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Les Iraniens de confession juive : des Qajar aux Pahlavi
17.11.2005 Texte corrigé le 18 Avril 2007 (passage relatif à Nasser-Eddin Shah)

En 1941, alors qu’Hitler mettait en œuvre sa « solution finale », le gouvernement iranien avait réussi à convaincre les experts raciaux nazis que les juifs iraniens étaient de purs iraniens depuis plus de 2500 ans : les nazis acceptèrent les arguments iraniens, et c’est ainsi que beaucoup de juifs d’Europe furent sauvés par des diplomates iraniens qui leur procuraint des passeports iraniens.



Sous la dynastie des Qajar, le pouvoir était aux mains du clergé chiite. Les minorités religieuses étaient à la merci des prêches extrémistes des mollahs. C’était une situation inconfortable surtout pour les Bahaïs, mais aussi pour les sunnites, les zoroastriens et tout particulièrement pour les juifs qui vivaient dans la crainte des expéditions punitives ou des massacres ordonnés par les mollahs.

Le pouvoir central était faible et les seigneurs locaux ne montraient aucun intérêt pour les minorités de mécréants. La loi appliquée en Iran sous les Qajar était la Charia, on écartelait, on lapidait, on flagellait les fauteurs et il n’existait aucune institution étatique pour rendre une justice autre que religieuse. L’ensemble des réformes qui ont extirpé l’Iran du Moyen Age date de la prise du pouvoir par le père du Chah, Reza Chah Pahlavi, le Grand, le fondateur de l’Iran moderne.

Ce dernier innova en prenant le pouvoir car il fût le premier roi à ne pas exterminer les membres de la dynastie précédente. Par ailleurs, il ne confisqua pas leurs biens et n’expropria aucun de ces très nombreux « princes » politiciens. Certains des monarques Qajar avaient des centaines d’épouses légitimes et des milliers de concubines et les enfants nés de ces unions d’une nuit recevaient titres, terres, charges et pension à vie.

Reza Chah a tout simplement aboli les titres de noblesse et les privilèges en Iran. Les princes Qajar et les descendants des seigneurs féodaux n’ont eu de cesse de comploter avec tous les ennemis de l’Iran, états étrangers (Britanniques & Russes) ou séparatistes, pour laver l’affront qui leur était fait par un « roturier ». Certains d’entre eux ont fait des carrières brillantes marquées par une demande permanente d’application stricte de la Constitution de 1906 !

La révolution constitutionnaliste de 1906 avait en effet octroyé des droits égaux aux minorités religieuses, mais la même constitution prévoyait la présence de 5 mollahs au sein du Parlement qui avaient un droit de veto sur leurs collègues laïques. La Constitution de 1906 appliquée, lIran serait devenue un Etat islamique parlementaire  : c’est-à-dire exactement ce qu’il est aujourd’hui.

L’Iran serait alors un état parlementaire dominé par des seigneurs féodaux et le clergé chiite dans lequel l’intérêt public serait relégué après la religion et les intérêts tribaux. C’est pourquoi, les princes Qajar, les féodaux et les mollahs demandaient le respect de « cette constitution ».

La Constitution de 1906 était soutenue par les Britanniques car ces derniers voulaient réduire le pouvoir de la royauté qui n’était pas insensible à la modernisation de l’Iran : Le roi Mohammad Shah Qajar avait tenté d’importantes réformes de 1834 à 1848 (il avait aboli la religion d’état et la peine de mort).

Les Britanniques étaient hostiles à la modernisation de l’Iran et ils ont utilisé le pouvoir des mollahs. Les réformes de Mohammad Shah furent abolies par son successeur Nasser-Eddin Shah et sous son patronnge les mollahs ont obtenu des nouveaux privilèges (des rentes, des terres et une alliance avec le Bazar).

Afin d’empêcher d’autres réformes et officialiser le rôle destructeur de l’Islam dans la vie politique iranienne, les Britanniques, ont soutenu les mouvements de types Constitutionnalistes et encouragé les religieux à se rallier à ces révolutionnaires. La révolution constitutionnaliste de 1906 a placé les lois iraniennes sous le contrôle définitif des mollahs et de la Charia.

