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Iran : La semaine en images n°308
Les mollahs dans la phase finale !

18.01.2014


Nouveau Résumé Historique (écrit le 13.01.14)
+ Conclusions sur la semaine dernière !

En 1979, les Américains ont entrepris de renverser le Shah car ses politiques régionales et ses projets pour l’Iran étaient contraires à leurs intérêts pétroliers. Ils entendaient mettre au pouvoir des activistes islamistes non cléricaux qu’ils finançaient depuis la création de l’OPEP par le Shah. Ces islamistes liés à Washington étaient hostiles à l’OPEP et partisans d’un régime révolutionnaire et interventionniste. Ils devaient lui permettre de dénationaliser l’industrie pétrolière iranienne, d’agiter et de déstabiliser l’Asie Centrale soviétique et chinoise, mais aussi de renverser le pétro-monarchies créées par les Britanniques, et ainsi de prendre possession de plus de 80% des réserves d’hydrocarbures du monde.

Les Britanniques présents en Iran au travers le clergé chiite, les Qadjars, les Francs-maçons, les féodaux, les Bazaris et la direction du parti communiste Toudeh ont participé à ce projet en faisant la promotion de leur ultra-islamiste en chef Khomeiny. Il s’est imposé au Conseil de la révolution. Puis Londres a éliminé les pions américains par des attentats organisés par Rafsandjani, le demi-frère de Khomeiny. Puis, grâce à la prise en otage des diplomates américains, Londres a enfin donné une identité anti-américaine à cette révolution voulue par Washington. Il a bloqué également le retour des pions islamistes de Washington par l’adoption de la doctrine de tutelle d’un grand ayatollah (du clergé) sur la république islamique de Washington.

Washington a alors commencé une véritable guerre d’usure économique contre les mollahs, pour les mettre face à un risque de pénuries et de soulèvement afin de les amener à transférer les pouvoirs vers ses pions.

En réponse à cette guerre d’usure, Rafsandjani, le patron effectif du régime pour le compte des Britanniques depuis 1980, a commencé une politique de crises pétrolières et régionales pour user Washington, mais cette politique a seulement entraîné la rupture des jeunes y compris parmi les Pasdaran.

Fausse modération n°1 (année 90)| Rafsandjani inquiété pour son insuccès a pérennisé son pouvoir par la création du Conseil (plénipotentiaire) de Discernement de l’Intérêt du Régime, mais la persistance des pressions américaines, l’a amené à ouvrir les portes du CDIR à ses rivaux. Sanctionné directement, Rafsandjani s’est écarté de la présidence et a confié ce rôle à son ex-responsable des assassinats politiques, Khatami et mis en place une STRATEGIE DE FAUSSE MODERATION vis-à-vis de Washington.

Alliances clientélistes | Rafsandjani a aussi gagné le soutien diplomatique des Européens en leur vendant du pétrole à 15% de son prix. Enfin, il a aussi baissé le taux du dollar pour empêcher la fuite de nantis du régime paniqués par la persistance des sanctions. Le régime a cependant continué ses activités terroristes sous la direction d’un certain Rohani pour préserver sa capacité de nuisance régionale. Il s’est aussi tourné vers la Russie alors ruinée pour acheter des armes et des centrales à des prix exorbitants. La Russie a gagné beaucoup d’argent avec les mollahs, mais, consciente du fait qu’ils l’utilisaient pour forcer un arrangement avec Washington, elle ne leur a jamais vendu des armes très performantes comme les S-300 susceptibles de leur donner une vraie autonomie stratégique.

Cette fausse modération très biscornue de Khatami n’a pas permis à Rafsandjani de mettre fin aux sanctions américaines. De plus, le dollar bon marché et le vente au rabais du pétrole ont anéanti toute production en Iran et ruiné le pays entraînant de nouvelles ruptures parmi les derniers Pasdaran recrutés.

En 2005, Rafsandjani est revenu, via ex-collaborateur Ahmadinejad, à la STRATRGIE DE L’ESCALADE (dans l’espoir que Washington recule par peur de nuire au système islamique qu’il veut récupérer). Washington en a profité pour évoquer encore des frappes ou à défaut un transfert du dossier au Conseil de Sécurité pour légitimer ses pressions surtout des sanctions bancaires.

Le régime s’est approché davantage de la Russie, mais aussi de la Chine, dans l’espoir d’entrer dans l’Organisation de Coopération de Shanghaï afin de bénéficier de sa protection économique et miliaire, mais il a aussi entamé des négociations clandestines avec les Américains. La Chine et la Russie, conscientes d’être utilisées par le régime, lui ont souvent refusé l’adhésion à l’OCS et ont même plutôt soutenu le transfert du dossier au Conseil de Sécurité pour avoir leur mot à dire sur les sanctions et autres pressions afin de contrôler aussi bien Washington que les mollahs.

Washington a profité de l’implication du Conseil de Sécurité pour entraîner toutes les grandes puissances dans ses sanctions bancaires. Le régime exsangue s’est retrouvé en difficulté pour son approvisionnement : il a décidé de geler les salaires et remonter les prix pour baisser la consommation afin de préserver ses stocks et échapper aux pénuries et aux émeutes fatales. Mais la première tentative de hausse de prix a entraîné des émeutes puis la rupture les jeunes engagés dans la milices anti-émeutes par pauvreté.

Fausse modération n°2 : le Mouvement Vert | En 2008, le régime était ainsi très fragilisé car sans défense. Les dirigeants devaient obtenir des GARANTIES DE SÉCURITÉ de Washington pour fuir le pays qui leur était hostile sans craindre des poursuites. Larijani a divulgué par un tiers la corruption de membres du CDIR pour les renverser, prendre le pouvoir et obtenir les meilleures garanties de sécurité. Rafsandjani et ses amis ripoux du CDIR ont écarté Larijani. Puis en 2009, avec l’aide des Britanniques (BBC), Rafsandjani a tenté une (FAUSSE) REVOLUTION DE COULEUR VERTE (couleur de l’islam) MOUVEMENT VERT pour revitaliser le régime et lui donner une nouvelle légitimité et de fait, amener Washington à abandonner ses sanctions, mais l’opération lui a échappé et a seulement mis en valeur la rupture du peuple et des Pasdaran de base (aussi bien les vétérans que les plus jeunes recrues).

En 2010, Rafsandjani (mal en point) a dû re-partager le pouvoir avec son rival Ali Larijani pour tenter une nouvelle (fausse) révolution Verte avec les pions de Washington pour la création d’un régime hybride qui n’eut aucun succès. Le peuple et les Pasdaran de base ont au même moment manifesté à l’occasion de l’anniversaire de Reza Shah, le fondateur de l’Iran moderne (et laïque), confirmant leur penchant pour une contre-révolution laïque. Les nantis du régime ont paniqué et ont commencé à brader leurs avoirs et acheter de l’or et des dollars pour quitter le pays avant que le régime ne tombe ou ne change de mains.

De fait, avec plus de contestation et encore plus de tentative dialogue (marchandage) de la part de Washington, cette ENVIE DE FUITE DES NANTIS RIPOUX DU REGIME AVEC LEURS CAPITAUX est à l’heure actuelle la plus grande source d’inquiétude des dirigeants et la principale menace contre le régime agonisant.

Rafsandjani étant lui-même parmi les ripoux (soucieux de partir avec son magot) a très vite été sensible à cette menace. Il a rapidement lâché les Britanniques pour marchander avec Washington, s’attirant leur foudre. Mais il n’a rien obtenu des Américains. Les pics britanniques ont cessé et il a retrouvé le soutien des médias britanniques pour un autre projet : une déviation du régime en direction du peuple afin d’obtenir son pardon et au passage, dans l’intérêt de Londres, saboter le régime islamique avant un deal avec Washington. Mais le peuple et les jeunes Pasdaran ont refusé ce projet opportuniste. Le projet ne pouvait pas être continué !

Le « choix » de Rohani | Mais Rafsandjani a tenté de le continuer via les présidentielles. Les grands du clergé ont jugé cette option dangereux et ont invalidé sa candidature ont de facto rompu leur lien historique vieux de 170 ans avec Londres. Ils ont choisi à sa place le négociateur intégriste Jalili. Mais la recrudescence des actes populaires hostiles au régime a vite amené les nouveaux dirigeants à écarter Jalili et prendre comme futur président le faux modéré Rohani (un mini « Rafsandjani » sans réseau) pour mener à la fois un bras de fer et aussi un transfert de pouvoirs vers Washington via une révolution de couleur pro-US en cas d’un soulèvement populaire. Ce choix de retour aux solutions ratées des premières années du régime n’a pas plu à ses nantis et aux Chefs Pasdaran : ils ont aussi boycotté les élections. 

