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Iran : La semaine en images n°419
Les sans choix et les sans famille

10.03.2016

Nouveau Résumé Historique (écrit le 07.03.2016)
+ Conclusions sur la semaine dernière !

(que vous pouvez sauter pour aller directement au texte, après le drapeau iranien !)

-1973-1980 : une révolution américaine de couleur islamique
En 1979, les Américains ont entrepris de renverser le Shah car ses politiques régionales et ses projets pour l’Iran étaient contraires à leurs intérêts pétroliers. Ils entendaient mettre au pouvoir des activistes islamistes non cléricaux qu’ils finançaient depuis la création de l’OPEP par le Shah. Ces islamistes liés à Washington étaient hostiles à l’OPEP et partisans d’un régime révolutionnaire et interventionniste. Ils devaient lui permettre de dénationaliser l’industrie pétrolière iranienne, d’agiter et de déstabiliser l’Asie Centrale soviétique et chinoise, mais aussi de renverser les pétromonarchies créées par les Britanniques, et ainsi de prendre possession de plus de 80% des réserves d’hydrocarbures du monde.

Les Britanniques présents en Iran via le clergé chiite, les Qadjars, les Francs-maçons, les féodaux dont les Bakhtiaris, les Bazaris et la direction du parti communiste Toudeh ont participé à ce projet en faisant la promotion de leur ultra-islamiste en chef Khomeiny. Il s’est imposé au Conseil de la révolution. Puis Londres a éliminé les pions américains par des attentats organisés par Rafsandjani, le demi-frère de Khomeiny. Puis, grâce à la prise en otage des diplomates américains, Londres a enfin donné une identité anti-américaine à cette révolution voulue par Washington. Il a bloqué également le retour des pions islamistes de Washington par l’adoption de la doctrine de tutelle d’un grand ayatollah (du clergé) sur la république islamique de Washington.

Washington a alors commencé une véritable Guerre d’Usure Economique contre les mollahs, pour les mettre face à un risque de pénuries et de soulèvement afin de les amener à transférer les pouvoirs vers ses pions.

En réponse à cette guerre d’usure, Rafsandjani, le patron effectif du régime pour le compte des Britanniques depuis 1980, a commencé une politique de crises pétrolières et régionales pour user Washington, mais cette politique a seulement entraîné la rupture des jeunes y compris parmi les Pasdaran.

-Les années 80 & 90 : Rafsandjani vs USA
Amplification des problèmes & Fausse(s) modération(s) (année 90)| Rafsandjani inquiété pour son insuccès a pérennisé son pouvoir par la création du Conseil (plénipotentiaire) de Discernement de l’Intérêt du Régime, mais la persistance des pressions américaines, l’a amené à ouvrir les portes du CDIR à ses rivaux.

Sanctionné directement, Rafsandjani s’est écarté de la présidence de la république qui est un poste sans réels pouvoirs. Il a confié ce poste à son ex-responsable des assassinats politiques, -Khatami- et mis en place une STRATÉGIE DE FAUSSE MODÉRATION vis-à-vis de Washington. Rafsandjani (maître du jeu via le CDIR) a aussi établi des Alliances diplomatiques avec les Européens via la vente du pétrole à 15% de son prix. Enfin, il a aussi baissé le taux du dollar pour empêcher la fuite de nantis du régime paniqués par la persistance des sanctions.

Selon la volonté de Rafsandjani, le régime a cependant continué ses activités terroristes, sous la direction d’un certain -Rohani-, pour préserver sa capacité de nuisance régionale. Le régime s’est aussi tourné vers la -Russie- alors ruinée pour acheter des armes et tenir tête à Washington. La Russie a gagné beaucoup d’argent avec les mollahs, mais, consciente du fait qu’ils l’utilisaient pour forcer un arrangement avec Washington, elle ne leur a jamais vendu des armes très performantes comme les S-300 susceptibles de leur donner une vraie autonomie stratégique.

-Les années 2000 : Echec des pions de Rafsandjani
Cette fausse modération très biscornue de Khatami n’a pas permis à Rafsandjani d’engager Washington dans la voie de l’apaisement et ainsi obtenir la fin aux sanctions américaines. De plus, le dollar bon marché et la vente au rabais du pétrole ont anéanti toute production en Iran et ruiné le pays entraînant de nouvelles ruptures parmi les derniers Pasdaran recrutés.

En 2005, Rafsandjani, pressé par ses rivaux, est revenu, via un autre ex-collaborateur, Ahmadinejad, à la STRATRGIE DE L’ESCALADE (dans l’espoir de faire reculer Washington ou gagner le soutien de la Russie et de la Chine, pour entrer dans l’Organisation de Coopération de Shanghai afin d’avoir plus d’aisance dans ses marchandages avec Washington. La Chine et la Russie, conscientes d’être utilisées par le régime, ont refusé l’adhésion à l’OCS et ont même soutenu le transfert du dossier au Conseil de Sécurité de l’ONU pour avoir leur mot à dire sur les sanctions et autres pressions afin de contrôler aussi bien Washington que les mollahs.

Washington a profité de l’implication du Conseil de Sécurité pour entraîner toutes les grandes puissances dans ses sanctions bancaires. Le régime ruiné par les mauvaises politiques clientélistes de Rafsandjani s’est vite retrouvé en difficulté pour ses approvisionnements : il a décidé de geler les salaires et remonter les prix pour baisser la consommation afin de préserver ses stocks et échapper aux pénuries et aux émeutes fatales. Mais la première tentative de hausse de prix a entraîné des émeutes puis la rupture les jeunes engagés dans la milice anti-émeute par pauvreté.

-2007 : Sanctions des 5 membres du Conseil de Sécurité
Gestions de la Crise / Crises des Gestionnaires | En 2008, le régime était ainsi très fragilisé car sans défense. Ses dirigeants ont compris qu’ils ne pouvaient pas survivre, ils devaient fuir. Leur priorité a changé : obtenir des GARANTIES DE SÉCURITÉ ou l’IMMUNITÉ de la part de Washington pour fuir sans craindre des poursuites pour leurs crimes passés.

-2009 : Echec de Rafsandjani & sa fausse Révolution de Couleur
Clashs internes et Plans d’urgence | Rafsandjani a écarté Ali Larijani de la direction des négociations nucléaires pour privilégier ses propres chances d’obtenir les meilleures garanties de sécurité possibles. Ali Larijani a divulgué, par un tiers, la corruption de membres du CDIR et du clergé pour les renverser et avoir les mains libres pour marchander les meilleures garanties pour lui-même. Rafsandjani a neutralisé la menace en éliminant les proches de Larijani. Puis en 2009, pour s’éviter d’autres frondes internes, avec l’aide des Britanniques (BBC), il a tenté (encore) de sauver le régime par une (FAUSSE) REVOLUTION DE COULEUR VERT (couleur de l’islam) MOUVEMENT VERT pour revitaliser le régime et lui donner une nouvelle légitimité et de fait, amener Washington à abandonner ses sanctions. Mais l’opération lui a échappé et a seulement mis en valeur la rupture du peuple et des Pasdaran de base (aussi bien les vétérans que les plus jeunes recrues).

En 2010, Rafsandjani a continué en tentant une nouvelle (fausse) révolution Verte avec les pions de Washington pour la création d’un régime hybride qui n’eut aucun succès. Le peuple et les Pasdaran de base ont au même moment manifesté à l’occasion de l’anniversaire de Reza Shah, le fondateur de l’Iran moderne (et laïque), confirmant leur penchant pour une contre-révolution laïque. Les nantis du régime ont alors paniqué et ont commencé à brader leurs avoirs et acheter de l’or et des dollars pour quitter le pays avant que le régime ne tombe ou ne change de mains suite à un deal secret entre les dirigeants et Washington. Le régime s’est retrouvé avec un risque de banqueroute financière avec cette ENVIE (sans cesse grandissante et confirmée) DE FUITE DES NANTIS RIPOUX AVEC LEURS CAPITAUX.

Changement de Monture pendant la course | En 2012, Rafsandjani a lâché les Britanniques pour marchander avec Washington à propos de son rôle avéré dans l’attentat d’Amia, s’attirant leur foudre. Mais il n’a rien obtenu des Américains, il est revenu vers les Britanniques, ils lui ont concocté le projet de -Déviation-du-Régime-en-direction-du-peuple- afin d’obtenir son pardon et au passage, dans l’intérêt de Londres, saboter le régime islamique avant un deal avec Washington. Le peuple et les jeunes Pasdaran dissidents ont refusé ce projet opportuniste. Le projet de Déviation ne pouvait pas être continué.

-2013 : la Coalition des vaincus
Le « choix » de Rohani | Les chefs du clergé ont invalidé la candidature de Rafsandjani aux présidentielles rompant de facto leur lien historique (vieux de 170 ans) avec les Britanniques. Ils ont mis en avant son adjoint Rohani pour mener une synthèse des politiques précédentes combinant un bras de fer avec Washington (via le chantage nucléaire), la drague pétrolière des Européens, des Chinois et des Russes, et enfin, un soutien détendu à l’opposition interne faussement démocratique pour pouvoir à tout moment piloter un transfert de pouvoirs via une fausse révolution de couleur vers Washington (en cas d’un deal) ou encore pour amortir la chute du régime (en cas d’un soulèvement populaire).

Mais ce choix de retour aux solutions ratées du passé a amplifié les craintes des éléments insolvables des Pasdaran et des affairistes paniqués du régime. Rohani a dû s’allier aux Frères Larijani qui contrôlent les pouvoirs judiciaire et législatif pour contrer l’hostilité des chefs Pasdaran. Mais il ne leur a accordé aucune place à la table des marchandages avec Washington. En moins de 6 mois après l’arrivée de Rohani, le système est devenu très instable.

