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Iran : La semaine en images n°228

Enfin des nouvelles explosives : intro+révélations… Le régime des mollahs est boycotté depuis près de 3 ans par les Pasdaran, les Bassidjis, les militaires, les Bazaris et les mollahs de base car ces actifs populaires du régime n’ont pas les mêmes intérêts vitaux que leurs dirigeants.

Les actuels dirigeants, les mollahs, ont pris au pouvoir 1979 en aidant les pions de Washington et ses alliés occidentaux à renverser le Shah, puis en éliminant ces derniers du jeu notamment par la diabolisation officielle de l’Amérique. Depuis, l’Etat américain tente d’affaiblir graduellement l’économie iranienne pour provoquer des pénuries et générer un risque de soulèvement afin de forcer les mollahs à adoucir leur position pour que ses pions puissent revenir en Iran et prendre le pouvoir de l’intérieur. Pour garder le pouvoir, les mollahs doivent refuser tout apaisement quelles que soient les sanctions et les menaces qui pèsent sur les Iraniens d’où la rupture des actifs issus du peuple, les Pasdaran, les Bassidjis, les militaires, les Bazaris et les mollahs de base…

Après les premiers signes de cette rupture, le régime était réduit à ses hauts dirigeants, donc affaibli, fragilisé, mais pas immédiatement menacé car les Pasdaran ont une structure partitionnée comme un service secret, les membres ne se connaissent pas, ils se méfient les uns des autres. Le régime était à l’abri d’un coup d’Etat. Mais la situation était cependant préoccupante car les Pasdaran rebelles pouvaient constituer des cellules actives par la suite. Rafsandjani, alors patron politique du régime, amateur de manipulations, a songé à organiser une fausse révolution de couleur, le Mouvement Vert, sous la direction de son ami ultra islamiste et très anti-américain Moussavi, par ailleurs un défenseur de l’actuel programme nucléaire du régime, pour donner une légitimité démocratique absolue au programme nucléaire et refus de dialogue et ainsi contraindre Washington à abandonner ses sanctions et ses efforts pour revenir en Iran. Ahmadinejad qui fait partie du clan Rafsandjani s’est montré particulièrement odieux pour permettre au régime de présenter Moussavi comme un modéré !

Tout était si bien pensé. Mais le peuple autorisé à manifester n’a pas soutenu Moussavi, il a plutôt scandé des slogans hostiles au régime. Les Pasdaran, les Bassidjis, les militaires, les Bazaris et les mollahs de base ne sont guère intervenus pour l’aider à se rétablir. On parlait alors d’un ralliement des Pasdaran à la contre-révolution, mais cela n’a pas eu lieu car la contre-révolution s’est essoufflée sans l’aide de Washington et ses Occidentaux qui ont plutôt laissé le régime réprimer le peuple grâce à ses agents des services secrets. Les Pasdaran ont néanmoins montré leur disponibilité d’aider la contre-révolution en laissant les Iraniens contester nuitamment le régime le 15 mars 2010 en célébrant l’anniversaire du Reza Shah Pahlavi (père du Shah), vénéré pour son patriotisme, sa modernisation et sa laïcisation du pays au siècle dernier. Encore une fois, les Occidentaux ont tourné le dos au peuple car la fin de ce régime faible et l’avènement d’un Iran fort n’est dans leur intérêt.

Cependant, le 15 mars 2010, il est devenu clair que les Pasdaran, les Bassidjis, les militaires, les Bazaris et les mollahs de base avaient totalement rompu avec le régime et étaient aux côtés du peuple et en faveur d’une contre-révolution. Les hommes d’affaires issus du régime ont paniqué car le peuple pouvait renverser le régime et les lyncher ou encore les dirigeants fragilisés pouvaient négocier une fuite sécurisée avec les Américains et les laisser seuls face au peuple. Ils ont commencé à brader leurs avoirs pour acheter de l’or et des dollars afin de quitter le pays au plus vite.

Rafsandjani qui n’arrivait pas trouver une réponse à cette crise aggravée a dû céder la direction générale du régime à ses ennemis Sadegh et Ali Larijani. Ces derniers (âgés alors de 48 et 52 ans et faisant figures de "jeunes dirigeants" du régime) devaient calmer les hommes d’affaires paniqués et trouver une solution pour les sanctions. Ils ont nié la rupture des Pasdaran, ils ont évoqué des soutiens populaires en province et ont encore proposé le Mouvement Vert comme un dernier recours. du Rafsandjani bis ! Ils n’apportaient rien de nouveau, mais ne revanche, ils ont essayé d’utiliser la direction du pouvoir judiciaire confié à Sadegh Larijani pour régler des comptes notamment avec Rafsandjani. Cette guerre interne et leur manque de solution ont amplifié la panique. Les Larijani ont finalement inventé des dossiers de fraudes pour intimider les hommes d’affaires remuants.

Pour Washington, le régime et tous ses dirigeants étaient en difficulté sur tous les plans. Washington a poussé ses alliés européens à annoncer un embargo sur l’achat du pétrole iranien à partir du 1er juillet 2012. En fait, les Européens n’achètent que peu de barils à l’Iran car ils ont surtout des contrats d’exploitation directe. Leur embargo allait donc réduire un peu les revenus du régime, amplifiant ainsi un peu les pénuries existantes et relavant un peu plus le risque de soulèvement. Cela devait suffire pour faire réfléchir les mollahs et les amener à plier et à négocier leur sortie contre des garanties pour eux-mêmes. Rafsandjani qui contrôle les 3 postes clefs permettant de voyager et négocier a très vite plaidé en faveur du dialogue pour permettre à ses pions négociateurs de commencer les marchandages, en espérant obtenir les meilleurs garanties en étant prioritaire. Mais les Larijani, exclus des négociations et incapables de les superviser s’y sont opposés, puis ils ont commencé à accuser les membres officiels du clan Rafsandjani de fraude et de détournement pour les écarter afin d’avoir eux-mêmes accès à ces postes pour assurer leurs propres intérêts ! Ces manoeuvres ont reçu le soutien tacite de tous les ayatollahs affairistes depuis longtemps écartés des meilleurs business par Rafsandjani !

Le régime est ainsi entré dans une guerre entre ses plus hauts responsables. Cette guerre pour des intérêts personnels des dirigeants a choqué les collaborateurs subalternes qui étaient sacrifiés. Presque tous ces responsables subalternes ont alors pris leur distance avec le régime ! Les dirigeants étaient seuls donc encore plus voués à l’échec : chaque clan a redoublé d’efforts pour garder ou prendre la direction des négociations qui peut lui donner la priorité pour marchander les meilleures garanties pour lui-même.

La semaine dernière, à la veille d’une grande rencontre internationale à Moscou, Larijani a rappelé qu’il avait nommé l’un des ennemis de Rafsandjani à la direction Tribunal Spécial du Clergé afin qu’il ne tente aucun marchandage.

Pour avoir les mains libres à Moscou, Rafsandjani a riposté en faisant publier des documents établissant la corruption de Sadegh Larijani, le chef du pouvoir judiciaire. Les ayatollahs affairistes ont eu peur que l’on parle aussi de leurs cas. Ils ont reculé. Les Larijani ont également jugé plus raisonnable de reculer en annonçant la fin d’un des procès visant les pions de Rafsandjani. Ce dernier a envoyé ses négociateurs à Moscou en espérant arracher un accord et des garanties aux Américains. Les hommes d’affaires du régime, qui étaient sur le point d’être sacrifié, ont accéléré les achats d’or et de dollar, le marché intérieur s’est embrasé. Mais les Américains n’ont rien signé : conscients que le régime était très en crise, ils ont rappelé l’embargo européen en y ajoutant un embargo américain visant tous les transports aériens et maritimes vers l’Iran, pour passer de l’amplification partielle des pénuries existantes à une pénurie totale !

Rafsandjani avait mal estimé le jeu et avait aggravé la situation. Les associés économiques du régime ont davantage paniqué. Rafsandjani pouvait perdre le contrôle de la négociation, il a commencé à critiquer le principe même du dialogue pour empêcher quiconque d’accéder à ce poste. Larijani n’a pas alors proposé un autre type de dialogue dans le sens de l’intérêt général, il a encore privilégié ses propres intérêts en attaquant les ministres du clan Rafsandjani. Ces derniers ont riposté par de nouvelles révélations compromettantes pour Ali Larijani. Le régime était encore déchiré et divisé. Ses hommes d’affaires ont encore paniqué. Les achats de dollars ont même continué vendredi. Cette semaine, le régime devait rassurer ces gens.

Par ailleurs, cette semaine, les deux parties devaient se réunir le mardi 26 juin pour le rassemblement annuel qui lance la Semaine du Pouvoir Judiciaire. La date a été choisie en l’honneur du premier chef du pouvoir judiciaire du régime islamique, l’ayatollah Beheshti tué en juin 1981 par un attentat en compagnie de 70 autres des responsables du régime. En fait, Beheshti (qui était un mollah pro-américain) a été éliminé par Rafsandjani sur ordre de Khomeiny dans le cadre de l’élimination des pions de Washington. Cela a permis l’arrivée au pouvoir des actuels dirigeants. A cette date, les dirigeants ne parlent guère de Beheshti, mais se retrouvent pour savourer leur victoire et utilisent l’attentat pour se victimiser. Dans le contexte actuel, les deux clans en guerre devaient afficher leur unité, mais aussi leur capacité de répression pour mobiliser leurs derniers collaborateurs fidèles et faire peur à tous leurs adversaires (le peuple, les groupes en ruptures et les hommes d’affaires sur le départ).

Le régime devait donc d’une part se modérer (vis-à-vis de ses hommes d’affaires paniqués) et d’autre part, durcir le ton et montrer sa capacité répressive pour rebooster ses alliés tentés par la fuite et pour intimider ses opposants ! Le programme n’était pas évident. Le régime a fait des choix inefficaces qui ont aggravé la crise, il a tenté de durcir le ton : cela a amplifié la crise. En tenant de calmer la crise, le régime a révélé un terrible secret révélant la rupture définitive des Pasdaran. La crise a décuplé. Les images de la semaine montrent aussi que grand rassemblement annuel de la Semaine du Pouvoir Judiciaire n’a guère mobilisé. Voici le récit en images d’une nouvelle semaine d’erreurs, de revers et de désunion pour le régime finissant des mollahs.

10.07.2012

 
Iran : La semaine en images n°227

(Terrible) Etat des lieux en juin 2012. Le régime des mollahs est boycotté depuis près de 3 ans par les Pasdaran, les Bassidjis, les militaires, les Bazaris et les mollahs de base car ces actifs populaires du régime n’ont pas les mêmes intérêts vitaux que leurs dirigeants.

Les actuels dirigeants, les mollahs, ont pris au pouvoir 1979 en aidant les pions de Washington à renverser le Shah, puis en éliminant ces derniers du jeu notamment par la diabolisation officielle de l’Amérique. Les mollahs ont ainsi privé Washington de ses projets de déstabilisation régionale : depuis, l’Etat américain tente d’affaiblir graduellement l’économie iranienne pour provoquer des pénuries et générer un risque de soulèvement afin de forcer les mollahs à adoucir leur position pour que ses pions puissent revenir en Iran et prendre le pouvoir de l’intérieur. Pour garder le pouvoir, les mollahs doivent refuser tout apaisement quelles que soient les sanctions et les menaces qui pèsent sur les Iraniens d’où la rupture des actifs issus du peuple, les Pasdaran, les Bassidjis, les militaires, les Bazaris et les mollahs de base…

C’est ainsi que ces gens n’ont guère aidé Rafsandjani, alors le patron du régime, à organiser une fausse révolution de couleur, le Mouvement Vert, en faveur de l’islamiste Moussavi pour se donner une nouvelle légitimité. Puis quand le peuple autorisé à manifester a pris le contrôle des rues, ils n’ont guère aidé le régime à réprimer le soulèvement. Le régime a fait appel à ses agents sécuritaires au passé sale (que nous appelons les insolvables) pour réprimer le peuple. Le régime a été sauvé par ses agents insolvables, mais aussi par l’absence de soutien Washington à cette contre-révolution. Cela a plongé le peuple dans l’amertume, il a sans cesse boycotté toutes les relances du Mouvement Vert et s’est mis en quête d’une date symbolique pour signifier sa rupture avec le régime islamique. Cette date a été le 15 mars 2010, l’anniversaire de Reza Shah Pahlavi, vénéré par le peuple pour son patriotisme, sa modernisation et sa laïcisation du pays. Le régime a appelé tous les composants à empêcher cette fête contestataire. Les Pasdaran, les Bassidjis, les militaires, les Bazaris et les mollahs de base qui avaient laissé tomber le régime (pendant son projet de fausse révolution) ont laissé le peuple manifester massivement ! Ils ont ainsi rompu clairement avec le régime pour rejoindre les opposants.

Cette rupture, des Pasdaran en particulier, a réduit le régime à ses hauts dirigeants, ses responsables subalternes, ses agents sécuritaires insolvables et les hommes d’affaires issus du pouvoir. Rafsandjani a dû céder la direction du régime à son ennemi Larijani. La direction est devenue diffuse. Dans ce qu’il restait du régime, les hommes d’affaires ont estimé que leur propre situation était doublement critique car d’une part, le peuple pouvait renverser le régime et les lyncher et d’autre part, les dirigeants fragilisés pouvaient négocier une fuite sécurisée avec les Américains et les laisser seuls face au peuple. Ils ont commencé à brader leurs avoirs pour acheter de l’or et des dollars afin de quitter le pays au plus vite. Le régime alors dirigé par Ali Larijani et son frère Sadegh chef du pouvoir judiciaire a d’abord tenté de rassurer les paniqués en évoquant l’existence de partisans intégristes animés par une forte ferveur islamique, en évoquant le recrutement de nouveau Pasdaran ou en affirmant que le Mouvement Vert (l’invention ratée de Rafsandjani), pouvait dévoyer un soulèvement hostile ! En l’absence de preuves de ce qu’il affirmait, la panique a perduré. Les Larijani ont alors fermé les bureaux d’immigration et ont ouvert un procès de fraude bancaire et d’atteinte à la sécurité d’Etat pour intimider les hommes d’affaires remuants.

Etant donné que personne au sein du régime ne veut perdre le pouvoir, tous les dirigeants devaient trouver un moyen d’échapper aux sanctions. Rafsandjani a proposé la reprise du dialogue et des concessions passagères, les autres ont accepté, mais uniquement pour obtenir un gel de facto des sanctions afin d’avoir le temps de signer quelques contrats et relancer l’économie. Leurs jeux et leurs différences ont vite fatigué Washington, il a poussé ses alliés européens à annoncer un embargo sur l’achat du pétrole iranien à partir du 1er juillet 2012 pour amplifier les pénuries existantes et le risque de soulèvement afin de forcer les mollahs à adoucir enfin leur position. Les dirigeants du régime étaient devant deux choix : ils devaient plier face à Washington ou tenir bon sous les sanctions et aller vers un effondrement interne suivi d’une révolution.

Le régime était condamné dans tous les cas, les Chinois ont commencé à réduire leur implication sur le marché iranien. Les dirigeants n’avaient plus d’échappatoire, leur seule solution viable était de plier et de négocier des garanties pour eux-mêmes en marge des négociations nucléaires et des rencontres officielles internationales avant que n’arrive la fin. Mais ils n’auront pas tous fait ce choix car tous n’ont pas accès aux marchandages : les 3 postes clefs permettant de voyager (le conseil iranien de sécurité, le ministère des affaires étrangères et la présidence de la république) sont dirigés par des membres du clan de Rafsandjani, l’ex-patron politique du régime. Ils avaient peur de favoriser ce dernier et de lui permettre d’avoir le loisir d’obtenir les meilleures garanties pour lui-même. Ils craignaient aussi devoir payer pour le droit d’obtenir les mêmes garanties.

Parmi tous ces dirigeants, le plus malheureux était Ali Larijani, actuel patron de la politique intérieure du régime et ennemi éternel de Rafsandjani. Il allait être exclu du marchandage et peut être accusé à la place de Rafsandjani et ses lieutenants ! Il s’est donc opposé au dialogue qu’il ne pouvait contrôler. Puis, avec son frère Sadegh Larijani, qui contrôle le pouvoir judiciaire, il a accusé de corruption les trois pions de Rafsandjani pour les sortir et les remplacer par ses propres lieutenants. Ces accusations ont reçu le soutien tacite de tous ceux qui allaient être sacrifiés par Rafsandjani. Le régime est ainsi entré dans une guerre entre ses plus hauts responsables. Cette guerre contraire aux intérêts du régime dans sa globalité a choqué les collaborateurs subalternes : ils ont pleinement réalisé que leurs dirigeants ne pensaient qu’à eux-mêmes. Presque tous les responsables subalternes ont alors pris leur distance avec le régime en boycottant massivement toutes les nombreuses manifestations pour la quinzaine d’hommage à Khomeiny à l’occasion de la commémoration de sa mort et son entrée en politique. Ces boycotts n’ont guère calmé les dirigeants : encore plus isolés et plus, proches de la fin, ils ont alors accentué leur lutte pour les sièges de négociations !

La semaine dernière, c’était l’anniversaire du Mouvement Vert, la fausse révolution qui devait donner une nouvelle légitimité au régime, mais a failli le renverser. Alors que le régime est condamné, les deux parties en lutte pour le contrôle des sièges de négociations ont néanmoins réuni leur force afin de relancer ce joker pour rassurer et récupérer les derniers collaborateurs qui ont commencé à s’éloigner. Le régime réunifié devait attirer les Iraniens dans la rue alors qu’ils boycottent le Mouvement Vert depuis l’échec de leur tentative de contre-révolution. Le régime réunifié a multiplié le prix du pain par 12 pour révolter les Iraniens. Mais les Iraniens ont été conscients que leur action pouvait profiter au régime mourant, ils n’ont pas bougé. Les composants fidèles au régime n’ont pas bougé pour relancer ce joker. Le régime a annoncé un nouveau joker : une tournée d’Ahmadinejad chez ses amis sud-américains pour contourner les sanctions, mais il avoua ainsi que sa situation économique était catastrophique. La panique a gagné ses hommes d’affaires.

Les dirigeants étaient seuls, en faillite, dans un environnement agité et donc voués à une chute certaine : l’unité retrouvée a explosé, chacun a redoublé d’efforts pour garder ou prendre la direction des négociations qui peut lui donner la priorité pour marchander les meilleures garanties pour lui-même. Le Clan Larijani a montré qu’il cherchait à établir le lien entre les ministres accusés de fraude et Rafsandjani en personne. Ce dernier a dû lâcher certains de ses lieutenants devenus trop compromettants provoquant la panique dans son propre camp. Ahmadinejad a notamment promis de faire des révélations fracassantes. Le clan Rafsandjani allait vers l’explosion ! Larijani a décidé d’en profiter, mais en cherchant à se mettre en avant, il a révélé qu’il avait très peu de monde autour de lui. Puisqu’il arrive à malmener le clan adverse, il est devenu évident qu’il y avait très peu de monde encore impliqué dans les affaires internes du régime. La panique financière a redoublé. Les deux clans ont alors appelé les meilleurs serviteurs de révolution islamique (c’est-à-dire les insolvables) à manifester ! Il s’agissait de les unir pour les convaincre qu’il y avait encore un espoir. Le camp Larijani a mobilisé 60 hommes à Natanz pour un enterrement de martyrs, le camp Rafsandjani a mobilisé 10 hommes et 5 femmes pour une marche pro-voile à Téhéran. Presque tout le monde avait lâché le régime, par dégoût pour ses dirigeants traîtres ou par peur de s’afficher avec un régime fini. Les dirigeants étaient en tous cas face à une rupture totale.

Cette semaine, le régime devait célébrer porter le deuil du 7e saint du chiisme et surtout célébrer dans la foulée, l’anniversaire de la révélation de l’islam à Mahomet, la naissance même de l’Islam ! Ces deux événements de portées différentes ont été boycottés par le peuple et les Pasdaran au cours de ces dernières années. Le peuple et les Pasdaran ont au même moment montré aussi leur attachement à la culture non-islamique iranienne. Dans le contexte actuel, le régime redoutait un boycott plus fort et ne pouvait prendre le risque d’aller tester aussi ses derniers partisans en rupture.

Cette semaine, le lundi 18 et mardi 19 juin, le régime devait aussi aller à Moscou pour des négociations sur le nucléaire auxquelles participent les Américains. Alors que le régime désavoué par des jeunes actifs, boycotté par les siens, sanctionné par Washington et ses partenaires, lâché par les Chinois, il était possible Rafsandjani ordonne à ses pions de commencer des marchandages avec les Américains (échangeant un compromis nucléaire, des infos sur le Hezbollah et quelques collègues contre des garanties pour les membres de ce clan). Larijani devait trouver un moyen pour forcer Rafsandjani à ne rien tenter dans cette situation désespérée. Rafsandjani devait aussi trouver un moyen pour neutraliser Larijani avant qu’il bouge. Voici la chronique en images d’une semaine à risques, une semaine explosive.

03.07.2012

 
Iran : La semaine en images n°226

Depuis des mois, nous vous signalons, images à l’appui, la rupture des Pasdaran, des Bassidjis, des militaires, des Bazaris ou aussi des mollahs de base. Les actifs du régime issus du peuple ont rompu avec le régime et ses dirigeants car ils n’ont pas les mêmes intérêts vitaux que ses dirigeants et hauts responsables.

Les actuels dirigeants, issus des grandes familles religieuses, ont accédé au pouvoir 1979 en aidant Washington à renverser le Shah puis en éliminant les pions de Washington du jeu. Washington n’a pas pu mettre en oeuvre ses plans de déstabilisation régionale nommé Arc de Crise, il a également perdu des richesses pétrolières et minières que ses pions devaient lui transmettre. Depuis, il tente d’affaiblir graduellement l’économie iranienne pour créer les conditions d’un soulèvement afin d’intimider les mollahs et les forcer à restituer le pouvoir à ses pions. Les mollahs et leurs familles ont naturellement toujours refusé et ont cyniquement tout mis en œuvre afin d’assurer leur survie.

A l’autre bout, les employés exploités et négligés par les hauts dirigeants et leurs collaborateurs nantis ne pouvaient pas demeurer fidèles et cautionner une guerre sans fin où ils ne gagneraient rien d’autre que la misère et un cercueil.

Il y un an, les indignés du régime sont allés plus loin en laissant le peuple manifester contre le régime. Ils sont passés de la dissidence à l’opposition. Le régime s’est retrouvé de facto réduit à ses hauts dirigeants, ses responsables subalternes et, ses associés économiques.

Dans ce groupe isolé, les hommes d’affaires issus des clans au pouvoir ont estimé que le peuple pouvait alors renverser le régime s’il arrivait à coordonner une action. La situation critique pouvait aussi inciter leurs dirigeants à négocier avec les Américains des garanties pour une fuite sécurisée. C’est pourquoi ils ont commencé à brader leurs actions et leurs biens pour acheter de l’or et des dollars afin de quitter le pays avant la chute soudaine du régime et la confrontation avec le peuple en colère. Les transactions effrénées de ce groupe des paniqués ont fait chuter la bourse et le marché de l’immobilier, mais aussi grimper l’or et le dollar. Le régime était face à une seconde vague de rupture interne caractérisé par une panique financière récurrente qui a commencé à rogner la confiance générale dans la survie du régime.

Le régime a alors tenté de calmer ses associés paniqués en parlant de l’existence d’une base fidèle en province, en annonçant le recrutement de nouveaux Pasdaran ou en affirmant que l’opposition interne officielle, le Mouvement Vert, pourrait dévoyer un soulèvement hostile au régime et en plaçant le peuple sous la bannière verte de l’islam et même régénérer le régime. Mais personne ne pouvait y croire car le peuple l’a d’abord utilisé pour manifester contre le régime, avant de s’en détacher en raison de sa couleur islamique. En l’absence d’un changement de comportement des paniqués après ces promesses rassurantes, le régime a tenté d’intimider les intéressés avec un procès de fraude bancaire et d’atteinte à la sécurité d’Etat.

Au début du mois en cours (juin 2012), l’opposition interne officielle devait se manifester à l’occasion de la première victoire du courant (soi-disant) modéré en 1987, il n’y a rien eu. Puis le régime devait organiser un grand rassemblement pour montrer les nouveaux engagés chez les Pasdaran, mais il a diffusa des images d’archives. Le régime n’avait donc ni les moyens de détourner un soulèvement, ni le réprimer. Il devait dans le même temps négocier un allègement des sanctions. Il ne l’a pas obtenu, il ne pouvait pas donc pas empêcher le soulèvement qu’il ne savait contenir d’une quelconque manière. La tension est montée d’un cran. La Chine a estimé que le régime était de facto condamné, elle a diminué ses activités en Iran.

Au même moment, le régime devait organiser des grands rassemblements pour rendre hommage à Khomeiny : la mobilisation a été presque nulle même parmi les hauts dirigeants. Plus personne ne croyait à sa survie. Le régime pouvait chuter en cas d’un mouvement de foule. Les dirigeants devaient songer à négocier avec les Américains pour les conditions de leur sortie. Le Clan Larijani qui contrôle une partie du pouvoir (dont le très important pouvoir judiciaire) ne peut pas participer aux négociations car ce segment du régime est contrôlé par l’ex-patron politique du régime, Rafsandjani, via son pion Ahmadinejad et son gouvernement. C’est pourquoi Larijani attaque sans cesse Ahmadinejad et ses proches par des accusations de fraude. Cette fois, il a cessé les accusations et a parlé d’unité avant de se poser comme un sympathique futur candidat présidentiel. Cette offensive de charme pour obtenir l’accord de l’ensemble des responsables afin d’avoir la possibilité de voyager et négocier en priorité les meilleures conditions pour lui-même et sa famille a déclenché la riposte du clan Rafsandjani qui détient de poste. Ce clan a dressé Jalili, l’actuel négociateur nucléaire, comme le meilleur choix possible pour les présidentielles en mettant en avant des qualités ou des compétences qu’il a mais l’on ne retrouve pas chez Larijani notamment la maîtrise de l’Anglais indispensable pour des marchandages discrets. On s’est ainsi retrouvé dans une nouvelle guerre entre les deux clans.

Avec la lutte à plus bas niveaux pour acheter de l’or et des dollars, le régime s’est ainsi retrouvé comme un navire en perdition dans une drôle d’ambiance de chacun pour soi.

Cette semaine, le régime paniqué de haut en bas avait aussi un programme très difficile : c’était l’anniversaire du Mouvement Vert qui est censé résorbait le soulèvement. L’opposition en exil n’avait pas lancé d’appel à saisir l’occasion, le régime ne risquait pas de se faire récupérer son joker, il avait un créneau pour l’utiliser. Cela nécessitait que le peuple descende dans la rue. Dès le premier jour de la semaine, il a multiplié des très mauvaises nouvelles et des mesures très déprimantes pour le pousser à bout, mais sans y parvenir.
L’échec de ce joker a ravivé la certitude de la chute du régime : ses dirigeants ont redoublé d’efforts pour garder ou prendre la direction des négociations qui peut leur donner un avantage sur leurs camarades pour marchander en priorité les meilleures garanties pour eux-mêmes. Cette fois, la bataille s’est déroulée à coups d’accusations de fraude. Le régime a connu une semaine saignante. Rafsandjani a été visé personnellement. Pour se dégager, il a dû sacrifier quelques petits pions. Il a ainsi semé la panique et la division dans son propre camp !

