salarial de ses miliciens. Troisième problème : Il a perdu le soutien de jeunes engagés dans la milice anti-émeute par pauvreté et non par conviction.

Aujourd’hui, le régime repose sur une base très réduite de quelques milliers de miliciens plus âgés qui ne peuvent le défendre. Il est très vulnérable. C’est un cinquième problème. Il se maintient en intimidant le peuple, mais il doit éviter de pousser les gens à bout. C’est un sixième problème. Il a enfin un énorme septième problème : il ne peut organiser un grand rassemblement le 11 février prochain pour le 32e anniversaire de la révolution islamique. Il est face à la révélation de son impopularité, son illégitimité et sa vulnérabilité. Il est pour ainsi dire condamné, à moins d’un retour de ses miliciens ou d’un miracle.

Il s’est retrouvé en état de crise aiguë car il a tenté de provoquer ce miracle. Mais les choses ne se sont pas déroulées comme prévues, d’où les réunions extraordinaires du Conseil de Discernement. A l’issue de ces réunions, le régime a accusé Washington d’avoir soutenu moralement un complot pour éliminer ses savants il a renversé le Gouvernement libanais, sans laisser le Hezbollah créer un foyer d’instabilité au Moyen-Orient. En résumé, un coup de force délibérément modéré.

Sur le plan intérieur, il a mis en avant l’unité de vue idéologique entre les frères ennemis, Rafsandjani et Khamenei pour rassurer des dernières troupes. Il a promis des emplois aux Bassidjis tout en menaçant les boycotteurs présents et futurs de poursuites et a augmenté le nombre de pendaisons en complément de ses promesses. Dans ce domaine interne, il a été hésitant mais aussi confus. Les images de la semaine nous éclaireront sur les raisons de cette hésitation et cette confusion.

17.01.2011

 
Iran : La semaine en images n°151

La semaine dernière a été marquée par la nouvelle du suicide du prince Ali-Reza Pahlavi, connu pour son attachement à l’identité iranienne non-slamique, une des choses à laquelle s’agrippe le peuple pour supporter les mollahs. Ce suicide a donné lieu à une grande vague de sympathie vis-à-vis des Pahlavi qui ont toujours défendu cette identité patriotique qui leur a valu l’animosité des grandes puissances étrangères. Les Iraniens sont même montés sur les toits de leurs logements pour scander le nom de Reza Pahlavi ! Le suicide a pris des dimensions politiques insoupçonnables poussant les grandes puissances à nier le soutien exprimé en grande partie par ceux du pays afin de nier le rôle central de Reza Pahlavi dans l’avenir du pays.

Ce suicide, mais aussi la vague de soutiens à Reza Pahlavi, ont contribué à faire oublier ce qui se passait en Iran même. Il s’en est quand même passé des choses très intéressantes dans ce pays.

Le principal événement de cette semaine oubliée a été sans aucun doute l’absence de tout commentaire de la part des mollahs sur cette disparition et ses effets. On n’a entendu aucun commentaire désobligeant de la part des mollahs dirigeants !

On s’abstient de tout commentaire désobligeant en cas de disparition d’un adversaire quand il y a du respect ou de la crainte d’un envenimement du conflit. Dans ce cas, on ne peut guère évoquer le respect des mollahs pour la famille Pahlavi, il ne reste que la crainte.

Ce silence que nul n’a signalé dans la presse occidentale (et pour cause) trouve son explication dans les faits que nous avons exposés depuis des mois dans nos articles de la rubrique de la « Semaine En Images » : depuis plus d’un an, le régime a perdu le soutien de ses miliciens : il est fragilisé. Il ne peut pas se permettre de provoquer une situation agitée nécessitant le déploiement des troupes qu’il n’a plus car on verrait clairement qu’il est fini. Il se tait, mais pour affirmer son autorité et intimider le peuple, le régime annonce régulièrement des pendaisons collectives visant parfois des groupes d’opposition.

Dans ce contexte, après le suicide survenu le mardi soir, avec des crieurs sur les toits et ceux qui avaient bravé la peur d’être arrêtés pour s’exprimer sur le site de Reza Pahlavi, le régime s’est retrouvé dès mercredi dans une situation inédite d’agitation. Il a laissé couler en évitant tout commentaire, mais il a aussi reprogrammé immédiatement une pendaison publique qu’il avait reportée en début de la semaine. Voici les images d’une semaine très mouvementée.

10.01.2011

 
Iran : La semaine en images n°150

Au cours des mois et des semaines passés, nous vous avons exposé les images attestant d’une baisse continuelle du nombre des partisans du régime, en particulier les miliciens qui étaient chargés de la répression, mais aussi de l’animation de la fausse opposition, le Mouvement Vert, qui doit donner une couleur démocratique à l’islamisme et au refus de d’apaisement avec l’Occident.

Le régime a perdu leur soutien après sa décision de limiter le pouvoir d’achat général pour habituer les Iraniens à vivre à l’heure de la pénurie afin de limiter le choc d’une pénurie soudaine.

Lâché par cette base indispensable pour sa sécurité alors que le mécontentement couve, dernièrement, le régime s’est mis à évoquer la pollution de l’air pour annuler les manifestations impossibles à organiser, mais aussi pour inciter le peuple à ne pas sortir afin d’éliminer les témoins de son isolement. Par la suite, sa fausse opposition, le Mouvement Vert, qui est boycotté depuis des mois, a parlé de pluies acides et de pollution cancérigène non pas pour garder les témoins de son insuccès à distance, mais pour tétaniser les esprits et faire passer au second plan les manifestations vouées à l’échec.

Cette semaine, on a de nouveau entendu parler de cette pollution foudroyante car le jeudi 30 décembre (9 Dey), le régime devait organiser une manifestation officielle : la Journée de soutien du Peuple au Guide !

Or, il y a deux semaines, après les échecs répétés pour mobiliser ses miliciens, sous l’impulsion de son nouveau patron Larijani, le régime a dû de nouveau augmenter les prix encore plus pour renforcer son plan de pénurie organisée pour échapper à la pénurie subie. Cela a détourné les Iraniens des transports en commun jugés trop coûteux. Tout le monde s’est mis à la marche à pied. La pollution a diminué !

On en a même la preuve car pour nier ce boycott, le régime a dû multiplier les reportages faisant état du succès des transports en commun. Ces reportages ne montraient aucun signe de pollution de l’air : manque de visibilité ou usage de masque. De fait, en évoquant une pollution inexistante, le régime a surtout convaincu les Iraniens qu’il n’avait pas pu recruter de nouveaux miliciens et qu’il était toujours en voie d’affaiblissement.

Cela a autorisé un grand nombre de commerçants notamment les boulangers à ne pas appliquer son plan de rigueur. Le régime s’est fait une raison en affirmant qu’ils n’avaient pas augmenté leurs prix car ils utilisaient encore les stocks de farine achetés au prix subventionné alors que le prix du pain aurait dû augmenter en raison de la hausse du coût général de la vie pour permettre à ces commerçants de vivre et de consommer ! Le régime était face à une contestation de son autorité. Il aurait alors dû montrer les dents, mais il n’a rien fait. Ses dirigeants ont également fuit le contact avec la foule ou la presse pour éviter d’avouer leur défaite.

