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Iran : La semaine en images n°283
Le régime en panne sèche de carburant, d’argent et d’alliés pour sa fuite en avant !

Introduction Historique (datant de cette semaine) pour comprendre la situation.
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Origines de la crise | En 1979, les Américains ont entrepris de renverser le Shah car ses politiques régionales et ses projets pour l’Iran étaient contraires à leurs intérêts pétroliers. Ils entendaient mettre au pouvoir des activistes islamistes non cléricaux qu’ils finançaient depuis la création de l’OPEP par le Shah. Ces islamistes liés à Washington étaient hostiles à l’OPEP et partisans d’un régime révolutionnaire et interventionniste. Ils devaient lui permettre de dénationaliser l’industrie pétrolière iranienne, d’agiter et de déstabiliser l’Asie Centrale soviétique et chinoise, mais aussi de renverser le pétro-monarchies créées par les Britanniques, et ainsi de prendre possession de plus de 80% des réserves d’hydrocarbures du monde.

Les Britanniques présents en Iran au travers le clergé chiite, les Qadjars, les Francs-maçons, les féodaux, les Bazaris et la direction du parti communiste Toudeh ont participé à ce projet en faisant la promotion de leur ultra-islamiste en chef Khomeiny. Il s’est imposé au Conseil de la révolution. Washington a perdu le contrôle de la situation. Londres a éliminé les pions américains par des attentats organisés par Rafsandjani, le demi-frère de Khomeiny. Londres a aussi donné une identité anti-américaine à cette révolution voulue par Washington par la prise en otage des diplomates américains et a bloqué le retour des pions islamistes de Washington, par l’adoption de la doctrine de tutelle d’un grand ayatollah (du clergé) sur la république islamique de Washington.

Washington a alors commencé une véritable guerre d’usure économique pour affaiblir économiquement ce régime par nature fragile, le mettant devant un risque de soulèvement populaire ou de division afin d’amener ses dirigeants (Khomeiny, Rafsandjani ou d’autres) à casser avec Londres, à rétablir les relations bilatérales et permettre à ses pions de participer aux joutes politiques et reprendre le pouvoir via des élections du régime (ce que l’on appelle une révolution de couleur).

Londres devait faire capituler Washington. Son principale pion au sein du régime, Rafsandjani, promu patron effectif du régime, à travers la direction de la police, des renseignements et des services secrets a été chargé de mener une politique de provocation de crises régionales pour amener Washington à capituler (par peur d’un conflit régional nuisible à son approvisionnement pétrolier). Pour mener à bien ce projet, Rafsandjani a arrêté les projets ambitieux du Shah pour les Iraniens, engageant ces derniers dans la guerre, le terrorisme. Le pays a cessé de produire et d’exporter. Le régime devait tout importer. L’emploi s’est effondré. La monnaie iranienne s’est effondrée. L’islam au pouvoir était par ailleurs très loin de sa modération sous le Shah. Les jeunes engagés dans la révolution ont vite regretté le départ du Shah. Ils ont pris leur distance avec le régime pour s’approcher de Reza Pahlavi, le fils du Shah.

Le régime a tenté de les retenir en bradant les produits de grande consommation qu’il importait avec difficulté en raison de la baisse de ses réserves de dollar. Washington touchait au but, mais le revirement des jeunes pouvait entraîner la chute du régime islamique nécessaire à ses desseins. Il a interdit à Reza Pahalavi toute action hostile au régime islamique et il a aussi allégé ses accusations pour éviter une pression trop forte susceptible de balayer le régime déjà politiquement et économiquement essoufflé.

Rafsandjani, le pion actif des Britanniques, a alors intensifié son action terroriste contre Washington., mais il n’est pas parvenu à faire capituler Washington. Ses rivaux internes le critiquaient. Le régime pouvait basculer à la mort de Khomeiny dans leur camp et changer de bord. Londres a misé sur Rafsandjani et ses collaborateurs qui étaient en danger, donc motivés pour leur survie. A la mort de Khomeiny, Rafsandjani a pu trafiqué son testament pour nommer son propre ami Khamenei comme Guide. Puis grâce à ce Guide à sa botte et l’ayatollah Jannati, président du Conseil des Gardiens de la Constitution, ainsi que Moussavi (alors 1er ministre) il a modifié la constitution pour octroyer les pleins pouvoirs à son organe d’arbitrage, le Conseil de Discernement de l’intérêt du régime. La manipulation a permis d’exclure tous les rivaux religieux ou miliciens de Rafsandjani et a également permis la centralisation du pouvoir au sein du régime chaotique de par sa composition.

Après ce sauvetage du système autour de Rafsandjani, les Britanniques ont aussi commencé une grande campagne médiatique pour le présenter comme un modéré pragmatique afin d’engager Washington à cesser ses sanctions. Mais Washington n’a pas flanché. Il a même placé Rafsandjani sous mandat d’arrêt international pour déstabiliser face à ses rivaux internes. Rafsandjani a calmé la fronde en offrant à ses rivaux du clergé et des Pasdaran des sièges de son Conseil (directoire) de Discernement (CDIR). Il s’est aussi retiré de la présidence. Il a mis en place l’un de ses employés des services secrets, le mollah charmeur Khatami pour poursuivre la politique de la fausse modération. Il a placé à ses côtés un autre mollah sécuritaire, Rowhani, chef du bureau des études stratégiques du CDIR, dans le rôle de négociateur pour épuiser Washington dans marchandages procéduriers via des intermédiaires toujours plus nombreux (d’abord les Britanniques, puis la Troïka, puis la Russie, à nouveau Troïka...). Washington s’est lassé de ses manœuvres dilatoires : il a durci ses positions en évoquant des frappes préventives...

En 2005, Rafsandjani tenu en échec, encore critiqué par ses rivaux, est alors revenu à une politique dure grâce à Ahmadinejad, un autre de ses employés des services secrets. Rafsandjani a aussi dû offrir la direction des négociations avec Washington à son plus important rival d’alors Ali Larijani (directeur des médias du régime). Ce retour à une politique d’intimidation délibérée a été encore une erreur tactique car elle a permis à Washington de transférer le dossier au Conseil de Sécurité et légitimer ses sanctions financières à venir. La contestation interne a gagné les Bazaris, ainsi que les Pasdaran et les mollahs de base. La participation aux manifestations officielles a chuté. Le régime s’épuisait.

Après l’adoption des premières sanctions fortes en 2007-2008, le régime a vite manqué de devises et s’est retrouvé avec un risque de pénurie. les dirigeants siégeant au Conseil de Discernement n’ont pas flanché, de plus pour continuer sans épuiser leurs ressources, ils ont forcé les gens à consommer moins en multipliant sans cesse les prix de produits de grandes consommations. Cette mesure injuste, insensée et fort dangereuse a entraîné la rupture définitive des Pasdaran et des Bassidjis de base et a parachevé l’isolement des dirigeants.

Il est alors devenu clair à tous les dirigeants ou les responsables qu’ils devaient négocier des garanties de sécurité pour fuir avant que le régime rongé de l’intérieur ne s’effondre. Pour avoir le monopole du dialogue, Rafsandjani a écarté son rival Ali Larijani du Conseil iranien de Sécurité, organe chargé des négociations avec Washington. Larijani a commencé à diffuser des dossiers de la corruption de Rafsandjani et ses alliés politiques pour les écarter du pouvoir.

Le système était en danger. Londres a rétabli l’ordre par l’intermédiaire de son pion médiatique Tavakkoli en discréditant Larijani. Puis via la BBC, il a inventé le Mouvement Vert avec Moussavi (proche de Rafsandjani) pour donner une nouvelle légitimité démocratique au régime islamique en difficulté et à ses serviteurs afin d’ôter toute possibilité à Washington de continuer à les sanctionner. Mais, le peuple autorisé à manifester a oublié Moussavi et les meneurs officiels en révélant son hostilité par le slogan de Mort à la république islamique. Les Pasdaran de base ont laissé faire montrant leur soutien tacite à un changement de régime. Washington a ignoré ce soulèvement , ses alliés comme la France se sont aussi alignés sur cette position. Ils ont laissé Rafsandjani et ses amis des services secrets mater le soulèvement.

(VERT BIS). Rafsandjani avait néanmoins failli renverser le régime. Son échec l’a amené à partager le pouvoir en offrant le poste clef du Pouvoir Judiciaire aux Larijani. Puis il a tenté une nouvelle version du Mouvement Vert pour aboutit à une nouvelle république islamique avec la participation des pions de Washington. Ce projet a aussi échoué faute d’un soutien du peuple et des forces dissidentes. Au même moment, le peuple a confirmé son envie de changement de régime et de retour des Pahlavi par une grande manifestation en l’honneur de l’anniversaire de la naissance de Reza Shah, le fondateur de l’Iran moderne et laïque. Les Pasdaran ont désobéi aux ordre en laissant faire confirmant leur adhésion à ce projet. Le régime était clairement condamné. Les hommes d’affaires du régime ont commencé à vendre leurs avoirs et à acheter de l’or et des dollars pour quitter le régime totalement rongé de l’intérieur. Les Larijani et les Chefs Pasdaran ont sans évoqué la puissance policière du régime et des pendaisons collectives pour intimider ces compagnons paniqués et contenir le peuple qui souffrait encore d’avantage. Mais ils n’ont jamais pu montrer leurs troupes ni aller trop loin par peur de provoquer une exode massive de leurs compagnons ou une explosion populaire.

Rafsandjani a alors lâché les Britanniques pour tenter de passer un deal avec les Américains. Londres et les adversaires internes de Rafsandjani étaient sur les dents, faisant tout pour entraîner le régime dans un excès contraire aux marchandages en cours, Mais finalement, en décembre dernier, Rafsandjani a compris qu’il n’obtiendrait aucune garantie des Américains. Il a alors retrouvé le soutien de Londres et de ses médias. Il s’est mis également à parler de Réconciliation Nationale et son Mouvement Vert a scandé « Mort à la République Islamique ». Rafsandjani (à nouveau soutenu par Londres) lâchait le régime exsangue pour se rallier au peuple afin d’obtenir son pardon et au passage, dans l’intérêt de Londres, il sabotait le régime islamique pour bloquer le retour des pions islamiques de Washington. Le clergé lié à Londres n’a pas condamné les échos de déviation de la ligne officielle sous la direction de l’ex-ministre candidat présidentiel Rahim-Mashaï, beau-frère d’Ahmadinejad et surtout l’un des pions sécuritaires de Rafsandjani. Les nantis du régime ont apprécié ce projet opportuniste leur évitant les affres de l’exil, mais pas les Larijani et certains Chefs Pasdaran dont les noms restent associés à toutes les répressions.

Mais en février de cette année, la situation du régime s’est dégradée suite à l’émergence d’une contestation populaire très forte notamment des attaques contre le régime et ses mosquées à Ispahan qui ont en évidence le manque de policiers fidèles. De grands rassemblements avec des slogans monarchistes ont confirmé l’hostilité du peuple vis-à-vis du régime. Le scénario de déviation devait s’accélérer. Les élections étant loin, Ahmadinejad, pion ultra-islamiste de Rafsandjani, a été dépeint comme un déviationniste. Mais en avril, le peuple et les éléments qui ont rompu avec le régime ont boycotté le grand rassemblement en faveur de cette déviation opportuniste. La solution de déviation étant rejetée par le peuple et les groupes étatiques dissidents, les nantis du régime ont paniqué, ils se sont mis à stocker de tout à acheter des dollars, provoquant une situation de crise grave. Rafsandjani a craint que ses lieutenants ne le lâchent ou ne le sacrifient : il a décidé d’intervenir directement en se représentant aux élections pour une déviation express. Sa volonté de se lancer alors que sa solution opportuniste est rejetée par le peuple a indisposé les autres du régime. Les grands ayatollahs du clergé, qui à la tête du Conseil Constitutionnel ont privilégié leur vie : ils ont invalidé sa candidature pour sénilité, rompant au passage avec 150 ans de servilité vis-à-vis de Londres. La rupture avec Londres et l’exclusion de Rafsandjani, l’homme clef de Londres, a permis l’émergence d’un nouvel ordre politique chaotique formé essentiellement par les grands mollahs du clergé, mais aussi les exclus des décisions comme les Larijani et donc le pouvoir judiciaire, les Chefs Pasdaran, les derniers sécuritaires fidèles, les acteurs clefs du terrorisme (Velayati, Rohani, Pour-mohammadi, Mohmmad-Najjar...) et enfin les intellectuels propagandistes (journalistes, écrivains, cinéastes, acteurs, faux opposants).

Au sein de cet nouvel ordre chaotique, les grands du clergé ont d’abord choisi Jalili, le chef du Conseil de sécurité du régime, responsable des négociations nucléaires et auteur des discours incendiaires d’Ahmadinejad comme leur prochain champion pour un nouveau bras de fer destiné à contraindre Washington à leur céder des garanties de sécurité. Mais les Larijani ont rejeté cette candidature. Les Pasdaran ont tenté d’imposer par la force l’ex-chef de la police et l’actuel maire de Téhéran Ghalibaf. Rowhani, ex-proche de Rafsandjani, ex-responsable des stratégies sécuritaires du régime, ex négociateur nucléaire, et aussi ex-responsable de la base militaro-industrielle Khatom-ol Anbia des Pasdaran, s’est présenté comme l’ami de Washington pour jouer sa propre carte.

A ce moment où le régime était très divisé, la situation interne s’est encore dégradée : deux grandes manifestations en honneur de Khomeiny ont été massivement boycottées, le Bazar s’est mis en grève, la bourse a chuté à la suite d’une nouvelle sanction visant la pétrochimie et il y eu des émeutes dans l’ouest du pays en raison d’une pénurie de pain. Les dirigeants du nouvel ordre ont paniqué : ils ont tenté de relancer du Mouvement Vert pour canaliser l’agitation naissante. Rowhani, qui est assurément le plus opportuniste des politiciens actuels, a rejoint le mouvement... Le peuple et les groupes dissidents n’ont pas suivi, mais Washington qui a en horreur la chute du régime islamique a apprécié le choix opportuniste de Rowhani et a vu en ce dernier un bon passeur vers ses pions. Il a salué sa candidature. Le clergé, patron du nouvel ordre interne, a lâché Jalili pour Rowhani pour être le responsable des marchandages avec Washington. Rohani a alors oublié le discours personnel pro-américain revenant à sa position de bras de fer mou via des manœuvres dilatoires, la politique de base dans les négociations avec Washington comme lorsqu’il les dirigeaient à la tête du Conseil (iranien) de la sécurité. Les médias ont annoncé des soutiens forts à Rowhani pour justifier son élection. Mais sur le terrain, il ne sut jamais mobiliser même en interne car sa présidence annoncée n’apportait aucune réelle solution aux sanctions.

Ce boycott du candidat Rowhani qui était synonyme d’un rejet du régime a été confirmé par un boycott absolu des élections par le peuple et les groupes dissidents, mais aussi les riches issus du régime ou encore les chefs Pasdaran qui n’avaient pas pu imposer leur candidat pour contrôler les marchandages. Le Nouveau négociateur du régime n’avait aucune base. Il n’y a eu aucun rassemblement de joie en sa faveur, mais plutôt, une très grosse panique financière au lendemain de son élection. Rowhani s’est vu rapprocher l’échéance finale : il a organisé une conférence de presse pour relancer sa politique de bras de fer mou. Il n’y avait là aucune solution constructive. Les nantis du régime ont davantage paniqué, accélérant leurs achats d’or et de dollar, menaçant le régime de banqueroute. Dans la foulée, le régime a constaté la sympathie des ses derniers policiers avec le peuple à l’occasion de manifestations populaires hostiles après un match de foot. Rohani est devenu plus prudent, il a cessé de parler, se laissant une marge pour virer de bord et joindre le camp des déviationnistes pour sauver sa tête au cas où le peuple se montrerait plus offensif.

Washington a renouvelé son offre de dialogue, mais n’a rien obtenu de Rohani qui est trop isolé ou indécis pour agir. Il a alors mis à l’exécution un grand nombre de nouvelles sanctions très fortes sur le pétrole, les compagnies de transports maritimes approvisionnant le pays, l’exportation et l’importation de l’or et divers minerais (dernières sources de devises du régime) et aussi le constructeur automobile Iran-Khodro pour accélérer sa faillite et agiter le milieux ouvriers très dépendants de cette industrie. La bourse a alors chuté et les achats de dollars ont repris. Rohani n’a pas apelé le peuple à une manifestation hostile à ces mesures car son électorat et bidon. Le régime ne pouvait même pas simuler le soutien du peuple car il n’avait pas d’images d’archives de mondanité avec Rohani (qui est un homme d’ombre). Le régime s’est réfugié dans des diversions médiatiques pour détourner l’attention de ses derniers compagnons de son manque de solution.

Les Russes, inquiets par cette solution superficielle, avaient proposé une alliance forte aux ayatollahs en difficulté, mais ces derniers n’avaient pas donné de suite car cela ne changerait rien aux sanctions, ce qui avait entraîné la rupture des Russes. La nouvelle caste et son champion Rohani s’étaient tournés vers la Chine qui les connaissant bien n’avait pas répondu à leur appel. Le régime s’est retrouvé bien seul, ce qui a entraîné une nouvelle panique interne.


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La semaine dernière, alors que le régime était secoué de toute part, les habitants d’une petite ville du centre du pays, reboostés par les événements en Egypte, ont attaqué et pris le siège de la préfecture régionale sans les forces de l’ordre ne s’y opposent. La caste en place a tenté de mobilier ses membres, mais il n’y est pas parvenu. Il a multiplié les annonces de pendaisons pour montrer qu’il avait encore des policiers fidèles, mais le début du Ramadan avec des mosquées 100% vides a prouvé le contraire. Le boycott a été tellement fort, qu’il n’a même pas osé diffuser des images d’une effervescence religieuse et a même renoncé à appliquer sa chère charia contre les « déjeuneurs ». La panique a réapparu. Le réime aussi dû annoncer des faillites importantes provoquées par les sanctions. Rafsandjani avait tenté de bougé, le régime avait encore incendié les entrepôts du Bazars pour intimider des hommes d’affaires remuants et avait réactivé les dossiers judiciaires de Rafsandjani.

Enfin, le régime avait exhibé son champion Rohani à la Prière de Vendredi, mais sans aucune scène de liesse confirmant que la foule présente était juste une image d’archive. Rohani nous avait paru bien préoccupé de ne savoir quelle voie choisir, la fuite en avant ou la déviation alors que les délais raccourcissent du fait des sanctions et de la témérité de plus en plus grande du peuple et des Pasdaran qui le soutiennent.


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Cette semaine, le régime devait trouver un moyen pour dissimuler le boycott du Ramadan, un moyen pour minimiser les faillites, un moyen pour éviter de nouvelles sanctions, un moyen pour contenir Rafsandjani et aussi un moyen de calmer les inquiétudes internes quant à la fiabilité de Rohani.

Mais dès samedi, la publication de 2 mauvaises nouvelles économiques contenant des indices d’aggravation de la situation du régime ont semé la panique. Le régime a choisi la fuite en avant par son cocktail habituel de d’intox et de diversion. Cette attitude face à un danger réel a amplifié la panique et poussé les divers clans à se battre pour obtenir une place privilégiée dans l’équipe Rohani qui peut obtenir un deal et quitter le pouvoir en toute sécurité. Rohani est enfin sorti de son silence non pour rassurer avec un discours précis,, mais plutôt pour trouver des alliés de tout bord sur la base d’un discours généraliste et flou. Son attitude a attisée les rivalités internes. Voici le récit en images d’une semaine riches en événements au sein du régime en décomposition des mollahs.


25.07.2013

Iran : La semaine en images n°254
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intro de base pour comprendre la situation,
mise à jour chaque semaine avec de nouveaux éléments après ce module [+].
Avec une nouvelle analyse inédite des événements de la semaine précédente.
En rouge : les éléments qui, cette semaine, ont été d’actualité.