Dans ce contexte de désordre au sommet encourageant le désordre à la base, les deux clans étaient dévalorisés aux yeux de la masse des mollahs qui ont leur mot à dire pour le choix du président qui doit les représenter dans le marchandage final face aux Américains. ils ont donc tenté de montrer leur popularité ou leur représentativité à coup d’images de grands rassemblements en leur faveur. nous avons trouvé les détails pour vous montrer le nombre exact des participants à ses opérations. Ce 226e rapport sur l’Iran ne vous décevra pas : on y voit ce qu’il reste du régime : peu de sympathisants et beaucoup de divisions.

25.06.2012

 
Iran : La semaine en images n°225

Depuis deux ans, chaque semaine, nous constatons le boycott du régime islamique par les Pasdaran, les bassidjis, les militaires, les Bazaris, et les membres de base du clergé. Ces jeunes actifs, qui étaient censés défendre ou faire prospérer le régime lui ont tourné le dos avant de laisser même le peuple manifester en faveur d’un rétablissement du régime patriote, laïque et progressiste des Pahlavi. La rupture est née de la prise de conscience des progrès iraniens accomplis avant la révolution et ses échecs de maintenant qui sont essentiellement dus à la fermeture des mollahs.

Les jeunes Pasdaran, les bassidjis, les militaires, mais aussi les Bazaris et même les membres du clergé sont arrivés à la conclusion que le pays va vers des échecs plus terribles car ses dirigeants, les mollahs, se sont mis dans une terrible impasse en fondant leur régime sur une rupture volontaire avec l’Amérique, la première puissance mondiale !

En effet, en 1979, après la victoire de la coalition révolutionnaire islamique qui était soutenu par Washington, les mollahs avaient été écartés du pouvoir par les pions islamistes de Washington. Mais 9 mois après, les mollahs ont pris le pouvoir en évinçant les pions islamistes de Washington. Puis ils ont empêché définitivement leur retour dans leur arène politique en diabolisant et interdisant toute relation avec les Américains.

Aujourd’hui, les mollahs ne peuvent pas se rapprocher de Washington car ils devraient alors autoriser ses pions à revenir et à participer à la vie politique iranienne : ils risqueraient de partager le pouvoir ou même de le perdre et se retrouver en position d’être jugés et durement punis pour leurs crimes ou leurs détournements de fonds publics.

En réponse, Washington augmente de temps en temps ses sanctions : de manière régulière, il augmente ainsi légèrement la pression sur le peuple pour montrer aux mollahs qu’il peut provoquer les conditions d’un soulèvement populaire puis il leur propose à nouveau le rapprochement. Il leur laisse le choix entre une révolution qui les décimerait tous et un processus de transfert des pouvoirs vers ses propres islamistes où ils pourraient mieux s’en tirer.

Ce chantage cynique qui ne prend pas en compte l’envie de changement des Iraniens est tout simplement révoltant : il a encouragé les Pasdaran, les bassidjis, les militaires, les Bazaris qui ont rompu avec le régime à boycotter plus fortement le régime. Le régime n’a jamais eu aussi peu de monde à ses côtés. Ses dirigeants ne se sentent pas à en sécurité et évitent les sorties. Leurs derniers collaborateurs qui doivent assurer leurs sécurités sont vraiment sous pression et paniquent facilement après de nouvelles preuves de la rupture des forces armées. Le régime tente de limiter leur envie de fuite en évoquant l’existence de nouvelles recrues et en mettant en avant la possibilité de contenir le peuple avec sa fausse opposition interne.

Mais les mollahs ne cherchent pas en même temps à négocier en cachette avec Washington pour obtenir sa clémence car ce dernier n’est pas très ferme dans son approche : de peur de renverser le régime islamique, il n’applique pas les sanctions qu’il annonce. Il aide même indirectement les mollahs quand il voit apparaître un risque élevé d’explosion ou une nouvelle vague de panique chez leurs derniers collaborateurs. Washington affaiblit ainsi sa menace d’une révolution immédiate. Les mollahs ne sont donc pas devant le choix d’une révolution sanglante et une expulsion à risques. Il n’y a rien qui les presse. Ils estiment qu’ils ont le temps pour rester, laisser mijoter Washington (qui craint un soulèvement) afin de le forcer à leur garantir une passation sécurisée sans aucun risque de poursuites pour leurs crimes ou leurs détournements des fonds publics.

Ainsi alors que le peuple souffre durement sous les sanctions et dans des pénuries, les mollahs tempèrent et attendent de meilleures offres, ceci ne manquera pas de faire rager les Pasdaran et les Bazaris qui sont devenus des opposants. Il y a de fait un nouveau motif d’action contre les mollahs.

Leur attente d’un accord sécurisant leur sortie ne peut qu’encourager leurs collaborateurs à penser à leur propre avenir d’autant plus l’accord de leur immunité suppose un transfert de leur culpabilité vers ces mêmes collaborateurs qui occupent des postes subalternes. De fait, ce marché qui est censé sauver les dirigeants indispose leurs derniers collaborateurs. A chaque fois que les mollahs reçoivent un émissaire de Washington ou qu’ils vont négocier une remise des sanctions, leurs collaborateurs subalternes impliqués dans tous les crimes paniquent. Ils se mettent à acheter de l’or et des dollars pour pouvoir quitter le pays au plus vite. La conclusion d’un accord entre les mollahs et les Américains inquiète aussi les hommes d’affaires issus du régime qui se sont enrichis aux dépens des autres grâce à leurs liens familiaux : ils s’agitent aussi pour partir au plus vite avant qu’il ne soit trop tard et qu’ils se retrouvent seuls face au peuple qui profitera certainement de la situation pour régler des comptes vieux de 30 ans.

Il y a trois semaines, la pression est montée dans cette cocote-minute qu’est devenu le régime en raison d’un programme officiel très anxiogène pour ses derniers collaborateurs ou associés. En premier, le régime devait aussi mettre en scène son opposition interne à l’occasion de l’anniversaire de sa principale victoire, mais la mobilisation était nulle : il n’avait donc personne pour tenter de s’incruster dans un soulèvement pour dévoyer son action. Avec cette preuve de son isolement, ces derniers associés ont paniqué.

Le régime devait aussi organiser la cérémonie annuelle de prestation de serment de ses derniers officiers des Pasdaran. Il a diffusé des images d’archives : il n’avait donc pas pu constituer une nouvelle force pour remplacer les Pasdaran en rupture.Le régime ne pouvait également pas réprimer un éventuellement soulèvement. Sans la capacité de contenir ou réprimer le soulèvement, le régime était clairement condamné. La panique s’est amplifiée. Il a annoncé qu’il avait intercepté des responsables en train de fuir le pays.

Le régime avait prévu d’échouer dans ces deux programmes officiels, il avait supposé un risque de panique, c’est pourquoi, il avait accepté de rencontrer les Américains pour négocier une baisse de leurs sanctions. Sa situation a laissé supposer qu’il allait demander leur clémence et accepter leurs conditions. Washington a fait black-out pour parvenir à cet accord tout en évitant de d’alerter les derniers associés du régime et provoquer un exode qui tuerait le régime islamique dont il a besoin. Ce black-out a davantage agité d’alerter ces gens alors que les mollahs avaient tenu bon face à Washington. Pour les punir, Washington a refusé leur demande de diminution des sanctions car ils sont enfin très affaiblis et pourraient enfin céder à sa demande.

Ce constat américain de faiblesse du régime était terrible. Le régime n’avait par ailleurs aucune force pour résister à un soulèvement. La Chine a estimé que le régime était fini et même insolvable : elle a cessé le développement du champ gazier d’Azadegan et a abandonné un chantier de barrage d’une valeur de 2 milliards de dollars.

Pour regagner la confiance de ses amis chinois, le régime devait se montrer fort et uni, capable de résister aux menaces intérieures. En début de la semaine dernière, à l’occasion de l’investiture du nouveau Parlement, le régime devait réunir l’ensemble de ses 150 à 200 très hauts dirigeants autour des 60 députés qui lui restent fidèles. D’après les photos, il n’a pas pu mobiliser plus de 135 personnes. Il avait visiblement perdu la confiance d’une grande partie de ses plus hauts dirigeants ou ces derniers n’osaient pas sortir de leur bunker.

Par la suite, à l’occasion de l’approche de l’anniversaire de la mort de Khomeiny, le régime devait aligner ses divers composants (Parlementaires, Pasdaran, militaires, ministres, préfets...) autour du tombeau de son fondateur pour montrer sa cohésion interne. C’était perdu d’avance. Nous avons montré les images de ses initiatives ratées. Le régime était certain qu’il ne pourrait mobiliser ses derniers collaborateurs ou ses dirigeants la semaine suivante lors du grand rassemblement qui a lieu le jour même de l’anniversaire de la disparition de Khomeiny.

Dans notre dernier rapport hebdomadaire illustré, nous ne devions pas montrer ce rassemblement. Mais nous avons débordé sur le calendrier pour diffuser les premières images alors disponibles. La principale image était trafiquée. Malgré ce recours à la triche, l’ensemble des images montrait une très faible mobilisation inférieure à 500 personnes. Le recours à des images d’archives pour la partie officielle laissait supposer que les responsables hauts placés avaient encore boycotté le régime.

Cette semaine, le régime devait encore rassembler « ses partisans » et les fans inexistants de Khomeiny, dans plusieurs villes, à l’occasion du 49e anniversaire de son révolte en 1963 contre l’octroi du droite de vote aux femmes. La mobilisation a été presque que nulle. Pour ne pas perdre la face, il a décrété une nouvelle approche : trois journées d’Etekaf ou retraite spirituelle pour que chacun puisse se retrouver avec Khomeiny. Les journées d’Etekaf ont en fait lieu à la fin du Ramadan, mais le régime devait éviter des signes associant les images au Ramadan. Il a dû shooter des images cette semaine : elles sont accablantes car elles montrent de très faibles mobilisations de figurants peu impliqués dans la quête spirituelle qui ont mis ces journées à profit pour jouer ou pour dormir.

Cette semaine, le régime devait assister à Pékin à la réunion annuelle de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) que le régime veut intégrer pour échapper aux sanctions afin d’avoir les mains libres pour négocier avec Washington. Ces objectifs lui ont toujours valu le veto des fondateurs russes et chinois de l’OCS à sa candidature. Ses échecs, qui mettent en péril sa survie, n’ont pas arrangé ses affaires : les Chinois n’ont témoigné aucune sympathie particulière à son représentant Ahmadinejad. Ils lui ont en revanche conseillé de modérer ses positions pour survivre.

Ce fut donc une nouvelle semaine d’échecs et de fiascos pour le régime et surtout pour son patron politique, Ali Larijani.. Ce dernier a eu peur que les vieux mollahs qui composent le régime le destituent. Pour assurer sa place, il a lâché la gestion de la crise pour des manœuvres susceptibles de neutraliser ses adversaires surtout Rafsandjani, ce qui a déclenché une nouvelle guerre interne avec ce dernier. La guerre interne entre les deux chefs a pris le dessus sur les vrais problèmes que rencontre le régime ! .

Il en résulte une semaine exceptionnellement intéressante. Le peuple grogne, les Pasdaran trépigne et le régime explose de toute part. Voici des bouts images de chacun des trois composants de la situation explosive actuelle : voici le dernier visage du régime (avant sa mort que nous espérons proche).

17.06.2012

 
Iran : La semaine en images n°224

Le régime des mollahs est boycotté depuis 2 ans par la seconde et la troisième génération des Pasdaran (issues du peuple) car il méprise le peuple et ne cesse de dire non à tout compromis sur le nucléaire quelles que soient les sanctions et les difficultés rencontrées par le peuple. Cette rupture qui a fragilisé le régime a paniqué ses hommes d’affaires et ses collaborateurs. Ils se sont mis à acheter de l’or et du dollar pour quitter le régime fragilisé, vulnérable en cas de soulèvement.

Il faut savoir qu’en 1979, Washington a aidé ou même façonné la révolution islamique pour installer au pouvoir des pions islamo-gauchistes chargés de déstabiliser l’Asie Centrale en aidant ses peuples musulmans opprimés. Washington espérait soulever les musulmans de l’Asie Centrale contre l’Union Soviétique et la Chine afin de s’emparer de cette région riche en pétrole. Mais ses pions ont été évincés par les mollahs. Ces derniers ont aussi adopté une attitude très anti-américaine pour rompre les relations diplomatiques et éloigner Washington d’Iran. Depuis, Washington ne cesse de sanctionner les mollahs pour provoquer des désordres économiques, il fait le lit du mécontentement et de la révolte, mais laisse la porte ouverte des négociations et propose gentiment la réconciliation. Il entend les amener à rétablir les relations pour qu’il puisse rapatrier ses pions en Iran.

Ces pions créeront alors une opposition pluraliste en Iran que Washington qualifiera de démocratique pour inciter le peuple à voter en sa faveur. Vu l’impopularité des mollahs, ces pions colorés de Washington n’auront aucune peine à gagner les élections et à prendre le pouvoir du régime islamique.

Pour résumer, le processus de réconciliation proposé par Washington est une machination pour pénétrer le régime et prendre le pouvoir par l’intérieur. Les mollahs ne peuvent pas l’accepter car ils y perdront tout ce qu’ils ont, même la vie car ils ont beaucoup fait de mal. C’est pourquoi ils ont refusé même après la fragilisation de leur base qui les expose aussi à la chute et à la mort.

Washington a eu peur que le régime islamique cher à son cœur tombe sous l’effet de la rupture des Pasdaran, un soudain soulèvement populaire ou la fuite des collaborateurs paniqués par un soulèvement soutenu par les Pasdaran. C’est pourquoi Washington a envoyé de nombreux émissaires en Iran avec des offres de paix très avantageuses pour les dirigeants. Les derniers collaborateurs du régime ont cru comprendre que Washington allait offrir des garanties de sécurité à leurs dirigeants et que ces derniers allaient les sacrifier car il faut tout de même des coupables pour les crimes commis durant ces 33 années. Les derniers collaborateurs du régime ont encore paniqué : ils ont accéléré leurs achats d’or et de dollar dans la hantise d’être sacrifié par leurs dirigeants. Ces derniers ont tenté de calmer cette panique avec un procès de fraude visant les acheteurs de dollars.

La panique interne est devenue la trame habituelle du régime car chaque semaine, il y a de nombreuses manifestations officielles boycottées par les Pasdaran, boycotts qui rappellent à ses derniers collaborateurs la vulnérabilité du système.

Dans ces conditions, la semaine dernière, le régime devait organiser la cérémonie annuelle de prestation de serment des derniers officiers des Pasdaran. Cette cérémonie n’avait pas eu lieu en 2010 et 2011, le régime avait alors diffusé des images d’archives, signe qu’il n’avait plus de nouveaux Pasdaran à ses côtés. Sans attendre une nouvelle diffusion d’images d’archives, la tension interne est fatalement montée en flèche.

Le régime a tenté de calmer ses collaborateurs agités par le renforcement des accusations du procès de fraude inventé pour les intimider. Il a également annoncé l’ouverture d’un second procès de détournement visant des responsables politiques. Il a enfin annoncé des arrestations de responsables politiques.

La semaine dernière, le régime avait aussi un anniversaire cher à son opposition officielle. Comme les deux années précédentes, le régime n’a trouvé aucun volontaire pour réanimer son opposition officielle pour contenir la colère du peuple. Il est devenu clair que personne ne croyait une telle chose possible. Le régime n’avait ni défenseurs pour réprimer un soulèvement, ni gens pour le dévoyer. Il n’avait pas non plus l’autorité pour calmer ses derniers collaborateurs.

Au même moment, il devait alors reprendre le dialogue sur le nucléaire, il l’avait accepté pour obtenir au moins une pause dans les sanctions pour limiter le risque de soulèvement. Vu son état où tout semblait perdu, il pouvait céder face aux Américains. Pour ses collaborateurs, il y avait un risque d’être sacrifié : la panique a gagné leurs rangs : ils ont accéléré encore leur achat d’or, de dollar, mais aussi d’autres devises quand le dollar a manqué. Toutes les devises étaient en très forte hausse.

Le régime n’a rien cédé face aux Américains car il doit rassurer ses derniers collaborateurs. Les Américains ont conclu que le régime devait se figer de plus en plus pour préserver ses derniers alliés avant de chuter avec leur exode. Ils ont décidé d’augmenter la pression plus que d’ordinaire : ils ont annulé définitivement un important contrat gazier indien qui leur servait d’appât, ils ont annoncé de nouvelles sanctions pétrolières et la fin de tout gel de sanctions pendant le dialogue en cours. Cela a également indisposé les derniers collaborateurs du régime. Ils sont restés agités.

Le régime n’a annoncé aucune arrestation. Il ne savait que faire pour intimider ses derniers collaborateurs sans les mettre en fuite ou augmenter leur agitation. Il était seul au monde. La Chine qui avait déjà ralenti son investissement dans le secteur pétrolier a estimé que le régime était perdu et certainement insolvable : elle s’est retirée dans un grand marché de construction. Ce qui a augmenté la panique interne.

Cette semaine, le régime avait pour priorité de calmer ses collaborateurs paniqués. Mais il ne pouvait pas se montrer plus clément car il aurait donné l’impression qu’il avait peur d’eux et qu’il était impuissant, cela aurait augmenté leur sentiment d’insécurité et aurait amplifié la crise. Il ne pouvait que se monter plus dur. Il devait cependant éviter des gestes ou des propos susceptibles d’effrayer ses collaborateurs déjà très stressés afin de ne pas déclencher leur fuite. Il était clairement dans une situation très délicate. Le régime devait cependant frapper : l’actuel patron politique du régime, Ali Larijani, a frappé, mais en épargnant ses amis et en ciblant les membres du clan de son ennemi, Rafsandjani. Ce dernier a tenté de riposter de son bien et le régime s’est retrouvé dans une guerre des clans alors qu’il devait montrer sa cohésion pour limiter la perte de son autorité.

Cela tombait mal car le programme était d’ailleurs centré sur la mise en valeur de la cohésion interne d’une part avec le rassemblement de tous les responsables pour célébrer la rentrée du nouveau Parlement et d’autres part avec des rassemblements continus de toutes les forces du régime pour une semaine entière d’hommage à Khomeiny à l’occasion de l’anniversaire de sa première révolte et aussi l’anniversaire de sa disparition.

Les divisions internes n’ont pas arrangé les affaires du régime boycotté, il a été plus seul que jamais. Il s’est lancé dans une propagande échevelée pour nier ses divisions et son affaiblissement. Cette 224e édition de la semaine en images vous montrera l’infondé de ses annonces de mobilisation en mémoire de Khomeiny. Nos images, c’est-à-dire ses propres images de presse, confirmeront aussi la fonte des effectifs du régime même à haut niveau. Voici de nouvelles preuves de la lente agonie du régime pétrifié des mollahs.

08.06.2012

 
Iran : La semaine en images n°223

Depuis près de deux ans, en nous basant sur les images de presse du régime, nous parlons de l’absence des Pasdaran, des bassidjis, des bazaris et même des jeunes mollahs aux côtés du régime lors des commémorations officielles et des élections. Ces groupes ont rompu avec le régime. Les derniers collaborateurs du régime paniquent facilement à l’idée d’une chute prochaine du régime. Le régime est devenu très instable. Depuis plusieurs mois, peu avant chaque manifestation qui pourrait mettre en évidence son isolement, le régime invente de grands ramdams médiatiques pour détourner les Iraniens, mais aussi ses derniers collaborateurs ou encore ses partenaires étrangers du spectacle inquiétant de son isolement.

Par exemple, il y a une semaine, Israël fêtait l’anniversaire de sa création. Les Arabes manifestaient leur haine. Le régime devait aller plus loin car il se dit le leader de l’anti-sionisme. Mais il n’a rien pu organiser faute de participants. Il a alors agi avec pragmatisme en oubliant momentanément le nom d’Israël. Il a aussi tenté de détourner l’attention des Iraniens et de ses derniers collaborateurs de ce manque de manifestations avec une fausse affaire de fatwa de mort contre un chanteur de rap… Mais une fois le danger passé, des associations islamistes ont volé au secours du chanteur visé pour remettre en cause la Fatwa et clore ainsi l’affaire.

Cette semaine, le régime avait encore 2 grandes commémorations à son programme. Le mardi 22 mai, 2 Khordad, était l’anniversaire de la 1ère victoire des « modérés » en 1997 sous la direction de Khatami. L’opposition officielle, le Mouvement vert, que l’on présente comme très populaire, devait donc descendre dans la rue. La popularité annoncée étant factice, il ne pouvait y avoir de manifestation. L’absence de manifestation allait seulement rappeler que cette entité était incapable de représenter un outil pour sauver le régime en cas de soulèvement. Le régime a zappé cet anniversaire.

Le lendemain, le mercredi 23 mai (3 Khordad) , le régime devait célébrer la journée de la Résistance et de la Victoire qui fait référence à la libération du port de Khorram-Shahr occupé par pendant presque deux ans par les Irakiens. Cette libération a été un tournant dans la guerre Iran-Irak qui a fait plus d’un million de morts. De grandes villes industrielles ont été rasées et la ville même de Khorram-Shahr est encore un tas de ruines. On fêtait aussi le 30e anniversaire de cette victoire. Le régime ne pouvait donc pas zapper cet anniversaire. A cette occasion, le régime devait organiser avec plus de faste le programme officiel comprenant un défilé des derniers officiers formés à l’école militaire d’Imam Hossein ainsi que la cérémonie de leur prestation individuelle de fidélité à la révolution islamique. En nous basant sur le bulletin météo de cette journée, nous pouvons affirmer que les images du défilé provenaient certainement des archives. La prestation de serment des nouveaux engagés a été remplacée par le renouvellement du serment de fidélité des anciens (qui étaient très peu nombreux) ! Cette journée a été la preuve d’un manque total de ressources du régime pour résister.

Lors de cette même journée du 23 mai, le régime devait reprendre les négociations nucléaires pour obtenir un gel des sanctions car elles entraînent le pays vers des pénuries qui pourraient provoquer des émeutes fatales dans son état. Mais le régime ne pouvait pas reculer de ses positions car cela passe par le sacrifice de nombreux collaborateurs très fidèles accusés par Washington. C’est la hantise de ses derniers collaborateurs. Le moindre signe de coopération de sa part pourrait déclencher leur fuite et précipiter sa chute. Le régime devait donc montrer sa bonne foi sans prendre aucun engagement de coopération avec Washington. Il était échec et mat. Il ne savait que faire pour ne pas déstabiliser ses derniers collaborateurs et ne pas faire exploser son unité chancelante.

Washington qui a besoin de ce régime et le sanctionne uniquement pour prendre son contrôle a estimé qu’il devait le ménager pour le préserver. Par l’intermédiaire de l’AIEA, il a tout tenté pour calmer le jeu afin d’aider le régime. Cet effort dont nous verrons les détails a tourné au fiasco et a provoqué un plus grand désordre et une nouvelle panique chez ses derniers collaborateurs !

Dans les deux derniers jours de la semaine, le régime devait tenter de rassembler ses plus importants collaborateurs afin de rassurer le reste des troupes, mais il n’a rien pu organiser révélant ainsi la perte de ses effectifs à tous les niveaux et sa fragilité. Voici le récit en images d’une semaine de terribles échecs, mais aussi d’efforts ratés du régime pour préserver son unité chancelante.

01.06.2012

 
Iran : La semaine en images n°222

Depuis deux ans, chaque semaine, le peuple iranien ainsi que les Pasdaran, les Bassidjis, les militaires, les Bazaris, et même les jeunes membres du clergé boycottent les manifestations officielles du régime. C’est là une contestation passive, mais elle confirme semaine après semaine que les dirigeants sont seuls et ne peuvent pas résister à un soulèvement. Cet isolement inquiétant a provoqué une panique au sein du premier cercle du pouvoir : certains achètent de l’or et du dollar pour quitter le pays, d’autres comme les responsables de terrain ou les députés ne s’affichent plus avec les dirigeants. Le régime fait ainsi face à deux ennemis : la contestation (passive) et l’effondrement de ses troupes. Pour empêcher la contestation et la fuite des siens, il annonce des pendaisons, promet de sévir contre les fraudeurs bancaires (ses associés agités) et surtout, il évoque sans cesse l’existence de troupes fidèles.

Dernièrement, le boycott unanime de la commémoration annoncée en hommage à Fâtemeh, la fille martyre de Mahomet, puis le boycott massif des élections législatives du régime ont confirmé l’absence de ces troupes fidèles. Le régime a compris qu’il devait éviter les annonces de rassemblements car leur échec mettraient en évidence son isolement : il a tenté de marquer son autorité en parlant de sa capacité de répression pour évoquer l’existence de troupes fidèles et a annoncé l’arrivée de nouvelles troupes, mais les images qu’il a diffusé n’étaient pas à la hauteur des annonces. Cette nouvelle propagande timorée a inquiété ceux du régime qui n’y croient plus et l’on a eu droit à une nouvelle semaine agitée sur le marché du dollar et de l’or.

Washington n’a pas alors évoqué de nouvelles pressions contre les mollahs ainsi malmenés car il a été à l’origine de la révolution islamique pour installer un régime agitateur en Asie Centrale russe. Ce régime devait être dirigé par ses pions notamment les Moudjahiddines du peuple, mais les mollahs les ont chassés du pouvoir. Aujourd’hui l’Etat américain sanctionne les mollahs et propose la réconciliation qui signifie une rétrocession du pouvoir à ses pions de 1979 ; c’est pourquoi Washington affirme sans cesse qu’il ne veut aucun changement de régime et que par ailleurs il n’accorde aucune aide à l’opposition quand elle se dit laïque. L’affaiblissement du régime au cours de ces derniers jours a surtout inquiété Washington, il a envoyé des émissaires à Téhéran pour sonder la disponibilité des mollahs à céder le pouvoir via une révolution de couleur afin d’avoir un espoir d’absolution politique. Les mollahs ont refusé ce processus car il ne compte aucune garantie pour leur sécurité. Ces missions de dernière chance ont davantage inquiété les derniers collaborateurs du régime. Les mollahs devaient contre-attaquer…

En fin de la semaine dernière, les mollahs sont revenus à une propagande plus classique et plus offensive en annonçant un grand rassemblement de sympathisants à l’occasion d’une nouvelle tournée régionale d’Ahmadinejad à Khorassan, une région où la contestation est forte pour insinuer qu’il avait même des réserves là où ils perdent pied. Cependant, on n’a pas vu d’images d’une foule à perte de vue. Le régime a évité ce mensonge exubérant et facilement démontable. A la place de cette propagande primaire, le régime a diffusé des images d’une foule restreinte pour dire qu’il n’avait peut-être pas de réserves illimitées de sympathisants, mais qu’il avait quand même une réserve suffisante pour tenir encore face à la masse de ses opposants passifs. Le régime a joué la carte de la vérité sur son état. Mais nous avons pu trouver des détails qui révélaient que les images proposées étaient contrefaites, qu’en d’autres mots, il n’y avait pas eu un quelconque rassemblement en son honneur à Mashad. Les associés du régime qui ont leurs propres réseaux d’informateurs l’ont d’ailleurs su avant tout le monde et se sont encore une fois précipités sur le dollar pour convertir leur fortune et plier bagages avant que ce régime isolé ne tombe ou ne pactise avec Washington, les entraînant dans les deux cas dans sa chute. Le régime a fini la semaine sur une note de grave crise de confiance interne.