Washington qui a besoin d’un Iran islamique a alors proposé le GEL des SANCTIONS. L’Angleterre, la Russie mais aussi la France et enfin la Chine ont contré ce plan d’arrangement implicite des Etats-Unis avec les mollahs en imposant des critères de coopération inacceptables aux mollahs marchandeurs dans un cadre officiel nommé l’Accord de Genève. -On a ainsi assisté à la naissance d’une coalition informelle de-4-grandes-puissances rivales des Etats-Unis et membres permanents du Conseil de Sécurité (que nous appellerons les « 5-1 ».-

Rohani et ses patrons ne pouvaient pas refusé. Ils ont accepté avec l’idée d’alléger les sanctions et pouvoir relancer le bras de fer en remettant en cause leurs engagements, pour provoquer une crise et retourner dans un bras de fer avec Washington. Mais ils n’y sont pas parvenus. Les sanctions ont persisté. Les pénuries, la récession, les grèves et les ruptures internes se sont amplifiées. La contestation radicale du régime par le mouvement anti-voile a pu se développer grâce au manque de policiers et de Pasdaran fidèles. Dès lors, Rohani a souvent été contesté par ses rivaux les Larijani et les Pasdaran. Ils espéraient le virer pour prendre sa place et accéder aux marchandages avec Washington.

Washington a eu peur que ces échecs de Rohani et l’envie de fuite de ses rivaux détruisent le régime islamique utile à ses projets. Il a été même amené à tenter de dédiaboliser les mollahs terroristes en affirmant qu’ils luttaient contre Daesh !

Rohani et ses patrons cléricaux terroristes ont pris cela pour de la faiblesse. Ils se sont approchés de leurs rivaux pour relancer le Mouvement Vert mais ce projet voué à l’échec n’a pas trouvé de volontaire. Ensemble, ils ont aussi oeuvré pour le retour au terrorisme islamique régional, mais la Syrie et le Hezbollah n’ont pas suivi ! Enfin, ensemble ils ont baissé le prix du gaz à 1/60e du prix mondial pour attirer les investisseurs Européens et exploser le groupe 5+1. Mais la Russie a menacé les Européens d’arrêter ses livraisons de gaz ! Le joker tactique énergétique était HS. Le régime n’avait plus aucun joker. La panique interne s’est intensifiée : la bourse a chuté de plus de 80% et le 36e anniversaire de la révolution islamique a été boycotté à 100% ! Rohani et ses patrons devaient plier face à Washington !

-2015 : Signature de l’Accord de Vienne
Washington a alors intensifié ses efforts pour la dédiabolisation des mollahs et a tenté d’acheter leur départ par ses médiations commerciales via ses alliés de second ordre.

Les intérêts pétroliers des 5-1 étaient en danger. Ces derniers ont su être solidaires. Ils ont relancé le processus de dialogue et ont pu dominer le jeu et neutraliser durablement tout deal avec Washington en imposant aux mollahs, vaincus par leurs échecs, -l’Accord de Vienne- avec de nombreux engagements et un processus d’inspections lourdes sur plusieurs années.

Les mollahs ont encore accepté pour adoucir les sanctions, signer des contrats puis tout remettre en cause afin d’exploser ce front eurasien hostile de 5-1 pour décrédibiliser ce processus onusien et retrouver Washington...

Washington pris au piège ! a tenté d’échapper à la suprématie des 5-1 en émettant des oppositions par son Congrès ! Les 5-1 ont validé leur suprématie par l’adoption de la résolution 2231 au Conseil de Sécurité !

La panique a explosé : tout le monde vendait ! +300% de ventes ! Les ventes ont dépassé selon les sources officielles 1000 milliards tomans alors que 33% des entreprises encore actives à la bourse (dont toutes les plus importantes) avaient été exclues de vente pour limiter la casse. Ce krach a coûté 345 millions dollars d’or ou de devises aux mollahs ! Les tensions internes se sont amplifiées par l’émergence d’un front de jeunes parlementaires(menés par le député milicien Zakani) s’opposant à la gestion exclusive des mollahs.

Washington a proposé implicitement un blanchiment aux mollahs ainsi contestés en leur offrant l’inspection complaisante du site militaire de Parchin par eux-mêmes sous la direction de son pion onusien Amano ! Tous les responsables du régime, y compris les Parlementaires révoltés, ont joué de manière à finir dans l’équation d’un deal avec Washington ! La panique a explosé encore chez les nantis ripoux qui n’auront aucune place avec le retour des pions et les investisseurs américains. Mais l’opération « Amano-Parchin deal » a échoué car Washington ne pouvait accorder des garanties à tous les gens du régime.

Les mollahs désespérés ont fait appel aux chefs Pasdaran pour organiser l’escalade grâce à une bousculade mortelle lors du pèlerinage de Mena à la Mecque au moment où se tenait aussi la 70e l’AG annuelle de l’ONU à NY ! Mais l’opération des Martyrs de Mena a échoué grâce à l’esquive des Saoudiens, de leurs alliés et le reste du monde !

Les mollahs encore plus désespérés n’ont pas hésité de bloquer les négociations sur la Syrie (au détriment de leur allié Assad), afin de se poser en arbitre du jeu et obliger Washington à prendre en compte leurs conditions de reddition. Mais leur plan a encore échoué... Ils ont aussi perdu le soutien de Poutine.

Washington a puni cette fuite en avant des mollahs par un rapport de son pion Amano les accusant formellement d’activités nucléaires militaires entre 2003 & 2009, mais en laissant un flou sur la période courante pour laisser place à un deal.

Les 5-1 ont rappelé leur suprématie légale et onusienne dans le conflit avec les mollahs en entérinant l’Accord contraignant sur le nucléaire sur la base du rapport ambivalent d’Amano.

-2016 : Application tumultueuse de l’Accord de Vienne
Washington a repris la main en accusant les mollahs d’avoir violé la résolution 1929 du Conseil de Sécurité de l’ONU sur les missiles balistiques puis en évoquant de nouvelles sanctions à leur encontre. Il a aussi contré les 5-1 en réduisant la possibilité d’investissements en Iran par la limitation des visas de voyage pour leurs citoyens businessmen vers son territoire ! Les Français et les Anglais ont rejoint l’accusation pour ne passe laisser Washington mener le jeu et déblayer le terrain pour ses propres investisseurs. Les Russes et les Chinois ont laissé faire pour la même raison !

Sur un fond de récession, de contestation, mais aussi de boycotts populaires et internes de leurs événements, ils ont commencé à appliquer avec réticence les engagements pris à Vienne tout en cherchant à diviser les 5-1 avec des offres commerciales ou à engendrer une escalade régionale avec Washington par des provocations ! Les deux interlocuteurs (5-1 & États-Unis) n’ont pas cédé. Le régime tout entier s’était ainsi retrouvé dans un processus de capitulation lente.

Les chefs Pasdaran ont mis en avant leur puissance balistique pour engendrer la provocation qui échappait aux mollahs et leurs pions Rohani et Zarif. Ali Larijani a créé la coalition des fondamentalistes pour s’emparer du processus de négociations accaparé par le clergé. Les mollahs ont pris la direction de cette coalition en menaçant ses membres d’invalider leur candidature.

Mais l’incapacité de l’ensemble de ses groupes à mobiliser lors du conflit diplomatique avec l’Arabie Saoudite a rappelé à tous la nécessité de reprendre leur effort pour trouver une porte de sortie sécurisée du pays ! Ils devaient y arriver avant l’anniversaire de la révolution islamique qui est devenu la vitrine de leur impopularité !

Les mollahs étaient à court d’idées de provocation, les chefs Pasdaran ont tenté de dominer le jeu par la relance de la menace contre les pétroliers occidentaux. Ils ont capturé deux patrouilleurs américains, mais ils n’ont pas osé continuer en raison de la présence menaçante des porte-avions USS Truman et Charles de Gaulle.

Washington a profité de leur échec pour leur proposer la libération de ses soldats afin de les remercier pour « leur sens de responsabilité qui avait permis de préserver la paix régionale obtenue grâce au modéré Rohani », laissant entrevoir la possibilité de les réhabiliter, afin de les rassurer qu’ils pourraient quitter le pays sans danger pour leur vie ! Les Chefs Pasdaran ont cessé d’exhiber leurs missiles, mais les mollahs n’étaient pas ravis de se retrouver ainsi déclassés.

Les Chinois ont aussi eu peur que l’alliance américaine avec Rohani et les Pasdaran recyclés puisse accélérer la transition vers une République islamique américanisée. Ils ont annoncé la visite de leur président en Iran dès l’application de l’Accord-cadre pour une alliance avec les mollahs (le grand perdant de l’alliance) !

Washington les a doublés grâce à son pion européen Mogherini pour une rencontre à Vienne avec Zarif afin de régler les détails du deal en cours et aller vers un recyclage des mollahs par la libération de plusieurs prisonniers (espions) irano-américains. Les mollahs ont exploité l’intérêt des Chinois pour un nouveau chantage leur permettant de passer avant les chefs Pasdaran. Ces derniers ont repris leurs menaces pour rester en tête. Washington a arrêté son procédé de recyclage et a repris les menaces contre les mollahs mais aussi les chefs Pasdaran !

Les Chinois ont alors exigé une relation stratégique de 25 ans, mais les mollahs n’ont pas accepté de peur de perdre leurs avoirs personnels dans les banques occidentales. Ils se sont tournés vers la France pour monnayer son soutien en échange de contrats intéressants. Mais la France a profité de leur détresse pour les dépouiller sans leur accorder le moindre soutien !