Le signe § donne droit à des tiroirs d’infos.

Origines de la crise. Il y a 33 ans, en 1979, les mollahs, alliés historiques de Britanniques et exclus du jeu par la dynastie progressiste des Pahlavi, ont pu revenir dans l’arène politique quand les Américains ont décidé de renverser le Shah (coupable entre autre d’avoir modernisé le pays, stabiliser la région et aussi d’avoir créer l’OPEP) avec l’intention d’installer à sa place leurs pions islamo-fédéralistes de NEHZAT AZADI (Mouvement pour la liberté). Ces pions étaient d’ex-pions britanniques du parti islamo-nationaliste JEBHEH MELLI qui sous la direction de Mossadegh avaient quitté le camp britannique pour joindre le camp américain.

Le projet appelé Arc de Crise allait mettre fin à 100 ans de domination britannique du marché pétrolier mondial. Les Britanniques ont demandé à leurs pions encore fidèles à savoir les mollahs influents, les Bazaris et leurs nervis, les cadres du TOUDEH et de JEBHEH MELLI d’intervenir pour évincer les pions de Washington et prendre le pouvoir dans le nouveau régime islamique. Ce coup d’Etat interne a été réalisé par Rafsandjani, le demi-frère et fondé de pouvoir de Khomeiny, en assassinant les pions religieux de Washington, puis en coupant le cordon ombilical entre Washington et la révolution islamique par l’attaque des "étudiants islamiques" contre l’ambassade américaine et la prise en otage des diplomates américains.

En échange de ces bons et loyaux services, Rafsandjani a été autorisé d’écarter des mollahs plus hauts placés comme Mottahari (le beau-père et protecteur d’Ali Larijani), mais aussi d’autres pions de Londres comme ceux de TOUDEH et de JEBHEH MELLI. ainsi Rafsandjani a pu accéder à tous les postes clefs comme le ministère de l’intérieur, les services secrets des Pasdaran ou encore le ministère de guerre qui ont fait de lui le patron non officiel du régime et de tous les bons business (pétrole, automobile, le secteur alimentaire). Avec le soutien des jeunes mollahs ambitieux et évidement le soutien tacite des Britanniques, Rafsandjani a aussi été chargé de diaboliser les Etats-Unis pour ne laisser aucune chance de retour à ses pions.

L’Etat américain a alors commencé à sanctionner le régime pour provoquer des pénuries et un risque de soulèvement pour forcer Rafsandjani et ses complices à changer de politique, d’accepter un apaisement, puis la normalisation des relations pour qu’il puisse revenir en Iran avec ses pions et reprendre le pouvoir via une révolution de couleur.

Rafsandjani et ses complices ont alors accentué les actions terroristes contre les intérêts américains. Ils ont aussi sacrifié la production nationale pour importer tout d’Europe afin d’acheter la protection diplomatique des Européens. Cela et la guerre contre Saddam ont rapidement ruiné le pays et sa force de production : les ouvriers ont perdu leurs emplois, les Bazaris qui vivaient de la vente des produits nationaux ont été ruinés. Le pays était aussi en guerre. Beaucoup de jeunes Pasdaran contactaient Reza Pahlavi pour exprimer leurs regrets de tout ce qui avait été perdu par leur faute. La révolution islamique a très vite perdu ses enfants et très vite, le régime s’est retrouvé en ruiné et en danger.

Mais le régime n’est pas tombé car Washington n’a jamais aidé les opposants, le peuple et les dissidents de peur que le système islamique nécessaire à ses projets régionaux ne disparaisse. Depuis Washington a souvent laissé ses partenaires stratégiques contourner ses sanctions quand il estimait qu’elles peuvent dépasser leur objectif et entraîner la chute du régime islamique qu’il veut récupérer.

En agissant ainsi, Washington a rallongé l’agonie du régime et a amplifié la dissidence ou encore les querelles internes entre Rafsandjani et tous ceux qu’il avait été écartés du pouvoir notamment le clan Larijani. Rafsandjani s’est senti en danger. Il pouvait sauter à la mort de son demi-frère Khomeiny. Il devait écarter définitivement ses rivaux et officialiser sa main mise sur les postes clefs du régime. il a alors trafiqué le testament de Khomeiny pour faire désigner comme son successeur un de ses propres amis : Khamenei, mollah de mauvaise réputation qui n’avait aucune chance d’accéder à ce poste. En échange, Khamenei a imposé une révision immédiate de la constitution pour transférer la presque totalité des pouvoirs politiques du Guide au Conseil de Discernement, organe d’arbitrage créé et dirigé par Rafsandjani. Le Conseil de Discernement est ainsi devenu un organe plénipotentiaire et Rafsandjani est devenu le patron permanent du régime. Le président du Conseil constitutionnel, Jannati, et le 1er ministre de l’époque, Moussavi (cousin de Khamenei), ont donné leur accord et reçu en échange des sièges au Conseil de Discernement.

Mais l’incapacité de Rafsandjani à mettre fin aux sanctions a remis néanmoins en cause sa survie malgré la puissance du clan qu’il avait créé. Des mandats d’arrêts internationaux le visant ont donné de l’espoir à ses rivaux comme les Frères Larijani. Pour ne pas sauter, il a acheté leur loyauté en leur octroyant des sièges au Conseil de Discernement ou encore des postes clefs politiques ou économiques

Après cela, Rafsandjani a tenté de mettre fin aux sanctions par une fausse modération et faux apaisement sous la direction de Khatami, un ex-responsable d’assassinat des opposants exilés recyclé en doux agneau. Pour réussir, le régime a simulé une libéralisation politique avec des étudiants appartenant à la sinistre la milice universitaire réunis au sein d’un parti faussement pro-Mossadegh (pro-américain) nommé JEBHEH DEMOCRATIC (Front démocratique). Washington n’a pas été dupé. Le régime a fait mine de malmener Tabarzadi, le chef du parti JEBHEH DEMOCRATIC. Shirin Ebadi, membre de JEBHEH MELLI (pro-Britannique) et Nasrine Sotoudeh - une des représentants du régime à cour internationale- ont été recyclées en avocates humanistes pour réanimer le jeu. Finalement Washington s’est même fâché et en 2000, il a évoqué la "menace nucléaire des mollahs" dans Iran Non-proliferation Act pour les sanctionner encore plus durement. In fine, la modération a amené le régime à accepter une ouverture avec Washington..

Après l’échec du projet de la fausse dissidence et du faux apaisement, Rafsandjani était encore en difficulté. Pour demeurer au pouvoir, il a offert la direction des négociations nucléaires à Larijani pour mener une politique nucléaire dure. Rafsandjani a également remplacé le « modéré Khatami » par Ahmadinejad, un autre ex employé de ses services secrets. Il l’a entouré des pires racailles des services secrets (comme Mottaki, Najjar, Vahidi) pour tenter de faire reculer Washington avec toutes sortes de menaces.

Mais Washington a utilisé ces menaces pour renforcer ses sanctions et même parler de frappes préventives. ! En 2007 quand Washington a impliqué le Conseil de Sécurité de l’ONU pour cautionner ses sanctions et ses menaces de frappes, la dissidence interne s’est amplifiée : on a assisté à d’importants boycotts des manifestations officielles par les de Pasdaran de base, les Bazaris ou des mollahs de base.

En 2008, après l’adoption des premières sanctions bancaires, Rafsandjani, ses complices et ses adversaires unifiés au sein du Conseil de Discernement ont décidé la Suppression des Prix subventionnés pour limiter le pouvoir d’achat des Iraniens (brider la consommation) afin de préserver les stocks et aussi habituer les Iraniens à vivre de très peu pour diminuer le risque de soulèvement provoqué par la faim. Mais par peur d’une émeute générale, le régime a d’abord gelé les salaires de ses propres employés les mieux payés, les agents sécuritaires : ces derniers ont été très déçus et ont aussi pris leur distance avec le régime.

Cette nouvelle rupture était terrible. Le régime était menacé en cas d’un soulèvement. Rafsandjani devait songer à une éventuelle négociation avec Washington pour pouvoir quitter le pays avant la chute du régime : il a alors exclu Ali Larijani du poste clef de négociateur nucléaire lui donnant accès au dialogue avec les Américains. Mais pour ne pas l’avoir contre lui, il lui a attribué une victoire électorale pour lui donner la direction de la majorité législative (la chefferie du Parlement) : un titre et une tribune plus qu’un vrai pouvoir car le Parlement n’a aucun rôle décisionnaire dans le système actuel ; il ne fait que suivre les avis du Conseil de Discernement.

Ali Larijani a alors révélé par l’intermédiaire de l’un de ses pions au sein du Pouvoir Judiciaire la corruption du clans Rafsandjani et des clans alliés afin de les éliminer tous et devenir celui qui négocie la fin du régime pour bénéficier des mêmes garanties.

Rafsandjani s’est vu menacé par les sanctions, le risque de pénuries et d’émeutes, la dissidence interne ou encore par les dossiers d’Ali Larijani : en juin 2009, il a tenté de sauver le régime et surtout sa situation avec le Mouvement VERT, une fausse révolution de couleur de l’Islam, partisane de la ligne (anti-américaine) de Khomeiny, mené par son ami Moussavi et ses pions (les étudiants islamiques preneurs d’otages de l’ambassade américaine). Mais le peuple a agi avec bon sens, il n’est pas tombé dans le panneau et a profité de l’occasion pour crier sa haine du régime. Les Pasdaran ne sont guère intervenus pour réprimer cette contre-révolution. Le régime a failli tomber, mais il a été sauvé grâce à Obama qui a refusé toute aide à la cette contre-révolution.

Rafsandjani, affaibli par l’échec de son plan audacieux, a dû céder le Pouvoir Judiciaire à Sadegh Larijani, le frère cadet d’Ali Larijani. Rafsandjani offrait plus de pouvoirs aux Larijani, mais avec un risque limité car le maître des accusations, procureur Ejéi (un ex-patron des services secrets) était un de ses pions et par ailleurs, le tribunal spécifique au clergé ou encore l’inspection générale interne étaient dirigés par ses pions. Rafsandjani devait cependant faire vite avant que les Larijani nomment leurs pions. Il a alors tenté de duper le peuple avec de nouveaux slogans et en faisant passer d’ex-agents secrets enrôlés dans le ministères des affaires étrangères et aussi ses enfants Mehdi et Faezeh pour des opposants.

Mais en juin 2010, au bout d’un an d’insuccès, Rafsandjani a dû s’éclipser et Larijani a commencé à s’occuper des activités qu’il menait au sein du régime. Rafsandjani qui avait perdu le soutien et la confiance de ses pairs avait été discrètement remplacé par Larijani, mais les gros bonnets du régime n’ont pas osé officialiser ce dernier par peur qu’il ne les élimine avec ses dossiers compromettants. Larijani n’a donc pas pu virer les pions de Rafsandjani pour nommer ses pions et devenir le patron du régime afin de bénéficier des meilleures garanties de sécurité. Rafsandjani a gardé son influence grâce au gouvernement formé par ses pions. De fait, en juin 2010, le régime est devenu bicéphale.

Ali Larijani devait écarter les ministres issus du clan Rafsandjani : il a commencé à parler de leur corruption et à multiplier les procès à leur encontre pour les renverser afin de s’asseoir à la table des négociations et obtenir sa part de garanties de sécurité. Rafsandjani a alors accéléré ses démarches pour parvenir à un accord avec Washington. En agissant ainsi, Rafsandjani et Larijani privilégiaient leurs propres intérêts personnels au lieu de trouver un compromis global pour sauver leurs associés et collaborateurs. Ce comportement méprisant a encouragé l’envie de fuite de leurs derniers collaborateurs.

En mars 2011, le peuple a de nouveau manifesté à l’occasion de l’anniversaire de naissance Reza Shah Pahlavi, le fondateur de l’Iran moderne et laïque et encore une fois, les Pasdaran n’ont pas chargé. Ils se sont même montrés très amicaux avec les manifestants. Ils ont ainsi montré qu’ils souhaitaient aussi une contre-révolution.

Les derniers collaborateurs du régime, déçus par leurs chefs et paniqués par la rupture des Pasdaran, se sont mis à convertir leurs avoirs en or ou en dollar pour pouvoir quitter le pays avant qu’ils soient tués par le peuple ou sacrifiés par leurs chefs. Le dollar n’a cessé d’augmenter malgré des baisses de prix imposées arbitrairement par la Banque Centrale Iranienne (BCI). Ces achats de dollars ont ruiné le régime et réduit ses chances de survie. Ali Larijani a accentué leur guerre pour le contrôle du siège éjectable, Rafsandjani a mis les bouchées doubles pour parvenir à un accord avec Washington. Les Commandants des Pasdaran susceptibles de souffrir par cette transaction ont lâché leur mentor historique Rafsandjani et se sont alignés sur Larijani. Washington a décidé de forcer l’Europe de rompre ses relations protectrices pour aggraver la situation ambiante afin les divisions internes et la panique de la base.

Sous la pression de Washington, l’Europe a coupé les ponts en juillet 2012. La panique interne et les ruées vers le dollar sont montée en flèche. Très vite, les pénuries se sont amplifiées. Le peuple excédé a manifesté contre le régime avec des slogans hostiles. Les deux dirigeants se sont réunis pour combattre la ruée vers l’or et le dollar qui vidait leurs réserves de capitaux. Ils ont à plusieurs reprises incendié le Bazar pour dissuader les agents de change, ils ont accusé les acheteurs de blanchiment d’argent pour les menacer d’expropriation et de pendaison. Ils ont ponctionné les comptes bancaires des gens pour compenser leurs pertes. Ils ont supprimé les bureaux d’émigration, bloqué les comptes en devises. Puis dernièrement, ils ont fermé tous les agents de change privés, le réseau de transfert interbancaire et enfin ils ont multiplié par 3 le prix de billets d’avion pour limiter les voyage à l’étranger.

Les deux dirigeants ont également sans cesse promis des actions de répression et des manoeuvres militaires ou paramilitaires pour rassurer leurs collaborateurs sur ses capacités ou pour les intimider, mais il n’a jamais pu tenir sa parole : au fil des promesses non tenues, il est devenu très évident qu’ils n’avaient plus aucun appui au sein des forces armées.

En seulement 3 mois (Juillet-Août-Septembre), il est devenu clair que le régime était fichu. Rafsandjani devait passer l’action. Larijani a accentué ses accusations contre Rafsandjani lui-même. Les Commandants des Pasdaran ont surenchéri. Rafsandjani a fait revenir ses enfants (Mehdi et Faezeh) et les a laissé comme gages entre les mains du pouvoir judiciaire des Larijani pour les rassurer que son pion Ahmadinejad attendu à NY à l’occasion de l’AG de l’ONU ne négocierait pas avec les Américains. Mais il a sacrifié ses enfants en proposant une ouverture à Washington.

Début octobre, Washington a tenté un deal avec Rafsandjani en demandant à l’Argentine de blanchir Rafsandjani dans l’attentat d’Amia. Larijani était pris par surprise. Les Commandants des Pasdaran, qui peuvent hériter de la responsabilité de l’attentat d’Amia, ont alors enchaîné les menaces contre Washington pour bloquer le deal et les marchandages à venir. Le régime est passé de 2 clans à 3 clans.

Les Commandants des Pasdaran ont d’abord tenté de former un clan à part entière avant de s’approcher de Larijani mais Washington n’a pas daigné dialoguer avec Larijani car il n’a rien de très grave à lui reprocher et ne peut l’intimider correctement pour l’amener à se soumettre.

Ce choix de Washington a exclu Larijani du jeu, mais il a aussi désigné Rafsandjani comme un maillon faible utile à Washington. Les Pasdaran ont alors lâché Larijani pour devenir des électrons libres au sein du régime en agonie. Le pouvoir était éclaté et aucun clan n’avait les moyens pour s’imposer. Les gens de la base ont paniqué. Les deux dirigeants rivaux se sont rapprochés et ils ont uni leur force pour inventer la figure de Sattar Beheshti, (faux) opposant interne "mort sous la torture", pour mobiliser le peuple derrière la fausse opposition interne afin de pouvoir contenir tout risque de soulèvement.

Mais le peuple n’a pas donné de crédit à cette option pro-régime et les collaborateurs de base ont jugé très risqué de miser sur la recette ratée du Mouvement Vert. Sans ce joker, le régime était perdu. Rafsandjani a accusé les Pasdaran et les frères Larijani du meurtre de cet opposant factice. Larijani a accentué ses accusations contre Ahmadinejad pour lui retirer le vote de confiance du Parlement, le renverser et prendre sa place via des élections présidentielles anticipées. Rafsandjani a fait bouger sa pièce maîtresse à savoir le Guide pour désavouer la révocation d’Ahmadinejad. Puis, Rafsandjani a pris une décision incroyable : il a demandé à ses faux opposants de crier "Mort à la Révolution Islamique" pour s’approcher de l’opposition avec une solution de réconciliation nationale de type Khmers rouges pour avoir la vie sauve. Il pouvait aussi barrer la route aux Américains et préserver les intérêts de leurs adversaires afin de préserver ses avoirs dans ces pays.

Ce revirement pragmatique très rusé, survenu il y a 3 semaines, n’a provoqué aucune agitation : la base y trouvait son compte, mais pas Ali Larijani car ses frères ont piloté les répressions du grand soulèvement de l’été 2009. Ali Larijani a reparlé de la révocation du président. Les Pasdaran qui avaient d’abord bien accueilli la proposition pragmatique d’une réconciliation nationale ont aussi renouvelé leurs menaces anti-américaines pour s’approcher de Larijani au cas où il emporterait la partie.

Ainsi la proposition intéressante d’une réconciliation nationale s’est retrouvée menacée par deux des trois clans qui partagent le pouvoir. Mais ces clans étant tous dépourvus de militants actifs, aucun de deux camps (pour ou contre l’arrangement) n’a pu s’imposer. Rafsandjani, Larijani et les chefs Pasdaran, ont tenté de trouver des alliés pour imposer leur position. La semaine dernière, Rafsandjani a pu démontré qu’il avait encore le plus grand réseau et des alliés les plus efficaces ou plus dangereux à ses côtés. Les Russes ont également montré leur soutien à son projet susceptible de contrer le retour des pions de Washington.

Larijani devait s’avouer vaincu ou tenter d’arrêter Rafsandjani en accusant officiellement son fils Mehdi. Mais cela allait nécessairement entraîner une mise en accusation de Rafsandjani lui-même et engendrer une grande agitation susceptible de provoquer une grande panique voire l’explosion du système. Larijani ne pouvait pas prendre ce risque (ne serait-ce que pour éviter d’être remis en question par ses pairs). Larijani s’est vu contraint d’abandonner la partie en cessant de défier Rafsandjani et en libérant (discrètement) son fils Mehdi ! Mais, il s’est vite ravisé et a repris ses attaques contre le clan Rafsandjani.

Cette semaine, Rafsandjani a riposté. Larijani a sans cesse frappé les pions de Rafsandjani à tous les niveaux. Nous avons eu droit à une semaine saignante. La base qui n’apprécie guère cette guerre interne a paniqué et elle a repris ses achats d’or et de dollar.

Le régime se disloquant d’en haut et d’en bas redoutait que le peuple s’en mêle : il a tenté le dialogue, mais aussi la menace pour amadouer Washington. Le régime a également relâché Tabarzadi, son meilleur faux opposant, pour qu’il puisse s’incruster dans le soulèvement qu’il redoute. Washington a également eu peur pour le système qu’il a jadis créé, il a suivi le régime dans ses délires.

Face à cette peur, Le régime a également relâché Tabarzadi, son meilleur faux opposant, pour qu’il puisse s’incruster dans le soulèvement qu’il redoute. Voici le récit et les images d’une semaine enragée.


03.01.2013

Iran : La semaine en images n°248

intro de base pour comprendre la situation,
mise à jour chaque semaine :
avec une nouvelle analyse inédite des événements de la semaine précédente.
En rouge : les éléments qui, cette semaine, ont été d’actualité.