Cette semaine, le régime devait riposter vite et se montrer fort pour arrêter l’hémorragie. Dans le même temps, généralement en cas d’échec, les dirigeants se mettent au vert et les sous fifres de confiance, Ghalibaf, maire de Téhéran et Velayati, responsable du soutien aux islamistes régionaux, prennent le relais avec des inaugurations ou des mini conférences pour leur permettre de remplir la semaine tout en se faisant oublier pour tourner la page. Le régime était donc face à une contradiction. A cela s’ajoutait une autre difficulté : le mardi 15 mai à l’occasion de l’anniversaire de la création de l’Etat hébreu, il devait rassembler tous ses serviteurs pour de gigantesques marches de haine à Téhéran, mais aussi partout en Iran là où il affirme avoir des troupes !

La situation était compliquée. Pour résumer disons que le régime a oublié Israël pour quelques jours et a tenté de faire oublier son amnésie avec des affaires médiatiquement fortes : de l’agitation autour de la nomination du Golfe Persique, de l’agitation autour d’une fatwa de mort contre un faux opposant ou encore des annonces de création de nouvelles brigades policières.

Cette semaine, le régime s’est ainsi retrouvé dans une suractivité politique alors qu’il devait être dans une configuration inverse. Mais puisque ses derniers associés doutent de tout ce qu’il annonce, il devait nécessairement publier des images pour authentifier ses annonces. C’est ainsi que l’on se retrouve avec une belle masse d’images peu glorifianest car on y voit surtout l’absence de réserves capables de le sauver. Voici un nouveau panorama sur le boycott populaire et l’effondrement interne du régime. C’est aussi le récit d’une semaine pleine de revers pour le régime des mollahs.

22.05.2012

 
Iran : La semaine en images n°221

La semaine dernière, le régime devait rassembler les gens autour de lui au prétexte de la défense de l’identité iranienne du Golfe Persique. Il n’y est pas arrivé. Le régime devait célébrer par de nombreux rassemblements la mémoire de l’ayatollah Mottahari, un des artisans de la révolution islamique. Ces cérémonies n’ont pas eu lieu faute de participants. Le régime a voulu organiser des manœuvres militaires pour intimider les dissidents et rassurer les hésitants, il n’a pu trouver plus d’une trentaine d’individus pour cette opération. Enfin, le régime devait également organiser la seconde partie de ses législatives pour légitimer ses politiques. Ces élections ont encore été totalement boycottées. Ces trois échecs ont confirmé la rupture et même l’opposition du peuple, des Pasdaran, des Bazaris et du clergé, mais aussi la prise de distance des derniers fidèles.

Cette semaine, le régime avait deux obligations. Il devait trouver un moyen pour affirmer son autorité ddans des mises en scène ne nécessitant pas la présence du peuple afin de ne pas être à nouveau humilié. Sa marge manœuvre était réduite. Il a multiplié les annonces fortes, les images n’étaient pas à la hauteur des annonces, le régime a dû modérer ses annonces et a fini la semaine presque sur les genoux.

Le régime devait également annoncer les résultats de ses élections, en fait une victoire des ultras pour cautionner son refus de tout dialogue. C’est là un choix vital pour le régime car Washington entend utiliser l’apaisement pour revenir en Iran avec ses pions afin de prendre le pouvoir de l’intérieur. Mais aucun résultat n’a été annoncé, les médias ont même évoqué des divisions internes avant la publication des noms des vainqueurs. Le discours qui devait être limpide et rassurant était surtout flou et fuyant.

Cette semaine, il y avait d’un côté une propagande en perte de vitesse et de l’autre côté, un flou dans la ligne politique du régime. Le résultat est une semaine floue et désordonnée qui a avancé en devenant de plus en plus brouillonne : voici des images d’un régime déboussolé.

15.05.2012

 
Iran : La semaine en images n°220

Cette semaine, le régime devait organiser la seconde partie de ses élections législatives. La première partie de ces élections avait été unanimement boycottée par le peuple, mais aussi par les Pasdaran, les Bassidjis, les militaires, le clergé, les Bazaris et même ses propres collaborateurs !

Ce geste de désaveu général avait provoqué une grande panique parmi les associés économiques du régime issus des clans au pouvoir : comme d’habitude, ils s’étaient mis à acheter plus de dollars ou de l’or en vue d’être prêts à fuir le pays ou à rompre avec le régime pour sauver leur peau.

Le régime devait donc se lancer dans des manoeuvres de diversion pour détourner l’opinion du boycott de ses élections, de la remise en cause de sa légitimité et l’éventuelle agitation provoquée par celle-ci.

Cette semaine, le régime devait également célébrer la journée Nationale du Golfe Persique, journée instaurée pour profiter du patriotisme des Iraniens et s’assurer une large présence populaire à ses côtés. Dans le contexte du boycott et de la remise en cause de sa légitimité, le régime ne pouvait pas espérer une telle présence à ses côtés dans les rues, c’est pourquoi il avait provoqué une crise autour des trois îles iraniennes que les Arabes liés aux grandes puissances lui réclament. Le peuple a vu cette opération comme une aventure dangereuse pour la souveraineté iranienne. Le régime a tenté de relancer l’affaire par des soi-disant opposants indignés, mais la mayonnaise n’a pas pris. Tout le monde s’est mis à espérer la chute du régime afin que le pays ne revive plus ce genre de crise. Au final, le régime était certain que la journée pouvait déboucher sur un autre boycott remettant en cause sa légitimité. Il a organisé la journée en catimini sans faire aucune publicité.

Cette semaine, le régime devait aussi rendre un hommage vibrant à l’un des plus actifs artisans de la révolution islamique : l’ayatollah Mottahari, théoricien de la république islamique, tué peu après la révolution. Ce dernier qui faisait partie des mollahs pro-US a d’ailleurs été éliminé par Khomeiny, mais il avait été élevé au rang de héros de la révolution par pure convenance. A l’occasion de la commémoration de cette disparition, le régime redoutait un autre boycott remettant en cause la révolution islamique, Washington redoutait la remise en cause de sa révolution islamique !

Par ailleurs, il y a trente ans, après avoir éliminé Mottahari, le clan de Khomeiny avait tenté de dissimuler son rôle dans son son assassinat en lui rendant un second hommage par la création d’une journée de l’Enseignant en référence à son statut de théoricien islamique. Cette semaine, le régime devait en conséquence fêter cette journée avec les enseignants, mais il redoutait également un boycott car il les malmène depuis des années en supprimant les CDI et en les remplaçant par des CDD sous-payés.

Enfin, la semaine contenait le 1er mai, interdit en Iran depuis la révolution islamique et remplacé par une fête du travail iranienne qui a lieu le 30 avril et pendant laquelle les ouvriers remercient leurs patrons ! Vu le contexte de son isolement et son affaiblissement, il pouvait s’attendre à un boycott cuisant de cette drôle de fête du travail susceptible de remettre davantage en cause sa légitimité. Il devait donc se lancer dans d’autres manoeuvres de diversion.

Le régime avait donc eu une semaine très agitée. Il a sans cesse été remis en cause et s’est senti bien isolé, mais aucune télévision occidentale n’a braqué ses caméras sur l’Iran. Les Américains ont ignoré sa faiblesse car ils ont toujours aidé les islamistes iraniens pour les utiliser pour déstabiliser la région et aujourd’hui ne cherchent qu’à chasser les mollahs pour installer leurs islamistes au pouvoir. Les Européens ont fait semblant de ne rien voir la contestation en cours car la chute du régime entraînera la fin de très avantageux contrats pétroliers qui leur ont été accordés par les mollahs. Cette dernière édition de la semaine en images vous montrera la réalité qui gêne les Occidentaux : l’extrême désaveu du régime par les Iraniens.

05.05.2012

 
Iran : La semaine en images n°219

Il y a trois semaines, le peuple, les Bazaris ainsi que les Pasdaran et les Bassidjis avaient boycotté la première période de deuil collectif en mémoire de Fatemeh, la fille de Mahomet morte en martyr selon les chiites. Par ce geste délibérément irrespectueux vis-à-vis l’islam, ils avaient rappelé leur hostilité au régime et envers une religion qui les mènent vers le néant. Le boycott avait rappelé l’isolement des dirigeants islamiques. Ces derniers avaient alors multiplié les buzz pour détourner l’attention des Iraniens de la portée de leur propre geste de contestation.

Des pluies torrentielles et une importante inondation avaient alors attiré l’attention sur Qom, ville associée à Fatemeh : chacun avait remarqué le boycott car les mosquées qui devaient selon la tradition organiser des nuits de prières et de complaintes restaient immanquablement vides. Les responsables qui ne pouvaient pas simuler des rassemblements devant et dedans les mosquées avec les rues inondées avaient renoncé à diffuser des images d’archives. Ils s’étaient alors cachés avant de revenir tardivement après la fin du mauvais temps avec des images d’archives de rassemblements pendant la période d’Achoura alors que les deux rituels sont différents : lors d’Achoura, les gens défilent dans les rues en se frappant, mais on n’agit pas ainsi pour célébrer la mémoire de Fatemeh.

Cette semaine, dès lundi soir et pendant 3 nuits, le régime devait organiser la deuxième période de deuil collectif en mémoire de Fatemeh. Puisque la semaine dernière, le régime avait été boycotté très fortement lors de la « journée de l’Armée » et qu’il n’avait pas pu trouver des gens pour défiler déguisés en militaire, il était certain qu’il allait vers un boycott plus fort et très visible. Le ciel était aussi pluvieux partout en Iran surtout dans les villes religieuses comme Mashad. Le régime devait multiplier les ramdams médiatico-politiques, mais il ne pouvait pas diffuser n’importe quelles images d’archives !

Le régime a compensé ce manque d’images fortes par des annonces de fortes participations des jeunes aux Journées en mémoire de Fatemeh. Il devait cependant diffuser des images : il a privilégié les lumières tamisées, mais on y voit quand même que la participation était presque nulle et que les rares participants n’étaient pas des jeunes.

Cette semaine, le régime devait aussi célébrer l’échec de la mission héliportée de libération des otages américains comme une victoire divine, mais nul ne s’est déplacé pour la fête. Il a donc subi deux échecs et a encore une fois touché le fond. Voici des images qui nous montrent l’ampleur de la défaite et l’état du régime agonisant des mollahs.

30.04.2012

 
Iran : La semaine en images n°218

La semaine dernière, les mollahs sont allés à Istanbul pour parler de leur programme nucléaire pour diminuer les sanctions d’origine américaine qui les empêchent de gagner les devises nécessaires à la survie de l’économie iranienne. La situation intérieure est devenue explosive car il ne peut pas importer des produits de base comme le kérosène nécessaire pour la production d’électricité, le prix de la facture électrique a été multipliée par 14, les usines ferment car elles ne peuvent pas payer leurs factures, les ouvriers sont licenciés massivement, ils manifestent quand ils le peuvent avec des slogans hostiles au régime. La production a chuté en conséquence : on manque de tout, les prix ont doublé en un an, la consommation est en berne, tout le monde y compris les hommes d’affaires du régime pensent qu’il faut sortir du système pour le bien du pays.

Mais à Istanbul, les mollahs n’ont accepté aucun compromis car il passe par une réconciliation avec Washington qui les obligerait à autoriser le retour en Iran des pions américains formés pour prendre le pouvoir de l’intérieur.

En l’absence d’un compromis, il n’y a eu aucune remise de peine américaine sur les sanctions. Pour faire flancher le régime récalcitrant, Washington a même incité ses alliés à afficher leur rupture et il a annoncé de nouvelles sanctions visant l’entrée des devises nécessaires à la survie de l’économie iranienne et à la paix sociale. Le régime était certain que la population et ses collaborateurs seraient remontés contre lui : il a relancé le procès contre ses collaborateurs tentés par la fuite et il a multiplié les annonces de pendaisons. Il devait également trouver des devises pour relancer l’économie pour continuer dans la même voie. Il a ponctionné ses propres hommes d’affaires et a annoncé une possible suppression des aides à la consommation. Bref, en cherchant à trouver des fonds pour se maintenir il a davantage coupé les ponts avec le peuple et ses collaborateurs.

En parallèle, le régime, qui depuis plus d’un an a sans cesse été boycotté par les Pasdaran désenchantés, devait célébrer ce mardi 17 avril la « Journée de l’armée ». Il était certain d’être à nouveau boycotté. Cela pouvait agiter davantage ses hommes d’affaires. Le régime devait diffuser des images d’archives. Il espérait un temps de saison, c’est-à-dire bien ensoleillé. Mais la semaine a commencé par de fortes pluies, le métro de Téhéran a même été inondé ! Le régime a paniqué, il s’est lancé dans la diversion médiatique sans fin et très imaginative pour faire oublier la possible déprogrammation de la « Journée de l’armée ». Voici le récit en images d’une semaine bien mouvementée pour le régime des mollahs.

23.04.2012

 
Iran : La semaine en images n°217

Au cours de ces dernières semaines, le peuple ainsi que les Pasdaran, les Bassidjis, les Bazaris ou les militaires ont ouvertement contesté la légitimité du régime et de ses composants en boycottant ses élections, mais aussi en repoussant son opposition officielle et en ignorant l’anniversaire de l’instauration du système islamique. En parallèle, ils ont plébiscité un changement en célébrant ostensiblement Norouz, fête non-islamique que les mollahs détestent car elle leur rappelle l’identité non islamique du peuple iranien.

Cette double contestation majoritaire (peuple+Pasdaran) a démoralisé les derniers hauts responsables encore fidèles au régime : on a assisté à une nouvelle ruée vers le dollar et le nombre des participants aux cérémonies officielles comme la prière de vendredi ou les séances de l’assemblée islamique a fondu. Le régime a repris le grand procès pour fraude qui est un moyen déguisé pour punir les candidats à la rupture. Puis il a sans cesse évoqué le soutien du peuple et des Pasdaran à ses programmes comme le nucléaire et ce pour contredire l’existence même de toute contestation afin de rassurer ses derniers collaborateurs. Mais, il a oublié de célébrer la mémoire de Fatemeh car elle n’a guère été célébrée par le peuple, les Pasdaran, les Bassidjis, les Bazaris ou les militaires ou même ses derniers collaborateurs.

Au second jour de cette semaine, le régime esseulé et isolé des mollahs a oublié de célébrer un autre événement sacré : sa journée de l’énergie atomique ! Cette année, on n’a pas eu d’annonces de progrès nucléaire : on n’a guère eu de provocations nucléaires !

L’objectif de ces provocations a toujours été de repousser toute réconciliation avec les Américains afin de ne pas être obligé de les autoriser à revenir en Iran avec leurs pions formés pour prendre le pouvoir de l’intérieur. Les derniers collaborateurs du régime exigent ces provocations ouvertes comme la garantie que les mollahs tiendront bon et ne les sacrifieront pas lors d’un marché avec Washington. Mais ces provocations exposent le peuple à de lourdes sanctions et font le lit de la contestation. En se taisant, les mollahs ont avoué qu’ils ne jugeaient pas opportun d’alourdir les sanctions et de défier le peuple pour assurer la survie de leur régime. En fin de semaine, ils allaient également rester très en retrait lors des négociations nucléaires.

La reculade du début de la semaine ne pouvait que démoraliser leurs derniers collaborateurs, la mollesse de la fin de la semaine allait entamer davantage leur confiance dans la solidité du régime.

Le régime a également promu un grand ramdam médiatique sur l’éventuelle suppression des allocations dans le but d’occuper les attentions et de dissimuler ainsi des reculades stratégiques qui révèlent sa fragilité. Il a également tenté de contenir la dissidence en annonçant des pendaisons collectives et de nouvelles arrestations dans le procès pour fraude. Il a aussi annoncé une tournée triomphale d’Ahmadinejad dans des régions reculées du sud du pays pour évoquer l’existence de réserves de partisans. Mais sur les images de la semaine, on ne voit guère de réserves de combattants dans le sud du pays, mais des images de rues nues ou des images d’archives. On ne voit aussi aucune effervescence politique mais de l’absentéisme à tous les niveaux. Voici la chronique en images d’une nouvelle semaine semée de problèmes pour le régime agonisant des mollahs.

15.04.2012

 
Iran : La semaine en images n°216

Il y a une semaine finissait les festivités de Norouz, le nouvel an iranien, honni par les ayatollahs car elle remet en cause l’identité islamique d’Iran et donc leur légitimité. Les Iraniens ont mis un point d’honneur à célébrer le plus massivement possible le dernier rituel de cette fête, la fête champêtre de Sizdeh Bedar, pour bien montrer leur hostilité au régime et à l’identité islamique qu’il veut imposer au pays.

Les Pasdaran, « Gardiens » de la révolution islamique, qui au cours des 15 derniers mois n’ont cessé de boycotter les manifestations officielles du régime, étaient aussi de la partie en laissant le peuple agir à sa guise, confirmant davantage leur rupture avec le régime et leur soutien à un soulèvement populaire hostile au régime.

Au même moment, les mollahs devaient célébrer l’anniversaire du référendum qui a aboli la monarchie laïque et progressiste des Pahlavi et installé à sa place le régime islamiste rétrograde que l’on connaît. Ils ont préféré oublier les festivités de peur d’un boycott qui serait un référendum à l’envers.

Washington n’a guère salué ce rejet sans appel du modèle islamiste car contrairement aux idées reçues, il ne veut pas la chute du régime islamique. En fait, Washington a été à l’origine de la révolution islamique de 1979 pour porter au pouvoir des islamo-fédéralistes qu’il finançait depuis 1954. Ces gens devaient agiter la région et détruire la Russie soviétique pour permettre à Washington de prendre pied en Asie centrale et de là, déstabiliser la Chine. Mais ces pions de Washington ont été chassés du pouvoir par les mollahs. Washington sanctionne uniquement les mollahs pour les forcer à restituer le pouvoir à ces pions.

Le processus est d’affaiblir l’économie iranienne, provoquer un risque de pénurie, une envie de soulèvement afin d’intimider les mollahs et leurs forcer la main. Mais l’objectif étant une passation de pouvoir via un rapprochement avec Washington et des « élections libres » organisées par les deux parties, à chaque fois que le peuple avance trop vers le renversement du régime, Washington recule d’un pas ou allège ses pressions. Ainsi, durant l’été 2009, quand le peuple était dans la rue (donc proche de la victoire), Obama a refusé tout soutien à un changement fermant les yeux sur les répressions.

La semaine dernière, Washington a évoqué de nouvelles sanctions très fortes pour amener Téhéran à ouvrir la porte à ses pions, mais il a aussi évoqué l’opposition de certains de leurs alliés à l’application des sanctions annoncées, pour se donner les moyens de ne pas appliquer ses mesures trop fortes et susceptibles de balayer le régime. Les mollahs n’ont pas accepté l’ouverture qui leur paraît inacceptable.

Cette semaine, les mollahs devaient organiser pendant trois jours la première partie du deuil en mémoire de Fatemeh, fille du prophète, qui selon les légendes chiites est morte en martyre tuée par Abu-Bakr, le premier des califes sunnites. Dès le 1er jour, le peuple, les Pasdaran et les responsables du régime n’ont pas été au rendez-vous. Le régime a oublié de parler de Fatemeh pour cacher ce nouveau boycott sans appel. Pour détourner l’attention de l’absence de mobilisation en mémoire de Fatemeh pendant les jours suivants, il lui fallait un scandale : Rafsandjani, l’ex-patron politique du régime, a laissé entendre que Khomeiny avait envisagé de renouer les relations avec Washington et le reste des responsables ont poussé des cris d’horreur !

Certes le régime a réussi à combler les colonnes de ses journaux avec un autre sujet que le programme initial qui avait été perturbé par le boycott du peuple, mais l’annonce d’une possible réconciliation a sonné comme l’acceptation d’une défaite et a semé la panique chez les derniers collaborateurs fidèles au régime qui seront certainement poursuivis en cas d’un changement de dirigeants. La journée a été marquée par des ventes massives d’actions à la Bourse de Téhéran dont l’indice a chuté de plusieurs centaines de points. Visiblement, les collaborateurs du régime s’y étaient à nouveau précipités pour brader leurs actions afin de réunir les fonds nécessaires pour fuir le pays.

Le régime était boycotté par le peuple et il était sur point d’être lâché par ses derniers fidèles. Washington a reparlé de sanctions et de dialogue pour obtenir le rapprochement bilatéral nécessaire pour la passation des pouvoirs. Les mollahs ont multiplié les attaques contre la Turquie, intermédiaire dans le dialogue avec Washington, pour provoquer la rupture, mais Washington a esquivé tout conflit par le silence. Le régime a donc eu une semaine bien laborieuse. Les images de la semaine montrent un aperçu assez fidèle de la fragilisation continuelle du régime des mollahs.

09.04.2012

 
Iran : La semaine en images n°215

Il y a une semaine, c’était Norouz, le nouvel an iranien, que le régime rejette, mais n’a jamais pu abolir. C’était là une occasion de contester le régime islamique. Les Iraniens l’ont saisie en envahissant les grandes mosquées de chaque ville avec les symboles de Norouz, sauf à Mashad car Guide pour son discours du nouvel an. Dans cette ville, le mausolée d’Imam Reza qui compte des dizaines de mosquées a été boycotté par le peuple. Ces actions spectaculaires qui contestent le régime n’auraient pas été possibles si celui-ci n’avait pas perdu le soutien des Pasdaran. Ce Norouz, les Iraniens ont pu constater la rupture des Pasdaran de base avec le régime et l’isolement de ce dernier.

Le régime devait organiser un grand rassemblement religieux pour nier cet isolement, mais il n’y est pas parvenu à l’occasion de la 1ère Prière de Vendredi de la nouvelle année. Le nombre des participants a même fondu comme si les collaborateurs du régime admettaient que les rassemblements pour Norouz étaient les prémices d’un soulèvement.

Cette semaine, le régime a tenté d’organiser des manifestations liées à Norouz pour rassembler le peuple sous sa bannière, il n’y est pas arrivé. Supposant que son échec pouvait provoquer une nouvelle fonte de ses troupes, de nouvelles ruptures internes, il a bloqué les canaux d’émigration pour retenir ses partisans à ses côtés.

La contestation de Norouz n’a pas seulement alarmé les mollahs, mais aussi Washington qui a jadis aidé la révolution islamique et aujourd’hui ne cherche pas à renverser ce régime, mais à remplacer ses dirigeants par ses propres pions islamistes. Washington a laissé échapper des confidences de spécialistes de renseignements sur « l’absence d’un danger immédiat du programme nucléaire iranien ». On a également vu des publications de grands « spécialistes de relations internationales » sur la nécessité d’un compromis la république islamique. Enfin selon un schéma déjà-vu et bien rôdé, quelques-uns parmi des grands alliés de Washington comme l’Inde et le Japon ont refusé d’appliquer les dernières sanctions promulguées par Washington.

Israël a également mis en veilleuse ses menaces d’attaque. Des grands spécialistes israéliens de renseignement ont mis leurs compatriotes en garde contre le « danger d’une guerre contre l’Iran ». On a même entendu parler d’une « déclaration israélienne d’amour à l’Iran » (donc au régime) sur FaceBook !

Mais, malgré ses difficultés internes, le régime n’a pas saisi la main tendue par Washington car il considère le dialogue comme un moyen pour les Américains et leurs pions de revenir en Iran pour prendre le pouvoir de l’intérieur. Par ailleurs, le moindre échange avec Washington inquiète ses derniers fidèles qui craignent d’être sacrifiés dans le deal, c’est pourquoi le régime a même lancé des pics en direction de Washington et d’Israël !

Cette réponse doublement négative de Téhéran a mis Washington dans l’embarras, il ne pouvait pas continuer à parler d’ouverture et de dialogue bien qu’il le faut pour éviter d’affaiblir le régime islamique qu’il veut préserver.

Au cours de la semaine passée, Washington a changé d’approche pour sauver le régime tout en sauvant la face : il a encore parlé de dialogue, mais tout en évoquant le « soutien du peuple américain à une frappe préventive ». On a également eu droit à une réplique israélienne de cette menace sous la forme d’un « sondage israélien très favorable à la guerre ». Mais, la Turquie qui est le pays clef pour l’attaque américaine ou israélienne est intervenue pour apporter son soutien aux mollahs !

Alors que le régime va mal et ne tient qu’un un fil, Washington a ainsi écarté toutes menaces de sanctions ou de frappes du régime islamique qu’il veut préserver et transférer à ses pions. Cela ne doit pas décourager les Iraniens car le régime reste le même : faible, haï, isolé, déconnecté de ses troupes et de la rue. Les images de la semaine confirment ce constat d’un régime qui se désagrège.

02.04.2012

 
Iran : La semaine en images n°214

Cette semaine, il y avait Norouz, le nouvel an iranien, fête païenne qui a été inventée il y a des millénaires par le Roi Jamshid pour plaire au peuple. Cette fête non-islamique considérée comme sacrée par le peuple a toujours dérangé les mollahs qui y ont vu l’affirmation d’une identité hostile remettant en cause leur légitimité.

Dans un contexte de contestation sourde par le boycott de toutes les manifestations politiques et religieuses par le peuple, les Pasdaran, le clergé et les Bazaris, cette date est une occasion pour les contestataires d’affirmer leur rupture et leur envie de changement. Ils devaient célébrer Norouz d’une manière très spectaculaire, c’est-à-dire publiquement et ostensiblement et ce d’une manière que le régime ne puisse l’occulter. Cela a eu lieu par l’invasion massive des mosquées avec les symboles de Norouz. Les images sont très intéressantes. Le régime a mis en place des diversions médiatiques pour détourner les attentions.

Cette affirmation du rejet du système islamique n’a pas seulement dérangé les mollahs, mais aussi les Américains qui, comme nous le rappelons souvent, ne veulent pas la fin du régime islamique mais le transfert des pouvoirs vers leurs pions islamistes : Washington a encore affirmé son ouverture au dialogue et à la réconciliation avec les mollahs dans son message pour le nouvel an.

Alors que la semaine dernière, l’Etat américain avait fait pression pour bloquer toutes relations bancaires avec Téhéran, il a autorisé certains de ses alliés comme le Japon ou l’Afrique du Sud de passer outre cette mesure. Selon Reuters, il a lui-même repris la livraison de céréales à l’Iran. Enfin, il a aussi affirmé que selon ses experts, le régime était loin de la bombe afin de pouvoir continuer ses efforts de réconciliation… On est ainsi passé d’un maximum de pressions à une pression très relative. L’Europe et Israël ont suivi son mot d’ordre. C’est évidemment bien rageant, mais cela veut dire que le peuple a réussi à mettre en péril le régime que Washington et ses alliés veulent préserver et contrôler. Voici les images qui montrent la fragilité du régime et ses dernières ressources (qui sont américaines) !

25.03.2012

 
Iran : La semaine en images n°213

Il y a près d’un an, le 15 mars 2011, le peuple a contesté le régime en célébrant grandiosement l’arrivée du nouvel an perse, Norouz, par la Fête du Feu qui coïncidait avec l’anniversaire du très populaire Reza Shah, le fondateur de l’Iran moderne et laïque. Il y avait un symbolisme fort entre Nowrouz qui évoque la résurrection de la nature, Reza Shah qui a réveillé l’Iran antique et l’envie d’un soulèvement. Le régime avait promis de réprimer durement cette contestation indirecte, mais les Pasdaran et les Bassidjis ne sont pas intervenus. Le 15 mars dernier, les jeunes Pasdaran et Bassidjis qui sont issus du peuple ont désobéi aux ordres de leurs chefs issus des clans au pouvoir et ont ainsi rejoint l’opposition interne au régime. Par la suite, les jeunes Pasdaran et les Bassidjis ont sans cesse confirmé leur rupture avec le régime en boycottant ses manifestations officielles.