Les chefs Pasdaran ont alors révélé que Rohani avait dépensé la quasi-totalité des avoirs dégelés sans rien obtenir en échange ! Ils ont aussi pris leur distance avec le clergé à l’occasion de l’anniversaire du retour de Khomeiny en Iran tout en insistant sur leur identité de révolutionnaire islamique, se plaçant en faveur d’une nouvelle République islamique militariste (ou « non Khomeyniste » qui peut signifier pro-américaine) ! Les « fondamentalistes » opposés à Rohani ont repris leurs critiques à son égard ! Rafsandjani a aussi remis en cause l’autorité du clergé (qui avait mal joué en misant sur l’efficacité de Rohani). La panique a redémarré plus fort car Rohani avait dépensé les dollars que les nantis souhaitent obtenir !

À quelques jours de l’anniversaire de la révolution islamique, craignant son boycott, les mollahs se sont tournés vers Moscou, mais n’ont obtenu aucun soutien leur permettant de négocier avec Washington.

Les mollahs ont apporté leur soutien aux fondamentalistes, leur offrant une part de pouvoir pour les dissuader de pactiser les Pasdaran et aussi pour rassurer les nantis paniqués et ainsi générer une mobilisation forte pour l’anniversaire de la révolution islamique et en faire une journée de plébiscite interne.

Mais cette manœuvre n’a pas réussi à adoucir les fondamentalistes (généralement des hauts gradés Pasdaran cinquantenaires sans clan). Mus par l’urgence d’assurer leurs intérêts, ils sont restés à couteaux tirés avec les mollahs. La panique s’est amplifiée. Par la suite, l’absence de mobilisation pour l’anniversaire de la révolution a exacerbé les divisions. Le clergé a privilégié les (faux) réformateurs pour inciter les fondamentalistes à se montrer plus coopératifs ou à défaut, les garder pour amadouer les Occidentaux et avoir les mains libres pour marchander leur fuite avec Washington.

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La semaine dernière, les fondamentalistes (sans famille) ont continué à contrarier ce plan en qualifiant Rohani de corrompu et en rappelant la corruption des soi-disant réformateurs. Sans égard pour ses patrons du clergé ! La panique a refait surface malgré les restrictions imposées à vente d’actions à la bourse de Téhéran !

Les mollahs en danger devaient agir seuls pour parvenir à éliminer les 5-1. Ils se sont tournés vers Poutine, cherchant encore à diviser les 5-1, mais ils n’ont rien obtenu de sa part. De plus, le russe s’est allié à leur ennemi saoudien pour geler à leur insu le plafond du protocole du plafond pétrolier. Merkel, membre important des 5-1, a alors puni les mollahs en insistant sur la reconnaissance d’Israël comme condition sine qua non de toute relation commerciale avec eux. Les mollahs dépités se sont tournés vers leurs remuants fondamentalistes, partisans de la rupture de l’accord de Vienne !

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Cette semaine (19-26 février 2016/23-30 Bahman 1394), on entrait dans la seule semaine de campagne électorale et le clergé s’attendait à une semaine difficile avec les fondamentalistes enragés. Ces derniers devaient marquer des points pour ne pas devenir de simples instruments du clergé. Au final, la semaine devait se terminer sur les élections dont l’issue choisi par le clergé (grâce à des urnes opaques) restait incertaine en raison de la guerre du clergé avec ceux qui seraient les mieux capables de servir ses intérêts. Voici le récit en image d’une semaine mouvementée et déterminante pour l’avenir du régime.

Cette analyse a été diffusée vers Iran le dimanche 28 février 2016 à 20h via la chaîne indépendante Radio Bidari basée en Suède.



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La semaine dernière, les mollahs et leurs rivaux (les chefs Pasdaran et les ex-hauts gradés de la milice reconvertis en politiciens sous l’étiquette des fondamentalistes), ont été fortement désavoués par le boycott à 100% l’anniversaire de la révolution islamique. Les derniers fidèles n’avaient pas envie de continuer, mais de fuir le pays.

Les mollahs et leur pion Rohani avaient tenté de cacher ce boycott qui était aussi leur défaite, les chefs Pasdaran l’ont révélé. Les fondamentalistes (hauts gradés Pasdaran cinquantenaires sans famille) contenus par le clergé avaient aussi repris les attaques avec l’aide des chefs Pasdaran contre Rohani, insistant sur sa corruption personnelle et celle de ses ministres ex-réformateurs (doubles profiteurs)... pour leur prendre la direction du régime afin de rompre avec l’Accord de Vienne, éliminer l’autorité encombrante des 5-1 et enfin provoquer une crise nucléaire régionale pour obliger Washington à leur accorder une alliance ou, à défaut, une fuite sécurisée d’Iran !

Les mollahs en danger par le rejet de la révolution islamique devaient agir seuls pour parvenir à éliminer les 5-1 et retrouver Washington. Le clergé avait alors désavantagé les fondamentalistes et avait privilégié les (faux) réformateurs pour inciter les fondamentalistes à se montrer plus coopératifs ou à défaut, les garder pour amadouer les Occidentaux et avoir les mains libres pour marchander leur fuite avec Washington. Les réformateurs s’étaient avérés des alliés mous, même pas capables de se mobiliser malgré les aides qui lui arrivaient !

Les mollahs ne pouvaient compter sur ces bras cassés. Ils ont décidé de revenir à l’offensive pour éliminer les 5-1. Ils se sont tournés vers Poutine pour obtenir les S-300 et provoquer Washington ou juste pour diviser les 5-1, mais ils n’ont rien obtenu de sa part. Le russe a aussi puni les mollahs en s’approchant des Saoudiens pour geler à leur insu le plafond de production pétrolière et du responsable israélien qui œuvre pour un changement de régime en Iran.La Russie déçue par l’agitation des mollahs & co pour être dans l’équation finale de marchandage avec Washington les a également punis tous en niant leur avoir promis un prêt économique de plusieurs milliards de dollars ! Merkel, membre important des 5-1, avait aussi puni les mollahs en insistant sur la reconnaissance d’Israël comme condition sine qua non de toute relation commerciale avec eux.

Les mollahs ne pouvaient espérer provoquer une escalade en raison de l’esquive américaine, des croches-pieds de leurs rivaux et le refus des 5-1 de se laisser instrumentaliser. Ils avaient tout essayé sans y parvenir. Dépités par leur manque de marge, ils avaient fini par revenir vers leurs remuants fondamentalistes, partisans de la rupture de l’accord de Vienne !

Les fondamentalistes, revenus du néant des rejetés du système, ont vite repris les attaques contre l’Accord (Plan d’action commune) de Vienne, mais aussi Rohani et son projet d’action commune ou encore les réformateurs pour imposer une forte dose de fondamentalisme au prochain Parlement !

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Vendredi 19 février 2016 – 30 Bahman 1394, dernier jour de la semaine dernière, le clergé a rappelé son autorité en parlant de ses invalidations des candidatures incompatibles avec ses intérêts. Il a aussi précisé qu’il voulait un Parlement clairement anti-américain pour s’approprier les efforts à venir des fondamentalistes fraîchement validés et déjà en œuvre contre Rohani !

Le clergé a aussi demandé à son propre candidat réformateur, le mollah Foumani, d’accuser le chef des réformateurs Aref d’être un corrupteur et de lui voler ses colistiers comme Motahari (le beau-frère d’Ali Larijani) ! Ainsi le clergé tentait d’imposer son propre réformateur à la place des vieux de chez Rafsandjani qui avaient échoué malgré l’absence de toute opposition devant eux.

Rafsandjani, mis hors jeu par ces manoeuvres, a alors oublié son amour des réformes qui semblait risqué. Il a réuni ses gens pour dire qu’il n’était pas un réformateur et n’avait pas de liste spécifique. Il a copié les fondamentalistes pour affirmer qu’il œuvrait « pour améliorer les conditions économiques du peuple ». Au passage, il a aussi attaqué violemment Rohani en affirmant qu’il était nul et n’avait que 3% dans les sondages et qu’il avait été élu grâce à son soutien !

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Ali Larijani a douté de son choix pro-modéré & pro-réformateur. Mais, il ne pouvait pas aller vers les fondamentalistes, car il les avait trahis. En conséquence, il s’est rendu à une cérémonie en mémoire des martyrs de la milice en Syrie pour se rapprocher des chefs Pasdaran qui avaient aidé les fondamentalistes se casant ainsi indirectement près d’eux. Mais, il n’y avait pas été bien accueilli.

Le régime était en refonte pour se préparer à un dernier round de bras de fer avec Washington et la tendance était à la surenchère anti-américaine !

Washington a tenté de neutraliser toute escalade en montrant sa volonté d’entente par une autorisation à Boeing d’entrer en négociations avec le régime ! Le Pakistan a annoncé la fin de ses sanctions, ce qui revenait à se dire prêt à se lancer dans le projet du gazoduc IPI qui serait une manne sans fin pour le pays ou une bonne prime de départ pour les mollahs ! Enfin, le think tank American Thinker a proposé le maintien des mollahs pour lutter contre Daesh, laissant entendre une petite voix en faveur du recyclage des mollahs et des (chefs) Pasdaran en défenseurs de la liberté !

Les fondamentalistes devaient ne laisser aucune chance à ce deal. Ils ont appelé à un rassemblement pour reprendre leur offensive devant leurs partisans survoltés. Ce fut une douche froide, car ils ont pu dépasser leurs rivaux, ils avaient même moins de personnels que les autres clans.

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Les fondamentalistes (les sans famille du régime) avaient des dossiers sur leurs rivaux des grandes familles du régime (aristocratie cléricale). Ils avaient le soutien des nantis paniqués (sans ou avec famille), mais le soutien des chefs Pasdaran pouvait s’évanouir ! De plus, ils n’avaient pas de troupes au sol en dehors d’eux-mêmes (c’est-à-dire 300 dans tout le pays) ! Ils ne pouvaient pas briller par leur force physique (en plus de leurs atouts judiciaires) pour dominer le jeu. Ils restaient donc un des composants d’un régime en agonie. Chanceux de pouvoir exprimer leurs exigences, mais pas capables de les imposer. Ils ne pouvaient pas espérer exiger une victoire sans partage comme résultat des élections à moins de sortir tous les dossiers compromettants du clergé ! La partie n’était pas finie encore. Ils avaient une semaine pour s’imposer ! On allait vers une semaine difficile pour tous les composants du régime et pour la première fois, un résultat pas écrit d’avance.

