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Iran : La semaine en images n°248

intro de base pour comprendre la situation,
mise à jour chaque semaine :
avec une nouvelle analyse inédite des événements de la semaine précédente.
En rouge : les éléments qui, cette semaine, ont été d’actualité.

Origines de la crise. Il y a 33 ans, en 1979, les mollahs, alliés historiques de Britanniques et exclus du jeu par la dynastie progressiste des Pahlavi, ont pu revenir dans l’arène politique quand les Américains ont décidé de renverser le Shah (coupable entre autre d’avoir modernise le pays, stabiliser la région et aussi d’avoir créer l’OPEP) avec l’intention d’installer à sa place leurs islamistes (dont l’OMPI) pour déstabiliser la région et la remodeler selon leurs intérêts pétroliers. Le projet appelé Arc de Crise devait faire de l’Iran un foyer d’agitation islamiste pour soulever l’Asie Centrale contre la Russie et la faire basculer dans le camps américain permettant à Washington de devenir la première puissance pétrolière au monde. Cela allait mettre fin à 100 ans de domination du marché pétrolier par les Britanniques : les mollahs pro-britanniques ont participé au projet pour évincer les pions de Washington, dévoyer le projet et aussi accaparer le pouvoir. Ce coup d’état interne a été réalisé par Rafsandjani, le demi-frère et fondé de pouvoir de Khomeiny, en assassinant les pions religieux de Washington et surtout en coupant le cordon ombilical entre Washington et la révolution islamique par l’attaque des "étudiants islamiques" contre l’ambassade américaine et la prise en otage des diplomates américains. En échange, de ces services et cette Seconde révolution islamique, Rafsandjani a été autorisé à écarter des mollahs plus hauts placés comme Mottahari (le protecteur des Larijani) et d’accéder à tous les postes clefs comme le ministère de l’intérieur, les services secrets des Pasdaran ou encore le ministère de guerre qui ont fait de lui le patron non officiel du régime et de tous les bons business (pétrole, automobile, le secteur alimentaire). Avec quelques autres mollahs ambitieux et le soutien tacite des Britanniques, Rafsandjani a aussi verrouillé le système en diabolisant les Etats-Unis et en attaquant ses intérêts et ses alliés régionaux pour ne laisser aucune chance de retour aux pions américains.

L’Etat américain a alors commencé à sanctionner les mollahs pour provoquer des pénuries et un risque de soulèvement pour forcer Rafsandjani et ses complices à cesser leur diabolisation, d’accepter un apaisement, puis la normalisation des relations pour qu’il puisse revenir en Iran avec ses pions et reprendre le pouvoir via une révolution de couleur.

Rafsandjani et ses complices ont alors accentué les actions terroristes contre les intérêts américains et ont décidé de sacrifier la production nationale pour importer tout d’Europe afin d’acheter la protection diplomatique des Européens. Cela et la guerre contre Saddam ont rapidement ruiné le pays et sa force de production : les ouvriers ont perdu leurs emplois, les Bazaris qui vivaient de la vente des produits nationaux ont été ruinés. Le pays était aussi en guerre. Beaucoup de jeunes Pasdaran contactaient Reza Pahlavi pour exprimer leurs regrets de tout ce qui avait été perdu par leur faute. La révolution islamique a très vite perdu ses enfants et très vite, le régime s’est retrouvé en danger. Mais il n’est pas tombé car Washington n’a jamais aidé les opposants, le peuple et les dissidents de peur que le modèle islamique nécessaire à ses projets régionaux ne disparaisse.

Par ailleurs non seulement Washington n’a jamais aidé les opposants, mais encore, il a souvent laissé un grand nombre de ses partenaires stratégiques contourner ses sanctions pour adoucir leur effet. quand il estimait qu’elles pouvaient dépasser leur objectif et entraîner la chute du régime islamique qu’il veut récupérer.

Mais en agissant ainsi, Washington a rallongé l’agonie du régime et a amplifié l’opposition et la dissidence, ce qui a affaibli la position de Rafsandjani, le patron de facto du régime, parmi ses adversaires internes. Pour se maintenir, Rafsandjani a toujours cherché à étendre son pouvoir. En 1989, à la mort de Khomeiny, il a trafiqué le testament de ce dernier pour officialiser sa propre mainmise sur le régime et a obtenu les pleins pouvoir pour le Conseil de Discernement qu’il présidait et préside encore). Mais la poursuite des sanctions visant personnellement Rafsandjani (comme avec le mandat d’arrêt pour l’attentat de l’Amia) et son incapacité à les neutraliser l’ont amené à partager le pouvoir avec des adversaires (comme les frères Larijani) pour acheter leur loyauté et des délais supplémentaires pour restaurer son hégémonie.

Rafsandjani a alors tenté un faux apaisement via Khatami, un ex-responsable d’assassinats des opposants exilés, mais il n’a pas pu amadouer Washington. Il l’a alors remplacé par un autre ex-responsable des services secrets nommé Ahmadinejad et l’a entouré des pires racailles des services secrets (comme Mottaki, Najjar, Vahidi) pour tenter de faire reculer Washington avec toute sorte de menaces. Mais Washington a utilisé ces menaces pour renforcer ses sanctions !

Mais en 2007 quand Washington a impliqué le Conseil de Sécurité de l’ONU pour généraliser les sanctions et s’est mis à évoquer très régulièrement la possibilité de frappes militaires, la dissidence interne s’est amplifiée : on a assisté à d’importants boycotts des manifestations officielles par les de Pasdaran de base, les Bazaris ou des mollahs de base.

En 2008, Washington a adopté ses premières sanctions bancaires, limitant sérieusement les revenues en devises du régime. Rafsandjani et ses complices au sein du Conseil de Discernement ont décidé de limiter le pouvoir d’achat des Iraniens pour brider la consommation afin de survivre malgré la diminution de leurs revenus. Le plan prévoyait la suppression de tous les prix subventionnés, mais par peur d’une émeute générale, le régime a d’abord gelé les salaires de ses propres employés les mieux payés, les agents sécuritaires, qui ont été très déçus et ont aussi pris leur distance bien qu’ils ne puissent pas aller vers la dissidence en raison de leurs passés criminels.

Cette nouvelle rupture était terrible. Le régime était menacé en cas d’un soulèvement. Rafsandjani devait songer à une éventuelle négociation avec Washington pour pouvoir quitter le pays avant la chute du régime : il a alors exclu Ali Larijani du poste clef de négociateur nucléaire lui donnant accès au dialogue avec les Américains pour prendre en main ce poste. Larijani ne s’écartait pas : Rafsandjani devait lui donner un poste clef. Via a les élections factices du régime, il lui a offert la direction de la majorité législative (la chefferie du Parlement) : un titre et une tribune plus qu’un vrai pouvoir car le Parlement n’a aucun rôle décisionnaire dans le système actuel. Ali Larijani a alors révélé par l’intermédiaire de l’un de ses pions la corruption de Rafsandjani et de ses alliés afin de les éliminer du jeu et devenir celui qui négocie la fin du régime pour bénéficier des mêmes garanties.

Rafsandjani s’est vu menacé par les sanctions, le risque de pénuries et d’émeutes, la dissidence interne ou encore les dossiers d’Ali Larijani : en juin 2009, il a tenté de sauver le régime et surtout sa situation avec le Mouvement Vert, une fausse révolution de couleur, partisane de la ligne (anti-américaine) de Khomeiny, menée par ses ex-amis (les étudiants islamiques preneurs d’otages de l’ambassade américaine pour donner une nouvelle légitimité à son clan.

Mais le peuple a profité de l’occasion pour crier sa haine du régime et les Pasdaran ne sont guère intervenus pour réprimer cette contre-révolution. Rafsandjani a dû offrir le Pouvoir Judiciaire à Sadegh Larijani, le frère cadet d’Ali Larijani, pour acheter leur loyauté afin de poursuivre ses plans.

Rafsandjani offrait plus de pouvoirs à ses ennemis (les Larijani), mais avec un risque limité car le maître des accusations, procureur Ejéi (un ex-patron des services secrets) était un de ses pions et par ailleurs, le tribunal spécifique au clergé ou encore l’inspection générale interne étairnt dirigés par ses pions : les mollahs Razini et Pour-Mohammadi. Rafsandjani devait cependant faire vite avant que les Larijani nomment leurs pions. Il a alors tenté de duper le peuple avec de nouveaux slogans moins mièvres et en faisant passer d’ex-agents secrets enrôlés dans le ministères des affaires étrangères, mais aussi ses enfants Mehdi et Faezeh pour des opposants.

Mais après un an d’échecs, il a dû s’éclipser laissant officieusement ses pouvoirs à Ali Larijani.

On peut dire que Rafsandjani a perdu le soutien de ses pairs et qu’il a été débarqué du pouvoir par eux et Larijani qui avait des dossiers contre tout le monde a pu obtenir sa place. Mais ses gens n’ont pas osé officialiser la passation du pouvoir car il avait peur de Larijani et de ses dossiers compromettants. De fait, il n’y a pas eu d’épuration interne, Rafsandjani est resté influant car il gardait des pions au pouvoir en particulier Ahmadinejad et ses ministres, tous issus des services secrets des Pasdaran qu’il avait jadis dirigés. Ainsi, en juin 2010, le pouvoir est devenu bicéphale, complètement divisé.