Origines de la crise. Il y a 33 ans, en 1979, les mollahs, alliés historiques de Britanniques et exclus du jeu par la dynastie progressiste des Pahlavi, ont pu revenir dans l’arène politique quand les Américains ont décidé de renverser le Shah (coupable entre autre d’avoir modernise le pays, stabiliser la région et aussi d’avoir créer l’OPEP) avec l’intention d’installer à sa place leurs islamistes (dont l’OMPI) pour déstabiliser la région et la remodeler selon leurs intérêts pétroliers. Le projet appelé Arc de Crise devait faire de l’Iran un foyer d’agitation islamiste pour soulever l’Asie Centrale contre la Russie et la faire basculer dans le camps américain permettant à Washington de devenir la première puissance pétrolière au monde. Cela allait mettre fin à 100 ans de domination du marché pétrolier par les Britanniques : les mollahs pro-britanniques ont participé au projet pour évincer les pions de Washington, dévoyer le projet et aussi accaparer le pouvoir. Ce coup d’état interne a été réalisé par Rafsandjani, le demi-frère et fondé de pouvoir de Khomeiny, en assassinant les pions religieux de Washington et surtout en coupant le cordon ombilical entre Washington et la révolution islamique par l’attaque des "étudiants islamiques" contre l’ambassade américaine et la prise en otage des diplomates américains. En échange, de ces services et cette Seconde révolution islamique, Rafsandjani a été autorisé à écarter des mollahs plus hauts placés comme Mottahari (le protecteur des Larijani) et d’accéder à tous les postes clefs comme le ministère de l’intérieur, les services secrets des Pasdaran ou encore le ministère de guerre qui ont fait de lui le patron non officiel du régime et de tous les bons business (pétrole, automobile, le secteur alimentaire). Avec quelques autres mollahs ambitieux et le soutien tacite des Britanniques, Rafsandjani a aussi verrouillé le système en diabolisant les Etats-Unis et en attaquant ses intérêts et ses alliés régionaux pour ne laisser aucune chance de retour aux pions américains.

L’Etat américain a alors commencé à sanctionner les mollahs pour provoquer des pénuries et un risque de soulèvement pour forcer Rafsandjani et ses complices à cesser leur diabolisation, d’accepter un apaisement, puis la normalisation des relations pour qu’il puisse revenir en Iran avec ses pions et reprendre le pouvoir via une révolution de couleur.

Rafsandjani et ses complices ont alors accentué les actions terroristes contre les intérêts américains et ont décidé de sacrifier la production nationale pour importer tout d’Europe afin d’acheter la protection diplomatique des Européens. Cela et la guerre contre Saddam ont rapidement ruiné le pays et sa force de production : les ouvriers ont perdu leurs emplois, les Bazaris qui vivaient de la vente des produits nationaux ont été ruinés. Le pays était aussi en guerre. Beaucoup de jeunes Pasdaran contactaient Reza Pahlavi pour exprimer leurs regrets de tout ce qui avait été perdu par leur faute. La révolution islamique a très vite perdu ses enfants et très vite, le régime s’est retrouvé en danger. Mais il n’est pas tombé car Washington n’a jamais aidé les opposants, le peuple et les dissidents de peur que le modèle islamique nécessaire à ses projets régionaux ne disparaisse.

Par ailleurs non seulement Washington n’a jamais aidé les opposants, mais encore, il a souvent laissé un grand nombre de ses partenaires stratégiques contourner ses sanctions pour adoucir leur effet. quand il estimait qu’elles pouvaient dépasser leur objectif et entraîner la chute du régime islamique qu’il veut récupérer.

Mais en agissant ainsi, Washington a rallongé l’agonie du régime et a amplifié l’opposition et la dissidence, ce qui a affaibli la position de Rafsandjani, le patron de facto du régime, parmi ses adversaires internes. Pour se maintenir, Rafsandjani a toujours cherché à étendre son pouvoir. En 1989, à la mort de Khomeiny, il a trafiqué le testament de ce dernier pour officialiser sa propre mainmise sur le régime et a obtenu les pleins pouvoir pour le Conseil de Discernement qu’il présidait et préside encore). Mais la poursuite des sanctions visant personnellement Rafsandjani (comme avec le mandat d’arrêt pour l’attentat de l’Amia) et son incapacité à les neutraliser l’ont amené à partager le pouvoir avec des adversaires (comme les frères Larijani) pour acheter leur loyauté et des délais supplémentaires pour restaurer son hégémonie.

Rafsandjani a alors tenté un faux apaisement via Khatami, un ex-responsable d’assassinats des opposants exilés, mais il n’a pas pu amadouer Washington. Il l’a alors remplacé par un autre ex-responsable des services secrets nommé Ahmadinejad et l’a entouré des pires racailles des services secrets (comme Mottaki, Najjar, Vahidi) pour tenter de faire reculer Washington avec toute sorte de menaces. Mais Washington a utilisé ces menaces pour renforcer ses sanctions !

Mais en 2007 quand Washington a impliqué le Conseil de Sécurité de l’ONU pour généraliser les sanctions et s’est mis à évoquer très régulièrement la possibilité de frappes militaires, la dissidence interne s’est amplifiée : on a assisté à d’importants boycotts des manifestations officielles par les de Pasdaran de base, les Bazaris ou des mollahs de base.

En 2008, Washington a adopté ses premières sanctions bancaires, limitant sérieusement les revenues en devises du régime. Rafsandjani et ses complices au sein du Conseil de Discernement ont décidé de limiter le pouvoir d’achat des Iraniens pour brider la consommation afin de survivre malgré la diminution de leurs revenus. Le plan prévoyait la suppression de tous les prix subventionnés, mais par peur d’une émeute générale, le régime a d’abord gelé les salaires de ses propres employés les mieux payés, les agents sécuritaires, qui ont été très déçus et ont aussi pris leur distance bien qu’ils ne puissent pas aller vers la dissidence en raison de leurs passés criminels.

Cette nouvelle rupture était terrible. Le régime était menacé en cas d’un soulèvement. Rafsandjani devait songer à une éventuelle négociation avec Washington pour pouvoir quitter le pays avant la chute du régime : il a alors exclu Ali Larijani du poste clef de négociateur nucléaire lui donnant accès au dialogue avec les Américains pour prendre en main ce poste. Larijani ne s’écartait pas : Rafsandjani devait lui donner un poste clef. Via a les élections factices du régime, il lui a offert la direction de la majorité législative (la chefferie du Parlement) : un titre et une tribune plus qu’un vrai pouvoir car le Parlement n’a aucun rôle décisionnaire dans le système actuel. Ali Larijani a alors révélé par l’intermédiaire de l’un de ses pions la corruption de Rafsandjani et de ses alliés afin de les éliminer du jeu et devenir celui qui négocie la fin du régime pour bénéficier des mêmes garanties.

Rafsandjani s’est vu menacé par les sanctions, le risque de pénuries et d’émeutes, la dissidence interne ou encore les dossiers d’Ali Larijani : en juin 2009, il a tenté de sauver le régime et surtout sa situation avec le Mouvement Vert, une fausse révolution de couleur, partisane de la ligne (anti-américaine) de Khomeiny, menée par ses ex-amis (les étudiants islamiques preneurs d’otages de l’ambassade américaine pour donner une nouvelle légitimité à son clan.

Mais le peuple a profité de l’occasion pour crier sa haine du régime et les Pasdaran ne sont guère intervenus pour réprimer cette contre-révolution. Rafsandjani a dû offrir le Pouvoir Judiciaire à Sadegh Larijani, le frère cadet d’Ali Larijani, pour acheter leur loyauté afin de poursuivre ses plans.

Rafsandjani offrait plus de pouvoirs à ses ennemis (les Larijani), mais avec un risque limité car le maître des accusations, procureur Ejéi (un ex-patron des services secrets) était un de ses pions et par ailleurs, le tribunal spécifique au clergé ou encore l’inspection générale interne étairnt dirigés par ses pions : les mollahs Razini et Pour-Mohammadi. Rafsandjani devait cependant faire vite avant que les Larijani nomment leurs pions. Il a alors tenté de duper le peuple avec de nouveaux slogans moins mièvres et en faisant passer d’ex-agents secrets enrôlés dans le ministères des affaires étrangères, mais aussi ses enfants Mehdi et Faezeh pour des opposants.

Mais après un an d’échecs, il a dû s’éclipser laissant officieusement ses pouvoirs à Ali Larijani.

On peut dire que Rafsandjani a perdu le soutien de ses pairs et qu’il a été débarqué du pouvoir par eux et Larijani qui avait des dossiers contre tout le monde a pu obtenir sa place. Mais ses gens n’ont pas osé officialiser la passation du pouvoir car il avait peur de Larijani et de ses dossiers compromettants. De fait, il n’y a pas eu d’épuration interne, Rafsandjani est resté influant car il gardait des pions au pouvoir en particulier Ahmadinejad et ses ministres, tous issus des services secrets des Pasdaran qu’il avait jadis dirigés. Ainsi, en juin 2010, le pouvoir est devenu bicéphale, complètement divisé.

Larijani a alors commencé à mettre en place des procès contre les enfants de Rafsandjani pour l’atteindre moralement et des procès contre Ahmadinejad et ses ministres chargés des négociations pour démanteler son équipe afin de permettre à son propre équipe de prendre la place. Cette entreprise de sape a reçu le soutien tacite de tous ceux qui avaient été exclus depuis toujours du pouvoir et des bons business par Rafsandjani.

Fin 2010, Ce nouveau pouvoir très divisé a enfin mis en place son plan impopulaire de suppression de tous les prix subventionnés confirmant par la même occasion que sa situation économique était très grave. En seulement un mois, la hausse des prix de produits énergétiques a entraîné la faillite de 60% des entreprises et une terrible récession

Trois mois plus tard, en mars 2011, la fête du Feu, une grande fête persane interdite par le régime depuis toujours, coïncidait avec l’anniversaire de Reza Shah, le fondateur d’Iran laïque. Le régime a menacé le peuple des pires répressions s’il bougeait. Le peuple a passé outre ces menaces montrant son rejet de l’Islam et son souhait d’une contre-révolution. Les Pasdaran ont laissé faire, affichant ainsi leur soutien à la contre-révolution. Cette action exemplaire a réduit le régime à ses 200 dirigeants, près de 15,000 responsables régionaux, 800 hommes d’affaires et 6000 nervis.

Le Régime a tenté de rétablir l’ordre en cessant de payer les Pasdaran, en assassinant des meneurs d’hommes ou en incendiant le Bazar à plusieurs reprises sans parvenir à soumettre les dissidents qui étaient à l’origine de ses malheurs.

Ruptures internes & crise du dollar.

Le Régime était fragilisé, il pouvait chuter dans le sang et ses dirigeants devaient songer à accepter l’offre de Washington pour céder le pouvoir afin d’échapper à une fin terrible. Les cadres et les hommes d’affaires du régime qui allaient être sacrifiés dans le deal ont paniqué : les cadres du régime ont commencé à rompre et les hommes d’affaires du régime ont commencé à brader leurs biens pour acheter de l’or et des dollars afin de quitter le pays avant la débandade de leur dirigeants. La demande du dollar a fait augmenter le prix de la devise américaine sur le marché libre. Le taux du dollar est devenu l’indicateur de la chute de la confiance des derniers compagnons du Régime en leur avenir.

Ces ruptures et ces retraits de devises ont affaibli davantage le Régime (déjà très en difficulté). Larijani a alors accentué ses efforts pour écarter au plus vite Rafsandjani afin de contrôler le jeu des marchandages avec Washington. Il a ainsi admis la vulnérabilité du Régime, ce qui a créé une nouvelle source d’agitation interne.

En juillet 2012, Washington a imposé aux Européens de cesser leurs relations protectrices pour amener Larijani à accélérer sa guerre contre Rafsandjani afin de provoquer de nouvelles fracture au sein du régime.. il y a de nouvelles ruptures (les députés, puis les juges). Les Chinois ont estimé que le régime était fichu : prudemment, ils ont annoncé la diminution leurs investissements, puis ont suspendu leurs achats pétroliers. La peur de la banqueroute économique et de pénuries a envahi tout le monde provoquant une nouvelle grande ruée vers le dollar, mais aussi une ruée vers les produits alimentaires. Le pays tout entier a basculé dans la révolte avec une grande manifestation contre le Régime à Neyshabur, puis des appels à la grève générale au Bazar et plusieurs attaques contre la police des moeurs, dernière milice encore fidèle au Régime… Les Pasdaran ne sont pas intervenus, confirmant ainsi leur adhésion à la contre-révolution.

Le Régime a fait appel à ses 6000 nervis de base pour rassurer ses derniers compagnons. Mais il n’a pu mobiliser que 250 individus qui au fil du temps n’osent même plus sortir dans la rue et soutiennent le régime en se réunissant uniquement sur des sites sécurisés.

Rafsandjani a aussi paniqué : il a donné des signes de vouloir négocier rapidement avec Washington pour vendre le régime en échange de quelques garanties de sécurité pour lui-même qui avait été la grand manitou dut terrorisme international.

Larijani a renforcé les accusations contre ses plus proches lieutenants. Mais il n’a pas réussi à le calmer. Les commandants des Pasdaran (qui sont en place grâce à lui mais pourraient être sacrifiés dans le deal à venir) ont rejoint le concert des accusations.

Rafsandjani a senti qu’il devait saisir toutes les occasions. Le voyage d’Ahmadinejad à NY pour l’Assemblée Générale de l’ONU était une occasion en or. Larijani a fait mine de vouloir l’arrêter. Les Pasdaran ont formulé d’autres accusations de corruption pour le dissuader de sceller une entente en échange de quelques garanties pour lui-même. Afin de les rassurer sur sa loyauté et les laisser partir son pion à N-Y, Rafsandjani a rapatrié ses enfants Mehdi et Faezeh, laissant les Larijani les arrêter : il les a mis en gage. Mais contre toute attente, dès son arrivée à NY, son pion Ahmdinejad s’est montré très charmant avec les Américains en leur proposant lors d’une interview télévisée la possibilité d’une normalisation des relations bilatérales ! Rafsandjani avait sacrifié ses enfants. Il devait estimer que le régime était fichu. La panique a de nouveau gagné tous les derniers compagnons du Régime : on a assisté à une folle ruée vers le dollar : en quelques heures, le dollar est remonté de 70% dépassant les 4000 Tomans.

Les Larijani ont placé Mehdi en isolement. Mais Rafsandjani a continué et il a ainsi déçu de nombreux proches par son cynisme. Ses amis ex-preneurs d’otages ou terroristes ont constaté qu’il pourrait facilement les sacrifier. Les Britanniques, alliés trahis, ont aussi demandé des sanctions supplémentaires pour intimider le Régime. Rafsandjani a dû reculer en faisant désavouer indirectement l’ouverture proposée par Ahmadinejad. Mais la panique a persisté car elle n’est pas seulement due à l’envie de fuite des dirigeants, mais à ce qui provoque cette envie, c’est-à-dire, la vulnérabilité du régime. Le régime était de facto condamné. Rafsandjani devait continuer ses efforts pour assurer ses intérêts au-delà du régime. Pour cela, il avait besoin de tous alliés disponibles. Il a décidé de sauver son fils pour rassurer ses fils spirituels. Il a alors a chargé Ahmadinejad de visiter la prison Evine de Téhéran au prétexte d’un rapport sur l’état des prisons. Les Larijani ont refusé la demande et ont même utilisé ce refus pour malmener le clan Rafsandjani et mettre en valeur son déclin.

Dans la foulée, le Régime devait organiser de nouveaux manoeuvres et défilés avec les Pasdaran. S’attendant à de nouveaux boycotts, le Régime redoutait une nouvelle panique ou un début d’exode de ses associés avec leurs fortunes reconverties en dollar. Ses dirigeants des deux clans ont cru judicieux de bloquer tous les comptes en devises. Cette mesure a encouragé ses compagnons à acheter davantage de devises, mais aussi de revenir à l’achat de pièces d’or. Le dollar et l’or ont atteint des sommets. Le régime a proféré des menaces à l’encontre des acheteurs qualifiés d’agitateurs financiers, mais en l’absence de troupes fidèles à ses côtés, il n’a pas pu les intimider. Il a alors incendié le Bazar pour forcer les revendeurs Bazaris d’arrêter les ventes. Les Bazaris, malmenés et ruinés par le régime depuis des années, ont baissé les grilles pour commencer une grève paralysante.

Sur les images de manifestations des Bazaris, on ne voyait aucun policier ou milicien fidèle au régime. Chacun a vu que le régime (et ses dirigeants) étaient dépassés et seuls. Ses compagnons ont aussi rompu les amarres et ont attaqué les banques pour libérer les devises bloqués sur leur compte. Le régime s’est ainsi retrouvé avec deux actions explosives susceptibles de précipiter sa chute. Il a tenté de contenir ces menaces en annonçant de grands rassemblements militaires autour du Guide dans la région de Khorâssân du Nord, mais les Pasdaran de cette région ont boudé le Guide.

Il y a un mois, dans ce contexte particulièrement défavorable, l’Europe a annoncé de nouvelles sanctions contre le régime. Le dollar a augmenté encore de 30% malgré les menaces d’arrestation et de pendaison proférées par le Régime. Humilié, le Régime, a alors annoncé la tenue de trois jours de manœuvres époustouflantes au cœur même de Téhéran avec 15,000 combattants de sa nouvelle milice anti-émeute. Les images ont montré une soixantaine de miliciens à ses côtés.

Par la suite, le Régime devait alors organiser des grandes prières publiques à l’échelle nationale pour la fête de Sacrifice, puis célébrer la Semaine de l’Engagement Sacrificiel des Jeunes volontaires (Bassidjis) pour la révolution, anniversaire de la seconde révolution, et enfin célébrer la fête chiite de Ghadir Khom (la naissance du chiisme) ! Tous ces événements avaient été sévèrement boycottés par le peuple et par les Pasdaran en 2011. Pour s’épargner de nouveaux boycotts révélant son total isolement, le Régime a évoqué la possibilité d’établissement de coupons de rationnement pour ses partisans démunis. Pour obtenir le soutien de ses affairistes paniqués, il leur a proposé d’investir leurs dollars dans l’économie du pays en reprenant des grandes industries publiques. Les évocations de rationnement et de demande d’investissement ont convaincu out le monde que le régime était au bord de la faillite et de la pénurie : il y a une ruée vers le stockage des principaux produits de grandes consommations et en conséquence, le pays a été confronté à de grosses pénuries notamment d’essence (produit rationné depuis 2005).

Les frères Larijani devaient vite prendre le contrôle du régime et des négociations finales avec Washington pour pouvoir fuir en toute sécurité et avec leur fortune. Ils ont reparlé de la demande d’Ahmadinejad de visiter les prisons, la qualifiant de manœuvres médiatiques pour cacher la responsabilité d’Ahmadinejad dans la crise économique actuelle avant d’évoquer le retrait du vote de confiance du Parlement à son cabinet. Les autres mollahs qui se sont toujours accommodés de Rafsandjani et ont obtenu en échange un siège à l’l’Assemblée des Experts (le Sénat du régime) et des parts dans divers secteurs économiques du pays ont désapprouvé cette révolution du palais et ont exprimé leur hostilité via leur président Mahdavi-Kani (qui est également chef de la loge maçonnique du clergé). Le clan Rafsandjani s’est senti protégé et s’est lancé dans des attaques contre ses adversaires. Par ce comportement, il a confirmé qu’il n’avait rien à faire de l’intérêt général, il oeuvrait pour ses intérêts car il considérait que la chute du régime était proche. C’est pourquoi les 200 à 300 nervis de base ont aussi boycotté la prière publique de la fête de Sacrifice.

Washington a été alarmé par ce déclin évident de l’islamisme et même l’islam en Iran. Il a demandé aux Argentins à trouver un compromis sur l’affaire Amia avec Rafsandjani (le principal accusé) pour obtenir un transfert pacifique de pouvoir vers ses pions avant la chute du régime islamique. Ce marchandage avec Rafsandjani a été vu comme une menace par les Larijani et aussi par Les commandants des Pasdaran, qui seront les grandes victimes d’un transfert des pouvoirs vers Washington.