Dès l’élection (ainsi) bancale de Rohani, le renforcement de la contestation interne avec l’entrée en action des Pasdaran rebelles a démontré au régime qu’il n’avait pas assez de temps devant lui pour un long marchandage. La priorité absolue pour tous les dirigeants devint l’obtention d’un poste clef au sein du Gouvernement de Rohani pour bénéficier comme les Ayatollahs qui le soutenaient des marchandages express avec Washington ou pour avoir un accès aux canaux de fuite. Les Chefs Pasdaran réduits à eux-mêmes et désormais sans troupes n’ont pu obtenir une place dans le gouvernement, mais Ali Larijani qui, en tant chef du Parlement, pouvait invalider les choix ministériels de Rohani a pu placer quelques pions aux postes clefs de surveillance du système.

Finalement on est arrivé à une Gouvernement de Coalition formé du Clergé+le Clan Larijani+Rohani+2 proches (Zanganeh au pétrole & Zarif aux affaires étrangères) qui a débuté les marchandages avec Washington selon la stratégie d’Escalade (dissuasive) en annonçant un nombre élevé de centrifugeuses, une activité d’enrichissement en hausse et un stock de 4400 kg d’UF6 pour obtenir le plus grand nombre possible de garantie de sécurité (pour les très nombreux membres de la nouvelle caste dirigeante et aussi pour les agents terroristes qui pourraient les incriminer).

Riposte américaine | Mais Washington qui ne peut, pour des raisons stratégiques, reculer devant ses adversaires. S’il veut un avenir en Iran, il ne peut aussi laisser filer les mollahs. Il a donc neutralisé le plan du régime en divisant par 10 via l’AIEA le stock d’uranium revendiqué par Téhéran. Puis il a accentué sa politique de pression en reparlant du terrorisme du régime pour insinuer l’émission de nouveaux mandats d’arrêt internationaux et aussi évoqué la possibilité d’un embargo à 100%. Puis, il a commencé un dialogue clandestin en direct en Oman en offrant des contrats pétroliers au régime qui était confronté à toute sorte de pénurie et allait de crises en crises. Le régime n’a pas accepté car le deal précise un départ du pouvoir et ne pouvait pas bénéficier des cadeaux. Il a tenu bon et a continué son chantage dans l’espoir de provoquer une crise forçant Washington à lui accorder une porte de sortie sécurisée.

Le refus de Washington d’aller dans le sens des mollahs a réactualisé la nécessité pour les chefs des divers clans d’être en 1ère ligne des marchandages pour obtenir en échange d’un accord un minimum de garanties pour eux-mêmes.

Dès l’officialisation de cette négociation, Rohani (ex-organisateur du terrorisme), a écarté le clergé et les Larijani en retirant les négociations au Conseil (collégial) de sécurité pour les confier à son ami Zarif. Il a alors également oublié tout soutien à Syrie et a provoqué l’éloignement de la Russie et du Hezbollah. Rafsandjani s’est posé directement en alternative par divers propos pro-américains ou indirectement via son pion Khamenei par le projet de SOUPLESSE HEROIQUE. Les Chefs Pasdaran ont refusé ! Les nantis et les responsables affairistes du régime ont paniqué à l’idée d’une guerre interne où ils seraient visés !

Washington a eu peur que le régime n’explose. Il a renouvelé ses menaces d’embargo à 100% et de mandats d’arrêt pour tous. Le régime tout en entier a reculé et a accepté le dialogue à NY en marge de l’AG de l’ONU. Les nantis et les responsables affairistes du régime ont paniqué à l’idée d’un deal rapide ne leur laissant pas de temps pour fuir.

Deux jours plus tard, le boycott à 100% du principal défilé militaire du régime par l’armée et les Pasdaran a rappelé la fragilité du système. A NY, Rohani a renoué avec la politique de chantage à la déstabilisation régionale, mais il a échoué. Les nantis ont encore paniqué car il n’y avait pas d’issue... Les nantis et les responsables affairistes du régime ont paniqué et cette fois, via la chambre de Commerce iranienne ils ont ils ont révélé que le régime avait dépensé ses rares gains pour l’année et n’avait que 2 milliard dollars en réserves soit 1 ou 2 mois avant la panne sèche... au plus tard au mi-novembre !

Les efforts de dissidence de Rafsandjani ainsi que les boycotts des événements officiels ont encore fragilisé le régime. Washington a alors introduit l’idée d’un gel des sanctions pour éviter la chute du régime nécessaire à son expansion régionale et in fine, pour l’engager dans un apaisement forcé, destiné à la longue à le désarmer pour mieux le soumettre. Les mollahs ont évidement refusé. Les Britanniques, les Russes puis les Allemands et les Français ont contré ce dégel (contraires à leurs intérêts pétroliers) en insistant sur des « exigences nucléaires qui leur avaient été imposées par Washington. »

Washington a neutralisé ces puissances en faisant appel à son pion Amano pour affirmer que le régime avait par choix politique arrêté le développement de ses activités nucléaires ! Washington a aussi fait appel à ses agitateurs locaux pour frapper à plusieurs reprises les garde-frontières (Pasdaran) de la région Sistan-&-Baloutchistan se trouvant à l’embouchure du Golfe Persique exposant le régime à un embargo de facto. Les dirigeants du régime ont esquivé, oubliant au passage les officiers fidèles décimés ou pris en otages lors des attaques. Au retour, ces derniers ont immédiatement cessé d’intervenir en leur faveur notamment pour mater une importante grève dans la région pétrolière de Khouzestan. Washington a aussi attaqué le moral des troupes par un attentat contre l’ambassade du régime au Liban et deux incendies visant importantes réserves de carburant après la première neige qui annonçait un hiver rude et précoce. Le régime a accepté l’Accord de Genève sur un plan de démantèlement partiel de ses installations nucléaires pour obtenir un sursis, quelques milliards de dollars et en se disant qu’après tout, il pourrait, si sa situation s’aggravait, provoquer enfin une escalade par la rupture de cet Accord !

Cela est arrivé assez vite car les compagnons du régime ont immédiatement perçu cet accord comme un signe de la faiblesse du régime et ont rué vers l’or et le dollar pour faire leur valise... Le régime s’est retrouvé avec une nouvelle crise interne. Rohani a rapidement rejeté tout démantèlement du programme nucléaire pour entraîner la rupture de l’accord et parvenir à une escalade qui est sa seule possibilité pour le forcer à lui accorder une porte de sortie sécurisée du pays devenu hostile à son égard. Washington a sans cesse esquivé cette crise. Les mollahs ont sans cesse surenchéri en remettant en cause de toutes les clauses de l’accord comme la fin de l’enrichissement ou l’arrêt de l’usine de l’eau lourde d’Arak. Washington devait réagir : il a annoncé 19 mini sanctions.

Le régime a pris comme prétexte cette mesurette pour quitter les négociations puis a évoqué au niveau du Parlement un "enrichissement nucléaire jusqu’à 60%" pour se diaboliser afin que Washington lui accorde une porte de sortie dans l’intérêt de son cher islamisme !

Washington a esquivé la crise car il ne peut avoir une place en Iran s’il accorde la moindre garantie de sécurité aux mollahs. Mais en parallèle, Washington a tout de même indirectement sanctionné le régime d’une manière très sévère en stoppant le détournement des sanctions via la Turquie, privant ainsi le régime de 20 tonnes d’or importés de ce pays pour acheter le soutien de ses nantis paniqués. Ces derniers ont évidement paniqué, ils ont commencé à vendre leurs actions en se ruant vers le dollar puisqu’il n’y avait plus d’or sur le marché. Le régime s’est retrouvé mis en demeure de plier pour échapper à des remous fatales.

Rafsandjani a pris la partie d’une capitulation, mais il n’a guère mobilisé. Il est devenue évident que personne ne voulait de cette solution. Le régime devait se montrer fort pour rassurer ses compagnons paniqués. Mais il n’a su affirmer cette autorité en étant incapable de mobiliser même une centaine de ses serviteurs pour la cérémonie chiite et très importante d’Arbaeyn. Ses compagnons nantis ont davantage paniqué, accentuant leurs transactions en vue de prendre la fuite avant la chute du régime, ce qui provoqué une chute de la bourse de Téhéran. Les dirigeants sont intervenu comme spéculateurs via des banques qu’ils possèdent pour faire remonter l’indice de la bourse afin de cacher la crise grave que traversait le régime.