Larijani a alors commencé à mettre en place des procès contre les enfants de Rafsandjani pour l’atteindre moralement et des procès contre Ahmadinejad et ses ministres chargés des négociations pour démanteler son équipe afin de permettre à son propre équipe de prendre la place. Cette entreprise de sape a reçu le soutien tacite de tous ceux qui avaient été exclus depuis toujours du pouvoir et des bons business par Rafsandjani.

Fin 2010, Ce nouveau pouvoir très divisé a enfin mis en place son plan impopulaire de suppression de tous les prix subventionnés confirmant par la même occasion que sa situation économique était très grave. En seulement un mois, la hausse des prix de produits énergétiques a entraîné la faillite de 60% des entreprises et une terrible récession

Trois mois plus tard, en mars 2011, la fête du Feu, une grande fête persane interdite par le régime depuis toujours, coïncidait avec l’anniversaire de Reza Shah, le fondateur d’Iran laïque. Le régime a menacé le peuple des pires répressions s’il bougeait. Le peuple a passé outre ces menaces montrant son rejet de l’Islam et son souhait d’une contre-révolution. Les Pasdaran ont laissé faire, affichant ainsi leur soutien à la contre-révolution. Cette action exemplaire a réduit le régime à ses 200 dirigeants, près de 15,000 responsables régionaux, 800 hommes d’affaires et 6000 nervis.

Le Régime a tenté de rétablir l’ordre en cessant de payer les Pasdaran, en assassinant des meneurs d’hommes ou en incendiant le Bazar à plusieurs reprises sans parvenir à soumettre les dissidents qui étaient à l’origine de ses malheurs.

Ruptures internes & crise du dollar.

Le Régime était fragilisé, il pouvait chuter dans le sang et ses dirigeants devaient songer à accepter l’offre de Washington pour céder le pouvoir afin d’échapper à une fin terrible. Les cadres et les hommes d’affaires du régime qui allaient être sacrifiés dans le deal ont paniqué : les cadres du régime ont commencé à rompre et les hommes d’affaires du régime ont commencé à brader leurs biens pour acheter de l’or et des dollars afin de quitter le pays avant la débandade de leur dirigeants. La demande du dollar a fait augmenter le prix de la devise américaine sur le marché libre. Le taux du dollar est devenu l’indicateur de la chute de la confiance des derniers compagnons du Régime en leur avenir.

Ces ruptures et ces retraits de devises ont affaibli davantage le Régime (déjà très en difficulté). Larijani a alors accentué ses efforts pour écarter au plus vite Rafsandjani afin de contrôler le jeu des marchandages avec Washington. Il a ainsi admis la vulnérabilité du Régime, ce qui a créé une nouvelle source d’agitation interne.

En juillet 2012, Washington a imposé aux Européens de cesser leurs relations protectrices pour amener Larijani à accélérer sa guerre contre Rafsandjani afin de provoquer de nouvelles fracture au sein du régime.. il y a de nouvelles ruptures (les députés, puis les juges). Les Chinois ont estimé que le régime était fichu : prudemment, ils ont annoncé la diminution leurs investissements, puis ont suspendu leurs achats pétroliers. La peur de la banqueroute économique et de pénuries a envahi tout le monde provoquant une nouvelle grande ruée vers le dollar, mais aussi une ruée vers les produits alimentaires. Le pays tout entier a basculé dans la révolte avec une grande manifestation contre le Régime à Neyshabur, puis des appels à la grève générale au Bazar et plusieurs attaques contre la police des moeurs, dernière milice encore fidèle au Régime… Les Pasdaran ne sont pas intervenus, confirmant ainsi leur adhésion à la contre-révolution.

Le Régime a fait appel à ses 6000 nervis de base pour rassurer ses derniers compagnons. Mais il n’a pu mobiliser que 250 individus qui au fil du temps n’osent même plus sortir dans la rue et soutiennent le régime en se réunissant uniquement sur des sites sécurisés.

Rafsandjani a aussi paniqué : il a donné des signes de vouloir négocier rapidement avec Washington pour vendre le régime en échange de quelques garanties de sécurité pour lui-même qui avait été la grand manitou dut terrorisme international.

Larijani a renforcé les accusations contre ses plus proches lieutenants. Mais il n’a pas réussi à le calmer. Les commandants des Pasdaran (qui sont en place grâce à lui mais pourraient être sacrifiés dans le deal à venir) ont rejoint le concert des accusations.

Rafsandjani a senti qu’il devait saisir toutes les occasions. Le voyage d’Ahmadinejad à NY pour l’Assemblée Générale de l’ONU était une occasion en or. Larijani a fait mine de vouloir l’arrêter. Les Pasdaran ont formulé d’autres accusations de corruption pour le dissuader de sceller une entente en échange de quelques garanties pour lui-même. Afin de les rassurer sur sa loyauté et les laisser partir son pion à N-Y, Rafsandjani a rapatrié ses enfants Mehdi et Faezeh, laissant les Larijani les arrêter : il les a mis en gage. Mais contre toute attente, dès son arrivée à NY, son pion Ahmdinejad s’est montré très charmant avec les Américains en leur proposant lors d’une interview télévisée la possibilité d’une normalisation des relations bilatérales ! Rafsandjani avait sacrifié ses enfants. Il devait estimer que le régime était fichu. La panique a de nouveau gagné tous les derniers compagnons du Régime : on a assisté à une folle ruée vers le dollar : en quelques heures, le dollar est remonté de 70% dépassant les 4000 Tomans.

Les Larijani ont placé Mehdi en isolement. Mais Rafsandjani a continué et il a ainsi déçu de nombreux proches par son cynisme. Ses amis ex-preneurs d’otages ou terroristes ont constaté qu’il pourrait facilement les sacrifier. Les Britanniques, alliés trahis, ont aussi demandé des sanctions supplémentaires pour intimider le Régime. Rafsandjani a dû reculer en faisant désavouer indirectement l’ouverture proposée par Ahmadinejad. Mais la panique a persisté car elle n’est pas seulement due à l’envie de fuite des dirigeants, mais à ce qui provoque cette envie, c’est-à-dire, la vulnérabilité du régime. Le régime était de facto condamné. Rafsandjani devait continuer ses efforts pour assurer ses intérêts au-delà du régime. Pour cela, il avait besoin de tous alliés disponibles. Il a décidé de sauver son fils pour rassurer ses fils spirituels. Il a alors a chargé Ahmadinejad de visiter la prison Evine de Téhéran au prétexte d’un rapport sur l’état des prisons. Les Larijani ont refusé la demande et ont même utilisé ce refus pour malmener le clan Rafsandjani et mettre en valeur son déclin.

Dans la foulée, le Régime devait organiser de nouveaux manoeuvres et défilés avec les Pasdaran. S’attendant à de nouveaux boycotts, le Régime redoutait une nouvelle panique ou un début d’exode de ses associés avec leurs fortunes reconverties en dollar. Ses dirigeants des deux clans ont cru judicieux de bloquer tous les comptes en devises. Cette mesure a encouragé ses compagnons à acheter davantage de devises, mais aussi de revenir à l’achat de pièces d’or. Le dollar et l’or ont atteint des sommets. Le régime a proféré des menaces à l’encontre des acheteurs qualifiés d’agitateurs financiers, mais en l’absence de troupes fidèles à ses côtés, il n’a pas pu les intimider. Il a alors incendié le Bazar pour forcer les revendeurs Bazaris d’arrêter les ventes. Les Bazaris, malmenés et ruinés par le régime depuis des années, ont baissé les grilles pour commencer une grève paralysante.

Sur les images de manifestations des Bazaris, on ne voyait aucun policier ou milicien fidèle au régime. Chacun a vu que le régime (et ses dirigeants) étaient dépassés et seuls. Ses compagnons ont aussi rompu les amarres et ont attaqué les banques pour libérer les devises bloqués sur leur compte. Le régime s’est ainsi retrouvé avec deux actions explosives susceptibles de précipiter sa chute. Il a tenté de contenir ces menaces en annonçant de grands rassemblements militaires autour du Guide dans la région de Khorâssân du Nord, mais les Pasdaran de cette région ont boudé le Guide.

Il y a un mois, dans ce contexte particulièrement défavorable, l’Europe a annoncé de nouvelles sanctions contre le régime. Le dollar a augmenté encore de 30% malgré les menaces d’arrestation et de pendaison proférées par le Régime. Humilié, le Régime, a alors annoncé la tenue de trois jours de manœuvres époustouflantes au cœur même de Téhéran avec 15,000 combattants de sa nouvelle milice anti-émeute. Les images ont montré une soixantaine de miliciens à ses côtés.

Par la suite, le Régime devait alors organiser des grandes prières publiques à l’échelle nationale pour la fête de Sacrifice, puis célébrer la Semaine de l’Engagement Sacrificiel des Jeunes volontaires (Bassidjis) pour la révolution, anniversaire de la seconde révolution, et enfin célébrer la fête chiite de Ghadir Khom (la naissance du chiisme) ! Tous ces événements avaient été sévèrement boycottés par le peuple et par les Pasdaran en 2011. Pour s’épargner de nouveaux boycotts révélant son total isolement, le Régime a évoqué la possibilité d’établissement de coupons de rationnement pour ses partisans démunis. Pour obtenir le soutien de ses affairistes paniqués, il leur a proposé d’investir leurs dollars dans l’économie du pays en reprenant des grandes industries publiques. Les évocations de rationnement et de demande d’investissement ont convaincu out le monde que le régime était au bord de la faillite et de la pénurie : il y a une ruée vers le stockage des principaux produits de grandes consommations et en conséquence, le pays a été confronté à de grosses pénuries notamment d’essence (produit rationné depuis 2005).