La désobéissance civique du 15 mars 2011 et les boycotts contestataires qui ont suivi ont semé la panique parmi les hommes d’affaires issus des clans au pouvoir. Ils se sont mis à brader leurs biens et acheter de l’or et des dollars pour quitter le régime afin de ne pas couler avec lui. Cette ruée vers l’or et vers le dollar a vidé les réserves bancaires du régime. La perspective d’un effondrement bancaire suivi d’une agitation sociale forte a semé la panique vers les hauts responsables du régime : le nombre des participants aux manifestations officielles a chuté vertigineusement.

Le régime a parlé d’une fraude bancaire et promis des peines très lourdes aux hommes d’affaires agités pour les inciter à se calmer. Mais l’agitation continua car il hésitait à mettre ses menaces à exécution de peur de provoquer une rupture définitive avec ces associés très importants.

Finalement, il y a deux semaines, après avoir longtemps hésité, le régime a annoncé un procès pour fraude bancaire à l’encontre des hommes d’affaires agités. Il a aussi réanimé son opposition officielle, le Mouvement Vert, pour prendre en main la direction de la contestation à venir. Il espérait que ses associés paniqués et insolvables (auprès du peuple) saisiraient la perche pour l’aider à prendre en main la contestation qui les menace. Mais aucun des derniers serviteurs du régime n’a osé manifester à l’appel de cette organisation que le peuple tout entier rejette et entend même punir après la chute du régime. L’absence de toute manifestation en faveur du Mouvement Vert a démontré que le régime n’avait plus de partisans prêts à s’engager ouvertement en sa faveur.

Quelques jours plus tard, la semaine dernière, ces mêmes gens ont boycotté les élections législatives du régime. Le régime s’est senti seul, isolé et vulnérable.

Cette semaine, le mardi 13 mars, dans ce contexte très défavorable, le peuple devait à nouveau célébrer la fête du Feu. Les Pasdaran et les Bassidjis devaient célébrer le 1er anniversaire de leur désobéissance civique. Le régime était doublement sous pression.

Avant la date fatidique que nous attendions tous, le régime a commencé à diffuser des propos faisant état de sa capacité de répression grâce à la fidélité des Pasdaran. Puis, le Mouvement vert a lancé un appel à manifester pour s’attribuer le mérite des manifestations festives contestataires. Par la suite, le Mouvement Vert et ses interfaces virtuelles ont été les seules sources d’infos sur les manifestations de cette nuit : ces agents assermentés pour sauver le régime ont sans cesse diffusé des témoignages alarmistes faisant état d’une présence massive et agressive de Pasdaran fidèles. Ils ont également parlé d’affrontement et de pompes à essence incendiées. Mais on n’a vu aucune image corroborant ces troubles. Grâce à certaines photos et vidéos, on peut même affirmer qu’il n’y avait pas d’agressivité entre les Pasdaran et les manifestants. Mais grâce à des rumeurs bien dosées, le régime réussi à dissimuler cette fraternisation. Il est aussi parvenu à inciter les plus âgés à demeurer chez eux. Il a ainsi évité la formation d’une masse imposante capable de prendre le contrôle de la rue. La Fête du feu n’a ainsi débouché sur aucune résurrection. C’est une victoire pour le régime. Mais c’est une petite victoire car les Pasdaran ont continué de s’approcher du peuple. Ce qui a provoqué de nouvelles ruptures internes. Voici des images d’une défaite rapportée.

18.03.2012

 
Iran : La semaine en images n°212

En 2010, nous avons remarqué que les Pasdaran, les bassidjis, mais aussi les Bazaris, les mollahs de base et autres fonctionnaires du régime boycottaient les manifestations officielles de soutien au régime.

Il y a près d’un an, le 15 mars 2011, alors que le régime avait promis une répression exemplaire pour la Fête du Feu qui coïncidait avec l’anniversaire du très populaire Reza Shah, les Pasdaran et les bassidjis ont laissé le peuple se rassembler librement. Avec ce geste de désobéissance, il est devenu clair que les Pasdaran et les Bassidjis penchaient en faveur d’un changement de régime.

Les associés économiques du régime avaient alors conclu que le régime était fini : ils s’étaient mis à brader leurs biens et à acheter de l’or et des dollars pour quitter le régime afin de ne pas couler avec lui. Leur agitation avait démoralisé les autres collaborateurs du régime : le nombre de participants aux manifestations avait encore chuté.

Le régime avait tenté de d’arrêter cet effondrement en affirmant qu’il avait des partisans en province, il n’y est pas arrivé. Il a inventé une fausse affaire de fraude bancaire pour évoquer des condamnations très lourdes à l’encontre de ses associés dissidents, il a ainsi aggravé la situation. Dernièrement, il a encore tenté d’incruster son opposition officielle, le Mouvement Vert, dans la contestation pour la détourner de ses objectifs. Il a alors enregistré sa plus lourde défaite car personne n’a répondu à l’appel à manifester de cette entité pro-régime. L’absence de toute manifestation en sa faveur a même démontré que le régime finissant n’avait plus de partisans prêts à s’engager ouvertement en sa faveur.

La semaine dernière, le régime a reçu une autre gifle monumentale de la part de ces mêmes derniers collaborateurs car ils ne sont pas allés voter aux élections législatives. Sur la base de ses propres photos, nous avons constaté une participation de moins de 1500 personnes dans tout l’Iran. Le régime s’est senti bien isolé. À une semaine de la prochaine Fête du Feu qui sera aussi le 1er anniversaire de la désobéissance des forces de l’ordre, le régime était confronté à son extrême vulnérabilité.

Cette semaine, le régime devait évoquer une forte participation de ses partisans aux élections de la semaine dernière pour montrer qu’il était soutenu, mais à l’occasion de ses divers programmes, il a sans cesse été délaissé par ses derniers collaborateurs. Il a connu de grands moments de solitude, d’isolement et de vulnérabilité. Contrarié par ces revers : il a multiplié des gestes et des propos intimidants pour donner l’illusion du soutien. Voici le récit en images d’une semaine d’isolement et de propagandes.

11.03.2012

 
Iran : La semaine en images n°211

Cette semaine, le régime devait organiser ses élections législatives destinées à lui donner une nouvelle légitimité dans tous les domaines (intérieur, international et nucléaire). La suite ininterrompue des boycott indiquait que l’on allait vers une abstention massive. Les élections allaient être une occasion pour montrer l’impopularité du régime et l’abstention allait être un appel au secours.

Tout d’abord, les animateurs de la vie politique iranienne ont fait campagne pour la participation oubliant même de parler de leurs programmes. Puis pris de panique, ils ont appelé au boycott de (leurs propres) élections pour récupérer l’abstention et ainsi annuler son effet contestataire. Au milieu de la semaine, le régime a encore changé d’avis : il a fait état d’un grand intérêt du peuple pour le débat entre les candidats avant d’évoquer des sondages faisant état d’une participation supérieure à 60%.

Il était alors clair que le régime allait diffuser des images d’archives des élections des années précédentes alors qu’au sommet de son pouvoir avant la rupture des Pasdaran, il pouvait menacer les fonctionnaires de licenciement et les étudiants d’expulsion en cas d’abstention.

Mais par chance pour nous, la météo a été très défavorable au régime : il faisait très froid dans de nombreuses villes iraniennes là où il fait plutôt très beau en cette saison. Il y a même eu des tempêtes de sable à Shiraz et à Ispahan. Le régime ne pouvait pas utiliser les images des extérieurs puisées dans ses archives. Il a fait globalement l’impasse sur ces images et n’a majoritairement diffusé que des images d’intérieurs qui ne sont pas datables. Mais dans certaines grandes villes, il a dû ignorer la réalité météorologique hostile et a dû diffuser des images d’extérieurs issues de ses archives pour nier le boycott.

Par la suite, le régime a annoncé un chiffre officiel de participation. L’opposition officielle du régime a également diffusé ses chiffres où la reconnaissance du boycott va de pair avec sa minoration. Cette opposition officielle et tricheuse a attribué la participation à l’existence d’une base fidèle au régime, mais aussi à des pressions des Pasdaran sur les électeurs. L’opposition officielle a ainsi nié de facto les ruptures internes (notamment celle des Pasdaran) pour nier l’isolement du régime afin de décourager le peuple et nuire à un approchement entre le peuple et les Pasdaran.

Mais en nous basant sur les données météorologiques de chaque ville et en ne prenant en compte que les images d’extérieurs, nous pouvons affirmer que la participation a été presque nulle !

Cette semaine, les Pasdaran, les mollahs de base, divers fonctionnaires et le peuple ont massivement et unanimement rejeté le régime tout aussi bien durant la campagne qu’au moment de voter. Voici les images d’une nouvelle semaine de difficultés et de frayeurs pour le régime et ses derniers collabos…

04.03.2012

 
Iran : La semaine en images n°210

Semaine terrible | Le régime a annoncé des manœuvres hostiles contre les Etats-Unis. Nous n’avons pas pu trouver une seule image montrant ces manœuvres, preuve que les militaires et les Pasdaran ont encore boycotté le régime.

Le régime a tenté de dissimuler ce boycott massif et humiliant en évoquant divers grands rassemblements en sa faveur. Nous n’avons trouvé que des images de salles presque vides et des mines défaites du côté des responsables chargés les remplir. Le régime a connu une nouvelle semaine de défaites. Voici la preuve en images que le régime est presque mort et va vers un effondrement certain.

27.02.2012

 
Iran : La semaine en images n°209

La semaine dernière, le régime des mollahs devait préparer la célébration le 33e anniversaire de la révolution islamique. Les Pasdaran qui boycottent les manifestations officielles depuis près de 18 mois ont boycotté toutes les manifestations intermédiaires de la décade précédant l’anniversaire et ce samedi 11 février, ils se sont encore une fois rangés au côté du peuple en boycottant l’anniversaire de la révolution islamique. Dans le précédent numéro de la semaine en image, nous avons vu que le régime a été obligé de publier des photos d’archives pour nier ce boycott.

Il y a un an, le 11 février 2011, le régime avait été boycotté de la même manière par les Pasdaran. La situation était alors inédite : il avait craint que l’absence remarquable des Pasdaran à ses côtés n’incite le peuple à se soulever.

L’opposition officielle, appelée le Mouvement Vert, qui est dirigée par de hauts responsables du régime, avait alors lancé un appel à la mobilisation (pour le 14 février) pour incruster les collaborateurs du régime dans le soulèvement qui paraissait inévitable afin de dévoyer le mouvement ou servir d’issue de secours au régime. L’intrusion de cette opposition factice et profiteuse avait incité le peuple à rester chez lui. La journée du 14 février 2011 avait été un échec pour le seul joker politique des mollahs. Tous les médias du régime avaient tenté de nier cet autre boycott pour sauver le Mouvement Vert qui pourrait être la seule issue de secours pour eux. Ils ont même inventé des héros et des martyrs pour cette journée du 14 février (25 Bahman) au cours de laquelle, il ne s’était rien passé.

De ce fait, un an après, ce mardi 14 février 2012 (25 Bahman 1390), l’opposition officielle devait réunir ses partisans en mémoire de ces martyrs factices. Le régime et son opposition factice craignaient qu’il ne se passe rien. Il ne s’est rien passé. D’avis général, cela a anéanti la possibilité d’une porte de secours pour les collaborateurs du régime. Comme l’année précédente, les médias du régime ont tenté de nier cet autre boycott…

Le boycott des manifestations préliminaires de la révolution avait paniqué les hommes d’affaires du régime (issus des clans du pouvoir) : malgré la présence de faux acheteurs ou faux vendeurs mouchards sur le marché noir, ils avaient repris leurs achats d’or et de dollars pour pouvoir quitter le pays avec leur fortune avant que le régime qui les protège ne tombe. Le dollar était reparti à la hausse. Le boycott de la révolution a accéléré le mouvement. Le boycott de l’opposition officielle a davantage accéléré l’agitation sur le marché noir malgré l’annonce d’arrestation, d’expropriation ou même de condamnation à mort à l’encontre des acheteurs et des intermédiaires.

Précédemment, le régime avait également inventé une invraisemblable affaire de fraude bancaire de 3,5 milliards de dollars pour accuser les riches qui sortent leur argent du pays. Il avait alors parlé de 32 suspects et avait même annoncé 5 condamnations à mort quand les achats d’or et de dollar avaient atteint des sommets, mais avec un certain flou puisqu’il n’avait fourni aucun nom. Cette semaine, il a annoncé le début du procès des 32 corrompus en révélant enfin leur visage (pour les noms, il faut attendre) ! Mais le régime n’a pas seulement sorti la matraque pour arrêter ses collaborateurs paniqués, il a aussi évoqué deux grandes réussites économiques dans le domaine énergétique pour tenter de les séduire avec des promesses de rentrée d’argent.

On a ainsi connu une semaine surréaliste avec une fausse opposition s’inventant des faux partisans, des fausses réussites, de faux espoirs, mais un vrai procès contre les amis du régime. C’est un signe que les deux boycotts que le régime a subis ont profondément semé le désordre dans son fonctionnement. Voici le récit en images de la face sombre d’une nouvelle semaine de déconvenues et de difficultés pour le régime des mollahs.

19.02.2012

 
Iran : La semaine en images n°208

La semaine dernière, le régime devait célébrer en grandes pompes le retour de Khomeiny en Iran, le premier événement de la décade des festivités de la révolution islamique. Les Pasdaran qui boycottent les manifestations officielles depuis plus d’un an avait déjà boycotté cette fête l’année dernière. La semaine dernière, ils ont réédité cet exploit. Le régime a acquis la certitude que les autres événements de la décade en particulier la grande manifestation finale du 11 février seront difficiles à réaliser.

En fait, le régime a raté de nombreux rendez-vous prévus au programme officiel très chargé de cette semaine. Il a été boycotté de manière permanente à chacune des manifestations prévues ! Cela a provoqué une crise interne à tous les niveaux y compris au sein du Conseil de Discernement, organe qui agit comme un conseil d’administration et constitue le véritable gouvernement du régime.

En règle générale, dans ce genre de cas, le régime provoque des crises ou des polémiques pour détourner l’attention du peuple et en parallèle, il utilise des images d’archives pour prétendre que tout va bien pour ne pas provoquer la panique parmi ses derniers fidèles. Les détails et la forme des images diffusées révèlent le degré de la gravité de la situation.

Dans ce numéro 208 de la semaine en images, nous parlerons de ces détails, mais aussi d’une chose plus essentielle : ce qui était prévu au programme et n’a pas pu avoir lieu faute de participants et la crise interne au sommet de l’Etat. Voici des images d’une nouvelle semaine de recul pour le régime des mollahs.

14.02.2012

 
Iran : La semaine en images n°207

Au cours des derniers mois, les Pasdaran ont sans cesse désavoué le régime par le boycott massif de ses manifestations officielles. Cette rupture qui vulnérabilise le régime a provoqué une vague de panique chez les hommes d’affaires du régime : ils se sont mis à vendre leurs biens et acheter de l’or ou des dollars afin de quitter le pays avec leur fortune avant la chute du régime pour ne pas couler avec lui. Pour arrêter la fuite de ces partenaires, qui l’affaiblit davantage, le régime devait montrer qu’il dispose encore des réserves en termes de partisans populaires prêts à le défendre.

Il y a un mois, alors que Reza Pahlavi avait appelé la communauté internationale à aider le peuple iranien à renverser le régime, le régime n’a réussi à mobiliser aucun Iranien pour la Journée du soutien au Guide. Il est devenu clair que le régime n’avait pas les réserves nécessaires pour se sortir d’affaire. Dans la foulée, le peuple et les Pasdaran ainsi que les membres du clergé ont rappelé leur rejet par le boycott de grandes fêtes religieuses islamiques ou chiites. La panique des associés du régime a été amplifiée davantage.

Ce rejet du régime par le peuple et la panique interne des associés du régime ont été ignorés par les Américains car ils ne veulent pas la fin du régime islamique, mais le transfert des pouvoirs des mollahs vers leurs propres pions islamistes afin de disposer d’un levier pour agiter l’Asie Centrale et la soulever contre la Chine. Les Américains ont même été effrayés par l’éventualité d’un succès du peuple : ils ont fait parvenir quelques milliards de dollars aux mollahs pour combler le trou provoqué par la demande d’or et de dollar et empêcher une faillite bancaire interne susceptible de balayer le régime, ils ont oublié les propos sur les violations des droits de l’homme en Iran et ont parlé de la possibilité d’une entente globale. Ils ont encore proposé le dialogue qui est la première étape pour aller vers la passation des pouvoirs.

Cette offre a davantage paniqué les hommes d’affaires du régime car toute entente irano-américaine se fera à leur insu. Ils ont accéléré leur achat pour fuir le pays avant une telle éventualité, aggravant la santé fragile de l’économie iranienne. Les dirigeants du régime ont dû parler de leur progrès dans le nucléaire militaire et de la fermeture de détroit d’Ormuz pour montrer leur fermeture à tout compromis afin de rassurer leurs associés turbulents qu’ils n’allaient pas les sacrifier dans une entente avec les Américains. L’administration Obama a été obligée d’évoquer de nouvelles sanctions financières.

Ces sanctions affaiblissant le régime devaient être annoncées la semaine dernière. Le régime s’attendait à une nouvelle panique de ses associés qui sont pressés de quitter le navire avant qu’il ne coule sous le poids des sanctions et de son impopularité. Il a tenté d’empêcher la panique en affirmant que des milliers de Pasdaran s’étaient rassemblés en sa faveur à l’occasion des prières pour la mort du prophète Mahomet. Mais les tenues des gens vus sur les images n’étaient pas en adéquation avec le froid qui s’était abattu sur l’Iran : il s’agissait d’images d’archives. Le régime a seulement réussi à prouver qu’il était très isolé. Il est devenu certain qu’il serait boycotté le jour anniversaire de la révolution (le 11 février prochain), ce qui ne peut qu’obliger les Américains à soutenir le désir de changement du peuple.

La crainte que la situation ne s’aggrave dans trois semaines a relevé le niveau de la panique : on a assisté à une incroyable ruée vers l’or et le dollar qui a fait montrer les prix de ces deux produits à des niveaux jamais atteints et ce malgré la restriction d’accès au dollar ou des menaces de pendaison à l’encontre des vendeurs et des acheteurs.

Cette semaine débutait la période de célébration de la révolution islamique avec l’anniversaire du retour en Iran de Khomeiny le mercredi 1er février (12 Bahman). Le régime entrait clairement dans une zone de turbulence car, selon ses propres règles, les Pasdaran doivent être présents à tous les niveaux surtout pour l’anniversaire du retour de Khomeiny. Il allait connaître un boycott très dévalorisant : la semaine allait être un rappel de leur rupture et la confirmation de sa faiblesse. Se sentant en danger, le régime a multiplié les buzz pour détourner l’attention du peuple de son isolement, il a également multiplié les slogans agressifs pour se montrer puissant alors qu’il perd pied. Les Occidentaux qui ne veulent pas la fin de l’islamisme qui divise et affaiblit cette région très riche ont aidé les mollahs en ignorant le boycott du peuple et des Pasdaran et en ne prêtant d’attention qu’aux buzz et aux provocations creuses du régime.

Voici néanmoins des images qui prouvent la lente chute du régime, images qui continuent à paniquer ses associés du régime et à accélérer sa chute.

07.02.2012

 
Iran : La semaine en images n°206

La semaine dernière, après de nouveaux boycotts d’importantes manifestations officielles par les Pasdaran et le clergé, la cote de confiance du régime a chuté. Les associés économiques du régime ont intensifié la liquidation de leurs actions et l’achat de l’or et du dollar pour pouvoir quitter le pays avant que le régime ne chute et les entraîne dans son effondrement. Leur agitation a miné le moral du reste des troupes fidèles.

Le régime devait aligner des Pasdaran ou des mollahs jihadistes dans les rues ou dans une grande salle pour rassurer ces gens, mais en raison de la chute de sa cote, il n’est même pas parvenu à réunir les 200 à 300 collaborateurs fidèles (dont une cinquantaine de jeunes) qui étaient à ses côtés il y encore un mois. Ses efforts ont mis en évidence son isolement.

Le régime était dépassé. Puisqu’il ne pouvait pas rassurer ses associés agités, il a cherché à limiter la visibilité de leur panique en forçant les agents de change à afficher un prix fixe très bas pour le dollar. Les agents de change ont cessé la vente du dollar sur le marché libre (qui ne l’était plus) et ont commencé la vente clandestine dans leur quartier. Le dollar vendu en toute liberté sur le marché noir a dépassé selon nos estimations le seuil de 2300 tomans, soit +90% que son taux officiel. L’or vendu sur le marché libre a aussi enregistré une hausse similaire.

La hausse du dollar a entraîné la hausse des prix du lait et de la viande car le pays n’en produit plus, il en achète en dollar à l’étranger. La hausse du dollar a aussi entraîné la hausse du prix du pain car le pays importe du près de 9 tonnes de céréales par an. Ainsi la semaine dernière, le pouvoir d’achat des Iraniens a chuté et leur niveau de mécontentement a augmenté : la crise interne du régime a ainsi commencé à réunir les conditions nécessaires pour un soulèvement.

On n’a alors guère entendu Washington adresser un message de soutien aux Iraniens car l’Etat américain ne veut pas la fin du régime islamique, mais le transfert des pouvoirs des mollahs à ses pions pour disposer d’un allié islamique agitateur à proximité de l’Asie centrale. Washington s’est non seulement détourné du peuple comme au moment du soulèvement de 2009, mais encore, il a cherché à sauver le système islamique en accueillant sur son territoire, le cinéaste pro-régime Asghar Farhadi pour primer son dernier film de propagande qui nie l’existence de toute envie de changement chez les Iraniens.

L’absence de soutien de Washington à un changement de régime n’a pas pu rassurer les associés économiques du régime quand chaque manifestation officielle est boycottée par le peuple et par les Pasdaran : la crise a perduré.

Cette semaine, le programme officiel du régime prévoyait de grands rassemblements le dimanche 22 et lundi 23 janvier sur les parvis des mosquées pour pleurer la mort de Mahomet et de l’Imam Reza, la grande figure du chiisme iranien. La peur de deux nouveaux boycotts prouvant l’isolement du régime a miné le moral des troupes. Le samedi 21 janvier (à la veille des événements), la semaine a commencé par une intensification des achats : le dollar et l’or ont atteint de nouveaux records.

On s’attendait à une nouvelle vague de panique dès mardi car Washington et l’Europe devaient alors annoncer de nouvelles sanctions économiques. Le régime était au pied du mur. Mais Washington a parlé de sanctions contre une banque dont il sanctionne les principales succursales et l’Europe a parlé de la fin de ses contrats d’achat de pétrole alors qu’elle obtient le pétrole iranien essentiellement via des contrats d’exploitation. C’est pourquoi l’annonce n’a pas fait montrer le prix du baril.

Mais malgré l’absence d’un durcissement effectif des sanctions, la réaction excessive du régime a induit ses hommes d’affaires en erreur : ils ont intensifié leurs achats d’or et du dollar. le régime s’est retrouvé avec une nouvelle crise soulignant le manque de confiance de ses associés en ses chances de survivre. Avec un peuple dressé contre lui, l’actuelle tension ne peut que monter. Voici les images qui confirment l’isolement du régime et annoncent un prochain boycott décisif dans trois semaines, le samedi 11 février 2012 lors de l’anniversaire de la révolution islamique.

30.01.2012

 
Iran : La semaine en images n°205

Il y a trois semaines, au moment où Reza Pahlavi a lancé un appel à la communauté internationale pour aider les Iraniens à se débarrasser du régime islamique en traînant son chef spirituel devant la cour pénale internationale, les officiers des Pasdaran ont unanimement boycotté la journée de soutien au Guide. Les Pasdaran qui boycottaient les manifestations officielles depuis plus d’un an ont ainsi montré qu’ils ne jouaient pas une carte personnelle, mais qu’ils étaient au côté du peuple en faveur d’un changement du régime.

Les précédents boycotts des Pasdaran avaient paniqué des hommes d’affaires qui collaborent avec le régime : ils avaient commencé à liquider leurs avoirs pour acheter de l’or et des dollars (sur le marché libre en dehors des limites imposées par le régime) afin de pouvoir quitter le pays si les Pasdaran allaient plus loin. En prenant position en faveur d’un changement de régime au côté de Reza Pahlavi, les Pasdaran sont allés très loin : la cote du régime a évidemment chuté : dès le lendemain, les hommes d’affaires du régime ont accéléré leurs transactions afin de fuir dès que possible.

Le régime a été confronté à une très forte demande de dollars alors qu’il manque de devises et ne peut même pas satisfaire la demande de base nécessaire pour les importations. La demande survoltée allait mettre en évidence ses faiblesses et allait inciter d’autres collaborateurs à s’enfuir. Le régime s’est mis à parler de fermeture du détroit d’Ormuz ou de production accélérée de matière fissile pour provoquer une grande crise internationale afin que le risque d’une guerre détourne l’attention des Iraniens de l’envie de fuite de ses plus proches collaborateurs. Pour que les Iraniens ne saisissent pas cette opportunité pour se soulever.

On n’a alors guère entendu les Américains, si prompts à aider les peuples, car contrairement aux idées reçues, ils ne veulent pas la fin du régime islamique, mais le transfert des pouvoirs à leurs pions afin de disposer d’un allié islamiste naturellement agitateur pour soulever l’Asie Centrale contre les Chinois. Washington a même envoyé vers les mollahs son plus important allié stratégique de la région, la Turquie, avec une offre de 15 milliards de dollars d’investissement pour renflouer leur régime afin d’empêcher la chute de l’islamisme en Iran.

Les mollahs ont augmenté l’offre et promis des quantités illimitées de dollars bon marché dans l’espoir de rassurer leurs hommes d’affaires ou collaborateurs paniqués. Mais leur inquiétude n’est pas provoquée par un manque de devises, mais leur extrême vulnérabilité commune depuis la rupture des Pasdaran. C’est pourquoi l’arrivée de dollars bon marché a été vue comme une aubaine pour se remplir les poches : la demande a été multipliée par 4 ! Le dollar est reparti en hausse au rythme invraisemblable d’au moins 17% par jour. Chacun pouvait voir que la cote de confiance interne au régime était au plus bas.