Avec la persistance de la crise, ils ont tenté d’intimider leurs compagnons affairistes en menaçant, Zanjani, un de leurs propres serviteurs impliqués dans les affaires, mais la menace n’a pas pu calmer la crise d’autant que ce Zanjani n’était pas un vrai businessman issu des clans du pouvoir. Les nantis ont vu l’absence de mesure à leur égard comme un signe de faiblesse du régime ! La panique financière est devenue plus forte !


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La semaine dernière, Washington a tenté de se montré bienveillant en envoyant des condoléances très coranique à Zarif, le mae du régime et principal négociateur avec les instances étrangères depuis l’élection de Rohani. Mais en absence d’un geste de bienveillance sur les sanctions, ce geste n’était qu’une offre de capitulation. Le régime n’a nullement réagi : les compagnons du régime ont décelé une petite envie de capitulation. La panique financière s’est amplifiée !

Lundi, le régime devait alors célébré la journée du soutien au Guide : paniquée, par la crise, mais les images provenaient des archives. La panique financière s’est encore amplifiée ! Il a alors repris les négociations pour pouvoir provoquer une crise permettant de marchander une sortie sécurisée du pays qui lui tourne le dos, mais il n’y est pas arrivé. La panique interne de ses hommes d’affaires s’est encore amplifiée ! Le régime a alors arrêté son pion financier Zanjani pour faire peur aux hommes d’affaires paniqués, mais en lui ménageant des échappatoires pour ne pas rebuffer d’autres pions du même genre.

Par ses choix, le régime montrait qu’il avait des marges de manœuvres internes très limitées. Ses dirigeants les plus insolvables se sont raccrochés à pour entrer sur la listes des ayant droit aux garanties de sécurité. Cette union des politiciens pour assurer leur fuite a alarmé davantage les hommes d’affaires du régime. La panique financière s’est encore amplifiée !

Dans la foulée, l’absence de manifestations pour la mort de Mahomet et 2 des ces descendants a confirmé le rejet de l’islam par le peuple et la peur des mollahs de contrarier ce rejet. La panique financière s’est encore amplifiée !

Par la suite, une grande vague de froid a aggravé la situation énergétique du pays. Son autorité a aussi été dégradée par une attaque de quelques jeunes d’un quartier populaire de Téhéran contre ses derniers policiers fidèles pour libérer un camarade arrêté et leurs voler leurs armes. La panique interne s’est naturellement amplifiée.

Le régime a fait état de l’attaque armée de l’un de ses prédicateurs contre des jeunes pour inverser la terreur ! C’était une approche faible preuve qu’il n’avait de troupes pour agir. La crise a persisté. Le régime a alors annoncé un succès à Genève avec à la clef le gel des sanctions pour le 20 janvier pour calmer la crise. Mais l’annonce était fausse et la panique s’est encore amplifiée ! Parmi les politiciens, certains comme les Larijani ont évoqué un comité de surveillance des négociations pour s’assoir directement à la table des marchandages !


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Cette semaine, le régime devait se battre sur deux fronts : contenir la crise interne et provoquer une une crise permettant de marchander une sortie sécurisée du pays qui lui tourne le dos. Il avait aussi un dead-line, il devait réussi avant qu’en fin de la semaine, le boycott général de la commémoration du « révolte sanglant du peuple de Qom contre le Shah en 1979 » ne rappelle son isolement. Un froid sans précédent et mortel a aggravé la situation générale. Voici le récit en images d’une semaine pleine de problèmes et sans aucun temps mort pour les mollahs et leurs derniers associés paniqués.

L’ébauche de cette analyse a été proposée en émission télévisée et diffusée en Iran le lundi dernier (13.01.2014) via la principale chaîne satellitaire de l’opposition, Iran-e-Ariaee. Vous pouvez regarder cette émission en persan sur le compte Youtube d’IEATV ou dans la section iranienne d’Iran-Resist.



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La semaine dernière a été marquée par des boycotts de manifestations officielles et en enchaînement de panique interne qu’il n’a su calmer même en se montrant menaçant. En résumé, il était contesté par le peuple et par ses compagnons et avait perdu la légitimité et son autorité. Le régime avait parlé d’un enrichissement à 60% pour provoquer une crise permettant de marchander une sortie sécurisée, mais il n’y était pas arrivé. Il n’avait pas osé affranchir le seuil de slogans par peur d’aggraver la panique interne. Il était comme les héros du Salaire de la peur, obligé de foncer et craignant y rester.

Vendredi 04 Janvier 2014 (14 Dey 1392), avant le début de la semaine qui nous intéresse, une nouvelle vague de froid l’a mis devant une nouvelle situation de pénuries, de crise et d’urgence. Il n’avait qu’un choix : foncer malgré sa cargaison explosive, puisque tout semblait perdu.

Washington a évoqué par avance sa préférence pour la diplomatie pour éviter cette escalade chère aux mollahs qui n’est pas dans son intérêt. Au même moment, l’Allemand Wolfgang Ischinger responsable de la Conférence sur la Sécurité de Munich a invité Zarif à participer à la 50e édition de ce Forum prévu du 31 janvier au 2 février 2014, une occasion pour le représentant du régime de rencontrer les interlocuteurs des 5+1 en particulier les Américains en dehors du cadre pesant des négociations nucléaires.

Via ses médias, le régime a émis des doutes sur la pertinence de cette présence de Zarif à Munich pour repousser l’idée du « deal secret » qui panique les associés financiers du régime. Le régime semblait bien décidé de provoquer une crise et arriver à fléchir Washington pour obtenir de sa part une sortie en doute sécurité du pays qui le rejette.

Samedi 04 Janvier 2014 (14 Dey 1392), la situation était grave voire désespérée, le régime a augmenté de 20% le prix de l’oeuf, produit importé qui constitue le plat de résistance de la majorité des Iraniens, pour ménager ses réserves de dollars. Il a aussi enté de provoquer sa crise tactique en reprenant les négociations sur la date de l’application de l’Accord de Genève, mais avec l’exigence inacceptable de la levée immédiate de toutes les sanctions dès le premier jour de l’application de l’accord avant même qu’il n’ait commencé à prendre les mesures exigées par les 5+1. Pour être certain de parvenir à leur crise tactique, ils ont évoqué l’arrêt de l’enrichissement à 20%, mais l’installation de nouvelles centrifugeuses pour un enrichissement à minimum 60% qui avait le soutien de 73% de de leurs parlementaires !

Le régime s’écartait de sa ligne de provocations en demi-teinte car la situation était devenue plus grave. Il donnait un signal de malaise qui ne pouvait que qu’amplifier le malaise de ses nantis paniqués et donner lieu à une plus grande crise et une plus forte envie de fuir avec leurs capitaux. Etant donné qu’il n’avait osé les intimider et l’arrestation de l’un des ses propres pions financiers n’avait pu les intimider, il a décidé d’abandonner cette piste : Zanjani qui est sensé être en prison, a été autorisé de diffuser un vidéo se présentant comme un bassidji économique engagé dans le Jihad contre les sanctions, invitant les responsables politiques à choisir la discrétion pour lui permettre de jouer son rôle.

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En parallèle, le régime a ajouté à l’intimidation qui n’avait pu sauver le régime des signaux amicaux susceptibles de rassurer voire même séduire les hommes d’affaires paniqués.

Le clergé, qui cet été a offert le pouvoir à Rohani, a ouvert le bal en évoquant la possibilité de gérer le pays avec l’argent des fonds fonciers qu’il a usurpé au nom du développement des œuvres religieux, mais l’annonce n’a nullement mobilisé car le problèmes n’est pas d’ordre interne mais d’ordre international : Washington empêche l’approvisionnent du régime en dollar nécessaire à sa survie.

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Le gouvernement a alors annoncé l’arrivée de l’ex-mae britannique Jack Straw avec de grandes propositions et de bonnes nouvelles pour le régime ! Cette annonce n’a aussi suscité un espoir car le projet du voyage annoncé le 30 décembre dernier n’avait aucun aspect commercial ou de lien avec les négociations en cours : Straw, désormais député du Labor, avait annoncé un voyage en Iran pour oeuvrer pour le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays, rompues en 2010. A l’époque, Londres encore proche du régime avait lui-même rompu les relations pour entraîner l’escalade recherchée par le régime. Par la suite, les relations ont réellement rompu avec le rejet par le clergé du projet pragmatique de la déviation de la ligne islamique du régime. A présent, Londres œuvre franchement contre les mollahs et l’islamisme (qui furent ses pions régionaux) car son rival américain est en phase de dominer ces pions. Mais pour renverser le régime, La Grande-Bretagne doit être présente physiquement en Iran notamment avec ses médias pour agiter l’opinion internationale et épauler le réseaux britanniques et aller vers le changement de régime qu’il souhaite. C’est pourquoi il ne cesse de parler d’une amélioration des relations entre les deux pays ! Les mollahs, bien conscients que cette amélioration des relations est un cheval de Troie, repoussent les demandes de Londres, mais les utilisent occasionnellement comme des preuves de soutien de Londres à leur égard.