Les frères Larijani devaient vite prendre le contrôle du régime et des négociations finales avec Washington pour pouvoir fuir en toute sécurité et avec leur fortune. Ils ont reparlé de la demande d’Ahmadinejad de visiter les prisons, la qualifiant de manœuvres médiatiques pour cacher la responsabilité d’Ahmadinejad dans la crise économique actuelle avant d’évoquer le retrait du vote de confiance du Parlement à son cabinet. Les autres mollahs qui se sont toujours accommodés de Rafsandjani et ont obtenu en échange un siège à l’l’Assemblée des Experts (le Sénat du régime) et des parts dans divers secteurs économiques du pays ont désapprouvé cette révolution du palais et ont exprimé leur hostilité via leur président Mahdavi-Kani (qui est également chef de la loge maçonnique du clergé). Le clan Rafsandjani s’est senti protégé et s’est lancé dans des attaques contre ses adversaires. Par ce comportement, il a confirmé qu’il n’avait rien à faire de l’intérêt général, il oeuvrait pour ses intérêts car il considérait que la chute du régime était proche. C’est pourquoi les 200 à 300 nervis de base ont aussi boycotté la prière publique de la fête de Sacrifice.

Washington a été alarmé par ce déclin évident de l’islamisme et même l’islam en Iran. Il a demandé aux Argentins à trouver un compromis sur l’affaire Amia avec Rafsandjani (le principal accusé) pour obtenir un transfert pacifique de pouvoir vers ses pions avant la chute du régime islamique. Ce marchandage avec Rafsandjani a été vu comme une menace par les Larijani et aussi par Les commandants des Pasdaran, qui seront les grandes victimes d’un transfert des pouvoirs vers Washington.

Il y a eu deux réactions. Les Larijani ont confirmé la convocation de son pion Ahmadinejad mettant Rafsandjani et ses pions en situation de ne plus avoir le droit de négocier quoi que ce soit. Les commandants des Pasdaran ont aussi fait feu sur un drone américain pour bloquer le marchandage. Washington a esquivé ce tir contraire à ses intérêts et n’en a soufflé mot. Mais les diplomates du clan Rafsandjani ont dû alors se retirer de ces négociations incroyables. Le clan Rafsandjani a aussi lâché Ahmadinejad en pour ne pas couler avec lui. Il a enfin désigné comme son candidat pour les élections à venir : Rahim-Mashai, un islamiste qui se dit non hostile à Israël (pour jouer une nouvelle version d’apaisement avec Washington). Les Larijani ont torpillé ce candidat susceptible de relancer Rafsandjani en inculpant un de ses proches de détournement de fonds publics. Le régime était plus divisé que jamais allait à sa perte avec ses nouvelles divisions.

La base devait paniquer en se ruant vers l’achat de l’or, du dollar... Mais le régime a alors suspendu les licences de 99,7% des agents de change, puis a interdit l’exportation de la moindre gramme d’or du pays, confirmant ainsi sa faillite ! Le régime a également annoncé le rationnement de 50 produits de base, y compris des produits industriels comme l’acier, confirmant l’existence d’une grande pénurie générale. Dans la foulée, la compagnie iranienne de roulements à billes a déposé le bilan entraînant dans sa chute 1000 emplois et menaçant tout le secteur automobile (500,000 emplois). La base privée d’une porte de sortie et sans cesse méprisée par des dirigeants (qui sont uniquement soucieux de leurs intérêts) les a sanctionnés par le boycott massif des rassemblements pour l’anniversaire de la seconde révolution et pour la fête de Ghadir qui doit célébrer la naissance du chiisme !

Après ces deux boycotts symboliquement forts, les deux clans devaient rétablir la confiance avec les gens de la base pour arrêter leur envie de fuir. Les Larijani ont seulement cessé leurs pressions sur Mehdi Rafsandjani. Les gens de la base n’ont pas aimé ce faux apaisement sans effet sur la politique générale du régime. Dans le même temps, les Pasdaran ont craint une alliance dans leur dos. Pour casser toute possibilité de deal avec Washington, ils ont tiré sur un drone américain et ont annoncé la création d’une base de missiles à proximité du détroit d’Ormuz. Le régime est ainsi passé de 2 à 3 clans en guerre ! Cette nouvelle querelle a davantage démoralisé les compagnons économiques du régime. Ces gens pouvaient aller plus loin en se ralliant à l’opposition notamment à Reza Pahlavi qui prône une amnistie globale.

Il y avait les ingrédients nécessaires pour un soulèvement. Le régime a paniqué : il a tenté de donner une actualité à ses faux opposants internes comme Sotoudeh pour islamiser toute agitation à venir. Mais il n’y est pas parvenu. Il a alors annoncé la mort sous torture de Sattar Beheshti, un militant très musulman, très respectueux de la révolution et membre de sa fausse opposition, partisan du maintien du régime et par hasard, très hostile à Reza Pahlavi et ses initiatives anti-régime !

Le régime utilisait le Mouvement Vert qui n’avait pas pu canaliser les mécontentements. C’est pourquoi les gens de la base ont continué à boycotter les rassemblements officiels.


Cette semaine, le Régime avait un programme officiel chargé : le régime devait organiser des manœuvres aériennes qu’il avait promises la semaine dernière dans le but de rassurer ses partenaires déprimés. Mais étant donné que l’on ne voit plus les avions du régime depuis plusieurs années (en fait par mesure d’économie de carburants) et que par ailleurs le régime a souvent promis des missiles extraordinaires et des renforts sans les montrer, cette fois, il devait évidemment compenser tous ses mensonges passés en montrant des images époustouflantes à l’occasion de ces manoeuvres (programmées dans une région inhabitée pour être invisible).

Par ailleurs, au 2nd jour de la semaine (le dimanche 11 novembre), il y avait la première anniversaire de la mort de 36 commandants des Pasdaran (dont le brigadier général Tehrani-Moghadam). Le régime avait alors parlé d’un accident, mais tout indiquait un assassinant groupé orchestré par le régime pour éliminer un éventuel coup d’Etat contre-révolutionnaire. Le régime avait alors organisé des funérailles officielles pour ses propres victimes en faisant d’eux des martyrs de la révolution pour nier leur rupture, mais les officiers des Pasdaran avaient boycotté ces funérailles et avaient même vengé la mort de leurs camarades par un attentat contre une grande mosquée. Cette année, le régime devait organiser un rassemblement d’hommage à ces gens puisqu’il les avait qualifiés de fidèles au système, mais il nous a semblé qu’il voulait se dérober à ce devoir car il n’avait pas décrété une journée en hommage à ces martyrs et il n’avait annoncé aucun rassemblements en leur honneur.

Cette semaine, allait aussi débuter le mois de Moharram dont les 10 premiers jours sont consacrés au mort en martyr de Hossein, le grand héros du chiisme. La période est aussi le début de la semaine de Bassidj (engagement volontaire). Etant donné que ces deux événements religieux et politique ont été sévèrement boycottés par le peuple, mais aussi, les Pasdaran, les Bassidjis, les Bazaris et les mollahs de base ; le régime devait les débuter en toute discrétion mais sans donner l’impression de battre en retraite.

Cette semaine, le régime était face à un programme irréalisable et de nombreux événements boycottables. Pour pouvoir dissimuler les boycotts attendus, le Régime a sans casse tenté de détourner l’attention du peuple par des buzz sur des sujets de grandes préoccupations comme la pénurie notamment de médicaments. Redoutant une agitation du côté des ses associés déçus, encore du côté des Pasdaran ou encore du côté du peuple, le régime a aussi sans cesse cherché à relancer le buzz autour du martyr de Sattar Beheshti pour l’ériger en modèle afin d’engager le peuple à adopter ses critiques et ses propos hostiles à la contre-révolution.

Mais le peuple ou encore les compagnons du régime n’ont rien fait pour plébisciter ce faux héros, les uns parce qu’ils n’y croient pas et les autres car ils ont marre des fausses solutions ! Les dirigeants des deux clans et aussi les commandants en chefs des Pasdaran ont été convaincus que les prochaines manifestations officielles (Muharram & semaine de Bassidji) allaient être boycottées. La perspective de la confirmation de leur isolement les a amenés à reprendre leurs luttes internes pour dominer le régime et être les seules à bénéficier d’un deal : le clan Rafsandjani a accusé Sadegh Larijani, le chef du pouvoir judiciaire, d’avoir tué Sattar Beheshti ! Le chef du Pouvoir Judiciaire a accusé les Pasdaran ! Les pasdaran ont accusé les Larijani (qui étaient leurs alliés, il y a encore 7 jours) ! Le régime est parti en tête à queue !

Les gens de la base qui étaient déçus par cette guerre civile ont été tentés par la fuite. Voici le récit et les images d’une semaine de chaos et d’effondrement…


21.11.2012

Iran : La semaine en images n°189

Il y a exactement une semaine, le jeudi 22 septembre, le régime devait organiser des grands défilés militaires dans tout le pays pour la journée de la Défense Sacrée de la Révolution islamique, en référence à la guerre Iran-Irak qui est décrite comme une action décidée par les sionistes pour anéantir la révolution islamique bien que cette guerre fut provoquée par le régime lui-même pour exporter son modèle politique. A l’occasion de cette journée, le régime a diffusé des images d’archives de défilés militaires, preuve que les Pasdaran, les Bassidjis et les militaires avaient boycotté cette journée.