Le régime devait neutraliser ce nouvel incendie et provoquer une crise qui l’éclipserait aussi. Pour neutraliser la crise, il a annoncé des punitions à l’encontre des gens qui achetaient le dollar plus haut que le prix officiel. Pour éclipser la crise, il a mis en scène un attentat à Téhéran en précisant que la victime était le responsable des achats de matériaux militaires pour son programme nucléaire. Washington n’a pas hurlé pour ne pas prendre le risque d’adopter des sanctions susceptibles de renverser le régime qu’il veut contrôler. Sachant que les mollahs continueraient dans cette voie, Washington a même incité ses alliés comme le Japon et l’Inde à revenir sur de précédentes promesses de sanctions. Le régime a été définitivement privé du ramdam qu’il souhaitait pour éclipser ses problèmes. Il a misé sur la terreur en mettant en scène des pendaisons…

En fin de semaine dernière, le boycott par le peuple et les Pasdaran des deuils chiites d’Arbaeyn a rappelé l’isolement et l’impopularité du régime. La panique devait gagner en intensité et il n’avait pas moyen de la cacher ou détourner l’attention des gens. Le régime a interdit la vente anonyme de dollar chez les agents de change. L’obligation de présenter sa carte d’identité aux agents de change a refroidi les acheteurs qui sont des « collaborateurs dissidents ». Les prix sur la devanture des agents de change se sont figés, les achats ont cessé et sont devenus souterrains. Le régime a annoncé des punitions lourdes contre les revendeurs non autorisés du marché noir, c’est pourquoi les acheteurs les plus prudents ont délaissé le dollar pour l’or qui a commencé à augmenter après plusieurs mois de calme grâce à la limitation de l’offre.

Cette semaine, la vedette et le vecteur de la crise a été l’or ! L’or a coulé d’entre les doigts du régime dans la poche de ceux qui souhaitent le quitter. Les prix des produits en or sont montés en flèche (le dollar a suivi la même trajectoire, mais plus discrètement). Le régime a tenté de limiter les dégâts en niant les deux crises et en tentant de détourner l’attention des Iraniens avec des provocations ou une interminable polémique sur les seins nus de Golshifteh Farahani, l’ex-ambassadrice cinématographique du régime qui aujourd’hui, dans un rôle de dissidente officielle vit en France pour être la voix de la jeunesse alors qu’elle ne fait rien contre le régime et combat même l’opposition. C’est bien révoltant de voir que l’on parle de son strip-tease alors qu’un pays est en feu, mais c’est aussi réjouissant de constater que le régime est à court de provocations et doit s’accrocher à la petite culotte d’une starlette. La prochaine étape sera sans doute un sex-tape de cette fille. En attendant voici les dernières images d’Iran et des efforts futiles du régime pour retarder sa chute.

23.01.2012

 
Iran : La semaine en images n°204

Il y a deux semaines, le vendredi 30 décembre, au moment où Reza Pahlavi a lancé un appel à la communauté internationale pour aider les Iraniens à se débarrasser du régime islamique en traînant son chef spirituel devant la cour pénale internationale, les officiers des Pasdaran ont unanimement boycotté la journée de soutien au Guide.

Les officiers des Pasdaran qui ont commencé leur rupture dès 2008 en boycottant de manière régulière les manifestations politiques et religieuses du régime ont ainsi exprimé leur soutien à un changement radical de régime et à l’adoption du modèle laïque défendu par Reza Pahlavi. Leurs précédents boycotts qui isolaient et affaiblissaient les dirigeants avaient paniqué les hommes d’affaires du régime : ils s’étaient mis à liquider leurs avoirs pour acheter de l’or et du dollar afin de pouvoir fuir le pays avant que la chute du régime n’entraîne leur perte. Cette fois, le soutien explicite des Pasdaran à un changement de régime a davantage paniqué les associés du régime : ils se sont encore plus massivement mis à vendre leurs actions pour acheter de l’or et des dollars. Le régime qui manque de devises en raison des sanctions pétrolières américaines de 1997 a été incapable d’augmenter son offre quotidienne de 120 millions de dollars. Le manque de dollar a fait monter son prix de 10% par jour (soi 1,2% par heure), il a rapidement atteint 2000 tomans soit le double du prix officiel pratiqué par la Banque Centrale Iranienne donnant du régime l’image d’un système en faillite où la seule devise est chacun pour soi !

Par le passé, les dirigeants du régime avaient menacé les acheteurs et les agents de change de poursuites judiciaires au prétexte de s’adonner à la spéculation qui est interdite par la charia, mais ils n’ont jamais osé mettre leurs menaces à exécution de peur d’encourager l’envie de fuite chez ses associés affairistes paniqués. Les dirigeants du régime étaient dépassés. Leur seule action a été de parler de fermeture du détroit d’Ormuz pour détourner les attentions de l’envie de fuite de ses derniers collaborateurs.

On n’a alors guère entendu les Américains dénoncer une manœuvre et évoquer la chute prochaine du régime islamique car contrairement aux idées reçues, Washington ne veut pas la fin du régime islamique, mais le transfert des pouvoirs à ses pions afin de disposer d’un allié islamiste naturellement agitateur pour soulever l’Asie Centrale contre les Chinois. Les Américains ont même envoyé vers les mollahs l’un de leurs plus importants alliés stratégiques de la région, la Turquie, avec une offre de 15 milliards de dollars d’investissement pour renflouer leur régime afin d’empêcher la chute de l’islamisme en Iran.

L’offre de Washington est arrivée mardi dernier. Mercredi, le régime a augmenté son offre quotidienne de 120 millions de dollars à ½ milliard de dollars et a promis de satisfaire convenablement la demande en offrant des quantités illimitées de dollars au prix raisonnable de 1400 tomans. Il espérait calmer les inquiétudes pour faire chuter la demande afin d’obtenir une baisse naturelle du dollar voire un retour au prix officiel. Mais le dollar à 1400 tomans a dopé la demande : on a enregistré 17% de hausse en trois heures soit 5,5% par heure (4 fois plus de hausse que la semaine dernière). Le dollar bon marché avait fait quadrupler la demande. Jeudi, le régime a cessé toute information sur le sujet. Il est revenu à une politique d’intimidation avec la pendaison publique de trois voleurs de banque en référence à ceux qui vident sans vergogne ses réserves alors qu’il manque tragiquement de devises.

Cette semaine, le régime avait un programme officiel difficile. Le lundi 9 janvier, il devait organiser la commémoration de la 1ère révolte des partisans de la révolution islamique en 1979. Il craignait un boycott rappelant le rejet de la révolution islamique et confirmant son manque de partisans.

Par ailleurs, le vendredi 13 et le samedi 14 janvier, le régime devait aussi organiser Arbaeyn, la fin des deuils d’Achoura en mémoire d’Hossein, tombé en martyr pour la défense du chiisme. Etant donné qu’Achoura avait été massivement boycotté par tous les Iraniens y compris les membres du clergé, le régime s’attendait à un bis rappelant à chacun qu’il n’avait personne pour le défendre même par ferveur religieuse.

Avec ces deux rappels de sa faiblesse et sa vulnérabilité, le régime s’attendait à une amplification de la terreur de ses hommes d’affaires. Il allait revivre la crise de la semaine dernière avec des hausses plus importantes pour le dollar.

La semaine dernière, le régime avait mis en avant la fermeture d’Ormuz pour focaliser les débats sur le risque d’une intervention afin de détourner le peuple de ses problèmes internes, cette fois, pour focaliser le peuple sur le risque d’une intervention, il a évoqué sa volonté d’amplifier sa capacité d’enrichissement d’uranium à 20% sur le site de Fordo près de Qom.

Washington, qui rappelons-le ne veut pas renverser le régime, n’a fait aucun commentaire fort à ce sujet afin d’éviter des sanctions qui entraîneraient à coup sûr la perte du régime islamique qu’il veut préserver et transférer à ses pions. Washington a même sauvé des marins iraniens prisonniers de pirates du mer d’Oman pour apaiser la situation et aussi pour rappeler au régime ses limites en matière d’interventions navales. Washington qui avait fait pression sur les Européens pour évoquer des sanctions superficielles leur a demandé de se calmer. La note de la France a été baissée, d’autres baisses de notes ont été évoquées pour justifier un report des sanctions européennes. Le Japon bon larbin de Washington est aussi revenu sur son annonce de cesser les achats pétroliers en Iran.

La situation préoccupante du régime a amené Washington à modérer ses pressions alors que le régime qui avait besoin d’un ramdam pour qu’on l’attaque et qu’il détourne ainsi l’opinion iranienne de l’envie de fuite de ses collaborateurs, a tout tenté pour provoquer un conflit avant le lundi 9 janvier, date à laquelle on allait assister à une nouvelle crise du dollar en raison d’un boycott confirmant la rupture des Gardiens de la révolution islamique avec la révolution islamique !

Les images que nous avons dénichées montrent que le régime a éliminé l’un des responsables de son programme d’enrichissement pour occuper l’opinion au moment où le dollar était très en hausse et qu’il ne trouvait pas le moyen de provoquer un conflit avec Washington pour obtenir une crise et ainsi détourner l’attention de l’opinion de l’envie de fuite de ses associés. Le régime s’est saigné lui-même pour que l’on ne remarque pas qu’il a la fièvre !

Voici un ensemble d’images surprenantes montrant un régime fini et désespérée qui s’accroche, gesticule, se débat, qui menace et qui tue les dissidents faisant le vide autour de lui au grand désespoir des Européens et des Américains qui font tout pour le préserver. Voici les images d’une chute fatale qui peut libérer l’Iran et le Maghreb islamisé de force par Washington si les deux parties ne trouvent pas un terrain d’entente. Il y a eu des tentatives cette semaine qui n’ont rien donné.
Regardez, il y a des vents contraire, mais aussi de l’espoir !

17.01.2012

 
Iran : La semaine en images n°203

Depuis des mois, les Pasdaran boycottent les manifestations officielles à la gloire du régime et de la révolution islamique comme les autres Iraniens. Ce boycott hostile au régime a semé d’emblée la panique chez les nantis du régime : ils se sont mis à vendre massivement leurs divers avoirs et à acheter à la place de l’or et des dollars en vue de fuir le pays si le régime était inquiété par des Pasdaran qui se sont ralliés aux partisans d’un changement de régime. Régulièrement, nous assistons à des vagues de paniques après chaque nouveau boycott.

La semaine dernière, la panique est montée d’un cran car les associés du régime craignaient l’échec de la Journée annuelle de soutien du peuple au Guide au moment où le principal opposant au régime, Reza Pahlavi, a demandé au peuple de renverser le Guide pour le traîner devant la Cour pénale internationale. On n’était pas face à un boycott normal, mais dans une démarche d’union nationale pour un changement de régime.

A la fin de la semaine dernière, le vendredi 30 décembre, lors de la Journée annuelle de soutien du peuple au Guide, nous avons noté que le régime n’avait publié que des images d’archives ! Ce qui veut dire que pour la première fois depuis le début du boycott des Pasdaran, aucun élément lié au régime n’est descendu dans les rues iraniennes : 100% des Iraniens et 100% des collaborateurs de base du régime ont rejeté l’homme qui symbolise le régime et la révolution islamique.

Cette semaine, une nouvelle panique encore plus forte allait gagner les associés économiques du régime. Il était certain que ce samedi, dès l’ouverture de la bourse, ils se mettraient à vendre des actions avant de se précipiter au Bazar pour acheter encore de l’or, des dollars ou toutes autres devises avant que le régime ne s’effondre, emportant dans sa chute ses banques et leur fortune. Le régime a décidé de tirer des missiles dans le détroit d’Ormuz pour détourner l’attention du peuple de la crise interne qui allait le déstabiliser.

Washington qui ne veut pas un conflit, mais un arrangement avec les mollahs a esquivé. L’Europe qui leur achète secrètement près de 1,5 million de barils par jour via des contrats buy-back a également esquivé. La crise continuait. La bourse venait d’enregistrer un premier crasck. Le dollar montait d’heure en heure.

Le régime devait montrer qu’il avait le moyen de contrer l’opposition pour calmer la crise, mais cela semble impossible. Dès lors, il ne lui restait que d’injecter des dollars sur le marché pour limiter la crise. Or, sous l’effet des sanctions américaines, il manque de dollars et doit agir avec parcimonie.

Cette semaine, régime était bien en difficulté. Alors qu’il était au bord du précipice, Washington l’a sauvé du gouffre en laissant l’un de ses alliés lui proposer l’équivalent d’une année de revenus pétroliers. Le régime a injecté des dollars sur le marché, mais il n’a pas pu arrêter la crise, il a seulement aiguisé l’appétit de ses associés qui visiblement croient le régime perdu car il a un peuple devant lui. Voici les images d’une semaine exceptionnelle qui nous montrent tout de même un régime épuisé et prêt à tomber.

10.01.2012

 
Iran : La semaine en images n°202

Contexte général | Il y a trois semaines, le régime devait célébrer Achoura, un des événements fondateurs du chiisme. La participation a été inférieure à 200 personnes dans tout le pays. Le régime ne pouvait plus prétendre avoir des réserves pour compenser la rupture des Pasdaran que l’on ne voit plus à ses côtés dans les manifestations officielles. Le boycott d’Achoura a montré que le régime et ses dirigeants étaient isolés et donc très vulnérables. Ce boycott a terrorisé les divers collaborateurs du régime. Parmi eux, les associés économiques du régime ont intensifié la vente de leurs avoirs et leurs achats de pièces d’or et de dollars pour pouvoir fuir à tout moment si les choses allaient plus mal.

Le régime devait se montrer fort pour les rassurer afin de mettre fin à cette crise, mais il s’est mis à manipuler les quantités et les prix d’or et du dollar disponibles sur le marché au lieu pour étouffer la crise. Ce choix montrait qu’il n’avait pas les moyens de rassurer ses associés, la panique s’est amplifiée, la demande de l’or et du dollar aussi, ce qui a fait monter encore les prix.

Les Européens, qui contrôlent près de la moitié des barils produits en Iran via des contrats buy-back [1], ont commencé à remettre en cause des sanctions déjà annoncées en prétextant un refus de l’Italie !

Washington n’a alors aucunement protesté car il ne sanctionne pas les mollahs pour renverser leur république islamique, mais pour les forcer à céder les rênes de cette république agitatrice à ses pions afin d’utiliser l’islam pour soulever l’Asie Centrale contre la Chine qui domine ses ressources d’hydrocarbures.

Et puisque l’actuelle agitation interne peut entraîner la chute du régime, Washington a même dépêché un émissaire à Téhéran pour proposer aux dirigeants sa solution miraculeuse d’un transfert doux via une révolution de couleur qui donnera une couleur démocratique à l’islam.

Mais puisque c’est quand même la fin de l’exercice du pouvoir pour ses associés du régime, ces derniers n’ont pas aimé l’initiative de Washington. La crainte d’un compromis à haut niveau qui les sacrifierait les a même poussés à accélérer et intensifier leurs achats d’or et de devises en particulier le dollar. La demande a propulsé le dollar au niveau record de 1400 tomans.

Au même moment, Reza Pahlavi a réuni un large panel d’opposants pour demander un procès du chef spirituel du régime, Ali Khamenei, devant la CPI. Mais puisque le régime ne va pas remettre son chef à la CPI, la demande est en fait celle d’un soutien occidental à un soulèvement populaire. L’Europe qui va perdre ses contrats pétroliers a tout d’un coup oublié son amour de la liberté. De même, Washington n’a nullement prêté d’attention à la demande.

Mais trois jours après l’annonce, en début de la semaine dernière, les chaînes politiques iraniennes ont été submergées de soutiens venus d’Iran. Ce qui démontra que le peuple était favorable à Reza Pahlavi et prêt à se soulever. On n’a alors assisté à aucune manifestation de soutien au Guide du côté des Pasdaran. Ces derniers ont rappelé leur rupture avec le régime. La panique a regagné les associés du régime. En fin de semaine dernière, le dollar a progressé de 17,7% pour atteindre un nouveau record de 1630 tomans ! Le régime a fermé les agents de change pour cacher la crise !

Mais cette semaine, par un malheureux hasard de calendrier, juste après ces marques d’hostilité populaire vis-à-vis du Guide, le vendredi 30 décembre, le régime devait célébrer la journée de Soutien du Peuple au Guide ! Le régime était certain que le peuple et les Pasdaran ne seraient pas au rendez-vous et qu’en conséquence, la panique gagnerait davantage du terrain. Cela pouvait entraîner ses associés à changer de camps, cela pouvait provoquer des ruptures chez des dirigeants intermédiaires…

Il y avait beaucoup de menaces potentielles en suspension. Le principal dirigeant politique, Ali Larijani était critiqué sur le plan interne. Il ne pouvait indéfiniment prendre des mesurettes économiques très discutables comme la fermeture des agents de change. Larijani devait agir en chef politique voire en soldat pour rassurer les derniers fidèles sinon il risquait de perdre son poste.

Venant de la direction des médias du régime, depuis toujours face à la menace des boycotts ou des sanctions qui peuvent déstabiliser le régime, Larijani privilégie la diversion médiatique : une action médiatique forte pour détourner l’attention de l’opinion. Mais il lui fallait aussi agir en soldat pour défendre le régime et ses collaborateurs pour les inciter à ne pas déserter. Il a mêlé les deux pour annoncer que le premier jour de la semaine, samedi 24 décembre, le régime allait commencer « 10 jours de manœuvres pour démontrer sa capacité à fermer le détroit d’Ormuz », ce qui était un geste rassurant de soldat, mais aussi un moyen pour occuper les Iraniens afin que personne ne s’occupe de la Journée de Soutien au Guide qui allait être boycottée.

Larijani croyait avoir trouvé la solution. Mais les associés du régime ont assimilé l’annonce à une déclaration de guerre à l’Occident tout entier, craignant que cela n’entraîne des sanctions les empêchant de sortir leurs dollars du pays, ils ont intensifié leurs achats. Le dollar qui était tombé à 1400 tomans grâce à la fermeture forcée du marché est reparti en hausse.

Ce samedi, le régime a reporté les manœuvres militaires annoncées. Mais il était trop tard, il s’est retrouvé avec une nouvelle crise visible bien avant le boycott de la journée de Soutien du Peuple au Guide. Le régime était à nouveau sous pression et en alerte rouge. Voici les images d’une semaine de crises et d’efforts pour en sortir. C’est un inventaire du peu que le régime a en réserve pour se tirer d’affaire.

04.01.2012

 
Iran : La semaine en images n°200

Depuis des mois, le régime des mollahs est confronté à un boycott permanent de ses manifestations officielles par un nombre écrasant des Pasdaran. Cela était apparu quand les dirigeants multipliaient les provocations militaires pour entraîner Washington dans une escalade afin qu’il recule par peur d’une fermeture du détroit d’Ormuz et abandonne ses sanctions.

Les Pasdaran qui connaissent l’état catastrophique de l’économie iranienne, notamment son manque de kérosène qui l’empêche de projeter une guerre, étaient alors dans un rôle modérateur. Par ailleurs, étant donné que Washington sanctionne les mollahs pour les forcer à se modérer et d’ouvrir la porte à ses pions islamistes pour aller vers un régime islamique pro-américain agissant dans le sens de ses intérêts régionaux, on pouvait imaginer que les Pasdaran oeuvraient pour Washington.

L’intention de ces Pasdaran s’est clarifiée le 15 mars 2011 quand ils ont refusé de réprimer une manifestation nocturne commémorant la fête anti-islamique du feu et la naissance de Reza Shah, le fondateur de la monarchie laïque et patriote des Pahlavi. Il est devenu clair qu’ils n’avaient pas agi pour modérer le régime afin de le sauver ou pour aider les islamistes bons teints made in Washington, mais qu’ils avaient en fait rompu avec le régime et avec la révolution islamique que le peuple iranien considère comme une erreur historique.

Au lendemain de cette nuit épique du 15 mars 2010, la bourse de Téhéran a chuté, mais en revanche l’or et le dollar sont montés en flèche. Les associés du régime avaient conclu que les jours du régime étaient comptés, ils se dépêchaient de bazarder leurs avoirs pour convertir leur fortune afin de pouvoir la sortir par virements ou dans leurs valises.

Le régime s’est alors retrouvé avec un autre front de scission interne. Il devait faire baisser les prix afin de dissimuler cette nouvelle agitation centrifuge. Il a augmenté les volumes d’or et de dollar vendus par la Banque Centrale aux agents de changes pour crever l’abcès de la demande. Mais d’autres boycotts très emblématiques ont rappelé le penchant des Pasdaran pour un changement de régime et ont provoqué de nouvelles ruées vers l’or et vers le dollar. Le régime a alors inventé une histoire de fraude bancaire pour menacer les acheteurs paniqués des pires punitions, mais ils n’ont pas reculé. Il y a renoncé. Il a été confronté à d’autres crises. Les hausses répétitives et spectaculaires de prix qui sont devenues les indicateurs de l’affaiblissement de la foi de ses associés en son avenir. Comme précédemment, le régime continuait d’intervenir ponctuellement, mais en retard : il a assisté à la diminution du nombre de ses partisans. Il a compris qu’il devait intervenir avant chaque boycott.

En octobre dernier, avant un important boycott, le régime a diminué les volumes habituels d’or et de dollar vendus aux agents de change pour endormir ces marchés. La pénurie a fait craindre une faillite de la Banque Centrale. Le régime a dû rétablir l’approvisionnement, mais les associés du régime ont préféré acheter par avance en bourse des pièces d’or livrables dans les prochains mois. Le niveau très élevé de la demande sur ce marché a provoqué une hausse des prix sur les pièces qui n’existent pas encore. La perspective de ces prix très élevés a incité les gens à accélérer leurs achats d’or et de dollar au Bazar. Les prix ont augmenté. Pris dans l’engrenage, le régime a monté ses taux pour limiter l’impact des hausses, mais il a ainsi encouragé les hausses, bref il a été dépassé dans sa première tentative de mesures préventives. Il devait revoir sa copie.

Il y a deux semaines, le régime s’attendait au boycott général des deuils chiites d’Achoura, un boycott qui révélait l’absence de toute base populaire capable de sauver le régime, il a levé les limites imposées aux hommes d’affaires pour l’achat des dollars officiel très bon marché à la Banque centrale pour vider le marché libre de ses plus gros clients. Dans le même genre, il avait aussi annoncé qu’il soldait des pièces d’or à la Banque Centrale à -20% du prix du marché libre. Et enfin, il avait fixé l’acompte garantissant l’achat de pièces d’or livrable en février au-dessus du plus haut tarif atteint par cette pièce car il ne veut aucun facteur aggravant le marché de l’or en ce mois où il doit y faire face à un boycott décisif de l’anniversaire révolution islamique.

La solde partielle du dollar a stoppé la progression du billet vert. L’extravagant acompte exigé pour l’achat de pièce en bourse a bloqué ce marché, mais le solde de pièces d’or n’a pas eu le succès escompté car l’offre quotidienne de la banque centrale se limite à cinq petites pièces d’un poids maximal de 200 gr. Il a alors parlé de soldes de lingots d’or de 1 à 12 kg à la Banque Kargoshaï sous-ensemble de la grande Banque Melli qui organise normalement ce genre de ventes. Le régime s’ouvrait les veines pour éviter la fièvre !

L’annonce de ces soldes suicidaires a entraîné les acheteurs devant la banque Kargoshaï et l’on n’a pas assisté à une crise le mercredi 7 et jeudi 8 décembre après le boycott massif et national d’Ashoura qui signifiait tout de même que le régime n’avait plus aucune base pour trouver des alliés de terrain.

Cette semaine, le régime n’avait plus aucune manifestation programmée donc aucun risque d’être boycotté et de connaître une nouvelle crise. Samedi, il a supprimé les soldes invraisemblables des lingots de 12 kilos qui nous semblait un suicide. Les associés du régime qui comptaient sur cette vente pour quitter le régime qui a perdu toute possibilité de se maintenir ont fusé vers la bourse : on a assisté à une vente massive d’actions des industries de base, l’argent a été investi dans le dollar et dans l’achat de pièces livrables dans les prochains mois notamment en février. Le régime était en crise. Le régime devait réagir. Il n’a pas été à la hauteur. Voici la somme de ses actions et de ses erreurs.

20.12.2011

 
Iran : La semaine en images n°199

Les semaines dernières, le régime a été confronté à un boycott permanent de toutes ses manifestations officielles par les Pasdaran et un boycott populaire des événements religieux : il est devenu clair qu’il n’avait plus aucune légitimité, ni aucun soutien. Après chaque boycott, ses associés économiques, convaincus de sa vulnérabilité, se sont précipités vers le Bazar pour acheter massivement et en dehors de toute contrainte officielle de l’or et du dollar afin de préparer leur fuite. L’or et le dollar ont sans cesse augmenté et leur hausse est devenu synonyme de la baisse de la cote du régime.

Pour redresser la barre, la caste dirigeante devait démontrer qu’elle pouvait demeurer au pouvoir et assurer les intérêts de ses collaborateurs. Son premier choix a été de cibler la principale menace : les sanctions américaines qui empêchent la signature de nouveaux contrats pétroliers pour l’affaiblir afin de le forcer à céder le pouvoir aux pions islamistes de Washington. Le régime a cherché l’escalade avec Washington en évoquant des tirs de missiles pour mettre en avant sa capacité de fermer le détroit d’Ormuz afin d’inverser les menaces et le contraindre à abandonner ses sanctions doublement pénalisantes. Washington a comme d’habitude esquivé pour garder ses sanctions destinées à affaiblir le régime et le forcer à céder le pouvoir à ses pions. Les associés du régime ont été davantage démoralisés. Ils ont amplifié leurs achats.

Le régime a renoncé à sa politique d’escalade et a tenté d’intimider ses associés ou les intermédiaires du marché. Mais il ne pouvait pas aller trop loin de peur de précipiter sa chute. C’est pourquoi, il s’est réfugié dans une propagande évoquant l’existence de réserves de partisans en province. Cette propagande a été anéantie par de nouveaux boycotts des Pasdaran et le rejet d’autres événements religieux par tous les Iraniens. La panique a été à son comble : les prix de l’or et du dollar ont battu tous les records.

Il y a une semaine, débutait le mois de Moharram qui doit être marqué par 10 jours de ferveur religieuse et de mortifications publiques dans tout le pays. Les points culminants de cette décade sont les 9e et 10e jours appelés Tassoua et Achoura. Ces journées essentielles pour les chiites ont été boycottées l’année dernière. Le régime redoutait 10 autres jours de boycotts confirmant son isolement.

Après cela, le régime pouvait s’attendre au boycott de la Journée de l’Etudiant organisée par l’opposition officielle : il allait alors perdre la possibilité d’incruster ses pions dans la contestation pour sauver quelques têtes. Cela pouvait entraîner de nouvelles ruptures.

La situation était très risquée. Le régime devait agir. Il a mis en place des mesures préventives paralysant les intermédiaires du marché (revendeurs d’or ou agents de change). Le prix de l’or est tombé de 17%, le dollar a été stabilisé. Le régime s’est alors lancé dans le projet d’invasion et de saccage de l’ambassade britannique par des étudiants islamiques. La Grande-Bretagne était choquée par cette agression et exigeait à demi-mot une frappe pour punir les mollahs.

En scrutant l’image, nous n’avons pas constaté la présence des centaines de jeunes islamistes vus par les Britanniques. En revanche, nous avons constaté que les papiers présentés par les Britanniques comme étant des documents volés à l’intérieur de leur ambassade avaient été distribués par les « étudiants islamiques » avant même que ces derniers ne pénètrent dans les bâtiments. Par ailleurs, ces gens ne pouvaient pas envahir en masse les lieux en faisant sauter un cadenas car le type de porte blindée qui équipe l’ambassade est fermé par un système magnétique à codes et non par un cadenas. Ces étudiants ne pouvaient entrer qu’en ayant les codes. L’affaire avait été montée avec le concours des Britanniques, alliés historiques du clergé chiite iranien, qui aimeraient aussi voir la fin des sanctions destinées à virer des partenaires qui bloquent l’accès américain à l’Asie Centrale. C’est pourquoi ni Washington ni les Européens n’ont accepté l’escalade souhaitée par Téhéran et promue par Londres et ont puni ce montage en annonçant de nouvelles sanctions financières contre le régime.