On peut parler d’un repli tactique. Les images des évènements organisés par le régime pendant cette semaine laissent entrevoir un malaise plus profond.

03.01.2011

 
Iran : La semaine en images n°149

Il y a une semaine, le régime des mollahs a annoncé la suppression des prix subventionnés alors que les Iraniens devaient célébrer Yalda, une fête d’origine zoroastrienne, qui d’un point de vue matériel est synonyme de ripailles. Les prix ont été en moyenne multipliés par 10 ! Le régime a ainsi imposé une hausse générale des prix à tous les commerçants pour brider le pouvoir d’achat du peuple alors que sous l’effet des sanctions, il manque sérieusement de devises pour approvisionner son marché intérieur.

L’annonce a gâché la fête et déprimé le peuple. Elle a aussi été suivie par une baisse drastique de la consommation du pain qui est l’aliment de substitution de 85% des Iraniens qui vivent sous le seuil de pauvreté. Tous les correspondants bénévoles ont fait état d’une ambiance de villes mortes aux abords des zones commerciales. Parallèlement, il y a eu de nombreuses manifestations parfois violentes.

Ainsi, à l’issue de cette décision, le régime acculé par les sanctions s’est retrouvé plus encore en difficulté. Pour son malheur, le pays a été également frappé par un important tremblement de terre qui a mis en évidence ses difficultés. Afin de ne pas montrer le malaise sur tous les plans, le régime n’a pas caché les problèmes, mais il a dédramatisé en diminuant le nombre de reportages à caractère social. En parallèle, il a multiplié des actions politiques spectaculaires pour mettre en scène de la force et de la sérénité.

De fait, il y a beaucoup d’images : des vues furtives d’un pays en difficulté, des images d’une sérénité factice, mais aussi des images de la vraie actualité d’un régime en crise. Voici une courte introduction expliquant l’essence des diversions médiatiques du régime et de sa vraie actualité suivie des images de la semaine.

26.12.2010

 
Iran : La semaine en images n°148

Depuis plus d’un an, les Bassidjis, les jeunes miliciens des Pasdaran chargés de la sécurité intérieure, sont absents lors des manifestations officielles. Cette absence est devenue plus visible cet été au moment de la Journée de Qods qui marque le début de la saison des manifestations officielles. Chacun a alors compris que le régime n’avait plus les moyens de répression qu’il prétendait avoir. Cela a donné à tout le monde le courage de boycotter le régime, mais aussi les manifestations religieuses.

Ce boycott général, que nous vous exposons dans la rubrique de la semaine en images, a limité les chances de survie du régime. La semaine dernière, la milice étudiante qui animait la fausse opposition interne a également lâché le régime. Pour cacher l’absence de ses miliciens à ses côtés, depuis un certain temps, le régime parle d’une forte pollution pendant les journées de manifestations impliquant ses miliciens en invitant le peuple à rester à domicile afin qu’il n’assiste pas à son isolement.

Cette semaine, le régime était face à l’un de ces rendez-vous avec la milice à l’occasion d’Achoura, le 10e jour du mois de Moharram pendant lequel les chiites doivent pleurer le martyr de Hossein, le petit-fils de Mahomet, et de ses 72 compagnons tués par l’armée du Calife du moment. Mais manque de chance, il a beaucoup plu et il ne pouvait pas évoquer la pollution. La mobilisation a été presque nulle, de fait le régime a surtout produit des images artistiques ! Cette nouvelle rupture a donné lieu à un bouleversement politique : la destitution de facto de Rafsandjani, le patron politique du régime depuis 1989 et son remplacement par son rival et ennemi Larijani.

Ce changement a été accompagné par des mesures fortes qui annoncent une nouvelle politique très culottée. Pour tout comprendre voici un peu de lectures et beaucoup de photos.

20.12.2010

 
Iran : La semaine en images n°147

La semaine a été très chargée. Mardi (3ème jour de la semaine en Iran), la fausse république des mollahs devait organiser en grande pompe la manifestation estudiantine pour mettre en valeur sa fausse opposition interne, dirigée par Moussavi, un membre à vie du Conseil de Discernement, organe qui décide toutes les politiques du régime dans tous les domaines ! On n’a guère vu les 300,000 étudiants iraniens manifester en faveur de cette fausse opposition. Le régime n’a pas pu les remplacer par des miliciens en civil car ces derniers l’ont lâché depuis plus de 18 mois. Il a donc mis en œuvre des diversions médiatiques pour cacher cette nouvelle défaite.

En cette semaine de difficultés politiques, le lundi et le mardi, la fausse république des mollahs avait rendez-vous avec les Occidentaux qui la sanctionnent pour la presser de modérer ses positions afin de devenir un partenaire viable. Il est allé à ce rendez-vous pour s’éviter un renforcement des sanctions qui pourrait amplifier ses problèmes tout en sachant qu’il ne peut pas se modérer car cela est contraire à ses intérêts axés notamment sur l’activisme islamique en dehors du pays.

En fin de semaine, le Jeudi 9 décembre, la fausse république des mollahs devait relever le défi d’organiser une manifestation en mémoire de Montazéri, un vieux mollah réac présenté comme un modéré par sa fausse opposition. Il s’attendait à un nouveau boycott. Et enfin, le 10 décembre, il devait affronter la journée mondiale des droits de l’homme. Il en a résulté une semaine compliquée et mouvementée ponctuée de manœuvres bizarres, de subterfuges, de profil bas sur l’islamisme et de dénis des réalités face à des rendez-vous incontournables, une semaine riche en fantaisies médiatiques.

12.12.2010

 
Iran : La semaine en images n°146

Cette semaine, on était encore dans la Semaine du Bassidj qui a débuté le 25 novembre : le régime devait organiser jusqu’au jeudi 2 décembre des manifestations pour mettre en valeur les capacités policières de la milice chargée de réprimer les émeutes. Mais les jeunes qui formaient cette milice essentielle pour la sécurité du régime ont rompu avec lui au moment du soulèvement du peuple iranien en juin 2009 et boycottent depuis cette date toutes ses manifestations. C’est pourquoi comme la semaine dernière, le régime a dû faire des manœuvres médiatiques pour cacher ce boycott qui est la preuve de son affaiblissement.

05.12.2010

 
Iran : La semaine en images n°145

Cette semaine, le régime devait célébrer l’anniversaire de Ghadir Khom, événement au cours duquel Mahomet a nommé son gendre Ali comme son successeur, événement que l’on peut qualifier de fondateur du Chiisme. Le régime devait également organiser l’anniversaire de la création de la milice Bassidj inventée par Khomeiny en 1979 deux jours après la fête religieuse de Ghadir Khom. Or, cette année, le peuple iranien a massivement boycotté le Ramadan et les jeunes miliciens du Bassidj ont pris leur distance avec le régime depuis deux ans et boycottent ses manifestations. Le régime était donc devant un double défi. Les deux évènements étaient des fiascos prévisibles. Le régime a passé la semaine à mentir ou à faire diversion pour dissimuler les deux boycotts qui font état d’un rejet de l’islam et aussi de son manque de troupes pour se défendre contre un nouveau soulèvement.