Il y a eu deux réactions. Les Larijani ont confirmé la convocation de son pion Ahmadinejad mettant Rafsandjani et ses pions en situation de ne plus avoir le droit de négocier quoi que ce soit. Les commandants des Pasdaran ont aussi fait feu sur un drone américain pour bloquer le marchandage. Washington a esquivé ce tir contraire à ses intérêts et n’en a soufflé mot. Mais les diplomates du clan Rafsandjani ont dû alors se retirer de ces négociations incroyables. Le clan Rafsandjani a aussi lâché Ahmadinejad en pour ne pas couler avec lui. Il a enfin désigné comme son candidat pour les élections à venir : Rahim-Mashai, un islamiste qui se dit non hostile à Israël (pour jouer une nouvelle version d’apaisement avec Washington). Les Larijani ont torpillé ce candidat susceptible de relancer Rafsandjani en inculpant un de ses proches de détournement de fonds publics. Le régime était plus divisé que jamais allait à sa perte avec ses nouvelles divisions.

La base devait paniquer en se ruant vers l’achat de l’or, du dollar... Mais le régime a alors suspendu les licences de 99,7% des agents de change, puis a interdit l’exportation de la moindre gramme d’or du pays, confirmant ainsi sa faillite ! Le régime a également annoncé le rationnement de 50 produits de base, y compris des produits industriels comme l’acier, confirmant l’existence d’une grande pénurie générale. Dans la foulée, la compagnie iranienne de roulements à billes a déposé le bilan entraînant dans sa chute 1000 emplois et menaçant tout le secteur automobile (500,000 emplois). La base privée d’une porte de sortie et sans cesse méprisée par des dirigeants (qui sont uniquement soucieux de leurs intérêts) les a sanctionnés par le boycott massif des rassemblements pour l’anniversaire de la seconde révolution et pour la fête de Ghadir qui doit célébrer la naissance du chiisme !

Après ces deux boycotts symboliquement forts, les deux clans devaient rétablir la confiance avec les gens de la base pour arrêter leur envie de fuir. Les Larijani ont seulement cessé leurs pressions sur Mehdi Rafsandjani. Les gens de la base n’ont pas aimé ce faux apaisement sans effet sur la politique générale du régime. Dans le même temps, les Pasdaran ont craint une alliance dans leur dos. Pour casser toute possibilité de deal avec Washington, ils ont tiré sur un drone américain et ont annoncé la création d’une base de missiles à proximité du détroit d’Ormuz. Le régime est ainsi passé de 2 à 3 clans en guerre ! Cette nouvelle querelle a davantage démoralisé les compagnons économiques du régime. Ces gens pouvaient aller plus loin en se ralliant à l’opposition notamment à Reza Pahlavi qui prône une amnistie globale.

Il y avait les ingrédients nécessaires pour un soulèvement. Le régime a paniqué : il a tenté de donner une actualité à ses faux opposants internes comme Sotoudeh pour islamiser toute agitation à venir. Mais il n’y est pas parvenu. Il a alors annoncé la mort sous torture de Sattar Beheshti, un militant très musulman, très respectueux de la révolution et membre de sa fausse opposition, partisan du maintien du régime et par hasard, très hostile à Reza Pahlavi et ses initiatives anti-régime !

Le régime utilisait le Mouvement Vert qui n’avait pas pu canaliser les mécontentements. C’est pourquoi les gens de la base ont continué à boycotter les rassemblements officiels.


Cette semaine, le Régime avait un programme officiel chargé : le régime devait organiser des manœuvres aériennes qu’il avait promises la semaine dernière dans le but de rassurer ses partenaires déprimés. Mais étant donné que l’on ne voit plus les avions du régime depuis plusieurs années (en fait par mesure d’économie de carburants) et que par ailleurs le régime a souvent promis des missiles extraordinaires et des renforts sans les montrer, cette fois, il devait évidemment compenser tous ses mensonges passés en montrant des images époustouflantes à l’occasion de ces manoeuvres (programmées dans une région inhabitée pour être invisible).

Par ailleurs, au 2nd jour de la semaine (le dimanche 11 novembre), il y avait la première anniversaire de la mort de 36 commandants des Pasdaran (dont le brigadier général Tehrani-Moghadam). Le régime avait alors parlé d’un accident, mais tout indiquait un assassinant groupé orchestré par le régime pour éliminer un éventuel coup d’Etat contre-révolutionnaire. Le régime avait alors organisé des funérailles officielles pour ses propres victimes en faisant d’eux des martyrs de la révolution pour nier leur rupture, mais les officiers des Pasdaran avaient boycotté ces funérailles et avaient même vengé la mort de leurs camarades par un attentat contre une grande mosquée. Cette année, le régime devait organiser un rassemblement d’hommage à ces gens puisqu’il les avait qualifiés de fidèles au système, mais il nous a semblé qu’il voulait se dérober à ce devoir car il n’avait pas décrété une journée en hommage à ces martyrs et il n’avait annoncé aucun rassemblements en leur honneur.

Cette semaine, allait aussi débuter le mois de Moharram dont les 10 premiers jours sont consacrés au mort en martyr de Hossein, le grand héros du chiisme. La période est aussi le début de la semaine de Bassidj (engagement volontaire). Etant donné que ces deux événements religieux et politique ont été sévèrement boycottés par le peuple, mais aussi, les Pasdaran, les Bassidjis, les Bazaris et les mollahs de base ; le régime devait les débuter en toute discrétion mais sans donner l’impression de battre en retraite.

Cette semaine, le régime était face à un programme irréalisable et de nombreux événements boycottables. Pour pouvoir dissimuler les boycotts attendus, le Régime a sans casse tenté de détourner l’attention du peuple par des buzz sur des sujets de grandes préoccupations comme la pénurie notamment de médicaments. Redoutant une agitation du côté des ses associés déçus, encore du côté des Pasdaran ou encore du côté du peuple, le régime a aussi sans cesse cherché à relancer le buzz autour du martyr de Sattar Beheshti pour l’ériger en modèle afin d’engager le peuple à adopter ses critiques et ses propos hostiles à la contre-révolution.

Mais le peuple ou encore les compagnons du régime n’ont rien fait pour plébisciter ce faux héros, les uns parce qu’ils n’y croient pas et les autres car ils ont marre des fausses solutions ! Les dirigeants des deux clans et aussi les commandants en chefs des Pasdaran ont été convaincus que les prochaines manifestations officielles (Muharram & semaine de Bassidji) allaient être boycottées. La perspective de la confirmation de leur isolement les a amenés à reprendre leurs luttes internes pour dominer le régime et être les seules à bénéficier d’un deal : le clan Rafsandjani a accusé Sadegh Larijani, le chef du pouvoir judiciaire, d’avoir tué Sattar Beheshti ! Le chef du Pouvoir Judiciaire a accusé les Pasdaran ! Les pasdaran ont accusé les Larijani (qui étaient leurs alliés, il y a encore 7 jours) ! Le régime est parti en tête à queue !

Les gens de la base qui étaient déçus par cette guerre civile ont été tentés par la fuite. Voici le récit et les images d’une semaine de chaos et d’effondrement…


21.11.2012

Iran : La semaine en images n°247

intro de base pour comprendre la situation,
mise à jour chaque semaine :
avec une nouvelle analyse inédite des événements de la semaine précédente.
En rouge : les éléments qui, cette semaine, ont été d’actualité.

Origines de la crise. Il y a 33 ans, en 1979, les mollahs, alliés historiques de Britanniques et exclus du jeu par la dynastie progressiste des Pahlavi, ont pu revenir dans l’arène politique quand les Américains ont décidé de renverser le Shah (coupable entre autre d’avoir modernise le pays, stabiliser la région et aussi d’avoir créer l’OPEP) avec l’intention d’installer à sa place leurs islamistes (dont l’OMPI) pour déstabiliser la région et la remodeler selon leurs intérêts pétroliers. Le projet appelé Arc de Crise devait faire de l’Iran un foyer d’agitation islamiste pour soulever l’Asie Centrale contre la Russie et la faire basculer dans le camps américain permettant à Washington de devenir la première puissance pétrolière au monde. Cela allait mettre fin à 100 ans de domination du marché pétrolier par les Britanniques : les mollahs pro-britanniques ont participé au projet pour évincer les pions de Washington, dévoyer le projet et aussi accaparer le pouvoir. Ce coup d’état interne a été réalisé par Rafsandjani, le demi-frère et fondé de pouvoir de Khomeiny en assassinant les pions religieux de Washington et surtout en coupant le cordon ombilical entre Washington et la révolution islamique par l’attaque des étudiants islamiques contre l’ambassade américaine et la prise en otage des diplomates américains . En échange, de ces services et cette Seconde révolution islamique, Rafsandjani a été autorisé à écarter des mollahs plus hauts placés comme Mottahari (le protecteur des Larijani) pour accéder à tous les postes clefs comme le ministère de l’intérieur, les services secrets des Pasdaran ou encore le ministère de guerre qui ont fait de lui le patron non officiel du régime et de tous les bons business (pétrole, automobile, le secteur alimentaire). Avec quelques autres mollahs ambitieux et le soutien tacite des Britanniques, Rafsandjani a aussi verrouillé le système en diabolisant les Etats-Unis et en attaquant ses intérêts et ses alliés régionaux pour ne laisser aucune chance de retour aux pions américains.

L’Etat américain a alors commencé à sanctionner les mollahs pour provoquer des pénuries et un risque de soulèvement pour forcer Rafsandjani et ses complices à cesser leur diabolisation, d’accepter un apaisement, puis la normalisation des relations pour qu’il puisse revenir en Iran avec ses pions et reprendre le pouvoir via une révolution de couleur.

Rafsandjani et ses complices ont alors accentué les actions terroristes contre les intérêts américains et ont décidé de sacrifier la production nationale pour importer tout d’Europe afin d’acheter la protection diplomatique des Européens. Cela et la guerre contre Saddam ont rapidement ruiné le pays et sa force de production : les ouvriers ont perdu leurs emplois, les Bazaris qui vivaient de la vente des produits nationaux ont été ruinés. Le pays était aussi en guerre. Beaucoup de jeunes Pasdaran contactaient Reza Pahlavi pour exprimer leurs regrets de tout ce qui avait été perdu par leur faute. La révolution islamique a très vite perdu ses enfants et très vite, le régime s’est retrouvé en danger. Mais il n’est pas tombé car Washington n’a jamais aidé les opposants, le peuple et les dissidents de peur que le modèle islamique nécessaire à ses projets régionaux ne disparaisse.

Par ailleurs non seulement Washington n’a jamais aidé les opposants, mais encore, il a souvent laissé un grand nombre de ses partenaires stratégiques contourner ses sanctions pour adoucir leur effet. quand il estimait qu’elles pouvaient dépasser leur objectif et entraîner la chute du régime islamique qu’il veut récupérer.

Mais en agissant ainsi, Washington a rallongé l’agonie du régime et a amplifié l’opposition et la dissidence, ce qui a affaibli la position de Rafsandjani, le patron de facto du régime, parmi ses adversaires internes. Pour se maintenir, Rafsandjani a toujours cherché à étendre son pouvoir. En 1989, à la mort de Khomeiny, il a trafiqué le testament de ce dernier pour officialiser sa propre mainmise sur le régime et a obtenu les pleins pouvoir pour le Conseil de Discernement qu’il présidait. Mais la poursuite des sanctions visant personnellement Rafsandjani (comme avec le mandat d’arrêt pour l’attentat de l’Amia) et son incapacité à les neutraliser l’ont amené à partager le pouvoir avec des adversaires (comme les frères Larijani) pour acheter leur loyauté et des délais supplémentaires pour restaurer son hégémonie.

Rafsandjani a alors tenté un faux apaisement via Khatami, un ex-responsable d’assassinats des opposants exilés, mais il n’a pas pu amadouer Washington. Il l’a alors remplacé par un autre ex-responsable des services secrets nommé Ahmadinejad et l’a entouré des pires racailles des services secrets (comme Mottaki, Najjar, Vahidi) pour tenter de faire reculer Washington avec toute sorte de menaces. Mais Washington a utilisé ces menaces pour renforcer ses sanctions !

Mais en 2007 quand Washington a impliqué le Conseil de Sécurité de l’ONU pour généraliser les sanctions et s’est mis à évoquer très régulièrement la possibilité de frappes militaires, la dissidence interne s’est amplifiée : on a assisté à d’importants boycotts des manifestations officielles par les de Pasdaran de base, les Bazaris ou des mollahs de base.

En 2008, Washington a adopté ses premières sanctions bancaires, limitant sérieusement les revenues en devises du régime . Rafsandjani et ses complices au sein du Conseil de Discernement ont décidé de limiter le pouvoir d’achat des Iraniens pour brider la consommation afin de survivre malgré la diminution de leurs revenus. Le plan prévoyait la suppression de tous les prix subventionnés, mais par peur d’une émeute générale, le régime a d’abord gelé les salaires de ses propres employés les mieux payés, les agents sécuritaires, qui ont été très déçus et ont aussi pris leur distance bien qu’ils ne puissent pas aller vers la dissidence en raison de leurs passés criminels.

Cette nouvelle rupture était terrible. Le régime était menacé en cas d’un soulèvement. Rafsandjani devait songer à une éventuelle négociation avec Washington pour pouvoir quitter le pays avant la chute du régime : il a alors exclu Ali Larijani du poste clef de négociateur nucléaire lui donnant accès au dialogue avec les Américains pour prendre en main ce poste. Larijani ne s’écartait pas : Rafsandjani devait lui donner un poste clef. Via a les élections factices du régime, il lui a offert la direction de la majorité législative (la chefferie du Parlement) : un titre et une tribune plus qu’un vrai pouvoir car le Parlement n’a aucun rôle décisionnaire dans le système actuel. Ali Larijani a alors révélé par l’intermédiaire de l’un de ses pions la corruption de Rafsandjani et de ses alliés afin de les éliminer du jeu et devenir celui qui négocie la fin du régime pour bénéficier des mêmes garanties.

Rafsandjani s’est vu menacé par les sanctions, le risque de pénuries et d’émeutes, la dissidence interne ou encore les dossiers d’Ali Larijani : en juin 2009, il a tenté de sauver le régime et surtout sa situation avec le Mouvement Vert, une fausse révolution de couleur, partisane de la ligne (anti-américaine) de Khomeiny, menée par ses ex-amis (les étudiants islamiques preneurs d’otages de l’ambassade américaine pour donner une nouvelle légitimité à son clan. Mais le peuple a profité de l’occasion pour crier sa haine du régime et les Pasdaran ne sont guère intervenus pour réprimer cette contre-révolution. Rafsandjani a dû offrir le Pouvoir Judiciaire à Sadegh Larijani, le frère cadet d’Ali Larijani, pour acheter leur loyauté afin de poursuivre ses plans.

Rafsandjani offrait plus de pouvoirs à ses ennemis (les Larijani), mais avec un risque limité car le procureur Ejéi, maître des accusations, était un de ses pions et par ailleurs, l’inspection générale interne était dirigée par son pion Pour-Mohammadi. Il devait cependant faire vite avant que les Larijani nomment leurs pions. Rafsandjani a alors tenté de duper le peuple avec de nouveaux slogans moins mièvres et en faisant passer d’ex-agents secrets enrôlés dans le ministères des affaires étrangères, mais aussi ses enfants Mehdi et Faezeh pour des opposants.

Mais après un an d’échecs, il a dû s’éclipser laissant officieusement ses pouvoirs à Ali Larijani.

On peut dire que Rafsandjani a perdu le soutien de ses pairs et qu’il a été débarqué du pouvoir par eux et Larijani qui avait des dossiers contre tout le monde a pu obtenir sa place du chef occulte du régime. Mais ses gens n’ont pas osé officialiser la passation du pouvoir car il avait peur de Larijani et de ses dossiers compromettants. De fait, il n’y a pas eu d’épuration interne, Rafsandjani est resté influant car il gardait des pions au pouvoir en particulier Ahmadinejad et ses ministres, tous issus des services secrets des Pasdaran qu’il avait jadis dirigés. Ainsi, en juin 2010, le pouvoir est devenu bicéphale, complètement divisé.

Larijani a alors commencé à mettre en place des procès contre les enfants de Rafsandjani pour l’atteindre moralement et des procès contre Ahmadinejad et ses ministres chargés des négociations pour démanteler son équipe afin de permettre à son propre équipe de prendre la place. Cette entreprise de sape a reçu le soutien tacite de tous ceux qui étaient exclus du pouvoir et des bons business par Rafsandjani.

Fin 2010, Ce nouveau pouvoir très divisé a enfin mis en place son plan impopulaire de suppression de tous les prix subventionnés confirmant par la même occasion que sa situation économique était très grave. En seulement un mois, la hausse des prix de produits énergétiques a entraîné la faillite de 60% des entreprises et une terrible récession

Trois mois plus tard, en mars 2011,, la fête du Feu, une grande fête persane interdite par le régime depuis toujours, coïncidait avec l’anniversaire de Reza Shah, le fondateur d’Iran laïque. Le régime a menacé le peuple des pires répressions s’il bougeait. Le peuple a passé outre ces menaces montrant son rejet de l’Islam et son souhait d’une contre-révolution. Les Pasdaran ont laissé faire, affichant ainsi leur soutien à la contre-révolution. Cette action exemplaire a réduit le régime à ses 200 dirigeants, près de 15,000 responsables régionaux, 800 hommes d’affaires et 6000 nervis.

Le Régime a tenté de rétablir l’ordre en cessant de payer les Pasdaran, en assassinant des meneurs d’hommes ou en incendiant le Bazar à plusieurs reprises sans parvenir à soumettre les dissidents qui étaient à l’origine de ses malheurs.

Le Régime était fragilisé, il pouvait chuter dans le sang et ses dirigeants devaient songer à accepter l’offre de Washington pour céder le pouvoir afin d’échapper à une fin terrible. Les cadres et les hommes d’affaires du régime qui allaient être sacrifiés dans le deal ont paniqué : les cadres du régime ont commencé à rompre et les hommes d’affaires du régime ont commencé à brader leurs biens pour acheter de l’or et des dollars afin de quitter le pays avant la débandade de leur dirigeants. La demande du dollar a fait augmenter le prix de la devise américaine sur le marché libre. Le taux du dollar est devenu l’indicateur de la chute de la confiance des derniers compagnons du Régime en leur avenir.

Ces ruptures et ces retraits de devises ont affaibli davantage le Régime (déjà très en difficulté). Larijani a alors accentué ses efforts pour écarter au plus vite Rafsandjani afin de contrôler le jeu des marchandages avec Washington. Il a ainsi admis la vulnérabilité du Régime, ce qui a créé une nouvelle source d’agitation interne.

En juillet 2012, Washington a imposé aux Européens de cesser leurs relations protectrices pour amener Larijani à accélérer sa guerre contre Rafsandjani afin de provoquer de nouvelles fracture au sein du régime.. il y a de nouvelles ruptures (les députés, puis les juges). Les Chinois ont estimé que le régime était fichu : prudemment, ils ont annoncé la diminution leurs investissements, puis ont suspendu leurs achats pétroliers. La peur de la banqueroute économique et de pénuries a envahi tout le monde provoquant une nouvelle grande ruée vers le dollar, mais aussi une ruée vers les produits alimentaires. Le pays tout entier a basculé dans la révolte avec une grande manifestation contre le Régime à Neyshabur, puis des appels à la grève générale au Bazar et plusieurs attaques contre la police des moeurs, dernière milice encore fidèle au Régime… Les Pasdaran ne sont pas intervenus, confirmant ainsi leur adhésion à la contre-révolution.