Il y a un mois, les mêmes miliciens avaient boycotté le Ramadan et bien avant cela, le 12 février et le 15 mars dernier, ils avaient boycotté l’anniversaire de la révolution islamique et avaient également refusé de réprimer une grande manifestation pro-laïque et franchement anti-islamique. Ces actions hostiles au régime avaient paniqué ses associés et ses derniers collaborateurs. Les associés fortunés avaient alors vendu leurs actions pour acheter de l’or et des dollars en vue de préparer leur fuite. Puis ce fut le tour des collaborateurs de base (les derniers miliciens fidèles) de se ruer vers l’or et le dollar. Le boycott de la semaine dernière a accéléré cette tendance et provoqué un début de fuites parmi les associés fortunés du régime.

Cette semaine, les dirigeants devaient se montrer fermes vis-à-vis de leurs associés et collaborateurs tentés par la fuite et par ailleurs, ils devaient se montrer capables de rester en place et capables d’assurer leur sécurité pour regagner leur confiance. Ils devaient intimider leurs associés et les rassurer en même temps. Ils ont d’abord parlé de la possibilité de nouvelles pendaisons publiques pour intimider le peuple, mais en raison d’un manque de volontaires pour ce genre de mission à risque, les dirigeants ont diffusé des images d’archives pour évoquer l’existence de partisans zélotes ou de commandos spéciaux anti-terroristes en train de neutraliser des émeutiers.

Ces épouvantails en carton n’ont pas calmé la crise, le régime a dû se lancer dans d’autres actions d’intimidations mesurées contre ces associés et collaborateurs notamment en relançant une fausse affaire de détournement bancaire qui était en stand-by pour intimider les grandes fortunes tentées par la fuite.

Par ailleurs, après la passivité affichée par les Pasdaran, le régime avait parlé d’un coup d’Etat des Pasdaran en citant les noms de proches d’Ahmadinejad (donc issus du clan Rafsandjani) pour laisser supposer que les miliciens dissidents ne roulaient pas pour le peuple, mais pour eux-mêmes. Cette semaine, des rumeurs ont reparlé de ce coup d’Etat et des personnages qui l’incarnaient. Les médias du régime ont lié ce coup d’Etat au détournement d’argent associant les alliés paniqués du régime à un crime passible de la peine de mort ! Pour laisser les rumeurs faire leurs effets, le chef du pouvoir judiciaire (Sadegh Larijani, frère du patron du régime Ali Larijani) s’est tu.

Ce silence a faussé le jeu : certains collaborateurs du régime y ont vu le démarrage de la guerre interne qui avait opposé le clan Larijani au clan Rafsandjani. La possibilité d’une guerre interne suivie d’une purge à un moment où le régime bat de l’aile a provoqué une nouvelle panique. Le régime a annoncé des non-lieux contre certains accusés pour sortir de la nouvelle crise provoquée par la mise en scène censée intimider et calmer ses associés paniqués.

Mais cette semaine, les dirigeants du régime n’étaient pas uniquement malmenés par la dissidence des Pasdaran, la panique de leurs derniers associés et leurs propres bêtises. Washington a jugé le moment opportun pour annoncer de nouvelles sanctions contre eux pour les forcer à transférer enfin leurs pouvoirs vers ses pions. En réponse à ce genre de pics, Téhéran se lance habituellement dans des menaces de guerre pour insinuer le risque de fortes perturbations pour l’approvisionnement pétrolier américain, mais il est à chaque fois privé des effets de ses provocations car Washington les esquive pour rester dans sa logique de guerre d’usure économique. Cette fois, Téhéran a annoncé l’envoi de navires de guerre au large des Etats-Unis afin d’empêcher ce jeu d’esquive. Washington a pouffé de rire, Téhéran devait réagir, mais empêtré dans la crise provoquée par ses plans compliqués, il a oublié de répondre correctement. On peut dire que la semaine des mollahs était bien chargée et bien brouillonne.

Les images de la semaine qui sont faites par les agences officielles de presse ne peuvent pas nous montrer les manipulateurs du régime en train de fabriquer les rumeurs ou concevoir la réplique aux situations qu’ils n’avaient pas imaginées faute de temps et à cause du nombre d’échecs inattendus qui leur tombent dessus de toutes parts. Ces images officielles ne montrent pas non plus les queues pour acheter de l’or et des dollars.

En revanche, ces images montrent les différents cas de boycott de la semaine de la Défense Sacrée de la Révolution, boycotts qui ont déclenché la présente crise interne du régime et poussé les mollahs à imaginer en toute hâte des solutions inabouties. Les images de la semaine laissent voir les échecs du régime et sa perte de crédibilité auprès de ses derniers espoirs.


03.10.2011

Iran-Russie : Une intéressante montagne russe

Récemment, la Russie a proposé un processus de concessions mutuelles entre le régime des mollahs et les Américains pour mettre fin à la crise nucléaire et ainsi préserver ce régime anti-américain. Or, pour ce régime, toute concession est risquée et contraire à ses intérêts, il a donc refusé au risque de s’attirer de nouvelles sanctions. Moscou a insisté. Pour bloquer le processus qui ne lui convient pas, Téhéran vient de porter plainte contre la Russie pour son refus de livraison du système anti-missile S-300.


27.08.2011

Iran : Dans l’accélérateur des particules !

Le régime des mollahs a annoncé la mise en œuvre de nouvelles centrifugeuses très performantes sur un nouveau site nucléaire. Il n’a donné aucune information sur les performances ou le nombre de ces centrifugeuses. Il y a de quoi s’alerter, mais puisque ce nouveau site nucléaire est encore en construction, il s’agit d’une nouvelle provocation. En fait, les mollahs cherchent à provoquer l’escalade pour que la crainte d’une guerre oblige Washington à cesser ses sanctions qui sont destinées à les forcer à s’adoucir et d’autoriser les pions de Washington à revenir en Iran afin de prendre légalement le pouvoir via une révolution de couleur. Nous avons consacré de nombreux articles sur la nécessité absolue pour les mollahs de refuser le dialogue ou de s’agiter à chaque fois que les sanctions deviennent pesantes, il ne nous semble pas nécessaire de répéter les mêmes explications, on peut néanmoins évoquer les circonstances économiques de cette nouvelle provocation et le choix spécifique de progrès nucléaire flou et ambigu.


22.07.2011

Iran : La menace fantôme des missiles invisibles

Le commandant en chef des forces armées du régime des mollahs a annoncé la mise en œuvre d’un nouveau missile sol-mer capable de couler des pétroliers et fermer le détroit d’Ormuz de sorte d’interrompre l’approvisionnement pétrolier des Etats-Unis. C’est la menace suprême pour contraindre Washington à cesser ses sanctions. Téhéran utilise cette menace à chaque fois que sa situation interne se dégrade sous l’effet des sanctions. Cela a été le cas cette semaine.


08.07.2011

Iran : Les raisons des tirs de missiles et des slogans agressifs du régime

Cette semaine, la république islamique d’Iran a montré des silos profonds, avant d’annoncer 14 tirs réussis de missiles de 2000 km de portée. Le régime s’est dit prêt à détruire Israël et les bases américaines chez ses voisins arabes. Mais les tirs ont été faits dans le désert central iranien (ci-dessous) qui est distant de moins de 800 km des frontières du pays. De fait, s’ils avaient la portée annoncée, ils seraient tombés chez les voisins. Or personne n’a signalé une attaque de missiles iraniens. Les missiles ne pouvaient donc pas avoir la portée annoncée. L’annonce était un bluff de puissance. Ce qui compte ce ne sont pas les détails des missiles, mais les intentions du régime.


01.07.2011

Iran : Un hippopotame dans l’espace

La république islamique a annoncé l’envoi dans l’espace d’un singe en 2012. Téhéran parle en fait de l’amélioration de ses capacités balistiques. Il s’agit non pas d’un sujet spatial, mais d’une insinuation militaire pour provoquer une escalade avec Washington afin que la perspective d’une guerre pousse ce dernier à capituler face à Téhéran.


18.06.2011

Iran : Les mollahs adorent l’affaire DSK !

L’affaire DSK passionne les médias. En Iran, les mollahs sont ravis, non par passion pour DSK, mais parce qu’on ne parle plus d’eux alors qu’en raison du refus des Pasdaran à réprimer les manifestations, ils ont du mal à gérer un contexte intérieur très difficile. Les mollahs prient pour que cela dure afin de continuer à dissimuler leur malaise et préparer une grande crise internationale pour pousser Washington à négocier une entente avant qu’ils ne chutent.


19.05.2011

Iran : La semaine en images n°153

Cette semaine, sous la pression des sanctions américaines, les mollahs devaient envoyer leur représentant à Istanbul pour la reprise du dialogue afin de trouver un compromis sur le nucléaire.

Mais tout compromis passe par un apaisement bilatéral qui ne convient pas aux mollahs car ils seraient obligés d’autoriser les pions des Etats-Unis à intégrer la vie politique iranienne : ils seraient alors exposés à une révolution de couleur les conduisant de leur palais vers les prisons ! C’est pourquoi les mollahs étaient encore une fois en quête de provocations pour saboter le dialogue et aussi en quête de moyens pour neutraliser les sanctions qui leur imposent ce dialogue suicidaire.