28.11.2010

 
Iran : La semaine en images n°144

La principale information iranienne chaude de la semaine dernière a été les manœuvres militaires pendant lesquelles les mollahs ont fait état de progrès inouïs en matière de défense aérienne. Téhéran a notamment annoncé qu’il avait en sa possession un système de missile du même niveau que le S-300. Il insinuait ainsi qu’il pourrait frapper en toute impunité Israël via le Hezbollah pour punir Washington. Les images officielles des manœuvres ne font état d’aucun progrès. Il s’agissait d’une nouvelle provocation pour engager Washington dans une escalade afin de le contraindre à abandonner la partie par peur d’une guerre dans laquelle il aurait beaucoup à perdre. L’objet des annonces était donc de se débarrasser des sanctions qui ont ruiné le régime provoquant la rupture des Bazaris et des bassidjis, la milice conçue pour contenir le peuple. C’est pourquoi dimanche, le jour de l’annonce des manœuvres, Ali Larijani, qui espère devenir le patron du régime en prenant la place de Rafsandjani au sein du Conseil de Discernement, avait la banane. Sa joie découlait du fait que deux jours plus tard, en plein milieu des manoeuvres, Ahmadinejad, le représentant du régime, devait aller à Bakou, terre pro-américaine, pour participer à une conférence internationale sur le statut juridique de la mer Caspienne d’où il pouvait répondre vertement aux Américains pour amplifier la crise naissante. Les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Les médias occidentaux ont évoqué les progrès militaires inexistants des mollahs, mais les Américains ont profité de l’occasion pour écarter les frappes militaires et affirmer leur attachement aux sanctions pour parvenir à des négociations. A Bakou, Mahmoud a perdu son sourire. La facture s’est alourdie en fin de semaine quand la capacité balistique imaginaire du régime a été envisagée comme le prétexte pour l’OTAN de déployer en Europe son nouveau bouclier anti-missile ! Cela vise évidemment la Russie, mais au passage, Téhéran ne pourrait plus agiter sa capacité à provoquer une guerre pour pousser Washington à capituler. Voici les images d’une semaine tactique qui s’est terminée par un flop déprimant pour le régime.

21.11.2010

 
Iran : La semaine en images n°143

La semaine a commencé par des tentatives de médiation de la part de deux grands alliés régionaux des Etats-Unis. Mais Téhéran a encore refusé l’apaisement proposé par Washington car il sait que cela est une étape vers la réconciliation diplomatique avec les Américains et en conséquence un moyen pour ces derniers de revenir en Iran avec leurs pions pour prendre le pouvoir de l’intérieur avec une révolution de couleur. La fermeture affichée par Téhéran a été suivie par plusieurs claques : comme le refus de l’Unesco de cautionner la conférence internationale sur la philosophie, un événement qui avait été accordé aux mollahs pour les entraîner dans le dialogue. On peut dire que Washington, qui craint de renverser les mollahs s’il les sanctionnait davantage, a cherché à les humilier pour les contraindre à s’asseoir à la table des négociations avant de perdre davantage la face et son aura de leader régional. Téhéran a refusé, on lui a refusé un siège au conseil onusien des femmes, mais on l’a accordé à son rival régional, l’Arabie Saoudite. Il y a eu aussi des frappes terroristes contre le régime qui se veut le maître du chaos. Le dernier coup est la réapparition du cargo d’armes capturé il y a 15 jours par le Nigeria. Bref, du lundi au vendredi, on a sans cesse dévalorisé les mollahs dans tous les domaines… En réponse, tout au long de cette semaine d’épreuves, les mollahs ont pris sur eux pour ne pas paraître affectés. Images d’une semaine défensive.

14.11.2010

 
Iran : La semaine en images n°142

Il y a un mois, le Bazar de Téhéran s’est lancé pour la seconde fois cette année dans une très longue grève hostile aux mollahs. Cette grève a paralysé des secteur-clefs de l’économie comme la spéculation, la construction ou encore la confection… Le régime a tenté de la casser, mais il n’y est pas parvenu. Cela a confirmé l’absence de soutien de ses miliciens, une absence déjà remarquée tout au long de l’année pendant les grandes manifestations emblématiques du régime. La grève du Bazar a remis en cause l’autorité et la capacité de répression du régime. De peur que cela n’encourage le peuple à le contester, le régime s’est lancé dans des mises en scènes axées sur la force et la fidélité de ses miliciens pour intimider les Iraniens ou du moins les démoraliser. Cette semaine, le régime s’est montré plus méchant car il devait selon sa tradition organiser un grand défilé de ses « miliciens fidèles » pour l’anniversaire de la prise d’otages des diplomates américains. (vous pouvez cliquer puis zoomer sur les images pour les agrandir une ou deux fois)

07.11.2010

 
Iran : La semaine en images n°141

Il y a un mois, le régime des mollahs a rencontré un problème inédit quand il a rendu tout compromis impossible en accusant les Américains d’avoir organisé les attentats du 11 septembre. Aussitôt les grands négociants du Bazar ont commencé une grande grève pour protester contre ce refus de compromis, contre les sanctions plus lourdes que cela allait leur imposer et surtout contre le renforcement présumé du plan de rigueur du régime (réduire la consommation pour éviter des pénuries). Cette grève a lourdement handicapé l’économie nationale : la bourse s’est effondrée et les prix du bâtiment ont doublé en trois semaines. Mais les mollahs n’ont pas assoupli leur position car le compromis demandé par Washington passe par une transition des pouvoirs des mollahs vers les islamistes pro-américains. Le Bazar était en train de pousser le régime à se livrer à l’ennemi : il devait casser cette grève par tous les moyens. Le régime a alors menacé d’incendier les Bazars ou de faire pendre les grévistes. Mais il n’a pas réussi à mettre à exécution ses menaces, ce qui a permis de confirmer le fait qu’il avait perdu le soutien de ses miliciens ou de sa base populaire. Chacun s’est alors dit qu’il serait incapable de résister à un nouveau soulèvement populaire. Le régime a alors changé de tactique en forçant sur la propagande vantant ses capacités policières. Cette durée lui a finalement profité car entre temps les Bazaris se sont essoufflés et la grève a été moins suivie la semaine dernière. Le régime n’a pas pu fêter l’événement car depuis deux semaines, il a rencontré une nouvelle difficulté : Washington a profité de sa faiblesse en demandant à Total de suspendre ses relations avec les mollahs, c’est-à-dire de ne plus leur fournir la part de pétrole qui leur revient de droit en vertu des contrats d’exploitation avec cette compagnie. La mesure a en fait privé Téhéran du pétrole dont il se sert pour produire 25% de ses besoins en carburant : de l’essence, mais surtout du kérosène dont il a besoin pour faire fonctionner ses centrales thermiques de production d’électricité. La mesure a rendu caduque le plan anti-sanctions basé sur une consommation basse et a mis le régime en demeure de réduire encore plus la consommation d’essence et d’électricité pour rallonger la durée de son autonomie. Il y a deux semaines, le régime avait annoncé l’entrée en vigueur du plan de rigueur. Mais par peur d’agitation sociale, il avait reculé en évitant d’annoncer la facture. Cette semaine, il a mis en avant sa capacité d’assurer l’approvisionnement afin de rassurer les Iraniens. Il a ainsi annoncé à grands renforts de publicité la production prochaine d’électricité à la centrale nucléaire de Bouchehr. Mais cette centrale ne peut produire que 6 milliards de KWh soit 5% de la consommation actuelle du pays. C’est pourquoi très pragmatiquement, cette semaine, le régime a surtout renforcé sa propagande pour affirmer ses capacités de répression. On a ainsi eu droit à de nombreuses images trafiquées du soutien massif des miliciens au Guide suprême…