Le Régime a fait appel à ses 6000 nervis de base pour rassurer ses derniers compagnons. Mais il n’a pu mobiliser que 250 individus qui au fil du temps n’osent même plus sortir dans la rue et soutiennent le régime en se réunissant uniquement sur des sites sécurisés. De nouveaux boycotts internes de grands événements politiques, militaires et religieux ont alors confirmé la rupture des millions de Pasdaran, mais aussi des Bazaris ou encore les 80,000 mollahs de base ! Les associés du régime ont alors repris leurs achats de dollars pour quitter le pays au plus vite.

Rafsandjani a aussi paniqué : il a donné des signes de vouloir négocier rapidement avec Washington. Larijani a renforcé les accusations contre ses plus proches lieutenants (nommés à des postes clefs pour le protéger contre toute action judiciaire). Mais il n’a pas réussi à le calmer. Les commandants des Pasdaran (qui sont en place grâce à lui mais pourraient être sacrifiés dans le deal à venir) ont rejoint le concert des accusations. Rafsandjani a senti qu’il devait saisir toutes les occasions. Le voyage d’Ahmadinejad à NY pour l’Assemblée Générale de l’ONU était une occasion en or. Larijani a fait mine de vouloir l’arrêter. Les Pasdaran ont formulé d’autres accusations de corruption pour le dissuader de sceller une entente en échange de quelques garanties pour lui-même. Afin de les rassurer sur sa loyauté et laisser son pion partir à N-Y, Rafsandjani a rapatrié ses enfants Mehdi et Faezeh, laissant les Larijani les arrêter : il les a mis en gage. Mais contre toute attente, dès son arrivée à NY, son pion Ahmdinejad s’est montré très charmant avec les Américains en leur proposant lors d’une interview télévisée la possibilité d’une normalisation des relations bilatérales ! Rafsandjani avait sacrifié ses enfants. Il devait estimer que le régime était fichu. La panique a de nouveau gagné tous les derniers compagnons du Régime : on a assisté à une folle ruée vers le dollar : en quelques heures, le dollar est remonté de 70% dépassant les 4000 Tomans.

Les Larijani ont placé Mehdi en isolement pour faire pression sur Rafsandjani. Rafsandjani a continué et il a ainsi déçu de nombreux proches par son cynisme. Ses amis ex-preneurs d’otages ou terroristes ont constaté qu’il pourrait facilement les sacrifier. Les Britanniques, alliés trahis, ont aussi demandé des sanctions supplémentaires pour intimider le Régime. Rafsandjani a dû reculer en faisant désavouer indirectement l’ouverture proposée par Ahmadinejad. Mais la panique a persisté car elle n’est pas seulement due à l’envie de fuite des dirigeants, mais à ce qui provoque cette envie, c’est-à-dire, la vulnérabilité du régime.. Le régime était de facto condamné. Rafsandjani devait continuer ses efforts pour assurer ses intérêts au-delà du régime. Pour cela, il avait besoin de tous alliés disponibles. Il a décidé de sauver son fils pour rassurer ses fils spirituels. Il a alors a chargé Ahmadinejad de visiter la prison Evine de Téhéran au prétexte d’un rapport sur l’état des prisons. Les Larijani ont refusé la demande et ont même utilisé ce refus pour malmener le clan Rafsandjani et mettre en valeur son déclin. Rafsandjani a lâché prise, mais il a vu qu’il devait conclure rapidement une entente avec Washington avant que les Larijani trouvent le moyen de le mettre hors service.

Dans la foulée, le Régime devait organiser de nombreux manoeuvres et défilés pour la « Semaine des Forces de l’Ordre ». Craignant un nouveau boycott des Pasdaran, il redoutait une nouvelle panique ou un début d’exode de ses associés avec leurs fortunes reconverties en dollar. Ses dirigeants (des deux clans) ont cru judicieux de bloquer tous les comptes en devises. Cette mesure a encouragé ses compagnons à acheter davantage de devises, mais aussi de revenir à l’achat de pièces d’or. Le dollar et l’or ont atteint des sommets. Le régime a proféré des menaces à l’encontre des acheteurs qualifiés d’agitateurs financiers, mais en l’absence de troupes fidèles à ses côtés, il n’a pas pu les intimider. Il a alors incendié le Bazar pour forcer les revendeurs Bazaris d’arrêter les ventes. Bazar ! Les Bazaris, malmenés et ruinés par le régime depuis des années, ont baissé les grilles pour commencer une grève paralysante.

Sur les images de manifestations des Bazaris, on ne voyait aucun policier ou milicien fidèle au régime. Chacun a vu que le régime (et ses dirigeants) étaient dépassés et seuls. Ses compagnons ont aussi rompu les amarres et ont attaqué les banques pour libérer les devises bloqués sur leur compte. Le régime s’est ainsi retrouvé avec deux actions explosives susceptibles de précipiter sa chute. Il a tenté de contenir ces menaces en annonçant de grands rassemblements autour du Guide dans la région de Khorâssân du Nord, mais les Pasdaran de cette région ont boudé le Guide. Le régime a diffusé des images de foules, mais il y avait de nombreuses déformations visuelles et en plus, on n’y voyait aucun bain de foule. Il s’agissait d’images d’archives trafiquées. Personne n’a cru aux annonces de la popularité du régime. La crise de l’or et du dollar a persisté.

Il y a deux semaines, dans ce contexte particulièrement défavorable, l’Europe a annoncé de nouvelles sanctions contre le régime. Le dollar a augmenté encore de 30% malgré les menaces d’arrestation et de pendaison proférées par le Régime. Humilié, le Régime, a alors annoncé la tenue de trois jours de manœuvres époustouflantes au cœur même de Téhéran avec 15,000 combattants de sa nouvelle milice anti-émeute. Les images ont montré une soixantaine de miliciens sous-équipés s’agitant à l’intérieur des casernes.

Le régime devait alors organiser des grandes prières publiques à l’échelle nationale pour la fête de Sacrifice, puis célébrer la Semaine du Sacrifice pour la révolution puis, l’anniversaire (de la prise d’ambassade américaine) ou la Seconde Révolution Islamique et enfin la fête chiite de Ghadir Khom qui célèbre en quelques sorte la naissance du chiisme ! Tous ces événements avaient été sévèrement boycottés par le peuple en 2011. Le régime allait vers une série de revers susceptible d’aggraver son cas. Pour s’épargner de nouveaux boycotts révélant son total isolement, il a évoqué la possibilité d’établissement de coupons de rationnement pour ses partisans démunis. Pour obtenir le soutien de ses affairistes paniqués, il leur a proposé d’investir leurs dollars dans l’économie du pays en reprenant des grandes industries publiques.

Les évocations de rationnement et de demande d’investissement ont convaincu out le monde que le régime était au bord de la faillite et de la pénurie :il y a une ruée vers le stockage des principaux produits de grandes consommations en particulier d’essence que le pays a déjà rationné, les pompes ont été mis à sec et le pays a été confronté à une grosse pénurie d’essence. Les frères Larijani devaient vite prendre le contrôle du régime et des négociations finales avec Washington pour pouvoir fuir en toute sécurité et avec leur fortune. Ils ont reparlé de la demande de visiter les prisons, la qualifiant de manœuvres médiatiques pour cacher la responsabilité d’Ahmadinejad dans la crise économique actuelle avant d’évoquer le retrait du vote de confiance du Parlement. Les autres mollahs qui se sont toujours accommodés de Rafsandjani et ont obtenu en échange un siège au Conseil de Experts (le Sénat du régime) et des parts dans divers secteurs économiques du pays ont désapprouvé cette révolution du palais et ont exprimé leur hostilité via leur président Mahdavi-Kani (qui est également chef de la loge maçonnique du clergé).

Le clan Rafsandjani s’est senti protégé et s’est lancé dans des attaques contre ses adversaires. Par ce comportement, il a confirmé qu’il n’avait rien à faire de l’intérêt général, il oeuvrait pour ses intérêts car il considérait que la chute du régime était proche.

C’est pourquoi les 200 à 300 nervis de base ont aussi boycotté la prière publique de la fête de Sacrifice et de nombreux responsables officiels ont boycotté la prière officielle.

Les dirigeants du régime ont alors changé la suite du programme officiel pour éviter de mettre en valeur leur isolement. Ils ont complètement oublié de parler de Ghadir. Ils ont remplacé la Semaine de Sacrifice par une Exposition internationale d’agences de presse avec des dizaines de conférences de presse très polémiques et offensives pour mettre en scène un régime solide et offensif et enfin ils ont avancé la célébration de la prise de l’ambassade d’une journée, de samedi à Vendredi férié, pour limiter la visibilité du boycott attendu.

Washington a été alarmé par ces manipulations évoquant le déclin de l’islamisme et même l’islam en Iran. C’est pourquoi Washington a demandé aux Argentins à trouver un compromis sur l’affaire Amia afin de montrer qu’il était prêt à aller très loin pour obtenir un transfert pacifique de pouvoir vers ses pions afin d’éviter la chute du régime islamique qui indispensable pour son projet de conquête de l’Asie centrale.

Israël qui voit même les mouches voler dans les couloirs de Natanz, n’a pas vu et n’a pas critiqué ce marchandage nauséabond sur Amia car il n’est qu’un pion dans le jeu américain, mais ce marchandage protégeant seulement Rafsandjani et quelques proches a été vu comme une menace par les Larijani : ils ont immédiatement confirmé la convocation de son pion Ahmadinejad mettant Rafsandjani et ses pions en situation de ne plus avoir le droit de négocier quoi que ce soit. Les diplomates du clan Rafsandjani ont dû alors se retirer de ces négociations incroyables et tant espérées et les médias de ce clan n’ont également cessé de rejeter la possibilité d’un deal. Puis, le clan Rafsandjani a lâché Ahmadinejad en se joignant à la meute opposée pour sa mise à mort afin de ne pas couler avec lui. Le clan a même annoncé son candidat pour les élections anticipées souhaitées par Larijani !

Ahmadinejad a promis de balancer les vrais coupables de la crise et Larijani a annoncé des poursuites contre le candidat du clan Rafsandjani. Washington, qui n’avait pas aimée la rupture de son marchandage a menacé le régime d’alourdir ses sanctions. Le régime allait à sa perte avec ses divisions et les sanctions.

La base devait paniquer en se ruant vers l’achat de l’or, du dollar ou des produits dont ils ont l’utilité avant que le pays soit frappé de toutes sortes de pénurie. Le régime a alors suspendu les licences de 99,7% des agents de change, puis a interdit l’exportation de la moindre gramme d’or du pays, confirmant ainsi sa faillite ! Le régime a également annoncé le rationnement de 50 produits de base, compris des produits industriels comme l’acier, confirmant l’existence d’une grande pénurie générale. Dans la foulée, la compagnie iranienne de roulements à billes a déposé le bilan entraînant dans sa chute 1000 emplois et menaçant tout le secteur automobile.

En fin de la semaine, la base privée d’une porte de sortie et sans cesse méprisée par des dirigeants (qui sont uniquement soucieux de leurs intérêts) les a sanctionnés par un boycott massif du rassemblement pour l’anniversaire de la seconde révolution.

Le nombre des participants a été si bas que le régime a renoncé à montrer une vue du ciel ou du haut d’un immeuble et n’a diffusé qu’une dizaine de portraits de manifestants et beaucoup de photos d’archives ! De fait, avec une semaine de recul et des recherches, nous pouvons avancer les chiffres de 20 officiels, 30 journalistes et seulement 40 participants !

Cette semaine, le régime a vécu dans le traumatisme des chocs de la semaine dernière : le rationnement annoncé, l’embargo sur le dollar, puis l’or, et enfin le boycott massif des événements essentiels pour sa survie !

En fait, échaudé par l’ampleur du boycott après leurs méfaits, les dirigeants ne pouvaient pas continuer leur guerre ou reprendre leur propagande. Il devait rétablir la confiance avec la base en se montrant sincères et unis face aux sanctions ou à la menace d’un soulèvement. On a assisté à un petit apaisement entre les deux clans sans ils ne sont pas parvenus à une entente. Les dirigeants sont restés divisés dans l’adversité et ont de fait encore déçu leurs compagnons qui les ont encore boycottés.

Voici le récit et les images d’une semaine de doutes et de déprime pour les dirigeants usés du régime et pour leurs derniers serviteurs désabusés et désenchantés.


14.11.2012

Iran : La semaine en images n°228

Enfin des nouvelles explosives : intro+révélations… Le régime des mollahs est boycotté depuis près de 3 ans par les Pasdaran, les Bassidjis, les militaires, les Bazaris et les mollahs de base car ces actifs populaires du régime n’ont pas les mêmes intérêts vitaux que leurs dirigeants.

Les actuels dirigeants, les mollahs, ont pris au pouvoir 1979 en aidant les pions de Washington et ses alliés occidentaux à renverser le Shah, puis en éliminant ces derniers du jeu notamment par la diabolisation officielle de l’Amérique. Depuis, l’Etat américain tente d’affaiblir graduellement l’économie iranienne pour provoquer des pénuries et générer un risque de soulèvement afin de forcer les mollahs à adoucir leur position pour que ses pions puissent revenir en Iran et prendre le pouvoir de l’intérieur. Pour garder le pouvoir, les mollahs doivent refuser tout apaisement quelles que soient les sanctions et les menaces qui pèsent sur les Iraniens d’où la rupture des actifs issus du peuple, les Pasdaran, les Bassidjis, les militaires, les Bazaris et les mollahs de base…

Après les premiers signes de cette rupture, le régime était réduit à ses hauts dirigeants, donc affaibli, fragilisé, mais pas immédiatement menacé car les Pasdaran ont une structure partitionnée comme un service secret, les membres ne se connaissent pas, ils se méfient les uns des autres. Le régime était à l’abri d’un coup d’Etat. Mais la situation était cependant préoccupante car les Pasdaran rebelles pouvaient constituer des cellules actives par la suite. Rafsandjani, alors patron politique du régime, amateur de manipulations, a songé à organiser une fausse révolution de couleur, le Mouvement Vert, sous la direction de son ami ultra islamiste et très anti-américain Moussavi, par ailleurs un défenseur de l’actuel programme nucléaire du régime, pour donner une légitimité démocratique absolue au programme nucléaire et refus de dialogue et ainsi contraindre Washington à abandonner ses sanctions et ses efforts pour revenir en Iran. Ahmadinejad qui fait partie du clan Rafsandjani s’est montré particulièrement odieux pour permettre au régime de présenter Moussavi comme un modéré !

Tout était si bien pensé. Mais le peuple autorisé à manifester n’a pas soutenu Moussavi, il a plutôt scandé des slogans hostiles au régime. Les Pasdaran, les Bassidjis, les militaires, les Bazaris et les mollahs de base ne sont guère intervenus pour l’aider à se rétablir. On parlait alors d’un ralliement des Pasdaran à la contre-révolution, mais cela n’a pas eu lieu car la contre-révolution s’est essoufflée sans l’aide de Washington et ses Occidentaux qui ont plutôt laissé le régime réprimer le peuple grâce à ses agents des services secrets. Les Pasdaran ont néanmoins montré leur disponibilité d’aider la contre-révolution en laissant les Iraniens contester nuitamment le régime le 15 mars 2010 en célébrant l’anniversaire du Reza Shah Pahlavi (père du Shah), vénéré pour son patriotisme, sa modernisation et sa laïcisation du pays au siècle dernier. Encore une fois, les Occidentaux ont tourné le dos au peuple car la fin de ce régime faible et l’avènement d’un Iran fort n’est dans leur intérêt.

Cependant, le 15 mars 2010, il est devenu clair que les Pasdaran, les Bassidjis, les militaires, les Bazaris et les mollahs de base avaient totalement rompu avec le régime et étaient aux côtés du peuple et en faveur d’une contre-révolution. Les hommes d’affaires issus du régime ont paniqué car le peuple pouvait renverser le régime et les lyncher ou encore les dirigeants fragilisés pouvaient négocier une fuite sécurisée avec les Américains et les laisser seuls face au peuple. Ils ont commencé à brader leurs avoirs pour acheter de l’or et des dollars afin de quitter le pays au plus vite.

Rafsandjani qui n’arrivait pas trouver une réponse à cette crise aggravée a dû céder la direction générale du régime à ses ennemis Sadegh et Ali Larijani. Ces derniers (âgés alors de 48 et 52 ans et faisant figures de "jeunes dirigeants" du régime) devaient calmer les hommes d’affaires paniqués et trouver une solution pour les sanctions. Ils ont nié la rupture des Pasdaran, ils ont évoqué des soutiens populaires en province et ont encore proposé le Mouvement Vert comme un dernier recours. du Rafsandjani bis ! Ils n’apportaient rien de nouveau, mais ne revanche, ils ont essayé d’utiliser la direction du pouvoir judiciaire confié à Sadegh Larijani pour régler des comptes notamment avec Rafsandjani. Cette guerre interne et leur manque de solution ont amplifié la panique. Les Larijani ont finalement inventé des dossiers de fraudes pour intimider les hommes d’affaires remuants.

Pour Washington, le régime et tous ses dirigeants étaient en difficulté sur tous les plans. Washington a poussé ses alliés européens à annoncer un embargo sur l’achat du pétrole iranien à partir du 1er juillet 2012. En fait, les Européens n’achètent que peu de barils à l’Iran car ils ont surtout des contrats d’exploitation directe. Leur embargo allait donc réduire un peu les revenus du régime, amplifiant ainsi un peu les pénuries existantes et relavant un peu plus le risque de soulèvement. Cela devait suffire pour faire réfléchir les mollahs et les amener à plier et à négocier leur sortie contre des garanties pour eux-mêmes. Rafsandjani qui contrôle les 3 postes clefs permettant de voyager et négocier a très vite plaidé en faveur du dialogue pour permettre à ses pions négociateurs de commencer les marchandages, en espérant obtenir les meilleurs garanties en étant prioritaire. Mais les Larijani, exclus des négociations et incapables de les superviser s’y sont opposés, puis ils ont commencé à accuser les membres officiels du clan Rafsandjani de fraude et de détournement pour les écarter afin d’avoir eux-mêmes accès à ces postes pour assurer leurs propres intérêts ! Ces manoeuvres ont reçu le soutien tacite de tous les ayatollahs affairistes depuis longtemps écartés des meilleurs business par Rafsandjani !

Le régime est ainsi entré dans une guerre entre ses plus hauts responsables. Cette guerre pour des intérêts personnels des dirigeants a choqué les collaborateurs subalternes qui étaient sacrifiés. Presque tous ces responsables subalternes ont alors pris leur distance avec le régime ! Les dirigeants étaient seuls donc encore plus voués à l’échec : chaque clan a redoublé d’efforts pour garder ou prendre la direction des négociations qui peut lui donner la priorité pour marchander les meilleures garanties pour lui-même.

La semaine dernière, à la veille d’une grande rencontre internationale à Moscou, Larijani a rappelé qu’il avait nommé l’un des ennemis de Rafsandjani à la direction Tribunal Spécial du Clergé afin qu’il ne tente aucun marchandage.

Pour avoir les mains libres à Moscou, Rafsandjani a riposté en faisant publier des documents établissant la corruption de Sadegh Larijani, le chef du pouvoir judiciaire. Les ayatollahs affairistes ont eu peur que l’on parle aussi de leurs cas. Ils ont reculé. Les Larijani ont également jugé plus raisonnable de reculer en annonçant la fin d’un des procès visant les pions de Rafsandjani. Ce dernier a envoyé ses négociateurs à Moscou en espérant arracher un accord et des garanties aux Américains. Les hommes d’affaires du régime, qui étaient sur le point d’être sacrifié, ont accéléré les achats d’or et de dollar, le marché intérieur s’est embrasé. Mais les Américains n’ont rien signé : conscients que le régime était très en crise, ils ont rappelé l’embargo européen en y ajoutant un embargo américain visant tous les transports aériens et maritimes vers l’Iran, pour passer de l’amplification partielle des pénuries existantes à une pénurie totale !