Cependant, cette quête a toujours valu plus de sanctions au régime des mollahs. Pour continuer cette même politique de provocations sous les sanctions sans s’effondrer économiquement, il a gelé les salaires et augmenté les prix pour baisser la consommation donc le volume d’importation des produits vitaux. Le régime a ainsi gagné du temps, mais en réduisant le pouvoir d’achat du peuple, il a annulé l’avantage salarial de leurs miliciens et perdu le soutien de ces derniers. Il repose à présent sur une base très réduite et doit faire attention à ne pas dire des choses susceptibles d’augmenter les sanctions sinon il risquerait de perdre le soutien de ses derniers fidèles. Il ne saurait organiser un quelconque rassemblement le 11 février prochain pour l’anniversaire de la révolution islamique : chacun verrait sa vulnérabilité…

C’est pourquoi il a été amené à laisser de côté les provocations lourdes (tirs de missiles, slogans anti-israéliens ou menaces de guerre pétrolière) destinées à provoquer une confrontation avec le calcul que Washington finirait par capituler devant le risque d’une nouvelle guerre qui a en plus le désavantage de pouvoir nuire à l’approvisionnement pétrolier mondial. A présent, pour obtenir les mêmes effets, les mollahs se montrent plus discrets en tenant des propos en apparence modérés qui contiennent en fait des termes très précis insinuant des progrès alarmants en matière de fabrication d’une bombe nucléaire !

Ces progrès sont en fait fictifs car le régime est incapable de démarrer sans l’aide des Russes la centrale civile de Bouchehr, mais Washington n’en parle pas car il a besoin de la « menace nucléaire iranienne » pour sanctionner les mollahs afin de les forcer à accepter l’apaisement permettant le retour de ses pions en Iran. En revanche, Washington ne veut pas que cette menace utile pour sanctionner les mollahs puisse faire paniquer l’opinion américaine, c’est pourquoi il a laissé dire que le virus Stuxnet avait durablement amoindri la capacité nucléaire des mollahs !

Pour neutraliser cette annonce qui annule durablement la « stratégie de l’amplification de la crise », Téhéran a lancé une invitation à tous les pays surtout ceux du groupe des Six qui négocient aux côtés des Etats-Unis de se rendre en Iran pour visiter ses installations nucléaires afin de voir eux-mêmes ses progrès !

La semaine a commencé avec cette visite destinée à provoquer les Américains. Pour éviter que cette visite ne provoque un effet négatif sur les derniers fidèles du régime, ce dernier s’est montré discret à son propos et a mis l’accent sur le plan intérieur sur des programmes destinés à satisfaire l’opinion : des promesses de dialogue avec les Six, des promesses de lutte anti-corruption et anti-pollution et la diffusion de beaucoup de foot comme bouche-trou. Voici le résultat en images avec une chute inattendue mais cinglante. (vous pouvez cliquer puis zoomer sur les images pour les agrandir une ou deux fois)


23.01.2011

Iran-Nucléaire : Changement de priorités, risques de conflits

Washington sanctionne toujours davantage les mollahs afin de les contraindre à « négocier pour résoudre leurs problèmes ». Il entend utiliser la réconciliation pour revenir au pays avec ses pions islamistes qui espèrent prendre le pouvoir via une révolution de couleur. Sous l’effet de ces sanctions, Téhéran accepte le dialogue, mais il doit fuir tout terrain d’entente, d’où ses diverses provocations avant, pendant et après chaque rencontre. De préférence, il doit provoquer un conflit ouvert afin de pousser les Américains à reculer de peur d’en arriver à une guerre. Dans ce contexte, à quelques jours d’une nouvelle rencontre à Istanbul, Téhéran vient de lancer deux grands projets de conflit : l’accusation que Washington est à l’origine des attentats menés par des espions israéliens contre les savants atomistes iraniens puis une tentative de déstabilisation du Liban qui risque d’agiter Israël et déstabiliser la région. Attention ! Il y a matière à s’inquiéter. | Décodages |


14.01.2011

Iran : La semaine en images n°148

Depuis plus d’un an, les Bassidjis, les jeunes miliciens des Pasdaran chargés de la sécurité intérieure, sont absents lors des manifestations officielles. Cette absence est devenue plus visible cet été au moment de la Journée de Qods qui marque le début de la saison des manifestations officielles. Chacun a alors compris que le régime n’avait plus les moyens de répression qu’il prétendait avoir. Cela a donné à tout le monde le courage de boycotter le régime, mais aussi les manifestations religieuses.

Ce boycott général, que nous vous exposons dans la rubrique de la semaine en images, a limité les chances de survie du régime. La semaine dernière, la milice étudiante qui animait la fausse opposition interne a également lâché le régime. Pour cacher l’absence de ses miliciens à ses côtés, depuis un certain temps, le régime parle d’une forte pollution pendant les journées de manifestations impliquant ses miliciens en invitant le peuple à rester à domicile afin qu’il n’assiste pas à son isolement.

Cette semaine, le régime était face à l’un de ces rendez-vous avec la milice à l’occasion d’Achoura, le 10e jour du mois de Moharram pendant lequel les chiites doivent pleurer le martyr de Hossein, le petit-fils de Mahomet, et de ses 72 compagnons tués par l’armée du Calife du moment. Mais manque de chance, il a beaucoup plu et il ne pouvait pas évoquer la pollution. La mobilisation a été presque nulle, de fait le régime a surtout produit des images artistiques ! Cette nouvelle rupture a donné lieu à un bouleversement politique : la destitution de facto de Rafsandjani, le patron politique du régime depuis 1989 et son remplacement par son rival et ennemi Larijani.

Ce changement a été accompagné par des mesures fortes qui annoncent une nouvelle politique très culottée. Pour tout comprendre voici un peu de lectures et beaucoup de photos.


20.12.2010

Iran - Salehi : Une nouvelle stratégie au sommet

En se basant sur la presse iranienne (contrôlée par le régime), les médias étrangers affirment que Mottaki, le ministre des affaires étrangères de la république islamique a été limogé car il avait accepté de faire un geste de modération dans la politique nucléaire du régime. Les médias occidentaux devraient mieux étudier la constitution iranienne : le programme nucléaire n’est pas géré par le ministère des affaires étrangères, mais par le Conseil national de Sécurité. Téhéran manipule les Occidentaux. Il cache son jeu. | Décodages |


14.12.2010

Iran : La semaine en images n°147

La semaine a été très chargée. Mardi (3ème jour de la semaine en Iran), la fausse république des mollahs devait organiser en grande pompe la manifestation estudiantine pour mettre en valeur sa fausse opposition interne, dirigée par Moussavi, un membre à vie du Conseil de Discernement, organe qui décide toutes les politiques du régime dans tous les domaines ! On n’a guère vu les 300,000 étudiants iraniens manifester en faveur de cette fausse opposition. Le régime n’a pas pu les remplacer par des miliciens en civil car ces derniers l’ont lâché depuis plus de 18 mois. Il a donc mis en œuvre des diversions médiatiques pour cacher cette nouvelle défaite.

En cette semaine de difficultés politiques, le lundi et le mardi, la fausse république des mollahs avait rendez-vous avec les Occidentaux qui la sanctionnent pour la presser de modérer ses positions afin de devenir un partenaire viable. Il est allé à ce rendez-vous pour s’éviter un renforcement des sanctions qui pourrait amplifier ses problèmes tout en sachant qu’il ne peut pas se modérer car cela est contraire à ses intérêts axés notamment sur l’activisme islamique en dehors du pays.

En fin de semaine, le Jeudi 9 décembre, la fausse république des mollahs devait relever le défi d’organiser une manifestation en mémoire de Montazéri, un vieux mollah réac présenté comme un modéré par sa fausse opposition. Il s’attendait à un nouveau boycott. Et enfin, le 10 décembre, il devait affronter la journée mondiale des droits de l’homme. Il en a résulté une semaine compliquée et mouvementée ponctuée de manœuvres bizarres, de subterfuges, de profil bas sur l’islamisme et de dénis des réalités face à des rendez-vous incontournables, une semaine riche en fantaisies médiatiques.


12.12.2010

Iran : Le Yellowcake sent mauvais !