Cette semaine, dans le contexte des difficultés insurmontables qu’ils traversaient, les mollahs sont allés plus loin dans la désinformation en attribuant à la visite de Straw l’aspect d’une initiative de sauvetage, ce qui laissait supposer un rétablissement des relations entre les deux pays, un retour dans le giron anglais et l’acceptation du projet dangereux de déviation de la ligne islamique du régime sous la direction de Rafsandjani et son clan, un projet qui avait plu à ses nantis paniqués et opportunistes, mais avait paniqué les responsables impliqués dans la répression car ils n’y trouvaient rien qui puisse garantir leur survie.

Mais là, bizarrement, on n’a entendu aucune protestation de leur part ! Ils n’étaient guère alarmés à l’idée d’un retour dans le giron de Londres et ses intérêts. De plus, au même moment, le régime a relancé des menaces de poursuite à l’encontre des ripoux du clan Rafsandjani et ce dernier n’a pas osé profiter de l’annonce du retour dans le giron anglais. Il n’y avait rien de sérieux ou réaliste dans l’annonce d’un possible deal avec Jack Straw. Les divers composants de l’actuelle classe dirigeante s’étaient unis pour miroiter une entente avec Londres et un hypothétique retour à la déviation opportuniste pour tenter de calmer les financiers pendant que les négociateurs du régime tentaient de chauffer les Américains à Genève. Les médias ont aussi cessé toute informations sur les variations de la bourse de Téhéran. Les derniers membres du régime s’étaient unis pour se donner les moyens de provoquer sans fin Washington afin d’engendrer une situation extrême et l’obliger à leur accorder des garanties de sécurité pour fuir le pays avant que ses problèmes ne provoque un soulèvement populaire.hostile à leur égard.

Washington devait stopper nette cette volonté commune d’escalade de l’actuelle classe politique pour dominer le jeu afin de maintenir les mollahs dans leurs problèmes pour les amener à capituler. L’ouest du pays, qui souffre de manque d’énergie avec l’arrivée de successives vagues de froid et de neige, a été immédiatement plongée dans un état d’urgence suite aux explosions inexpliquées de l’ensemble de ses réserves de gazole qui ont fait plusieurs morts et surtout entraîné l’incendie de sa principale usine pétrochimique située à Khorram-Abad. On ne peut évoquer un hasard car généralement les réserves de carburant sont implantées de manière à éviter des explosions en chaîne. On avait un acte criminel. Or, personne n’a revendiqué le coup et cela profitait seulement à Washington. On pouvait donc supposer une grosse punition implicite de Washington pour calmer l’envie d’escalade tactique des mollahs sans qu’une revendication ne prouve la vulnérabilité du régime et n’entraine une nouvelle panique interne et le risque d’implosion du régime islamique cher à Washington.

Mais le régime n’a pas abandonné son ramdam sur un possible deal avec Straw. Il a aussi esquivé l’avertissement de Washington en minimisant la situation à Khorram-Abad notamment en faisant un black out total sur les images. De plus, il a misé misé sur la diversion médiatique pour faire barrage à d’autres avertissements du même genre et ’avancer dans la ligne choisie sans être perturbé par une nouvelle crise interne. On a ainsi eu droit à récits poignants de vente de reins par des jeunes désespérés, mais il n’y avait aucun élément accusant les gens issus du régime qui achètent les organes et l’enquête n’a pas eu de buzz. On a alors eu une photo révélant que les petites filles de Khomeiny avaient des poupées Barbie ! Mais personne ne pouvait être dupe que la photo était diffusée par cette famille très impliquée dans toutes les diversions médiatique du régime, c’est pourquoi, les médias du régime ont vite abandonné cette piste et ont tenté d’occuper l’opinion par la nouvelle d’une attaque de voyous armés de machette en plein Téhéran contre un universitaire réputé. Mais l’en l’absence d’image du blessé le buzz n’a pas eu lieu...

En résumé, le régime en difficulté avait décidé de mettre le turbo pour marchander une porte de sortie sécurisée, il avait été puni sévèrement par Washington. Il avait décidé d’opter pour la diversion afin de continuer sa fuite en avant, mais il ne trouvait pas le moyen d’occuper l’opinion pour mener à bien ses plans.

Dimanche 05 Janvier 2014 (15 Dey 1392), en l’absence d’un geste de souplesse de la part du régime, Washington l’a frappé encore par une attaque mortelle en Irak contre un bus iranien entraînant la mort de 10 pèlerins iraniens (des agents du régime). Par ailleurs, un ancien responsable sécuritaire israélien a affirmé que son pays savait que l’attentat d’Amia était l’oeuvre des mollahs et en l’absence de punition adoptée sur le plan légal, des équipes des services secrets de son pays avaient commencé l’élimination de tous les participants à l’attentat (d’une part, Rafsandjani qui l’avait décidé et d’autre part, les chefs Pasdaran qui l’avaient approuvé et exécuté). L’objectif de l’annonce était d’intimider les chefs Pasdaran qui refusent toute capitulation et aussi raviver les craintes de Rafsandjani qui à présent est prêt à toutes les déviations ou toutes les capitulations pour stimuler son envie de rupture avec le régime agonisant. En parallèle, Kerry a tendu une perche (vers Rafsandjani, qui reste officiellement encore aux commande via la direction du Conseil de Discernement de l’intérêt du régime) en affirmant qu’il pouvait jouer un rôle positif en marge de la conférence de Genève 2 sur la Syrie.

Le régime n’a guère répondu à cette invitation, y voyant un bon moyen de provoquer son escalade tactique.

Par ailleurs, Ali Larijani a estimé que Rafsandjani pouvait s’échapper pour pactiser avec Washington et en profiter même pour rétablir son proéminence passée et tenter de rejouer sa carte de déviation. Ali Larijani a d’abord barré la route à cette option en affirmant que personne d’importance ne pouvait rencontrer le britannique Jack Straw car personne ne l’avait invité en Iran. Il était venu à sa propre initiative et qu’en conséquence, il serait seulement reçu par le groupe parlementaire d’amitié avec l’Angleterre, groupe au demeurant inexistant en raison de la rupture des relations entre les deux pays.

De plus, Ali Larijani a aussi barré la route à une ouverture à Washington à l’aide de son frère Sadegh Larijani, patron du pouvoir judiciaire en mettant la pression à Rafsandjani par le rappel que sa fille était attendue au tribunal ce mercredi pour l’avoir insulté. Ali Larijani a également renforcé la pression contre Rafsandjani en personne par l’annonce de la 2nde convocation de son pion Ahmadinejad au tribunal pour le procès de détournement de fonds qui change gravité selon la gravité des divergences exprimées par Rafsandjani avant de disparaître pour éviter que les querelles internes n’indisposent davantage les nantis paniqués et n’entraînent de crises. Cette fois, le Pouvoir judiciaire n’a rien dit sur l’évolution du dossier car Rafsandjani n’avait rien fait et vue la situation de crise, la prudence était de mise.

Les chefs Pasdaran ont profité de cette attaque contre Rafsandjani pour demander l’ouverture du procès de son fils Mehdi qui a détourné des sommes colossales pour son compte ! Le pouvoir judiciaire n’a pas donné suite, mais Rafsandjani a compris qu’il devait prendre ses distances avec toute forme de compromis avec Washington : il a affirmé qu’il reportait son pèlerinage en Arabie Saoudite de peur d’être solliciter par les Occidentaux et nuire sans le vouloir aux négociations (marchandages) en cours. Il a même rejoint le camp de provocateurs anti-dialogue en affirmant que les Occidentaux n’avaient aucune bonne foi car ils continuaient à exiger toujours plus malgré l’engagement pris par le régime à Genève qui était la preuve de sa bonne foi.