31.10.2010

 
Iran : La semaine en images n°140

Il y a une semaine, le régime a réalisé qu’en ne parvenant pas à casser la grève du Bazar, il donnait la preuve qu’il n’avait plus le soutien de ses miliciens. Il avait alors tenté de restaurer son autorité en diffusant des nouvelles mensongères laissant supposer qu’il maîtrisait la situation ou qu’il disposait des mêmes capacités de répression. Cette semaine, il a continué dans le même registre en diffusant des images très bien travaillées pour donner l’illusion d’un soutien massif des dizaines de milliers de jeunes intégristes préparés à se battre à mains nues avec les ennemis du régime. (vous pouvez cliquer puis zoomer sur les images pour les agrandir une ou deux fois)

24.10.2010

 
Iran : La semaine en images n°139

La semaine dernière, la grande préoccupation du régime des mollahs a encore été la grande grève du Bazar qui a commencé le 29 septembre. Il y a trois semaines, le régime avait tenté de casser cette grève menée par son plus important allié en augmentant le taux du dollar pour montrer aux Bazaris qu’il pouvait diminuer à sa guise leurs bénéfices, mais cette hausse avait uniquement donné lieu à une rumeur de faillite de la banque centrale et de chute prochaine du régime. Ce dernier avait alors abandonné les menaces économiques pour de l’intimidation, mais il n’y était pas parvenu et avait ainsi uniquement rendu plus visible le manque ou l’absence de soutien de ses miliciens. Le régime était alors face à deux problèmes : la grève et la rumeur de sa faiblesse qui peut donner envie à ses derniers miliciens de le laisser tomber. Il y a deux semaines, il a tenté de remonter la pente sur les deux fronts avec des démonstrations de force mettant en scène les éléments d’élite des Pasdaran qui sont fort bien payés qui lui restent fidèles afin de restaurer son autorité, mais ces mises en scène n’ont pas réussi à inverser les vapeurs. Les exercices l’ont ridiculisé. La semaine passée, il les a abandonnés pour ne plus aggraver son cas. Il a attaqué sur un autre terrain qu’il maîtrise mieux : la propagande. Ainsi au lieu de tenter de restaurer son autorité : il a diffusé des rumeurs suivant lesquelles il maîtrisait la situation. Par exemple au lieu de chercher à restaurer sa capacité à terroriser, il a rendu public un plus grand nombre de pendaisons, mais aussi des cas d’amputation qui ont la capacité de terroriser le peuple notamment les plus jeunes. Parallèlement, au lieu de chercher en vain à contraindre les Bazaris à reprendre le travail, il a fait état de négociations en cours et d’une normalisation attendue sous peu. Il devait enfin donner l’image d’une grande force et de vitalité avec la tournée d’Ahmadinejad au Liban. Cette semaine, le régime avait préparé une annonce subliminale pour chaque problème survenu par sa faute au cours des dernières semaines.

18.10.2010

 
Iran : La semaine en images n°138

Le principal événement de la semaine dont il n’existe aucune image a été la grève du Bazar iranien. Les négociants en or et diamant, ainsi que les négociants en acier et en textile, c’est-à-dire tous ceux qui en faisant grève avaient contribué à la victoire des mollahs en 1979, étaient pour la deuxième semaine en grève, paralysant les secteur-clefs de l’économie iranienne : la spéculation financière, le bâtiment et l’habillement. Le mouvement a démarré quand par son discours provocateur Ahmadinejad a fermé la porte à tout apaisement avec Washington présageant de nouvelles sanctions américaines ainsi qu’un renforcement du plan iranien de rigueur pour atténuer l’impact des sanctions par une baisse forcée de la consommation. Le régime a immédiatement choisi le recours à l’intimidation car il sait qu’il ne veut d’aucun apaisement avec Washington. Mais il n’est pas parvenu à rétablir l’ordre car depuis plus d’un an, il a perdu le soutien de ses jeunes miliciens, les Bassidjis, à la suite de la mise en place de son plan de paupérisation visant à réduire la consommation. Il s’est alors retrouvé avec le risque que son incapacité à rétablir l’ordre soit interprétée comme les prémices d’une chute encourageant les gradés de la milice qui sont ses derniers alliés à le laisser tomber pour ne pas disparaître avec lui. Cette peur présente depuis plusieurs mois avait initialement poussé le régime à jouer le profil bas sur le plan politique pour récupérer les Bazaris et les Bassidjis. Ce ramollissement n’avait non seulement pas déclenché le retour de ces forces devenues dissidentes, mais encore il avait renforcé leur boycott du pouvoir et de ses manifestations. Le régime a dû penser que la présente grève était une suite de ce boycott, cette semaine, il a rompu avec son profil bas pour réinvestir en force le terrain qu’il avait abandonné. Le régime a eu une semaine chargée pour avancer étapes par étapes dans une explosion de violence retenue avec trois coups d’éclat en milieu et fin de semaine, mais il n’a pas réussi à atteindre ses objectifs. Voici les images d’une semaine très intéressante. (vous pouvez cliquer puis zoomer sur les images pour les agrandir une ou deux fois).

10.10.2010

 
Iran : La semaine en images n°137

Le Bazar, principale entité sociale, qui a aidé les mollahs à prendre le pouvoir est en grève dans les grandes villes du pays depuis une semaine et la milice composée de jeunes qui doivent défendre le régime n’intervient pas. Le régime des mollahs est dans une situation grave. Son incapacité à rétablir l’ordre peut donner lieu à un élargissement du mouvement aux entreprises publiques et aux administrations. Cela pourrait signifier la fin du régime. Pour forcer les Bazaris à cesser leur grève, le régime a tenté de les intimider en incendiant les Bazars, en les accusant de voler le peuple et enfin en menaçant d’abord implicitement puis très ouvertement des arrestations musclées. Dans le même temps, le régime a tout fait pour minimiser la gravité des faits pour éviter l’adhésion du peuple ou l’abandon de ses partenaires économiques étrangers. De fait, alors que le pays brûle, il n’y a aucune image des grèves, des incendies, le régime a tenté de montrer des images faisant état de sa force basée sur le soutien d’un peuple heureux et d’une milice fidèle. Mais les images ne sont jamais neutres et nos amis les photographes iraniens nous ont envoyé des messages faisant état du contraire pour qui sait lire les images. C’est ce que nous vous proposons.