Ce dimanche 5 décembre, à la veille de sa rencontre de deux jours avec le groupe des Six, le régime des mollahs a annoncé qu’il était parvenu à produire son premier lot de concentré d’uranium, le Yellowcake, produit intermédiaire dans le cycle de l’enrichissement alors qu’il avait déjà annoncé le même progrès en 2006. Malgré cela, les Américains ont qualifié l’information de « préoccupante ». | Décodages |


06.12.2010

Iran : La semaine en images n°144

La principale information iranienne chaude de la semaine dernière a été les manœuvres militaires pendant lesquelles les mollahs ont fait état de progrès inouïs en matière de défense aérienne. Téhéran a notamment annoncé qu’il avait en sa possession un système de missile du même niveau que le S-300. Il insinuait ainsi qu’il pourrait frapper en toute impunité Israël via le Hezbollah pour punir Washington. Les images officielles des manœuvres ne font état d’aucun progrès. Il s’agissait d’une nouvelle provocation pour engager Washington dans une escalade afin de le contraindre à abandonner la partie par peur d’une guerre dans laquelle il aurait beaucoup à perdre. L’objet des annonces était donc de se débarrasser des sanctions qui ont ruiné le régime provoquant la rupture des Bazaris et des bassidjis, la milice conçue pour contenir le peuple. C’est pourquoi dimanche, le jour de l’annonce des manœuvres, Ali Larijani, qui espère devenir le patron du régime en prenant la place de Rafsandjani au sein du Conseil de Discernement, avait la banane. Sa joie découlait du fait que deux jours plus tard, en plein milieu des manoeuvres, Ahmadinejad, le représentant du régime, devait aller à Bakou, terre pro-américaine, pour participer à une conférence internationale sur le statut juridique de la mer Caspienne d’où il pouvait répondre vertement aux Américains pour amplifier la crise naissante. Les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Les médias occidentaux ont évoqué les progrès militaires inexistants des mollahs, mais les Américains ont profité de l’occasion pour écarter les frappes militaires et affirmer leur attachement aux sanctions pour parvenir à des négociations. A Bakou, Mahmoud a perdu son sourire. La facture s’est alourdie en fin de semaine quand la capacité balistique imaginaire du régime a été envisagée comme le prétexte pour l’OTAN de déployer en Europe son nouveau bouclier anti-missile ! Cela vise évidemment la Russie, mais au passage, Téhéran ne pourrait plus agiter sa capacité à provoquer une guerre pour pousser Washington à capituler. Voici les images d’une semaine tactique qui s’est terminée par un flop déprimant pour le régime.


21.11.2010

Iran : La semaine en images n°143

La semaine a commencé par des tentatives de médiation de la part de deux grands alliés régionaux des Etats-Unis. Mais Téhéran a encore refusé l’apaisement proposé par Washington car il sait que cela est une étape vers la réconciliation diplomatique avec les Américains et en conséquence un moyen pour ces derniers de revenir en Iran avec leurs pions pour prendre le pouvoir de l’intérieur avec une révolution de couleur. La fermeture affichée par Téhéran a été suivie par plusieurs claques : comme le refus de l’Unesco de cautionner la conférence internationale sur la philosophie, un événement qui avait été accordé aux mollahs pour les entraîner dans le dialogue. On peut dire que Washington, qui craint de renverser les mollahs s’il les sanctionnait davantage, a cherché à les humilier pour les contraindre à s’asseoir à la table des négociations avant de perdre davantage la face et son aura de leader régional. Téhéran a refusé, on lui a refusé un siège au conseil onusien des femmes, mais on l’a accordé à son rival régional, l’Arabie Saoudite. Il y a eu aussi des frappes terroristes contre le régime qui se veut le maître du chaos. Le dernier coup est la réapparition du cargo d’armes capturé il y a 15 jours par le Nigeria. Bref, du lundi au vendredi, on a sans cesse dévalorisé les mollahs dans tous les domaines… En réponse, tout au long de cette semaine d’épreuves, les mollahs ont pris sur eux pour ne pas paraître affectés. Images d’une semaine défensive.


14.11.2010

IRAN : WHY THE REGIME HAS JUST ACCEPTED DIALOGUE ABOUT NUCLEAR ISSUE

© IRAN-RESIST.ORG – Nov. 1, 2010 | Two weeks ago, the Six offered Tehran to dialogue but the latter refused. Than, 9 days ago, on the 24 October, it told about its own efforts to succeed in dialoguing without being required anything about the matter. But on the 26 October, it called everything into question. Then on the 29, it adopted a different position : it accepted to open dialogue after the 10 November (after the mid-term elections in the United States) and it specified that it would be question of a dialogue on its own conditions that would include among others the world’s nuclear disarmament ! Then Washington called it to order and required some constructive dialogue. Tehran continued to reject any dialogue about nuclear issue and after few hours, it announced that it was ready to resume negotiations about its nuclear program even before the proposed date, i.e. before the American election.

Decoding

10.11.2010

Iran : Pourquoi le régime vient-il d’accepter le dialogue sur le nucléaire ?

Il y a deux semaines, les Six proposaient le dialogue à Téhéran, mais ce dernier l’avait refusé. Puis, il y a 9 jours, le 24 octobre, il avait évoqué ses propres efforts pour parvenir à un dialogue alors que personne ne lui avait rien demandé. Mais le 26 octobre, il avait tout remis en cause. Puis le 29, il a adopté une autre position : il a accepté de dialoguer après le 10 novembre (après les élections à mi-terme aux Etats-Unis) en précisant qu’il s’agissait d’un dialogue, mais à ses propres conditions qui incluent entre autres un désarmement nucléaire mondial ! Washington l’avait alors rappelé à l’ordre en exigeant un dialogue constructif, Téhéran avait rejeté tout dialogue sur le nucléaire, puis après quelques heures, il s’est dit disposé à la reprise des négociations sur son programme nucléaire même avant la date proposée, c’est-à-dire avant l’élection américaine. | Décodages |


01.11.2010

Iran : La libération de Sarah Shourd

Le régime des mollahs détient depuis 14 mois 3 Américains qui prétendent avoir pénétré en Iran par erreur lors d’une randonnée. Il a souvent parlé de leur procès pour espionnage, un délit passible de la peine de mort, sans organiser ce procès. Leurs familles et l’Etat américain vivent dans une totale incertitude. C’est un moyen de pression sur les Etats-Unis, un moyen pour provoquer une escalade afin de faire reculer ces derniers par peur d’une nouvelle guerre régionale. Washington fuit cette escalade. Téhéran a tenté de relancer l’affaire avec une libération promise puis annulée à la dernière minute de Sarah Shourd, une des trois « randonneurs », qui est dans un état de pré-cancer.


14.09.2010

Iran : Le provocateur en petite forme

Il y a un mois, les Américains ont renforcé leurs sanctions contre Téhéran. D’ordinaire quand Washington augmente sa pression, Téhéran privilégie la provocation pour l’engager dans une escalade guerrière afin de le pousser à abandonner par peur d’une guerre perturbant l’approvisionnement pétrolier mondial. Mais contre toute attente, Téhéran a alors cessé ses provocations pour adopter un ton modéré. A cette occasion, il avait aussi cessé ses menaces contre Israël ou encore les pétroliers transitant par le détroit d’Ormuz pour évoquer une nouvelle doctrine militaire axée sur des armes défensives et une diplomatie axée sur le dialogue. Cette cure de modération avait en fait été décidée pour rassurer les jeunes miliciens du Bassidj et les Bazaris qui ont été durement affectés par les sanctions afin qu’ils ne laissent pas tomber le régime. Vendredi dernier, ces gens ont encore boudé une grande manifestation officielle. Téhéran a arrêté cette modération sans contenu et repris le cours de ses provocations via le champion du genre, Ahmadinejad, avec une remise en cause de la version officielle des attentats du 11 septembre et une nouvelle menace de destruction d’Israël.


08.09.2010

Iran : Téhéran reparle d’un compromis russe datant de 2006

Sanctionné de toutes parts, Téhéran est économiquement de plus en plus affaibli. Cela crée des tensions au sein du régime : le Bazar qui a été un artisan de la victoire des mollahs au sein de la coalition islamiste révolutionnaire de 1979 menace de les quitter. Téhéran a dû baisser d’un ton pour éviter de plus amples pressions économiques : il vient de proposer la création d’un consortium irano-russe de production de combustible nucléaire pour donner des gages d’une utilisation pacifique de son stock d’uranium faiblement enrichi.


27.08.2010

Iran : Un zeste de repli

Hier, le Guide suprême Ali Khamenei a parlé de la possibilité d’un dialogue si Washington levait ses sanctions [1]. Il a cependant précisé que ce dialogue ne pourrait pas porter sur l’enrichissement nucléaire ! [2] Il a également menacé les Occidentaux de frappes (terroristes) en cas d’attaque américaine, mais sans citer des cibles sensibles [3]. Ce message très complexe a perturbé les Occidentaux qui veulent une entente et non la guerre : ils ont censuré les menaces et diffusé le reste sans aucun commentaire pour éviter tout conflit. Ils supposaient sans doute qu’en répétant leurs demandes permanentes comme la levée des sanctions, le régime était dans une intransigeance immobile. Or, il n’en est rien car dans une autre déclaration également censurée, il y a une semaine, Téhéran rejetait tout dialogue avec les Etats-Unis. De fait, malgré les apparences et les menaces, Téhéran n’est pas dans l’immobilisme, mais dans une phase de repli. | Décodages |


20.08.2010

IRAN : THE REGIME IS NOW SEEKING AN EXPLOSIVE FACE-TO-FACE MEETING

© IRAN-RESIST.ORG – August 3, 2010 | Ahmadinejad claimed Bush to be gutless and dared Obama to accept a face-to-face debate. The representive of the mollahs at the United Nations as warned that Tehran « will set Tel-Aviv on fire if Israel attacks the Islamic republic over its controversial nuclear programme » whereas neither Israel nor the United States had mentioned any attacks, and that the United States even accepted last week a dialogue under the conditions set by Tehran. Here’s the problem : to remain in its leader figure in the Arab street, which gives the privilege to control Hezbollah, Tehran must avoid any appeasements with Washington. « Clash » must be provoked to ruin dialogues. However its declarations sometimes seem all the more contradictory even though they are very provocative. In fact there is nothing contradictory : its declarations are very technical and in charge of very accurate insinuations linked to its face-to-face history with America.