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Samedi 20 février 2016 – 1er Esfand 1394, le gouvernement est resté neutre en annonçant le début de la campagne avec la concurrence entre les listes sans préciser lesquelles, car il ne voulait pas citer les fondamentalistes ou leurs arguments.

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Le clergé à la recherche d’une escalade annonçait qu’un verdict de la Cour européenne contre l’Angleterre pour avoir sanctionné la banque iranienne Mellat lui permettait à son tour de porter plainte contre l’Angleterre.

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Rafsandjani continuait à se démarquer de Rohani et s’approcher des fondamentalistes en dénonçant l’arrivée de péages routiers en Iran comme le dernière injustice de Rohani !

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Dans un interview accordé au journal interne du Parlement, Larijani (connu pour sa prudence+une folie par an) était revenu vers le clergé (donc à la source de tous les pouvoirs) en affirmant avoir préparé les modalités des négociations et de l’accord de Vienne dans une dizaine de rencontres avec le Guide lui-même. On pouvait en douter, car il s’était plaint des cachotteries de Zarif à propos des négociations. Mais en ces temps de refonte du système, en admettant ce qu’il disait, il affirmait sa disposition à défendre les marchandages des mollahs avec Washington via leurs pions Rohani et Zarif pour faire partie de ce processus !

Le quotidien Javan des chefs Pasdaran faisait référence à un article de la BBC Farsi en faveur de Rafsandjani et Rohani (en fait pour les griller), et affirmait que les deux hommes étaient les choix de Londres et qu’il fallait les boycotter.

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Du fait de la tournure des événements (les revirements incessants et inquiétants du clergé), les chefs Pasdaran avaient jugé probable le recours à Rafsandjani (partisan d’un deal avec Washington qui était en auto-recyclage pour avancer masqué). Ils s’y opposaient en le qualifiant d’agent anglais alors qu’il œuvre pour un deal avec Washington ! Ils auraient pu parler de sa corruption étalée au grand jour par le fondamentaliste sans famille Zakani, mais ils ne l’avaient pas fait. Ils voulaient donc éviter le sujet de la corruption qui éclaboussait le clergé et qui pouvait aussi les éclabousser, car ils ont longtemps été les complices de Rafsandjani dans ce domaine. De fait, ce dernier a des dossiers compromettants sur eux et serait capable de s’en servir. L’accusation de lien avec Londres était donc un prétexte médiatiquement efficace pour attaquer et sans permettre à Rafsandjani de riposter. Les chefs Pasdaran évitaient aussi tout conflit avec le clergé sur le sujet brulant de la corruption.

En résumé, les chefs Pasdaran montraient qu’ils n’avaient pas de lien sacré avec les fondamentalistes, ils les avaient utilisés contre Rohani ou le clergé, mais à présent, ils jugeaient plus utile de les abandonner et jouer leurs propres intérêts sans se soucier d’eux. Les fondamentalistes étaient privés de résultats alors qu’ils s’étaient bien battus et fait tout le travail ! Cela risquait de renforcer leur hargne et radicaliser leurs attaques !

Keyhan, la voix des nantis paniqués, était encore avec les fondamentalistes (sans famille), car il dénonçait les listes aristocratiques au service des intérêts très particuliers (mais sans référence à l’article de la BBC, ce qui montrait que celui-ci était un prétexte contre Rafsandjani en tant que candidat-joker du clergé).

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On avait donc une situation complexe sans aucune tendance dominante et de fait plus ouverte que la veille.

Il y avait aussi une recrudescence de pressions du côté des 5-1, car le Spiegel avait donné une tribune au mae saoudien Al Jubeir pour attaquer les mollahs ! Par ailleurs, Airbus contredisait les mollahs en affirmant qu’il n’avait aucun contrat pour moderniser les aéroports iraniens.

La Russie insistait sur son désaccord avec les mollahs à propos du plafond de production pétrolière et ajoutait que le refus du prêt de 5 milliards n’avait pas de rapport avec ce désaccord (et donc le désaccord était plus général). Elle affirmait pas ailleurs que la vente des S-300 restait possible, mais elle nécessitait de nouvelles négociations et un nouveau paiement !

Enfin tous les 5-1 et les États-Unis évoquaient le terrorisme du régime par une nouvelle déclaration hostile de la FATF à son égard.

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Le gouvernement Rohani a tenté de rassurer tous les paniqués du régime en rappelant que 3 cargos pétroliers acheminaient quelques millions de ses barils vers l’Italie. Mais cela ne pouvait pas être une consolation, car le régime ne peut toucher ses gains parce qu’il est toujours sous l’embargo sur dollar.

Les fondamentalistes n’ont pas manqué de le rappeler en attaquant au passage les nouveaux contrats pétroliers IPC qui bénéficiaient uniquement aux étrangers en précisant qu’il était connu pour brader le pays (contre des avantages pour le clergé). Ils ont aussi rappelé que la liste des réformateurs n’avait pas de candidats calés en économie.

Par ailleurs, les fondamentalistes ont aussi rappelé que la liste des réformateurs n’avait pas de candidats calés en économie. L’un d’eux nommé Al Es’hagh a même tranché par rapport à la règle du ramdam électoral sans contenu pour proposer un service militaire civique avec des ingénieurs allant au secours des villageois, un projet du Shah, se montrant ainsi prêt à sortir de la défense de l’islam pour aller vers la défense du peuple. Les autres fondamentalistes n’ont pas protesté. Ils étaient prêts à suivre la tendance !

Rohani a eu peur que les ouvriers (jadis très choyés par le Shah et aujourd’hui enrôlés de force dans la milice) ne trouvent la proposition des fondamentalistes en lutte avec le clergé à leur goût et voient dans ce groupe une solution pour leur avenir !

En conséquence, Rohani a annoncé un rassemblement avec des ouvriers pour défendre son bilan économique en demandant un vote pour le candidat le plus calé en économie, c’est-à-dire pour lui-même. Il a aussi rejeté les conseils des étrangers, c’est-à-dire des Anglais en sa faveur et en faveur de Rafsandjani, pour se détacher de ce dernier. Dans cette partie, il s’adressait aux chefs Pasdaran et les suppliait de ne pas tirer sur lui. Il s’adressait aussi au clergé pour qu’il ne sympathise pas avec Rafsandjani, totalement relancé par la faute de l’intérêt porté par les chefs Pasdaran à un article mineur de la BBC Farsi !

En résumé, les mollahs n’avaient pas d’idées pour provoquer une escalade. Leur pion Rohani ne songeait qu’à sauver son poste pour rester dans la procédure des marchandages avec Washington ! Rafsandjani et Larijani faisaient tout pour intégrer ce processus ! Enfin, les fondamentalistes sans famille faisaient tout pour saboter le processus et l’un d’eux proposait de rompre avec le régime !

Les nantis paniqués n’avaient plus d’amis ! La panique est montée en flèche ! Le régime a bloqué la vente de 73 compagnies sur le marché normal (vente sans baisse des taux) pour limiter les ventes et a investi à perte dans les compagnies en faillites pour faire monter l’indice et satisfaire les vendeurs, mais l’indice s’est vite retrouvé en chute libre et in fine, le régime a perdu 1192 milliards de tomans soit environ 340 millions de dollars ! Le dollar était en hausse et l’or en baisse. Le régime avait augmenté l’offre de l’or pour contenir sa demande et la demande de dollar, mais cela n’avait pas marché.

Washington inquiet par le retour de la panique ruineuse a expédié son allié régional, l’Oman, vers les mollahs avec l’offre d’achat gazière par un gazoduc subaquatique. Rohani et son équipe ont attaqué la politique régionale de l’Arabie Saoudite pour engendrer une crise entre l’Oman et ses voisins arabes, mais leur tentative n’a pas été un succès, car l’envoyé de Washington a dit qu’il n’était pas là pour faire de la politique, mais du business. Ils ont insisté et l’opération n’a permis aucun investissement aidant les mollahs.

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Le fondamentaliste Elias Naderan (un chef bassidji amputé de la main gauche pendant la guerre-Irak) a riposté aux inimitiés de la veille en annonçant une conférence de presse dans 24 heures sur les statistiques économiques catastrophiques du pays ! Le décalage était sans doute un délai de réflexion aux Pasdaran pour changer de position et les aider !

Le chef des réformateurs Aref (du clan Rafsandjani) a lâché ce dernier en affirmant qu’il doutait de tous ceux qui avaient le soutien des ennemis, mais il a apporté son soutien à Rohani (bien qu’il avait aussi un soutien du même genre). Il a ainsi montré sa disposition à servir cyniquement le clergé quitte à trahir ses propres mentors. Mais que son manque d’arguments percutant montrait qu’il serait un bien faible allié pour le clergé.

Rafsandjani qui était attaqué par les chefs Pasdaran, les fondamentalistes, Rohani et à présent un ex-pion de faible envergure comme Aref, a pris la parole en tant qu’esprit libre pour défendre Rohani et espérer que ces élections puissent prendre en compte tous les esprits libres !