03.10.2010

 
Iran : La semaine en images n°136

Depuis trois mois, le régime a collectionné les gadins car il n’a pas réussi une seule fois à mobiliser un de ses alliés populaires à savoir la milice, le bazar ou le clergé lors de ses diverses manifestations officielles. Ce boycott est le résultat des sanctions car les mollahs refusent d’envisager un apaisement avec Washington car cela les obligerait à partager le pouvoir avec des pions de Washington à travers un processus de révolution de velours. Le peuple voit qu’il est en train d’être sacrifié sur l’autel des intérêts personnels des dirigeants. La semaine dernière, la tension est montée encore d’un cran car le régime devait commémorer le mercredi 22 septembre, le trentième anniversaire de la guerre Iran-Irak, une guerre qui a ruiné le pays et fait plus d’1 million de morts car les mollahs avaient refusé tout compromis. Par ailleurs, le lendemain de cette date pénible, le régime devait selon la tradition célébrer la rentrée des classes alors que la hausse vertigineuse des prix de fournitures scolaires a forcé près de 30% des parents à renoncer à inscrire leurs enfants. Il y avait un cumul de ressentiments négatifs vis-à-vis du régime. Se sentant très menacé, ce dernier a annoncé sa disposition à négocier avec les Six, mais dans le même temps, il a tenu des propos très insultants vis-à-vis des Américains afin que ces négociations ne soient en aucune façon une étape vers un apaisement avec Washington. Les Américains qui ont toujours sanctionné les mollahs pour les amener à accepter cet apaisement ont été interloqués et n’ont pas sauté de joie sur l’offre de négociations qui ne leur sert à rien. Content de cette trouvaille, le régime ne cesse de répéter son envie de dialogue tout en titillant Washington sur les sujets qui fâchent. C’est une évolution intéressante, c’est pourquoi nous vous proposons un rappel de ces stratégies défectueuses avant d’exposer les images de la semaine pour finir sur une conclusion décoiffante suggérée par ces mêmes images.

27.09.2010

 
Iran : La semaine en images n°135

__le contexte actuel__| Il y a deux semaines, les miliciens du Bassidj, les Pasdaran de base ainsi que les Bazaris ont comme le peuple boycotté la Journée de Qods qui doit être la vitrine de l’islamisme du régime, la vitrine du soutien au Hezbollah qui au retour doit garantir le soutien de la rue arabe aux mollahs. Par leur boycott, les Iraniens ont mis en danger le régime dont la seule force de dissuasion est le soutien de la rue arabe à ses agitations via le Hezbollah ou le Hamas. Ce boycott résulte de la décision du régime de supprimer les prix subventionnés, c’est-à-dire les produits vendus à perte, pour faire des économies afin de garder des devises en réserve pour continuer à refuser tout compromis avec les Américains. Avec le boycott de la journée de Qods, Téhéran a réalisé qu’il était très menacé, mais il n’a pas reculé car un compromis avec Washington équivaut à un transfert de tous les pouvoirs vers des pions iraniens des Etats-Unis, une sorte de capitulation dans laquelle les mollahs se retrouveront encore plus menacés. Ils ont alors tenté de provoquer une crise avec Washington pour que ce dernier recule et abandonne ses sanctions par peur d’une guerre perturbant l’approvisionnement pétrolier de l’Occident.

Les Américains qui ont besoin d’une entente avec les mollahs pour contrôler la région ont fui l’escalade souhaitée par Téhéran, mais ils ont tenté de le pousser à la capitulation en demandant à la Turquie de cesser ses livraisons de carburant et de fermer discrètement toutes les banques d’affaires iraniennes. En choisissant de rester sur sa ligne de refus de compromis, le régime a écopé d’un nouveau boycott encore plus important lors de la fête de fin du Ramadan. Le régime a alors reconsidéré sa position car pour la masse musulmane, il est « officiellement » arrivé au pouvoir grâce à une révolution du peuple : il tire sa légitimité de la rue. Le boycott de la rue équivaut à la perte d’une légitimité qui lui assure le soutien de l’Ouma. Il fallait récupérer le coup : le régime a décidé de séduire la rue tout en continuant à provoquer les Etats-Unis pour arriver à une escalade pour faire reculer ces derniers.

__cette semaine__| Le boycott d’un événement islamique par les Iraniens a alerté les Etats-Unis : ils ont craint la chute de ce régime dont ils ont besoin pour contrôler les musulmans. C’est pourquoi alors que Téhéran cherchait l’escalade, ils ont tout d’un coup cessé de demander de nouvelles sanctions. Pour permettre aux mollahs de rassurer le peuple : la docile Turquie a annoncé qu’elle avait envie d’étendre ses relations commerciales avec Téhéran. La Grande-Bretagne qui est l’alliée des mollahs (canal historique) est aussi intervenue en leur livrant le Cylindre de Cyrus pour permettre au régime de séduire le peuple avec une exposition axée sur le respect de l’identité dans laquelle se reconnaît le peuple.

La semaine était modelée pour permettre aux mollahs de séduire la rue et éviter le soulèvement. Cela devait lui permettre de renforcer son autorité sur les forces qui se sont détachées pour ne pas perdre avec eux les derniers éléments encore fidèles comme les miliciens de l’armée de Qods ou ceux de la milice universitaire (l’ENA du régime).

Un fait inattendu a gâché cette semaine de séduction autoritaire : la menace lancée le 10 septembre par le pasteur Jones de brûler des Corans ! L’annonce a enflammé le monde islamique, mais il ne s’est rien passé en Iran ! Personne n’est venu spontanément dans les rues ! On a alors perdu le signal du régime ! La semaine de séduction a changé du tout au tout ! Le régime a, d’une part, tenté d’exister dans l’espace news avec autre chose pour faire diversion et d’autre part, il a couru sans succès après une manifestation de masse à Téhéran contre l’inattendu Mister Jones. On avait connu cela pendant la guerre de Gaza, les manifs de soutien avaient déjà été boycottées par le peuple, le clergé et la milice. À cette occasion, le régime avait fini par y parvenir au bout d’une semaine en faisant venir des figurants de partout, cette fois-ci il y est aussi parvenu péniblement en fin de semaine, 8 jours après les faits. __La preuve en images.__

19.09.2010

 
Iran : La semaine en images n°134

Il y a dix jours, le vendredi 3 septembre, le régime des mollahs organisait la Journée de Qods qui célèbre la victoire (promise) des musulmans sur les juifs et la prise (prochaine) de Jérusalem. C’est une journée fondamentale pour les mollahs car elle marque les liens entre leur régime et les milices islamistes arabes qu’ils financent. Ces milices sont la garantie de la puissance de nuisance régionale du régime. Pour préserver cette force, le régime devait mobiliser le plus largement possible afin de montrer l’engagement des Iraniens avec ces milices arabes. Mais la mobilisation a été nulle car depuis longtemps le régime a perdu le soutien de ses alliés intérieurs, la milice et le Bazar, qui lui reprochent de les sacrifier pour ne pas accepter de compromis avec les Américains. Pourtant pour les récupérer d’une manière générale et en particulier pour les mobiliser pour cette Journée de Qods, le régime avait assoupli d’une manière étonnante l’ensemble de ses positions vis-à-vis des Etats-Unis en cessant toute provocation ou menace et en évoquant à tout bout de champ sa volonté de dialogue au point de perdre la face devant ses milices de la rue arabe.