17.08.2010

Iran : Téhéran se prépare à une longue nuit américaine

Les Six envisageaient de reprendre le dialogue avec les mollahs en vue d’un début de compromis sur la base d’un projet américain d’échange des réserves iraniennes d’uranium enrichi contre du carburant atomique franco-russe. Or, le régime des mollahs perdrait le soutien de la rue arabe s’il acceptait de s’aligner sur une proposition des Etats-Unis, ami et protecteur d’Israël. Pour faire échouer ce dialogue à risque, il a annoncé la décision de construire un nouveau site d’enrichissement d’uranium. | Décodages d’une provocation très intéressante |


17.08.2010

Iran-EU : La guerre silencieuse

Washington qui a besoin d’une entente stratégique avec les mollahs islamistes pour agiter les régions musulmanes de la Chine et la Russie combine une guerre d’usure économique et des offres d’entente. Il s’agit de passer les pouvoirs politiques et économiques aux pions islamistes de Washington et cantonner les mollahs dans le rôle de distributeurs de fatwas. Les mollahs refusent car ce rôle de subalternes sans accès aux contrats pétroliers ne leur convient pas. Leur refus catégorique met Washington mal-à-l’aise car il se retrouve dans l’obligation morale d’adopter des mesures plus fortes qu’il aime éviter pour ne pas renverser ces mollahs utiles à ses desseins régionaux. Pour éviter ces sanctions, mais néanmoins agir pour rassurer ses citoyens, il lui arrivait d’annoncer comme nouvelles sanctions des mesures déjà existantes ou encore de censurer les réponses négatives des mollahs et, encore plus fort : dernièrement, il a entrepris de nouvelles formes de sanctions, mais il évite de les médiatiser afin de se montrer démuni de moyens pour agir. Cela donne une image d’impuissance à Washington alors qu’il n’en est vraiment rien. On peut dire qu’il est sur le point de faire craquer les mollahs. Mais au fur et à mesure qu’il s’approche du but, Washington vit avec l’angoisse d’un faux-pas qui reverserait ses futurs alliés utiles.


12.08.2010

Iran : Une guerre sous-marine éclair

Washington a besoin d’une entente avec les mollahs, mais ces derniers ne peuvent pas accepter car ils perdraient le soutien de la rue arabe à leurs milices. En réponse, Washington sanctionne les mollahs pour les affaiblir et les forcer à accepter. Les mollahs qui ne s’estiment pas assez puissants d’un point de vue économique pour résister font tout pour provoquer une escalade afin que la perspective d’une guerre menaçant l’approvisionnement pétrolier dissuade les Américains. Ces derniers esquivent les provocations de Téhéran pour éviter toute escalade et continuer leur guerre d’usure économique. Pour neutraliser cette esquive, Téhéran exhibe régulièrement des armes capables de couler des pétroliers. Il y a exactement 5 mois, il avait fait état de la fabrication d’un très puissant missile sol mer, cette fois, il a annoncé la mise en service de « 4 sous-marins furtifs ».


10.08.2010

Iran : Un festival de ruses !

Le ministre russe des affaires étrangères a proposé à l’Iran une rencontre avec le groupe de Vienne (Etats-Unis+France+Russie) pour avancer le projet de l’échange du combustible après l’annonce faite par le ministre iranien des affaires étrangères que la décision de retarder la reprise du dialogue ne concernait pas l’échange du combustible. La réponse de Téhéran risque d’être négative car il n’a pas dit ce que la Russie a cru avoir entendu.


30.06.2010

IRAN-NUCLEAR : THE MULLAHS’ BIG THING

© IRAN-RESIST.ORG – June 24, 2010 | Two days after he announced that he would forbid the access to Iranian nuclear plants to two inspectors from the IAEA, the head of the Iranian nuclear programme Salehi stated that his team produced “more than 17 kilos” of uranium, enriched at 20%, and that it was able to produce 5 kilos monthly. With the good timing sense which is so typical of it, the regime implies it did some progress it would like to keep secret, a way to deepen crisis and make the West surrender.


29.06.2010

Iran-nucléaire : La grosse chose des mollahs

Deux jours après avoir annoncé qu’il interdisait l’accès aux installations nucléaires iraniennes à deux inspecteurs de l’AIEA, le chef du programme nucléaire iranien Salehi a annoncé que son équipe avait produit « plus de 17 kilos » d’uranium enrichi à 20% et qu’elle avait la capacité de produire 5 kilos par mois. Avec un bon sens de timing que l’on lui connaît, le régime laisse supposer des progrès qu’il souhaiterait garder secrets, une manière de provoquer une amplification de la crise pour faire capituler l’Occident.


24.06.2010

Iran : Vers une mini escalade

Le régime des mollahs ne peut pas entrer en apaisement avec les Occidentaux mieux encore avec les Etats-Unis car ces Etats sont des amis de l’Etat d’Israël. Il doit leur tenir tête, les envoyer balader, se montrer agressif à leur encontre ou alors il perdrait le soutien de la rue arabe, soutien indispensable pour le Hezbollah. Si ces Etats se montrent amicaux, Téhéran doit se montrer encore plus agressif pour ne pas être soupçonné de complaisance à leur égard. Il préfère de loin une attitude hostile de l’Occident. Cela met en valeur son rôle du défenseur des déshérités musulmans, il peut par ailleurs créer une situation instable susceptible de faire capituler les Occidentaux par la peur d’une guerre touchant le détroit pétrolier d’Ormuz. C’est un sujet qui déplait aux Occidentaux car il les oblige à adopter des vraies sanctions contraires à leurs intérêts. Cette indisposition plait beaucoup aux mollahs, c’est pourquoi après plusieurs mois de difficultés face à l’approche amicale d’Obama, Téhéran est enfin en position d’agir depuis l’adoption de la résolution 1929.


17.06.2010

Iran : La semaine en images n°116

Depuis des mois, Washington ne cesse de proposer un dialogue apaisé aux mollahs car il a besoin d’une alliance stratégique avec eux pour accéder à l’Asie Centrale. Cela ne convient pas aux mollahs car tout apaisement avec Washington -le grand protecteur d’Israël- lui ferait perdre le soutien de la rue arabe. Il cherche donc un moyen pour rendre le dialogue impossible, en réponse Washington esquive ses provocations en refusant de les médiatiser. Cette semaine, Téhéran a cru pouvoir casser cette censure grâce à la visite d’Ahmadinejad à New York pour exposer sa vision du TNP à l’ONU. Puisque les médias avaient les yeux rivés sur l’Iran, le régime a profité de l’occasion pour annoncer la tenue de nouvelles manœuvres navales sur la route des pétroliers dans le Golfe Persique. Tout était parfait, mais il y a eu des imprévus forçant Téhéran à improviser au pied levé. Voici donc les images d’une semaine où Téhéran a raté une occasion en or pour amplifier la crise afin de rendre impossible l’apaisement.


09.05.2010

Iran-Brésil : Le régime s’apprête à accueillir Lula

Les agences de presse occidentales ont annoncé hier que lors de son séjour à New York, à la suite d’une longue conversation avec Hugo Chavez, Ahmadinejad avait approuvé la proposition brésilienne d’accueillir un échange d’uranium à destination de l’Iran pour résoudre la crise sur le programme nucléaire iranien. Quelques heures plus tard, Rahim-Mashaï, le premier conseiller du président, qui accompagnait ce dernier à New York, a démenti l’annonce en y ajoutant la spécialité des mollahs : « des conditions préalables qui seront précisées plus tard ! »


06.05.2010

Iran : Ahmadinejad part à NY pour contrarier Obama

Les pays membres de l’AIEA se réunissent tous les 5 ans à l’ONU pour réactualiser le Traité de Non-prolifération. Ahmadinejad a demandé et obtenu un visa pour y assister. Hillary Clinton craint que le représentant des mollahs n’ait décidé de venir pour semer la confusion.


30.04.2010

Iran : Le pouvoir du NON !

Depuis toujours Washington utilise ses alliés pour tenter des médiations avec les mollahs dont il veut faire des partenaires régionaux utiles. Le dernier médiateur choisi par Washington est le Brésil : son ministre des Affaires étrangères Celso Amorim était hier à Téhéran. Après avoir joué le rôle du frein à toute nouvelle sanction pour laisser ouverte l’option américaine de la médiation, hier pour la première fois il a fermé un peu la porte en évoquant la nécessité pour les mollahs de garantir l’absence de volet militaire dans leur programme nucléaire. Tous les médias ont rapporté cet avertissement d’Amorim qui sonne comme la fin de la médiation brésilienne, mais personne n’a évoqué la réponse des mollahs car elle était évidemment négative. Téhéran s’est même offert le luxe d’un festival de Non car il a compris le pouvoir du Non. | Décodages |


28.04.2010

Iran : Washington promet des sanctions pour rassurer les Américains

Philip Crowley, le porte-parole du département d’Etat américain, a affirmé que durant le week-end dernier, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton avait multiplié les contacts « avec les dirigeants mondiaux » pour parvenir très rapidement à une résolution au Conseil de Sécurité. Il s’avère qu’aucune agence de presse n’avait signalé cette intense activité diplomatique. Washington tente de rassurer les Américains après les annonces de tirs de missiles par l’Iran.