Effectivement, les deux monarques Pahlavi, comme de nombreux jeunes intellectuels, avaient conscience du caractère nocif et anti-progressiste de la Constitution de 1906. Afin de restreindre le veto des mollahs islamistes et incapables de réformer la constitution, Ils ont choisi de ne pas l’appliquer « à la lettre ».

Les mollahs contrôlaient l’opinion dans un pays à 98 % illettré. Il n’aurait pas été possible de lancer des programmes d’émancipation de la femme, d’abolition du servage, d’abolition de la féodalité tribale et religieuse en soumettant ces réformes au vote dun Parlement aux mains des plus résolus ennemis de ces mêmes réformes :
- Les Princes politiciens de la Dynastie Qajar,
- Les Seigneurs féodaux,
- Les Laïcs et ,
- Les 5 Mollahs représentant les intérêts du clergé qui contrôlait la rue.

L’égalité des droits des minorités était utopique, rien ne garantissait la fin des pogromes périodiques et aucune loi ne punissait les mollahs et leurs appels à la haine religieuse.

Les Rois de la Dynastie Pahlavi n’ont pas appliqué « à la lettre » cette constitution infamante.

C’est la « dictature » des Pahlavi qui a façonné un pays progressiste et tolérant à l’égard les minorités. Ils ont bâti leur action sur l’émancipation féminine, l’accès à l’enseignement pour tous et la modernisation des infrastructures. Ils devaient se battre sur plusieurs fronts en même temps. Ils ont été en guerre contre les puissants princes lettrés et riches, et les mollahs.

La Révolution de Khomeiny fut la revanche de la mise au placard de la constitution de 1906.

Les Juifs et l’Iran des Pahlavi : La seule période de l’histoire où les juifs (et les autres minorités religieuses) ne courraient aucun danger en Iran fut l’ère de la Dynastie Pahlavi.

En 1925, L’Iran s’était approché de l’Allemagne impérial pour rompre avec l’influence Britannique. Mais, le fondateur de l’Iran moderne n’a jamais accordé le moindre crédit aux idéaux nazis et malgré la propagande assidue des allemands présents en Iran (dans les années 30), jamais, les juifs iraniens ne furent inquiétés, réveillés en pleine nuit, parqués dans un stade avant d’être extradés et exterminés. Telle est la vérité sur cette dynastie progressiste, laïque dans les faits et non en théorie, anti-raciste mais cordialement détestée par les Français au nom d’une erreur de jugement érigé désormais en pensée unique.

- Mossadegh, petit-fils d’un prince de la dynastie Qajar, était un fervent partisan du retour à la Constitution de 1906.

- Bakhtiar, un grand bourgeois d’origine féodale, se disait aussi en faveur du respect de cette Constitution infamante.

Ni l’un, ni l’autre ne peuvent être accusés d’antisémitisme ou de misogynie. Mais, ils plaçaient leurs rancoeurs personnelles et familiales et leurs ambitions personnelles au-dessus des intérêts du peuple Iranien. Ces grands bourgeois fortunés préféraient la chute des Pahlavi qui avait réduit les pouvoirs de leurs glorieux ancêtres et « familles » plutôt que de les aider à réduire le pouvoir des mollahs.

La suite, on le connaît. Les Iraniens de toute confession moururent assassinés par les mains des mollahs, des moudjahiddines, et aussi avec l’aide des partisans de Mossadegh.

Et l’Occident qui n’avait jamais voulu écouter. les discours précurseurs et modérés des Pahlavi, préférant des récits marxisants plus simplificateurs, a applaudi des deux mains sans se douter qu’il pâtirait des conséquences à venir.

Si l’UE ne change pas de politique, elle souffrira de la méchanceté des islamistes, si elle change de politique et de regard sur l’histoire récente de l’Iran, les Iraniens de toute confession rentreront à la maison pour y vivre en paix et les Européens de toute confession pourront s’en inspirer.

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Pour en savoir + sur le sujet :
- Pour les juifs, il y a toujours eu 2 Iran(s) !
- (18 novembre 2005)

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