Washington a souligné sur la chaîne PBS l’absence d’effets économiques positifs de l’accord de Vienne sur la vie du peuple pour dénigrer Rohani (qui semblait en mauvaise posture en raison de son bilan et les oppositions à son égard) préparant l’opinion américaine à l’arrivée de nouveaux joueurs, laissant entrevoir que la solution était de les comprendre et faire preuve de plus de complaisance économique à l’égard du régime. Par ailleurs, Hoover institute a présenté l’Arabie saoudite comme le plus grand danger au monde pour plaire aux mollahs et faciliter le dialogue avec les nouveaux arrivants qui pouvaient être plus radicaux.

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Dimanche 21 février 2016 – 2 Esfand 1394, le journal Iran, voix du gouvernement, reprenait le discours de Rohani appelant à voter pour des candidats économistes (ce qui au passage était un mauvais coup pour Aref et les réformateurs, qui manquaient d’économistes sur leur liste). Rohani n’entendait pas partager son pouvoir ou encore, il n’avait que faire d’Aref !

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Tehran Times répondait aux accusations sur l’IPC en parlant d’importants investissements à condition de servir le pays !

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Dans Javan, les Chefs Pasdaran mettaient en avant les insultes de Rafsandjani (Rohani à 3%) pour empêcher son nouveau changement. Ils parlaient aussi d’une vaste corruption de banques en faveur des réformateurs pour dire que le clergé les avait payés !

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Rafsandjani, déçu par les animosités à son égard, avait mis en avant Ali Larijani et son auto-interview de la veille pour obtenir son soutien et surtout celui de son frère, Sadegh Larijani, chef du pouvoir judiciaire afin d’être certain de ne pas être dérangé par les révélations assassines du fondamentaliste Naderan.

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En revanche, Keyhan avait pris l’argument du lien de Rafsandjani avec l’Angleterre pour l’attaquer, refaire surgir le dossier des dessous de table anglais à son fils pour encourager Naderan à l’accabler. Keyhan dénonçait au passage la versatilité du clergé qui n’avait pas condamné l’ingérence de BCC et laissé envisager tout, y compris un recours à un élément instable comme Rafsandjani, pour se maintenir au pouvoir !

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Enfin, l’Arabie Saoudite insistait sur le procès en cours de 23 terroristes liés aux mollahs pour contredire Hoover institute et neutraliser la campagne médiatique américaine à son encontre.

À 10h du matin, Elias Naderan a commencé sa conférence de presse sur les statistiques catastrophiques du pays en parlant de la disparité des salaires et des revenus des dirigeants du peuple. Il a parlé d’une vraie fracture. Le peuple cherchant à survivre alors que les dirigeants étaient préoccupés par toujours gagner plus en dehors des limites de la loi. Il a cité comme exemple Rohani lui-même dont la famille a monté un bureau de change pour s’enrichir grâce à la crise du dollar ! Il a aussi parlé du trafic d’influence du frère de Rohani au profit des plus riches qui ne veulent pas rembourser des prêts bancaires astronomiques... Comme la semaine précédente, on n’entendait plus les fondamentalistes parler du peuple que l’islam. Les fondamentalistes étaient prêts à frôler la dissidence pour avoir le soutien du peuple !

Les chefs Pasdaran sont intervenus en leur faveur en diffusant la vidéo de la conférence (ci-dessous 3 docs en MP4) et aussi indirectement par la milice universitaire pour demander une action exemplaire de la justice (clan Larijani) contre tous les corrompus du régime !

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Les nantis ont constaté que les fondamentalistes n’étaient pas morts et restaient un composant utile pour saboter les marchandages secrets des mollahs avec Washington ! Le volume des ventes a baissé de 43%. La bourse a fini à 681 milliards de tomans (soit une perte de 194 millions dollars pour le régime).

Il n’y a eu aucune réaction ou diffusion de ce qui était révélé ! Les mollahs, les chefs catapultés par eux à la tête des fondamentalistes (Movahedi Kermani), les Larijani ainsi que les réformateurs qui se disent partisans du peuple sont restés silencieux. Comme si la conférence annoncée n’avait pas eu lieu !

Par ailleurs, Haddad (un fondamentaliste lié personnellement au Guide) a tenté de faire diversion en avertissant Rohani de ne pas fricoter avec les partisans d’une révolution de couleur pro-américaine ! Mais les chefs Pasdaran n’ont pas donné de l’écho à cette fausse polémique qui voulait détourner les attentions des bombes lâchées par Naderan !

Washington a jugé le clergé en difficulté. Il a décidé d’intervenir pour renforcer l’islamisme utile pour ses projets régionaux ! Le mae d’Ukraine est arrivé avec plein de propositions, dont des avions bon marché. Le mae de Bosnie devait arriver pour parler de la Syrie ! L’allié régional de Washington, l’Azerbaïdjan, a annoncé l’arrivée dans 24h de son président. Le président de la Confédération suisse vendredi a annoncé l’arrivée de son président peu avant les résultats et l’Afrique du Sud a aussi annoncé une visite prochaine de son président Jacob Zuma.

Ces sollicitations ont reboosté Rohani et son équipe. Dans leurs rencontres de ce jour, Rohani avec le mae de l’Oman, et Zarif avec le mae d’Ukraine, les deux hommes des mollahs se sont mis à dénigrer le rôle régional de Washington, ce qui n’a pas permis à leurs interlocuteurs de concrétiser les promesses économiques évoquées au moment de leur départ vers l’Iran. Washington a puni le régime en reparlant de ses missiles très dangereux !

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Poutine qui n’en savait rien au moment des premières arrivées a dépêché son envoyé spécial Sergueï Choïgou à Téhéran avec le message efficace et concis que les deux parties devaient se consulter avant toute intervention afin de réduire au silence les mollahs agités et ainsi d’empêcher qu’ils ne parlent à tort et au travers à propos de la Syrie dans le but de provoquer une crise bénéfique à leurs seuls intérêts.

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Ainsi en fin de la journée, les mollahs étaient punis par Washington et par Moscou, ce qui devait entraîner une nouvelle panique financière d’un niveau élevé. Le réformateur Aref est intervenu pour condamner les critiques destructrices (de Naderan) et ainsi promouvoir sa candidature (molle) comme étant la meilleure pour le régime !

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Lundi 22 février 2016 – 3 Esfand 1394, dans le journal Iran, le gouvernement avait offert une tribune au petit fils de Khomeiny (petit-neveu de Rafsandjani) appelant à participer aux élections. Le gouvernement annonçait qu’il préférait Rafsandjani aux fondamentalistes et qu’il n’avait pas peur de représenter les intérêts particuliers contre ceux des déshérités et des sans famille !

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Rafsandjani heureux du soutien de la veille et de cet interview (réalisé avec son consentement) avait mis de côté ses critiques et avait fait du supplément économique d’Abrar un canal de propagande pour toutes les annonces économiques du candidat économique Rohani !

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Tehran Times (porte-parole du clergé) cherchait un clash avec Washington en évoquant la visite de l’envoyé spécial de Poutine à Téhéran comme la preuve d’une alliance secrète !

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Javan (un des journaux des chefs Pasdaran) n’avait pas mis en avant Naderan qui n’avait pas pu déstabiliser le clergé. Le journal tentait de la faire en reprenant le faux avertissement de Haddad pour accuser par son intermédiaire Rohani e fricoter avec les partisans d’une révolution de couleur pro-américain.

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Hors Iran, dans Daily Télégraph, les Anglais avaient interviewé Aref qui s’était dit leur ennemi, pour montrer qu’il n’avait pas de suite dans les idées. Dans la foulée, Tavakkoli, l’agent permanent des Anglais en Iran et aujourd’hui fondamentaliste (par intérêt) a pris la parole pour dénoncer vivement l’absence de réaction contre les protégés de Londres en particulier Rafsandjani ! Il s’agissait de relancer aussi Naderan, mais ce fut encore le silence chez les mollahs du clergé y compris les 3 qui avaient été dénigrés par la BBC. Personne ne voulait promouvoir cette polémique dangereuse !

Les fondamentalistes ont insisté y voyant la soumission du clergé à l’Angleterre ! Cela devenait gênant. Quelques membres du clergé ont condamné l’ingérence de l’Angleterre et ont demandé des explications seulement à Rafsandjani, mais pas Rohani.

Le gouvernement devait alors rencontrer le nouvel ambassadeur de la Bosnie pour parler de la Syrie. Il a enchaîné les accusations de terrorisme contre Washington pour parvenir à une escalade bénéfique à ses intérêts, mais son interlocuteur a esquivé !

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Le porte-parole du gouvernement a alors pris la parole pour insister sur les visites des alliés de Washington pour sortir de la polémique de lien avec les Anglais ! Il a aussi insisté sur le rôle déterminant du régime dans la région et l’obtention très rapide des S-300 pour dire qu’il avait des atouts pour provoquer une crise bénéfique au régime !

Mais personne n’y a cru, car le gouvernement n’avait pas les S-300 et ne pouvait pas les avoir. Par ailleurs, il devait consulter la Russie sur la Syrie avant de parler et enfin, il n’avait même pas été consulté comme membre de l’OPEP pour la détermination du plafond de sa production pétrolière ! Par ailleurs, il n’avait pas été fichu de provoquer une crise la veille et il avait été puni d’abord par Washington, puis par Moscou pour avoir tenté de parvenir à un arrangement avec Washington ! En insistant sur sa force, le régime avait rappelé ses faiblesses. La panique a repris et les ventes d’actions se sont amplifiées.

Le Guide a alors publié une vidéo paternaliste pour appeler les gens (du régime) à voter pour la liste qui était la plus rassurante !

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Dans la foulée, le gouvernement a alors annoncé une nouvelle liste de réformateurs, Seday Mellat, la voix du peuple, 100% en sa faveur du gouvernement, créée par Ali Mottahari (le beau-frère d’Ali Larijani) et avec le soutien économique (du trafiquant d’influence) Hossein Fereydoun, le frère du président Rohani (de son vrai nom Fereydoun) !