Par ailleurs... les Chefs Pasdaran qui avait été visés par l’annonce du responsable israélien devaient aussi montré les dents pour rester dans jeu. En l’absence de troupes à faire défiler ou pour arrêter des bandits, ils ont insinué une belle force de répression en annonçant une prise exceptionnelle de centaines de kilos d’héroïne à Téhéran. Plus précisément, leur dépêche évoquait une prise d’une valeur de 13 milliards de tomans ! Les images de la prise ont montré qu’il y avait 384 kg de drogue (12 tables de 32 sachet d’1 kg). Elles ont ainsi révélé que le prix du gramme d’héroïne étaient désormais de 33,000 tomans en Iran (en hausse de 50% par rapport à mars 2012), mais tout de même encore très bas par rapport aux reste du monde car environ 11 dollars au taux officiel du dollar et 1,1 dollar au prix réel du dollar, un prix sur mesure pour être abordable et permettre une lente destruction de la jeunesse pour empêcher toute révolte.

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Lundi 06 Janvier 2014 (16 Dey 1392), le Britannique, Jack Straw est arrivé tôt le matin à Téhéran en compagnie de 3 autres députés et très souriant. Mais il n’y a eu aucun tapis rouge ou comité d’accueil pour les recevoir dignement. Straw et ses amis ont été reçus par un employé inconnu du ministère des affaires étrangères. Straw est parti vers une destination inconnue à Téhéran avec un rictus dévoilant la certitude qu’il n’obtiendrait rien dans ce pays quelles que soient ses facéties.

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On a perdu la trace de Jack Straw dans les médias du régime ! Le régime a même annoncé qu’il n’était pas encore arrivé, mais qu’il allait arriver avec ses bonnes propositions le « mardi 17 Dey », l’anniversaire de l’interdiction du port de voile en 1933 par le très anti-britannique Reza Shah... Le régime espérait ainsi démoraliser le peuple avec l’annonce d’un pacte avec Londres !

La raison de la mise en attente de Straw était aussi due à une soudaine aggravation de la situation énergétique avec l’arrivée d’une nouvelle vague de froid dans le centre du pays, à Shiraz et à Ispahan, qui sont normalement épargnées en hiver. Le régime renonçait à titiller le peuple et se garder Straw en Joker ou pour faire une grosse diversion au cas où il se sentirait soudain très en danger suite à de nouvelles complications internes.

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Le régime -déjà assez en danger- a rejeté l’offre américaine de la veille en rapport aavec la Syrie, privant cette dernière de toute présence en sa faveur lors de la conférence Genève 2. Le vice ministre des affaires étrangères d’Assad est arrivé alors à Téhéran pour encourager les dirigeants à accepter l’offre américaine afin d’avoir un allié à Genève, mais il n’est pas arrivé à obtenir ce soutien et a surtout eu nouvelle confirmation que le régime des mollahs n’était plus un allié utile et fiable.

Les Américains ont aussi constaté qu’ils n’arrivaient pas à trouver un moyen d’apaisement avec les dirigeants désespérés du régime (qu’ils veulent préserver). Les Américains devaient donc augmenter leur pression pour dominer le jeu, mais ils devaient agir de manière très nuancée pour ne pas encourager la panique existante... Tout d’abord, ils ont exclu la participation du régime à la conférence Genève 2 pour ne pas laisser le régime exploiter le rejet pour discréditer la conférence. Les Américains ont évoqué le comportement négatif des mollahs par leur soutien à Assad. Mais ils n’ont pas annoncé une sanction à ce propos pour laisser une possibilité aux mollahs de reculer. En parallèle, via le NY Times, les Américains ont laissé entendre que le régime était aussi impliqué dans la promotion de la guerre ethnique en Irak pour permettre à l’Etat Irakien (qui est à leur botte) d’avoir un prétexte de cesser la coopération qu’ils avaient eux-mêmes implicitement autorisé avec le régime pour atténuer les effets trop destructeurs de leurs sanctions. Dans ce cas, certains pions irakiens de Washington ont aussi pris position contre l’ingérence belliqueuse des mollahs, mais sans aller plus loin, leur laissant une marge pour changer d’attitude (vis-à-vis de Washington).

Mais malgré l’importance de la coopération économique irano-irakienne autorisée par Washington, les dirigeants désespérés du régime islamique n’ont pas changé d’attitude. Leur situation politique était donc jugée très grave.

La persistance du gouvernement dans le bras de fer a semé la panique au sommet de l’Etat islamique : Le Guide Khamenei (pion historique de Rafsandjani) a apporté son soutien au comité de surveillance de l’équipe des négociations l’idée de Larijani) afin de placer un membre du clan à la table des marchandages. Le rapproche implicite entre Rafsandjani et son ennemi Larijani n’a pas plus à Rohani. Son gouvernement a d’abord ignoré la demande, puis il a laissé entendre que la direction du dossier nucléaire allait être retiré au ministère des affaires étrangères pour revenir au Conseil national (iranien) de Sécurité (qui comprend des représentants de l’ensemble des groupes ou clans de pouvoir au sein du régime). Il a donc décidé de partager le privilège du marchandage pour éviter de perdre sa direction avec la formation d’une coalition implicite entre ses adversaires ennemis Akbar Rafsandjani et Ali Larijani. Rohani espérait se maintenir grâce à la division interne quitte à semer le désordre dans les marchandages et en exposant le régime à plus d’instabilité.

Cette décision très politicienne de partager la direction des marchandages a plongé le régime tout entier dans la stupeur. Il n’y a eu aucun commentaire sur le sujet ou l’avenir forcément chaotique des négociations ! On avait là une nouvelle crise en gestation.

Le gouvernement Rohani a compris qu’il avait commis un faux pas : il a craint une plus forte panique des associés affairistes du régime. La fausse opposition, le Mouvement Vert, qui est le seul joker du régime, a repris du service en annonçant l’arrestation du faux étudiant dissident Tabarzadi aujourd’hui âgé de 59 ans ! Le choix de ce personnage vieillissant et par ailleurs très controversé a révélé que la fausse opposition manquait de volontaires et ne trouvait des jeunes pour l’incarner. Le régime a fait appel à une autre figure controversée : Shirin Ebadi, pour promouvoir sa fausse opposition mais il n’y eu aucune buzz, ce qui a conformé une nouvelle fois le manque de personnel de la fausse opposition.

En l’absence de la possibilité de s’appuyer sur la fausse opposition pour absorber les risques, le Gouvernement devait éviter les problèmes à la base. Le retour de la direction des marchandages à un organe divisé tel que le Conseil National de Sécurité a disparu des sites d’infos qui en avait parlé et le trou a été bouché par des nouvelles de faits divers, une enquête sur le taux très élevé de sida chez les enfants SDF et une polémique très tendue entre deux parlementaires sur le soutien de l’un d’eux à la fausse opposition. Le gouvernement Rohani tentait d’effacer son faux par la fuite et la diversion, laissant dans le flou la gestion des négociations ! Larijani pouvait à nouveau évoqué la nécessité de mettre en place une équipe d’observateurs et même exiger une surveillance par le Parlement. Rohani n’avait rien résolu, il avait seulement sauver sa peau. Il ne pouvait en conséquence inspirer de confiance à ses propres ministres ou s’imposer aux adversaires (comme Larijani, Rafsandjani ou les Chefs Pasdaran) qui veulent sa place.

Mardi 07 Janvier 2014 (17 Dey 1392), on était le jour anniversaire de l’émancipation des Iraniennes du joug du voile en 1936 par la volonté de Reza Shah, le fondateur de l’Iran moderne. 17 dey est réellement une date énorme en Iran.

Il n’y a eu aucune déclaration officielle hostile à ce fait anti-islamique habituellement honni par le régime et ses médias. Reza Shah est très populaire en Iran car il a extirpé le pays d’un moyen-âge absolu pour le propulser dans le XXe siècle en l’espace de 15 ans et ce malgré la pauvreté de ses moyens financiers et l’opposition ténue des divers réseaux britanniques en Iran. Tous les ténors du régime étaient silencieux ! Les dirigeants en difficulté n’osaient défier le peuple et ce d’autant plus qu’une nouvelle et plus importante vague de froid et de neige s’est abattue sur le pays paralysant le Nord ouest, le centre, le Nord Est et même le Sud Est quasi désertique du pays et provoquant une situation de crise insoutenable pour le peuple. Dans la région de Sistan & Baloutchistan (sud-est) où d’ordinaire il ne neige pas, ce coup de froid avait entraîné une pénurie de carburants et de pain... Le ciel était contre le régime et rafraichissait la mémoire engourdie du peuple iranien, lui rappelant l’erreur que fut la révolution islamique.