Les associés du régime n’ont guère aimé car les sanctions financières les empêchent de sortir leur fortune d’Iran : il leur fallait accélérer leurs achats de l’or et du dollar. La demande a été si forte que l’or est remonté de 17%, à son niveau du début de la semaine. Le dollar est aussi reparti à la hausse.

Au début de cette semaine, le régime était doublement malheureux car en dehors de l’échec de sa politique anti-sanctions, il avait donné le maximum (une semaine avant Achoura) et se retrouvait à court d’agitations fortes pour détourner les regards du boycott qui avait lieu et allait devenir plus visible dès le lundi 5 décembre avec son incapacité à organiser dignement les journées de flagellations sanglantes et publiques de Tassoua et d’Achoura. La situation était encore une fois très risquée.

Le régime a commencé par faire état de cas de flagellations par ci ou par là pour insinuer que le peuple ne boycottait pas l’Islam. Mais il n’a pas su présenter les images authentifiant ces annonces. Il a alors improvisé une nouvelle tentative d’escalade grâce à la capture d’un drone américain. Cela n’a rien donné, il a été obligé d’improviser des rassemblements religieux. Le régime a traversé cette semaine en improvisant, il est souvent resté dans le flou car il n’avait aucun atout dans ce remix de la semaine dernière. Voici les images d’une semaine en clair-obscur pour camoufler des problèmes de plus en plus ingérables.

12.12.2011

 
Iran : La semaine en images n°198

La semaine dernière a été marquée par le boycott massif des rassemblements de la Semaine du Bassidj par les centaines de milliers de membres de cette milice populaire chargée du maintien de l’ordre et de la lutte anti-émeutes. Le régime n’a jamais pu dépasser le seuil de 300 personnes pour ses rassemblements. L’absence de mobilisation a également rappelé à chacun que le régime avait également perdu l’adhésion de ses autres collaborateurs comme les Pasdaran ou les mollahs de base.

Ces boycotts ont confirmé l’affaiblissement et la vulnérabilité du régime. Comme au cours des mois derniers, après chaque boycott, les associés du régime ont paniqué et se sont mis à acheter de l’or et des dollars pour pouvoir faire leurs valises et prendre la fuite. La demande et le nombre limité de dollars ont fait montrer cette devise à 1370 Tomans soit 25% de plus que les cours officiels. Le régime n’a pas annoncé de chiffre pour l’or, mais en recoupant les infos, on pourrait affirmer que l’or a atteint les 690,000 tomans, un record absolu depuis le début du cycle des boycotts des Pasdaran. On peut même parler d’un record important car une semaine plus tôt, au nom de la lutte anti-fraude (prétexte inventé pour attaquer ses associés paniqués), le régime avait bloqué 3 millions de comptes bancaires anonymes par lesquels transitaient les achats de dollars pour tarir la source qui alimentait les achats.

Bref, la semaine dernière, le régime a touché le fond et ce malgré ses efforts pour intimider ses associés ou entraver leurs achats. In fine pour restaurer son autorité, il a annoncé la tenue de plusieurs rassemblements de 50,000 bassidjis à Téhéran, il comptait diffuser des photos d’archives. Or, la date de la semaine du Bassij est fixée par rapport au calendrier lunaire arabe et cette semaine est depuis peu en automne, pendant les années fastes du régime, elle tombait pendant la saison chaude. Cette année, le régime a joué de malchance avec un temps morose et de la neige. Il n’avait pas d’images de bassidjis sous la neige : il a dû compter sur les partisans dont il dispose qui sont peu nombreux et majoritairement âgés. Ce rassemblement raté est devenu l’indicateur de la faiblesse et la vulnérabilité du régime. Le dollar et l’or ont continué leur hausse. La semaine s’est terminée sur l’annonce de deux condamnations à mort dans le dossier des fraudeurs financiers !

Cette semaine, le régime a durci le ton car il redoutait une nouvelle confirmation du rejet du peuple dès dimanche, avec le boycott de commémoration publique des saints chiites au démarrage du mois de Moharram. La semaine suivante, il pouvait toucher le fond les 6 et 7 décembre avec le boycott d’Achoura, la dernière et principale journée publique des saints chiites confirmant le rejet de l’islam et aussi avec le boycott de la Journée de l’Etudiant organisée par l’opposition officielle qui confirmerait aussi le rejet de cette opposition factice.

Bref le régime allait vers une puissante crise à partir du mercredi 7 décembre. Ce mardi (29 novembre), une semaine exactement avant cette tempête, il a annoncé l’invasion de l’ambassade britannique par des centaines d’étudiants portant les drapeaux emblématiques des islamistes fanatiques chiites… Le régime entendait neutraliser les boycotts qu’il redoutait.

Par ailleurs, il pouvait provoquer un conflit avec l’Occident pour évoquer sa capacité militaire de nuire au transit pétrolier afin de retourner la situation en sa faveur… Un coup de maître !

Mais Washington est resté zen ! il n’a pris aucune position notamment parce que la Grande-Bretagne est un proche allié du régime, souvent épinglé par Washington : il a tout intérêt à le voir réussir à se libérer des sanctions. Face à l’esquive américaine, Londres a été obligé de surenchérir pour pousser les pays européens à aller vers le conflit. Il n’a pas eu gain de cause car les Européens ont évoqué de nouvelles sanctions au lieu de frappes qu’elle suggérait à demi mot. Tout cela a confirmé la gravité de la situation du régime. Ses collaborateurs ont continué à éviter ses manifestations officielles, ses associés se sont montrés plus agités… In fine, le régime a encore perdu des collaborateurs ! Les images de la semaine nous montreront cette réalité en parallèle avec l’invasion qui devait donner des couleurs au régime agonisant.

06.12.2011

 
Iran : La semaine en images n°197

Indispensable rappel des faits et événements des semaines précédentes pour comprendre une semaine très palpitante | Au cours des derniers mois, les jeunes Pasdaran ont sans cesse boycotté les manifestations officielles politiques ou religieuses, mais aussi la participation à des actions répressives et intimidantes. Le régime est devenu de facto vulnérable face au peuple. Les associés économiques, membres des clans au pouvoir, qui selon une récente information serait 810 individus, ont estimé que les jours du régime étaient comptés. Ils se sont mis à vendre leurs actions pour acheter de l’or et des dollars. Cela vidait les réserves bancaires du régime. Cette frénésie est par ailleurs devenue l’indicateur du manque de confiance en l’avenir du régime et a commencé à provoquer la rupture d’autres collaborateurs. Le régime devait mettre fin à cette crise polymorphe.

Dans un réflexe pavlovien, le régime a d’abord annoncé des pendaisons collectives pour mettre en scène sa force afin de rassurer ses associés qu’il a le moyen de rester au pouvoir. Mais chaque nouveau boycott des Pasdaran contredisait cette soi-disant puissance. Les achats d’or et de dollars se sont accélérés. Le régime a alors inventé un scénario de Coup d’Etat des Pasdaran-Trafiquants pour insinuer qu’il pouvait arrêter et pendre les miliciens boycotteurs. Mais le risque d’un clash ouvert précipitant sa chute a amplifié la panique de ses associés. Le régime a dû arrêter ce scénario. Il a alors inventé une histoire de fraude bancaire de ses 810 associés économiques et a parlé de pendaisons pour atteinte à la sécurité nationale afin de les intimider.

Cette solution à l’emporte-pièce a démontré la détresse du régime : ses associés économiques ont été convaincus qu’il était dépassé et ont accéléré leurs achats. Les nervis du régime qui seront seuls au premier rang en cas de soulèvement ont réalisé qu’ils défendaient un régime condamné : ils ont commencé à prendre leur distance avec le régime. Le boycott du Ramadan par le peuple et le boycott la journée de Qods par les Pasdaran a convaincu chacun des collaborateurs du régime que le système était fichu. Puis le régime a été confronté au boycott de la Semaine de la Défense de la Révolution. C’était, il y deux mois.

Selon des informations parues cette semaine, les Américains, qui ne cherchent pas la fin du régime islamique, mais l’arrivée de leurs pions à la tête de ce régime auraient écrit aux mollahs deux lettres signées par Obama pour proposer la reprise du dialogue. C’est dans la foulée de cette correspondance qu’un émissaire du régime, Ahmad Rezaï, le fils d’un des plus haut personnages du régime, a quitté le pays pour se rendre à Dubaï. En 1998, il avait été au centre d’autres tractations irano-américaines pour un rapprochement basé sur un soi-disant coup d’Etat des Pasdaran et la mise à l’écart des personnes sanctionnées par Washington. Il semble que les mollahs cherchaient un rapprochement avec les pions islamiques de Washington dans le sens de leur intérêt commun avant que les jeunes Pasdaran devenus laïques parviennent à déstabiliser le régime avec un boycott massif de la semaine du Bassidj comme en 2010 et 2009.

Il est important de rappeler que ce boycott massif de la semaine du Bassidj n’était pas une supposition car le boycott des Pasdaran a commencé au sein des Bassidjis au point que le régime a démantelé leurs brigades et désarmé les jeunes en 2009. Le régime a gardé la semaine du Bassidj car le mot signifie l’engagement volontaire et populaire dans la résistance contre les ennemis de la révolution islamique et il ne voulait pas paraître plus seul qu’il n’est. Le régime et les Américains devaient se dépêcher !

Selon des informations officielles du régime, Ahmad Rezaï faisait sans cesse des allées et venues en Iran ou discutait tous les jours avec les gens de « sa famille ». Il travaillait donc durement pour parvenir à un résultat.

Mais il y a dix jours, Ahmad Rezaï a été trouvé mort dans sa chambre dans des conditions qui laissent supposer un meurtre. Il nous est paru évident que les seuls bénéficiaires étaient les Pasdaran en rupture avec le régime. Peut-être, ont-ils été aidés par les Britanniques qui ne peuvent pas accepter que les mollahs passent dans le camp américain. Ils ont déjà agi de manière très hostile envers le régime quand ce dernier a commencé à dialoguer avec Washington.

Deux jours après l’élimination de son intermédiaire Ahmad Rezaï, le régime a reçu un nouveau coup avec l’absence de près de 93% des jeunes officiers au défilé annuel de leur fin d’étude devant le Guide et l’Etat major des Pasdaran. Le régime allait recevoir le coup de grâce avec le boycott massif de la semaine du Bassidj. Une bombe a explosé décimant de nombreux officiers des Pasdaran. Les circonstances douteuses de l’explosion portent à croire qu’il s’agissait d’un coup monté pour éliminer des éléments actifs du groupe des Pasdaran en rupture avec le régime islamique. Cette bombe a aussi focalisé les attentions et détourné les regards du boycott de la semaine du Bassidj.

Deux jours plus tard après des funérailles bâclées, le régime organisait des fêtes, on distribuait des gâteaux ! La réponse ne s’est pas faite entendre : une des plus grandes mosquées du nord de l’Iran a brûlé sans qu’interviennent les pompiers qui font partie des Pasdaran. La police est également restée passive ainsi que la population. Le groupe des Pasdaran dissidents a démontré qu’il avait les moyens de partir en guerre contre les centres d’intérêts du régime avec le concours de la population en dehors du calendrier des manifestations. Le régime a seulement nié les faits malgré la publication de photos sur ses propres sites !

La semaine dernière, nous avons donc assistés aux premiers actes de guerre entre les mollahs et les jeunes Pasdaran. Par le passé, chaque boycott de la part des jeunes Pasdaran avait été suivi d’une panique chez les associés du régime, le déclenchement des hostilités aurait dû provoquer un vrai tsunami de panique. Les Pasdaran qui ont agi misaient peut-être sur cette panique, mais cela n’a pas eu lieu car au lendemain de l’attentat qui a décimés leurs figures charismatiques, le régime avait confisqué près de 3 millions de comptes bancaires utilisés par ses 810 associés économiques pour leurs achats de dollars. En l’absence de cash, le régime espérait aussi en finir avec la hausse des prix de l’or et du dollar qui est devenue l’indicateur de son affaiblissement. Mais ses associés spoliés ont commencé à vendre massivement des actions pour compenser la perte : la bourse a enregistré une baisse de son index par la chute des actions, en revanche, les 810 associés en rupture ont pu trouver des ressources pour continuer leurs achats. L’or et le dollar, malgré la baisse des ressources, ont vu leur prix rester à leur haut niveau.

Cette semaine, le régime devait neutraliser cette résistance de ses associés en rupture, mais aussi s’occuper des Pasdaran qui avaient détruit une mosquée, symbole du système en place. Leur capacité de destruction étant prouvée, le régime devait éviter de les énerver, mais il devait montrer sa propre puissance de résistance.

Etant donné que conformément au programme officiel, on était en pleine Semaine du Bassidj et de résistance aux ennemis, le régime devait neutraliser ses adversaires en mettant en avant le soutien des jeunes Bassidjis qui incarnent sa résistance. Le régime ne pouvait pas y couper et était de facto face à un défi impossible.

Après de vains échecs pour convaincre l’opinion que tout se déroulait bien, comme la semaine dernière, le régime a choisi la diversion médiatique. Mais cette fois, il n’a pas fait exploser une bombe (peut-être qu’il redoute la riposte des Pasdaran). Il a mis en scène une fausse crise politique basée sur l’interdiction du journal Etémad pour faire oublier son incapacité à organiser les événements programmés et aussi pour faire oublier les faits graves de la semaine dernière.

Le journal Etémad appartient à Karroubi, le faux opposant interne, membre du 1er cercle du pouvoir : le régime espérait également le relancer à un moment où un soulèvement devient possible. Mais la mayonnaise n’a pas pris, il a été obligé de lancer une autre fausse crise politique basée sur l’interdiction d’un autre journal ! Par ailleurs, pour des raisons électorales, Obama a été obligé d’adopter de nouvelles sanctions bancaires contre le régime. Cela a déplu aux associés du régime qui ont besoin de sortir le dollar du pays, on a assisté à une nouvelle vente massive d’actions et une reprise forte des achats. Le régime a été surpris, il devait réagir : il espérait diffuser des images d’archives de Bassidjis paradant dans les rues, mais il s’est mis à neiger et il n’a pas d’images de Bassidjis sous la neige. Il a dû composer avec ce qu’il avait sous la main. Voici les images d’une semaine bien mouvementée et pleine de rebondissements et d’échecs pour le régime agonisant des mollahs.

29.11.2011

 
Iran : La semaine en images n°195

Au cours des semaines et des mois précédents, le régime a été confronté à un boycott permanent de toutes ses manifestations politiques, religieuses et sécuritaires par les Bazaris, les membres du clergé et surtout par les Pasdaran trentenaires et quadras qui doivent assurer la sécurité du régime sur le terrain. Le régime a été sans cesse désavoué.

Il est important de rappeler que la milice des Pasdaran a une structure partitionnée à l’image des organismes de renseignements : ses membres ne se connaissent pas d’un service à l’autre, ils ne peuvent pas créer une coalition hostile au régime, ils ne peuvent que le boycotter pour montrer leur mécontentement ou leur hostilité. On ne peut donc s’attendre à une action hostile au régime de leur part, mais une désobéissance militaire : comme pendant le soulèvement de l’été 2009, pour laisser le peuple renverser le régime. C’est pourquoi, le régime a pris très au sérieux ce boycott devenu permanent et a rapidement inventé une fausse rumeur de coup d’Etat utra-islamiste des Pasdaran pour diaboliser ces gens et empêcher leur rapprochement avec le peuple.

Mais pour les associés économiques du régime, qui sont issus des clans au pouvoir, le régime était condamné et en conséquence, ils devraient s’en désolidariser, vendre leurs biens pour acheter de l’or et des dollars avant de quitter le pays.

Sous l’effet de la vente de leurs biens, la bourse de Téhéran s’est effondrée et parallèlement, sous l’effet de leurs achats, l’or, le dollar puis d’autres devises étrangères comme l’euro, le dollar canadien, le Franc Suisse et même le Ringitt malaisien ont sans cesse augmenté. Les associés du régime vidaient littéralement ses réserves en devises, alors que, sous l’effet des sanctions, il ne peut plus signer de nouveau contrat pétrolier pour rester à flot.

Le régime a d’abord parlé d’une embellie de transactions boursières pour dissimuler la gravité de la situation et la crise de confiance chez ses associés, mais la focalisation des transactions sur l’or et le dollar en dehors de la bourse, dans les souks du Bazar et après chaque boycott n’avait rien d’une embellie jouissive. Cela résultait de la peur d’un effondrement et ne pouvait que déstabiliser tous les autres collaborateurs du régime en particulier les nervis de base ou les vétérans de la guerre qui ont été engagés comme fonctionnaires, mais qui ne sont pas assez riches pour envisager la fuite et doivent en conséquence, rester aux côtés du régime du moins presque jusqu’à la fin. La crise est devenue polymorphe.

Le régime est alors passé à l’offensive. Tout d’abord, il a mis en avant sa capacité de répression avec des annonces d’arrestations ou de pendaisons collectives pour rassurer tous ses associés qu’il pouvait sauver la situation en misant sur la terreur. Mais le manque de personnel pour réprimer un soulèvement rendait cette propagande superflue.

Le régime a alors inventé une fausse affaire de fraude bancaire et arrêté une quarantaine d’hommes d’affaires. Il a relié cette fraude à son scénario de coup d’Etat des Pasdaran pour insinuer qu’il pouvait pendre les « fraudeurs ». Cet avertissement a incité ses associés à accélérer leurs achats. Parallèlement, ce geste a déplu à ses collaborateurs de base (nervis, fonctionnaires, vétérans). Ils ont refusé de participer à une importante mise en scène sécuritaire destinée à intimider le peuple. Le régime a alors changé de direction : il a mis en veille l’affaire de la fraude, il a libéré la moitié des personnes arrêtées et à défaut d’intimider ses associés paniqués, il a diminué la distribution de l’or et du dollar aux revendeurs agréés pour geler la crise et ses pertes. Parallèlement, il a tenté de rassurer ses collaborateurs de base en parlant de grands rassemblements en faveur du Guide à Kermânchâh, région réputée hostile au régime.

L’annonce de nouvelles sanctions européenne affaiblissant davantage les ressource du pays a provoqué une nouvelle panique. Par ailleurs, le régime n’a pas pu apporter la preuve photographique de sa popularité en dehors de Téhéran. La demande de l’or et du dollar est devenue plus forte. En l’absence, de l’or et du dollar en quantité suffisante, les acheteurs se sont orientés vers la bourse de Téhéran pour acheter par avance des pièces d’or non encore émises et livrables dans 1 à 9 mois. L’or livrable dans 1 à 9 mois a augmenté en flèche. L’or livrable pour ce mois a entraîné la hausse du marché gelé par les soins de la banque centrale iranienne. Le régime a d’abord dissimulé à nouveau les infos avant de reconnaître les hausses et entraîner par cette reconnaissance tardive une nouvelle panique et de nouvelles hausses.

Dans cette ambiance électrique, la semaine dernière, les mollahs devaient célébrer la prise en otage de l’ambassade américaine, événement qui leur a permis de chasser du pouvoir les islamistes pro-américains et prendre leur place. Selon le programme, il y avait trois grands rassemblements officiels de jeunes collégiens, symboles de la relève et l’avenir du régime islamique révolutionnaire. Le régime craignait de nouveaux boycotts qui auraient confirmé ses problèmes. La situation a été pire que ce qu’il imaginait car il n’a pas même eu droit à la présence de ses collaborateurs de base (nervis, fonctionnaires, vétérans actifs) qui sont près de 5000 personnes à Téhéran : selon les photos, il n’y avait uniquement 350 personnes à Téhéran et une centaine de personnes à Tabriz !

Il était clair que cette semaine, les associés économiques du régime qui comptent sur cette base allaient être encore plus agités et qu’en conséquence, ils voudraient acheter plus provoquant une nouvelle crise polymorphe à la fois financière et politique.

Par ailleurs, le programme de la semaine était très chargé et fort pénalisant. A partir du dimanche jusqu’à lundi soir, le régime devait organiser de grands rassemblements religieux pour Eyd é Ghorban (fête de sacrifice des moutons). En raison de son incapacité à remplir les mosquées pendant le Ramadan, il ne pouvait pas espérer un succès et craignait que ces deux journées se soldent par des boycotts qui révèleraient la rupture de sa base.

Mardi, après ces deux journées difficiles, l’AIEA devait publier un nouveau rapport très salé laissant supposer des frappes ou de nouvelles sanctions bien pénalisantes…

Jeudi, en fin de semaine, le Guide et l’ensemble des commandants des Pasdaran qui ne commandent que les hauts officiers devaient assister à la parade de la fin d’études des jeunes officiers des Pasdaran. Ils craignaient un boycott très démoralisant. Ils avaient aussi peur d’aller à la rencontre de jeunes gens armés.

Le régime était donc dans une semaine très difficile dominé par la certitude d’échouer. Il a misé sur la propagande et la désinformation pour éviter les problèmes, mais il a collectionné les boycotts et des échecs économiques.

Voici les images qui nous montrent les boycotts qu’il redoutait. En réponse, le régime a reparlé de la fraude bancaire et de nouvelles arrestations tout en évoquant une embellie boursière pour expliquer la ruée vers le marché de la pièce livrable dans 3 à 9 mois. Ce sont des solutions qu’il a jadis utilisées et n’ont pas réussi à l’aider. Voici un nouveau rapport sur une nouvelle semaine de crise pour un régime de plus en plus isolé et de plus en plus brouillon.

14.11.2011

 
Iran : La semaine en images n°194

Au cours des dernières semaines, après le boycott des manifestations officielles et militaires par les jeunes Pasdaran (issus du peuple), les associés économiques du régime, les Âghâ-zâdeh (littéralement fils des maîtres) ont paniqué : ils ont commencé à augmenter leurs achats de pièces d’or, de lingots et de dollars. Ces achats ont fait augmenter les prix de ces produits. La hausse de l’or et du dollar a augmenté le sentiment d’instabilité du régime. Le régime était affaibli par la confirmation de la rupture de ses défenseurs et aussi par l’envie de rupture de ses collaborateurs économiques.

Le régime devait calmer la crise, mais il ne pouvait pas satisfaire la demande car d’une part, il s’agit d’échanger de précieuses devises contre la monnaie iranienne qui ne vaut rien et d’autre part, s’il satisfait la demande, ses associés n’auraient plus de raison de demeurer à ses côtés. Il irait vers l’effondrement. Il a alors inventé une affaire de fraude bancaire et de corruption et a annoncé des arrestations dans les milieux d’affaires pour intimider acheteurs… Il a aussi programmé des pendaisons publiques dans les villes les plus agitées… Mais il est resté dans l’intimidation car toute confrontation entraînerait l’effondrement du système.

Sachant qu’il ne pourrait pas entrer en conflit contre ses associés, le régime a finalement diminué fortement la distribution de pièces en or aux marchands d’or et aussi la distribution de devises à ses 601 agents de changes officiels pour geler la crise et la priver de toute visibilité tout en sauvegardant ses réserves en devises. Cette gestion défensive de la crise a fait diminuer les prix de 5%, mais le manque de devises a donné l’impression d’une banqueroute et a amplifié la panique. En l’absence de pièce d’or et de devises en quantité suffisante, les associés paniqués se sont alors orientés vers l’achat à la bourse de pièces d’or livrables dans 3 à 9 mois, le prix des pièces à venir ont alors augmenté de 18% !

La semaine dernière, la panique a été encore amplifiée suite à l’adoption de nouvelles sanctions européennes car elles peuvent accélérer le mécontentement et provoquer des émeutes alors que le régime n’a plus de défenseurs. La demande a fait exploser les prix malgré les restrictions imposées à la distribution aux revendeurs. Les prix pouvaient paniquer les vieux nervis qui restent aux côtés du régime. Conscient du danger que serait leur rupture, le régime n’a alors rien trouvé de mieux que de nier l’existence de la crise en annonçant des prix moins élevés sur le marché libre ou encore en simulant une situation économique normale voire favorable en évoquant de nombreuses rencontres avec des investisseurs étrangers à l’occasion de plusieurs expositions industrielles. Le dispositif a tenu 3 jours et a volé en éclats quand les prix ont commencé à coller aux taux atteints avant les récentes restrictions.

La révélation des augmentations tenues secrètes a démontré que le régime était dépassé et bien impuissant face à ses associés économiques. Il a alors oublié sa politique de négation de la crise et a commencé une politique de gestion de la crise en diffusant peu à peu les nouvelles de hausse…

Cette semaine, la crise des associés du régime a été amplifiée pour un nouveau motif : l’incapacité prévisible du régime à forcer les écoliers à participer, selon l’usage, aux diverses manifestations de la commémoration de la prise de l’ambassade américaine en 1979.

Le marché a été très nerveux. Le régime a dû accélérer l’allure de ses réajustements. Le cumul important des annonces officielles de reconnaissance des hausses a été vu comme une preuve supplémentaire de son dépassement. C’est pourquoi chaque reconnaissance d’une hausse par le régime a été suivie de nouvelles demandes d’or et de dollars et a entraîné une nouvelle hausse ! Cette semaine, le régime a sans cesse couru après l’info et ses associés paniqués tout en essayant de tricher quand cela était possible. Voici les images d’une semaine de folie, confuse et riche en toutes sortes de manœuvres !

07.11.2011

 
Iran : La semaine en images n°193

Au cours des cinq dernières semaines, le régime a constamment été confronté au boycott de ses cérémonies officielles à caractères militaires par les Pasdaran et les militaires de moins de 40 ans. Ses partenaires économiques, membres exécutifs des clans au pouvoir depuis 30 ans, ont paniqué et comme d’habitude, ils se sont mis à vendre leurs biens pour acheter de l’or et des dollars afin de pouvoir quitter le pays les poches pleines en cas d’une action plus dure de la part des jeunes Pasdaran en rupture avec le régime. Le régime n’arrivait pas à satisfaire la demande disproportionnée de ses associés et ne voulait pas le faire car il serait doublement perdant dans l’opération. D’une part, il devrait échanger ses maigres réserves en devises (nécessaires pour assurer l’approvisionnement en carburants) contre des rials iraniens qui ne valent plus rien et d’autre part, en satisfaisant la demande, il permettrait à ses associés de le lâcher et ainsi accélérer sa chute.

En conséquence, la direction du régime, c’est-à-dire le Conseil de Discernement dirigé par Rafsandjani, mais actuellement dominé par Ali Larijani a fait preuve de fermeté vis-à-vis des associés turbulents en inventant une histoire de fraude bancaire pour arrêter un certain nombre d’entre eux. Il a également limité la vente libre du dollar et de l’or pour rendre invisible la hausse donc la crise. En parallèle, il a mis l’accent sur les pendaisons et ses capacités de répression pour rassurer ses associés paniqués qu’il avait les moyens de rester au pouvoir et assurer leurs intérêts.

Mais personne n’y a cru car plus personne ne voit de déploiements massifs de troupes dans les rues. En dernière instance, le régime a programmé les pendaisons publiques de manière à viser ses associés devenus incontrôlables.