Rafsandjani avait mal estimé le jeu et avait aggravé la situation. Les associés économiques du régime ont davantage paniqué. Rafsandjani pouvait perdre le contrôle de la négociation, il a commencé à critiquer le principe même du dialogue pour empêcher quiconque d’accéder à ce poste. Larijani n’a pas alors proposé un autre type de dialogue dans le sens de l’intérêt général, il a encore privilégié ses propres intérêts en attaquant les ministres du clan Rafsandjani. Ces derniers ont riposté par de nouvelles révélations compromettantes pour Ali Larijani. Le régime était encore déchiré et divisé. Ses hommes d’affaires ont encore paniqué. Les achats de dollars ont même continué vendredi. Cette semaine, le régime devait rassurer ces gens.

Par ailleurs, cette semaine, les deux parties devaient se réunir le mardi 26 juin pour le rassemblement annuel qui lance la Semaine du Pouvoir Judiciaire. La date a été choisie en l’honneur du premier chef du pouvoir judiciaire du régime islamique, l’ayatollah Beheshti tué en juin 1981 par un attentat en compagnie de 70 autres des responsables du régime. En fait, Beheshti (qui était un mollah pro-américain) a été éliminé par Rafsandjani sur ordre de Khomeiny dans le cadre de l’élimination des pions de Washington. Cela a permis l’arrivée au pouvoir des actuels dirigeants. A cette date, les dirigeants ne parlent guère de Beheshti, mais se retrouvent pour savourer leur victoire et utilisent l’attentat pour se victimiser. Dans le contexte actuel, les deux clans en guerre devaient afficher leur unité, mais aussi leur capacité de répression pour mobiliser leurs derniers collaborateurs fidèles et faire peur à tous leurs adversaires (le peuple, les groupes en ruptures et les hommes d’affaires sur le départ).

Le régime devait donc d’une part se modérer (vis-à-vis de ses hommes d’affaires paniqués) et d’autre part, durcir le ton et montrer sa capacité répressive pour rebooster ses alliés tentés par la fuite et pour intimider ses opposants ! Le programme n’était pas évident. Le régime a fait des choix inefficaces qui ont aggravé la crise, il a tenté de durcir le ton : cela a amplifié la crise. En tenant de calmer la crise, le régime a révélé un terrible secret révélant la rupture définitive des Pasdaran. La crise a décuplé. Les images de la semaine montrent aussi que grand rassemblement annuel de la Semaine du Pouvoir Judiciaire n’a guère mobilisé. Voici le récit en images d’une nouvelle semaine d’erreurs, de revers et de désunion pour le régime finissant des mollahs.


10.07.2012

Iran : La semaine en images n°210

Semaine terrible | Le régime a annoncé des manœuvres hostiles contre les Etats-Unis. Nous n’avons pas pu trouver une seule image montrant ces manœuvres, preuve que les militaires et les Pasdaran ont encore boycotté le régime.

Le régime a tenté de dissimuler ce boycott massif et humiliant en évoquant divers grands rassemblements en sa faveur. Nous n’avons trouvé que des images de salles presque vides et des mines défaites du côté des responsables chargés les remplir. Le régime a connu une nouvelle semaine de défaites. Voici la preuve en images que le régime est presque mort et va vers un effondrement certain.


27.02.2012

Iran : La semaine en images n°195

Au cours des semaines et des mois précédents, le régime a été confronté à un boycott permanent de toutes ses manifestations politiques, religieuses et sécuritaires par les Bazaris, les membres du clergé et surtout par les Pasdaran trentenaires et quadras qui doivent assurer la sécurité du régime sur le terrain. Le régime a été sans cesse désavoué.

Il est important de rappeler que la milice des Pasdaran a une structure partitionnée à l’image des organismes de renseignements : ses membres ne se connaissent pas d’un service à l’autre, ils ne peuvent pas créer une coalition hostile au régime, ils ne peuvent que le boycotter pour montrer leur mécontentement ou leur hostilité. On ne peut donc s’attendre à une action hostile au régime de leur part, mais une désobéissance militaire : comme pendant le soulèvement de l’été 2009, pour laisser le peuple renverser le régime. C’est pourquoi, le régime a pris très au sérieux ce boycott devenu permanent et a rapidement inventé une fausse rumeur de coup d’Etat utra-islamiste des Pasdaran pour diaboliser ces gens et empêcher leur rapprochement avec le peuple.

Mais pour les associés économiques du régime, qui sont issus des clans au pouvoir, le régime était condamné et en conséquence, ils devraient s’en désolidariser, vendre leurs biens pour acheter de l’or et des dollars avant de quitter le pays.

Sous l’effet de la vente de leurs biens, la bourse de Téhéran s’est effondrée et parallèlement, sous l’effet de leurs achats, l’or, le dollar puis d’autres devises étrangères comme l’euro, le dollar canadien, le Franc Suisse et même le Ringitt malaisien ont sans cesse augmenté. Les associés du régime vidaient littéralement ses réserves en devises, alors que, sous l’effet des sanctions, il ne peut plus signer de nouveau contrat pétrolier pour rester à flot.

Le régime a d’abord parlé d’une embellie de transactions boursières pour dissimuler la gravité de la situation et la crise de confiance chez ses associés, mais la focalisation des transactions sur l’or et le dollar en dehors de la bourse, dans les souks du Bazar et après chaque boycott n’avait rien d’une embellie jouissive. Cela résultait de la peur d’un effondrement et ne pouvait que déstabiliser tous les autres collaborateurs du régime en particulier les nervis de base ou les vétérans de la guerre qui ont été engagés comme fonctionnaires, mais qui ne sont pas assez riches pour envisager la fuite et doivent en conséquence, rester aux côtés du régime du moins presque jusqu’à la fin. La crise est devenue polymorphe.

Le régime est alors passé à l’offensive. Tout d’abord, il a mis en avant sa capacité de répression avec des annonces d’arrestations ou de pendaisons collectives pour rassurer tous ses associés qu’il pouvait sauver la situation en misant sur la terreur. Mais le manque de personnel pour réprimer un soulèvement rendait cette propagande superflue.

Le régime a alors inventé une fausse affaire de fraude bancaire et arrêté une quarantaine d’hommes d’affaires. Il a relié cette fraude à son scénario de coup d’Etat des Pasdaran pour insinuer qu’il pouvait pendre les « fraudeurs ». Cet avertissement a incité ses associés à accélérer leurs achats. Parallèlement, ce geste a déplu à ses collaborateurs de base (nervis, fonctionnaires, vétérans). Ils ont refusé de participer à une importante mise en scène sécuritaire destinée à intimider le peuple. Le régime a alors changé de direction : il a mis en veille l’affaire de la fraude, il a libéré la moitié des personnes arrêtées et à défaut d’intimider ses associés paniqués, il a diminué la distribution de l’or et du dollar aux revendeurs agréés pour geler la crise et ses pertes. Parallèlement, il a tenté de rassurer ses collaborateurs de base en parlant de grands rassemblements en faveur du Guide à Kermânchâh, région réputée hostile au régime.

L’annonce de nouvelles sanctions européenne affaiblissant davantage les ressource du pays a provoqué une nouvelle panique. Par ailleurs, le régime n’a pas pu apporter la preuve photographique de sa popularité en dehors de Téhéran. La demande de l’or et du dollar est devenue plus forte. En l’absence, de l’or et du dollar en quantité suffisante, les acheteurs se sont orientés vers la bourse de Téhéran pour acheter par avance des pièces d’or non encore émises et livrables dans 1 à 9 mois. L’or livrable dans 1 à 9 mois a augmenté en flèche. L’or livrable pour ce mois a entraîné la hausse du marché gelé par les soins de la banque centrale iranienne. Le régime a d’abord dissimulé à nouveau les infos avant de reconnaître les hausses et entraîner par cette reconnaissance tardive une nouvelle panique et de nouvelles hausses.

Dans cette ambiance électrique, la semaine dernière, les mollahs devaient célébrer la prise en otage de l’ambassade américaine, événement qui leur a permis de chasser du pouvoir les islamistes pro-américains et prendre leur place. Selon le programme, il y avait trois grands rassemblements officiels de jeunes collégiens, symboles de la relève et l’avenir du régime islamique révolutionnaire. Le régime craignait de nouveaux boycotts qui auraient confirmé ses problèmes. La situation a été pire que ce qu’il imaginait car il n’a pas même eu droit à la présence de ses collaborateurs de base (nervis, fonctionnaires, vétérans actifs) qui sont près de 5000 personnes à Téhéran : selon les photos, il n’y avait uniquement 350 personnes à Téhéran et une centaine de personnes à Tabriz !

Il était clair que cette semaine, les associés économiques du régime qui comptent sur cette base allaient être encore plus agités et qu’en conséquence, ils voudraient acheter plus provoquant une nouvelle crise polymorphe à la fois financière et politique.

Par ailleurs, le programme de la semaine était très chargé et fort pénalisant. A partir du dimanche jusqu’à lundi soir, le régime devait organiser de grands rassemblements religieux pour Eyd é Ghorban (fête de sacrifice des moutons). En raison de son incapacité à remplir les mosquées pendant le Ramadan, il ne pouvait pas espérer un succès et craignait que ces deux journées se soldent par des boycotts qui révèleraient la rupture de sa base.

Mardi, après ces deux journées difficiles, l’AIEA devait publier un nouveau rapport très salé laissant supposer des frappes ou de nouvelles sanctions bien pénalisantes…

Jeudi, en fin de semaine, le Guide et l’ensemble des commandants des Pasdaran qui ne commandent que les hauts officiers devaient assister à la parade de la fin d’études des jeunes officiers des Pasdaran. Ils craignaient un boycott très démoralisant. Ils avaient aussi peur d’aller à la rencontre de jeunes gens armés.

Le régime était donc dans une semaine très difficile dominé par la certitude d’échouer. Il a misé sur la propagande et la désinformation pour éviter les problèmes, mais il a collectionné les boycotts et des échecs économiques.

Voici les images qui nous montrent les boycotts qu’il redoutait. En réponse, le régime a reparlé de la fraude bancaire et de nouvelles arrestations tout en évoquant une embellie boursière pour expliquer la ruée vers le marché de la pièce livrable dans 3 à 9 mois. Ce sont des solutions qu’il a jadis utilisées et n’ont pas réussi à l’aider. Voici un nouveau rapport sur une nouvelle semaine de crise pour un régime de plus en plus isolé et de plus en plus brouillon.


14.11.2011

Iran : La semaine en images n°189

Il y a exactement une semaine, le jeudi 22 septembre, le régime devait organiser des grands défilés militaires dans tout le pays pour la journée de la Défense Sacrée de la Révolution islamique, en référence à la guerre Iran-Irak qui est décrite comme une action décidée par les sionistes pour anéantir la révolution islamique bien que cette guerre fut provoquée par le régime lui-même pour exporter son modèle politique. A l’occasion de cette journée, le régime a diffusé des images d’archives de défilés militaires, preuve que les Pasdaran, les Bassidjis et les militaires avaient boycotté cette journée.

Il y a un mois, les mêmes miliciens avaient boycotté le Ramadan et bien avant cela, le 12 février et le 15 mars dernier, ils avaient boycotté l’anniversaire de la révolution islamique et avaient également refusé de réprimer une grande manifestation pro-laïque et franchement anti-islamique. Ces actions hostiles au régime avaient paniqué ses associés et ses derniers collaborateurs. Les associés fortunés avaient alors vendu leurs actions pour acheter de l’or et des dollars en vue de préparer leur fuite. Puis ce fut le tour des collaborateurs de base (les derniers miliciens fidèles) de se ruer vers l’or et le dollar. Le boycott de la semaine dernière a accéléré cette tendance et provoqué un début de fuites parmi les associés fortunés du régime.

Cette semaine, les dirigeants devaient se montrer fermes vis-à-vis de leurs associés et collaborateurs tentés par la fuite et par ailleurs, ils devaient se montrer capables de rester en place et capables d’assurer leur sécurité pour regagner leur confiance. Ils devaient intimider leurs associés et les rassurer en même temps. Ils ont d’abord parlé de la possibilité de nouvelles pendaisons publiques pour intimider le peuple, mais en raison d’un manque de volontaires pour ce genre de mission à risque, les dirigeants ont diffusé des images d’archives pour évoquer l’existence de partisans zélotes ou de commandos spéciaux anti-terroristes en train de neutraliser des émeutiers.

Ces épouvantails en carton n’ont pas calmé la crise, le régime a dû se lancer dans d’autres actions d’intimidations mesurées contre ces associés et collaborateurs notamment en relançant une fausse affaire de détournement bancaire qui était en stand-by pour intimider les grandes fortunes tentées par la fuite.

Par ailleurs, après la passivité affichée par les Pasdaran, le régime avait parlé d’un coup d’Etat des Pasdaran en citant les noms de proches d’Ahmadinejad (donc issus du clan Rafsandjani) pour laisser supposer que les miliciens dissidents ne roulaient pas pour le peuple, mais pour eux-mêmes. Cette semaine, des rumeurs ont reparlé de ce coup d’Etat et des personnages qui l’incarnaient. Les médias du régime ont lié ce coup d’Etat au détournement d’argent associant les alliés paniqués du régime à un crime passible de la peine de mort ! Pour laisser les rumeurs faire leurs effets, le chef du pouvoir judiciaire (Sadegh Larijani, frère du patron du régime Ali Larijani) s’est tu.

Ce silence a faussé le jeu : certains collaborateurs du régime y ont vu le démarrage de la guerre interne qui avait opposé le clan Larijani au clan Rafsandjani. La possibilité d’une guerre interne suivie d’une purge à un moment où le régime bat de l’aile a provoqué une nouvelle panique. Le régime a annoncé des non-lieux contre certains accusés pour sortir de la nouvelle crise provoquée par la mise en scène censée intimider et calmer ses associés paniqués.

Mais cette semaine, les dirigeants du régime n’étaient pas uniquement malmenés par la dissidence des Pasdaran, la panique de leurs derniers associés et leurs propres bêtises. Washington a jugé le moment opportun pour annoncer de nouvelles sanctions contre eux pour les forcer à transférer enfin leurs pouvoirs vers ses pions. En réponse à ce genre de pics, Téhéran se lance habituellement dans des menaces de guerre pour insinuer le risque de fortes perturbations pour l’approvisionnement pétrolier américain, mais il est à chaque fois privé des effets de ses provocations car Washington les esquive pour rester dans sa logique de guerre d’usure économique. Cette fois, Téhéran a annoncé l’envoi de navires de guerre au large des Etats-Unis afin d’empêcher ce jeu d’esquive. Washington a pouffé de rire, Téhéran devait réagir, mais empêtré dans la crise provoquée par ses plans compliqués, il a oublié de répondre correctement. On peut dire que la semaine des mollahs était bien chargée et bien brouillonne.

Les images de la semaine qui sont faites par les agences officielles de presse ne peuvent pas nous montrer les manipulateurs du régime en train de fabriquer les rumeurs ou concevoir la réplique aux situations qu’ils n’avaient pas imaginées faute de temps et à cause du nombre d’échecs inattendus qui leur tombent dessus de toutes parts. Ces images officielles ne montrent pas non plus les queues pour acheter de l’or et des dollars.

En revanche, ces images montrent les différents cas de boycott de la semaine de la Défense Sacrée de la Révolution, boycotts qui ont déclenché la présente crise interne du régime et poussé les mollahs à imaginer en toute hâte des solutions inabouties. Les images de la semaine laissent voir les échecs du régime et sa perte de crédibilité auprès de ses derniers espoirs.


03.10.2011

Iran : La semaine en images n°188

Au cours du dernier mois, lors du Ramadan, les mosquées iraniennes sont restées totalement vides alors que le régime dispose officiellement de 500,000 Pasdaran ou Bassidjis, 80,000 membres engagés dans le clergé. Les mosquées vides sont devenues la preuve que le peuple tout entier rejette le système islamique, le régime se résume désormais à ses 130 dirigeants, les 20,000 membres de leurs familles qui monopolisent les affaires et un nombre restreint d’agents de terrain (pas assez pour surveiller les 130 membres de la caste dirigeante et leurs associés tout en remplissant les mosquées pour sauver les apparences).

Le boycott des mosquées a permis de révéler la vulnérabilité du régime. Ses (20,000) associés affairistes ont commencé à prendre leur distance. Ils pouvaient fuir le pays, aller vers le peuple ou encore pactiser avec Washington qui sanctionne le pays depuis des années pour obtenir un transfert des pouvoirs vers ses propres pions islamistes.

Face à cette triple menace, la caste dirigeante a d’abord choisi de faire des annonces sécuritaires pour intimider ses adversaires et rassurer ses associés. Mais l’absence de déploiement du peu d’agents dont il dispose a fait tomber à l’eau sa propagande. La caste dirigeante a arrêté cette propagande et s’est mise à menacer Washington d’une guerre régionale contre ses alliés pour l’amener à reculer afin d’éliminer une des menaces qui pèsent sur elle. Washington a esquivé les provocations pour rester dans sa logique de guerre d’usure économique. La caste dirigeante a dû arrêter ses provocations pour ne pas mettre en valeur son impuissance à résoudre ses problèmes de cette manière.

Il y a deux semaines, elle a alors décidé d’organiser une agitation politique sur un thème écologique fédérateur pour prendre la direction du soulèvement désormais possible tout en infiltrant l’opposition naissante pour reconnaître et éliminer ses meneurs. Le peuple a boycotté cette agitation téléguidée. Le régime est alors revenu à la provocation guerrière, mais la chute d’un avion avait remis en cause sa capacité de frappe.

En conséquence, la semaine dernière, la caste dirigeante s’est repliée sur le thème sécuritaire avec l’annonce effrayante de plusieurs pendaisons collectives et une pendaison publique (une manière d’augmenter la pression sans devoir déployer des troupes qu’il ne commande plus).

La semaine dernière, la caste dirigeante avait également annoncé l’organisation d’une conférence islamiste à Téhéran pour mettre aussi en valeur ses liens avec des mouvements islamistes régionaux afin d’insinuer une forte capacité d’action déstabilisante régionale. Enfin, elle avait aussi annoncé l’organisation de rassemblements insinuant l’existence de réserves de partisans à tous niveaux, en particulier chez les civils de province ou au sein de l’armée et des Pasdaran. Les images de la semaine dernière nous ont montré l’infondé de ces annonces.

Cette semaine, le jeudi 22 septembre, le régime devait célébrer la journée de l’armée. Il était clair qu’on allait voir le manque d’engagement en sa faveur, ses insinuations rassurantes allaient tomber à l’eau et ses associés allaient encore paniquer.

Par ailleurs, un opposant lié à Washington, « Oghab Iran » ou Aigle de l’Iran, avait appelé le peuple à se soulever le vendredi 23 septembre à 19 heures pour parvenir à chasser une partie des dirigeants et former un « nouveau gouvernement » (forcément islamique). La proposition ne pouvait pas plaire au peuple, mais elle était assez claire pour encourager le plus grand nombre possible des associés du régime à changer de camps. Cette proposition pouvait encourager des désistements et entraîner un effondrement interne.

De fait, cette semaine, le grand souci du régime était, encore une fois, ses derniers alliés paniqués, ses maillons faibles qui sont tentés par la fuite ou le changement de camp. En réponse, le régime devait se montrer plus intimidant ou plus complaisant. Il a privilégié une voie médiane basée sur des annonces, comme des « pendaisons publiques applaudies par la foule de ses sympathisants », pour insinuer l’existence de réserves de sympathisants civils tout aussi bien en province qu’à Téhéran, afin de rassurer ses alliés et démoraliser ses adversaires. Les images de la semaine nous révéleront l’infondé de ces insinuations et mettront en valeur le contraire.


25.09.2011

Iran : La semaine en images n°182

Depuis plusieurs mois, les Bazaris et les officiers des Pasdaran ont rompu avec le régime. La semaine dernière, au début du Ramadan, par leur faute, les mosquées sont restées vides. Ce vide a confirmé la rupture des associés historiques du régime et l’isolement de la caste dirigeante.

