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Iran : Sadegh Ardeshir-Larijani, nouveau chef du pouvoir judiciaire 17.08.2009 Le guide suprême Ali Khamenei a nommé Sadegh Ardeshir-Larijani comme nouveau chef du pouvoir judiciaire. C’est une décision fortement politique qui risque d’avoir un effet définitivement heureux sur la détention de Clotilde Reiss. Sous le régime des mollahs, le pouvoir judiciaire n’est pas l’équivalent du ministre de la justice. Le pouvoir judiciaire n’est pas sous le contrôle du gouvernement : son chef est choisi par le Conseil du Discernement de l’Intérêt du Régime organe plénipotentiaire dirigé par Rafsandjani, puis officiellement nommé par le Guide Khamenei. Il est important de préciser une fois encore que Rafsandjani et Khamenei ne sont pas des adversaires comme on peut le lire dans la presse étrangère mais des alliés de longue date. En 1988, Khamenei était un petit mollah sans avenir dans le clergé iranien et Rafsandjani un autre petit mollah, présent au sommet parce qu’il était le demi-frère de Khomeiny. Il redoutait l’après Khomeiny. Ce dernier a alors créé pour lui un poste sans intérêt : au sein d’un organe nommé Conseil de Discernement, il devait raisonner le Parlement, si celui-ci refusait de se soumettre à l’avis du Conseil des Gardiens de la Constitution : autant parler d’un poste d’oisif à vie. Rafsandjani a modifié ce destin sans intérêt en falsifiant le testament de Khomeiny pour désigner à sa succession Khamenei. La première décision du nouveau guide a été de modifier la Constitution pour donner les pleins pouvoirs au Conseil du Discernement de l’Intérêt du Régime, et aussi en créant une obligation pour le guide de consulter ce Conseil avant chaque décision. C’est ainsi que Rafsandjani est devenu le patron politique du régime. Plus récemment en 2006, le guide lui a aussi transféré ses pouvoirs dans le domaine judiciaire pour compléter ses pouvoirs. C’est donc lui qui choisit le chef du pouvoir judiciaire et non le guide Khamenei.
Rafsandjani, le patron du régime, a prévu une tâche particulière pour ce pion sur mesure : il aurait, selon les rumeurs, exigé que son arrivée à la tête du pouvoir judiciaire soit accompagnée par un abandon des charges contre les « enfants de la révolution » dans le procès en cours qui est officiellement lancé par les conservateurs. Le régime veut clore un dossier qui commence à devenir ingérable ! à propos de ce Procès | Rappelons que le patron plénipotentiaire du régime, Rafsandjani aurait à tout instant pu arrêter ce procès en vertu du pouvoir qui est le sien depuis octobre 2006. Il n’a rien fait car le régime qu’il dirige et ses acteurs tantôt modérés et tantôt conservateurs espéraient que les malheurs des contestataires persécutés provoqueraient un élan de solidarité internationale (américaine, française ou onusienne) avec le Mouvement Vert. Ce soutien aurait rendu illégitime le président élu et aurait de facto rendu sans valeur toutes futures négociations avec cet interlocuteur officiel des Six dans le dossier nucléaire. Ceci aurait permis au régime de bloquer la situation pour amplifier la crise afin que par la peur d’un conflit les Occidentaux acceptent un arrangement.Conscients des risques pour l’unité des Six, les Américains, puis les Français et enfin Ban Ki-moon ont d’abord reconnu la légitimité d’Ahmadinejad avant de critiquer les violations des droits de l’homme. Ainsi, non seulement, le régime n’a pas pu obtenir l’élan de solidarité avec la contestation feinte d’Ahmadinejad, mais aussi il s’est retrouvé avec des critiques qui vont à l’encontre de son désir de paraître démocratique. Il aurait pu arrêter les dégâts en faisant arrêter le procès sur un ordre du président du Conseil du Discernement de l’Intérêt du Régime au nom de l’intérêt du régime, mais cela aurait soulevé la question de savoir pourquoi il ne l’avait pas fait avant. C’est pourquoi, le précédent chef du pouvoir judiciaire Shahroudi a sauté pour céder sa place à un autre : Sadegh Larijani qui n’a pas le profil professionnel requis pour le poste, mais le bon profil politique pour clore ce dossier encombrant. Comme tous les plans des mollahs, ce choix est à double sens : puisque le procès avait été officiellement lancé par Ahmadinejad, en l’arrêtant par un conservateur, le régime maintient en vie le scénario de l’isolement d’Ahmadinejad dans son propre camp. Il pourra ainsi le démettre de ses fonctions pour provoquer quand même une crise interne en rapport avec les négociations nucléaires. © WWW.IRAN-RESIST.ORG
Cependant, il ne faut pas rêver : Téhéran ne deviendra pas sage pour autant. Il peut remplacer ce procès d’intention par un autre : Sept Bahaïs iraniens comparaîtront mardi devant un tribunal révolutionnaire pour des accusations d’espionnage au profit d’Israël !
| Mots Clefs | Mollahs & co : Rafsandjani |
| Mots Clefs | Terrorismes : Prise d’otages |
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