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Iran : Discrétion sur un assassinat humiliant
21.01.2010

Il y a une semaine, le directeur de la section atomique de l’université de Téhéran a été tué dans l’explosion d’une bombe devant son domicile. Le régime a immédiatement accusé Washington. Il y a trois jours, le procureur du régime des mollahs dans la région iranienne frontalière de la Turquie a été abattu par balles devant son domicile et le groupe armé Pejak que Téhéran associe à Washington a revendiqué l’assassinat, mais le régime se garde d’accuser le Pejak ou Washington et attribue le coup à des usuriers organisés en bande jadis arrêtés par le procureur. Une explication s’impose.



Depuis le début de la crise nucléaire, Washington alterne les pressions et les offres de dialogue car il doit parvenir à une entente avec les mollahs pour que ces derniers l’aident à soulever les musulmans chinois de la région pétrolière de Xinjiang afin d’affaiblir la Chine. Au cours des 4 dernières années, chaque fois que le régime des mollahs a refusé une importante offre de dialogue des Etats-Unis, une attaque mortelle a eu lieu en Iran contre les Pasdaran, milice chargée de la sécurité des dirigeants du régime. Ces attaques ont toujours eu lieu au Baloutchistan et au Kurdistan iraniens, régions frontalières du Pakistan et la zone autonome kurde en Irak où se repliaient les auteurs des coups membres du groupe armé kurde du Pejak ou du groupe armé baloutche du Jundallah. L’objet des frappes était d’humilier les troupes chargées de la sécurité du régime et montrer que Washington avait les moyens de neutraliser les forces de répression pour rendre possible un soulèvement populaire.

Au début de ces attaques, le régime des mollahs étalait le nombre des tués pour accuser systématiquement Washington afin de « dénoncer l’ingérence meurtrière américaine », mais il a finalement compris que ce comportement était contreproductif car il admettait à son insu la supériorité de son ennemi. Ceci avait deux effets pervers : il pouvait donner aux jeunes miliciens envie de déserter, mais aussi nuire à sa réputation de caïd régional dans le monde arabe. Il est alors entré dans une phase où il s’est mis à nier l’existence de victimes dans des attaques revendiquées par le Jundallah ou le Pejak tout en parlant de soutiens étrangers sans préciser lesquels ou même à remettre en cause les revendications en inventant des coupables de droit commun.

Un récent exemple de cette communication est l’attentat à la bombe qui en octobre 2009 a éliminé le général milicien Shoushtari, le n°2 des forces terrestres des Pasdaran ainsi que les membres de son QG : Washington a été cité, mais le coup a finalement été attribué à « un jeune drogué qui avait agi par vengeance contre le général grand pourfendeur des trafiquants de drogue comme les membres du Jundallah ».

Dans le cas présent du procureur tué, Téhéran adopte la même approche et parle « d’usuriers agissant par vengeance contre un juge connu pour son action anti-usuriers » car la victime, Vali Haj-Gholizadeh (ci-dessous) avait été un membre des services secrets des Pasdaran, ceux que l’on nomme les « soldats inconnus de l’imam caché », mais aussi un ex-commandant régional des Pasdaran à la tête de la « glorieuse division 31 mécanisée d’Achoura ». En l’éliminant, le Pejak a ridiculisé les Pasdaran. Par ailleurs, en tant que procureur, le Général de division Haj-Gholizadeh ne s’occupait pas des usuriers turbulents, mais des activistes du Pejak et à ce titre, il avait le 7 janvier fait pendre un de ces derniers, Fassih Yâssamani, nom de code Dârâ. En l’éliminant, le Pejak a donc décapité le dispositif anti-terroriste du régime.
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Washington et le Pejak ont donc doublement frappé et humilié le régime et son dispositif de répression, d’où une absence de détails sur le passé de l’homme, l’absence d’accusation contre deux coupables, et la référence aux usuriers flingueurs.
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Les Pasdaran locaux rendent hommage à leur ex-commandant.


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en savoir + sur la politique américaine de déstabilisation :
-  Iran : On évoque à nouveau un changement de régime
- (8 NOVEMBRE 2008)

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article complémentaire :
- Iran – Etats-Unis : L’heure des choix
- (6 NOVEMBRE 2009)

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en savoir + sur le Jundallah :
-  Iran : Washington frappe les Pasdaran via le Jundallah
- (19 OCTOBRE 2009)

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en savoir + sur le Pejak :
- Iran : Le PEJAK reprend du service
- (4 MAI 2009)

| Mots Clefs | Résistance : Menace contre le régime |
| Mots Clefs | Resistance : Elimination de Pasdaran ou de Mollahs |
| Mots Clefs | Institutions : Pasdaran, Gardiens de la Révolution |

| Mots Clefs | Violence : Kurdistan |

| Mots Clefs | Zone géopolitique / Sphère d’influence : USA |
| Mots Clefs | Enjeux : Rétablir les rel. avec les USA & Négociations directes |