Les Iraniens en ont profité pour boycotter à leur tour le Ramadan et les divers rassemblements religieux officiels. Les associés affairistes du régime (à ne pas confondre avec les Bazaris) ont conclu que le régime était fini, ils ont boudé les rassemblements autour des hauts personnages du régime en particulier le Guide.

Très inquiet par l’éventualité de cette dernière rupture interne qui peut s’avérer fatale, le régime a constamment nié le boycott populaire et également mis l’accent sur la répression pour contenir le peuple. Il a aussi incendié le plus grand entrepôt du Bazar pour insinuer qu’il pourrait réserver un pareil traitement à ses associés infidèles avant de leur annoncer de grands cadeaux commerciaux pour jouer l’apaisement et l’arrangement. Ces efforts sont restés vains car le boycott a continué, l’activité commerciale n’a pas décollé et en plus, les marchands de tissus, principaux acteurs de l’économie iranienne, qui avaient payé pour les associés du régime, se sont mis en grève entraînant derrière eux l’arrêt des ateliers de confection et de divers partenaires du secteur.

Cette semaine, la grève de ces Bazaris a continué (notamment en raison du poids économique, mais aussi politique depuis une centaine d’années des marchands de tissus et le mécontentement des autres Bazaris vis-à-vis de la gestion désastreuse des mollahs). Cette semaine, les mosquées sont également restées vides. En conséquence, le régime a repris les mêmes efforts de la semaine dernière mais dans de plus grandes proportions : plus d’annonces d’arrestations intimidantes et d’actions policières, mais aussi plus de cadeaux commerciaux. Les images de la semaine nous montrent la fausseté des annonces intimidantes et en conséquence, la poursuite du boycott au sein du peuple, mais aussi sa propagation chez ceux du régime qui ne croient plus en sa capacité à assurer leurs intérêts. Voici les images d’une semaine placée sous le signe d’une plus grande déstabilisation pour les mollahs.


14.08.2011

Iran : Dans l’accélérateur des particules !

Le régime des mollahs a annoncé la mise en œuvre de nouvelles centrifugeuses très performantes sur un nouveau site nucléaire. Il n’a donné aucune information sur les performances ou le nombre de ces centrifugeuses. Il y a de quoi s’alerter, mais puisque ce nouveau site nucléaire est encore en construction, il s’agit d’une nouvelle provocation. En fait, les mollahs cherchent à provoquer l’escalade pour que la crainte d’une guerre oblige Washington à cesser ses sanctions qui sont destinées à les forcer à s’adoucir et d’autoriser les pions de Washington à revenir en Iran afin de prendre légalement le pouvoir via une révolution de couleur. Nous avons consacré de nombreux articles sur la nécessité absolue pour les mollahs de refuser le dialogue ou de s’agiter à chaque fois que les sanctions deviennent pesantes, il ne nous semble pas nécessaire de répéter les mêmes explications, on peut néanmoins évoquer les circonstances économiques de cette nouvelle provocation et le choix spécifique de progrès nucléaire flou et ambigu.


22.07.2011

Iran : la semaine en images n°178

Au cours des dernières semaines, les jeunes officiers des Pasdaran ont régulièrement boycotté toutes les manifestations officielles du régime notamment l’anniversaire de la révolution islamique, la journée de l’hommage à Khomeiny et enfin l’anniversaire de naissance de l’islam. Ils ont ainsi tourné le dos au régime et réduit le régime à ses dirigeants, les membres de leurs clans et quelques milliers de collaborateurs. Ces gens bien peu nombreux pour sauver le régime ont paniqué : ils se sont mis à vendre leurs actions pour acheter des dollars vidant les réserves en devise du régime à un moment où sous l’effet des sanctions américaines, ce dernier manque de revenus en devises.

Les dirigeants du régime ont cherché à intimider les Pasdaran ou encore leurs collaborateurs qui les mettaient en danger. N’y parvenant pas, ils ont parlé de leur capacité balistique à attaquer les intérêts régionaux de Washington afin de le forcer à cesser ses sanctions.

Washington n’a pas réagi car il ne veut pas d’une guerre : il veut juste épuiser les mollahs pour les forcer à céder la direction de leur régime agitateur à ses pions, les islamistes démocrates désireux d’exporter la révolution islamique en Asie Centrale chinoise. Dépité par cette esquive tactique américaine, samedi dernier (1er jour de la semaine en Iran), les mollahs ont évoqué explicitement une attaque en règle contre des pétroliers américains pour forcer Washington à hurler.

Nous avions alors affirmé que Washington esquiverait encore, mais qu’en sortant des menaces floues, le régime allait effrayer les siens qui approuvent les bluffs tactiques, mais pas les propos susceptibles de provoquer une attaque fatale ou le renforcement des sanctions bancaires en vigueur au moment où ils cherchent à fuir avec leurs capitaux. Nous avions vu juste : les derniers collaborateurs hauts placés du régime ont commencé à liquider leurs actions, la bourse de Téhéran a chuté de 40% en un jour pour finir la semaine sans la moindre transaction ! Le régime a vécu sous le signe de l’urgence (à la recherche d’une solution pour sortir de la crise sans provoquer une plus forte panique). Cet état d’urgence a été renforcé par des revers dont le régime n’a pas parlé, mais que l’on voit sur les images de la presse iranienne. Voici une semaine de rebondissements, de revers et de désillusion.


17.07.2011

Iran : La semaine en images n°177

Il y a deux semaines, Larijani menait la vie dure à Rafsandjani. La guerre interne pour le pouvoir au lieu de faire la guerre aux problèmes avait paniqué les derniers partisans du régime. Ils s’étaient mis à vendre leurs actions pour acheter des dollars en prévision d’un effondrement du régime.

Il y a une semaine, les Pasdaran, les membres du clergé et les bazaris, lassés par les sanctions qui laminent le pays, avaient boycotté l’anniversaire de la naissance de l’Islam, rejetant non seulement le régime, mais aussi sa seule raison d’être. Cela avait provoqué une nouvelle panique plus forte dès le début de la semaine, le samedi 2 juillet.

La semaine commençait mal. Le régime a craint une dégradation plus forte car ce même samedi à l’occasion de la journée des mines et de l’industrie, il devait présenter ses réussites dans ces deux domaines alors que l’exportation des matières premières et l’industrie iranienne sont à l’agonie par la faute des sanctions qu’il impose au pays par son comportement. Par ailleurs, le lundi 4 juillet, à l’occasion de la journée Pasdaran, il craignait un nouveau boycott révélant plus encore sa vulnérabilité. Enfin le 9 juillet, à l’occasion de l’anniversaire de la fausse révolte estudiantine de 1999, version brouillonne de sa nouvelle révolution interne, il devait aussi faire un peu de publicité pour les nouveaux représentants de sa fausse opposition, le Mouvement Vert.

Il y avait beaucoup à faire. Le régime n’a pas suivi l’ordre chronologique : il a zappé l’unité de Larijani et Rafsandjani et il a donné la priorité à une insistance outrageuse sur la fidélité des Pasdaran pour rassurer ses partisans, intimider le peuple et provoquer une polémique qui relancerait la fausse opposition. Mais son plan a échoué par la faute d’un plus important boycott des Pasdaran, visible sur les images. Il a alors sans cesse changé de cheval pendant la course (défendant son islam, ses réussites, revenant aux Pasdaran par des tirs de missiles ou des manifestations de dernières minutes), ratant immanquablement le but poursuivi qui était de rassurer ses partisans. Cette semaine, le régime s’est dispersé alors qu’il voulait se concentrer. Voici les images d’une semaine décousue à l’image du désarroi et de la surprise provoqués par des boycotts et des ruptures de plus en plus inattendus.


11.07.2011

Iran : La semaine en images n°176

Il y a une semaine, les dirigeants du régime se battaient pour le pouvoir alors que le pays va vers le néant. Leurs derniers partisans ont paniqué. Cette semaine, les dirigeants du régime devaient célébrer la révélation de l’islam à Mahomet, un événement essentiel pour leur idéologie. Faisant face à un boycott permanent des manifestations officielles de la part des Pasdaran, ils ont eu peur que leur guerre n’encourage leurs derniers partisans à les laisser tomber. Ils se sont vite réconciliés ! Cela a entraîné une situation illogique et ridicule. Se doutant de l’échec de ce rattrapage et redoutant effectivement un plus grand boycott, preuve de leur vulnérabilité, les dirigeants ont dû organiser des événements symboliques ; tirer des missiles ou faire des discours discours tonitruants pour insinuer le soutien du peuple et des Pasdaran afin de se donner l’image d’un régime populaire et puissant qui ne craint rien ni personne.

La semaine en images n°176 nous montrent les nombreuses étapes de cette semaine agitée et cynique, mais aussi ses nombreux échecs dus à l’absence de la moindre mobilisation populaire : preuve que le régime a manqué son virage et qu’en niant lourdement la réalité de sa vulnérabilité, il a contribué à amplifier le boycott qu’il voulait éviter : la désaffection qui l’entraîne vers sa chute finale.


03.07.2011

Iran : La semaine en images n°174

Cette semaine, le dimanche 12 juin et le mercredi 15 juin, l’opposition officielle du régime, le Mouvement Vert, le joker du régime, devait fêter son anniversaire. Mais encore une fois, le peuple, mais aussi les Pasdaran, les Bazaris et le clergé, c’est-à-dire les principaux alliés du régime, ont boycotté par deux fois cette entité créée par le régime pour dévoyer tout soulèvement et se donner une nouvelle légitimité : ils ont ainsi montré qu’ils ne voulaient pas ce régime quels qu’en soient ses dirigeants. Au passage, les Pasdaran ont confirmé leur rupture avec le régime. Ce dernier a eu peur de perdre ses derniers partisans, collaborateurs ou associés issus de la fratrie des mollahs au pouvoir : il s’est réfugié dans la propagande policière pour les rassurer, mais aussi les mettre en garde.

Cette semaine, du mercredi 15 juin au vendredi 18 juin, le régime devait par ailleurs fêter l’anniversaire d’Ali, le gendre du prophète, l’un des fondateurs du chiisme : encore une fois, le peuple, mais aussi les Pasdaran, les Bazaris et le clergé ont évité les rassemblements organisés par le régime et ils se sont gardés d’en organiser, explicitant ainsi leur rejet du régime.

Ce désaveu à caractère religieux a inquiété davantage le régime, il a baissé d’un ton dans sa propagande policière, il a tiré un missile pour « menacer Israël » et contraindre Washington à reculer pour être débarrassé des sanctions afin de pouvoir récupérer une partie sinon tous ses alliés intérieurs. Mais Washington qui a besoin d’un allié islamique en Iran et espère imposer ses pions à la tête de ce régime a ignoré le tir provocateur de Téhéran.

Son échec a davantage paniqué ses partisans, il a repris la menace et a redoublé de provocations pour en finir au plus vite. Voici le récit unique d’une nouvelle semaine de désaveu et de désarroi pour le régime des mollahs.


19.06.2011

Iran : La semaine en images n°173

Dans la précédente édition de la semaine en images, nous avons vu comment vendredi dernier, les Iraniens, mais aussi les Pasdaran ou encore des alliés économiques du régime ont boycotté la journée d’hommage à Khomeiny. Cette semaine, ils ont recommencé le même manège le dimanche 5 juin en boycottant l’anniversaire de la première révolte de Khomeiny ou l’émergence politique de Khomeiny. Le régime était doublement abandonné et désavoué par le peuple et par les siens. Ses alliés économiques se sont agités : ventes d’actions et achats de dollars !

Secoué, craignant que cette agitation ne révèle son isolement en n’encourage le peuple à songer à un soulèvement, le régime a passé la semaine à prendre des mesures discrètes pour laisser supposer qu’il avait du répondant et même la capacité de punir ses adversaires. Ce fut la semaine des bluffs compliqués, de déprimes et de coups de folie !


12.06.2011

Iran : la semaine en images n°172

Cette semaine (S22), les mollahs devaient rassembler partout en Iran le maximum d’Iraniens pour la commémoration de la disparition de Khomeiny et surtout sur le site de son vaste mausolée qui compte des centaines de milliers de mètres carrés. C’était là une mission impossible. Comme les héros de la série du même nom, les mollahs ont tenté de compenser l’infériorité numérique par des artifices en tout genre que nous avons le plaisir de vous présenter dans cette 172ème édition de la "semaine en images". Voici la semaine 22, vitrine de l’intelligence des mollahs, mais aussi un nouvel aperçu de leurs difficultés qui relèvent leurs chances de survie au niveau d’une mission impossible. Vous pouvez cliquer & zoomer sur les images pour les agrandir.


05.06.2011

Iran : La semaine en images n°171

Cette semaine, le mardi 25 mai, le régime devait commémorer la libération de la ville de Khorramchahr, le plus grand port du pays avant la révolution. C’est un anniversaire difficile car la région pétrolière de Khouzestan où se trouve cette ville a été oubliée par le régime bien qu’elle soit à l’origine du principal revenu en devise du régime.

Dans le même temps, cette semaine, Washington devait annoncer de nouvelles sanctions énergétiques contre les mollahs.

Les mollahs ont annoncé l’inauguration d’une nouvelle raffinerie dans la région de Khouzestan le lundi 24 mai pour calmer les habitants de cette région tout en neutralisant les effets démoralisants des sanctions prévues. Le projet (qui selon nous a été inventé à la hâte) a explosé pendant l’inauguration. On a cru à un attentat avant de s’apercevoir tardivement qu’il s’agissait d’un accident dû à la grève des ingénieurs, ce que l’opposition attend depuis toujours. Mais personne n’a pu s’étendre sur le sujet car 2h après l’explosion, le lundi à 10h55, les médias du régime ont basculé sur la mort du célébrissime footballeur en retraite Nasser Hejazi à la suite d’un cancer des poumons alors que cet homme avait annoncé sa guérison complète quelques mois plus tôt. Vu que personne n’a signalé ce détail dans les médias remarquablement dociles du régime, on peut supposer une manipulation.

En fait, pour échapper à deux grands problèmes, le régime avait pensé à une inauguration miracle. Son projet a explosé, on a vu qu’il avait de graves problèmes dans le secteur pétrolier, il a tenté de détourner les attentions avec la mort d’une idole. La semaine a tourné autour de cette mort.

Mais le régime a poussé le vice jusqu’à annoncer l’appartenance du défunt à sa fausse opposition islamiste, le Mouvement Vert, pour régénérer au passage cette entité agonisante. Comme nous le verrons sur les images, dans la confusion, il a commis des erreurs. Nous avons connu une semaine bien houleuse, pleine de surprises et manipulations.


29.05.2011

Iran : La semaine en images n°170

Téhéran vient d’annoncer la découverte d’un vaste réseau d’espionnage et l’arrestation simultanée de 30 agents ou officiers liés à la CIA. L’arrestation des chefs du réseau annonce d’autres arrestations. Cela intervient après le refus des officiers et des gradés des Pasdaran de réprimer les rassemblements anti-régime de la Fête du Feu.

Au cours des dernières semaines, grâce aux images montrant l’absence des Pasdaran dans les manifestations officielles, nous avions insisté sur la montée de la tension entre les Pasdaran et le régime.

Aujourd’hui, grâce aux images de la semaine dernière, nous pouvons vous exposer les étapes et les raisons de cette décision radicale. Nous pouvons également vous donner les clefs pour comprendre ce que le régime pourrait faire par la suite. Voici donc une exceptionnelle semaine en images.


22.05.2011

Iran : La semaine en images n°169

Il y a un mois, les Iraniens ont investi les rues pour chanter et danser toute la nuit à l’occasion d’un événement formellement interdit par le régime, la Fête du Feu qui coïncidait avec l’anniversaire de la naissance de Reza Shah, le fondateur de l’Iran laïque. Les Pasdaran ne sont pas intervenus pour disperser ces rassemblements doublement anti-régime. Deux mois auparavant, ces mêmes miliciens avaient boycotté l’anniversaire de la révolution islamique et la commémoration du retour de Khomeiny en Iran en 1979. Il était clair qu’ils affichaient silencieusement leur soutien aux adversaires du régime.

Cette union non déclarée des Pasdaran avec le peuple permettait d’espérer un changement. L’opposition officielle, le Mouvement Vert, conçue pour promouvoir des réformes au lieu d’un changement était dépassée. Le régime n’avait plus de joker. Les derniers partisans du régime ont paniqué. Ils ont aussi pris leurs distances en cessant de participer aux manifestations officielles et ils se sont également mis à vendre leurs biens pour acheter de l’or afin de préparer leur fuite.

Le régime était désorganisé. Pour rétablir l’ordre, il devait montrer qu’il avait le soutien des Pasdaran, mais il n’a pas réussi à organiser des manifestations en sa faveur (quel que soit le prétexte, la menace ou la récompense invoqués). Chaque effort raté mettait davantage en évidence la rupture des Pasdaran donc sa vulnérabilité. Le régime était en train d’encourager le peuple à voir les Pasdaran comme des alliés et d’envisager un soulèvement couronné de succès.

Pour éviter ce scénario, la semaine dernière, le régime a changé d’approche. Il a renoncé à soumettre les Pasdaran, à la place, il s’est mis à dénoncer l’unité des Pasdaran avec l’horrible Ahmadinejad contre le Guide pour insinuer une lutte interne pour le pouvoir (et non contre le régime islamique) afin que le peuple ne pas voie pas les Pasdaran comme des alliés et qu’en conséquence, il renonce à tout soulèvement.

Mais par chance pour nous, au moment du lancement du plan dissuasif, le régime devait organiser une grande manifestation officielle en hommage à un champion de la révolution islamique et les Pasdaran ont boycotté l’événement. La thèse qu’ils étaient contre le Guide mais pour le régime était fausse. Pour faire revivre son super plan anti-soulèvement, le régime annoncé que les Pasdaran allaient défier le Guide dans les rues en début de cette semaine, ce samedi.

Ce samedi, la manifestation en question n’a pas eu lieu faute de participants, une preuve que les derniers partisans du régime ne voulaient y prendre part (donc être vu dans les mises en scène du régime agonisant). Le régime a renoncé à son plan en faisant valoir une réconciliation entre Ahmadinejad et le Guide. Il a même diffusé la photo de leurs retrouvailles le dimanche. Mais quelques heures plus tard, le prince Reza Pahlavi publiait comme chaque mois le compte-rendu de ses échanges par courriels avec les Iraniens : il y était question de l’opportunité de commencer des grèves dans les industries et les services pour paralyser le régime.

Re-panique à bord ! Le régime devait trouver un moyen pour annuler discrètement la réconciliation afin de relancer la peur des Pasdaran pour immobiliser le peuple ou il devait trouver autre chose car il n’est pas aisé de se montrer discret et dans le même temps simuler une querelle. Le résultat est une semaine avec beaucoup de tergiversations et quelques cafouillages (même dans les photos), une nouvelle semaine de crise et d’erreurs pour le régime.


15.05.2011

Iran : L’incroyable révolution des Pasdaran !

Il y a une semaine, les médias iraniens évoquaient la mauvaise attitude d’Ahmadinejad et ses amis les Pasdaran vis-à-vis du Guide en dénonçant les « ambitions cachées des Pasdaran » de prendre le pouvoir par la force. La polémique revient avec la dénonciation du manque de respect vis-à-vis de la constitution et du Parlement. On parle de plus en plus des ambitions dévorantes des Pasdaran d’accaparer le pouvoir par la force. En fait, les Pasdaran ont quitté le régime pour s’approcher du peuple, le régime cherche à les montrer comme des ambitieux au service de leurs propres intérêts afin d’empêcher une union sacrée capable d’une nouvelle révolution. Les détails de l’affaire sont extrêmement intéressants. Les voici.