27.04.2010

Iran - CDH : Les dessous du retrait de la candidature des mollahs

La république islamique d’Iran qui en février dernier avait postulé pour siéger au Conseil des droits de l’homme de l’ONU a retiré sa candidature avant le vote attendu pour le mois de juin 2010 alors qu’il avait théoriquement toutes ses chances d’y accéder avec le soutien des Non Alignés. | Décodages |


26.04.2010

Iran-S300 : Le régime peine à se montrer fort

Dans notre article du lundi 19 avril, en nous basant sur des images diffusées la veille à télévision iranienne ou sur les sites des agences de presse iraniennes, nous avons qualifié d’intox la nouvelle diffusée par le site d’Alain Soral à propos de la présence d’une copie iranienne du S-300 pendant le défilé militaire de l’anniversaire de la création de l’armée de la république islamique d’Iran. Nous devons revoir notre jugement car dans la nuit du dimanche 18 avril au lundi 19 avril, des images pirates du défilé ont commencé à circuler sur le net : on y voit la copie iranienne du S-300. C’est ce que l’on peut qualifier d’intox de seconde génération : au lieu de revendiquer une puissance de feu que les experts américains peuvent contester, le régime a fait le choix de laisser dire à des inconnus qu’il avait une telle puissance feu. Le régime cherche et peine à se montrer fort pour se maintenir face aux pressions extérieures.


20.04.2010

Iran : Une nouvelle DCA haute en couleur

Depuis 5 ans, Téhéran enchaîne les provocations tantôt militaires, tantôt nucléaires. Il espère que la combinaison des deux ferait peser une menace pour l’exportation du pétrole via le Détroit d’Hormuz poussant les Etats-Unis à cesser de l’importuner. Dans le cadre de cette politique d’amplification de la crise, il y a deux jours Téhéran a annoncé des progrès nucléaires qui n’ont pas été à la hauteur pour impressionner les Américains. Pour remédier à cette baisse de régime, il vient d’annoncer la production de missiles anti-aériens à moyenne portée.


12.04.2010

Iran : Petite Journée Nationale de l’Energie Nucléaire

Le 9 avril est la Journée nationale (iranienne) de l’énergie atomique et à cette occasion, le régime des mollahs annonce des progrès nucléaires dans le but d’amplifier la crise. Cette année, pour empêcher Téhéran d’aller en ce sens, le New York Times a publié un article critique sur les progrès que les mollahs devaient annoncer le 9 avril 2010. Privé de son effet de surprise, le régime a zappé cette journée !


09.04.2010

L’Iran n’a pas aimé le scoop du New York Times

Il y a deux mois, dans le cadre de ses provocations médiatiques, le régime des mollahs annonçait la mise en chantier de 2 à 10 centres d’enrichissement nucléaire du type de Natanz comme une preuve de sa détermination à ne pas accepter un compromis. La construction de ces centres est ressortie comme un scoop par le New-York Times dans un article intitulé « les services secrets suspectent l’Iran de construire de nouveaux sites atomiques ». Si le titre est provocateur, le contenu ne l’est pas puisqu’il parle plutôt des doutes quant à l’existence de ces nouveaux sites. Téhéran n’a pas aimé et dénonce cet article démystificateur comme une approche déloyale.


30.03.2010

Iran : La semaine en images n°108

Dimanche prochain, le 21 mars, les Iraniens fêteront l’arrivée du printemps et le nouvel an perse. La période doit être propice à la joie et aux retrouvailles en famille, mais ce n’est pas le cas car depuis des mois, l’économie iranienne croule sous le poids des sanctions américaines. Le régime qui manque de devises pour approvisionner le marché a supprimé les aides en nature par des aides en liquide dénuées de valeur avec l’inflation à 60% et s’apprête à supprimer les prix subventionnés tout en gelant les salaires pour brider la consommation et éviter les risques de pénuries sources d’une révolte qu’il ne pourrait pas réprimer car tout le monde y compris les miliciens sont concernés. Le régime a même peur que les jeunes bassidjis retournent leurs armes contre lui, c’est pourquoi il leur a retiré leurs armes en novembre dernier. Dans ce contexte tendu, à la veille du nouvel an, le seuil de la pauvreté a atteint les 1200 dollars par mois ce qui est 4 à 6 fois supérieur aux revenus les plus courants. Les prix sont élevés, les allés des marchés sont vides, l’ambiance est morose, mais on est aussi inquiet pour l’avenir car les mollahs ne cèderont pas, ce qui sous-entend la poursuite de la guerre économique de Washington, c’est-à-dire des difficultés grandissantes. On voit très bien cette inquiétude sur les images de la semaine passée qui fut comme d’habitude marquée par les navrantes et incessantes provocations de dirigeants insensibles à la détresse des Iraniens.


14.03.2010

Iran : NASR 1 ou le retour de la guerre des pétroliers

Téhéran vient d’annoncer en grande pompe la naissance de son premier missile de type Cruise, Nasr 1. Les médias occidentaux ont forcément relaté l’info. Ils ont cependant parlé d’un missile de courte portée capable de détruire des objectifs d’une masse allant jusqu’à 3.000 tonnes, ce qui est inexact car dans son annonce, Téhéran n’a pas parlé de détruire des cibles de 3000 tonnes, mais de couler des navires de 3000 tonnes ! Un missile capable de couler un vraquier de 3000 tonnes peut endommager tous les pétroliers du Golfe Persique. C’est une véritable déclaration de guerre.


08.03.2010

IRAN-USA : THE CONNECTING VESSELS !

Three days ago, Tehran announced that within 30 days it would start to “build two enrichment plants with centrifuges that would be 5 times more powerful”. The following day, Hillary Clinton reminded that she attached value by dialogue and maybe by a resolution “within 30 to 60 days”. There’s obviously a link between those both statements. However the connection is more complex than what seems to be.


26.02.2010

Iran – Etats-Unis : Les vases communicants !

Il y a trois jours, Téhéran a annoncé le début d’ici 30 jours, du « chantier de deux usines d’enrichissements avec des centrifugeuses 5 fois plus puissantes ». Le lendemain, Hillary Clinton a rappelé son attachement au dialogue et peut-être une résolution « dans 30 à 60 jours ». Il y a évidemment un rapport entre les deux déclarations, mais ce rapport est plus complexe qu’il n’y paraît.


26.02.2010

Iran : Efforts à bâbord et à tribord

Tous les médias parlent de l’Iran. Hillary Clinton et Bernard Kouchner se disent « à la recherche d’alliés pour imposer de nouvelles sanctions » contre les mollahs. Or, les Etats-Unis, première puissance économique mondiale, qui dispose de la première flotte dans le golfe Persique, et la France, un des principaux fournisseurs d’essence à l’Iran, peuvent s’allier en tant que partisans de sanctions pour faire plier les mollahs. Attention, désinformation à bâbord et à tribord !


17.02.2010

Iran : Vers un enrichissement des annonces nucléaires

Il y a une semaine, Téhéran annonçait sa décision d’enrichir de l’uranium à 20%. Il espérait une escalade guerrière, menace pour l’approvisionnement pétrolier de l’Occident, afin de forcer les Occidentaux à cesser tout soutien aux Américains. Pour éviter cette escalade souhaitée par Téhéran, les Occidentaux ont esquivé. Téhéran a riposté en annonçant un enrichissement à 80%, puis à 100%, promettant d’autres progrès dans le domaine.


13.02.2010

Iran : Violations devant témoins !

Epuisé par les sanctions américaines, Téhéran veut une escalade, une confrontation, une menace guerrière sur le détroit d’Ormuz, artère pétrolière des alliés de Washington pour forcer ces derniers à demander la levée des sanctions américaines. Hier, Ahmadinejad donnait ordre à Salehi, le directeur de l’organisation iranienne de l’énergie atomique, de commencer l’enrichissement au-delà du seuil réservé aux usages civils. Les Occidentaux ont esquivé cette provocation, Téhéran repart à la recherche d’une escalade avec deux nouvelles annonces nucléaires.


09.02.2010

Iran : Une escalade prévisible

Téhéran vient d’annoncer sa décision (réversible) de se lancer dans deux jours dans l’enrichissement à 20% pour produire du combustible nucléaire pour son réacteur de recherche. Si on enlève les fioritures, il vient en fait d’annoncer qu’il veut enrichir de l’uranium au-delà du seuil réservé à un usage civil. Téhéran cherche la confrontation. | Retour chronologique sur une escalade prévisible |


08.02.2010

Iran : Les images de la conquête spatiale des mollahs

Il y a trois jours dans le cadre de ses provocations balistiques, Téhéran a fait état du lancement de sa troisième fusée spatiale Kavoshgar-3, porteuse cette fois d’une « capsule habitée transportant des animaux vivants ». Tous les médias ont diffusé la nouvelle sans avoir vu la moindre image de la dite capsule. Le reportage vidéo de la télévision iranienne laisse la place à de sérieux doutes sur l’authenticité de l’annonce.


05.02.2010

Décodages des propos modérés d’Ahmadinejad et des réactions

Hier lors d’une interview à la télévision iranienne, Ahmadinejad a exposé les résultats de ses conversations secrètes avec les Occidentaux, révélant des reculades occidentales sur des points essentiels avant d’annoncer que dans ces conditions, l’on pourrait envisager une certaine coopération. Alors qu’il était resté sur ses positions d’avant (coopération à mes conditions), les médias occidentaux ont parlé d’une volonté d’apaisement alors que les politiques ont parlé de la nécessité d’attendre. Il y avait pourtant dans les propos tenus par ce dernier de quoi évoquer l’absence de toute volonté d’apaisement et la nécessité de ne plus attendre. | Décodage des réactions |


04.02.2010



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