Cela voulait dire une alliance entre le clergé et le clan Larijani qui détient le pouvoir judiciaire pour contrer les fondamentalistes et leurs accusations de corruption. Cela voulait dire un clergé renforcé et stable. La référence au trafiquant d’influence, Hossein Fereydoun, ami des débiteurs bancaires importants, était la promesse que ces gens seraient épargnés (s’ils arrêtaient de paniquer et nuire aux réserves bancaires du régime).

Au même moment, Ali Larijani était à Qom pour rencontrer les chefs du clergé et de jeunes étudiants. Les chefs ne l’ont pas reçu pour montrer qu’il ne pouvait rien réclamer contre sa collaboration et les jeunes étudiants ont vivement critiqué son changement d’orientation politique ! On avait une alliance avec un rapport de force nuisant à sa stabilité ! Il n’y a pas eu une synergie d’ensemble rassurante !

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De fait, l’annonce de la liste Seday Mellat, voix du peuple qui devait être plutôt Seday Howzeh (le vaticane chiite), donc la voix du clergé contre ses chiens errants que sont les fondamentalistes sans famille n’a pas eu l’effet escompté sur les paniqués. Ces derniers n’ont pas eu envie de cesser les ventes en comptant sur une liste improvisée avec des gens qui se détestaient, commençaient déjà par se chamailler et par ailleurs et surtout ne présentaient aucun programme pour sortir de la crise (c’est-à-dire aucun programme pour provoquer une crise internationale).

Rafsandjani et Aref, remis en cause par cette liste du clergé, se sont réunis pour dénoncer le soutien de Londres comme un complot pour démotiver le peuple, faire baisser la participation et discréditer la démocratie de la République islamique ! Leur show a souligné le chaos du régime !

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Les ventes ont continué à la bourse de Téhéran. La liste des entreprises arrêtées sur le marché normal a alors été censurée. Le gouvernement avait dépassé le nombre de 73 soit le tiers des 250 entreprises encore actives et avait sans doute arrêté la majorité de ces entreprises afin d’étouffer la crise ! Finalement, la bourse a fini sur le résultat de 870 milliards de tomans (une perte de 248 millions de $) qui était très élevé en raison des mesures massue mises en place pour étouffer les ventes !

Les fondamentalistes dépités par leur mésaventure, mais conscients de la défaite du clergé ont continué dans la voie de leur camarade Naderan en reprenant ses accusations. Ils ont aussi affirmé que l’avenir appartenait aux jeunes (en référence aux jeunes miliciens de la milice universitaire) pour récupérer les jeunes sans famille qui travaillent pour les chefs Pasdaran. Mais ces derniers n’ont pas abandonné leurs chefs, car ils pèsent plus lourd sur l’échiquier du régime. m

Les chefs Pasdaran eux-mêmes n’ont pas puni les fondamentalistes et ont continué un soutien à distance en publiant un tableau avec le nombre des économistes des différentes listes et la coalition fondamentaliste arrivait en tête avec 10 économistes, suivie de la Voix du Peuple (liste du clergé) avec 3 économistes et la liste de l’Espoir (les réformateurs) avec un seul économiste.

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Le mollah Movahedi-Kermani, catapulté la tête de la coalition des fondamentalistes, a alors annoncé un rassemblement de ce groupe sous sa présidence dans 24 heures pour récupérer le groupe et l’empêcher de devenir un élément hostile au clergé. Par ailleurs, le clergé a annulé le débat entre le patron de Keyhan (Shariat-madari) et le patron du quotidien Shargh (de Rafsandjani) pour éviter que l’affaire du lien avec l’Angleterre ou les accusations lancées par Naderan ne soient reprises et permettent aux fondamentalistes de se remettre en selle.

Washington a rappelé son intérêt pour un deal en déplorant le refus de visa par les mollahs à trois de ces sénateurs qui voulaient venir en Iran pour rendre compte de la régularité des élections à venir dans quelques jours ! Il a aussi présenté le régime comme un interlocuteur incontournable dans la région ! Il a aussi offert un cadeau aux mollahs par contrat de leasing pour 50 avions brésiliens. Les mollahs n’ont pas accepté la surveillance de leur sélection, car les Américains allaient surtout voir que les urnes opaques arrivaient pleines ou encore que la participation était une affaire de propagande. En réponse, Washington a tenté de déstabiliser Rohani par l’affirmation de l’accord de Vienne était une manière pour lui d’inspecter les installations du régime pour les espionner !

Rohani, mais aussi les chefs Pasdaran qui avaient autorisé les inspections, n’ont rien dit. Les fondamentalistes sont aussi restés silencieux, car aux moments des premières inspections, ils les avaient acceptés dans l’espoir d’obtenir une place à la table des marchandages.

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Mardi 23 février 2016 – 4 Esfand 1394, le gouvernement Rohani rejetait sommairement les chiffres de Naderan (sans même le nommer) pour écraser les fondamentalistes et les chefs Pasdaran !

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Le clergé était encore à la recherche d’une escalade, car il avait mis la rencontre avec le mae de la Bosnie et leurs accusations anti-américaines. Il prétendait aussi peser dans la région pour rassurer les paniqués.

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Rafsandjani affichait d’une part son rapprochement avec Aref : unis contre Londres (pour éviter de nouveaux problèmes). Par ailleurs, il continuait à diffuser les annonces économiques rassurantes de Rohani pour rappeler sa disposition à servir le régime et non ses intérêts.

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Les chefs Pasdaran parlaient de la troisième liste apparue la veille pour dénoncer un scénario de Parlement sans une majorité forte et donc instable comme outil de clergé pour souffler le chaud et le froid dans les marchandages avec Washington.

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Ajoutons que dans cette configuration, les fondamentalistes avaient un rôle et un pouvoir réduits et ne pouvait plus être des alliés utiles pour les chefs Pasdaran. Ces derniers allaient sans doute oublier cette alliance pour se rapprocher du clergé qui avait trouvé une parade pour dominer le régime en divisant tous ses adversaires !

Le fondamentaliste Zakani a alors sorti son clip électoral sur la corruption des dirigeants et leur volonté de privatiser les secteurs clefs de l’économie (aux dépens des Chefs Pasdaran) pour récupérer ces derniers et bénéficier du soutien non négligeable de leur réseau médiatique. Ces derniers ont diffusé le clip, mais sans la couverture habituelle puisque le jeu semblait être fait avec le projet d’un Parlement morcelé et instable incapable de jouer un rôle direct !

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Londres a alors annoncé la reprise mercredi de ses relations consulaires avec les mollahs pour dire que ces derniers restaient très dépendants de lui et ne pouvaient se permettre de le sermonner pour quoi que ce soit ! Ce qui reste vrai, car le clergé inventé sous sa forme organisée par Londres a surtout déposé ses avoirs en Angleterre ou les pays du Commonwealth et a peur de les perdre s’il contrariait trop les Anglais. Le clergé a minimisé l’importance de Londres en qualifiant son attitude humiliante de petite coquinerie !

La panique a subsisté à la bourse malgré un marché réduit, car le plan du clergé de diviser ses rivaux les plus capables ne convenait pas aux nantis paniqués (issus de la milice) qui voient leur salut dans les politiques agressives des fondamentalistes. Le gouvernement a injecté de l’argent à l’ouverture en achetant beaucoup d’actions d’entreprises en faillite pour faire monter l’indice malgré le nombre élevé des ventes, mais avec l’indice a chuté sous l’effet des ventes.

Vers 11h, le président de l’Azerbaïdjan est arrivé en dépassant les problèmes confessionnels créés par les mollahs en agitant la communauté chiite de son pays, sortant par ce voyage le régime de son isolement depuis la guerre ouverte avec l’Arabie Saoudite !

Rohani a insisté sur le soutien du régime aux chiites pour provoquer une crise bénéfique au régime. Les nantis ont repris l’espoir et ont cessé leur vente, mais le président de l’Azerbaïdjan a esquivé le clash souhaité par le régime et a conclu ce voyage par 11 accords de principe montrant l’intérêt de Washington d’éviter tout conflit bénéfique au régime !

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Les nantis ont compris que le régime ne pouvait obtenir une escalade bénéfique à ses intérêts et aux leurs, ils ont repris les ventes, mais l’allure contrariée des ventes a entraîné une baisse globale des ventes par rapport à la veille et la bourse a fini sur 658 milliards de tomans de ventes (soit un transfert de 188 millions de dollars de la Banque Centrale iranienne -BCI- vers les poches des nantis paniqués qui sont environ cent cinquante personnes).

Seyf, le patron de la BCI, a tenté de calmer les paniqués en insinuant qu’ils pouvaient à tout moment sortir leurs capitaux, car le réseau Swift était rétabli les banques iraniennes étaient connectées aux banques étrangères ! Les économistes des chefs Pasdaran ont rejeté l’affirmation en arguant que les transferts d’argent étaient, selon la loi, impossibles sans être liés à des importations et pour l’instant les banques étrangères refusaient d’ouvrir les lettres de crédit pour les commerçants iraniens ou d’accepter leurs transferts d’argent au prétexte de financer leurs importations !

Les fondamentalistes devaient alors se réunir à l’appel lancé la veille par le mollah Movahedi-Kermani. Ils avaient une occasion de parler et obtenir des soutiens notamment auprès des jeunes miliciens ou des nantis paniqués. On n’a vu aucune image montrant la salle entière car il y avait encore moins de monde que la précédente fois. Personne ne croyait à leur chance de peser avec le schéma prévu par le clergé pour le Parlement !

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La liste réformatrice du clergé a profité de cet échec pour appeler à un rassemblement, mais ce fut un tel fiasco que la direction anonyme de cette liste bidon a annoncé le report du rassemblement sans donner de raison !