13.05.2011

Iran : La semaine en images n°168

La semaine dernière, l’actualité iranienne était focalisée sur la fièvre de l’or. Les collaborateurs du régime achetaient de l’or sous l’effet de l’inquiétude née de la passivité affichée par les Pasdaran, les Bassidjis et les militaires lors de la contestation du régime sous la forme inédite de rassemblements mixtes et dansants célébrant des fêtes zoroastriennes interdites par le clergé. Le régime était en difficulté. Il devait regagner le soutien de ses miliciens pour empêcher les achats d’or évoquant le manque de confiance de ses collaborateurs en sa survie, une situation propice à un effondrement graduel ou soudain. Le régime a tenté de regagner le soutien de ses miliciens en les menaçant. Il a même tué trois d’entre eux pour intimider les autres avant de leur proposer des cadeaux de grande valeur. Mais il n’a pas réussi à les soumettre. Le régime était très en difficulté.

Une semaine après, le sujet est oublié car tous les médias iraniens parlent d’une « querelle entre Ahmadinejad et le Guide Suprême et leurs bandes respectives de miliciens pour exercer le pouvoir ». Mais cela est une ineptie car selon la constitution de la république islamique, le Guide n’a aucun pouvoir et ne décide rien. Le pouvoir est exclusivement exercé par le Conseil de Discernement de l’Intérêt du Régime (composé de 22 membres à vie) qui signe les traités, les contrats et choisit toutes les orientations et les programmes du pays dans tous les domaines. Dans ce système, les miliciens devraient déposer le Conseil de Discernement pour exercer le pouvoir, ce dont on ne parle pas.

En réalité, par la rumeur de la « Guerre des Loups », le régime a transformé les miliciens dissidents en méchants avides de pouvoir afin que le peuple ne puisse pas les considérer comme ses alliés et qu’en conséquence, il ne puisse non plus envisager un soulèvement en tablant sur leur passivité voire leur soutien. Voici les images de la construction minutieuse d’une rumeur qui tel un mur veut séparer des alliés potentiels.


08.05.2011

Iran : La semaine en images n°167

Depuis des mois, les forces armées du régime boudent les manifestations officielles. Chaque manifestation ainsi ratée confirme la fragilité du régime face à un soulèvement et par conséquent elle augmente l’inquiétude dans les rangs des collaborateurs du régime. Actuellement ces gens achètent de l’or avec frénésie dans la crainte d’un effondrement soudain du régime.

De fait, chaque événement officiel nécessitant une célébration avec la présence des forces armées est d’avance perçu comme une épreuve pour le régime. Cette semaine, le régime avait une très grande épreuve de ce genre devant lui : la célébration de la création des Pasdaran qui devait commencer vendredi et durer plusieurs jours.

En prévision de nouveaux boycotts déstabilisants, jeudi dernier (la veille de la première manifestation), le régime avait menacé les Pasdaran dissidents des pires sévices. Cet avertissement n’a pas été entendu. La présence des Pasdaran a été très faible aux manifestations en leur honneur.

Cette semaine, on a franchi un seuil. Le régime était menacé : la bourse de Téhéran s’est effondrée et la demande d’or a explosé. Le régime a augmenté l’offre de l’or dans des proportions inattendues et a organisé un accident de la route pour trois commandants dissidents des Pasdaran. Vous n’en avez rien su car les partenaires occidentaux du régime ont surtout parlé des nouvelles sans importance (sur le cinéma iranien) afin de dissimuler les difficultés de leur allié. Washington qui a besoin d’un allié islamiste en Iran a même précipité deux émissaires à Téhéran. Voici les images d’une semaine mouvementée dont les mollahs et les Pasdaran se souviendront.


01.05.2011

Iran : La semaine en images n°155

Au début de cette semaine, le mardi 1er février, le régime célébrait en grande pompe l’anniversaire du retour de Khomeiny en Iran en 1979. Etant donné que ce retour est qualifié de Fajr qui veut dire aube en arabe, le même jour, il devait lancer la décade de Fajr, dix jours de festivités culturelles avant la célébration de l’anniversaire de la révolution le vendredi 11 février.

Mais fait inédit dans l’histoire du régime : ces célébrations n’ont pas pu avoir lieu et la Décade de Fajr n’a pas pu démarrer le 1er février en raison d’une absence de mobilisation populaire. Voici le récit et les images d’une semaine bénie. (vous pouvez cliquer puis zoomer sur les images pour les agrandir une ou deux fois)


06.02.2011

Iran : La semaine en images n°146

Cette semaine, on était encore dans la Semaine du Bassidj qui a débuté le 25 novembre : le régime devait organiser jusqu’au jeudi 2 décembre des manifestations pour mettre en valeur les capacités policières de la milice chargée de réprimer les émeutes. Mais les jeunes qui formaient cette milice essentielle pour la sécurité du régime ont rompu avec lui au moment du soulèvement du peuple iranien en juin 2009 et boycottent depuis cette date toutes ses manifestations. C’est pourquoi comme la semaine dernière, le régime a dû faire des manœuvres médiatiques pour cacher ce boycott qui est la preuve de son affaiblissement.


05.12.2010

Iran / Etats-Unis : Otages contre otages

Nous ne cessons de vous rappeler que pour étendre son hégémonie, Washington a besoin des mollahs qui ont l’autorité nécessaire pour agiter les musulmans dans le sens des intérêts américains au Moyen-Orient et surtout en Asie Centrale [1]. Mais ces derniers ne peuvent pas accepter une alliance car cette évolution vers une république islamique au service des intérêts américains passerait nécessairement par un transfert de tous leurs pouvoirs entre les mains des pions islamistes de Washington. C’est pourquoi Washington fait pression sur les mollahs : il veut les forcer à accepter le dialogue qui mène à leur capitulation. Ces pressions se composent de sanctions sélectives, de projets d’investissements annulés à la dernière minute, mais aussi de frappes contre les Pasdaran basés à proximité des frontières irakiennes ou pakistanaises via des groupes armés baloutche ou kurde. Hier, le composant baloutche de ce dispositif a attaqué un convoi des Pasdaran pour prendre 6 otages qu’il menace d’exécuter.


18.09.2010

Iran : Oriflame devra payer !

Les Pasdaran ont envahi les locaux iraniens de la société suédoise Oriflame. L’entreprise suédoise de vente directe de cosmétiques est accusée d’avoir organisée une société de vente pyramidale. 5 employés dont un important responsable suédois ont été arrêtés. Les médias sont déchaînés. Il y a eu 3 des fatwas contre les produits et les « catalogues obscènes » de cette entreprise. On a aussi évoqué des liens, mais le régime négocie avec les « coupables » ! | Décodages |


25.08.2010

Iran : Rumeurs d’une guerre qui n’aura pas lieu !

Il y a une semaine, la presse israélienne a affirmé qu’une douzaine de navires de guerre américains (dont un porte-avions) et un navire de guerre israélien avaient traversé le Canal de Suez avec la collaboration discrète de l’armée égyptienne pour faire route vers la mer rouge. L’annonce est devenue par la suite une rumeur sous l’effet de sa reprise par certains sites qui aiment prétendre disposer d’infos secrètes, ce qui a donné lieu à des rumeurs d’une frappe imminente des installations nucléaires iraniennes. Ce n’est pas la première fois que de telles choses arrivent. Les autorités américaines ont pour leur part ni confirmé, ni démenti. Cela n’est pas non plus une attitude inédite : tout au long de la présidence Bush en parallèle aux efforts diplomatiques intenses pour renouer le dialogue avec Téhéran en vue d’une entente vitale pour les Etats-Unis, les autorités américaines avaient frappé sur les tambours de la guerre. A l’époque, notre pronostic était qu’il n’y aurait pas de guerre, nous le maintenons : il n’y aura pas de guerre, mais nous assistons à un retour des tambours de la guerre dans une version plus efficace.


26.06.2010

Iran : La semaine en images n°122

Le 12 juin dernier devait avoir lieu l’anniversaire du Mouvement Vert partisan de Moussavi qui prône le retour aux valeurs de la révolution islamique, c’est-à-dire le refus de tout compromis avec l’Occident. Ce Mouvement soi-disant démocratique a été inventé par le régime pour donner une légitimité populaire au refus de tout dialogue ou apaisement avec les Américains. Il y a un an, les Iraniens qui connaissent bien le passé de Moussavi n’étaient pas descendus dans les rues à l’appel de ce mouvement le représentant, ils ont agi de même cette année. En revanche, l’année dernière, les Iraniens avaient profité de l’autorisation de manifester accordée à cette fausse opposition pour descendre massivement dans les rues le 15 juin. Cela avait donné lieu à un soulèvement qui avait duré 10 jours faisant des centaines de morts. Cette semaine, pressé par une nouvelle résolution, Téhéran devait absolument réanimer ce Mouvement Vert de repli islamique. Il a donc déployé des trésors d’efforts indirects pour encourager une mobilisation à l’occasion de l’anniversaire du soulèvement du peuple iranien. Ces efforts ont été un échec : il n’a pas pu entrer dans l’ère de refus légitime qui neutraliserait les résolutions onusiennes et leurs lots de sanctions qui visent les Pasdaran, milice islamiste mais aussi pilier économique du régime. De fait, il s’est retrouvé en prise directe avec les sanctions qui le visent. La semaine a été une suite d’efforts discrets pour la réanimation du Mouvement Vert et de discours dynamiques faisant état de sa capacité à surmonter toutes les sanctions et leurs promesses de difficultés économiques.


20.06.2010

Iran : Le contrat gazier du siècle !

La résolution 1929 adoptée le 9 juin par le Conseil de sécurité a annoncé l’adoption de nouvelles sanctions visant les Pasdaran. Cette milice est aussi un important holding financier. De fait la résolution annonçait de nouvelles difficultés économiques pour le régime. Pour montrer que ce pilier économique se portait bien, Téhéran a annoncé hier l’achat par les Pasdaran de plusieurs blocs du champ gazier South Pars pour un montant record de 21 milliards de dollars.


16.06.2010

Iran : La semaine en images n°114

Il y a une semaine, le régime des mollahs avait annoncé la tenue à Téhéran de l’Iran Oil Show qui devait être la vitrine de l’inefficacité des sanctions contre l’Iran. Mais cette exposition réunissant les représentants des grandes compagnies européennes mais aussi chinoises n’a débouché sur aucune déclaration forte d’un des exposants. De fait, le régime a mis l’accent sur les nouvelles militaires de la journée de l’armée et les manœuvres des Pasdaran où il était question de fermer le détroit de l’Ormuz. La propagande militaire a été à la hauteur de la déception pétrolière de l’Iran Oil show. Téhéran a fait état d’une forte puissance de feu.


25.04.2010

Iran : Le grand jeu des Pasdaran dans le golfe Persique

Depuis 2005, sur un fond de tension avec Washington, les Pasdaran, milice chargée de la sécurité du régime, organisent des manœuvres navales dans les eaux du Golfe Persique pour prétendre qu’elle peuve fermer le détroit d’Ormuz en faisant couler des pétroliers. Cette année pour la première fois, Téhéran a coulé un bateau dans le premier jour de manœuvre pour faire monter la tension d’un cran.


23.04.2010

Iran : La semaine en images n°113

Il y a deux mois, Téhéran avait prévenu que le 10 avril, à l’occasion de la journée nationale de la technologie nucléaire, il annoncerait de grands progrès en matière d’enrichissement, mais en raison d’un article du New York Times remettant en cause l’authenticité des annonces, vendredi dernier, le régime a bâclé sa journée de la technologie nucléaire en annonçant des progrès négligeables. Il a ainsi donné l’impression de perdre ses moyens face aux Américains. C’est pourquoi le régime a passé une semaine testostéronée pour restaurer son image de méchant qui n’a pas peur des Américains.


18.04.2010

Iran : Saint-Valentin poilu à Téhéran

Depuis Téhéran où la Saint-Valentin est vigoureusement combattue par les autorités nous vous adressons un petit clin d’oeil imagé de nos barbus qui malgré cette interdiction ne se lassent pas de se témoigner les uns les autres de l’amour, de l’amitié et des signes de tendresse… ce qui d’ailleurs ne les empêchera pas, par derrière, de planter des banderilles dans leurs amis.


15.02.2010

Iran : Discrétion sur un assassinat humiliant

Il y a une semaine, le directeur de la section atomique de l’université de Téhéran a été tué dans l’explosion d’une bombe devant son domicile. Le régime a immédiatement accusé Washington. Il y a trois jours, le procureur du régime des mollahs dans la région iranienne frontalière de la Turquie a été abattu par balles devant son domicile et le groupe armé Pejak que Téhéran associe à Washington a revendiqué l’assassinat, mais le régime se garde d’accuser le Pejak ou Washington et attribue le coup à des usuriers organisés en bande jadis arrêtés par le procureur. Une explication s’impose.


21.01.2010

Iran : La semaine en images n°88

Deux événements iraniens ont une large répercussion dans les médias occidentaux : l’attentat contre les Pasdaran et surtout les négociations à Vienne qui devait être la première étape de coopération des mollahs avec les Six conformément aux engagements pris par Téhéran pendant la reprise des négociations à Genève le 1er octobre 2009. Aucun des deux n’a eu de couverture photographique. Téhéran a censuré les images de l’attentat et les Six ont censuré les images des négociations notamment parce que les mollahs refusaient de parler aux autres (selon les aveux d’El Baradai). En revanche, la semaine était riche en images dérivées de ces évènements : l’exploitation par Téhéran de l’attentat pour accabler ses ennemis et montrer que le régime était encore debout, et la préparation du climat politique pour mettre en avant la contestation de la légitimité du président afin de contester l’accord que ses collaborateurs ont cédé à Vienne. (Vous pouvez cliquer puis zoomer sur certaines images pour les agrandir une ou deux fois)


25.10.2009

Iran : Washington frappe les Pasdaran via le Jundallah

Plus d’une trentaine de commandants des Pasdaran dont le vice commandant des forces terrestres de cette milice et 9 chefs tribaux ont trouvé la mort dans un attentat à l’explosif dans la région de Sistan et Baloutchistan. Le groupe armé du Jundallah dont les membres se réfugient régulièrement au Pakistan a revendiqué l’attentat. Téhéran a accusé les Etats-Unis.


19.10.2009

Iran : Le choix de Vahidi, un acte de foi

Ahmadinejad a désigné comme futur ministre de la défense un certain Ahmad Vahidi, recherché par Interpol pour un rôle actif dans l’attentat contre le centre juif argentin en 1994. L’annonce de cette nomination a déclenché une vive polémique dans les médias occidentaux, une polémique que l’on ne retrouve guère dans les médias iraniens de quelques bords qu’ils soient. Dans un contexte de critique des choix ministériels d’Ahmadinejad, ce silence laisse songeur. Il n’y a jamais de hasard en Iran, mais des stratégies. | Décodages |


27.08.2009

Iran : Les Américains et les Pasdarans

L’information sur l’Iran est souvent sinon toujours déformée par des intervenants liés à l’Iran. Au lieu de parler des vrais décideurs de l’ombre comme Rafsandjani, ils évoquent sans cesse une « lutte entre des modérés et des conservateurs » pour écarter l’hypothèse d’une instabilité feinte qui convient bien au régime et à son patron Rafsandjani. L’interview d’un expert américain publié dans le Figaro montre que cette approche convient bien aux Américains.


24.07.2009

Iran : La semaine en images n°72

Notre rubrique « la semaine en images » est victime des circonstances. Dès le soulèvement inattendu du peuple iranien que tout le monde évoque comme « la résurrection », les services de propagande photographique du régime dont nous étudions les productions ont arrêté leurs activités. Cette production a repris mais au ralenti car le soulèvement a perturbé les activités officielles du régime : les conférences pro-régime ont été annulées ainsi que les déplacements d’Ahmadinejad.


05.07.2009

Iran : La partie commence maintenant !

Il y a presque un mois, le régime des mollahs organisait ses élections présidentielles. L’enjeu était de placer à l’exécutif, un homme capable de repousser l’offre de dialogue d’Obama, offre qui entend engager le régime dans un processus d’apaisement contraire à sa vocation d’agitateur régional. Pour répondre à ce défi, le régime a d’abord pensé à un retour de Khatami, puis à une réélection d’Ahmadinejad avant de faire le choix d’une nouvelle révolution islamique, la vague verte, avec Moussavi dans le rôle de Khomeiny. Enjeux et détails d’un plan à haut risque pour le régime.


04.07.2009

Iran : Selon les Pasdaran l’été sera chaud !

Le mercredi 24 juin, les Iraniens hostiles au régime, réunis en face du bâtiment du premier Parlement iranien ont été durement réprimés : plusieurs morts ou blessés visés à la gorge et beaucoup d’arrestations. Le régime affirme que l’insurrection est finie : ce n’est pas l’avis de Mohsen Sazgara, le fondateur des Pasdaran qui vit aujourd’hui à Washington.


26.06.2009

Iran : Vraies nouvelles fraîches du front

Si l’on en croit certains médias, journalistes ou politiciens français, il y aurait de petits affrontements en Iran, principalement à Téhéran et uniquement entre des partisans de deux clans rivaux. Etrangement, alors que tous les médias français évitent les mot révolution ou insurrection, ils parlent aussi d’une mobilisation massive des Pasdaran pour mater le mouvement. En fait, il faut oublier cette désinformation, voici des vraies nouvelles fraîches du front.


23.06.2009

Gaz : L’Iran veut acheter Shah Deniz 2 !

Il y a une semaine, Téhéran proposait l’achat de tout le gaz de la phase 2 du gisement azerbaïdjanais de Shah Deniz situé sur la mer Caspienne. Il ne s’agissait pas de s’approprier le volume destiné au futur gazoduc Nabucco, mais d’influencer le verdict d’un procès actuellement en cours en Azerbaïdjan qui établirait un lien entre les Pasdran et Al Qaeda.


08.06.2009

Iran : Le Jihad maritime des Pasdaran sera un feu de paille

Selon une information exclusive de RFI, « des unités, des navires et du matériel militaire (des Pasdaran) sont implantés depuis quelques mois dans le port érythréen d’Assab, sur la mer Rouge ». Olivier Rogez, l’auteur de l’article, évoque la crainte d’un « Jihad maritime » sur cette artère par où « transitent 25% du pétrole de la planète et 10% du commerce maritime mondial ».


09.05.2009

Iran : Le PEJAK reprend du service

Samedi dernier, les combattants du groupe terroriste Pejak financés par Washington avaient attaqué des postes frontaliers iraniens et tué 21 miliciens des Pasdaran chargés des frontières. En représailles, les hélicoptères iraniens ont bombardé trois villages kurdes du nord de l’Irak.


04.05.2009

Iran : Mohsen Rezaï, un candidat pour rien

Mohsen Rezaï, le premier chef des Pasdaran de 1981 à 87 et aujourd’hui adjoint de Rafsandjani, a annoncé hier sa candidature à l’élection présidentielle du 12 juin.


01.05.2009

Iran : La semaine en images n°61

A l’occasion de la journée de l’armée, Ahmadinejad a tenu un discours très modéré. L’AFP parle d’un profil bas de Téhéran qui serait la preuve d’une volonté de favoriser le dialogue avec les Etats-Unis. Grâce à des images de la presse iranienne et des vidéos des JT des mollahs, nous vous livrerons une autre version de l’histoire.


19.04.2009

Iran : Le Guide refuse l’intégration dans l’ordre international

L’ensemble des solutions proposées pour le règlement de la crise nucléaire iranienne évoque comme un suprême cadeau fait aux mollahs, une adhésion de l’Iran à l’OMC, des contrats à tire-larigot : parfaite panoplie pour une intégration de l’Iran dans la communauté internationale. Pour la première fois, Téhéran s’est prononcé sur cette formule.


16.04.2009

Iran : Khatami ne plait pas à tout le monde

Actuellement pris au piège d’une demande encombrante de négociations directes qui le prive d’atout pour refuser un compromis, le régime agite dans ses médias et les médias occidentaux la promesse d’un retour aux affaires du soi-disant modéré Khatami. Dans le concert des louanges qui ont suivi l’annonce de sa candidature, la chaîne Al-Arabiya s’est démarquée en affirmant que Khatami n’était pas un partenaire fiable. | Décodages |


17.02.2009



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