Cette dernière mesure a déplu à tous ses serviteurs, même les plus démunis, qui attendent de la protection de la direction et non sa punition face à leur crainte. Les serviteurs de base qui, deux jours plus tôt, avaient participé à plusieurs mises en scène pour simuler l’existence de troupes de réserves ont refusé de participer à une opération de propagande faisant état de l’utilisation des enfants comme mouchards des forces fidèles au pouvoir. Le régime qui assure sa survie grâce à ce genre de propagande a reculé : pour calmer le jeu, il a fait libérer la moitié des gens arrêtés pour fraude bancaire ; il a aussi cessé les annonces de pendaisons et enfin, pour rassurer il a mis l’accent sur sa popularité en évoquant des mobilisations importantes pour le voyage du Guide dans la région, réputée hostile, de Kermânchâh. Ce changement de propagande n’a pas rassuré les associés du régime car les habitants de la région ont boudé la venue du Guide, le premier jour, il n’y a eu que 800 personnes dans les rues, ce qui annonçait aussi un boycott interne de la part des serviteurs locaux du régime.

Au même moment, Washington, qui veut forcer les mollahs à transférer leurs pouvoirs à ses pions via une révolution de couleur, les a accusé de terrorisme, laissant supposer toutes sortes de menaces, frappes ou sanctions qui pourraient pousser les associés à fuir et le peuple à se soulever, pour que la peur d’une chute fatale incite la direction du régime à accepter sa révolution de couleur.

La semaine dernière, le régime a maintenu la propagande axée sur la popularité du Guide, mais Ali Larijani s’est envolé pour la Suisse pour raisonner Washington d’arrêter car son jeu pourrait être vu comme un feu vert à un changement de régime et inciter le peuple à se soulever. Washington a cessé ses interventions, mais il a passé le flambeau aux Saoudiens et aux Européens. Ces derniers actuellement mis en joue pour les histoires de notations ont accepté de durcir le ton vis-à-vis de Téhéran à la place des Américains en évoquant la possibilité de nouvelles sanctions, un malheur pour les transferts des dollars des associés du régime vers l’étranger. Au lendemain de l’annonce de la possibilité de nouvelles sanctions, l’or s’est à nouveau enflammé et a enregistré une hausse fulgurante de 13%, cette fois du côté du marché à terme des pièces livrables dans 6 mois.

Vendredi dernier, l’UE a adopté de nouvelles sanctions contre le régime. Il était clair que la semaine serait placée sous le signe d’une nouvelle panique et une nouvelle ruée vers l’or. Inquiet, le régime a renoué avec des annonces de pendaisons.

Cette semaine a effectivement connu une extraordinaire flambée de l’or, mais aussi du dollar et ce malgré les grandes restrictions imposées sur leurs transactions sur le marché libre. Mais alors que les associés du régime vivaient une nouvelle crise après les nouvelles sanctions, les médias du régime n’en parlaient pas : il n’y a rien eu sur les nouvelles sanctions et très peu sur la crise de l’or. En revanche, les médias du régime ont longuement évoqué la hausse des primes d’assurance auto !

Avec cette couverture médiatique disproportionnée pour une banalité, le régime a nié l’existence d’une intense crise économique et politique. Ce ne fut pas la seule manœuvre de diversion médiatique de la semaine. Celle-ci a été totalement submergée par des infos banales pour prétendre que tout était normal. Mais puisqu’il n’en était rien, en parallèle, le régime a programmé une pendaison publique pour mercredi (dernière journée de vente sur le marché à terme, donc le jour de toutes les hausses) et il a particulièrement soigné la banalité des gestes des bourreaux pour terroriser tous ses adversaires.

Cette semaine, le régime a aussi reparlé de la fraude bancaire, mais sans arrêter de nouvelles personnes. En niant la crise et en usant de la terreur au lieu de mesure coercitive forte contre ses associés, le régime a admis la force de ses nouveaux adversaires à sa survie. Les images d’une normalité ne laissent pas voir cette nouvelle réalité, mais les images glaçantes de la pendaison le permettent. Voici le récit en images d’une semaine qui n’avait rien de banal.

31.10.2011

 
Iran : La semaine en images n°192

Le contexte global actuel iranien | Il y a deux semaines, le boycott de la « Semaine d’hommages aux Forces de l’Ordre » par les jeunes Pasdaran et militaires a encore confirmé l’isolement des dirigeants et donc l’affaiblissement de leur capacité à maintenir le régime islamique au pouvoir. Comme dans d’autres cas de boycott d’une manifestation officielle par les Pasdaran, la panique a gagné les partenaires économiques du régime. Ces derniers se sont mis à acheter des pièces d’or et des dollars sur le marché libre bien que les prix y soit plus élevé car dans les banques du régime, il faut présenter un papier d’identité, un justificatif pour l’achat avant d’obtenir une enveloppe limitée de dollars (selon les utilisations ou les professions) ou un sachet de 5 pièces (quelle que soit la profession). Lors de cette dernière panique, le prix du dollar a augmenté de manière très spectaculaire malgré les efforts du régime à augmenter l’offre en vidant ses réserves bancaires.

Le régime a perdu des réserves bien précieuses dans l’affaire, on sait aujourd’hui que près de 200 responsables financiers ont aussi quitté le pays. On peut dire qu’en réagissant après les paniques, le régime avait seulement réussi à contribuer lui-même à la dynamique de l’effondrement. Il devait tout reprendre en main. Il a d’abord réduit la distribution du dollar vers le marché libre et pris en main la vente de ce produit pour geler l’agitation et baisser les prix. Il cherchait à limiter la visibilité de la panique de ses associés et à limiter la fonte inquiétante de ses réserves qui avait provoqué la fuite des responsables bancaires. Puis, le régime a inventé une affaire de fraude pour arrêter certains partenaires paniqués enfin, avec des annonces de pendaisons collectives ou encore des annonces de manœuvres de ces miliciens cagoulés, il a mis l’accent sur ses capacités répressives pour effrayer le peuple et ainsi rassurer ses partenaires paniqués.

Mais les images de ces manœuvres ne montraient pas un nombre suffisant de miliciens fidèles, le régime mentait. En conséquence, avec les restrictions imposées au dollar et les arrestations, sa seule vraie pression était sur ses associés paniqués. Ces derniers ont conclu que le régime était très mal-en-point. La panique s’est amplifiée. En l’absence de dollar, ils se sont mis à acheter des pièces en or. La veille, Ispahan a battu les records des achats d’or. Le régime s’est fâché, il a imposé des restrictions au marché de l’or et a programmé 4 pendaisons publiques à Ispahan.

Les partenaires du régime dans leur globalité n’ont pas aimé ce durcissement et ont refusé de l’aider à organiser un show de propagande effrayante insinuant que les enfants travaillaient comme des mouchards des derniers miliciens fidèles pour empêcher tout changement de régime.

Le régime qui se maintient grâce à ce genre de propagande a compris qu’il ne devait pas malmener ses derniers associés du moins tant qu’il n’a pas mis en place des moyens pour brider les éléments turbulents.

La semaine dernière, il a levé le pied sur les pendaisons, il a fait libérer la moitié des personnes arrêtées pour fraude bancaire et enfin il a prédit une mobilisation monstre des kurdes lors du voyage du Guide à Kermânchâh pour insinuer qu’il avait des réserves de fidèles même dans une région réputée hostile et qu’il pouvait sans peine compenser le manque de miliciens par la mobilisation de ses partisans dans les autres régions iraniennes. Mais les habitants de cette région ont boycotté sa venue et le voyage triomphal a tourné au désastre médiatique.

Par ailleurs Washington qui sanctionne les mollahs pour les forcer à céder le pouvoir à ses pions a jugé le moment opportun pour les titiller : il a utilisé le prétexte de l’attentat fomenté par les mollahs pour reparler de l’option militaire. Il s’est cependant gardé de préciser les choses car cela pourrait être vu comme le feu vert à un changement de régime que Washington ne souhaite pas. Mais pour les mollahs, le peu qu’il a fait était déjà trop car ils connaissent le degré d’inflammabilité du peuple iranien, ils se sont montrés indulgents avec Washington pour calmer le jeu. Leurs associés n’ont pas aimé cette reculade, la demande de l’or est restée élevée malgré les efforts du régime pour brider le marché libre.

En dernière instance, en début de cette semaine (que l’on va étudier), l’actuel patron politique du régime, Ali Larijani a quitté le pays en direction de la Suisse pour raisonner la partie américaine. Son geste a plu, la demande de l’or a diminué, le prix a chuté de 3%, un taux que l’ont évalué à 10 à 15% s’il n’y avait pas de restriction dans les transactions financières.

Il y a une semaine, nous avions terminé notre article hebdomadaire sur le sourire de Larijani après la baisse du prix de la pièce d’or. Nous évoquions alors non pas la fin du cauchemar pour le régime, mais notions la lucidité de ses partenaires économiques et financiers, leur juste analyse de la situation et des priorités. Nous disions qu’avec cette acuité dont ils font preuve pour détecter les problèmes, de nouvelles erreurs entraîneraient de nouvelles paniques très importantes. Au lendemain de cette affirmation, l’or s’est à nouveau enflammé et a enregistré une hausse fulgurante de 13%, cette fois du côté du marché à terme des pièces livrables dans 3 à 9 mois. Le régime avait fait une erreur. Il a renoué avec les annonces de pendaisons !

Ce présent numéro de la semaine en images nous montre, jour après jour, ce que le régime a fait ou mal fait pour provoquer cette nouvelle crise interne. Vous pouvez vous faire une bonne idée sur son état de santé économique et psychologique.

24.10.2011

 
Iran : La semaine en images n°191

Au cours des derniers mois, les Pasdaran, les Bassidjis et les militaires oont sans cesse boycotté les rassemblements ou événements officiels en l’honneur du régime, son fondateur, ses héros et même en l’honneur de l’islam. Chaque boycott a été suivi par un mouvement de panique chez les partenaires du régime : ils se sont, à chaque fois, mis à acheter de l’or ou des dollars pour préparer leur fuite en cas d’une action hostile des miliciens en rupture avec le régime.

Le régime a ainsi été confronté à deux mouvements d’affaiblissement. Il a décidé de punir les miliciens dissidents et mettre en avant sa capacité de répression pour rassurer ses partenaires encore fidèles. Cela n’a pas été suffisant : il a été obligé de menacer les partenaires paniqués, mais sans provoquer leur fuite. Il avait alors incendié le Bazar qui n’est pas leur centre d’affaires, mais un centre vulnérable. Cela n’a pas rassuré ses partenaires paniqués et a en plus provoqué une grève au Bazar qui perdure depuis deux mois.

Finalement, après d’autres boycotts de la part des Pasdaran, le régime a inventé une affaire de fraude bancaire pour attaquer les partenaires paniqués devenus incontrôlables qui par leur agitation peuvent précipiter sa chute. Il a aussi mis en valeur sa capacité de répression et l’existence de réserves de partisans chez les plus défavorisés pour rassurer les partenaires encore fidèles. Mais à chaque fois, il n’avait aucune photo susceptible de prouver ses annonces. Les partenaires du régime ont continué à acheter des dollars au point que cette devise n’a cessé d’augmenter malgré la multiplication par 30 de l’offre de la banque centrale pour brider des hausses hebdomadaires de 15%. Il y a deux semaines, la hausse malgré l’augmentation de l’offre, a atteint les 30%.

On était alors à la veille d’une enième panique en raison du boycott prévisible de la « Semaine d’hommages aux Forces de l’Ordre », le régime n’a alors pas trouvé mieux que de retirer le dollar du marché pour diminuer la visibilité de la panique ou d’annoncer une vingtaine d’arrestations chez ses partenaires paniqués pour intimider les partenaires affolés. Il avait aussi multiplié les annonces quasi quotidiennes de pendaisons collectives dans toutes les provinces pour rassurer les mêmes partenaires quant à sa force de frappe nationale et donc les moyens suffisants pour demeurer au pouvoir. Ces opérations défensives n’avaient pas convaincu ses partenaires paniqués : en l’absence de dollar, ils s’étaient mis à acheter des pièces d’or notamment à Ispahan. En réponse, le régime avait programmé des pendaisons à Ispahan. La pendaison qui était un moyen de rassurer ses partenaires est ainsi devenue un moyen d’intimider ces derniers.

L’utilisation de la pendaison pour intimider les siens a amplifié les craintes de ses partenaires. Ils ont continué à acheter de l’or dans des proportions très importantes. Le régime avait alors déployé les retraités de son camp pour simuler la création d’une nouvelle force coercitive de 31,000 membres. L’absence de photos authentifiant ce nombre impressionnant avait mis en évidence qu’il mentait. La crise est devenue plus forte.

Cette semaine, le régime avait encore à son programme quelques jours consacrés à la « Semaine d’hommages aux Forces de l’Ordre » donc encore un problème de boycott et de crise due à la confirmation de sa vulnérabilité. Il devait aussi organiser partout en Iran et plus particulièrement à Machad, l’anniversaire de l’Imam Reza, la grande figure locale du chiisme. Mais au vu du boycott des mosquées pendant le Ramadan surtout à Machad, il n’était guère optimiste. La pression était double.

Dans ce contexte globalement négatif pour sa légitimité politique et religieuse, samedi (le premier jour de la semaine en Iran), le régime a commencé la semaine sur une attaque avec l’annonce de 4 pendaisons publiques à Ispahan, seconde capitale iranienne de panique post-boycott. Il était donc certain qu’il allait être boycotté et désavoué, il était incapable d’éviter le boycott, il cherchait à limiter ses effets. Mais ce nouveau cas d’utilisation de la pendaison contre ses partenaires paniqués a érigé tous ses partenaires ou serviteurs en ennemis. C’est pourquoi, le même jour, personne n’a aidé le régime à organiser sa version de la journée internationale de l’enfance mettant l’accent sur le soutien de leurs enfants aux commandos cagoulés chargés d’éliminer toutes menaces contre le régime. Les hommes cagoulés, derniers espoirs du régime, et le régime qu’ils représentent se sont retrouvés bien seuls.

Cette semaine a donc commencé par une défaite qui a montré au régime sa dépendance à ses derniers partenaires. La pression est montée d’un cran. Le régime a reculé. Il a levé le pied sur les pendaisons et a déplacé les pendaisons publiques programmées à Ispahan vers une petite ville de la banlieue de cette ville pour diminuer leur visibilité sans perdre la face. Puisqu’il lui fallait se réconcilier avec ses partenaires, il a aussi mis la sourdine sur l’affaire des fraudes. Mais dans le même temps, il devait rassurer les siens sur sa capacité répressive : les commandants qui lui restent fidèles et l’unité des dirigeants. Enfin, il a également programmé des voyages officiels pour le Guide alors qu’il évite de sortir par la peur que lui inspire la rue sans l’apport protecteur des Pasdaran. Ce choix a augmenté l’anxiété du régime. Bref, cette semaine, il était bien sous pression, entre la nécessité d’être prudent et la nécessité de prendre des risques.

Washington qui fait pression sur les mollahs pour qu’ils transfèrent leurs pouvoirs vers ses pions a jugé le moment opportun d’augmenter la pression (avec l’affaire de l’attentat) pour les secouer. Les mollahs ne pouvaient pas prendre le risque de s’enflammer alors que chacun connaît leur manque de puissance suite à la rupture des Pasdaran. Ils sont donc restés zen avec un minimum d’agressivité pour ne pas paraître dépassés donc encore une fois dans un équilibre incertain entre la prudence et la prises de risque. On peut donc parler d’une sale semaine chez les mollahs paniqués. Ce long numéro 191 de la semaine en images vous montre en détail cette semaine tortueuse et bien pénible pour les mollahs.

17.10.2011

 
Iran : La semaine en images n°190

Il y a une dizaine de jour, les Pasdaran, les Bassidjis et les militaires actifs ont massivement boycotté le défilé militaire de la Défense Sacrée de la Révolution islamique (lors de la guerre Iran-Irak). Puis, il y a une semaine, les Pasdaran, les Bassidjis et les militaires actifs et en retraite ont boycotté les rassemblements prévus pour célébrer cette même Défense Sacrée de la Révolution islamique et ses acteurs, les Pasdaran vétérans.

Les Pasdaran, les Bassidjis et les militaires ont ainsi confirmé leur rupture d’avec le régime et ses références essentielles laissant ainsi voir plus clairement l’isolement de la caste dirigeante et la vulnérabilité du régime.

Les partenaires économiques du régime et les derniers éléments fidèles au sein des forces armées se sont inquiétés : comme après chaque boycott de ce genre, ils se sont mis à acheter des pièces d’or et des devises, en particulier des dollars, pour être prêts à quitter le navire au cas où les choses iraient plus mal. Les taux de l’or et du dollar ont atteint des niveaux jamais atteints et ont à leur tour amplifié la crise de confiance entre les composants du régime et ses dirigeants. Ces derniers devaient calmer le jeu et restaurer leur autorité pour regagner la confiance de leurs partenaires économiques ou sécuritaires.

En réponse, le régime a inventé une affaire de détournement de fonds publics par certains hommes d’affaires pour se donner les moyens de punir ses partenaires paniqués qui par leur comportement étaient en train de provoquer son effondrement. Parallèlement, il a multiplié les annonces de rassemblements de vétérans et des manœuvres de tous les militaires actifs sous un commandement unifié pour restaurer son autorité et rassurer tous ses partenaires.

Mais à chaque fois, le pouvoir (actuellement dominé par le clan Larijani) n’a pu produire les images capables d’authentifier ce qu’il annonçait. De plus, la menace d’arrestations pour le détournement n’a pas calmé ses partenaires paniqués. Le pouvoir devait se montrer plus menaçant. Par des rumeurs savamment diffusées, il a alors laissé entendre que les coupables étaient liés au projet du Coup d’Etat des Pasdaran en faveur d’Ahmadinejad.

Or, cette affaire avait été inventée par les Larijani pour ternir l’image des Pasdaran hostiles au régime, mais aussi pour éliminer Ahmadinejad, le méchant officiel du clan Rafsandjani, afin d’affaiblir durablement ce clan détesté par les Larijani. C’est pourquoi chacun a oublié le message subliminal souhaité par les Larijani et a uniquement pensé au démarrage d’une nouvelle guerre interne entre les clans Larijani et Rafsandjani. La crise financière et politique s’est amplifiée, le dollar a battu tous les records de hausse.

Cette semaine, les choses pouvaient s’aggraver à partir du 5 octobre par la faute d’un nouveau boycott des Pasdaran à l’occasion des rassemblements prévus pour la Semaine d’hommages aux Forces de l’Ordre.

C’est pourquoi dès le premier jour de la semaine, samedi 1er octobre, les Larijani sont intervenus pour calmer le jeu afin de ne garder que le détournement financier et pouvoir ainsi intimider ou arrêter les associés paniqués sans provoquer de nouvelles crises périphériques.

Mais il ne suffisait pas d’éviter de nouvelles crises périphériques provoquées par ses erreurs, le régime devait dissimuler le boycott ou minimiser ses effets déstabilisateurs. Il devait également se montrer fort ou intimidant pour convaincre ses partenaires qu’il a les moyens de rester au pouvoir et assurer leurs intérêts.

Pour minimiser le boycott, le régime a organisé une conférence de soutien au Hamas et à l’Intifada pour rassurer les siens avec sa capacité d’enflammer la région. Pour se montrer fort, il a augmenté sa propagande sécuritaire et a changé l’architecture des mises en scène de ses rassemblements. Il a réparti ses troupes au lieu de les concentrer. Cette semaine, le régime a également misé sur des annonces quasi quotidiennes de pendaisons publiques ou collectives pour rassurer ses fidèles qu’il avait les moyens de se maintenir en place, grâce à la terreur.

La hausse permanente du taux de l’or laisse supposer que le régime n’est pas parvenu à rassurer les siens avec sa propagande ou ses annonces morbides. Les photos de la semaine vous montrent ce qui n’allait pas dans les diverses initiatives du régime et a convaincu ses derniers soldats de douter de sa viabilité. Voici les images d’une double dérive (celle du régime qui ne trouve pas la recette pour convaincre et celle de ses associés qui à chaque erreur pensent un peu plus fort à prendre le large).

10.10.2011

 
Iran : La semaine en images n°189

Il y a exactement une semaine, le jeudi 22 septembre, le régime devait organiser des grands défilés militaires dans tout le pays pour la journée de la Défense Sacrée de la Révolution islamique, en référence à la guerre Iran-Irak qui est décrite comme une action décidée par les sionistes pour anéantir la révolution islamique bien que cette guerre fut provoquée par le régime lui-même pour exporter son modèle politique. A l’occasion de cette journée, le régime a diffusé des images d’archives de défilés militaires, preuve que les Pasdaran, les Bassidjis et les militaires avaient boycotté cette journée.

Il y a un mois, les mêmes miliciens avaient boycotté le Ramadan et bien avant cela, le 12 février et le 15 mars dernier, ils avaient boycotté l’anniversaire de la révolution islamique et avaient également refusé de réprimer une grande manifestation pro-laïque et franchement anti-islamique. Ces actions hostiles au régime avaient paniqué ses associés et ses derniers collaborateurs. Les associés fortunés avaient alors vendu leurs actions pour acheter de l’or et des dollars en vue de préparer leur fuite. Puis ce fut le tour des collaborateurs de base (les derniers miliciens fidèles) de se ruer vers l’or et le dollar. Le boycott de la semaine dernière a accéléré cette tendance et provoqué un début de fuites parmi les associés fortunés du régime.

Cette semaine, les dirigeants devaient se montrer fermes vis-à-vis de leurs associés et collaborateurs tentés par la fuite et par ailleurs, ils devaient se montrer capables de rester en place et capables d’assurer leur sécurité pour regagner leur confiance. Ils devaient intimider leurs associés et les rassurer en même temps. Ils ont d’abord parlé de la possibilité de nouvelles pendaisons publiques pour intimider le peuple, mais en raison d’un manque de volontaires pour ce genre de mission à risque, les dirigeants ont diffusé des images d’archives pour évoquer l’existence de partisans zélotes ou de commandos spéciaux anti-terroristes en train de neutraliser des émeutiers.

Ces épouvantails en carton n’ont pas calmé la crise, le régime a dû se lancer dans d’autres actions d’intimidations mesurées contre ces associés et collaborateurs notamment en relançant une fausse affaire de détournement bancaire qui était en stand-by pour intimider les grandes fortunes tentées par la fuite.

Par ailleurs, après la passivité affichée par les Pasdaran, le régime avait parlé d’un coup d’Etat des Pasdaran en citant les noms de proches d’Ahmadinejad (donc issus du clan Rafsandjani) pour laisser supposer que les miliciens dissidents ne roulaient pas pour le peuple, mais pour eux-mêmes. Cette semaine, des rumeurs ont reparlé de ce coup d’Etat et des personnages qui l’incarnaient. Les médias du régime ont lié ce coup d’Etat au détournement d’argent associant les alliés paniqués du régime à un crime passible de la peine de mort ! Pour laisser les rumeurs faire leurs effets, le chef du pouvoir judiciaire (Sadegh Larijani, frère du patron du régime Ali Larijani) s’est tu.

Ce silence a faussé le jeu : certains collaborateurs du régime y ont vu le démarrage de la guerre interne qui avait opposé le clan Larijani au clan Rafsandjani. La possibilité d’une guerre interne suivie d’une purge à un moment où le régime bat de l’aile a provoqué une nouvelle panique. Le régime a annoncé des non-lieux contre certains accusés pour sortir de la nouvelle crise provoquée par la mise en scène censée intimider et calmer ses associés paniqués.

Mais cette semaine, les dirigeants du régime n’étaient pas uniquement malmenés par la dissidence des Pasdaran, la panique de leurs derniers associés et leurs propres bêtises. Washington a jugé le moment opportun pour annoncer de nouvelles sanctions contre eux pour les forcer à transférer enfin leurs pouvoirs vers ses pions. En réponse à ce genre de pics, Téhéran se lance habituellement dans des menaces de guerre pour insinuer le risque de fortes perturbations pour l’approvisionnement pétrolier américain, mais il est à chaque fois privé des effets de ses provocations car Washington les esquive pour rester dans sa logique de guerre d’usure économique. Cette fois, Téhéran a annoncé l’envoi de navires de guerre au large des Etats-Unis afin d’empêcher ce jeu d’esquive. Washington a pouffé de rire, Téhéran devait réagir, mais empêtré dans la crise provoquée par ses plans compliqués, il a oublié de répondre correctement. On peut dire que la semaine des mollahs était bien chargée et bien brouillonne.

Les images de la semaine qui sont faites par les agences officielles de presse ne peuvent pas nous montrer les manipulateurs du régime en train de fabriquer les rumeurs ou concevoir la réplique aux situations qu’ils n’avaient pas imaginées faute de temps et à cause du nombre d’échecs inattendus qui leur tombent dessus de toutes parts. Ces images officielles ne montrent pas non plus les queues pour acheter de l’or et des dollars.

En revanche, ces images montrent les différents cas de boycott de la semaine de la Défense Sacrée de la Révolution, boycotts qui ont déclenché la présente crise interne du régime et poussé les mollahs à imaginer en toute hâte des solutions inabouties. Les images de la semaine laissent voir les échecs du régime et sa perte de crédibilité auprès de ses derniers espoirs.

03.10.2011

 
Iran : La semaine en images n°188

Au cours du dernier mois, lors du Ramadan, les mosquées iraniennes sont restées totalement vides alors que le régime dispose officiellement de 500,000 Pasdaran ou Bassidjis, 80,000 membres engagés dans le clergé. Les mosquées vides sont devenues la preuve que le peuple tout entier rejette le système islamique, le régime se résume désormais à ses 130 dirigeants, les 20,000 membres de leurs familles qui monopolisent les affaires et un nombre restreint d’agents de terrain (pas assez pour surveiller les 130 membres de la caste dirigeante et leurs associés tout en remplissant les mosquées pour sauver les apparences).

Le boycott des mosquées a permis de révéler la vulnérabilité du régime. Ses (20,000) associés affairistes ont commencé à prendre leur distance. Ils pouvaient fuir le pays, aller vers le peuple ou encore pactiser avec Washington qui sanctionne le pays depuis des années pour obtenir un transfert des pouvoirs vers ses propres pions islamistes.

Face à cette triple menace, la caste dirigeante a d’abord choisi de faire des annonces sécuritaires pour intimider ses adversaires et rassurer ses associés. Mais l’absence de déploiement du peu d’agents dont il dispose a fait tomber à l’eau sa propagande. La caste dirigeante a arrêté cette propagande et s’est mise à menacer Washington d’une guerre régionale contre ses alliés pour l’amener à reculer afin d’éliminer une des menaces qui pèsent sur elle. Washington a esquivé les provocations pour rester dans sa logique de guerre d’usure économique. La caste dirigeante a dû arrêter ses provocations pour ne pas mettre en valeur son impuissance à résoudre ses problèmes de cette manière.

Il y a deux semaines, elle a alors décidé d’organiser une agitation politique sur un thème écologique fédérateur pour prendre la direction du soulèvement désormais possible tout en infiltrant l’opposition naissante pour reconnaître et éliminer ses meneurs. Le peuple a boycotté cette agitation téléguidée. Le régime est alors revenu à la provocation guerrière, mais la chute d’un avion avait remis en cause sa capacité de frappe.

En conséquence, la semaine dernière, la caste dirigeante s’est repliée sur le thème sécuritaire avec l’annonce effrayante de plusieurs pendaisons collectives et une pendaison publique (une manière d’augmenter la pression sans devoir déployer des troupes qu’il ne commande plus).