L’échec cuisant de la mobilisation après 1 mois de souplesse absolue a convaincu le régime qu’il avait définitivement perdu toute chance de reconstituer cette base. il s’est retrouvé dans une position délicate car l’été dernier quand le peuple s’est soulevé, la milice est restée inactive, mais le Bazar qui est un faiseur historique de révolution n’avait pas suivi le mouvement. A présent, il pourrait suivre et créer les conditions d’un changement de régime souhaité par tous.

Le régime a alors pris trois décisions complémentaires que nous verrons en images. La première a été de retourner à sa politique de refus de dialogue puisqu’il n’y a aucun espoir de séduire le Bazar. La seconde décision a été de punir le Bazar qui est la force la plus décisive dans cette équation et la troisième et dernière décision et sans doute la plus intéressante, a été d’annuler un certain nombre de mesures limitant le pouvoir d’achat pour apaiser la colère générale.

12.09.2010

 
Iran : La semaine en images n°133

Cette semaine, le régime des mollahs a continué d’affirmer son refus de tout compromis nucléaire. Les Etats-Unis ont augmenté leurs pressions économiques sur le régime notamment en demandant au Japon de réduire ses échanges commerciaux avec Téhéran et en demandant à la Turquie de diminuer encore ses livraisons d’essence à l’Iran. La situation économique du pays s’en est trouvée plus mal provoquant une instabilité qui pousse le régime à procéder à des pendaisons massives. A une exception près dont nous parlerons plus bas, on n’a rien vu sur ces sujets par les médias occidentaux. Ces derniers sont restés focalisés sur Sakineh, la femme condamnée à la lapidation. Pour les Iraniens, les Etats Occidentaux, qui n’ont jamais caché leur intention de parvenir à une entente avec ce régime, utilisent Sakineh pour accaparer l’attention de leurs citoyens afin qu’ils ne s’intéressent pas à la situation économique et politique de l’Iran et ne se mobilisent pas pour aider un changement de régime. Nous avons une nouvelle preuve de ce choix quand, à la fin de la semaine pendant la journée de Qods, le régime a échoué dans sa tentative de mobiliser le peuple sous sa bannière ou sous la bannière de la fausse opposition interne, le Mouvement vert. Aucun media occidental n’a parlé de cet échec : ils ont même évoqué une bonne mobilisation dans les deux cas. Nous avons la preuve du contraire en images et bien plus dans ce 133e numéro de la semaine en images placée sous le signe de ruptures et d’incertitudes pour le régime des mollahs.

06.09.2010

 
Iran : La semaine en images n°132

Au cours de la semaine dernière, le principal sujet traité dans les médias iraniens a été l’entrée en vigueur de la suppression des prix subventionnés, mesure qui annonce des hausses d’au moins 500% sur tous les produits de base. Cette hausse est liée aux sanctions : le régime manque de devises, il ne peut pas approvisionner le marché, il a commencé à réduire le pouvoir d’achat des Iraniens en augmentant les prix, mais il doit passer à une vitesse très supérieure pour brider définitivement la consommation dans l’espoir d’écarter les risques de pénurie et d’émeutes, voire de soulèvement. La mesure risque cependant de provoquer ce qu’il veut éviter, d’où la nécessité de préparer longuement le terrain, mais aussi la nécessité de donner l’image d’un régime fort capable de résister à un autre soulèvement. C’est pourquoi les mollahs ont cessé leur guéguerre qui est censée donner l’illusion d’un débat démocratique diversifié. Supposant l’inefficacité de ces mesures, le régime a aussi ressorti Karroubi de la naphtaline : ce faux opposant intérieur a appelé à un rassemblement pour placer les contestataires sous la bannière d’un partisan du régime. Bref, le régime se prépare au pire. En cette semaine décisive où tout indique un possible retour de la contestation, on n’a guère entendu les Occidentaux en particulier les Américains sur le sujet. Ces derniers ont parlé d’autres sujets comme pendant le premier soulèvement iranien pendant l’été 2009 : l’affaire d’une lapidation qui a été suspendue, il y a 3 semaines, l’affaire d’un footballeur qui a mangé pendant le mois de Ramadan, un bébé tigre dans une valise. Lamentable.

30.08.2010

 
Iran : La semaine en images n°131

D’un point de vue international, l’événement de la semaine a été l’inauguration de la centrale de Bouchehr. Cela a aussi compté pour les Iraniens, mais négativement, puisqu’ils l’appellent la Tchernobyl iranienne. La Russie n’a pas la cote en Iran. Par ailleurs, pour les Iraniens, cette inauguration est passée au second voire troisième plan car le régime a annoncé le début officiel de la procédure de suppression des prix subventionnés qui annonce des hausses de prix vertigineuses. Le prix de l’électricité a déjà été multiplié par 12 sans aucun avertissement, sans doute pour tester la réaction de la rue. À présent, on prépare l’opinion pour une multiplication par 30 ou par 60 du prix du pain. Cette mesure économique qui est le résultat direct des sanctions traumatise tout le monde, c’est pourquoi les mollahs qui jouent les intransigeants sur la scène internationale ont été très discrets depuis une semaine. On ne les avait guère vus ou entendus sur la scène nationale, cela a continué cette semaine : malgré une actualité riche en commémorations révolutionnaires, les mollahs ont assuré un service minimum. Ce qui fait un peu désordre pendant le mois de Ramadan ! Avant les images de ce cache-cache, voici un exposé sur les risques encourus par le régime en cas d’une libération des prix.

22.08.2010

 
Iran : La semaine en images n°130

Depuis un mois, Washington, qui a besoin des mollahs pour soulever les musulmans de l’Asie Centrale contre la Chine, a renforcé les sanctions de sa guerre d’usure économique à leur encontre pour les forcer à accepter son offre d’entente. De nombreux pays fournisseurs de produits de première nécessité comme l’Allemagne ont cessé leurs livraisons. Dans le même temps, les clients du pétrole iranien ont cessé leurs achats. Ces lâchages en chaîne ont humilié les mollahs et démoralisé ses alliés internes. Ces lâchages en chaîne privent l’Iran des devises nécessaires pour trouver de nouveaux fournisseurs. Le pays manque de tout et surtout de carburant, nécessaire pour faire fonctionner les centrales thermiques. Les mollahs n’ont néanmoins pas cédé en cas d’entente, ils devraient transférer les pouvoirs politiques et économiques (le pétrole) aux Américains. C’est une situation dangereuse car les alliés internes du régime pourraient le lâcher pour ne pas mourir en cas d’un soulèvement populaire. Il y a trois semaines, le régime avait tenté de les rassurer en se lançant dans un programme d’inauguration d’équipements industriels pour montrer que tout va bien. La semaine dernière il a oublié le peuple et ses alliés internes pour enchaîner les provocations afin d’engager Washington dans une escalade express afin que la peur d’une guerre dans le détroit d’Ormuz handicapant l’approvisionnement pétroler de l’Occident pousse ce dernier à lâcher Washington. Dans cette semaine de vifs efforts pour provoquer une escalade, le régime a dû faire face à un autre problème : le Ramadan qui doit être synonyme d’un marché bien achalandé pour récompenser les bons croyants. Cela fait des années que les Iraniens ont fait le deuil de ce genre de chose, mais cette semaine, on a atteint le niveau plancher dans l’offre de produits comestibles, c’est pourquoi pendant la semaine où les mollahs devaient se faire entendre, on ne les a pas vus se pavaner en Iran.