Le régime a mis en avant sa capacité de répression en annonçant 3 pendaisons à Ghazwin (au nord de Téhéran) et des menaces de pendaison au Kurdistan pour intimider le peuple qui souffrait de plus en plus.

Le quotidien Shargh, proche de Rafsandjani, a tenté de déstabiliser Rohani en annonçant un possible rationnement de gaz et de l’eau dans tout le pays (pour assurer le surplus de demande de l’électricité). Le Parlement d’Ali Larijani a également affirmé que selon son estimation Rohani avait surévalué son budget et son gouvernement allait vers un déficit record de 62,5 % sur son budget de 194,000 milliard de tomans (50 milliard de dollars selon le taux officiel et 5 milliard de dollars selon le taux réel de la monnaie iranienne). Le régime avait des soucis à se faire. Rohani devait aussi répondre à ces attaques sur sa gestion économique pour ne pas se laisser déborder par ses rivaux.

Le ministre de l’énergie de Rohani a affirmé que tout allait très bien car le régime avait assez de gaz et d’électricité. Puis Rohani a annoncé une rencontre de routine avec tous les conseils d’administration de toutes les régions à Téhéran pour insinuer qu’il n’y avait aucune urgence particulière. Il cherchait aussi à affirmer qu’il avait le soutien de centaines des cadres supérieurs du régime, mais il n’y a qu’une trentaine de personne au rendez-vous annoncé, ce qui signifiait que 80% des cadres administratifs régionaux étaient absents d’une part en raison d’une situation de crise dans 8% du pays et d’autres part par manque de solidarité avec le régime qui sombre. Rohani que l’on voit très affecté par ce boycott interne a encore fuit la réalité en affirmant qu’il tenait solidement en place car son gouvernement bénéficiait d’un plein soutien du Guide !

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Après ce bide de Rohani, Seyf, le directeur qu’il a nommé à la tête de la Banque Centrale Iranienne, a organisé une grande conférence de presse pour rassurer les nantis paniqués. En premier, Seyf a annoncé que la loi venait d’être modifiée et les banques de l’Etat pouvaient acquérir les grandes entreprises, promettant ainsi aux nantis paniqués et désireux de fuir qui ne trouvent pas d’acheteurs, d’acheter leurs biens. Pour montrer la bonne foi du régime, le directeur de la BCI a également annoncé le retour d’Iran-chèques, des chèques pré-imprimés de fortes valeurs émis par les banques pour leurs riches clients afin de faciliter les transactions. Il a enfin et surtout annoncé l’arrivée en masse de dollars sur le marché iranien dès le 20 janvier, date proposée par les 5+1 pour l’application de l’Accord de Genève, et a ajouté qu’il n’y aurait aucun plan pour contrôler le taux du dollar ce qui revient à dire qu’il allait supprimer le plafonnement des ventes imposées aux agents de change.

On avait un tableau idéal pour les nantis paniqués, ils pouvaient vendre leurs entreprise à l’état, ramasser des rials ou des Iran-chèques et se précipiter pour acheter des dollars à volonté. Aucun des grands responsables du régime n’a protesté contre ses mesures incompatibles avec le budget déficitaire du régime. Cela nous a paru vraiment très louche. De plus, aucun accord n’était signé à Genève et même en cas d’un accord sur la date, le régime ne pouvait avoir les dollars nécessaires pour satisfaire ses nantis paniqués !

Les responsables politiques promettaient donc la lune à leurs associés financiers paniqués (par les pénuries et la colère du peuple) pour les calmer dans l’espoir de se donner un nouveau délai pour manipuler les 5+1 afin de provoquer l’escalade nécessaire pour obtenir une porte de sortie sécurisée du pays devenu trop hostile à leur égard. In fine, avec le retour du système de paiement Iran-chèque, ils pouvaient même acheter les entreprises de leurs associés remuant avec une monnaie non conventionnelle (qui n’a aucune valeur en dehors du pays) pour les ruiner et se débarrasser d’eux, gardant les rares dollars accordés par Washington pour eux-mêmes et leur départ du pays.

En parallèle avec ce plan de séduction des nantis paniqués, le régime a continué à diffuser des rumeurs anxiogènes sur ses serviteurs zélotes armés, de colt ou de machette, pour intimider le peuple et aussi les riches sur sa capacité à se défendre de manière non officielle. Le régime a aussi mis en évidence sa capacité policière régulière en annonçant l’arrestation de 4 personnes qui avaient agressé un universitaire 3 jours plus tôt grâce à l’enregistrement de la scène par des caméras urbaines.
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On avait là beaucoup d’« infos » anxiogènes sur la force du régime, mais très peu d’images et en plus aucun policier car le garçon en uniforme est un appelé ! Le régime racontait des histoires. Conscient de la faiblesse de sa propagande, le régime a tenté de simuler la force tranquille en jouant la carte de la normalité par l’annonce de divers rassemblements de routine. Le plus important événement de ce show de la normalité a été la cérémonie de l’Olympiade universitaire qui est destinée à primer les dizaines étudiants méritant dans tous les domaines ou spécialités universitaires. La cérémonie nous a enchantés car elle a montré l’isolement du régime avec une petite salle remplie de personnes plutôt âgées et seulement 5 jeunes « étudiants » au lieu des dizaines annoncées !

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Dans le cadre de sa volonté d’afficher un état normal, le Parlement du régime a aussi invité Jack Straw qui était resté en Iran malgré l’échec de sa mission. L’Anglais a été reçu par des figures inconnues et sans intérêt. En échange de cette invitation (la seule en vue), il a offert au régime une conférence rassurante de l’économiste iranien naturalisé anglais Hashem Pessaran sur la possibilité d’une relance économique en Iran. Il espérait une réponse positive du régime à la reprise des relations entre les deux pays, mais il n’a rien obtenu, pas même une conférence de presse commune pour relancer publiquement sa mission (pour la reprise des relations diplomatiques permettant à son pays de revenir en Iran pour y intervenir plus facilement).

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Objectivement, le régime était en difficulté interne, mais aussi stressé par sa peur de dénigrer un anniversaire laïque cher au peuple. C’est pourquoi il s’était lancé dans une propagande illimitée, qui pouvait paraître formidable, mais pouvait aussi s’effondrer à la moindre contrariété. Washington a jugé le moment opportun pour titiller le régime pour le pousser à plier. Il a tout d’abord rappelé le maintien de la sanction interdisant la livraison des composants du moteur de Boeing à l’Iran avant d’annoncer des mesures contre une nouvelle compagnie aérienne iranienne qui était parvenue à « tromper » sa vigilance, puis il a évoqué un possible droit de participation à la Conférence Genève 2 sur la Syrie.

Mercredi 08 Janvier 2014 (18 Dey 1392), la vague de froid a touché également la région normalement très tempérée de Kerman. Le régime a évoqué et mis en image des scènes de joie que les sources locales signalaient 5 morts et 4 disparus à Kerman !

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A Zahedan, principale ville de la région Sistan ou Baloutchistan, le régime a aussi mis en scène la joie des habitants alors que leur ville souffrait d’une pénurie préoccupante de pain.

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A Shiraz, on avait des images d’arbres fendus en deux sous l’effet de la neige.

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Au même moment, on a appris que usine de construction de tracteurs de Tabriz était en arrêt en raison de la grève illimitée car ses 250 ouvriers Bassidjis étaient restés impayés depuis 8 mois, ce qui confirmait la panne économique du pays et aussi la rupture des Bassidjis de base ! Le régime a augmenté aussi le prix de la tomate pour baisser sa consommation et réserver le budget dédié à son importation à d’autres charges plus importantes.

La Chambre de Commerce d’Iran, qui regroupe les nantis paniqués du régime, a remis en cause implicitement les bonnes nouvelles de la BCI par l’annonce d’un rapport faisant état de la chute de la croissance de 0% en 2011 à -22% en 2012 ! Mais le rapport a gardé silence sur l’état alarmant de la croissance en Iran laissant un répit au régime exsangue et forcément en crise.

La situation était mauvaise et pouvait devenir plus grave avec un boycott absolu et attendu de la commémoration de la première révolte des membres du clergé contre le Shah en 1979. Les gros bonnets du régime ont évité de parler de cette commémoration encombrante et sont entrés en conflit pour se placer en haut de la pyramide du pouvoir et s’assurer un accès prioritaire à la table des marchandages avec Washington afin de bénéficier d’un droit à la fuite avec les meilleures garanties de sécurité possibles.