La semaine dernière, la caste dirigeante avait également annoncé l’organisation d’une conférence islamiste à Téhéran pour mettre aussi en valeur ses liens avec des mouvements islamistes régionaux afin d’insinuer une forte capacité d’action déstabilisante régionale. Enfin, elle avait aussi annoncé l’organisation de rassemblements insinuant l’existence de réserves de partisans à tous niveaux, en particulier chez les civils de province ou au sein de l’armée et des Pasdaran. Les images de la semaine dernière nous ont montré l’infondé de ces annonces.

Cette semaine, le jeudi 22 septembre, le régime devait célébrer la journée de l’armée. Il était clair qu’on allait voir le manque d’engagement en sa faveur, ses insinuations rassurantes allaient tomber à l’eau et ses associés allaient encore paniquer.

Par ailleurs, un opposant lié à Washington, « Oghab Iran » ou Aigle de l’Iran, avait appelé le peuple à se soulever le vendredi 23 septembre à 19 heures pour parvenir à chasser une partie des dirigeants et former un « nouveau gouvernement » (forcément islamique). La proposition ne pouvait pas plaire au peuple, mais elle était assez claire pour encourager le plus grand nombre possible des associés du régime à changer de camps. Cette proposition pouvait encourager des désistements et entraîner un effondrement interne.

De fait, cette semaine, le grand souci du régime était, encore une fois, ses derniers alliés paniqués, ses maillons faibles qui sont tentés par la fuite ou le changement de camp. En réponse, le régime devait se montrer plus intimidant ou plus complaisant. Il a privilégié une voie médiane basée sur des annonces, comme des « pendaisons publiques applaudies par la foule de ses sympathisants », pour insinuer l’existence de réserves de sympathisants civils tout aussi bien en province qu’à Téhéran, afin de rassurer ses alliés et démoraliser ses adversaires. Les images de la semaine nous révéleront l’infondé de ces insinuations et mettront en valeur le contraire.

25.09.2011

 
Iran : La semaine en images n°187

Au cours du dernier mois, lors du Ramadan, les mosquées iraniennes sont restées totalement vides ce qui a confirmé le rejet non seulement du régime mais de l’islam par la totalité des Iraniens, les gens non liés au pouvoir, mais aussi près de 500,000 Pasdaran, 80,000 membres engagés dans le clergé. Les mosquées vides du Ramadan ont permis de confirmer le manque de partisans, mais aussi d’effectif du régime. Les mosquées vides du Ramadan ont permis de voir que le régime se réduisait à ses 130 dirigeants, les 20,000 membres de leurs familles qui monopolisent les affaires et quelques milliers d’agents de terrain (pas assez pour surveiller les 130 membres de la caste dirigeante et leurs associés tout en remplissant les mosquées pour sauver les apparences).

Les mosquées vides du Ramadan ont pulvérisé les apparences : le régime était vulnérable. Cela ne pouvait que démoraliser ses derniers serviteurs et les encourager à le quitter. Le régime devait se montrer fort pour leur apporter l’assurance qu’il pouvait se maintenir et assurer leurs intérêts (ou leur éviter le pire). Pour rassurer les siens, le régime devait intimider le peuple, mais aussi les dissidents. Par ailleurs, Washington contribue au mécontentement par ses sanctions pour amplifier la menace intérieure et forcer les dirigeants et leurs collaborateurs à céder leurs places à ses pions islamistes bcbg, la caste dirigeante devait aussi casser ce dispositif.

Pour intimider la rue, la caste dirigeante a multiplié les opérations punitives et les annonces d’arrestations de très méchants bandits pour insister sur sa puissance policière. Mais l’absence de déploiement du peu d’agents dont il dispose et qui n’osent pas s’exposer par peur de représailles populaires, a fait tomber à l’eau sa propagande. La caste dirigeante a arrêté cette propagande qui mettait en valeur sa vulnérabilité et pouvait encourager d’autres dissidences. Le régime a commencé à provoquer Washington afin que la crainte d’une guerre affectant le transit du pétrole fasse reculer Washington. Mais ce dernier a esquivé pour rester dans sa logique de guerre d’usure économique. Le régime a dû également arrêter ses provocations guerrières infructueuses pour ne pas mettre en valeur son impuissance à résoudre les problèmes.

Sa dernière solution a été d’organiser une agitation politique (autour d’un lac en danger) pour prendre la direction des slogans tout en infiltrant l’opposition pour reconnaître et éliminer ses meneurs. Des voix anonymes, mais proches du Mouvement Vert, opposition officielle partisane de réformes et non d’un changement de régime, ont fait un battage hors du commun invitant le peuple à saisir l’occasion du match entre Téhéran et Tabriz (ville voisine du lac d’Oroumieh) pour lancer des manifestations.

Mais vendredi dernier, le peuple s’est gardé de suivre les consignes de cette fausse opposition et a fait échouer l’ultime plan censé sauver le régime ou limiter les dégâts. Le régime devait modifier son projet pour qu’il fonctionne.

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19.09.2011

 
Iran : La semaine en images n°186

La semaine dernière, les Iraniens ont massivement boycotté les prières collectives et publiques de l’Aïd Fetr, le régime a une nouvelle fois été confronté à son isolement et son manque de partisans. Par le passé, d’autres boycotts de même importance avaient provoqué de grandes vagues de panique chez ses collaborateurs et ses associés économiques : ils s’étaient alors rués vers les banques pour acheter des dollars ou de l’or, vidant les réserves bancaires du régime. Pour éviter une nouvelle panique, le régime devait rassurer les siens : il a réanimé la fausse opposition interne, le Mouvement Vert, et a inventé une « cause à défendre », le sauvetage du lac salé d’Oroumieh (en Azerbaïdjan), pour incruster ses pions dans le jeu. Mais au bout de quelques jours, en l’absence de manifestations spontanées malgré le tapage médiatique orchestrés par ses médias en Iran ou à l’étranger, cette semaine, le régime est revenu à une politique plus simple : il a attaqué le Kurdistan Irakien pour provoquer Washington pour le pousser à lâcher ses sanctions.

Washington qui a besoin de ses sanctions pour forcer les mollahs et leurs associés à céder leurs pouvoirs à ses pions a esquivé cette provocation. Les mollahs ont lâché le bombardement du Kurdistan irakien pour revenir à leur plan Vert en diffusant des rumeurs alarmantes sur des arrestations de jeunes manifestants à Oroumieh pour inciter des manifestations spontanées et à défaut, un groupe inconnu a proposé de transformer en manifestation le match du vendredi 9 septembre au stade Azadi entre Esteghlal (de Téhéran) et Traktor Sazi (de Tabriz) en manifestation.

En fait, les matches entre ces équipes sont toujours accompagnés d’affrontements qui sont de nature à fournir de bonnes images faciles à exploiter pour simuler un soutien du peuple au Mouvement Vert. Mais ce match qui peut être qualifié d’événement de la semaine n’a pas eu lieu selon les attentes du régime : il n’y a pas eu les slogans attendus par le régime. De facto, le régime a perdu son « match » et a été amené à changer rapidement et pour la troisième fois en une semaine sa politique intérieure pour ne pas continuer une approche qui ne pouvait pas rassurer ses derniers partisans.

La semaine a d’ailleurs été ponctuée par d’autres revirements. Le régime a essayé tout et n’importe quoi, corrigeant une erreur par une approche inédite et hasardeuse. Voici les images d’une semaine d’erreurs et d’approximations qui font état d’un manque de lucidité chez les mollahs sonnés par leurs échecs et le boycott des Iraniens. Voici les images d’une semaine d’erreurs et d’approximations d’un régime qui n’a plus droit à l’erreur.

13.09.2011

 
Iran : La semaine en images n°185

Cette semaine finissait le mois de Ramadan qui a été marqué par le boycott massif des mosquées et des rassemblements officiels par le peuple, un mois qui a clairement démontré la chute de la popularité de l’Islam en Iran, mais aussi l’isolement de la caste dirigeante. Ce double rejet et le manque de mesures punitives par le régime ont paniqué ses derniers partisans. Ils se sont mis à s’éloigner du régime et à acheter des devises ou de l’or pour préparer leur fuite. Pour apaiser leurs craintes, le régime devait se montrer fort : il a fait de nombreuses annonces d’arrestations, mais personne n’y a cru car il ne déployait pas ses soi-disant forces dans les rues.

Il y a une semaine, le vendredi 26 août, à l’occasion de la Journée de Qods, le régime comptait rassurer et motiver ses partisans paniqués et il comptait démoraliser ou démotiver le peuple en diffusant une avalanche d’images des manifestations des années précédentes, mais un ciel gris a contrarié ses plans.

Cette semaine, le calvaire des mollahs a continué en pire car au moment de l’Aïd Fetr, des pluies torrentielles se sont abattues sur Téhéran, le transformant en piscine géante, les privant de l’usage des lieux publics et de la diffusion des dizaines de photos de rassemblements religieux ensoleillés qu’ils ont en stock. Pas de panique, d’un commun accord, les mollahs ont décrété que leurs experts n’avaient pas vu la nouvelle lune, il fallait donc l’attendre (ou plutôt qu’un ciel plus estival et des rues plus sèches pour pouvoir diffuser des images d’archives). Le régime a avoué qu’il n’attendait rien du peuple ou de ses derniers serviteurs.

Commença alors une longue attente : les mollahs avaient un œil rivé sur le ciel trop gris, un autre œil sur les rues trop inondées, un troisième œil sur la base paniquée, un quatrième sur le marché de l’or… La semaine a été placée sous le signe de l’inquiétude et de l’attentisme, un mélange de peur et de prudence qui a forcé les mollahs à limiter les sorties. Voici les images d’une semaine orageuse d’avaries tout aussi bien météorologiques que politiques... Un vrai régal !

04.09.2011

 
Iran : La semaine en images n°184

Au cours des dernières semaines, tout particulièrement à l’occasion du Ramadan, les mosquées devaient être pleines, mais elles sont restées vides. Le peuple iranien, mais aussi le personnel du régime (près de 500,000 Pasdaran et 80,000 membres du clergé) ainsi que des dizaines de milliers de Bazaris avaient boycotté les mosquées. Ce mois qui devait rappeler la religiosité des Iraniens et par conséquent leur attachement au système islamique, a démontré leur rejet de l’islam et du régime des mollahs. Le boycott a rappelé l’isolement de la caste dirigeante. Les Businessmen issus du régime ont conclu que ce dernier ne pouvait plus assurer sa survie et leurs intérêts. Ils ont commencé à prendre leur distance pour ne pas couler avec le régime. La caste dirigeante qui a mis l’accent sur ses capacités sécuritaires pour les rassurer, mais en l’absence d’un déploiement policier dans les rues, personne n’a cru le régime.

Lors de la 3e semaine du Ramadan, le régime a intensifié sa propagande sécuritaire et a misé sur le retour rassurant de la vieille garde afin de remplir les mosquées à partir du 19e jour du Ramadan (le vendredi 19 août) pour les 3 Nuits de Gratitude célébrant l’inspiration du Coran à Mahomet, puis pour les nuits de deuil à l’occasion de l’anniversaire de l’assassinat d’Ali, le fondateur du chiisme.

Mais encore une fois, en l’absence d’un déploiement policier dans les rues, le régime n’a pas su intimider le peuple ou inciter les siens à se mobiliser lors de la première des 3 Nuits de Gratitude, la mobilisation a été inférieure à 1000 personnes dans tout l’Iran. La troisième semaine s’est terminée sur une note très déprimante. Les dirigeants n’ont pas osé s’exposer dans les mosquées.

La très faible mobilisation de la première Nuit de Gratitude annonçait également un boycott des rassemblements programmés lors de la quatrième semaine du Ramadan dont la Journée de Qods qui au dernier vendredi du Ramadan doit marquer l’attachement du peuple au régime à travers son adhésion à son projet de destruction d’Israël. Le régime ne pouvait rien espérer car en 2010, les Iraniens ainsi que les Pasdaran, le clergé et les Bazaris avaient massivement boycotté cette journée de Qods.

La semaine a commencé sous le signe de la peur. Le régime a annulé les commémorations avant de changer d’avis et se focaliser sur une propagande religieuse imaginative insinuant une forte mobilisation voire le débordement des mosquées. Ce qui l’a amené à maquiller les images prises avec le peu de partisans qui lui reste.

En fin de semaine, lors de la journée de Qods, le régime a eu un malheur supplémentaire : le ciel était gris et pluvieux alors que le soleil brille à ce moment de l’année : il ne pouvait pas utiliser les images d’archives des années fastes du début de la révolution quand il bénéficiait du soutien des Pasdaran. Il a été amené à faire d’autres maquillages grossiers des images dont il disposait.

Voici les images d’une semaine cafouilleuse marquée par de petites tricheries pour dissimuler de très grands problèmes, images qui évoquent les limites du régime, images qui vont déprimer davantage ses derniers partisans.

29.08.2011

 
Iran : La semaine en images n°183

La semaine dernière et la précédente, les deux premières semaines de Ramadan, le régime islamique a été incapable de remplir les mosquées : ce fait a confirmé qu’il ne recevait plus le soutien du peuple ou encore celui des Pasdaran, les religieux de base ou encore les Bazaris traditionnels. Le boycott des mosquées a convaincu les derniers partisans du régime qu’ils devaient penser à prendre leurs distances avec la caste dirigeante : ils ont à leur tour boudé les manifestations officielles.

Pour récupérer ces gens dont la rupture équivaudrait à l’effondrement de leur régime, les mollahs ont montré les muscles et proposé des cadeaux sans parvenir à inverser la tendance.

Cette semaine, la troisième semaine de Ramadan, leur anxiété est montée d’un cran car selon les légendes, la 19ème nuit du Ramadan, Dieu a inspiré le coran à Mahomet et les musulmans sont tenus de se rendre massivement dans les mosquées pour trois nuits de prières non-stop appelées, Nuits de gratitude. Les mollahs devaient venir à bout du boycott pour la première Nuit de Gratitude (qui avait lieu ce vendredi 19 août) car dans le cas contraire ils seraient des religieux à la tête d’un peuple qui ne l’est plus et ne pourraient réclamer le droit de rester au pouvoir. Le régime a cherché à regagner les alliés perdus ces dernières semaines en cherchant un sauveur !

Les images de la semaine nous mènent sur les chemins de cette quête impossible et vers les choix qui n’ont pas su convaincre leurs alliés perdus. On verra les manoeuvres des mollahs ainsi que leurs mensonges ou leurs mises en scène pour insinuer leur puissance et leur popularité. Les mollahs ont eu fort à faire et peu de succès. Voici une semaine riche en images et, encore une fois, placée sous le signe du surmenage et de l’épuisement.

22.08.2011

 
Iran : La semaine en images n°182

Depuis plusieurs mois, les Bazaris et les officiers des Pasdaran ont rompu avec le régime. La semaine dernière, au début du Ramadan, par leur faute, les mosquées sont restées vides. Ce vide a confirmé la rupture des associés historiques du régime et l’isolement de la caste dirigeante.

Les Iraniens en ont profité pour boycotter à leur tour le Ramadan et les divers rassemblements religieux officiels. Les associés affairistes du régime (à ne pas confondre avec les Bazaris) ont conclu que le régime était fini, ils ont boudé les rassemblements autour des hauts personnages du régime en particulier le Guide.

Très inquiet par l’éventualité de cette dernière rupture interne qui peut s’avérer fatale, le régime a constamment nié le boycott populaire et également mis l’accent sur la répression pour contenir le peuple. Il a aussi incendié le plus grand entrepôt du Bazar pour insinuer qu’il pourrait réserver un pareil traitement à ses associés infidèles avant de leur annoncer de grands cadeaux commerciaux pour jouer l’apaisement et l’arrangement. Ces efforts sont restés vains car le boycott a continué, l’activité commerciale n’a pas décollé et en plus, les marchands de tissus, principaux acteurs de l’économie iranienne, qui avaient payé pour les associés du régime, se sont mis en grève entraînant derrière eux l’arrêt des ateliers de confection et de divers partenaires du secteur.

Cette semaine, la grève de ces Bazaris a continué (notamment en raison du poids économique, mais aussi politique depuis une centaine d’années des marchands de tissus et le mécontentement des autres Bazaris vis-à-vis de la gestion désastreuse des mollahs). Cette semaine, les mosquées sont également restées vides. En conséquence, le régime a repris les mêmes efforts de la semaine dernière mais dans de plus grandes proportions : plus d’annonces d’arrestations intimidantes et d’actions policières, mais aussi plus de cadeaux commerciaux. Les images de la semaine nous montrent la fausseté des annonces intimidantes et en conséquence, la poursuite du boycott au sein du peuple, mais aussi sa propagation chez ceux du régime qui ne croient plus en sa capacité à assurer leurs intérêts. Voici les images d’une semaine placée sous le signe d’une plus grande déstabilisation pour les mollahs.

14.08.2011

 
Iran : La semaine en images n°181

Depuis des semaines, nous vous exposons les images qui montrent le boycott par le peuple des manifestations officielles du régime, mais aussi les Pasdaran, le clergé de base et les Bazaris traditionnels (à ne pas confondre avec les affairistes du régime et membres des familles au pouvoir). Ce boycott qui exprime un ras-le-bol général a condamné le régime et paniqué ses associés affairistes peu enclins à se battre. Ces derniers ont commencé à vendre leurs actions après chaque boycott pour acheter de l’or et des dollars en vue de préparer leur fuite.

De fait, le régime s’est retrouvé avec la hantise des manifestations officielles. Il a cru qu’il pouvait éviter la panique provoquée par les boycotts en évitant de se focaliser sur ses repères créés pour mettre en valeur sa légitimité populaire. La ruse n’a pas fonctionné. Il a dû revenir à ses fausses annonces de participation massive, annonces qui n’ont pas su convaincre ses associés bien informés. Très récemment, ces derniers ont soldé leurs actions et acheté assez de devises ou d’or pour quitter le pays au moment où ils jugeront le régime incapable d’assurer sa survie et leurs intérêts.

Cette semaine, à l’occasion du Ramadan et devant l’obligation d’organiser des manifestations officielles, le régime a été mis face au risque de nouveaux boycotts confirmant sa faiblesse. Pour éviter cette confirmation susceptible d’encourager la fuite de ses associés paniqués, il a limité au maximum l’organisation de prières et de dîners géants autour des dirigeants ou dans les mosquées.

Avec la chute de sa capacité de répression, il était aussi face à un boycott délibéré et contestataire du jeûne du Ramadan par tous les Iraniens : il a renoncé à sa promesse de répression médiatisée des « mangeurs du Ramadan ». Dès lors, il a multiplié les diversions médiatiques pour occuper l’esprit du peuple et de ses associés afin qu’ils ne remarquent pas ses arrangements pour dissimuler son isolement. Voici les images d’une semaine de boycott et de malaise.

08.08.2011

 
Iran : La semaine en images n°180

La grande actualité de la semaine a été le bombardement du Kurdistan irakien par les mollahs. Cet acte de guerre n’a guère provoqué de réaction à Washington ou dans notre vieille Europe ou encore à Paris où le maire socialiste aime tant le Kurdistan. Ce silence n’est pas dû à un mépris soudain pour les Irakiens ou au surplus d’activités municipales pour cause de Paris plage, mais au fait que Téhéran cherchait à provoquer une escalade militaire avec les Américains afin que le risque d’une guerre dans cette zone très pétrolière oblige Washington (mais aussi ses alliés Européens tout aussi dépendants du pétrole) à cesser leurs sanctions à son égard.

Le silence délibéré des Américains et de leurs alliés européens a anéanti toute possibilité de provoquer l’escalade tactique souhaitée par les mollahs. Ces derniers ont compris qu’ils ne parviendraient pas à se débarrasser des sanctions : ils ont intensifié les tirs de canon, mais ils ont aussi multiplié les rencontres avec leurs associés économiques pour diffuser une propagande financière et sociale rassurante insinuant que tout allait bien ! Les gens ciblés (les derniers remparts du régime) n’y ont pas cru : les images de la semaine nous montrent des conférences dépeuplées et des dirigeants blêmes de constater que leurs derniers remparts et partenaires ne les voient pas capables de surmonter les problèmes et de garder le pouvoir. Voici les images d’une semaine de déceptions bilatérales.

31.07.2011

 
Iran : La semaine en images n°179

Depuis toujours, nous parlons de la politique américaine de sanction et de dialogue conçue pour affaiblir les mollahs et leurs associés afin de les amener à céder les pouvoirs politiques et économiques aux pions américains pour permettre à Washington de contrôler un Etat intégriste et agitateur pour pouvoir déstabiliser l’Asie Centrale chinoise.

Au cours des dernières semaines, le refus catégorique de mollahs et de leurs associés, quels que soient les sanctions ou les compromis américains, a entraîné la rupture des militaires et des jeunes Pasdaran. Cette rupture a en quelque sorte condamné le régime : ses associés ont paniqué et se sont mis à brader leurs actions et leurs biens pour acheter de l’or et des dollars en vue de préparer leur fuite. Les mollahs se sont mis à menacer Washington pour provoquer une escalade guerrière susceptible de le faire reculer. Leurs échecs avaient accéléré la frénésie des transactions…

La semaine dernière, cette agitation interne a provoqué l’effondrement de la bourse de Téhéran : les associés ont fini par vendre toutes leurs actions. Le régime a évoqué la création d’une bourse iranienne du pétrole pour s’enrichir tout en provoquant une hausse du baril pour faire reculer Washington, mais personne ne l’a pris au sérieux. Il a fini par annoncer son ouverture à un dialogue équitable avec Washington : il espérait utiliser la réponse positive de Washington pour rassurer ses associés paniqués.

Samedi dernier, Washington a accepté l’offre en envoyant le président pakistanais en Iran avec un contrat-cadeau d’achat gazier d’une valeur d’1 milliard de dollars. Mais en l’absence de résultats, le président pakistanais a annoncé qu’il ne réglerait plus ses factures en dollars, mais en rial iranien (qui ne vaut rien), privant les mollahs d’une de leurs dernières sources de devises. Le régime allait manquer de dollars, il allait vers la pénurie et le risque des émeutes forcément fatales en l’absence de soutien des Pasdaran.

En début de cette semaine (au lendemain de la claque infligée par Washington), les associés paniqués ont acheté l’équivalent de 30 milliards de dollars en lingots d’or ! Ils étaient visiblement désespérés. Ils avaient par ailleurs réussi à faire leurs valises. Les rats pouvaient quitter le navire ! Le régime devait les rassurer les retenir. Il ne pouvait plus parler de sa puissance économique pour les séduire : il s’est lancé dans des annonces autoritaires et sécuritaires grandiloquentes pour évoquer une forte capacité à défendre ses associés. Les images de presse de la semaine nous permettent de d’affirmer que la semaine a été placée sous le signe du mensonge et de la mystification. Voici la semaine mytho des mollahs !

24.07.2011

 
Iran : la semaine en images n°178

Au cours des dernières semaines, les jeunes officiers des Pasdaran ont régulièrement boycotté toutes les manifestations officielles du régime notamment l’anniversaire de la révolution islamique, la journée de l’hommage à Khomeiny et enfin l’anniversaire de naissance de l’islam. Ils ont ainsi tourné le dos au régime et réduit le régime à ses dirigeants, les membres de leurs clans et quelques milliers de collaborateurs. Ces gens bien peu nombreux pour sauver le régime ont paniqué : ils se sont mis à vendre leurs actions pour acheter des dollars vidant les réserves en devise du régime à un moment où sous l’effet des sanctions américaines, ce dernier manque de revenus en devises.

Les dirigeants du régime ont cherché à intimider les Pasdaran ou encore leurs collaborateurs qui les mettaient en danger. N’y parvenant pas, ils ont parlé de leur capacité balistique à attaquer les intérêts régionaux de Washington afin de le forcer à cesser ses sanctions.

Washington n’a pas réagi car il ne veut pas d’une guerre : il veut juste épuiser les mollahs pour les forcer à céder la direction de leur régime agitateur à ses pions, les islamistes démocrates désireux d’exporter la révolution islamique en Asie Centrale chinoise. Dépité par cette esquive tactique américaine, samedi dernier (1er jour de la semaine en Iran), les mollahs ont évoqué explicitement une attaque en règle contre des pétroliers américains pour forcer Washington à hurler.

Nous avions alors affirmé que Washington esquiverait encore, mais qu’en sortant des menaces floues, le régime allait effrayer les siens qui approuvent les bluffs tactiques, mais pas les propos susceptibles de provoquer une attaque fatale ou le renforcement des sanctions bancaires en vigueur au moment où ils cherchent à fuir avec leurs capitaux. Nous avions vu juste : les derniers collaborateurs hauts placés du régime ont commencé à liquider leurs actions, la bourse de Téhéran a chuté de 40% en un jour pour finir la semaine sans la moindre transaction ! Le régime a vécu sous le signe de l’urgence (à la recherche d’une solution pour sortir de la crise sans provoquer une plus forte panique). Cet état d’urgence a été renforcé par des revers dont le régime n’a pas parlé, mais que l’on voit sur les images de la presse iranienne. Voici une semaine de rebondissements, de revers et de désillusion.

17.07.2011

 
Iran : La semaine en images n°177

Il y a deux semaines, Larijani menait la vie dure à Rafsandjani. La guerre interne pour le pouvoir au lieu de faire la guerre aux problèmes avait paniqué les derniers partisans du régime. Ils s’étaient mis à vendre leurs actions pour acheter des dollars en prévision d’un effondrement du régime.

Il y a une semaine, les Pasdaran, les membres du clergé et les bazaris, lassés par les sanctions qui laminent le pays, avaient boycotté l’anniversaire de la naissance de l’Islam, rejetant non seulement le régime, mais aussi sa seule raison d’être. Cela avait provoqué une nouvelle panique plus forte dès le début de la semaine, le samedi 2 juillet.

La semaine commençait mal. Le régime a craint une dégradation plus forte car ce même samedi à l’occasion de la journée des mines et de l’industrie, il devait présenter ses réussites dans ces deux domaines alors que l’exportation des matières premières et l’industrie iranienne sont à l’agonie par la faute des sanctions qu’il impose au pays par son comportement. Par ailleurs, le lundi 4 juillet, à l’occasion de la journée Pasdaran, il craignait un nouveau boycott révélant plus encore sa vulnérabilité. Enfin le 9 juillet, à l’occasion de l’anniversaire de la fausse révolte estudiantine de 1999, version brouillonne de sa nouvelle révolution interne, il devait aussi faire un peu de publicité pour les nouveaux représentants de sa fausse opposition, le Mouvement Vert.

Il y avait beaucoup à faire. Le régime n’a pas suivi l’ordre chronologique : il a zappé l’unité de Larijani et Rafsandjani et il a donné la priorité à une insistance outrageuse sur la fidélité des Pasdaran pour rassurer ses partisans, intimider le peuple et provoquer une polémique qui relancerait la fausse opposition. Mais son plan a échoué par la faute d’un plus important boycott des Pasdaran, visible sur les images. Il a alors sans cesse changé de cheval pendant la course (défendant son islam, ses réussites, revenant aux Pasdaran par des tirs de missiles ou des manifestations de dernières minutes), ratant immanquablement le but poursuivi qui était de rassurer ses partisans. Cette semaine, le régime s’est dispersé alors qu’il voulait se concentrer. Voici les images d’une semaine décousue à l’image du désarroi et de la surprise provoqués par des boycotts et des ruptures de plus en plus inattendus.

11.07.2011

 


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