15.08.2010

 
Iran : La semaine en images n°129

L’évènement marquant de la semaine d’un point de vue occidental a été la déflagration à proximité de la voiture d’Ahmadinejad lors de son voyage dans la région de Hamedan. Téhéran a démenti la thèse de l’attentat, mais a lui-même alimenté les rumeurs car il a besoin de faire des diversions médiatiques pour faire oublier ses difficultés à redresser la barre face aux sanctions. Alors que le monde entier était occupé à tirer au clair l’explosion de Hamedan, les mollahs ont pu entreprendre en toute discrétion plusieurs projets pour neutraliser les sanctions, notamment une vente massive d’actions de grandes entreprises iraniennes à des investisseurs étrangers. Alors que le monde entier courrait après les rumeurs lancées par les mollahs, les Iraniens avaient les yeux rivés sur cette vente qui les a révoltés. Voici donc des images du soi-disant attentat, de la vente et de la révolte sourde des photographes iraniens (que nous saluons encore).

08.08.2010

 
Iran : La semaine en images n°128

la semaine dernière, l’événement le plus important lié à l’Iran, a été l’adoption par l’Europe de nouvelles sanctions économiques. Même si l’Europe a en fait adopté des sanctions américaines qu’elle appliquait déjà et que ces mesures ne sont pas une charge supplémentaire pour le régime, les mollahs n’ont pas aimé car les Européens ne peuvent plus être présentés par le régime comme des alliés par défaut plutôt hostiles aux pressions américaines. Le coup a été d’autant plus dur à avaler qu’au cours des deux dernières semaines, Larijani, la figure montante du régime, avait promis que le régime était sur le point de former un front des pays mitigés vis-à-vis des sanctions américaines. Le régime s’est retrouvé sans allié, ce qui donne à ses composants une certaine envie de quitter le navire. Cette semaine, tous les dirigeants du régime ont été sur le pont pour donner l’impression d’un Etat puissant qui a des ressources pour résister aux sanctions. On a eu droit à des inaugurations à gogo, des discours sur le thème : Tout va bien ! pour montrer la nullité des effets de sanctions.

01.08.2010

 
Iran : La semaine en images n°127

Il y a une semaine, le Bazar, allié historique du clergé et artisan de la révolution islamique, était en grève. Les Iraniens commençaient à rêver de la possibilité de la chute du régime. Mais aucun Etat occidental n’a soutenu ce mouvement social car tous ont intérêt à ce qu’il reste au pouvoir : les Européens, les Russes et les Chinois pour leurs contrats au rabais et les Etats-Unis dans l’espoir d’en faire un allié anti-chinois. Pour se débarrasser de ce mouvement social inattendu, les médias des Etats concernés ont décrété dès samedi dernier que la grève était finie. Il n’en a rien été. Elle a continué et même a provoqué la première réaction forte du régime : l’incendie des dépôts de coton du Bazar de la ville de Kermân, berceau historique du commerce en Iran. Le lendemain, ce sont deux lieux de commerce exclusivement réservés aux mollahs qui ont aussi été incendiés. Dans l’ensemble la semaine a été chaude. Sous une température caniculaire, la tension est montée d’un cran.

26.07.2010

 
Iran : La semaine en images n°126

La semaine qui s’est terminée a été riche en évènements : la grève générale dans les Bazars des principales grandes villes du pays, le geste conciliant des Etats-Unis de restituer un homme qui affirmait être enlevé et finalement l’attentat contre les Pasdaran dans une mosquée de la ville de Zahédan qui est l’œuvre d’un groupe financé par Washington. L’ensemble de ces évènements ont un point commun : ils sont liés et malgré leurs intérêts, il existe une palette très réduite d’images les concernant. Cette décision du régime tient au fait que les images racontent bien plus qu’elles ne sont supposées montrer. Le régime a réduit le champ d’investigation des Iraniens pour éviter certaines réactions populaires qu’il juge désagréables. Dans ce 126e numéro de la semaine en images, nous pourrons cerner certains de ces sujets d’inquiétudes.

18.07.2010

 
Iran : La semaine en images n°125

Il y a deux ans en décembre 2008, après l’adoption des nouvelles sanctions bancaires américaines, Téhéran a commencé à manquer de devises. Le régime a alors annoncé une TVA imposant lourdement les Bazaris, les seuls à posséder des devises. Ces derniers avaient fait grève dans plusieurs grandes villes du pays. Le Bazar génère des centaines de milliers d’emplois, il y avait un risque d’apparition de mouvements sociaux incontrôlables susceptibles de renverser le pouvoir. Le régime avait alors abandonné sa TVA. Cette semaine, il a annoncé le retour d’une version plus musclée de cette TVA. L’annonce a immédiatement provoqué une grève générale aux Bazars de Téhéran, de Tabriz, de Machad… C’est un événement important : l’élément central de la semaine.

12.07.2010

 
Iran : La semaine en images n°124

Cette semaine, Téhéran a sans cesse multiplié les provocations afin d’engager les Américains dans une escalade afin que par la peur d’une guerre suivie d’une fermeture du détroit pétrolier d’Ormuz les grandes puissances cessent leur pression à son encontre. Cela devait commencer lundi par Ahmadinejad pour finir en apothéose jeudi par des déclarations d’Ali Larijani, le probable nouveau directeur du Conseil de Discernement, donc nouveau patron politique du régime. Il avait d’ailleurs été présent tout au long de la semaine dans les évènements marquants du régime. Mais ce projet a échoué car les Occidentaux ont censuré les étapes préliminaires, privant ainsi Ali Larijani d’une entrée fracassante sur la scène internationale.

04.07.2010

 
Iran : La semaine en images n°123

la terre a enfin bougé en Iran | Depuis près d’un an, l’actualité politique iranienne est focalisée sur le Mouvement Vert et ses dirigeants Moussavi et Karroubi qui prônent un retour aux valeurs fondamentales de la révolution islamique, c’est-à-dire le refus de tout compromis avec l’Occident. Il n’y a là rien d’étonnant : les deux hommes sont membres à vie du Conseil de Discernement, une sorte de conseil d’administration plénipotentiaire qui depuis 22 ans décide de l’ensemble des politiques du régime sous la direction de Rafsandjani. Ce dernier qui est vu comme le véritable patron du régime a d’ailleurs soutenu le Mouvement Vert (on pense qu’il en a été l’architecte). Ainsi au travers de cette imitation de révolution de couleur, le régime espérait que ce mouvement hostile au dialogue obtiendrait le soutien d’Obama : logiquement, le président américain n’aurait alors pas pu continuer ses sanctions devant leur refus de négocier. Mais ce projet a été un double échec. Tout d’abord, les Iraniens, qui connaissaient Moussavi, Karroubi et Rafsandjani, n’ont pas adhéré à cette révolution de couleur, mais ils ont profité de l’occasion pour contester le régime. Parallèlement, Washington, qui a besoin de ses sanctions pour forcer les mollahs à devenir ses alliés régionaux, n’a pas marché, mais il a profité de l’occasion pour incruster ses pions dans le processus pour prendre la direction de l’opposition la plus démocratique du régime, s’offrant l’option de prendre le pouvoir de l’intérieur pour mettre les mollahs à son service ! Pour restaurer sa mainmise sur son projet, le régime a essayé d’attirer les Iraniens dans les rues sous la bannière verte par des slogans hostiles à Khamenei : il a provoqué la colère des grands ayatollahs, sans parvenir à duper les Iraniens. En désespoir de cause, la semaine dernière, le Mouvement Vert a tenté d’attirer les Iraniens dans les rues en appelant à une mobilisation en mémoire des victimes du soulèvement anti-régime de l’année dernière. Personne ne s’est déplacé. Ce boycott a achevé tous les espoirs des responsables du Mouvement Vert. Dans le même temps, les pions de Washington ont encore une fois occupé le terrain médiatique pour revendiquer la direction du Mouvement Vert. Moussavi a publié une lettre d’information pour rappeler son attachement au système. La lettre a été boycottée par les médias américains. Cela ne pouvait pas être sans conséquence : cette semaine, Rafsandjani a officiellement fait part de son intention de se retirer de la vie politique.