Faezeh, la fille de Rafsandjani, était alors attendue au tribunal. Elle est arrivée en famille pour mettre en évidence la détermination de sa famille. Il a aussi saisi l’occasion pour remettre en cause Ali et Sadegh Larijani dans l’espoir de les éliminer et libérer sa famille de toute contrainte et toute pression pour lui permettre de retrouver sa place dans la pyramide du pouvoir et donc à la table des marchandages avec Washington afin de bénéficier d’un droit à la fuite avec de bonnes garanties de sécurité.

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Les chefs Pasdaran (qui jadis furent globalement les pions de Rafsandjani), mais à présent sont ses rivaux dans l’accès prioritaire à la table des négociations ont révélé dans le quotidien Mashregh (Orient) que le clan Rafsandjani avait pu détourner récemment 650 millions d’euros grâce un prêt accordé par Rohani et la BCI pour importer del ’huile végétale. Les Chefs Pasdaran entendaient donc faire pression sur Rohani et la BCI pour les renverser ou du moins les forcer à les intégrer dans leurs calculs.

Le Parlement d’Ali Larijani a pour sa part demandé des sanctions lourdes contre l’ensemble des riches qui ne remboursent pas leurs prêts. Le Parlement leur a attribué les problèmes économiques du pays. Le clan Larijani a aussi remis en cause le bilan du mollah qui occupe le ministre des renseignements afin de le forcer à partager ses dossiers secrets sur chaque clan pour lui permettre de dominer qu’il il veut. Les Larijani entendait s’octroyer les pleins pouvoir des pressions sur tous les composants du régime pour se placer de facto au sommet de la pyramide du pouvoir au sein du régime.

Rohani menacé par ces attaques devait trouver des renforts : il a fait appel au clergé à l’origine de sa sélection comme président pour mobiliser les milliers de zélotes qui ont obtenu le statut de prédicateurs officiels du régime. On a annoncé un grand rassemblement pour saluer leur implication, mais ces gens ont préféré rester à l’écart du régime en difficulté car ils ne pourront quitter le pays comme les politiciens qui ont les moyens financiers pour le faire. En l’absence des prédicateurs, le clergé a dû faire appel à ses propres membres, mais sans pouvoir passer la trentaine ! In fine, Rohani n’avait personne et l’opération avait révélé une plus grande démobilisation interne.

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Rohani s’est tourné vers le millier d’artistes du régime (cinéastes, musiciens, danseurs, peintres, poètes, écrivains) dont certains sont régulièrement envoyés à l’étranger pour donner une image apaisée du régime. Sur le millier qui ont largement bénéficié des largesses du régime, seulement une centaine accepté l’invitation, principalement ceux comme le kurde Shahram Nazeri qui ont toujours cyniquement servi le régime et espèrent obtenir une place aux côtés de leurs maitres pour quitter le pays en cas d’un soulèvement. Ils faisaient tous la tête car il n’est guère prudent de s’afficher avec un régime qui finit.

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Le régime incapable de mobiliser devait détourner l’opinion de son affaissement. Il a alors interrompu toutes les news pour annoncer plusieurs morts lors d’une explosion survenue sur le tournage d’une nouvelle série proposée par le Bassidji soi-disant dissident Deh-namaki. Les témoignages sur sur le nombre des morts ou des blessés ou encore sur les circonstances de l’explosion arrivaient sans cesse à la façon de CNN, mais on n’avait aucune image de l’explosion survenue sur un site qui devait être rempli de caméras ! Les sites d’infos de l’opposition qui sont d’une bêtise absolue ont rejoint les médias officiels du régime pour diffuser cette belle opération de diversion avec de nombreux développements ou interprétations possibles de quoi occuper longtemps les médias du régime.

Mais in fine, cette diversion ne changeait pas la situation du régime et à la panique ambiante : le régime devait célébrer un événement essentiel de la révolution islamique, mais par peur de son boycott, il n’avait annoncé aucune manifestation. Par ailleurs, sous le poids des problèmes, les dirigeants étaient entrés en conflit pour se placer en haut de la pyramide du pouvoir et s’assurer un accès prioritaire à la table des marchandages avec Washington. Le président en place était attaqué par ses camarades avec des révélations très désobligeantes. Ils n’arrivaient pas à trouver des renforts. Les nantis révélaient des chiffres gravissimes pour provoquer une prise de conscience et se distinguer des politiques, enfin les subalternes comme les gouverneurs ou les artistes officiels préféraient prendre la fuite !

Washington a estimé le moment opportun pour secouer un peu le régime pour voir si quelqu’un acceptait de virer de bord en sa direction. Il devait se montrer très menaçant mais tout en laissant la porte ouverte à un compromis. Pour cela Washington a annoncé que 50 sénateurs s’étaient exprimés en faveur de l’abandon du dialogue et l’adoption de nouvelles sanctions fatales au régime et qu’il manquait l’adhésion d’un seul sénateur de plus pour que cette opinion ne s’impose au sein du Sénat ouvrant la voie à l’étude d’une nouvelle loi sur de nouvelles sanctions. La menace était forte, mais il y avait une série d’étapes décalant sa concrétisation. En parallèle, le Washington post a fait un article sur l’attrait des jeunes Iraniens pour les belles voitures, la musique Rock & Roll et le Hamburger !

On avait un beau tableau du genre Happy Days, mais l’auteur faisait référence aux habitudes des enfants nantis de la classe politique car les Iraniens normaux se débattent avec la pauvreté et ne veulent pas juste un burger pour être heureux : ils veulent un changement de régime et un leader constructeur comme Reza Shah, ce que Washington sait pertinemment. De fait, Washington montrait qu’il était prêt à aider à l’amélioration du régime s’il acceptait de virer en sa direction. Mais il n’y eut aucun signe de revirement de la part des dirigeants ou même de leurs associés ou de leurs progénitures très Happy Days car la moindre ouverture dans le contexte actuelle provoquerait un raz de marée fatal au régime.

Jeudi 09 Janvier 2014 (19 Dey 1392), le régime devait célébrer la première manifestation islamique violente à la ville religieuse de Qom contre le Shah en 1979, mais il n’y a eu aucune mobilisation ou manifestation à aucun niveau à Qom ou dans une ville du pays ! Les derniers fidèles refusaient de s’afficher avec le régime agonisant pour défendre la révolution islamique qui est vue par le peuple comme un cataclysme pire que la Shoah car elle dure depuis 34 ans ! En conséquence de cette démobilisation, les hauts responsables du régime ne pouvaient sortir ou parler : ils se sont cachés, accentuant par leur lâcheté le constat de la mort lente du régime.

Vers 14 heures, le régime a annoncé le rassemblement de plusieurs milliers d’habitants de Qom le matin même dans la salle de prière du Guide. Or, cette salle a une contenance de 500/600 personnes. Par ailleurs, il y avait un 2nd problème : sur la photo de l’arrivée du Guide le cadran de la salle montrait 10h40 alors que sur la photo du début de la cérémonie, on voyait 10H15 !

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Enfin, 3e et dernier point concluant : on ne voyait pas Rohani ou ses ministres sur les photos : bref, on avait donc un reportage fait avec des images d’archives, ce qui laisse légitimement supposer que le régime n’avait pu remplir cette petite salle pour la commémoration de le plus grand fait d’armes en 1979 contre le régime modéré et surtout progressiste du Shah. Le régime était contesté au plus haut point par ses derniers composants. Le Guide se reproduisant devant une salle vide ne savait où regardait et fixait le vide !

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Le régime se voyant en danger en cas d’un mouvement populaire minimal devait trouver une échappatoire : dans les négociations en cours, il a évoqué son droit d’installer ses nouvelles super-centrifugeuses (au prétexte qu’elles n’avaient pas été interdites par l’Accord), espérant provoquer une crise grave, dangereuse pour la survie du régime islamique chère à Washington afin de forcer ce dernier à leur accorder un sursis ou un sortie en douce.

Mais Washington ne peut mettre ses pions en place s’il accordait des avantages aux mollahs. Il a remis en cause le dialogue via un livre publié par Robert Gates pour agiter le spectre de nouvelles sanctions. Le régime n’a pas eu peur car Robert Gates avait lui-même été un partisan du dialogue sous Bush et avait signé un papier en ce sens avec son mentor Brzezinski, le grand stratège des Etats-Unis depuis 1970 et père du projet « Révolution islamique en Iran ». A présent, il critiquait le dialogue proposé par Obama et Kerry (tous les deux formés par Brzezinski) dans un jeu interne à la place du projet de loi évoqué la veille !