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C’était un échec pour le clergé et ne pouvait avec un tel insuccès attribuer des voix à cette liste et mettre en place son schéma triangulaire pour le Parlement et devait se reposer davantage sur Rafsandjani !

Les chefs Pasdaran ont organisé un rassemblement en faveur de l’ayatollah Jannati (remis en cause par Londres), pour relancer la polémique contre Rafsandjani et réduire les chances de ce dernier ! Jannati a refusé d’insulter les Anglais et a fait un discours sur les racines anti-américaines et anti-israéliennes de la révolution islamique ! Le refus de Jannati d’accabler les Anglais pour éliminer Rafsandjani a laissé supposer que ce dernier allait se retirer et laisser Rafsandjani être élu à l’assemblée des experts pour que ce sénat exclusivement clérical puisse suivre le schéma divisé du Parlement et permette au clergé de manoeuvrer librement selon ses urgences. Le résultat ressemblait à ce que Londres avait suggéré pour le faire saboter !

Cela nous a incités à croire que Londres avait encore des espions à haut niveau au sein du régime. Sa volonté de saboter le schéma des Assemblées divisées signifiait qu’il croyait ce projet efficace pour retarder la chute du régime et l’aider à manipuler Washington. C’est d’ailleurs pourquoi personne au sein du clergé ne protestait contre Londres. L’objet de ce refus n’était pas d’épargner Londres, mais de préserver Rafsandjani pour l’élire et obtenir un système instable et insondable pour ses interlocuteurs américains ou autres ! Le clergé dépité par ses échecs avait opté pour la crise interne permanente dans l’espoir que cela débouche sur une crise externe ! En principe, les chefs Pasdaran devaient s’aligner sur ce projet bien plus efficace que leurs annonces d’intimidations balistiques !

Washington n’a pas semblé avoir compris le schéma à venir nécessitant plus de pression (sanctions, inspections, rapports négatifs), car il a continué son propre schéma d’apaisement combinant de petites sanctions à des cadeaux et des offres de deal. On a ainsi entendu parler de petites sanctions contre 3 personnes et une entreprise ayant détourné les sanctions, puis le Pakistan a annoncé la livraison possible d’un chef terroriste baloutche financé par Washington et 38 hommes d’affaires américains ont demandé la fin de la loi de restriction de visa pour les partenaires du régime ! On a vraiment compris que Washington n’avait rien compris au schéma à venir quand il a renforcé l’apaisement quand Hillary Clinton a parlé de la nécessité de pactiser avec le régime à propos de la Syrie et la direction américaine de l’AIEA a évoqué un ralentissement des inspections par manque de budget !

Le clergé devait être ravi par la somnolence tactique de Washington ! Dans la soirée, il a organisé une rencontre entre le Guide, Rohani et le président de l’Azerbaïdjan pour provoquer une crise, mais il n’a pas réussi. Ici, on voit le désespoir dans les regards des deux pions du clergé !

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Mercredi 24 février 2016 – 5 Esfand 1394, le gouvernement et le clergé parlaient de liens fructueux avec l’Azerbaïdjan (ce qui était faux). Il s’agissait d’une part de la propagande habituelle pour rassurer les nantis que l’intérêt porté par Washington restait intacte. Par ailleurs, le clergé et son gouvernement voulaient inciter Washington à demeurer dans cette voie inoffensive.

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Mais Rafsandjani a vendu la mèche en annonçant à la une d’Arman (objectif) sa victoire (programmée) avec son neveu Hassan Khomeiny pour servir Rohani ! A la une d’Abrar, il condamnait la diffamation anglaise à son encontre ! Enfin, il avait prêté le supplément économique d’Abrar à la promotion du gouvernement en affirmant qu’il venait de mettre en concurrence toutes les grandes compagnies sur le gisement gazier Azadegan Sud (qu’il avait récemment promis à Total) !

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Les mollahs n’ont certainement pas été ravis par l’annonce du retour de Rafsandjani et la chasse aux clients sur Azadegan sud, car ils y travaillent depuis 15 ans avec le schéma de la mise en concurrence sauvage et n’ont toujours trouvé aucun preneur en raison de manque de confiance qu’inspirent leur méthode. Ils auraient certainement préféré que la reprise des efforts sur Azadegan reste secrète.

Le retour de Rafsandjani se faisait loin de toute discrétion et montrait les limites de coopération avec cet énergumène, politiquement fini et pressé de s’attribuer une victoire pour assurer sa place en première ligne pour une fuite sécurisée du pays.

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Les chefs Pasdaran avaient cessé les attaques contre le clergé et dénonçaient un grand opportunisme généralisé : ils avaient (enfin) compris le dernier plan des mollahs et y adhéraient eux-mêmes par opportunisme, mais en condamnant la procédure pour la forme !

Le camarade Poutine avait aussi compris, mais il ne se contentait pas de suivre puisqu’il avait oublié les mollahs et annonçait un accord avec son homologue, le roi de l’Arabie Saoudite pour parvenir à un cessez-le-feu durable en Syrie !

Rohani humilié par l’annonce a appelé Poutine puis a prétendu avoir été consulté par ce dernier pour le cessez-le-feu ! Poutine n’a pas confirmé. Le régime a zappé ce cessez-le-feu qu’il n’avait pas prévu en raison de l’hostilité des Saoudiens et sa propre impuissance à le leur imposer.

En résumé, le régime n’avait pas le soutien russe pour résister à Washington et avait choisi comme complice Rafsandjani qui est prêt à sacrifier tout le monde pour sauver sa peau ! Les nantis pouvaient tout perdre. Les ventes se sont intensifiées à la bourse et ont atteint 834 milliards de tomans malgré les restrictions imposées suite au méga krach de samedi. La pièce d’or a aussi dépassé le seuil psychologiquement critique de 1 million de tomans ce qui voulait dire que le régime n’arrivait pas à satisfaire la demande des paniqués.

Rohani tenait alors son Conseil des ministres. L’ambiance était à la déprime !

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Les chefs Pasdaran ont réuni les grandes figures de la coalition des fondamentalistes dans une table ronde intitulée « que faut-il faire ? » pour trouver des solutions contre Washington ou relancer l’économie malgré les sanctions qui devaient durer.

Au même moment, le clergé a annoncé un grand rassemblement de milliers de bons croyants autour du Guide pour entendre son avis sur les élections. On avait en quelque sorte « que faut-il voter » contre « que faut-il faire » ! La foule annoncée était imaginaire.

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Mais le plus étonnant fut le discours du Guide puisqu’il a dit qu’il fallait un Parlement équilibré qui éviterait tout reproche susceptible de servir l’ennemi ou de souligner la faiblesse du gouvernement et la force de l’ennemi ! Il fallait respecter le gouvernement (c’est-à-dire Rohani). Un tableau des devoirs du Parlement a été publié aussi regroupant des recommandations hilarantes dont le refus pouvait être assimilé à la trahison !

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Bazrpash, Forouzandeh, Naderan, Soleymani... les invités fondamentalistes de la table ronde des Pasdaran n’ont pas osé parler de la corruption généralisée et de celle de Rohani et proposer des idées fortes. Avec des mines déconfites, ils ont insisté sur la défense des pauvres (« en vertu des valeurs de la révolution islamique ») pour empêcher les privatisations incluses dans le deal avec Washington où ils n’ont rien à gagner. Ils ont donc dû adhérer au schéma voulu par le clergé pour intégrer le prochain Parlement et éviter d’être exclu à tout jamais de la vie politique ou encore finir en prison ou pire encore, sur la potence pour haute trahison !

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Washington a parlé de dialogue et du Snap-Back (le retour des sanctions). Il a aussi annulé le voyage en Iran de son pion sud-africain Zuma ! Mais l’Inde a accepté d’investir les 150 millions de dollars exigés par les mollahs dans le cadre de la construction projetée du port de Tchah-bahar et le président de la Confédération suisse a annoncé son arrivée à Téhéran vendredi au moment du scrutin pour améliorer l’accès des mollahs aux banques étrangères.

Washington n’avait donc toujours pas compris que le régime allait revenir à une politique floue à rebondissements inattendus grâce à un Parlement et une assemblée des Experts délibérément divisés !

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Jeudi 25 février 2016 – 6 Esfand 1394, le régime était ravi d’avoir dupé Washington ! Avec un peu de chance, il allait saluer ce retour des réformateurs qui venaient le tourner en bourrique ! Avec une reconnaissance américaine, leur tâche était facilitée ! Iran, l’organe du gouvernement, a titré : Choisissez l’avenir !

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Le clergé est allé dans le même sens pour duper Washington en rappelant le soutien du Guide à un Parlement équilibré (comme la politique de Rohani) !

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Rafsandjni avait suivi. Dans un excès de zèle, il avait encore franchi la ligne de la discrétion en parlant de l’autorisation américaine à Boeing pour justifier sa participation au projet du clergé !

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Les Chefs Pasdaran avaient aussi mis à leur une, le discours du Guide, mais en insistant sur son aspect économique bénéfique au régime (pour faire oublier qu’il venait d’adhérer à l’Accord national prôné par Rohani).

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Si Washington n’avait pas compris, Londres avait bien compris que les mollahs avaient réussi à imposer un retour à la diplomatie trouble qu’il leur avait concocté à l’époque de Khatami. Mais cette fois, elle était destinée à parvenir à un deal avec Washington.

Les Anglais ont puni le détournement de leurs idées contre leurs intérêts en invitant d’abord les hauts responsables économiques du régime à une conférence à Londres avant de leur refuser des visas à leur consulat fraîchement ouvert à Téhéran, rappelant ainsi que Washington n’était pas le seul à pouvoir de les sanctionner.