C’est l’info de la semaine. Toutes les images importantes de la semaine s’y rapportent.

27.06.2010

 
Iran : La semaine en images n°122

Le 12 juin dernier devait avoir lieu l’anniversaire du Mouvement Vert partisan de Moussavi qui prône le retour aux valeurs de la révolution islamique, c’est-à-dire le refus de tout compromis avec l’Occident. Ce Mouvement soi-disant démocratique a été inventé par le régime pour donner une légitimité populaire au refus de tout dialogue ou apaisement avec les Américains. Il y a un an, les Iraniens qui connaissent bien le passé de Moussavi n’étaient pas descendus dans les rues à l’appel de ce mouvement le représentant, ils ont agi de même cette année. En revanche, l’année dernière, les Iraniens avaient profité de l’autorisation de manifester accordée à cette fausse opposition pour descendre massivement dans les rues le 15 juin. Cela avait donné lieu à un soulèvement qui avait duré 10 jours faisant des centaines de morts. Cette semaine, pressé par une nouvelle résolution, Téhéran devait absolument réanimer ce Mouvement Vert de repli islamique. Il a donc déployé des trésors d’efforts indirects pour encourager une mobilisation à l’occasion de l’anniversaire du soulèvement du peuple iranien. Ces efforts ont été un échec : il n’a pas pu entrer dans l’ère de refus légitime qui neutraliserait les résolutions onusiennes et leurs lots de sanctions qui visent les Pasdaran, milice islamiste mais aussi pilier économique du régime. De fait, il s’est retrouvé en prise directe avec les sanctions qui le visent. La semaine a été une suite d’efforts discrets pour la réanimation du Mouvement Vert et de discours dynamiques faisant état de sa capacité à surmonter toutes les sanctions et leurs promesses de difficultés économiques.

20.06.2010

 
Iran : La semaine en images n°121

La principale info de la semaine est l’adoption d’une nouvelle résolution du Conseil de Sécurité avec un nouveau lot de sanctions. Ces sanctions ne sont pas de nature à renforcer la pression économique contre les mollahs pour accélérer leur chute, elles confirment néanmoins le maintien en place des sanctions déjà adoptées qui ont ruiné le régime l’empêchant de payer des salaires, l’exposant ainsi à des troubles sociaux capables de le renverser. Téhéran ne s’attendait pas à cette décision qui devait normalement être prise la semaine prochaine. Pour neutraliser cette décision, il avait décidé de dépêcher Ahmadinejad à l’encontre des Russes et des Chinois. La décision a bouleversé le programme des voyages présidentiels. Il a dû prendre d’autres dispositions que nous verrons en images. À la fin de sa semaine de lobbying sino-russe, le régime espérait que les Iraniens descendraient massivement dans les rues en faveur de Moussavi, le faux opposant qui est très officiellement en faveur du refus de tout compromis avec l’Occident. Mais les Iraniens ont encore boycotté Moussavi privant le régime d’une légitimation populaire de son refus de tout compromis. Le régime a comme d’habitude fabriqué ses images avec de soi-disant manifestants. Leur nombre est en baisse comme le montrent les vidéos Youtube postées par « Freedommessenger », partisan de Moussavi. Téhéran a vécu une semaine de ratages monumentaux. Cette baisse très prévisible de tension a été compensée par deux grandes initiatives en faveur de ce Mouvement moribond dans notre ville à Paris que nous vous exposons également en vidéos.

13.06.2010

 
Iran : La semaine en images n°120

D’habitude l’actualité iranienne concerne le nucléaire : le régime est prié d’accepter un compromis, il se lance alors dans des provocations militaires, sous-entend une guerre pétrolière ou une guerre palestinienne, car il ne peut pas accepter de compromis avec l’Occident, cela lui coûterait le soutien de la rue arabe. Cette semaine, cette rue arabe qui compte sur les mollahs était justement en ébullition suite à l’attaque de l’armée israélienne contre la Flottille. On aurait dû donc avoir droit à une semaine palestinienne haute en couleur, mais on n’a guère entendu les mollahs ce qui a pleinement profité aux Turcs que l’on peut soupçonner d’un coup monté (un incident prévisible) pour prendre le leadership de la rue arabe. Si le régime ne s’est pas battu pour garder ce leadership, c’est parce que les Iraniens ne sont pas pro Palestiniens et par conséquent ils ne sont pas descendus en masse dans les rues comme les Turcs, les Pakistanais pour manifester leur solidarité. A l’épreuve du réel, le régime a perdu sa couronne. Ce ne fut pas la seule déconvenue de la semaine puisqu’il devait célébrer également la journée commémorative de la disparition de Khomeiny ainsi que la première révolte islamiste de ce dernier en 1964 et les deux jours ont été des fiascos sans nom en termes de mobilisation. Si l’on devait donner un nom à ce n° 120 de la semaine en images, l’on pourrait parler de la semaine des désenchantements !

06.06.2010

 
Iran : La semaine en images n°119

Le régime a passé une semaine difficile car son amie, la Russie, l’a lâché en se disant en faveur de nouvelles sanctions. C’est une catastrophe pour les mollahs car ces derniers ont toujours utilisé la protection de l’Etat Russe pour rappeler le refus de tout apaisement avec l’Occident en accompagnant ces annonces d’un enchaînement de provocations guerrières de nature à faire capituler l’Occident par la peur d’une guerre très nuisible pour son approvisionnement pétrolier. L’absence de la protection russe a été une grosse avarie. Elle a contraint le régime à se tenir convenablement sur la scène internationale. Il n’a pu faire aucune provocation parallèlement à l’annonce de son refus de compromis sur le nucléaire : pas un tir de missile, pas de slogans anti-israéliens, encore moins des annonces d’installation de nouvelles centrifugeuses. Dans l’adversité, le régime s’est orienté vers des valeurs sûres : la fausse opposition interne, le mouvement Vert qui entend donner une couleur démocratique au refus de tout apaisement avec l’Occident. De fait, ce fut une semaine riche en bouleversements.

30.05.2010

 


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