Les Britanniques, qui doivent entraîner la chute du régime islamique pour casser les plans régionaux de Washington, ont annoncé via Reuters, que désormais 54 sénateurs parlaient de la fin des sanctions, soit 3 de plus que le chiffre de 51 sénateurs évoqué un jour plus tôt par l’Associated Press pour sortir de la complaisance et la recherche d’un deal. Les Américains ont changé leur annonce et ont affirmé que le Sénat devait disposer de 67 voix pour neutraliser le veto d’Obama et qu’il ne bougerait pas tant qu’il ne parviendrait pas à ce seuil bien loin des 54 voix annoncées par Londres.

Mais dans le même temps, les amis émiratis de Washington ont l’arrestation à Dubaï de 3 agents du régime responsables de la mort d’un certain Yazdan-Panah qui fut un des pions financiers de Rafsandjani. Cela allait entraîner la réouverture du dossier des détournements de Rafsandjani par Yazdan-Panah via des contrats fictifs avec la compagnie anglaise Crescent Petroleum et mettre Rafsandjani en péril. On peut dire que Washington espérait le mettre en danger afin qu’il se décide enfin à virer du bord par exemple avec ses amis du Mouvement Vert !

Mais en interne, personne n’a évoqué le dossier dit de Crescent car personne ne veut pousser Rafsandjani à mettre ses derniers efforts dans le projet dangereux d’une révolution de couleur qui peut se solder par une panique montre ou un vrai soulèvement fatal au régime !

Mais les patrons du régime ne pouvaient ignorer que Washington pouvait accentuer sa communication indirecte sur Crescent pour déstabiliser Rafsandjani afin de le forcer à virer de bord. Ils devaient accentuer leurs efforts pour provoquer une crise grave, dangereuse pour la survie du régime islamique chère à Washington, afin de forcer ce dernier à leur accorder un sursis ou un sortie en douce, mais tout en évitant de donner l’alarme qu’ils allaient très mal. Ils ont oublié provocation nucléaire qui ne marchait pas et via leur médias, ils ont annoncé un coup de fil de Poutine à Rohani et un accord tacite entre les deux hommes sur le nucléaire et sur la Syrie. On avait là une approche intéressante car au lieu d’une provocation implicite et compliquée que Washington pouvait facilement esquiver ; les mollahs provoquaient bien profondément Washington avec l’évocation d’un soutien à la position de la Russie, et par ailleurs,avec l’annonce d’un rapprochement à l’initiative de Poutine, ils rassuraient franchement les subalternes en quasi rupture voire même les hommes d’affaires paniqués.

Mais il y avait un problème : l’ami Poutine n’avait pas appelé les mollahs et n’a pas même pas joué le jeu qui pouvait lui convenir ! Il était définitivement alignée sur la position britannique de couler le régime islamique qui peut devenir un ennemi potentiellement très dangereux en virant du côté américain.

L’absence d’un soutien de Poutine à cette opération d’intox a été un réel coup dur pour le régime et ses patrons. Dans un réflexe pavlovien, le régime a opté pour la diversion ! Il lui fallait de l’inédit avec un côté provocant pour aider son bras de fer avec Washington. Larijani qui veut jouer les chefs a mis sur le tapis la commémoration de l’assassinat de son savant nucléaire Ahmadi-Roshan le 11 janvier 2012 dans un attentat à l’explosif perpétré par les sionistes.

Il convient de préciser, qu’au moment de l’annonce de la mort d’Ahmadi-Roshan, nous avions signalé que la victime ne portait aucune séquelle due à une explosion. Le régime avait alors continué ses délires destinées à accuser Israël et les Etats-Unis en s’appuyant sur les images larmoyantes de l’épouse et du père de la soi-disant victime, mais on n’avait alors vu aucune photo de la victime avec son épouse ou son père, ce qui nous avait faire dire que l’affaire était bidon ou un coup du régime contre chercheur qui refusait de coopérer avec le régime ou entendait le quitter. L’absence mobilisation populaire et fonctionnelle pour ce « meurtre » par la suite avaient confirmé qu’il y avait un problème. Le régime avait compensé le manque d’images en exhibant un vieux monsieur jouant le rôle de son père et une femme jouant son épouse et les mettaient en scène dans un lieu bizarre faisant office de maison : on n’y trouvait aussi aucune photo de la victime avec son père et son épouse.

Cette semaine, en choisissant cet événement (probablement en raison de sa proximité sur le calendrier), Larijani a rencontré ce problème d’absence de mobilisation. Il a fait appel aux gardes du Parlement pour améliorer son score, mais n’a pas dépasser la trentaine de personnes ! Il a tout de même pris la parole pour contester durement les 5+1 menaçant une rupture des négociations par le Parlement dans l’espoir que son initiative soit accepté par le reste des clans au pouvoir.

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Après cet échec, Larijani a organisé un face-à-face entre Straw et la soi-disant veuve d’Ahmadi-Roshan pour mettre Straw en difficulté et ainsi provoquer l’escalade tactique nécessaires pour marchander une fuite sécurisée, mais Straw a esquivé ce conflit, laissant le régime à ses problèmes et son incapacité de trouver une échappatoire.

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Les Chefs Pasdaran ont annoncé un grand rassemblement en mémoire des officiers de Renseignement morts en martyrs pour le régime pour insinuer qu’ils avaient encore des soldats dans l’ombre pour les aider à survivre, mais la mobilisation a été très faible. Leur initiative a au contraire confirmé l’isolement du régime et son enlisement dans une mort lente en attendant une crise financière ou populaire fatale.

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Vendredi 10 Janvier 2014 (20 Dey 1392), le régime enlisé dans ses problèmes a annoncé un succès à Genève face à Washington alors qu’il n’y avait aucun accord et les Américains évoquaient une impasse. De plus, Salehi, ex-mea du régime et actuel le responsable du programme nucléaire du régime, est passé à l’offensive en annonçant la création d’une nouvelle centrale avec l’aide de la Russie pour excéder Washington et aussi entraîner l’expulsion de la (méchante) Russie des 5+1 afin de permettre au régime de se retrouver à l’heure de ses marchandages finaux en tête-à-tête avec Washington. Le clergé a aussi attaqué vivement la Grande-Bretagne, assimilant toute reprise de relation à une trahison à l’Iran, préparant le terrain à un face-à-face avec Washington.

Washington a légèrement accentué sa menace de sanctions en annonçant que le nombre des sénateurs partisans de sanctions était passé de 54 à 59. Téhéran a annoncé que la Russie allait lui acheter du gaz pour renflouer ses caisses et le sauver des sanctions américaines. Reuters a amplifié la rumeur. La Russie n’a pas confirmé et le régime a dû finalement démentir admettant son isolement et l’absence de toute échappatoire !

Aussitôt, le régime en panique s’est réfugié dans la rumeur de la pollution mortelle à Téhéran pour empêcher une nouvelle ruée vers le dollar.

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Vers midi, le régime a annoncé un grand rassemblement de vieux Bassidjis pour l’enterrement de leurs camarades tués dans l’explosion annoncée quelques jours plutôt sur un tournage : il n’y avait pas la foule annoncée, ni aucune trace de pollution. Le régime en échec dans tous les domaines s’était encore lancé dans une propagande désordonnée et bien fragile.

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Conclusions cette semaine, le régime a été encore boycotté pour une grande occasion. Il a également manqué de courage pour attaquer la mémoire du Shah qui ne cesse de revenir au premier plan. Il a aussi perdu des points en n’arrivant pas à gérer le pays face à la neige, ce qui n’arrivait jamais avant la révolution ! La panique a gagné la classe dirigeante, ses membres se sont divisés selon la règle de chacun pour soi et sont entrés en conflit.

Chacun de son côté a tout tenté pour déstabiliser ce régime islamique cher à Washington dans l’espoir d’obtenir de sa part le droit de fuir le pays devenu un piège hostile sans craindre des poursuites internationales, mais ils n’ont pu réussir leur chantage.

Les voilà pris au piège à l’intérieur comme à la veille de l’Accord de Genève. Washington attend qu’ils se fatiguent et qu’ils plient, mais ils avaient alors accepté un accord avec l’idée de le rompre et parvenir à la crise nécessaire pour obtenir le droit à un départ sécurisé. Ils devront recommencer à zéro en jouant la même partie par un accord à l’Accord de Genève puis une nouvelle remise en cause de tout cela ! Washington attend qu’ils se fatiguent et qu’ils plient, mais il aura plutôt droit à un Rock & Roll endiablé avec une bande de zombies désorganisées.