Les mollahs n’ont rien dit. En revanche, les chefs Pasdaran ont protesté, appelant à une manifestation pour briller un peu et faire oublier leur alignement sans gloire sur les mollahs, mais il n’y a eu aucune mobilisation à leur demande et contre les Anglais. Personne n’osait protester contre les Anglais par peur qu’ils n’ordonnent le gel de leurs avoirs dans leurs banques.

Washington n’avait toujours rien vu. Kerry continuait la pression molle en demandant la libération de Namazi, un homme d’affaires lié à Rafsandjani croyant ainsi aidé le courant modéré du régime !

Mais soudain, Foreign Policy, le site du Council on Foreign Relations, l’organe de centre de la conception de la diplomatie américaine a évoqué sa déception des réformateurs qui semblaient complices avec Rohani et un instrument entre ses mains ! Étant donné que les Américains n’avaient rien vu jusque-là, cet éveil ne pouvait être dû qu’à une indiscrétion anglaise !

Les mollahs & co dépités n’ont pas réagi afin de ne pas créer de polémiques sur leurs soi-disant modérés ! Ils ont consacré cette fin de campagne aux préparations des bureaux de vote ainsi qu’une visite du ministre de l’Intérieur au QG des élections. On devait voir des urnes transparentes, on a vu arriver des urnes semi-opaques !

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Par ailleurs, il n’y eut aucune réaction aux propos américains de la part du peuple qui est supposé aimer les réformateurs, car il s’agit d’une campagne totalement scénarisée où le peuple ne joue aucun rôle, même celui de figurants. Ainsi a fini la campagne électorale du régime des mollahs : sans programme, sans débat, sans rassemblement populaire dans une totale indifférence du peuple même dans la rue comme le montrent ces images des « dernières heures de la campagne ». Les agents des partis tentent d’intéresser les gens en leur offrant des pâtisseries, mais personne n’a envie de s’arrêter.

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Vendredi 26 février 2016 – 7 Esfand 1394, jour des élections. Il faisait beau et chaud à Téhéran (contrairement aux prévisions). La journée a commencé par une image hallucinante le Guide a voté, en appelant le peuple à en faire autant pour la grandeur de l’Iran sans faire aucune référence à l’Islam aujourd’hui haïe en Iran.

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Le régime a alors annoncé une participation massive, mais on ne voyait pas d’images, on voyait surtout les personnalités (ci-dessous Rohani & Aref) voter et encore une fois sans foule autour !

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Comme on peut le voir sur cette capture de la page de garde de l’agence photographique Mehr, le premier reportage consacré au vote du peuple est arrivé après 10h ! Le reportage était intitulé « vote dans les régions » et ne comportait que des images du bureau de vote de la mosquée Shah-Cheragh à Chiraz. Mais il y avait un problème : l’ombre portée n’était pas dans le même sens pour la file d’attente des femmes et des hommes ! On avait donc un collage d’images d’archive. Ce qui signifiait que le peuple n’y était pas !

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Vers 15 heures, on a eu enfin une vidéo de la participation massive du peuple de Téhéran ! À l’ouverture de la séquence on voit une montre Hublot d’une valeur de 28000 euros à la poignée d’un civil (mollah ou milicien) chargé d’un bureau de vote, puis des urnes opaques et enfin des files d’attente avec des vieux, mais à l’intérieur d’une salle. À aucun moment, on ne voyait le beau soleil de ce jour !

À la minute 1.33, on voit un jeune homme par un temps gris, seul devant une grille, dire qu’il s’est levé tôt pour être le premier, mais il se voit contraint d’attendre au moins 1 heure avec la foule devant lui (que la caméra ne montre pas) ! La scène ne fait aucune référence à la nature des élections. On a conclu qu’il s’agissait d’un faux reportage d’archive ! Puis on a vu le ministre de l’Intérieur annoncer une participation massive. Puis, encore de vieux intervenants et à nouveau un faux reportage par un temps gris avec un jeune (pas de visages contrastés) sans jamais aucune référence aux candidats. Ce qui confirmait des images d’archives et tournées de manière à servir pour toutes les élections.

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À 16h45, le régime a diffusé un clip avec un chant patriotique avec la voix d’un chanteur connu et se disant dissident pour faire bouger les gens. On y a vu des gens devant une mosquée, mais aucune indication spécifiant qu’il s’agissait d’un bureau de vote... puis une trentaine de personnes faisant la queue avec leur papier d’identité pour voter, un seul homme interviewé (en fauteuil roulante) et enfin des gens écrivant leur choix sur des papiers sans se cacher dans un incroyable foutoir à l’intérieur d’une célèbre des beaux quartiers. Un « b… » organisé avec une cinquantaine de personnes pour signifier une participation massive ! Puis... 3 jeunes et 1 vieux parlant (enfin) sous un ciel ensoleillé, mais sans référence aux problèmes courants (car les images devront servir plus tard).

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Après une campagne sans le peuple et sans image, on avait un vote avec seulement deux reportages et 5 interviewés sous un ciel adéquat ! En revanche, on n’a pas manqué d’annonces sur l’arrivée incessante des votants et le gouvernement a même prolongé le délai jusqu’à minuit, puis jusqu’à 1 heure du matin (mais toujours sans images) pour créer l’illusion que le peuple votait massivement !

Alors que les mollahs cherchaient à légitimer par ces annonces leurs choix pour son avenir, ils ont aussi laissé entrevoir leur résultat préféré (préparé tout au long de la semaine) en évoquant via leur chaîne arabophone Al Mayadin, un Parlement Arc en ciel ! Ils allaient donc au-delà du schéma triangulaire vers un état permanent de crise interne pour parvenir à bloquer l’accord de Vienne, mettre en place une grande crise nucléaire régionale, faire aboutir leurs marchandages par le chantage et ainsi obtenir les garanties nécessaires pour leur fuite !

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résumé et conclusion(s) | La semaine dernière, le régime avait eu une confirmation de son impopularité et son isolement par le boycott à 100% de la commémoration de l’anniversaire de la révolution islamique par le peuple. Cet anniversaire avait confirmé la rupture des miliciens de base et la peur des dirigeants de manifester en étant si seuls et si vulnérables.

Les mollahs et leur pion Rohani avaient alors insisté sur la nécessité pour tous les gens du régime d’agir ensemble (sous leur direction) afin que leurs rivaux, les chefs Pasdaran et les fondamentalistes (hauts gradés Pasdaran cinquantenaires sans famille) ne puissent les remettre en cause. Ces derniers avaient rejeté l’unité qui bénéficiait au clergé et le soutien du clergé en attaquant son pion Rohani pour le virer et pouvoir mener une diplomatie plus agressive afin d’obtenir des garanties nécessaires pour leur fuite sécurisée du pays où ils n’ont plus les moyens de rester.

Les mollahs s’étaient retrouvés malmenés par le groupe dont ils voulaient utiliser l’agressivité pour provoquer une crise nucléaire régionale bénéfique à leurs intérêts. Ils ont alors porté leur soutien aux réformateurs (partisans de deal avec Washington) pour forcer les fondamentalistes à se montrer plus coopératifs ou à défaut pour pactiser avec Washington ! Les nantis paniqués partisans de la politique forte des fondamentalistes ont perdu tout espoir et les ventes boursières se sont intensifiées.

De plus, les réformateurs n’ont pas été à la hauteur pour mobiliser au sein même du régime ! Par ailleurs, les fondamentalistes ont intensifié leurs attaques en soulignant la corruption des dirigeants (les mêmes depuis toujours).

On avait ainsi les sans famille du régime contre ses grandes familles (qui accaparent le pouvoir depuis 37 ans). Ces derniers se sont tournés vers Rafsandjani, ex patron de cette aristocratie tribale, aujourd’hui accusé de corruption). Ils ont aussi créé une nouvelle tendance, la Voix du Peuple, à mi-chemin entre les réformateurs et les fondamentalistes enragés, pour parvenir à un Parlement divisé et incapable de s’unifier afin d’avoir un régime en crise permanente et utiliser les tensions internes pour aller vers l’escalade souhaitée sans que les forces qui l’ont généré puissent réclamer un droit pour concurrencer le clergé dans l’obtention des garanties de sécurité de la part des Américains !

On pourrait croire à une solution géniale, mais on en est loin, car les mollahs, sans autre choix que la capitulation ou la fuite en avant, ont tactiquement choisi une pseudo-fuite en avant sans les champions de ce modèle, les fondamentalistes enragés, par peur que ces derniers en les dévorent !

Par ailleurs, d’un point de vue stratégique, ils n’ont rien inventé, car ils sont en fait revenus à un schéma imaginé dans les années 90 par les Anglais pour excéder Washington et obtenir la fin des sanctions. Ce schéma n’avait pas alors réussi malgré l’aide passive des Anglais et les autres grandes puissances hostiles à Washington. Il est encore plus condamné aujourd’hui, car tous ces États que nous qualifions de 5-1 sont en but d’empêcher les mollahs de créer des conditions leur permettant de parvenir à un deal avec Washington.

Par ailleurs, Rafsandjani reste un élément imprévisible en raison des menaces qui pèsent sur lui à la fois en Iran et hors Iran, il pourrait à tout moment dévier vers l’opposition en exil comme il en rêve depuis longtemps.

Plus important encore, les subalternes enragés et exclus d’accès aux garanties de sécurité, attendent les mollahs à chaque tournant, à chaque échec. Pour réussir et sauver leur peau, ils ont d’autres choix que préférer le peuple à la révolution qui les a engendrés. Pour une fois, les enfants de la révolution espèrent la dévorer.

Les mollahs sans choix ont en fait choisi une solution qui loin d’asservir le chaos à leurs objectifs les exposera à de nouveaux tourments avec leurs sans famille, de facto condamnés et donc prêts à tout. Les mollahs (sans choix) ont gagné leurs élections, mais ont sans doute scellé la révolte de leur sans famille et la fin de leur révolution !